Tag: conseil municipal

  • Montpellier : une multirisques habitation communale bientôt proposée

    Montpellier : une multirisques habitation communale bientôt proposée

    C’était une promesse de campagne de Michaël Delafosse, elle sera tenue. Mardi 6 octobre, le conseil municipal a validé à l’unanimité le souhait de la Ville de bientôt proposer aux Montpelliérains (ouverture possible aux 31 communes de la métropole) une assurance multirisques habitation communale.

    Va être lancé un appel à manifestation d’intérêt (AMI) avec déploiement des offres en janvier 2027. « Nous dupliquons la recette de la mutuelle communale qui garantit des prix de 20% inférieurs à ceux du marché et une hausse maîtrisée (3% au lieu de 4,5%) », résume Julie Frêche (PS). « Nous allons essayer d’offrir un niveau de protection qui soit le plus satisfaisant possible proposé par l’assureur, pour protéger le pouvoir d’achat », abonde le maire socialiste.

    Après la gratuité des transports ou la mutuelle communale qui cartonnent, ce choix fort résulte d’un constat accablant. À Montpellier, la précarité est supérieure à celle de l’Hérault, département déjà pauvre. Le revenu médian stagne à 1 787 euros, soit 270 de moins que la moyenne héraultaise (-400E comparé à la France). Le taux de pauvreté atteint 31%. Or, le logement représente le premier poste de dépenses (28%). Lesquelles bondissent chaque année, dont celle de l’assurance habitation (+11% en 2026, +13% en 2025), rappelle J. Frêche. « La hausse du coût de la vie frappe tout le monde. C’est le sens du bouclier social bâti depuis 2020. »

    Rapport de force inversé

    Fait rare, la mesure a convaincu l’ensemble des élus, y compris les Insoumis de l’opposition. « Toute aide au pouvoir d’achat est bonne à prendre », salue Rhany Slimane (LFI), tandis qu’Antoine Bertrand (LFI) pointe le phénomène de « non-assurance et de mal assurance avec réductions des garanties ». Ce dernier nuance toutefois. « La Ville ne crée pas un service public municipal de l’assurance. Elle joue en réalité un rôle de courtier, d’intermédiation. » Pour A. Bertrand, il faudra veiller au « niveau des franchises, les exclusions de garanties, les plafonds d’indemnisation, l’évolution des cotisations dans le temps (3 ans) ». Et ne pas renoncer à une véritable politique du logement. « On a besoin de mobiliser les logements vacants, amplifier la rénovation thermique, développer le logement social, mieux encadrer les loyers. »

    Du côté du groupe communiste, Clara Gimenez promet de continuer à militer pour le 100% Sécu. « On continuera à se battre pour la nationalisation des assurances car (…) à l’heure du changement climatique, les exigences de rentabilité des actionnaires des grandes assurances ne vont pas dans le sens de la protection des habitants. »

    D’ici là, M. Delafosse joue la transparence. « Il y a des transferts de charges, de fiscalité sur les mutuelles santé. Même dans les contrats collectifs employeurs, elles répercutent sur les tarifs. Les primes d’assurance liées à la sinistralité augmentent à cause des incidents climatiques qu’on subit. » La mutualisation permet néanmoins de négocier des tarifs réduits. « Seul face à son assureur, un habitant ne pèse rien mais au nom de 300 000 Montpelliérains, la Ville inverse le rapport de forces », insiste J. Frêche. À l’avenir, cette méthode devrait être utilisée sur les alarmes, les brasseurs d’air ou les contrats d’énergie.

  • Le maire de Banon répond aux attaques sur l’Ehpad

    Le maire de Banon répond aux attaques sur l’Ehpad

    Le maire de Banon, Sylvain Ricci, a répondu lundi aux attaques frontales de Camille Galtier, maire de Manosque et président du conseil de surveillance du centre hospitalier, qui lui avait reproché par voie de communiqué de presse et sur le plateau de BFM DICI de vouloir faire payer à l’hôpital le terrain sur lequel un Ehpad doit être construit. « La responsabilité des élus est d’aider l’hôpital, pas de lui présenter la facture. La solidarité doit fonctionner dans les deux sens », avait lancé Camille Galtier, accusant le maire de Banon de vouloir « imposer à l’hôpital une charge supplémentaire ».

