Tag: Cinéma

  • Faute de financements, le festival Cin’Edison de Lorgues est menacé

    Faute de financements, le festival Cin’Edison de Lorgues est menacé

    C’est devenu un rituel de début de printemps pour plus de 2 000 élèves de Lorgues et de la Dracénie, des écoles primaires, de l’IME de Salernes, du Contrat local d’accompagnement à la scolarité (Clas), du collège, du lycée et aux étudiants de BTS du bassin. Depuis dix ans, au mois de mars, le festival Cin’Edison, porté par la mairie et le Ciné’Bleu de Lorgues, ainsi que par la cité scolaire Thomas-Edison, leur permet de découvrir le cinéma et ses métiers sous de nombreux aspects : ateliers pédagogiques, rencontres avec des réalisateurs, techniciens, monteurs, scénaristes et distributeurs, et surtout, projections de dix films récents ou en avant-premières suivies de moments d’échanges avec les équipes du film, afin de mieux appréhender l’œuvre, sa genèse, sa réalisation et de développer l’esprit critique.

    L’événement vise par ailleurs à sortir des sentiers battus en initiant les jeunes au cinéma d’art et d’essai, et à mettre en pratique leurs apprentissages à travers les concours d’affiches, de bandes-annonces et de courts-métrages. Ces derniers sont réalisés de décembre à février et présentés lors d’une soirée dédiée, en mars, à la fin de la semaine de festival, au cours de laquelle le public, entièrement constitué d’élèves, vote pour son film préféré. C’est aussi l’occasion pour eux de prendre part aux débats avec des adultes en faisant partie du jury qui décernera un prix. Enfin, une masterclass, encadrée par le LAV (Lorgues Animation Vidéo), réalise des interviews et propose des courts reportages des moments forts du Festival, pour une couverture complète et une découverte du milieu médiatique.

    Mais la 11e édition, qui doit se tenir du 20 au 27 mars, pourrait ne jamais avoir lieu. La faute à un manque de financements, dans le contexte de la baisse généralisée des subventions à la culture, matérialisé par la suspension, puis la réattribution tardive du Pass Culture en 2025, une baisse de 50% du budget du festival, et des incertitudes majeures sur les financements EAC (Éducation Artistique et Culturelle) pour l’année 2026.

    Un financement participatif en cours

    Pour y remédier, l’équipe d’organisation lance un appel au financement participatif, via « Trousse à Projets », plateforme officielle de l’Éducation nationale. Le principe est simple : un don de 5 euros = une place de cinéma offerte à un élève. L’objectif est de récolter a minima 8 000 euros d’ici le 9 janvier pour pouvoir assurer la survie de l’événement. « Cin’Edison est bien plus qu’un festival : c’est souvent la première rencontre des élèves avec le cinéma. Un moment de découverte, d’expression et de partage. Nous avons besoin de la mobilisation de tous pour que cette aventure continue d’exister », conclut l’organisation.

    Cagnotte sur trousseaprojets.fr et sur la page instagram @Cinebleu

  • Un nouveau cinéma indépendant prend son envol à Frontignan

    Un nouveau cinéma indépendant prend son envol à Frontignan

    Il faut être un peu fou pour ouvrir un cinéma aujourd’hui », s’amuse Priscillia Schneider. Après 25 ans à la tête du Cinémistral, le cinéma municipal de Frontignan qui a fermé définitivement ses portes en avril, elle prend les rênes d’un cinéma indépendant flambant neuf.

    Baptisé Quai des lumières, qui sonne comme un hommage croisé à Quai des brumes et aux frères Lumières, ce nouveau cinéma est amarré au bord du canal, quai Voltaire, dans d’anciens chais réhabilités. Le 19 décembre, au terme de 3 ans de travaux, il accueillera ses premiers spectateurs pour un envol qu’on lui souhaite heureux. Un pari forcément risqué, le cinéma indépendant restant une économie très fragile, mais un défi stimulant pour les quatre passionnés de 7e art qui se sont associés dans ce projet : Priscillia Schneider, donc, directrice de ce nouveau lieu, mais aussi Isabelle Moreau, Frédéric Perrot et Jean Villa, tous exploitants de salles de cinéma en Occitanie.

