Tag: Cinéma

  • Des séries à gogo avec le festival CréaTVty à Sète

    Des séries à gogo avec le festival CréaTVty à Sète

    Mettre en lumière la création audiovisuelle. Tel est le leitmotiv du festival CreaTVty, qui revient à Sète pour une seconde édition du 12 au 15 novembre. Au programme, neuf projections de séries ou films de télévision en compétition. Et tous en avant-première, pour le plus grand bonheur des cinéphiles. Parmi les plus attendus, Après la fin, réalisé par Frédéric Lopez, qui revient sur l’histoire vraie de la reconstruction de Louis Derungs, amputé des deux bras et que le présentateur avait reçu dans une de ses émissions, en 2017. Mais également la série italienne Mussolini, le fils du siècle, revenant sur la création du fascisme (12/11, à 15h) ou encore la série très attendue Un Prophète (15/11, à 19h30). Si les personnages ne sont pas les mêmes que dans le film d’Audiard, on retrouvera néanmoins la patte du film puisque ce sont Abdel Raouf Dafri et Nicolas Peufaillit, scénaristes du film d’Audiard, qui sont à l’écriture. « Comme dans le film, on suit un jeune qui se retrouve en prison et comment il organise sa lutte dans le monde carcéral », détaille Stéphane Caput, président de CreaTVty.

    Si des comédies sont également au programme, « on note le caractère très social du festival. Nous sommes à une époque de bouleversement. Il y a beaucoup de films autour des luttes, des combats, des gens qui se battent dans les associations », poursuit Stéphane Caput. À l’instar de L’Affaire Laura Stern, créée par Marie Kremer et Frédéric Krivine, revenant sur les violences faites aux femmes (14/11, 17h).

    Un festival 100% gratuit

    Pascal Elbé, président du jury, aura la lourde tâche de départager les films en compétition. Ce dernier présentera également – hors compétition – son prochain film, La bonne étoile avec Benoît Poelvoorde (14/11, 20h). Le festival met également à l’honneur la jeune création puisqu’est organisé un prix du meilleur court-métrage, le 13 novembre. « On met en lumière des jeunes réalisateurs qui n’ont jamais été diffusés. Ce sont souvent des étudiants qui sortent des écoles, c’est la première compétition pour certains », précise Stéphane Caput. Une aubaine également pour ces réalisateurs en herbe puisqu’un des objectifs affichés de CreaTVty est de mettre en relation producteurs et réalisateurs.

    Avant-premières, rencontres avec réalisateurs et acteurs, le tout entièrement gratuit. Le public sétois va être ravi.

    Programme complet à retrouver sur creatvty.fr.

  • La quinzaine du Japon est lancée dans le Gard

    La quinzaine du Japon est lancée dans le Gard

    Tout le Gard concerné

    Mais cette quinzaine qui séduit petits, adolescents et adultes autour d’une même culture va rayonner sur l’ensemble du territoire gardois. Ainsi, la Bambouseraie en Cévennes propose des « visites exclusives » du jardin d’inspiration japonaise « Le Vallon du Dragon » (les 8, 9 et 11 novembre). Toujours dans les Cévennes, le Vigan organise aussi une journée avec de nombreuses animations dimanche 9 novembre. Jusqu’au 28 novembre, la Maison de ma Région de Nîmes accueille une exposition sur les « Voyages autour du Mont Fuji ». Du 15 au 18 novembre, le Cinéplanet à Alès met, lui, en lumière le cinéma japonais.

    Quatre lycées du département vont également accueillir des animations autour du manga, du dessin, de la cuisine japonaise ou des expositions. La médiathèque de Saint-Christol-lez-Alès accueillera l’exposition « Curieux Japon » et celle de Saint-Hippolyte-du-Fort proposera de nombreux ateliers (8, 12, 15, 19 novembre). Enfin, le musée voisin de la soie présente une exposition de broderies japonaises traditionnelles.

  • [Grand entretien] Anna Mouglalis : « Soutenir la presse libre et rester en alerte »

    [Grand entretien] Anna Mouglalis : « Soutenir la presse libre et rester en alerte »

    La Marseillaise : À quel point vous reconnaissez-vous dans les valeurs portées par le festival ?