    « Hors de question

    de céder gratuitement »

    Le maire de Banon a regretté lundi soir d’avoir été « pris à partie ». « Camille Galtier nous dit que c’est normal que les communes offrent puisque, eux, à Manosque, ont offert le terrain de l’hôpital. Mais comment comparer une ville qui a 55 millions d’euros de budget de fonctionnement, à Banon qui a 1,3 million ? C’est la souris et le mammouth. Les marges de manœuvre sont incomparables », a-t-il argumenté. « On a déjà fait beaucoup d’efforts financiers, et en retour on a pas vu grand-chose. »

    Sylvain Ricci entrevoit tout de même « une sortie possible à ce mini-conflit ». « On peut descendre à 500 euros par mois sur 30 ans », a-t-il proposé. Il a cependant fermement maintenu sa position : « Nous ne céderons pas ce terrain gratuitement, c’est hors de question ! »

    Les deux maires ont convenu, vendredi, de se rencontrer en novembre. La décision concernant l’investissement pour l’Ehpad doit être prise lors du prochain conseil de surveillance, le 4 décembre.

  • [JO 2030] Une majorité d’avis contre le projet au fort des Têtes

    [JO 2030] Une majorité d’avis contre le projet au fort des Têtes

    Dimanche 11 octobre, près de 250 personnes étaient mobilisées au pied du fort des Têtes à Briançon pour montrer leur désaccord face à son réaménagement en village des athlètes en vue des Jeux 2030. Cette opposition se reflète dans le bilan de la concertation publique, publié quelques jours après que le Conseil municipal ait validé le projet. Sur un total de 268 contributions, 176 avis s’opposent explicitement au projet, et 41 s’opposent aux Jeux olympiques 2030 dans leur ensemble. 31 contributions sont favorables au projet du fort des Têtes, et 20 sont « sans avis ». Les inquiétudes concernent notamment les effets sur l’environnement et sur le patrimoine historique, ou encore le coût financier jugé trop important.

    « Ce bilan intervient après le Conseil municipal décisif sur les opérations foncières concernant le Fort, alors même que les contributions étaient censées éclairer les choix, dénonce le groupe d’opposition Briançon Territoire Vivant. Une concertation digne de ce nom doit éclairer la décision avant qu’elle ne soit prise. Elle ne doit pas devenir une formalité destinée à légitimer après coup des choix politiques. Le rôle d’un bilan est de restituer les désaccords, de permettre un véritable débat démocratique, pas de produire un plaidoyer en faveur du projet. »

    « Voilà, les citoyens se sont exprimés contre, mais on nous explique gentiment qu’ils s’en fichent et que le projet va continuer. De qui se fout-on ? », a réagi le collectif citoyen engagé contre cet aménagement.

    De son côté, la majorité municipale estime que ce projet bénéficiera aux habitants, car il permettra la création de logements sociaux et la préservation du fort, autrement impossible à financer.

    Agathe Di Lenardo

  • Le prix du stationnement à l’hôpital s’invite au conseil municipal de Martigues

    Le prix du stationnement à l’hôpital s’invite au conseil municipal de Martigues

    « Quand on va à l’hôpital, ce n’est pas par choix et le stationnement ne devrait pas être une charge supplémentaire », lance Carole Collado (groupe RN) au moment d’examiner le résultat du parking de l’hôpital de Martigues en conseil municipal, jeudi soir.

    Au parking des Rayettes, géré par la Société d’économie mixte de la Ville, un tiers des usagers stationnent moins d’une heure, trois quarts moins de deux heures, pour un ticket moyen de 3,24 euros. L’élue du groupe d’extrême droite demande à instaurer une demi-heure gratuite, invoquant « des établissements plus favorables à Aix et Marseille », et rapprochant cela de « l’augmentation du prix de l’essence et du pouvoir d’achat des Martégaux ».

    « C’est tout faux ! » réplique le maire (PCF) Gaby Charroux, « il y a longtemps que vous n’êtes pas allé à la Timone ou à l’Hôpital Nord où les prix ont été multipliés » argue l’édile, indiquant qu’« il existe des dizaines de places gratuites autour de l’hôpital ». À noter que le parking des Rayettes facture 4,50 euros pour deux heures, contre 5 euros au CH d’Aix et 6,60 euros à l’Hôpital Nord.

