Tag: construction

  • [Travailleur de demain] Alexis Aubert, spécialiste de l’impression 3D

    [Travailleur de demain] Alexis Aubert, spécialiste de l’impression 3D

    Apprenti et passionné d’impression 3D, Alexis Aubert façonne le plastique dans le service Outillage d’Airbus Helicopters. Son métier : la fabrication additive, autrement dit la fabrication de pièces par ajout de matière. Alexis détaille : «D’habitude, dans l’industrie, on part d’un bloc, on enlève la matière et ça fait une pièce. Pour l’impression 3D, c’est l’inverse. On ajoute des couches successives de matières pour en faire une pièce. C’est ma “spécialité.” » Au quotidien il réalise des prototypages de pièces avec un logiciel, jusqu’à leur production à l’imprimante 3D plastique. Des « outils » conçus pour guider d’autres services dans la construction de pièces pour l’hélicoptère. « Imaginez qu’il faille faire un trou sur une porte d’hélicoptère, mais où y prendre les mesures est compliqué. Nous, on va faire un guide de perçage qui s’adapte bien. Et notre collègue est sûr qu’il ne se trompe jamais. C’est une aide pour eux. On appelle ça les améliorations de travail », explicite l’apprenti. Sur une semaine en entreprise, Alexis traite en moyenne dix sujets pour différents services d’Airbus Helicopters. Dix pièces qui viendront aider ses collègues : « Des bouchons, des échappements, des guides de perçage, des guides de traçage, des supports », énumère-t-il.

    « Ce que j’aime, c’est répondre à un problème rapidement sans avoir besoin d’heures de fabrication. C’est la rapidité de pouvoir aider et concevoir ce que je veux : les pièces, les formes… On modélise, on l’imprime et c’est bon ! », partage le passionné. L’utilisation de l’impression 3D n’est que récente dans l’industrie, « maintenant, c’est devenu limite indispensable », rapporte Alexis, ajoutant avoir fait comme « un pari sur l’avenir »… un pari gagnant.

    Alexis Aubert oscille entre la pratique au centre d’Airbus à Marignane et ses cours au lycée Jean-Perrin à Marseille. D’un parcours scolaire tourné vers les sciences de l’ingénierie, le jeune homme débute un premier BUT Génie mécanique et productif. Lassé de cette formation, il change de cursus à la fin de cette première année post-bac. Pour se tourner vers son BTS actuel, sur la conception de produits industriels. Avec de grands gestes, Alexis s’enthousiasme : « C’est là où tout a explosé parce que j’ai découvert l’impression 3D. Je me suis épanoui. » Quand il a découvert les possibilités délivrées par l’impression 3D, il s’en ai procuré une. Au quotidien, son imprimante 3D, d’une valeur de 200 euros, règle les problèmes techniques à la maison. Dernièrement : la tringle de ses rideaux. « Ça m’a pris même pas 30 minutes. C’est pratique », résume-t-il, se rappelant : « Au début, pour rigoler, j’avais essayé de faire un pistolet Nerf de A à Z. Je débutais dans la conception. Ce n’était pas fameux, mais c’était ma première création. » Après l’avoir ramené à l’école, son professeur est impressionné par sa création. Ce dernier, ayant déjà accompagné l’actuel vice-champion du monde au World Skills, lui propose alors de participer aux concours.

    Depuis, Alexis Aubert montre une reconnaissance profonde à ses référents et son entourage, notamment pour les World Skills. L’apprenti conclut : « Travailler, ça paye. Ma mère n’avait pas tort… Alors, je me suis donné à fond. »

  • Pépites patrimoniales à Marseille : deux ventes et un bail

    Pépites patrimoniales à Marseille : deux ventes et un bail

    Dévoilement lundi des lauréats de l’appel à projets baptisé « Pépites patrimoniales », destiné à « réinventer des usages » à des édifices municipaux à l’abandon pour les rouvrir aux Marseillais.

