Tag: conseil municipal

  • Pour Michaël Delafosse à Montpellier, les quartiers plutôt que les grands chantiers ?

    Pour Michaël Delafosse à Montpellier, les quartiers plutôt que les grands chantiers ?

    En 2020, il s’était imposé face à Philippe Saurel en tant qu’outsider. Six ans plus tard, Michaël Delafosse a brillamment transformé l’essai dans le costume du favori. En remportant haut la main (50,13%) la triangulaire, dimanche 22 mars, face à Nathalie Oziol (25,06%) et Mohed Altrad (24,81%), le sortant socialiste n’a pas seulement multiplié par 1,6 le nombre de ses voix (38 668 contre 24 046) lors de ce scrutin à la participation certes un peu moins faible. Michaël Delafosse a d’abord écarté, sans doute définitivement, deux adversaires politiques coriaces. Philippe Saurel éjecté du conseil municipal où il siégeait depuis 1995. Et Mohed Altrad, 78 ans, qui, s’il annonce créer l’association « Montpellier, notre fierté », va sans doute s’éclipser rapidement de la scène politique. Reste la députée insoumise Nathalie Oziol qui prépare clairement la suite et ne fera pas de cadeau à la majorité avec ses sept colistiers de l’opposition.

    Qu’importe. À bientôt 49 ans, le professeur d’histoire géographie dont le profil fait écho à son homologue nîmois Vincent Bouget, 46 ans, a désormais du temps (sans doute sept ans) et le champ libre (sans crise Covid à gérer en début de mandat). Premier maire de Montpellier à être réélu depuis Georges Frêche en 2001 (élue en 2008, Hélène Mandroux, maire depuis 2004, n’avait pas été élue sur son nom la première fois), Michaël Delafosse va pouvoir suivre le fameux « cap » qu’il a en tête pour la septième ville de France et sa Métropole.

    La première étape, samedi 28 mars (10h), ne sera qu’une formalité. Avec 53 élus acquis sur 69, le conseil municipal le réélira maire sans encombre. Quelques jours plus tard, la seconde étape pour la présidence de la Métropole ne devrait pas être un énorme casse-tête. Cependant, avec l’élection de 13 nouveaux édiles sur 30 autour de Montpellier, le socialiste va devoir ménager les susceptibilités, trouver le savant équilibre et donc travailler avec la droite, dans une Métropole qui pourrait se politiser davantage si des groupes venaient à se former. Plus que les postes d’adjoints au maire, l’attribution des vice-présidences sera scrutée à la loupe. À voir par exemple qui récupérera le dossier compliqué des déchets dont s’occupait René Revol, battu.

    Le pouvoir d’achat aidé

    Si l’alchimie prend, M. Delafosse pourra alors dérouler. Son premier mandat visait à réveiller Montpellier l’endormie. Ce fut chose faite avec la plupart des promesses tenues (gratuité des transports, 5e ligne de tramway, mutuelle communale…) au prix de nombreux chantiers qui riment forcément avec perturbations. La carte de « l’apaisement » jouée par le maire avec les territoires voisins, vaudra-t-elle aussi pour Montpellier ? C’est ce que M. Delafosse a promis durant la campagne. Après le tramway ou l’Esplanade, le maire a l’intention de réparer et d’équiper les quartiers, les uns après les autres. En prenant soin « des parcs, des écoles, des rues, des places, des trottoirs ». Ainsi l’avenue de Toulouse, la place des Beaux-Arts ou le chemin de l’Aqueduc vont être repensés après concertation. À terme, l’esplanade de Gaulle sera reliée à Antigone. Parmi les premières mesures pour faire faire des économies, la gratuité des médiathèques fera son apparition, un office pour le pouvoir d’achat et une agence du logement seront aussi créés.