    Anna Mouglalis : Déjà, je tiens à souligner que c’est moi qui suis honorée de faire partie du festival. Après, d’un point de vue général, les choses avancent peu. Suite à l’action du collectif 50/50, les festivals s’étaient engagés à ce qu’il y ait 50% de films de femmes. Mais on voit bien que ces promesses n’ont pas été tenues. Cela reste donc toujours aussi important de visibiliser les films réalisés par des femmes car leur travail devient plus compliqué. Leurs films sont moins bien dotés et produits. On leur donne tout simplement moins d’argent, ce qui a aussi un impact sur leur distribution. On ne peut donc que saluer la démarche de Films femmes Méditerranée dont la programmation contient beaucoup de films que je me languis de découvrir.

    L’une de ses sections est dédiée à la réalisatrice et pionnière grecque Frieda Liappa (1948-94), qui s’est élevée en son temps contre la dictature des colonels. Aujourd’hui, le fascisme est aux portes du pouvoir en France, avec le rapprochement des idées des partis de droite et d’extrême droite. D’où peut venir le sursaut ?

    A.M. : C’est terrible car cette levée réactionnaire touche tous les milieux. À mon petit niveau, je participe à des événements, je me rapproche d’associations en danger [Elle soutient entre autres SOS Méditerranée, Ndlr], je manifeste, je prends la parole dès que possible. Après, il y a des sursauts, comme on a pu le voir récemment avec l’élection de Zohran Mamdani comme maire de New York. Malgré tout, on est encerclés. Entre l’Italie, les petites démocraties du Nord, la Hongrie, l’Argentine… Les réactionnaires sont de partout. Je recommande à tout le monde la lecture de l’ouvrage de l’historien Johann Chapoutot, Les irresponsables. Il s’est passé la même chose dans les années 1930 avant le nazisme. Des milliardaires se sont permis de racheter toute la presse et ont mis fin à la séparation des pouvoirs. C’est ce qu’on vit en ce moment avec toutes les chaînes de propagande. Sans oublier que leurs idées se répandent même dans le monde de l’enseignement, comme on a pu le voir avec la poussée de Stérin. D’où l’importance de soutenir la presse libre et indépendante et de rester alerte.

    Le festival a aussi tenu à souligner votre engagement contre les violences faites aux femmes, vous qui avez été auditionné au printemps dernier par les députés pour témoigner de celles que vous avez subies dans le monde du cinéma…

    A.M. : Il y a eu d’autres commissions comme la Ciivise, qui a fait un travail sur trois ans avec 82 préconisations pour pouvoir lutter contre les violences sexuelles faites aux enfants. Moi, ce que je revendique, c’est que ces violences se déroulent dans tous les milieux. Dans le cinéma, notre parole a un peu plus d’écho, mais c’est vrai pour toutes les personnes en situation de pouvoir. Je suis assez impressionnée de voir à quel point les hommes ne disent rien, alors que les femmes disent : « nous le savions toutes ». Le but n’est pas de vivre sans les hommes. Mais on aurait besoin qu’ils aient un peu plus de courage. Pour les femmes, il faut un courage énorme pour prendre la parole. Les hommes n’ont, eux, peut-être pas subi directement des violences, mais le fait qu’ils les voient et ne parlent pas consiste à dire que ce n’est pas très grave. Alors, bien sûr, ça peut être compliqué quand il est parfois question de réalisateurs ou producteurs, qui sont par ailleurs des amis. Mais le courage, c’est de dire quand on voit quelqu’un qui fait quelque chose d’intolérable. Et de ne pas se dire : « oui c’est un ami » ou « il m’a fait débuter » donc, je ne peux pas parler. En parler, ce n’est pas lui tirer dans le dos. C’est se battre pour un monde meilleur et pour la justice.

    Des divisions ont cours au sein même de certains milieux militants, en ce qui concerne la lutte pour revendiquer des identités. Estimez-vous que ces combats ne doivent en aucun cas être déconnectés de la question sociale ?