    Trois biens sur les six propositions ont trouvé leur lauréat. D’abord, le fleuron Art Déco du 90 boulevard des Dames (2e) dessiné en 1928 par l’architecte Jean Rezan pour le siège de la compagnie de navigation Paquet. Racheté en 1972 par la Ville, c’était sa direction des ressources humaines jusqu’en 2020. Le lauréat est le groupement conduit par Adim Provence (Vinci Construction) avec l’entreprise de restauration Girard, l’agence Rougerie + Tangram, Indigo Energie, EODD, ICD Energies, Alpes Contrôles, le Collectif Marseille Devant ! et d’autres futurs exploitants. Tangram avait racheté en 2015 au Département le beau bâtiment des Affaires maritimes, rue des Phocéens, pour le rénover et y installer son agence.

    Surprise de taille, c’est une « vente sous conditions » de l’édifice qui est annoncée pour un prix non encore dévoilé et un montant de travaux inconnu à ce stade. Aucun calendrier prévisionnel n’est publié. Le montage contractuel qui reste à élaborer devra être validé par une délibération du conseil municipal de la prochaine mandature. D’où l’incertitude sur ce projet de reconversion en un lieu totem nommé « Les Dames » dédié au cinéma, à la formation des métiers du 7e Art. Benoît Payan s’est réjoui que cette belle endormie « soit dédiée à des métiers d’avenir, à une filière qui a besoin d’avoir un bâtiment totem que seront “Les Dames” dans le respect de l’histoire de ce bâtiment. On va aussi permettre à des jeunes en formation, à des apprentis, des compagnons de dévoiler leurs talents, et pour nous c’est quelque chose de magnifique. Ce n’est pas rien d’avoir le droit de rêver et vous nous avez montré que c’est possible », a-t-il dit aux lauréats.

    Même configuration pour le lauréat du 62, corniche Kennedy (7e), une maison en contrebas du pont du Vallon des Auffes qui sera cédée pour le projet retenu « La Pointe » porté par Joseph Legrand, Stephen Grives, Michel Athenour et La Confraglation, avec MOA Architecture, Marsxelles, Polymer, Pièce à part, BET Collet et Index Structures. Il s’agit, après requalification lourde du site, de créer « un lieu ouvert, culturel et convivial » avec une offre de restauration, une programmation culturelle, l’accueil d’artistes, des espaces ouverts au quartier.

    Quant au Pavillon de partage des eaux des Chutes-Lavie de 1901, le projet « Les gardiens de la mémoire et de l’eau à Marseille » est retenu. Il est porté par le collectif Objectif Tore avec Valentine Pilliard, Corrado de Giuli Morghen (l’architecte du patrimoine bien connu qui a restauré le Palais Longchamp et les fabriques du parc), Isabelle Miard et John Morin pour un lieu pédagogique autour de l’eau. Pour ce joyau architectural, un « bail de longue durée » associé à une phase préparatoire de construction avec les habitants serait l’option retenue.

    En revanche, ni la bastide de Château-Gombert (13e), ni la Villa Athéna (13e), ni le 63 rue Sauveur-Tobelem (7e) n’ont trouvé de lauréat, faute de propositions ou de projets qualitatifs.

  • À Montpellier, la proposition phare d’une agence municipale pour le logement

    À Montpellier, la proposition phare d’une agence municipale pour le logement

    « Le logement, c’est la dignité. Avoir un toit, c’est pouvoir élever ses enfants », estime l’actuel maire socialiste de Montpellier et candidat à sa réélection, Michaël Delafosse. « Partout en Europe, il y a une crise du logement ». Et Montpellier, où de nombreux ménages victimes de la flambée des loyers peinent à se loger, n’y échappe pas. De cette question « souvent esquivée dans les débats publics », Michaël Delafosse et son équipe ont décidé de faire « une priorité absolue » d’un éventuel prochain mandat, dans la continuité de la politique volontariste engagée depuis 2020.