    Mais attention, plus de proximité dans les quartiers ne signifie pas la fin des grands chantiers. Le Contournement routier ouest (COM) et le Service express régional métropolitain (Serm) sont sur les rails. Mené avec l’État, l’indispensable projet de rénovation urbaine (Anru) va, durant ce mandat, transformer des quartiers populaires comme la Paillade. De nouveaux quartiers vont naître à l’instar de Montpellier Sud entre Saint-Martin et les Prés d’arènes. Pour M. Delafosse, le nouveau challenge ne fait que débuter.

  • Le nouveau conseil municipal de Martigues s’installe ce vendredi à 18h

    Le nouveau conseil municipal de Martigues s’installe ce vendredi à 18h

    La liste d’union de la gauche emmenée par Gaby Charroux (PCF), arrivée en tête avec 44,14% des suffrages, remporte 32 sièges sur 43. La liste RN, avec ses 35,05%, gagne 7 sièges, soit 5 de plus que lors de la dernière mandature. Jean-Luc Di Maria (DVD), qui a récolté 20,81% au second tour, a 4 sièges, soit un de moins qu’en 2020.

    À l’ordre du jour : élection des adjoints de quartier, fixation du nombre de collaborateurs de cabinet et élection du maire.

  • À Aix, nouvelle configuration pour le conseil municipal

    À Aix, nouvelle configuration pour le conseil municipal

    Les nouveaux maires ont jusqu’à dimanche pour installer leur conseil municipal. À Aix-en-Provence, la première séance de cette nouvelle mandature se tiendra ce vendredi 27 mars (10h), à l’Hôtel de Ville. À la tête de la majorité, Sophie Joissains, maire sortante (UDI), réélue avec 47,35% des suffrages exprimés, sera reconduite dans ses fonctions et revêtira l’écharpe tricolore. Ses élus recevront également leurs délégations et leurs écharpes.

    Comme le veut la tradition, la doyenne des élus, Marie-Pierre Sicard-Desnuelles, déjà présente durant le précédent mandat, ouvrira la séance. Les plus jeunes élus seront chargés du dépouillement.

    De nouveaux visages feront leur entrée pour siéger autour de Sophie Joissains, la liste ayant été largement renouvelée pour ces municipales : 22 élus étaient déjà en poste, 19 sont de nouveaux arrivants. Parmi eux figurent notamment Patrick Ardizzoni, référent aixois de la Chambre de commerce, Loris Martin, étudiant et cofondateur de la Guinguette étudiante, ou encore Mireille Lazare, ancienne commandante de police.

    Plus de sièges à gauche

    L’opposition connaît elle aussi des évolutions. À commencer du côté de la gauche, qui se renforce. La liste Aix Avenir
    – union des forces progressistes et écologistes menée par Marc Pena, arrivée deuxième au second tour avec 31,03% des voix – obtient neuf sièges. En 2020, sous la bannière Aix-en-Partage, la gauche n’occupait que six sièges.

    « Nous serons une opposition exigeante, fidèle à nos valeurs et entièrement tournée vers l’intérêt des Aixois », déclarait mardi Marc Pena. Six nouveaux élus rejoignent le groupe, parmi lesquels Clément Frel-Cazenave, 23 ans, chef de file des écologistes durant la campagne, ou encore Magali Bailleul, membre de Place Publique et suppléante de Marc Pena à l’Assemblée nationale. David Tessier, chef de file du PCF, rejoint également le groupe, aux côtés d’Agnès Daures (DVG), déjà élue d’opposition lors du précédent mandat. « Dès demain, une nouvelle étape de notre combat commence. Nos deux élus, communiste et apparentée, y prendront toute leur place, pour porter les voix des salariés et des quartiers populaires », soulignait, ce jeudi, la section locale du PCF.

    Le Rassemblement national, en revanche, revient siéger au conseil : la liste menée par Jean-Louis Geiger, troisième au second tour avec 13,66% des voix, obtient trois sièges.

    Philippe Klein, investi par le parti Horizons et crédité de 7,96% des suffrages, ne pourra quant à lui constituer un groupe. L’ancien bâtonnier, déjà élu d’opposition en 2020, siégera aux côtés de Laurence Demarchi.