    A.M. : De toute façon, la lutte est intersectionnelle. Ce sont des questions qui se posent continuellement, dans les milieux féministes aussi. La parole donnée par une femme non blanche ne va par exemple pas forcément avoir le même écho que celle portée par une femme blanche. Il faut vraiment que les féministes blanches s’interrogent. Car ce sont toutes les femmes, ensemble, qui vont réussir. C’est pour cela que j’ai trouvé, à l’endroit de la CGT, quelque chose qui me semble beaucoup plus cohérent depuis que Sophie Binet en est à la tête : des revendications de justice sociale dans tous les milieux professionnels, avec la lutte pour les droits des femmes, tout cela encadré par le droit du travail. Il faut se syndiquer et manifester.

    Le festival rend aussi hommage à Marguerite Duras avec la projection de quatre films. Est-ce une figure qui vous inspire, au même titre que l’écrivaine et militante féministe Monique Wittig que vous avez célébrée en musique cette année ?

    A.M. : J’ai lu Marguerite Duras mais j’ai vu ses films assez tard. C’est à travers Delphine Seyrig que j’ai rencontré son œuvre et qui était une grande militante féministe, chose que certains veulent effacer de sa carrière. Si Marguerite Duras est une immense artiste, je n’ai pas vu dans ses mots le même embrasement que celui que j’ai trouvé dans ceux de Monique Wittig. La révolution qu’elle a accomplie en littérature, elle l’accomplissait aussi dans la rue. Elle a inventé une langue qui lui est propre, mais était aussi très impliquée en participant à la création du mouvement de libération des femmes, a fait partie des Petites marguerites ou des Gouines rouges. Ce n’est pas de la révolution fiction. C’est du vécu.

    Propos recueillis par Philippe Amsellem

  • La grâce humaine de l’œuvre de Raymond Depardon à Aix

    La grâce humaine de l’œuvre de Raymond Depardon à Aix

    Plutôt rares sont les réalisateurs auxquels des salles consacrent une rétrospective de leur vivant. Tel est le cas de Raymond Depardon, dont une partie de l’œuvre se répand dans une dizaine de salles françaises, parmi lesquelles Les Variétés, à Marseille, où s’achève un cycle, mardi 4 novembre, avec la projection de San Clemente (1982), déjà caractéristique du style si reconnaissable du cinéaste français. Caméra tanquée sur l’épaule, il partait poétiquement à la rencontre de patients de cet asile psychiatrique éponyme situé sur une île au large de Venise, à l’aube de sa fermeture annoncée. À partir du 7 novembre, un film également à l’affiche de l’École supérieure d’art d’Aix, où l’Institut de l’image de la ville délocalise ses activités en raison de la fermeture pour travaux de son site historique de Méjanes. « Nous reprenons en novembre la première partie d’une rétrospective intégrale, “Depardon citoyen”, qui ressort ces prochains mois. Une série de documentaires dont la mise en scène interroge subtilement le pouvoir institutionnel et ses effets sur les individus, dans une approche sobre et dénuée de commentaires », contextualise-t-on du côté de l’établissement aixois.

    Le miroir des marges

    Forcément marqué par son passé de photoreporter, qui l’a vu entre autres couvrir la guerre d’Algérie ou celle du Vietnam, Raymond Depardon a gardé son goût pour les faits ainsi qu’une humanité à la fois criarde et discrète dans ses films documentaires, amorcés dans les années 1970. Au menu des projections assurées dans l’amphithéâtre de l’École supérieure d’art d’Aix, Faits divers. Succession de plan séquences éloquents, il filme en 1983 la vie d’un commissariat du 5e arrondissement de Paris, dans le sillage des policiers qui y officient.

    Une partie de l’œuvre de Raymond Depardon jaillit finalement comme le miroir de notre humanité, reflété par des individus dits « à la marge ». Dans Urgences, le photographe et réalisateur laissait encore parler sa caméra en 1987 dans le service des urgences psychiatriques de l’Hôtel-Dieu, à Paris. Bien plus brutal que son lointain cousin San Clemente, un documentaire au plus près des psychiatres et patients dans lequel il explorait tous les visages de la folie, qu’elle soit causée par la schizophrénie, l’addiction à l’alcool ou encore la dépression.