    La proposition phare du programme consiste en la création d’une agence municipale du logement. Situé au sein de l’espace Ambroise Croizat, récemment inauguré dans le quartier des Arceaux, ce dispositif prendra la forme d’un guichet unique pour accompagner dans leurs démarches à la fois les locataires et les propriétaires. « Sur toutes ces problématiques liées au logement – lutte contre l’habitat indigne, aides financières, rénovation énergétique, accès au logement social, dispositifs solidaires… – les gens ont du mal à savoir vers qui se tourner. Ce lieu, où chacun pourra être orienté vers le bon interlocuteur, a vocation à créer de la visibilité », explique Clara Gimenez (PCF), conseillère municipale déléguée à la vie étudiante et vice-présidente de la Métropole Montpellier Méditerranée déléguée à la politique de la Ville. « C’est un endroit où toutes les compétences concernant le logement seront réunies », résume l’ancienne députée LFI Muriel Ressiguier.

    Loyers modérés d’un côté, garantie de paiement de l’autre

    Le dispositif s’adresse autant aux locataires qu’aux propriétaires, qu’il propose de sécuriser dans la mise en location de leur bien. « Souvent les propriétaires ont peur des impayés de loyers. Nous leur proposons donc, via cette agence, de devenir assureur, afin de créer de la confiance », explique le maire – candidat. « Les propriétaires loueront leur bien à loyer modéré tout en étant garantis du paiement ». L’agence municipale pour le logement proposera également un accompagnement de la rénovation énergétique des logements privés classés E ou F. « C’est un dispositif qui prend en compte l’ensemble de la population : les plus précaires, les classes moyennes et aussi les propriétaires », insiste Muriel Ressiguier.

    Parmi les autres mesures novatrices en matière de logement, un dispositif de prêt à taux zéro pouvant aller jusqu’à 10 000 euros, baptisé “pass accession montpelliérain”, permettra d’aider les jeunes ménages à constituer un apport en vue de l’acquisition d’un premier logement. La commune pourra également prendre en charge, sous conditions de ressources, les frais de notaire pour les 18-30 ans. « Cette mesure s’inscrit dans notre objectif global de permettre à au moins 10 000 Montpelliérains d’accéder à la propriété, en réduisant concrètement le coût d’entrée dans le parcours résidentiel. »

    Pour ce faire, l’équipe de Michaël Delafosse mise sur la construction de 4 000 logements neufs en bail réel solidaire (BRS), dispositif qui permet aux bénéficiaires d’être propriétaires de leur logement sans être propriétaires du terrain (ce qui revient 30% moins cher). « Notre but c’est d’aider une partie des gens qui sont locataires dans le parc social à accéder à la propriété, et permettre ainsi à d’autres d’entrer dans le parc social », détaille le candidat. Outre l’engagement de respecter les 25% de logements sociaux imposés par la loi SRU, le maire sortant prévoit notamment de construire 1 000 logements sociaux étudiants en partenariat avec le Crous et les bailleurs sociaux ainsi que 500 logements à destination des personnes âgées, répartis dans 4 « résidences sociales seniors  ».

    L’équipe de Michaël Delafosse prévoit par ailleurs de poursuivre la dynamique enclenchée lors de ce premier mandat en matière de lutte contre l’habitat indigne : « nous allons continuer notre lutte contre les marchands de sommeil, étendre le permis de louer, poursuivre la résorption des bidonvilles, travailler sur les bâtiments vacants pour soutenir les dispositifs d’habitat intercalaire qui nous ont notamment permis de résorber des squats et créer 7 nouvelles pensions de familles pour sortir les personnes de la rue, ce qui portera leur nombre à 14. »

  • Les riverains veulent reporter la construction de 1 000 logements à Marseille

    Les riverains veulent reporter la construction de 1 000 logements à Marseille

    Ce n’est pour le moment qu’un carré de pelouse au carrefour du Cabot et de Sainte-Marguerite (9e), mais c’est ici que 1 000 nouveaux logements devraient sortir de terre. « Trop tôt » pour les comités d’intérêts de quartier de Sainte-Marguerite, Cabot et Vallon Régny qui exigent que le boulevard urbain Sud soit terminé avant que les constructions ne débutent. Fin janvier, six mois après la concertation organisée par la Métropole sur l’avenir du quartier, ces trois CIQ ont lancé une pétition, récoltant déjà plus de 1 100 signataires.