    À noter que trois délibérations urgentes doivent être soumises au vote à l’issue de cette installation.

  • Un conseil municipal renouvelé de moitié à Montpellier

    Un conseil municipal renouvelé de moitié à Montpellier

    Il y a ceux qui siégeaient depuis longtemps (Philippe Saurel, Max Lévita, Jacques Domergue, Mustapha Majdoul…) et qu’on ne verra plus. Et il y a ceux qui vont connaître leur baptême du feu.

    Si les électeurs montpelliérains ont joué la continuité avec Michaël Delafosse, le conseil municipal va changer de visages. Sur les 69 nouveaux élus qui siégeront pendant au moins 6 ans (probablement 7), 33 vont faire leurs premiers pas. 22 sont issus de la liste Delafosse, 7 de chez Oziol et 4 de la liste Altrad.

    Dans la majorité municipale, on connaissait déjà Muriel Ressiguier pour avoir été députée LFI avant de se fâcher avec Jean-Luc Mélenchon. À ses côtés, siégeront le doyen de la fac de droit Guylain Clamour, la médecin biologiste Tal Anahory, l’ancienne candidate PS aux législatives Fatima Bellaredj, l’ex-Verte Jacqueline Markovic (Place Publique) ou Stéphane Hernandez, voix de la communauté gitane. On peut ajouter la jeune Émilie Biondi (PRG), la militante du collectif de la 5e ligne Éliane Urtado ou l’écolo Grégoire Delforge. À noter que Jean-Louis Gély, l’ex-adjoint d’Hélène Mandroux ainsi que la directrice de la SPA, Annie Benezech, font leur retour. Et que Serge Guiseppin était jusqu’ici élu dans l’opposition.

    Côté LFI, seule Alenka Doulain siégeait déjà. Font leur entrée : Nathalie Oziol, Antoine Bertrand, l’ex-chef de cabinet de René Revol, l’ex-écolo Julia Mignacca, l’enfant de Saint-Martin Rhany Slimane, Livia Jampy, suppléante du député Sylvain Carrière, Kamel Moufid et Nicolas Hillaire. Enfin, chez Mohed Altrad, vont faire leurs gammes Marie-France Boisbault, Lilit Aghajanyan, David Nocca et Jérémy Orzechowski. Stéphanie Jannin et Patricia Mirallès étaient jusque-là élues sur la liste de Philippe Saurel.

  • Le futur maire d’Avignon, Olivier Galzi, a rencontré sa prédécesseure Cécile Helle

    Le futur maire d’Avignon, Olivier Galzi, a rencontré sa prédécesseure Cécile Helle

    Des échanges de plus de deux heures, « très positifs, constructifs, dans l’apaisement républicain pour une transition dans les meilleures conditions », nous confie-t-on dans l’entourage du futur premier édile. Samedi matin, les 38 élus de la nouvelle majorité devront s’engager sur une charte éthique autour de l’intégrité, lors d’une séance présidée par Claude Le Roy, ancien entraîneur de football, déjà élu entre 2001 et 2008 dans l’opposition de gauche de l’époque. Face à eux siégeront 10 élus issus de la liste de gauche de David Fournier et 5 élus de celle de la candidate RN Anne-Sophie Rigault. Comme ce fut le cas pour Marie-Josée Roig en 2014, Cécile Helle ne devrait pas assister au conseil d’installation, selon nos informations.

  • [Ces villes face à l’emprise de l’extrême droite] À Carpentras, l’inquiétude après la victoire du RN

    [Ces villes face à l’emprise de l’extrême droite] À Carpentras, l’inquiétude après la victoire du RN

    Le sommet blanc de neige du mont Ventoux, qui scintille sous le soleil, à Carpentras, n’a pas fait oublier aux locaux la vague brune qui s’est abattue sur la ville dimanche, lorsque le candidat du Rassemblement national, Hervé de Lépinau, l’a emporté au second tour des élections municipales avec 50,78% des suffrages exprimés face à une gauche divisée.