    « On n’a pas de leçons

    à recevoir » du RN

    Deux délibérations plus tard, le rapport du délégataire du centre de vacances d’Ancelle (Fol 69) a été examiné. « Le niveau d’activité est supérieur à celui prévu par le contrat, de nouveaux séjours sont proposés et l’équipe s’est agrandie », présente l’adjoint (PCF) Gilles Picard. Mais « 2025 se solde par un déficit de 50 000 euros, principalement lié à la baisse conjoncturelle d’activité, l’augmentation des charges de fonctionnement, l’achat d’un véhicule et à des créances irrécouvrables non provisionnées », ajouté par décision comptable. La redevance versée à la commune est de 13 000 euros.

    Jean-Luc Di Maria (LR) estime que « ce bâtiment coûte cher en entretien et réparation, il fait profiter les enfants et seniors, mais pour 13 000 euros par an, il ne faudrait pas que ça devienne un problème financier pour la commune ». « C’est un sujet Ancelle, on y tient, mais c’est compliqué à entretenir avec les menaces qui planent sur nous », reconnaît Gaby Charroux. L’édile pointe en même temps que « Madame Le Pen promet 8 milliards de coupes pour les collectivités dans son projet de budget, c’est plus que quiconque. Merci à ceux qui défendent ces positions ». « Aucun rapport » s’offusque Amandine Gide, du groupe RN. Il en faudrait, pourtant, des tickets de parking pour compenser 8 milliards.

  • Le conseil municipal d’Oraison interrompu par des militants écologistes

    Le conseil municipal d’Oraison interrompu par des militants écologistes

    Les chants revendicatifs, casseroles et slogans des militants contre les centrales photovoltaïques se sont à nouveau fait entendre depuis le conseil municipal d’Oraison, jeudi. Mais cette fois-ci, le maire, Benoît Gauvan (Ren.), avait prévu le coup en appelant trois policiers municipaux, qui ont expulsé manu militari plusieurs militants assis dans le public qui avaient interrompu le conseil en prenant la parole pendant la délibération permettant une modification du PLU pour installer une centrale solaire sur la commune, adoptée pour la deuxième fois après que le maire ait oublié de faire voter le huis clos.

    « C’est surtout de ma faute », a-t-il à nouveau reconnu jeudi. L’édile a donc « préféré présenter de nouveau toutes les délibérations » au vu du « vice de procédure ».

    « Vous n’avez pas parlé du CO2, ni de l’extractivisme qui est requis ! », ont notamment invectivé les militants pendant le conseil. Après avoir été sortis, ils ont continué à perturber la séance en faisant entendre leurs hurlements, leurs chants et en tapant aux fenêtres de la salle. « Nous reviendrons », criaient-ils notamment. « La démocratie a bon dos quand on ne la respecte pas », a réagi l’édile.

    Le conseil a été suspendu pendant plusieurs minutes « le temps que cela se calme ». « C’est le premier acte d’une lutte », a promis Marie Veroda, coprésidente du groupe national de surveillance des arbres. « La biodiversité n’est pas à vendre. »

    Un nouvel amendement

    La conseillère d’opposition Isabel Gamba (DVC), opposée au projet, a présenté jeudi un nouvel amendement proposant de « reporter l’examen de la délibération afin que le conseil puisse disposer d’éléments complémentaires avant de se prononcer sur l’intérêt général du projet », absent lors du premier conseil municipal irrégulier, ce que lui a reproché le maire. « Je vous fais part de ma surprise au moment de l’arrivée de cet amendement alors qu’aucun document » n’avait été présenté au précédent conseil. « Vous m’aviez avoué ne pas avoir eu le courage de vous plonger dans l’étude des documents », a-t-il accusé.

    « Nous reconnaissons les avantages avancés et les retombées économiques, mais ces avantages doivent être mis en balance avec l’ensemble des conséquences du projet », a avancé Isabel Gamba. « Les éléments ne permettent pas au conseil municipal d’apprécier de manière suffisamment claire l’intérêt général » de ce projet, a-t-elle défendu.

    Le maire a longuement défendu le projet et présenté ses arguments avec de nombreuses diapositives. Les incidents sur la faune sont « modérés à faibles », selon lui.