    Porté par son tropisme judiciaire et ces prétoires, microcosmes grandeur nature de nos sociétés et de l’âme humaine, Raymond Depardon réalisera également, parmi tant d’autres, Délit flagrants (1994). Un film au cours duquel il ausculte la petite délinquance prise dans l’engrenage judiciaire en posant son instrument dans l’une des parties du Palais de justice de Paris.

    Dates et horaires des séances sur www.institut-image.org

  • L’acteur Tchéky Karyo tire sa révérence

    L’acteur Tchéky Karyo tire sa révérence

    Il était le seul rôle parlant du film L’Ours, de Jean-Jacques Annaud. Ou encore le mentor d’Anne Parillaud dans Nikita. Le comédien Tchéky Karyo s’est éteint, vendredi, emporté par un cancer. Il avait 72 ans.

    Né à Istanbul, la carrière de ce polyglotte maîtrisant le français, l’anglais, l’espagnol et l’arabe avait débuté dans le cinéma d’auteur français, notamment en 1982 devant la caméra de Chantal Akerman pour Toute une nuit et devant celle d’Éric Rohmer en 1984 dans Les Nuits de la pleine lune.

    Sa filmographie éclectique l’a fait côtoyer Jean-Pierre Jeunet dans Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain (2001) et l’a porté vers des cinéastes étrangers, notamment le Brésilien Walter Salles (Terra Estrangeira, 1995) ou l’Américain Ridley Scott dans 1492 : Christophe Colomb aux côtés de Gérard Depardieu.

    Tchéky Karyo a également eu une longue carrière sur les planches et s’était notamment produit au Festival d’Avignon au début des années 1980.

  • Avec le festival « FEMMES ! », le cinéma s’accorde au féminin

    Avec le festival « FEMMES ! », le cinéma s’accorde au féminin

    Le rendez-vous a été fondé en 2001 suite à la rencontre de deux militants féministes, Luc Patentreger, médecin, dessinateur, et entrepreneur social, et Loutcha Dassa, ancienne déportée à Auschwitz décorée de la médaille de chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres en 2012 et de la Légion d’Honneur en 2021 pour sa lutte pour l’inclusion des femmes dans la société et le milieu artistique.

    Le festival Femmes ! revient pour une 24e édition, du 5 au 24 novembre. Six salles dans quatre villes s’en feront le relais : Théâtre Liberté et cinéma Le Royal à Toulon, cinéma Six n’étoiles à Six-Fours, Casino Joa et centre culturel Tisot à La Seyne-sur-Mer et cinéma Le Rocher à La Garde.

    44 films en compétition

    Ce festival se définit comme « œuvrant pour l’égalité entre femmes et hommes », avec « une conviction : l’art peut et doit être un levier d’émancipation, d’égalité et de liberté. Nous portons un féminisme universaliste qui réunit toutes les femmes, quels que soient leurs origines, leurs parcours ou leurs frontières, et qui invite les hommes à être pleinement partenaires de ce combat ». Cette année, la thématique « Duo », centrée sur la question « que raconte une femme quand elle parle d’elle à travers l’autre ? », invite à porter « ce féminisme du lien, de l’altérité, du respect, qui trouve dans ce thème une résonance naturelle qui refuse les cloisonnements et se nourrit du dialogue, car l’égalité se construit ensemble ».

    44 films de 16 pays seront en compétition pour le Prix du Public, parmi lesquels 8 avant-premières et 14 films en sortie nationale. Seront également remis le Prix du Jury et le Prix d’interprétation féminine avec sept films, en avant-première, en compétition. Autour de la compétition, le public pourra profiter, entre autres, d’une masterclass donnée par les acteurs de l’iconique série Plus belle la vie, d’un atelier cinéma pour apprendre à analyser les films, de soirées thématiques (dont la nuit des courts-métrages), d’expositions, ou encore de douze débats et conférences sur des thématiques féministes (santé mentale, violences sexuelles et sexistes…) et artistiques. De nombreux réalisateurs et acteurs seront également présents pendant ces trois semaines.