    La capitale du Comtat Venaissin a ainsi basculé, pour la première fois de son histoire, à l’extrême droite. Et dans les rues du centre-ville de la deuxième plus grande ville du département de Vaucluse, les avis divergent. Claude, retraitée, assure qu’il « fallait du changement » et que « tout le monde mérite sa chance », sans pouvoir en dire plus sur les motivations de son vote, tandis que son petit-fils, la vingtaine, acquiesce sans vouloir en rajouter non plus. « Le Rassemblement national n’a pas sa place à Carpentras, ce n’est pas une bonne chose. Cela risque d’être compliqué pour un bon nombre d’habitants, notamment ceux des quartiers », regrette de son côté Didier, qui a voté dimanche pour le maire sortant Serge Andrieu. Mohammed, maçon de métier, a de son côté voté pour Francis Adolphe, maire de 2008 à 2018 contraint de quitter ses fonctions après une condamnation pour violences conjugales, car il le « connaît personnellement ». « Je juge au résultat, donc je préfère ne pas me prononcer avant de voir ce que ça donne. Mais c’est sûr que, quand on voit ce qu’il se passe au niveau national, on peut être inquiet », glisse-t-il, tout en regrettant le « cirque » de l’entre-deux-tours entre les deux candidats de gauche lors des discussions pour une fusion, qui ont finalement échoué.

    Un laboratoire

    Autre inquiétude majeure : la menace qui plane sur les structures associatives. À Carpentras, nombre d’entre elles vivent ou survivent au gré des subventions de la municipalité. Et l’éventualité d’un retrait de celles-ci, au bon vouloir d’une nouvelle politique plus austère, signifierait un arrêt de l’activité. Lors de son élection, Hervé de Lépinau apportait là-dessus une « réponse très juridique », de ses propres mots, tout en assurant qu’il ne ferait « rien de violent ». Ce, pour expliquer qu’il se fierait « aux contrats passés entre l’association et la commune et de voir si les objectifs sont remplis ». Et d’ajouter qu’il s’appuiera également sur la loi NOTRe de 2015 et que ce sera du cas par cas. « Soit on ne rentre pas dans le cadre réglementaire, ou l’équipe municipale considérera que ce n’est pas utile pour l’attractivité de la commune. »

    Du côté d’un dirigeant d’une association locale, souhaitant rester anonyme « pour ne pas tendre le bâton pour se faire battre », on craint que le futur premier édile « fasse une application stricte de l’idéologie » de son parti. Ce qu’il souhaite éviter « pour ne pas finir comme à Orange, où Bompard a supprimé toutes les subventions du jour au lendemain et où il n’y a plus un arbre ni un banc dans les cités ». Concernant de potentiels objectifs, il nuance en expliquant qu’il existe déjà des conventions de travail, mais qu’une possible évolution de celles-ci peut changer la donne. D’autant que plusieurs structures utilisent des locaux municipaux.

    Les futurs élus de l’opposition ont également exprimé leurs craintes. Le maire sortant, qui aura quatre sièges au conseil municipal, craint que le parti à la flamme ne fasse de Carpentras « son laboratoire, y développe des politiques xénophobes, inégalitaires et profondément injustes ». Francis Adolphe, qui a devancé Serge Andrieu de 22 voix, aura, lui, cinq sièges au conseil municipal. « Il faudra défendre en priorité le personnel municipal et éviter toute souffrance au travail. Mais aussi, évidemment, le tissu associatif, qui est très fort avec de nombreux bénévoles et qu’il faut continuer à aider. Il faut tenir compte de toute la population. Cette diversité de culture doit rester forte », confie ce dernier.