  • Le déplacement de la prison de Digne évoqué en conseil municipal

    Le déplacement de la prison de Digne évoqué en conseil municipal

    Le maire de Digne, Julien Di Benedetto, a évoqué mardi, en conseil municipal, son projet de déplacement de la maison d’arrêt de la commune, questionné à ce sujet par le conseiller d’opposition Pascal Rovere. L’édile souhaite faire construire une nouvelle maison d’arrêt, plus grande, afin de pouvoir récupérer l’ancien château dans lequel l’actuelle prison est installée, en plein centre-ville.

    « Si on passe de 35 à 90 places, derrière, c’est autant de fonctionnaires pénitentiaires qui peuvent venir s’installer sur Digne, avec des familles, des enfants ; on augmente le nombre de juges et de magistrats au tribunal de Digne ; et c’est plus d’actes pour l’hôpital », a défendu Julien Di Benedetto.

    Le maire espère ainsi construire un musée dans l’ancien château, actuellement occupé par la maison d’arrêt, afin que les Dignois « se réapproprient leur ancien château et son histoire », tout en « attirant les touristes » et « redynamisant le centre-ville », déserté.

    La construction d’une nouvelle prison, plus grande, pourrait également permettre de pallier la surpopulation carcérale, alors que la maison d’arrêt de Digne accueillait 55 détenus pour 35 places en septembre. La localisation actuelle de la prison, en plein centre-ville, pose également problème pour les extractions de détenus, ce qui ralentit parfois les audiences, a expliqué, lundi, la nouvelle présidente du tribunal.

    Le syndicat FO s’oppose à ce projet, jugé « inutile et coûteux », avec des craintes « de délinquance accrue ». FO redoute « une dégradation des conditions de travail des personnels, l’augmentation potentielle des nuisances liées à une structure de plus grande capacité » avec « l’arrivée probable de détenus extérieurs au bassin dignois, modifiant profondément la population pénale actuellement accueillie ».

    Une indemnité supplémentaire

    Le conseil municipal a par ailleurs voté une indemnité supplémentaire pour une nouvelle conseillère municipale déléguée au logement et à l’habitat, Cathie Laurent, ce qui augmente l’enveloppe totale.

    Les conseillers ont également approuvé le principe de recours à un bail emphytéotique pour la réhabilitation d’immeubles du centre-ville, qui permettra de créer des logements locatifs sociaux. La conseillère d’opposition Nadia Tsalamlal a fait part de ses inquiétudes à ce sujet : « Le bail emphytéotique me pose question : pourquoi 80 ans et pas plus court ? Quelles sont les garanties prévues pour que les logements soient rendus en bon état à l’issue du bail ? ».

    Les élus ont finalement voté la création de 14 conseils de quartier, dont les premières réunions commenceront en novembre.

  • [Entretien] Josée Massi : « Nous aurons des candidats avec l’étiquette majorité municipale »

    [Entretien] Josée Massi : « Nous aurons des candidats avec l’étiquette majorité municipale »

    La Marseillaise : Les jeunes sont à nouveau mobilisés aujourd’hui pour réclamer des moyens pour l’enseignement. Comment l’ancienne professeure de mathématiques analyse-t-elle la situation ?

    Josée Massi : Leurs revendications sont légitimes. Je suis allée à leur rencontre, la semaine dernière, avec Monsieur le préfet, le futur président de la Région et le Dasen (Directeur académique des services de l’Éducation nationale) devant le lycée Bonaparte, dans lequel j’ai été élève puis j’ai enseigné, après avoir été pion comme on disait avant. Donc, je connais par cœur ces bâtiments. Je pense qu’en effet, ils ont un peu vieilli.

    Vous connaissez ma méthode, je suis plutôt pour écouter, consulter et trouver des solutions. Je regrette simplement que certains profitent de leur mobilisation pour casser. Mais, je le répète, ils ont des revendications tout à fait légitimes et il faut les écouter. Je leur ai d’ailleurs proposé une table tonde.

    Vous revendiquez depuis votre première élection une position sans étiquette. Est-ce toujours aussi important pour vous ?