    « 1 000 nouveaux logements, ce sont plus que de 2 000 voitures supplémentaires qui vont arriver. Sans le boulevard urbain Sud, on s’assure de la saturation complète des rues », s’indigne Richard Prudhon, président du CIQ de Sainte-Marguerite. Les CIQ réclament ainsi « un moratoire sur toute délivrance de nouveaux permis de construire et ordres de travaux immobiliers tant que le prolongement du boulevard urbain Sud n’est pas achevé et que des aménagements urbains adaptés et dimensionnés ne sont pas réalisés ».

    Nouveau quartier

    Ces logements s’inscrivent dans le projet de zone d’aménagement concerté (ZAC), lancé en 2005 par la Ville de Marseille, puis repris par la Métropole en 2016 et mis en œuvre par la Soleam, entreprise publique locale d’équipement et d’aménagement de l’aire métropolitaine. Le but est de créer un nouveau quartier et de nouveaux logements, alors que la zone possède encore du foncier. Si certains équipements de la ZAC ont déjà été livrés, comme le groupe scolaire collège Denise-Torros-Marter, c’est la crainte d’un nouveau flux d’habitants qui crispe les riverains.

    Pour l’ancien maire de secteur (Ren.), Lionel Royer-Perreaut, les mobilités n’ont pas été assez pensées pour accueillir autant de monde. « Avec le boulevard urbain Sud, on est loin d’avoir trouvé la solution, les travaux du tramway sont un apport en termes de services publics, mais génèrent beaucoup d’autres problèmes, et il y a un manque de parking relais. […] Il faut que les candidats pour les municipales à Marseille s’expriment dessus. »

    La mobilité ne semble pas être la seule raison qui refroidit les signataires de la pétition : « Comme les bailleurs n’arrivent pas à vendre les appartements, ils se disent qu’ils vont en faire des logements sociaux, ajoute le président du CIQ de Sainte-Marguerite. Je n’ai rien contre cela, mais il faut pas non plus que ça dépasse un certain quota. » Contactées par La Marseillaise, la Métropole et la Soleam n’ont pas souhaité répondre à nos sollicitations.

  • Usagers et soignants débattent du nouvel hôpital

    Usagers et soignants débattent du nouvel hôpital

    Le béton c’est bien mais les soignants c’est mieux. L’hôpital public doit pouvoir soigner toutes les pathologies », déclare, jeudi à la fin de la réunion publique, Alain Dallest, président du Cercle républicain bédoulen.

    Alors qu’une enquête publique sur le projet de nouvel hôpital est en cours, et s’achèvera vendredi 20 février*, Karine Meysson, infirmière à l’hôpital d’Aubagne, a rappelé aux personnes présentes : « Plus il y aura d’avis, mieux il y aura de poids, car l’hôpital, c’est pour tout le monde… » Un peu avant, le Dr Yves Perrin-Toinin, qui a animé la réunion et le débat, a indiqué l’objet de l’enquête en cours : « On demande au public s’il est d’accord sur l’implantation du nouvel hôpital. » L’enquête publique, énonce l’hôpital Edmond-Garcin, maître d’ouvrage du projet, « porte sur l’utilité publique de l’opération projetée et le parcellaire en vue de délimiter exactement les immeubles nécessaires à cette opération ». Le futur équipement devrait voir le jour dans la zone économique Est d’Aubagne, zone des Gargues. D’une superficie de 28 544 mètres carrés, « soit une augmentation de 42% par rapport à l’existant, pour un coût total estimé à 144 millions d’euros », précise Edmond-Garcin, sa livraison est prévue en 2032.