    Une expérience
    haut de gamme

    Avec ses quatre salles et 548 fauteuils, le Quai des lumières voit bien plus grand que son prédécesseur, à salle unique (149 fauteuils). Mais l’esprit, lui, reste fidèle à ce que fut le Cinémistral : « Je défends une programmation pluraliste, qui présente à la fois Avatar et l’Inconnu de la grande arche », illustre Priscillia Schneider. Du cinéma grand public comme des films d’auteur, généraliste mais avec un axe fort art et essai. « Un cinéma ouvert, vivant, en lien avec ses spectateurs », où seront programmés régulièrement, comme du temps du Cinémistral, des événements autour des films.

    « Nous accordons aussi beaucoup d’importance à ce que les tarifs moins de 10 euros* restent accessibles », insiste la directrice. Cela n’empêchera pas les spectateurs de visionner les films dans les meilleures conditions : « On a un outil extraordinaire entre les mains. D’un point de vue technologique, on est au même niveau qu’un multiplexe, avec des projecteurs dernier cri, des fauteuils inclinables haut de gamme. ». Au Quai des Lumières en revanche, pas de bornes numériques pour prendre ses places, mais un accueil en chair et en os, à l’ancienne. Priorité à l’humain.

    « On est dans une période complexe pour la salle de cinéma. On est sorti d’une année 2024 exceptionnelle et on a fait une année 2025 catastrophique liée à l’offre de films, vraiment faiblarde à cause notamment de la grève des scénaristes aux États-Unis. À quoi s’ajoutent l’attrait des plateformes et la qualité des séries », décrypte Priscillia Schneider. Outre le noyau dur des cinéphiles, il faut donc « aller chercher des gens qui ne vont plus au cinéma et leur redonner l’envie. C’est un gros challenge. Mais je me sens forte de l’histoire du Cinémistral pendant 25 ans : on a démarré à 17 000 entrées par an et on a fini à 60 000 pour 149 fauteuils. Là, on a un objectif de 120 000 entrées pour 548 fauteuils, en espérant atteindre les 140 000. Si tel est le cas, on fera deux salles supplémentaires, car on a gardé une réserve locative », confie la directrice.

    Le site devrait attirer du monde, car outre le cinéma, les « Chais du canal » comprennent également une librairie, une école de cinéma documentaire (Explore Academy) et une brasserie ouverte 7 jours sur 7, pour casser la croûte ou boire un verre avant ou après une toile…

    * 9,50 euros la place
    7,50 euros tarif réduit.

  • Le cinéma Le César a trouvé son repreneur

    Le cinéma Le César a trouvé son repreneur

    De nouveau, Le César pourra faire son cinéma. Ce jeudi, le conseil municipal de Marseille doit approuver la cession du bail commercial des salles obscures situées place Castellane en faveur du Théâtre des criques et du Lucernaire, pour y installer un nouveau tiers-lieu culturel. De quoi redonner vie à cet espace emblématique créé en 1938 par Marcel Pagnol, et dont le tribunal des affaires économiques de Paris avait prononcé la liquidation le 12 septembre 2023, alors que son gérant se disait étranglé par un loyer « beaucoup trop élevé » (notre édition du 15/09/2023).

    Viabilité économique

    « Ce projet a été sélectionné afin que Le César se réinvente comme un lieu de vie, en affirmant d’abord sa vocation première : le cinéma », explique la délibération soumise au conseil. Celui-ci proposera ainsi des salles de projection de 50 et 90 places pour des films art et essai, ainsi qu’une salle hybride de 200 places qui permettra à la fois des projections de films grand public ou des représentations de théâtre. S’ajouteront un café bar et un carré librairie pour compléter le tout.