    J.M. : Oui, c’est important. C’est uniquement l’intérêt général qui me guide à chaque fois. On peut avoir de bonnes idées à gauche et de bonnes idées à droite. Ce qui m’intéresse, c’est : qu’est-ce qui est bien pour les Toulonnais ? Dans ma liste, il y a des personnes de sensibilités différentes et je ne leur ai pas demandé d’être encartées. C’est pour cela que je ne me suis pas positionnée pour les sénatoriales. J’ai été beaucoup approchée pour aller sur des listes, mais j’ai fait le choix de rester cohérente. Après, la liberté de s’engager a été laissée à chacun tout en précisant simplement que rejoindre untel ou untel reviendrait à s’inscrire en sortie de la majorité municipale. Il faut être cohérent.

    Deux sénateurs RN ont été élus dans le Var. Quel regard portez-vous sur ce résultat ?

    J.M. : C’est la démocratie, il faut la respecter. Je veux d’abord féliciter les deux autres sénateurs, Françoise Dumont et Christian Simon. Ce que je crois, c’est que la division nous a coûté un sénateur. Ils auraient pu s’entendre et mettre de côté des problèmes d’ego… Quand on passe à quatre listes à droite, franchement, on peut se poser des questions. J’espère que cela servira de leçon à tous pour les prochaines échéances électorales.

    Toulon peut-elle rester la place forte qui dit non au RN, comme elle l’a fait lors des dernières législatives, en étant la seule circonscription sur les huit à ne pas mettre genou à terre devant l’extrême droite. Vous engagerez-vous dans la bataille ?

    J.M. : Je vous confirme : nous entrerons dans la bataille. Il y aura des candidats issus de la majorité municipale aux législatives, aux départementales et aux régionales. Nous n’étions pas prêts pour les sénatoriales avec une équipe issue principalement de la société civile, mais là, nous le serons. « Majorité municipale », je pense que c’est une bonne étiquette. Et comme vous le dites, Toulon est la seule circonscription du Var à ne pas avoir un député RN. J’espère bien qu’on va continuer. En tout cas, je mettrai tout mon poids dans la bataille.

    Votre prédécesseur, Hubert Falco (DVD), ne rate jamais une occasion, depuis quelque temps, de lâcher une vacherie à votre encontre…

    J.M. : C’est son droit. Je remarque que, dernièrement, il s’exprime beaucoup sur les réseaux sociaux. Mais moi, je n’ai plus de nouvelles depuis la campagne. Je pense simplement qu’il y a des données qu’il n’a pas sur certains sujets, notamment sur la cité judiciaire.

    C’est un sujet qui me tient à cœur parce que je pense qu’il est incroyable que le tribunal de Toulon soit dans un état d’insalubrité pareil. J’en ai fait un combat depuis trois ans. L’État demande maintenant aux collectivités de mettre la main à la poche. Le projet représente environ 130 millions d’euros, dont 30 millions pour une cité provisoire. Nous avons donc cherché des solutions permettant de diminuer ce coût. Il existe notamment des locaux de la DDTM (Direction départementale des territoires et de la mer) qui sont vides et sécurisés. Un chargé d’admission est venu les examiner. Il faudrait y réaliser quelques travaux, notamment pour les salles d’audience. Nous avons proposé que toutes les collectivités se mettent autour de la table et aident. Pour le moment, nous en sommes là.

    Pourquoi cet acharnement de sa part aujourd’hui ?

    J.M. : Il faudrait lui poser la question. Je suis devenue maire de Toulon en 2023 pour le dépanner, parce que j’étais la seule en qui il avait confiance et de qui il pouvait dire : « Si je dois revenir, c’est la seule qui me rendra la place. » Et l’année dernière, en juin, il a fait un communiqué me demandant d’y aller. C’est important de le rappeler. Après, il a changé d’avis. Vous pourriez me demander pourquoi, mais je ne vais pas rajouter de la polémique à la polémique. Il n’a qu’à prendre ses responsabilités. J’ai toujours été loyale, je crois que celui qui n’a pas été fidèle, c’est quand même lui. Quand je vois sa garde rapprochée, je me demande ce qu’est devenu son positionnement politique ? Certains d’entre eux sont partis rejoindre Éric Ciotti ou carrément le RN… En tout cas, puisqu’on parle de parole donnée, je tiens à rendre hommage à Michel Bonnus [ancien sénateur LR et candidat à la mairie de Toulon, ndlr] qui se bat contre la maladie et à qui je souhaite de remporter ce combat. Il avait promis que, s’il n’était pas devant, il se retirerait. Et c’est ce qu’il a fait.