    Un service des urgences insuffisant

    « Même si ce n’est pas le sujet de l’enquête publique, il est important qu’un maximum de gens s’expriment sur le capacitaire, sachant que le nombre de personnes âgées de plus de 65 ans va fortement augmenter selon l’Agence régionale de santé (ARS). Or le nouvel hôpital n’aura qu’une vingtaine de lits supplémentaires par rapport à aujourd’hui, les urgences demeureront telles quelles, le labo sera toujours à la Timone… En fait ils reconduisent l’hôpital actuel, si ce n’est que sa surface pourra être augmentée à + 20%», constate le Dr Perrin-Toinin. Dans un communiqué daté du 20 janvier, la direction d’Edmond-Garcin précisait : « La capacité d’accueil du nouvel hôpital passera de 155 lits et 19 places à 176 lits et 22 places, avec un renforcement significatif des soins critiques et un bloc opératoire porté à 7 salles, dont 1 en réserve. » Karine Meysson, si elle voit d’un bon œil la construction d’un nouvel hôpital, « Edmond-Garcin étant vieillissant », regrette « que les soignants n’aient pas été consultés sur le projet ». Alors qu’aujourd’hui, « des patients, souvent âgés, attendent parfois plus de huit heures avant d’être pris en charge par les urgences, on nous annonce qu’elles demeureront ainsi à l’avenir… C’est dommage. » Elle constate : « L’ARS veut garder les plateaux techniques sur l’hôpital la Timone à Marseille, et faire en sorte que les hôpitaux périphériques fassent de la bobologie. » Durant la réunion, beaucoup regrettent que certaines spécialités ne soient pas présentes à l’hôpital public, contraignant les patients à se faire soigner, beaucoup plus cher, dans le privé, par exemple à la clinique de la Casamance à Aubagne. « Dans le nouvel hôpital, il y aura plus de lits, des patients aux pathologies plus lourdes et le projet prévoit de supprimer 54 postes d’agents », observe également Karine Meysson. Cherchez l’erreur.

    * Voir site internet de l’hôpital.

  • Vaucluse : l’aménageur du Rhône presse une relance du renouvelable

    Vaucluse : l’aménageur du Rhône presse une relance du renouvelable

    La pluie et le beau temps constituent le quotidien et le modèle économique de la CNR, premier producteur français d’énergie renouvelable. Mais l’expression reflète aussi l’état d’esprit actuel de l’entreprise.

    Lors des vœux de l’aménageur du Rhône, tenus ce jeudi 29 janvier à Avignon, dans le Palais des Papes, Laurence Borie-Bancel, présidente du Directoire de la CNR, a d’abord souhaité revenir sur une « année 2025 contrastée car marquée par l’instabilité institutionnelle et politique qui nous impacte ».

    La structure se félicite d’avoir produit près de 15 TWh d’électricité renouvelable, dont 13,2 TWh d’hydroélectricité, le reste provenant de l’éolien et du solaire, « soit l’équivalent de 6,4 millions de personnes alimentées », précise la présidente. Elle regrette toutefois « l’absence de feuille de route énergétique ». Selon elle, si « l’hydroélectricité bénéficie d’un consensus sur sa place centrale dans le mix électrique français, ce n’est plus le cas de l’éolien et du solaire ». Deux filiales de la CNR exploitent ces énergies : Vensolair et Solarhona.

    Transport fluvial

    Convaincue que « la décarbonation et la souveraineté passeront par l’électrification », la dirigeante évoque des projets majeurs lancés o ou en passe de l’être, notamment en Vaucluse. Avec, par exemple, la volonté de doubler le déploiement de l’éolien et du photovoltaïque d’ici 2030 pour atteindre 2 000 MW. La construction d’une « petite » centrale hydroélectrique va également bientôt démarrer à Caderousse.

    L’un des points les plus attendus reste toutefois l’examen de la proposition de loi sur l’hydroélectricité à l’Assemblée nationale. Déposée par la députée socialiste Marie-Noëlle Battistel, elle sera discutée en séance ce mardi 3 février. Le texte vise à permettre la mise en concurrence des concessions de barrages, propriétés de l’État, que celui-ci refuse pour l’instant, malgré les exigences de la Commission européenne. Il prévoit également d’ouvrir davantage le marché de l’hydroélectricité.

    La présidente de la CNR n’a par ailleurs pas évoqué uniquement des projets énergétiques. Le démarrage des travaux à l’écluse à grand gabarit de Bollène, où le doublement des portes est programmé, en témoigne. Ces travaux, échelonnés sur six ans, « permettront de fiabiliser le transport fluvial », indique la CNR. Une opération similaire est prévue à Châteauneuf-du-Rhône. L’investissement total est estimé à 90 millions d’euros.

    Parallèlement, la structure ambitionne de doubler le fret fluvial et ferroviaire sur le Rhône à l’horizon 2035, tout en favorisant l’implantation d’entreprises.