    « C’est une excellente nouvelle, se réjouit l’adjoint (PCF) à la culture, Jean-Marc Coppola. Plusieurs projets de qualité ont été déposés, nous avons eu le choix, qui s’est porté sur un projet culturel, viable économiquement, avec une équipe jeune et dynamique. » La municipalité, le 26 janvier 2024, avait en effet décidé de préempter le fond commercial pour éviter que ne se perde la vocation culturelle des lieux, et avait approuvé le cahier des charges de l’appel à candidatures le 20 juin dernier. « Il y a plusieurs mois de travaux et d’investissements à faire avant de rouvrir », explique cependant l’adjoint. Le temps de rafraîchir l’édifice et de le réaménager, avec des subventions demandées par les porteurs du projet au Centre national du cinéma.

    Benoît Payan défend son bilan

    Invité surprise de la conférence de presse de présentation du conseil municipal, le maire (DVG) Benoît Payan a tenu à remercier sa majorité, « pour le travail qu’elle a fait pendant ces six années ». Une action qu’il compare aux douze travaux d’Hercule, « avec des travaux titanesques pour remettre des services publics sur pied ». Il reconnaît ainsi trois premières années compliquées, pointant la responsabilité à « une gestion particulière pendant des décennies ». « Les services ne se parlaient pas entre eux », appuie-t-il. Et d’énumérer les réalisations du mandat, de la réduction de la dette de la collectivité aux rénovations des écoles, les dossiers débloqués de la rénovation urbaine, la cantine gratuite pour 10 000 élèves. « Nous avons commencé à voir des réalisations dont d’aucuns nous disaient qu’elles ne pourraient pas se faire », vante Benoît Payan. En témoigne le doublement de la police municipale, mais aussi l’embauche de 1 000 agents dans les écoles, le passage d’un demi temps plein pour le logement à 120 personnes. De quoi préparer sa campagne.

  • Le plus ancien ciné du monde en activité a son timbre

    Le plus ancien ciné du monde en activité a son timbre

    Maintenant un timbre va porter l’âme de La Ciotat partout dans le monde », se réjouit Michel Cornille, président de l’association Les lumières de l’Eden*.

    Gravé en taille-douce par Christophe Laborde-Balen, il représente la façade Art déco de l’Eden théâtre. À côté de l’entrée du cinéma, il fait une discrète allusion à L’entrée d’un train en gare de La Ciotat, un des premiers films tournés par Louis et Auguste Lumière (1895). Présentée par Michel Cornille comme « la dame du timbre », Agnès Rico, bénévole et administratrice des Lumières de l’Eden, a en effet eu l’idée « de monter un dossier pour faire une demande officielle à La Poste en vue de réaliser un timbre sur l’Eden ». L’aventure, débutée en 2021, a abouti « en décembre 2024, lorsque le projet est paru dans le programme philatélique officiel », explique-t-elle. Vendredi, le dévoilement officiel du timbre a eu lieu dans l’enceinte même du cinéma l’Eden Théâtre. Des agrandissements vont être visibles à l’Eden, dans les bureaux de poste. Une vente en avant-première est prévue le 13 février prochain à l’Eden, puis le 14 dans le bureau de poste de La Ciotat, avant que le timbre ne soit vendu partout en France à partir du 16 février, durant la seule année 2026.

    L’Eden sauvé du naufrage

    « Faites-en des réserves, pour être des passeurs d’images, d’histoire et de joie », a lancé Agnès Rico. Né théâtre en 1889, l’Eden Théâtre de La Ciotat, situé au 25 boulevard Clemenceau, a vu sa destinée basculer à l’automne 1895 avec des projections d’images animées par le Cinématographe de Louis Lumière. Le 21 mars 1899, la projection payante de 19 films Lumière devant 250 spectateurs enthousiastes signe la naissance officielle de l’Eden Théâtre dans le monde du cinéma, date retenue par le Livre Guinness des records pour en faire la salle de cinéma toujours en activité la plus ancienne au monde. « Racheté par la Ville en 1992, l’Eden Théâtre aurait pu mourir à l’automne 1995 lorsqu’une commission de sécurité ordonne sa fermeture. Mais l’Eden résiste. Le 12 février 1996, il est classé à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques, échappant ainsi à toute menace de disparition et de transformation », dit le commentaire d’un petit film projeté. Mais « miné par les infiltrations, l’Eden agonise… ». Jusqu’à ce que les associations La Ciotat Berceau du cinéma et Les lumières de l’Eden, les bénévoles, le monde artistique se mobilisent pour sa rénovation. Qui sera programmée dans le cadre de Marseille Provence capitale de la culture 2013 et grâce à cette manne financière providentielle.