    Vous êtes régulièrement attaquée par l’extrême droite. Comment le vivez-vous ?

    J.M. : Madame Lavalette cherche la polémique. C’est sa technique. Moi, je ne rentre jamais là-dedans. Elle me caricature, mais je ne réponds pas. En conseil municipal, elle cherche la confrontation. C’est la stratégie du chaos. Elle répète que j’ai été élue avec les voix de la gauche ou de La France insoumise, quelle importance ? Ce sont les Toulonnais qui ont choisi. J’ai fait 52%. Elle a fait 48%. Elle peut dire ce qu’elle veut. Et mon programme, je vais l’appliquer. Elle parle d’idéologie en critiquant la mise en place de la piste cyclable sur l’avenue de la République. Mais les résultats sont là et c’est un grand succès. Nous faisons toutes les mesures. Entre 7 et 8 heures du matin, il passe 600 vélos et on constate 5 000 voitures en moins par jour. Je regarde maintenant si elles se sont reportées ailleurs. Elle prétend aussi que la ville est saccagée par les tags de l’extrême gauche depuis mon élection. Bizarrement, elle passe sous silence ceux du groupe Némésis, des identitaires… Alors qu’il y en a beaucoup.

    L’État menace de torpiller encore davantage les finances des collectivités territoriales. Comment réagit la maire de Toulon et présidente de la Métropole ?

    J.M. : On sait qu’avec la dette colossale de la France, on va tous devoir faire des efforts. Moi, j’en suis consciente. Mais ce n’est pas nouveau, ça fait trois ans que je suis maire et qu’on construit des budgets sans savoir ce qu’on va avoir en termes de dotation de l’État. Après, j’ai regardé ce que va proposer le Rassemblement national, qui se positionne, lui, sur 150 milliards de moins. Je ne sais pas où ils vont les trouver.

    Quel regard portez-vous sur les prochaines échéances électorales nationales ?

    J.M. : Je suis résolument optimiste. Je pense que les Français, à un moment, prennent leurs responsabilités. Et ce ne sont pas ceux qui hurlent le plus qui feront l’élection. Moi, je suis relativement confiante. Je rappelle que j’étais donnée perdante face à la numéro 3 du RN, Laure Lavalette, et que ce n’est pas du tout ce qui s’est passé au final. Moi, je suis relativement confiante.

  • Le conseil municipal de Martigues sollicité pour confier l’urbanisme industriel à l’État

    Le conseil municipal de Martigues sollicité pour confier l’urbanisme industriel à l’État

    C’est la pierre angulaire du renouveau industriel du territoire, du moins pour le volet administratif. Le conseil municipal de Martigues, prévu jeudi soir à 17h45, est sollicité pour émettre un avis sur le périmètre concerné par l’Opération d’intérêt national (OIN) sur la commune.

    En l’occurrence, il s’agit de l’emprise du projet de réindustrialisation et de décarbonation Fos-Berre-Provence, principalement établi sur les rives du canal de Caronte et sur toute la plateforme pétrochimique de Lavéra. Concrètement, cela veut dire que si le conseil municipal approuve cette décision, l’État prendrait la main sur les autorisations d’occupation des sols et sur les demandes de permis de construire, en lieu et place de la collectivité. Même chose pour les permis d’aménager, de démolir et pour se prononcer sur les projets soumis à déclaration préalable. Le droit de préemption est aussi transféré à l’État, qui peut décider ou non de zones d’aménagement concerté ou différé, des outils d’urbanisme.

    Des subventions

    Outre ce sujet d’ampleur, le début du conseil sera consacré à l’opération Martigues en couleurs. Trois délibérations sont prévues pour l’attribution des subventions de mise en valeur des devantures commerciales et d’activités, d’embellissement des façades et des paysages de Provence, ainsi que pour la réhabilitation des logements pour l’année 2026.

    Ce dispositif d’aide à la restauration immobilière avait été présenté avec le budget 2026, en mai dernier, et doté d’1,5 million d’euros à cet effet.