    Infos et tarifs sur femmesfestival.fr

  • Le Toulonnais Raimu repose chez lui au cimetière central

    Le Toulonnais Raimu repose chez lui au cimetière central

    Commune où il a vu le jour le 18 décembre 1883 et à laquelle il est toujours resté fidèle, jusqu’à sa mort en 1946. Le « Monstre sacré » du cinéma français des années 1930 et de la première moitié des années 1940, précisait à qui lui en faisait la remarque que son accent était toulonnais, et non pas marseillais. Nuance ! L’interprète fétiche de Pagnol repose à présent dans un silence de pierre, au début de la première allée qui porte son nom, juste à droite après la porte principale. Un sacré pétrin dans lequel on finira tous. À vous fendre le cœur.

  • Une soirée dédiée aux courts-métrages présentés au festival de la Côte Bleue

    Une soirée dédiée aux courts-métrages présentés au festival de la Côte Bleue

    La municipalité du Rove propose une soirée cinéma dédiée au court-métrage, le vendredi 7 novembre à 21h, à la salle des fêtes Lantéri. Au programme : une sélection de 5 à 6 films courts présentés en 2023 lors du dernier Festival de courts-métrages de la Côte Bleue – l’édition 2025 prévue mi-octobre ayant été reportée à la fin mars 2026 pour cause de travaux au cinéma fernandel – pour une projection d’une durée totale d’environ 1h20. La séance se déroulera en présence de l’organisateur du festival. L’entrée est gratuite et ouverte à tous.

    Partenaire historique du festival depuis sa création, la commune du Rove soutient cette manifestation regroupant des films français et internationaux, fondée en 2008 par Hélène Baillé (présidente) et Jean-Marc Baillé (organisateur). Le festival, qui se tient tous les deux ans, présente une cinquantaine de courts-métrages venus du monde entier. Il met en lumière le travail de jeunes réalisateurs de moins de 30 ans, dans des genres variés : animation, fiction, documentaire ou expérimental. Son ambition : promouvoir la créativité et favoriser la reconnaissance du court-métrage.

    Et parfois, certaines œuvres s’y distinguent particulièrement : on se souvient du film d’animation Garden Party, réalisé par six anciens étudiants de l’école d’animation d’Arles, présenté à Carry avant d’être nommé aux Oscars en 2018 à Hollywood ! Il avait été projeté au Rove lors d’une séance spéciale.

    6 chemin de la Bergerie.
    Tel
     : 04.91.09.90.25

  • Des films diasporiques voyagent à Marseille

    Des films diasporiques voyagent à Marseille

    « Ce festival incarne la volonté de la Ville de s’ouvrir davantage au monde et de renforcer les liens diplomatiques et culturels par la célébration du cinéma », expliquait l’an passé, la première adjointe au maire de Marseille, Michèle Rubirola, pour justifier la création des Rencontres internationales du cinéma. Fort du succès de cette première mouture, voilà qu’une deuxième édition, toujours gratuite, vient pointer le bout de son nez, du 4 au 7 novembre à l’Alcazar et au Château de la Buzine, pour mettre cette fois en lumière « des œuvres cinématographiques portant sur les diasporas, réalisées ou portées par des acteurs culturels du territoire marseillais », souligne la municipalité à propos de cette série de projections gratuites saluée par un prix destiné à « récompenser la force narrative d’un film, la rigueur de son point de vue et sa résonance avec les enjeux contemporains liés aux diasporas ».

    Neuf œuvres seront projetées, dont un certain nombre en partenariat avec des consulats : d’abord celui de Roumanie pour La guerre du Roi, de Trevor Poots et John Florescu, qui éclaire l’histoire de Michel Ier de Roumanie, jeune monarque alors à la tête de ce pays lors de son entrée dans la deuxième guerre mondiale. La Lettonie sera également représentée avec Plus qu’une danse, documentaire qui « retrace le parcours de Selga Apse et de son groupe de danse folklorique letton Daugavina », stipule le programme.