    * L’asso gère l’Eden en délégation de service public pour la Ville

  • Risc, hôte des arts et des sciences à l’écran à Marseille

    Risc, hôte des arts et des sciences à l’écran à Marseille

    « Ça peut prendre quelques secondes pour fermer une porte, mais des années pour l’ouvrir », citaient avec évocation Jean-Marc Lamoure et Pilar Arcila lors des dernières Rencontres du cinéma de Gindou. Les réalisateurs de Du monde aux portes, projeté en ouverture des Rencontres sciences et cinéma, mardi 9 décembre dans la salle de la Baleine, située sur le cours Julien. « Un documentaire » tendant « vers la fiction » immergé dans le quotidien du Centre hospitalier de Valvert et de ses patients en psychiatrie, dans le 11e arrondissement de Marseille, qui compte huit chambres d’isolement. L’occasion de questionner l’hospitalité, qui connaît une crise profonde dans tous les champs de la société française aujourd’hui, et dont la racine vient « d’hospes, accueillir et hostis, l’ennemi ».

    Le symbole d’un lien entre le cinéma et la recherche dont Risc, organisé par l’association Polly Maggoo, s’est fait une spécialité depuis une quinzaine d’années et qui irriguera cinq jours de projections ainsi que de rencontres dans des salles obscures telles que le Gyptis, le Vidéodrome 2, l’Artplexe, le Polygone étoilé mais aussi le Muséum d’histoire naturelle et celui d’Histoire.

    Questions d’accueil(s)

    Vitrine de productions qui entretiennent une proximité avec les sciences, y compris humaines et sociales, ce festival présente des films qui « questionnent notre relation à l’autre et nos façons de l’accueillir, l’expérience du handicap et de la maladie, les dits et non-dits de nos histoires familiales mais aussi ceux de la grande Histoire », résume son directeur artistique Serge Dentin, ou encore « notre relation à la vérité dans un monde bouleversé par les réseaux et l’intelligence artificielle, brouillant les frontières entre le réel et le virtuel ».

    Toujours liée à la question de l’hospitalité, plus particulièrement à « ce que signifie l’expression être de quelque part », une séance ayant toujours trait à Marseille sera organisée samedi au cinéma le Miroir de la Vieille Charité. Elle sera lancée à 14h par La cité des phoques, « conférence performée » de Camille Goujon qui « monte et démonte l’histoire, rembobine le film déconstruisant la cité phocéenne » à travers « documents, vidéos de ses enquêtes de terrain, récits mythologiques et témoignages scientifiques ». Place ensuite au court-métrage La station, dans lequel la réalisatrice Lisa Chapuisat rend un hommage musical à la dernière station uvale de France, dont le charme désuet mais profondément humain se répand sur le cours Pierre Puget. Là où « Yanis sert du jus de raisin frais dans des petites coupelles dorées » tandis que « des clients s’installent au comptoir et y laissent un peu d’eux-mêmes ».

    Au total, une cinquantaine de films de tous formats sera diffusée pendant la 16e édition de ce festival qui s’achèvera par l’avant-première de Planètes, de Momoko Seto, « odyssée » d’animation « dans un monde microscopique et imaginaire qui évoque les enjeux des migrations environnementales ».