  • La majorité se forme, l’opposition se défait à Port-de-Bouc

    La majorité se forme, l’opposition se défait à Port-de-Bouc

    Après la séance d’installation, qui a eu lieu dimanche, le premier conseil municipal port-de-boucain a été express. Neuf questions étaient à l’ordre du jour, ce mardi 24 mars, parmi lesquelles l’élection des représentants au sein du conseil d’administration du centre communal d’action sociale, l’élection des membres de la commission de délégation de service public et de concession ou encore la fixation des taux des indemnités de fonction attribuées au maire et aux adjoints.

    Laurent Belsola (PCF) percevra 67,6% du taux maximal, soit 2 778,71 euros brut. Quant à ses neuf adjoints, ils seront indemnisés à hauteur de 28,6% du taux maximal, soit 1 175,61 euros brut. « Ça fait quatre mandats que je suis là et qu’on vote cette même délibération, rappelle le maire. Nous sommes dans un parti politique où nous reversons. Nous ne sommes pas là pour nous enrichir, mais pour servir nos concitoyens. »

    Autre fait marquant de ce conseil : les démissions supplémentaires dans le groupe d’opposition de Pascal Spanu, le candidat divers droite soutenu par le RPR de Franck Allisio. Cinq nouvelles défections s’ajoutent aux quatre précédentes, alors que trois élus siégeaient ce soir. « C’est la première fois qu’on voit l’opposition ne pas assister au conseil d’installation, réagit Laurent Belsola. Ils ont perdu, mais ils représentent 30% de la population quand même. Je comprends que la défaite est amère, mais c’est la démocratie. »

    Des formations en interne

    À la sortie de la séance, qui aura duré à peine plus d’une demi-heure, le benjamin de la majorité, Samuel Lozano, revient sur cette première expérience : « Je me suis bien senti, on est une bonne équipe de 28, on est très soudés. » À 19 ans, le Port-de-Boucain n’est pas démuni face aux délibérations grâce aux bases administratives qu’il acquiert dans le cadre de ses études de droit. L’encadrement de l’équipe municipale finit de le rassurer : « On est bien accompagnés par des personnes compétentes. On nous donne de la documentation à lire, etc. »

    En ce début de mandat, la majorité profite des réunions de groupe pour faire de la formation interne. Ce mardi soir, les élus avaient par exemple une session sur leur rôle, leurs droits, leurs devoirs et l’intérêt général. Un responsable explique : « L’idée, c’est de s’appuyer sur les techniciens de la Ville et l’expérience des élus qui sont repartis pour dégrossir la chose publique. »

    « Ces réunions sont précieuses pour les nouveaux comme moi, affirme Samuel Lozano. Je ne maîtrise pas tous les domaines et je pense que, quand on est élu, surtout dans les petites villes, il faut être le plus polyvalent possible. Il faut pouvoir répondre aux habitants sur l’urbanisme comme la citoyenneté, la jeunesse ou la culture. »

    La prochaine formation aura pour objet le budget, en prévision de la prochaine séance de conseil municipal du 8 avril lors de laquelle aura lieu le débat d’orientation budgétaire.

  • Les Istréens formulent un vœu de renouveau

    Les Istréens formulent un vœu de renouveau

    C’est un petit séisme dans la vie politique locale. Dimanche, le candidat menant une liste divers droite, Robin Prétot (LR), a détrôné François Bernardini (DVG), après plus de deux décennies de pouvoir. Jusque-là conseiller municipal d’opposition, un rôle qu’il avait endossé dès 2014, l’Istréen de 36 ans a obtenu 59,84% des suffrages au second tour, contre 31,4% pour le maire sortant. Le tout avec un taux de participation de 67,30%, dépassant largement le niveau national. Un résultat net, voire « un renversement total », preuve d’« un système qui arrivait à bout de souffle » pour Cécile Tivoli, l’une des colistières (SE) du nouvel édile, présente sur le marché du centre-ville, ce mardi matin.