    Contrastes et réalité

    Mais c’est Dans la peau, de Pascal Tessaud, qui ouvrira le bal de ces rencontres à la bibliothèque de l’Alcazar. Certainement l’un des films réalisés sur Marseille les plus réussis de ces dernières années. Un exercice de style qui louvoie entre la romance et la chronique sociale, et parfois même vers le film de danse. L’histoire de Kaleem, trentenaire qui revient vivre dans le quartier de la Savine après un passage à l’ombre. Travaillant désormais sur des chantiers, mais poursuivant toujours ses rêves de danse, il rencontre Marie, architecte BCBG dont il s’amourache. « Les films sur les quartiers sont la plupart du temps virils, avec des armes. Moi, j’avais envie de parler d’amour », expliquait à La Marseillaise Pascal Tessaud, au lancement de ce film de contrastes entre deux Marseille, du Nord et du Sud, qui se croisent mais ne se rencontrent jamais.

    La clôture du festival coïncidera quant à elle avec la projection de Welcome to Europe. Réalisé par Thomas Bornot et Cyril Montana, un documentaire qui aborde le thème de l’immigration et « son instrumentalisation qui créé un climat de peur en Europe ». Une déconstruction par les faits « à travers le regard d’un petit-fils de réfugié espagnol, qui part sur les traces des exilés, de la France jusqu’en Méditerranée ». Un parcours mis en parallèle avec celui d’un jeune Afghan arrivé en France.

  • Méditerranéennes engagées devant et derrière l’objectif

    Méditerranéennes engagées devant et derrière l’objectif

    À l’occasion de ses 20 ans, Films femmes Méditerranée a choisi comme invitée d’honneur Anna Mouglalis. « Une actrice singulière, libre, engagée, avec une voix qui dérange, transforme », résume la présidente de ce festival, Marcelle Callier. « Elle sera présente à Marseille pour célébrer avec nous les valeurs d’inclusion, de partage, de sonorité qui nous animent », évoquent les organisateurs à propos de cette femme de cinéma dont l’engagement dépasse l’écran, comme a pu le prouver, au printemps dernier, son audition par les députés lors d’une commission d’enquête autour des violences sexuelles dans le monde de la culture.

    « Elle a souhaité intervenir publiquement », souligne Valérie Boudoire, coordinatrice de la programmation, qui s’étendra du 7 au 14 novembre. « Il est temps de renouveler les formes de représentations et de récits, une démarche au cœur de notre réflexion », explique-t-elle. Illustration dès le film d’ouverture à l’Artplexe avec Promis le ciel. « Le premier long-métrage de fiction d’Erige Sehiri, dans lequel elle dresse le portrait de trois femmes originaires d’Afrique subsaharienne, en quête d’une seconde chance à Tunis. Cette réalisatrice tunisienne rend visible les invisibles. »

    Dix-huit pays représentés par 44 films

    Parmi les « 44 films, dont six avant-premières, représentant 18 pays », situe la déléguée générale du festival, Camilla Trombi, un « focus » autour de la Grèce avec une section dédiée à la « pionnière » Frieda Liappa (1948-94) aux Variétés. « Elle s’est élevée contre la dictature des colonels », complète Marcelle Callier, au sujet de cette réalisatrice « d’œuvres majeures comme Je me souviens de toi, toujours sur le départ ». La création actuelle sera aussi mise en lumière avec l’avant-première de Gorgona, le 13 novembre à la Baleine, dans lequel Evi Kalogiropoulou « offre une relecture contemporaine du mythe de Gorgone ». La réalisatrice libanaise Dima El-Horr viendra, elle, présenter And the fish Fly above our heads, drame qui témoigne d’un pays en ruines et de la « désillusion » d’habitants de Beyrouth portant « le poids de leur mélancolie, peuplée des fantômes de la guerre civile ». Autant de films des deux rives de la Méditerranée, auxquels Marseille ne fait pas exception avec la projection de Roikin 3, issu des ateliers du collectif Film flamme du Polygone étoilé. « L’histoire d’un minot qui prend la tangente, alors que ses éducatrices s’interrogent sur leur rôle et son avenir. Une errance géographique parcourue de poésie », décrit Valérie Boudoire.