  • Robert Redford devant la caméra de Pollack à Aix

    Robert Redford devant la caméra de Pollack à Aix

    Pour les cinéphiles, Robert Redford, qui s’est éteint le 16 septembre, c’est avant toute chose l’acteur fétiche du réalisateur Sydney Pollack, « avec lequel il a tourné sept films, signe de la cohérence et de l’exigence d’une œuvre qui, si elle ne s’y limite pas, a fortement marqué le cinéma américain des années 1970 », indique l’Institut de l’image qui délocalise une mini-rétrospective dédiée au « Kid » à l’École supérieure d’art d’Aix-en-Provence jusqu’au 30 décembre. Parmi ceux qui y seront projetés, Propriété interdite, drame d’après un récit du romancier Tennessee Williams, ou encore le western Jeremiah Johnson, duquel Robert Redford dira à l’époque : « Je ne voulais pas faire un film sur un tueur d’Indiens : la violence est ailleurs aussi, dans les arbres, dans l’inconnu. »

    Un condor et une arnaque

    Au total, cinq des films de Sydney Pollack avec Robert Redford au casting seront diffusés à Aix. Les spectateurs pourront assister dans ce cadre à Nos plus belles années, retrouvailles amoureuses mettant aux prises un certain Hubbell Gardiner, « charmeur désinvolte, riche et doté d’un don pour l’écriture », aux côtés de Barbra Streisand, qui interprète pour sa part celui de Katie Morosky, « étudiante issue d’un milieu modeste et ardente militante communiste ». Sans oublier Les trois jours du condor et le cultissime Out of Africa. S’ils n’ont pas été réalisés par Sydney Pollack, L’arnaque et Gatsby le magnifique seront aussi à l’affiche.

    www.institut-image.org

  • « Tous Courts », le grand écran des films miniatures

    « Tous Courts », le grand écran des films miniatures

    Il s’est imposé comme l’un des rendez-vous incontournables des cinéphiles. Pour sa 42e édition, le Festival Tous Courts, porté par l’Association des Rencontres Cinématographiques d’Aix-en-Provence, propose une programmation aussi dense que pluridisciplinaire, du 2 au 6 décembre.

    « International », riche de productions issues des quatre coins du monde, le festival « se déploie sur cinq jours et se tient dans cinq lieux : les cinémas aixois – Mazarin et Cézanne – l’Institut de l’image à l’École supérieure d’Art d’Aix-en-Provence, mais également à la Manufacture et au Onepoint », indiquent les organisateurs.

    L’ouverture des festivités, « porte d’entrée » du festival, est d’ailleurs prévue ce mardi. Les projections seront lancées dès 19h30 avec Timoura de Azedine Kasri, mais aussi An Irish Goodbye de Tom Berkeley et Ross White, ou Clean with Me (After Dark) de Gabrielle Stemmer, en présence des réalisateurs.

    Au total, 75 courts-métrages seront présentés : expérimentaux, internationaux, animés, documentaires et fictions. L’équipe met en avant trois grands axes. à commencer par une programmation « riche, variée et exigeante », jalonnée par deux compétitions, dont une internationale, des séquences cartes blanche, « coups de cœur », jeunes publics ou films en région. Deuxième priorité, la promotion européenne et la contribution à la « vitalité » du court-métrage par l’ouverture de « perspectives d’achat, de distribution et de diffusion pour les films inscrits en compétition ». Enfin, le dernier, et pas des moindres, la volonté d’une diffusion élargie, avec des séances dans le milieu scolaire et un panel d’actions tournées vers le public dit éloigné de la culture.

    Les réservations, sont à retrouver sur le site du festival. E.B.-G.

  • Gaby Charroux (PCF) candidat pour « défendre le modèle martégal »

    Gaby Charroux (PCF) candidat pour « défendre le modèle martégal »

    « On a une forte envie et une forte énergie ! » Le « je suis candidat » prend une tournure plurielle pour Gaby Charroux, ce jeudi soir, à l’heure de présenter sa candidature pour les prochaines élections municipales de 2026, à Martigues.