  • À Istres, Bernardini présente un programme de bâtisseur

    À Istres, Bernardini présente un programme de bâtisseur

    S’il fallait ne retenir qu’un mot des 31 pages du programme de François Bernardini (DVG), ce serait « développement ». Alors que le territoire de l’Ouest des Bouches-du-Rhône est à un tournant de son histoire industrielle, Istres prend sa place dans la transition. À eux seuls, les projets d’Hynaero (production d’hydravions bombardiers d’eau) et de Sabena Technics (maintenance des avions ravitailleurs MRTT) devraient créer 600 emplois directs. « La construction est le corollaire immédiat du développement », affirme le maire (DVG) candidat à sa succession, « autrement on se ferme des portes ».

    Parmi les dossiers structurants, citons la requalification du Prépaou, pensée avec les bailleurs sociaux afin d’aérer le quartier et de rassembler au sein d’un seul et même bâtiment le centre social, les locaux de la mairie annexe, ceux de France Services et une salle polyvalente, ou encore la reconstruction de l’Ehpad les Cardalines dans le secteur du Boisgelin, là où le candidat (LR) Robin Prétot envisage plutôt de créer un parc. « Le permis d’aménager a été accordé et purgé de tous recours, les travaux débuteront au premier semestre 2026 », évacue François Bernardini.

    Animer le centre-ville

    Le maire remet également sur la table le projet du golf de Rassuen et de son écoquartier, mis à l’arrêt pour des raisons environnementales, dont les balbutiements remontent à 2015. « Nous essayons de convaincre l’administration que nous avons un excellent dossier. On est en train de mettre la bride sur un projet qui ne coûterait rien et qui apporterait une sécurité extraordinaire à ce site », une friche industrielle. Le candidat affirme qu’une enquête publique devrait être lancée, sans en préciser la date.

    Côté centre-ville, François Bernardini admet que les résultats des commerces ne sont « pas satisfaisants ». « Ce n’est pas faute d’efforts », assure-t-il, citant la création d’un poste de manager, l’acquisition de fonds de commerce et les nombreuses subventions. L’édile pointe des changements d’habitude de consommation et la topographie de la commune qui n’offre que des espaces réduits en rez-de-chaussée. « Il ne faut pas considérer le commerce comme le seul élément d’animation du centre-ville », affirme-t-il. Pour le prochain mandat, François Bernardini ambitionne de créer une résidence d’artistes dans le centre ancien, ainsi qu’une résidence intergénérationnelle en colocation.

    Toutes les propositions sont à retrouver dans le programme du candidat ou sur son site.

  • [Logement social] Erilia, un plan stratégique à 4 milliards d’euros

    [Logement social] Erilia, un plan stratégique à 4 milliards d’euros

    Inaugurant mardi son nouveau siège social 242, avenue Jules- Cantini, le leader de l’habitat social en région Paca Corse, Erilia, qui est une des plus grandes entreprises sociales pour l’habitat avec 91 768 logements sociaux en France, a dévoilé son « plan stratégique pour agir face à la crise du logement ».

    « Le logement social est une question de société essentielle avec un risque très fort de bombe sociale si on ne le prend pas en compte », a alerté Christine Fabresse, la présidente du conseil d’administration d’Erilia, par ailleurs à la tête du directoire de la Caisse d’Épargne Provence Alpes Corse, premier financeur du logement. « Tout gouvernement confondu, on a toujours eu plus d’ambition que de réalisations. On atteint des summums. 1 demandeur sur 7 s’est vu attribuer en 2025 un logement social. Pratiquement 3 millions de Français sont dans l’attente. 256 000 demandes en région Sud et cette demande ne cesse de croître avec 16 000 demandes de plus l’an dernier dans les Bouches-du-Rhône », a-t-elle rappelé.

    D’où l’accueil très favorable fait à l’annonce par le Premier ministre de son plan d’aide à la construction de 2 millions de logements d’ici 2030, qui conforte les ambitions d’Erilia « qui a pris toute sa part sur les besoins de couverture en logements sociaux sur son territoire ». « Inspire 2030 », son plan stratégique se veut « très ambitieux et très réaliste », « c’est une feuille de route opérationnelle déclinée en actions très concrètes », insiste Christine Fabresse.