  • Correns : quand la reconstruction passe par l’expertise citoyenne

    Correns : quand la reconstruction passe par l’expertise citoyenne

    À Correns, dans le centre Var, l’été 2026 a laissé des traces. Fin juillet, le gigantesque incendie du massif du Gros Bessillon avait encerclé ce village d’un millier d’habitants, provoquant des coupures d’eau, d’électricité et de téléphone, tandis que les flammes ravageaient les collines alentour. Quelques semaines plus tard, de fortes pluies avaient entraîné des coulées de cendres et de boue, obstruant notamment un canal d’irrigation et inondant une propriété.

    C’est dans ce contexte que la commune lance une convention citoyenne inédite. Lundi 5 octobre à 18h, un tirage au sort public marquera le coup d’envoi de cette démarche destinée à « réinventer la démocratie locale » et renforcer « expertise de terrain » au service d’un « projet commun ».

    « S’organiser et agir ensemble »

    Selon la municipalité, les incendies ont révélé « l’immense capacité » des habitants « à se mobiliser, à s’entraider et à agir collectivement face à une situation de crise ». La convention entend prolonger cet élan en réfléchissant à « la manière dont habitantes, habitants et municipalité peuvent décider, s’organiser et agir ensemble pour le village ».

    Concrètement, soixante adresses seront tirées au sort sous le contrôle de la Commission nationale du débat public afin de constituer un groupe de trente habitants représentatif de la diversité du village. Ces « conventionnés » participeront ensuite à sept journées de travail entre le 14 novembre 2026 et le 13 février 2027. Leur mission : imaginer de nouveaux outils de gouvernance locale dont les conclusions seront soumises au vote du conseil municipal.

    Un dispositif qui prend d’autant plus de sens qu’en mars, lors des élections municipales, le scrutin avait livré le visage d’une commune divisée. L’actuelle maire Nicole Rullan l’avait emporté avec 50,6% des suffrages, contre 49,4% pour celle menée par Fabien Mistre, soit seulement sept voix d’écart.

    Pour les promoteurs du projet, l’enjeu dépasse d’ailleurs largement la consultation citoyenne. Correns défend un « processus délibératif » capable de « régénérer la démocratie locale », de « lutter contre la polarisation et la désinformation » et de renforcer « la confiance réciproque entre les administrés et les institutions ».

  • Robin Prétot dénonce la stratégie des petits pas de l’Afpa

    Robin Prétot dénonce la stratégie des petits pas de l’Afpa

    La Ville d’Istres enchaîne les bras de fer. Après avoir obtenu l’abandon du projet d’incinérateur porté par Suez, la majorité se mobilise à propos de La Poste. Le maire Robin Prétot (LR) l’a annoncé lors du conseil municipal : le bureau ne fermera pas. « Ses horaires sont adaptés en raison de la fréquentation et du besoin de recentrer les moyens », explique-t-il après avoir échangé avec la responsable locale. Une maigre victoire pour l’élu, qui y voit la même « stratégie des petits pas » à l’œuvre que du côté de l’Afpa, qui a annoncé un plan de restructuration.

    En Paca, 67 suppressions de postes pour 36 créations, adossées à un plan de départs volontaires, sont envisagées. À Istres, la totalité des formations qualifiantes dispensées par le centre serait rapatriée vers Marseille. « On nous explique que les plateaux techniques vont déménager d’ici deux ou trois ans, mais qu’il y aura toujours de l’accompagnement, s’agace le maire. On a l’impression que c’est la stratégie des petits pas, qui conduit petit à petit à fermer les différents locaux pour des économies d’échelle. » Et de prévenir : « Qu’ils ne s’imaginent pas qu’ils vendront ce dernier lot à un promoteur pour y faire des immeubles. Je m’y opposerai fortement ».

    Une petite victoire à noter : la majorité a voté un avenant au bail passé avec la société chargée d’implanter une station radio-électrique chemin du Bord de voie ouest. L’antenne relais, qui devait faire 24 m de haut, inquiétait les riverains. Le programme a donc été révisé : la hauteur est réduite à 16 m et le pylône en forme d’arbre est abandonné « en raison de son empreinte carbone », annonce Jocelyn Planelles, adjoint délégué à l’urbanisme.