    Entouré de sa majorité et de près de deux cents soutiens issus du monde politique, économique, associatif, culturel et sportif, l’actuel édile martégal, candidat à sa succession, l’affirme : « C’est une aventure collective que nous menons avec notre équipe, qui se constitue dans le plus large rassemblement citoyen et républicain, comme nous le faisons depuis 1989. » Et d’insister : « Notre ambition est toujours la même, faire de Martigues une ville qui protège ses concitoyens. »

    « Une liste citoyenne »

    Cette candidature se veut participative. Gaby Charroux appelle d’emblée : « Chacun d’entre vous, dans votre secteur, sportif, économique ou culturel, que vous soyez jeune, ou vieux, femmes ou hommes, nous avons besoin de vos propositions, y compris vous qui faites partie des près de 1 000 associations de Martigues. Notre liste sera citoyenne », affirme le candidat.

    « Nous sommes à une étape charnière pour le développement de notre territoire et nous cherchons à ce que notre ville donne à chacun un avenir dont il a envie », poursuit Gaby Charroux, parlant d’un « travail avec la majorité et les services municipaux pour les années à venir, une vision de Martigues 2050 ».

    Dans « un monde de plus en plus violent », « quand à l’extérieur du pays il y a la guerre et à l’extérieur le narcotrafic, ce fléau », Gaby Charroux considère que « les communes sont devenues les vrais pôles de stabilité dans le pays », face à « un État qui a oublié sa boussole ». Mais il demeure « positif et optimiste, car j’ai foi en la nature humaine ».

    De nombreux défis

    Le mandat remis en jeu en 2026 est celui « des défis » pour l’actuel maire. Ceux « du service public, notamment postal, pour lequel nous avons bataillé avec le comité de vigilance pour maintenir la Poste de Ferrières ». Mais aussi « le défi majeur de l’hôpital public qui se pose actuellement ». Comme celui de conjuguer « la réalisation du contournement autoroutier avec notre exigence de compensation territoriale sur le territoire martégal, en figeant 70 hectares d’espaces naturels intouchables », détaille Gaby Charroux. Sans oublier l’enjeu « de la décarbonation. Nous voulons conforter les emplois industriels de notre territoire, dans lesquels se trouvent les meilleurs salaires. »

    Ces défis convergent, selon l’édile, vers « la préservation du modèle martégal et la transition écologique », pour « continuer à faire de Martigues une ville pas comme les autres », où l’« on porte la solidarité, la fraternité, l’égalité, où tous les combats sont les nôtres, dont celui des femmes ».

    Les outils pour y parvenir ? « Les services publics, les associations, l’industrie et le cinéma, qui sont les pôles d’attractivité de notre ville que nous devons protéger comme des joyaux », conclut Gaby Charroux.

    TÉMOIGNAGES

    Olivier Marchetti, président de Provence Studios

    « Martigues est un territoire incroyable, le cinéma prospère. Plein de films y sont tournés, dans des espaces naturels, des décors variés, tout en étant proche d’une grande ville, sans les contraintes. Toutes les conditions sont réunies pour développer la filière cinéma. En 2023, on est monté à 1 600 personnes travaillant sur site. Il reste le défi de pouvoir se déplacer plus facilement, particulièrement quand on accueille un gros tournage avec de gros castings. »

    Clémence Calvin, athlète de course de fond

    « La ville prend soin de ses habitants sans laisser personne de côté. On est gâtés. La singularité tient à la politique sociale et ça me tient à cœur qu’elle dure, en premier lieu pour mes enfants. C’est pour eux que je suis là et que je soutiens Gaby Charroux. Mes enfants font les centres d’initiation sportive (CIS), font du VTT sans être empêchés par l’argent, ont des cours d’art plastique. Tout le monde n’a pas accès à ces activités, mais à Martigues, c’est le cas ! »

    Thomas Vaïsse, doctorant en sociologie

    « Il y a deux originalités à Martigues. La diversité du territoire d’abord, avec un centre-ville provençal traditionnel marqué par les canaux, aux côtés du rural et de l’industrie. Une richesse et une possibilité d’imaginer plein de choses. L’enjeu de la gratuité est aussi central, elle permet d’installer une base pour tout le monde. La société décide qu’il y a certains éléments communs et tout le monde doit participer à son existence et sa reproduction. »