    Premier axe de ce plan : la « satisfaction client » dont le taux doit passer de 77 à 80%. 18 mois après avoir fusionné avec Logirem, Erilia veut améliorer sa relation avec ses locataires, « gommer les petits actes d’incivilités » avec des équipes de terrain pour traiter les graffitis, les encombrants, les petits dégâts, recréer du lien social avec les 400 gestionnaires d’immeubles pour davantage de « tranquillité résidentielle, de propreté et de sécurité, sans hausse de charges », même si, tient à rappeler Frédéric Lavergne, son directeur général, « notre rôle n’est pas d’assurer la sécurité dans les quartiers. Le régalien est là pour cela. » 40% du patrimoine d’Erilia est en quartier prioritaire de la ville.

    Second axe, la transition environnementale. Erilia entend investir 1,2 milliard d’euros ces cinq prochaines années pour transformer massivement son bâti existant et rénover 10 300 logements, les adapter au climat de demain. Les passoires thermiques ont été éradiquées. La réhabilitation d’Air Bel est lancée, celle de la résidence Fontvert (14e) et de la Bricarde (15e) doivent débuter au printemps puis ensuite la Castellane avec la renaturation de résidences pour compenser l’empreinte carbone et refaire descendre les habitants au pied des immeubles et recréer du lien social.

    Troisième axe ans doute le plus important, le développement. Il s’agit de « produire plus, plus vite et mieux ». La production de logements sociaux pour réduire la pénurie : « 15 000 logements sociaux seront lancés en construction à l’horizon 2030 dont 2 400 logements à partir de 2027 pour renforcer l’offre dans les territoires les plus tendus. » À 180 000 euros par logement en moyenne, cela chiffre l’effort de construction à 2,7 milliards d’euros.

    Face au constat du vieillissement de la population de son parc social (8% seulement de ses locataires ont moins de 30 ans), Erilia fait une priorité de l’accès au logement social pour les jeunes et va développer une marque dédiée « Génération habitat & Services Junior » pour produire 500 logements dédiés aux jeunes à l’horizon 2030.

    Par ailleurs, 1 000 logements seront produits en acquisition amélioration pour du recyclage urbain d’immeubles de rapport. Erilia est aussi l’opérateur lauréat pour le recyclage des 7 immeubles allant du 71 au 83 rue d’Aubagne pour y produire 24 logements sociaux. Lancement des travaux ce printemps.

  • Le chemin Cartoux à Avignon remis à neuf grâce au budget participatif

    Le chemin Cartoux à Avignon remis à neuf grâce au budget participatif

    Devant une cinquantaine d’élèves de l’école Jean-Henri-Fabre, le nouveau visage du chemin Cartoux, un passage d’une centaine de mètres longeant l’arrière de l’établissement, a été inauguré lundi 26 janvier par la municipalité.

    Très fréquenté par les enfants de l’école, ce passage a été rénové dans le cadre du budget participatif de la Cité des Papes, pour un montant de 141 000 euros. Le projet avait été retenu lors de l’édition 2024. Le chemin, totalement goudronné et peu accueillant, laisse aujourd’hui place à un axe au revêtement beige et surtout à des parties végétalisées sur les côtés. « Il fallait absolument perméabiliser car l’eau de pluie ne s’écoulait pas et les enfants avaient tous les jours les pieds dans l’eau », confie ainsi Patrick Froissac, porteur du projet. Des fresques colorées, avec des éléments naturels et des insectes, ont également été réalisées par les élèves du complexe, sous la supervision de l’artiste Ana Arango.

    La maire d’Avignon, Cécile Helle (PS), s’est elle aussi félicitée de ce projet mené à son terme. Pour l’une de ses dernières inaugurations avant la fin de son mandat, la première édile, visiblement émue, voit dans cette réalisation un exemple de « construction collective qui mobilise tous les habitants » en « remettant du beau en ville avec la collaboration d’artistes ». Julien De Benito, adjoint (PCF) délégué au quartier Nord Rocade, exprime sa « satisfaction de voir ce projet aboutir », évoquant son attachement particulier en tant qu’« ancien papa de l’école maternelle ». Selon lui, ces travaux « donnent une vraie plus-value au quartier et vont améliorer la vie des habitants ».