    Elle qui s’est beaucoup investie dans la campagne l’assure : « Le besoin de changement revenait souvent lors des actions de tractage ou de porte à porte. » Depuis peu installée dans le quartier de la Bayanne, à proximité de la base aérienne 125, Audrey confirme : « Le renouveau peut être bénéfique. » Élu conseiller municipal dès 1977 puis adjoint, conseiller général des Bouches-du-Rhône de 1988 à 1998, député, député européen, conseiller général et enfin maire à partir de 2001 avant d’être déclaré inéligible puis de revenir à la tête de la ville en 2008, François Bernardini était l’un des piliers du paysage politique de l’Ouest des Bouches-du-Rhône.

    Une adhésion au projet de Robin Prétot

    Alors que cette page se tourne, les habitants saluent son bilan. « Il a fait beaucoup de choses bien. Moi, j’ai vu se construire Dinosaur’Istres, j’ai trouvé ça super », reconnaît Audrey. Amanda, de la pâtisserie Émotions sucrées, note les animations estivales comme « les Jeudis étoilés et le marché de nuit qui faisaient bouger la ville ». Cécile Tivoli affirme : « Tout n’est pas à jeter, au contraire. J’ai bénéficié des services publics, des activités à bas prix pour les enfants, j’en suis vraiment reconnaissante, mais on était sur la pente descendante. »

    Audrey l’assure : son vote n’était pas tant contre François Bernardini que pour Robin Prétot. « J’adhère plus à sa vision de l’urbanisation de la ville », explique-t-elle. C’était le point qui cristallisait les débats entre les deux candidats. L’un estimait : « Istres étouffe sous le béton », tandis que l’autre, maire sortant, considérait que « la construction est un signe de développement et une réponse à la demande », alors que de grands projets industriels devraient créer des milliers d’emplois dans la zone, d’ici quelques années. « Effectivement, il faudra toujours faire des habitations, mais là, c’est trop, dénonce l’Istréenne. J’espère que Robin Prétot reverra les règles pour n’avoir que des bâtiments bas, parce que c’est ce que j’ai aimé dans cette commune, quand je suis arrivée de région parisienne, il y a douze ans. »

    Deux jours après l’élection de leur nouveau maire, les habitants attendent ses premières actions, notamment pour le centre-ville « qui dépérit », d’après une commerçante. « On verra, lâche-t-elle, dubitative. C’est du sang neuf et il est motivé, mais bon. La situation est aussi due au contexte national, je sais pas s’il pourra faire des miracles. » Amanda et Alicia voudraient que « Robin Prétot exploite le plein potentiel d’Istres » : « C’est vrai que c’est un beau village, l’été c’est génial, mais l’hiver, c’est mort. »

    Alors que le conseil municipal d’installation est prévu ce samedi 28 mars à 10h dans l’hôtel de ville, Robin Prétot promet d’être « le maire de ceux qui ont voté pour nous et de ceux qui ont voté pour d’autres » : « Le meilleur moyen de les considérer sera de permettre aux élus qu’ils ont choisis de faire entendre leurs voix. »

  • Un recours déposé par Isabel Gamba (DVC) dénonçant “des irrégularités” à Oraison

    Un recours déposé par Isabel Gamba (DVC) dénonçant “des irrégularités” à Oraison

    Des isoloirs “pas aux normes” et, des “défaillances dans l’organisation” du scrutin… Tels sont les éléments “susceptibles d’avoir altéré la sincérité du scrutin” avancés par l’équipe d’Isabel Gamba qui a déposé vendredi un recours au tribunal administratif. Le maire sortant Benoît Gauvan (Renaissance) a été réélu dès le premier tour à 50,16%. A seulement quelques voix près, il y aurait eu un second tour. C’est également ce que dénonce la candidate et sa directrice de campagne Andréa Laurent, qui avait elle récolté 25,17% des voix.