    Florence Dantin, militante du droit au logement

    « Gaby Charroux et son équipe sont très sensibles et réactifs sur le sujet du logement. Quand les gens ont de graves problèmes, il faut aller les voir chez eux, ce qu’on a pu voir à Notre-Dame-des-Marins. Le collectif est bon, le volet social de Martigues est énorme, le maire a beaucoup donné pour les associations. Son discours est aussi très ouvert, on sent que tout le monde peut venir et participer. Il y croit, et ça s’entend ! »

  • [En immersion avec les jeunes de La Martine 4/4] Un film engagé pour mieux se raconter

    [En immersion avec les jeunes de La Martine 4/4] Un film engagé pour mieux se raconter

    « Ce film, il nous parle, c’est notre langage. » Dans la grande salle du centre social La Martine, ce matin-là, on vient de rallumer les lumières sous les applaudissements. Venus du centre social La Provence à Aix-en-Provence, une dizaine d’ados ont rejoint ceux du secteur jeunes pour la projection du second volet d’Adosblessang, un court-métrage d’une trentaine de minutes, imaginé, réalisé et monté en quatre mois à peine. Un projet financé notamment par la politique de la Ville.

    Après un premier épisode sur le harcèlement, c’est sur le phénomène des rixes entre bandes des cités que Yassine, Maïssa, Iqbal, Zakary ou Soulayman ont travaillé, cette année. « Malaza [animateur, Ndlr.] nous a proposé un squelette de scénario, on l’a modifié au fur et à mesure des réunions et puis on a tourné en une semaine », explique Yassine à la petite assemblée. Les contacts d’Amel, une des animatrices, ont permis d’assurer les décors in situ dans plusieurs cités, dont celle d’Air Bel (11e). Tirs de mortier, bagarres en gros plan, blessure sanguinolente, tout y est. La BO, percutante, a aussi fait son office. Là encore, c’est du fait maison. Les jeunes de La Martine sont allés enregistrer leurs textes en studio, toujours grâce à Malaza, qui a également des contacts dans le milieu artistique. Des beatmakers connus, « comme celui qui fait les instrus de Jul », ont filé la main. Le tout assemblé provoque un réalisme saisissant qui a frappé les jeunes spectateurs.

    Un projet aussi pour

    les générations futures

    « Les rixes, on y est souvent confrontés. Des embrouilles entre jeunes, il y en a plein, avec les collègues puis les collègues des collègues », assure Zayan. « Que ce soit à Marseille, Aubagne ou Marignane », ajoute Yassine. Pour lui, il s’agit de « sensibiliser les jeunes à ne pas faire ça, montrer aussi ce que l’on a dans la tête ». Les petits Aixois acquiescent. « Le contenu, les images, c’est super, c’est bien fait et puis c’est adapté à nos âges », estiment une partie d’entre eux. Leur animateur se dit « bluffé ». « On a fait des courts métrages, nous aussi, mais moins long, là c’est poussé », commente-t-il.

    Pour Malaza, ce projet, dont il est un peu l’initiateur, doit surtout servir aux prochaines générations. « Et après, et après, et après », déroule-t-il, se félicitant d’avoir réussi à réunir des « grands, petits, moyens » et « des familles aussi qui ont accepté de jouer dedans ». Surtout, certains se sont découvert des capacités. « J’aime bien faire l’acteur », reconnaît sans ambages Najdine, « et puis cela nous ouvre des portes, on peut le mettre sur le CV et cela nous aide aussi pour la vie de tous les jours ». Lui qui « avait du mal à parler », s’est « débloqué ».

    Tous se disent fiers de leur réalisation et de pouvoir la partager. Mieux, d’autres ont même été repérés par le milieu du cinéma et ont passé des castings.

    Il y a aussi ceux qui ont tout juste essayé, n’ont pas été jusqu’au bout et c’est bien là l’essentiel : donner à tous la possibilité de participer. Ce sera le cas pour un troisième volet, déjà dans les tuyaux, prévu pour 2026.

    Fidèle à lui-même, Kader, coordinateur du secteur jeunesse, voudrait aller encore plus loin, en rassemblant les trois films au sein d’une mallette pédagogique. « Pour aller les projeter dans toute la France pendant les vacances scolaires », précise-t-il.