  • La préfecture a débloqué la situation des trois salariés

    La préfecture a débloqué la situation des trois salariés

    Vous nous avez sauvés ! Je vais recevoir ma carte de séjour qui sera valable jusqu’en 2035 et je reprends le travail lundi. Merci, merci ! J’étais désespérée. Je me demandais comment j’allais faire. Merci à La Marseillaise, vous êtes notre sauveur ! », exulte Mariama, 43 ans, mère de quatre enfants âgés de 9 à 16 ans, dont le titre de séjour avait expiré malgré ses démarches pour son renouvellement. Elle nous confirme la reprise lundi de son contrat de travail d’agent de production chez Kalhyge. La blanchisserie industrielle du chemin de Saint-Jean-du Désert (5e) avait dû la suspendre, dans l’attente du renouvellement de sa carte décennale de séjour.

    Une carte de séjour provisoire de trois mois lui a été délivrée jeudi avec une convocation pour se voir remettre sa nouvelle et troisième carte de séjour de dix ans. Elle avait perçu son dernier salaire de 1 700 euros et s’accrochait à la promesse faite par son employeur de la reprendre dès qu’elle obtiendrait la carte. L’entreprise n’avait pas d’alternative, le Code du travail l’oblige dans cette situation à suspendre la relation contractuelle. Mariama consultait régulièrement son dossier en ligne qui lui indiquait que sa nouvelle carte était « en construction ».

    « Tous les salariés étaient contents »

    Le délégué syndical CGT de l’entreprise, Kamel Bouanani, s’était immédiatement mobilisé pour venir en aide à cette mère et à deux autres salariés de l’entreprise placés dans la même situation : le dossier de renouvellement était quelque part en stand-by dans les méandres informatiques de la plateforme Anef (Administration numérique pour les étrangers en France) qui depuis juillet 2024 dématérialise complètement les démarches. Pour le syndicaliste, cela génère des situations extrêmement injustes et pénalisantes. « Les salariés comme les employeurs se retrouvent sans recours immédiat, la décision relevant exclusivement de la préfecture. Cette situation crée une impasse sociale et humaine inacceptable. »

    Faute de titre de séjour valide, le Code du travail ne laisse en réalité pas de choix à l’employeur, sauf à s’exposer à des poursuites pénales. « Nul ne peut, directement ou par personne interposée, embaucher, conserver à son service ou employer pour quelque durée que ce soit un étranger non muni du titre l’autorisant à exercer une activité salariée en France » dispose l’article L. 8256-2 du Code du travail modifié en janvier 2024 qui punit sa violation de cinq ans de prison et d’une amende de 30 000 euros. L’amende est en outre appliquée « autant de fois qu’il y a d’étrangers concernés ». La loi Immigration de janvier 2024 a même ajouté une amende administrative à l’employeur allant jusqu’à 5 000 fois le minimum garanti soit plus de 20 000 euros par salarié en infraction.

    L’article de La Marseillaise relatant cette terrible injustice aux lourdes conséquences humaines et sociales, a fait immédiatement réagir la Préfecture des Bouches-du-Rhône dont les agents se sont investis pour débloquer la situation. « C’est bon pour nos collègues. Un reprend le travail cet après-midi et les deux autres lundi », soupire de soulagement Kamel Bouanani. « Tous les salariés étaient contents d’apprendre que leurs collègues reprennent et au nom de tous les salariés nous remercions beaucoup La Marseillaise d’avoir relayé notre alerte. » La CGT a revendiqué de manière constante la délivrance d’un titre de séjour de plein droit pour tout travailleur.

    Des dysfonctionnements de la plateforme Anef remontent régulièrement et sont dénoncés comme des atteintes à l’exercice effectif des droits au séjour. Il faut saluer l’intervention rapide de la préfecture des Bouches-du-Rhône désireuse de trouver une solution pour ces trois travailleurs.