    Dans un communiqué adressé à La Marseillaise mardi, la candidate Isabel Gamba et sa directrice de campagne Andréa Laurent dénoncent “des conditions matérielles d’organisation non conformes aux exigences relatives à la garantie du secret du vote”, ainsi que “des atteintes potentielles au principe d’égalité entre les candidats” et “la diffusion tardive d’éléments de polémique, intervenue dans des conditions ne permettant pas une réponse utile et effective, susceptible de constituer une manœuvre de nature à altérer la sincérité du scrutin”.

    “Au regard de l’écart de voix particulièrement réduit, ces éléments sont susceptibles d’avoir exercé une influence déterminante sur le résultat du scrutin”, écrivent-elles. Contacté, le maire réélu en conseil municipal d’installation samedi n’a pas répondu dans l’immédiat et devrait s’exprimer à ce sujet prochainement.

  • « Les Aubagnais ont refusé que l’extrême droite mène la ville »

    « Les Aubagnais ont refusé que l’extrême droite mène la ville »

    La Marseillaise : Alors que vous étiez en troisième position au premier tour, c’est finalement vous qui arrivez en tête au second, devant la liste de Joëlle Melin (RN) et celle du maire sortant (DVD), Gérard Gazay. Comment traduisez-vous ces scores ?

    Jean-Pierre Squillari : Ces résultats montrent que les Aubagnais et les Aubagnaises ont refusé que l’extrême droite mène la ville. Et que les habitants ont aussi rejeté le maire sortant (DVD), Gérard Gazay. C’est ma première analyse. Et puis, pour moi, cela traduit aussi une volonté d’avoir plus de proximité, en faisant confiance à une personne qui connaît bien sa ville.

    Vous avez notamment fusionné avec la liste divers centre menée par Giovanni Schipani. Comment allez vous travailler ensemble ?

    J.-P.S. : D’une manière très naturelle, puisque leur programme a de grandes similarités avec le nôtre. Donc, ça ne pose pas de problème. Les quelques problèmes qu’il pourrait y avoir, on va les aplanir très rapidement. On a déjà eu une réunion de travail et on va se répartir les rôles. Comme convenu à l’avance, ils auront 8 sièges au conseil municipal.

    Après douze ans de droite, Aubagne revient donc à gauche…

    J.-P.S. : C’est quelque chose de pratiquement exceptionnel dans la zone, puisque c’est, je pense, la seule ville de cette importance qui bascule de droite à gauche. Ce qui veut dire que le travail qui a été accompli a été formidable. Parce qu’au début, nous n’étions pas favoris, parce que nous partions de pas grand-chose. Mais, au fur et à mesure de la campagne, qui a duré pour nous trois ans, on a vu les bénéfices de cela. Car on s’est mis en ordre de marche, il y a trois ans, pour faire cette liste citoyenne et de gauche. Je pense aussi que M. Gazay [maire sortant, DVD] nous a facilité la tâche par sa politique de constructeur, bétonneur et démolisseur. Les Aubagnais et les Aubagnaises ont été fatigués de cette politique. C’est d’ailleurs sûrement pour cela qu’il est arrivé troisième à la fin de ce second tour, derrière le Rassemblement national. Il y a eu un rejet de sa politique par les habitants.

    … mais le score de la liste du Rassemblement national, portée par Joëlle Melin, reste haut, avec 33,71%.

    J.-P.S. : D’abord, si vous comparez avec les élections législatives de 2022, les résultats de l’extrême droite sont en baisse, donc on voit que c’est fluctuant. Mais c’est vrai qu’il y a une montée du Rassemblement national dans la France entière. On peut toutefois dire quand même que sur Aubagne, on l’a contenu. Car c’est Joëlle Melin qui avait remporté la mise en 2022 [pour les élections législatives].

    Qu’est-ce que cela révèle, selon vous ?

    J.-P.S. : Ça montre qu’il y a sans doute eu un basculement des voix de droite, de la droite traditionnelle sur le Rassemblement national. Puisque Monsieur Gazay perd 10 points au premier tour [par rapport au premier tour de 2020]. Notre liste quant à elle, a conservé et consolidé son électorat. Mais ce que révèle cette élection, c’est la perte pour la droite traditionnelle de ses électeurs au profit du Rassemblement national à Aubagne, comme dans toute la France.