    Des colis solidaires

    « Tous les mois, on prépare les colis, les gens paient 2 euros et viennent les chercher. C’est l’occasion de se parler. » Najdine, Soulayman, Iqbal et Yassine participent à l’initiative mise en place il y a 2 ans avec le Secours populaire. Une animatrice, Amel, les a aidés. « Cela fait du bien… De faire du bien », résume Soulayman. Mieux, les ados sont allés défendre leur projet auprès de la CAF et obtenu 5 000 euros pour financer, entre autres, l’achat de trottinettes électriques et livrer ceux qui ne peuvent pas venir.

  • Ebrahim Mokhtari : « J’ai beaucoup appris des femmes »

    Ebrahim Mokhtari : « J’ai beaucoup appris des femmes »

    Ebrahim Mokhtari est né en 1947 en Iran et y vit toujours, bien qu’il ait fait une partie de ses études de cinéma à la Sorbonne « avant la révolution », précise-t-il. C’est-à-dire avant 1979, et la transformation de l’Iran en république islamique.

    Principalement réalisateur de films documentaires, Ebrahim Mokhtari s’est intéressé aux difficultés de vie de la population, aux problèmes de logement, aux expulsions locatives, aux difficultés des pêcheurs… mais il a surtout aimé filmer les femmes. Il s’en explique : « Les femmes savent résoudre les nombreuses difficultés qui se présentent à elles. J’ai appris d’elles pour affronter les problèmes que je rencontre en tant qu’homme de culture. » Il compare d’ailleurs le manque de liberté des femmes « dans la société traditionnelle » avec celui des cinéastes.

    Non qu’il parle de censure – « à condition de ne pas franchir de ligne rouge, ni d’attaquer frontalement le régime » – mais la difficulté en Iran, précise-t-il, est de trouver le moyen de diffuser les films. « La télévision est un peu fermée quand il s’agit de films documentaires, surtout sociaux. » Comme beaucoup de ses confrères cinéastes, il contourne la difficulté grâce aux plateformes, qui sont un des moyens pour leurs films d’exister à l’international.

    Ceux d’Ebrahim Mokhtari l’ont fait avec succès, puisque Zinat, son premier long-métrage de fiction réalisé en 1994, fut sélectionné à la Semaine de la critique à Cannes et présenté dans de nombreux festivals dont le Fica de Vesoul en 1996, où il a remporté le prix du public.

    Zinat, le courage fait femme

    Il faut dire que Zinat est une jeune femme qui se bat pour garder son métier d’infirmière après son mariage. C’est aussi la première femme de l’île du golfe persique où elle habite à avoir osé enlever le voile traditionnel de cette région. Plusieurs années plus tard, cette fois pour un documentaire, le cinéaste a suivi Zinat qui se présente, à l’occasion de l’élection d’un Président plus modéré, aux élections communales. La rencontre savoureuse entre la jeune femme tenace et son opposant à l’élection est une caricature des arguments du patriarcat.

    Réaliser un film est évidemment difficile, mais Ebrahim Mokhtari a pu trouver un producteur qui habite en France pour ses trois films sur les femmes. « Maintenant j’essaie de faire avec des budgets très bas », sourit-il. « Le cinéma commercial marche bien en Iran et le cinéma indépendant trouve son budget », analyse-t-il assurant que le cinéma iranien se trouve dans une situation double : « Beaucoup de problèmes et beaucoup de succès. ». « Je crois que la société iranienne est une société vivante. On dit chez nous que 1 000 films documentaires sortent chaque année. » En réalisera-t-il un sur le mouvement « Femme, vie, Liberté » ? « Je n’ai pas de scénario, confie-t-il mais il est possible que je fasse quelque chose. »

    * Le 14 novembre à 16h30 projection de « Zinat » ; à 20h30 projection de « Zinat, une journée particulière » au cinéma Kinépolis (Polygone de Béziers). Entre les deux séances débat avec les deux invités, Ebrahim Mokhtari et Laurent Cambon, critique de cinéma.