    Qu’est-ce qui, selon vous, pourrait résorber cette montée de l’extrême droite ?

    J.-P.S. : C’est un problème général, mais lorsque les Aubagnais et Aubagnaises verront que leur ville redevient accueillante, souriante et intéressante avec un centre-ville plus dynamique par exemple, naturellement, ils adhéreront à notre politique. On ne va pas faire de l’anti-RN basique. C’est naturellement que les citoyens vont revenir dans notre politique. On va également travailler dans les quartiers, et surtout avec les associations à qui on a coupé beaucoup d’aides et qui n’ont plus de budget pour faire leur travail.

    Vous voulez donc augmenter
    les subventions aux associations
     ?

    J.-P.S. : Oui. Les responsables des maisons de quartier font un travail extraordinaire avec quatre bouts de ficelle. Ils essaient de faire vivre un quartier, mais c’est très difficile. Car pour emmener les jeunes à la mer ou à la montagne, il faut louer un bus, et sans financement, ils ne pouvaient plus le faire.

    Quelles vont être vos priorités dans les prochaines semaines et mois ?

    J.-P.S. : Une fois que je serai élu officiellement maire, c’est-à-dire samedi à 11h, nous allons tout d’abord rassurer les commerçants du cour Voltaire en leur précisant que le marché reviendra sur le cour, une fois qu’on aura fait les aménagements nécessaires. Ce qui sera fait en plusieurs étapes, en faisant d’abord ce qu’on peut réaliser le plus rapidement et qui ne coûte pas grand-chose. Au mois de mai ou de juin, ensuite, comme on l’a dit dans nos propositions, programmer une braderie dans le centre-ville. Un événement festif qui se renouvellera tous les mois. Puis on va également entamer des négociations pour municipaliser ce qui peut l’être au détriment du privé.

    Que voulez-vous municipaliser ?

    J.-P.S. : Tout d’abord, on va créer une mutuelle municipale. On va également entamer des négociations pour les frais d’obsèques. Car municipaliser cette partie de la vie est important, au profit du pouvoir d’achat des habitants. L’idée est de réduire les coûts de nos administrés. Et puis on va étudier tous les contrats qui ont été signés, pour tenter de voir ceux que l’on peut annuler, ou ceux où l’on doit attendre la fin du contrat. On va également faire un audit [procédure de contrôle de la gestion, Ndlr.] sur la comptabilité pour savoir où en est la ville.

    Et quels sont les projets sur le plus long terme ?

    J.-P.S. : Il y a nos projets phares. Tout d’abord, la rénovation de la piscine centrale avec un grand parc urbain. Nous souhaitons également mettre en place un plan Marshall pour les écoles, c’est-à-dire qu’il faut que, durant la mandature, nous ayons pu rénover les écoles qui sont dans un état de délabrement. Nous allons également créer une zone agricole protégée, afin qu’aucune construction ne puisse exister sur les parcelles agricoles irriguées. Nous allons aussi mettre en place un plan particulier des risques d’incendie concernant les forêts et les constructions dans les collines.

    Enfin, nous allons travailler sur le domaine culturel. Là aussi, depuis deux mandatures, les artistes désertent Aubagne, alors qu’auparavant la ville était une pépinière de jeunes talents. Aujourd’hui, ils fuient et vont se réfugier ailleurs. Il y a donc un immense chantier autour de cette thématique.

    Avez-vous un dernier mot pour les Aubagnais et Aubagnaises ?

    J.-P.S. : Mon dernier mot, ce serait pour remercier les électeurs et les électrices qui nous ont fait confiance. Je voudrais également remercier et encourager les employés du service public qui ont subi pendant des années des suppressions de postes. On leur a dit de tenir bon, et on est là maintenant.

    « Il y a sans doute eu un basculement des voix de droite sur le RN »