Tag: Cinéma

  • Robert Redford devant la caméra de Pollack à Aix

    Robert Redford devant la caméra de Pollack à Aix

    Pour les cinéphiles, Robert Redford, qui s’est éteint le 16 septembre, c’est avant toute chose l’acteur fétiche du réalisateur Sydney Pollack, « avec lequel il a tourné sept films, signe de la cohérence et de l’exigence d’une œuvre qui, si elle ne s’y limite pas, a fortement marqué le cinéma américain des années 1970 », indique l’Institut de l’image qui délocalise une mini-rétrospective dédiée au « Kid » à l’École supérieure d’art d’Aix-en-Provence jusqu’au 30 décembre. Parmi ceux qui y seront projetés, Propriété interdite, drame d’après un récit du romancier Tennessee Williams, ou encore le western Jeremiah Johnson, duquel Robert Redford dira à l’époque : « Je ne voulais pas faire un film sur un tueur d’Indiens : la violence est ailleurs aussi, dans les arbres, dans l’inconnu. »

    Un condor et une arnaque

    Au total, cinq des films de Sydney Pollack avec Robert Redford au casting seront diffusés à Aix. Les spectateurs pourront assister dans ce cadre à Nos plus belles années, retrouvailles amoureuses mettant aux prises un certain Hubbell Gardiner, « charmeur désinvolte, riche et doté d’un don pour l’écriture », aux côtés de Barbra Streisand, qui interprète pour sa part celui de Katie Morosky, « étudiante issue d’un milieu modeste et ardente militante communiste ». Sans oublier Les trois jours du condor et le cultissime Out of Africa. S’ils n’ont pas été réalisés par Sydney Pollack, L’arnaque et Gatsby le magnifique seront aussi à l’affiche.

    www.institut-image.org

  • « Tous Courts », le grand écran des films miniatures

    « Tous Courts », le grand écran des films miniatures

    Il s’est imposé comme l’un des rendez-vous incontournables des cinéphiles. Pour sa 42e édition, le Festival Tous Courts, porté par l’Association des Rencontres Cinématographiques d’Aix-en-Provence, propose une programmation aussi dense que pluridisciplinaire, du 2 au 6 décembre.

    « International », riche de productions issues des quatre coins du monde, le festival « se déploie sur cinq jours et se tient dans cinq lieux : les cinémas aixois – Mazarin et Cézanne – l’Institut de l’image à l’École supérieure d’Art d’Aix-en-Provence, mais également à la Manufacture et au Onepoint », indiquent les organisateurs.

    L’ouverture des festivités, « porte d’entrée » du festival, est d’ailleurs prévue ce mardi. Les projections seront lancées dès 19h30 avec Timoura de Azedine Kasri, mais aussi An Irish Goodbye de Tom Berkeley et Ross White, ou Clean with Me (After Dark) de Gabrielle Stemmer, en présence des réalisateurs.

    Au total, 75 courts-métrages seront présentés : expérimentaux, internationaux, animés, documentaires et fictions. L’équipe met en avant trois grands axes. à commencer par une programmation « riche, variée et exigeante », jalonnée par deux compétitions, dont une internationale, des séquences cartes blanche, « coups de cœur », jeunes publics ou films en région. Deuxième priorité, la promotion européenne et la contribution à la « vitalité » du court-métrage par l’ouverture de « perspectives d’achat, de distribution et de diffusion pour les films inscrits en compétition ». Enfin, le dernier, et pas des moindres, la volonté d’une diffusion élargie, avec des séances dans le milieu scolaire et un panel d’actions tournées vers le public dit éloigné de la culture.

    Les réservations, sont à retrouver sur le site du festival. E.B.-G.

  • Gaby Charroux (PCF) candidat pour « défendre le modèle martégal »

    Gaby Charroux (PCF) candidat pour « défendre le modèle martégal »

    « On a une forte envie et une forte énergie ! » Le « je suis candidat » prend une tournure plurielle pour Gaby Charroux, ce jeudi soir, à l’heure de présenter sa candidature pour les prochaines élections municipales de 2026, à Martigues.

    Entouré de sa majorité et de près de deux cents soutiens issus du monde politique, économique, associatif, culturel et sportif, l’actuel édile martégal, candidat à sa succession, l’affirme : « C’est une aventure collective que nous menons avec notre équipe, qui se constitue dans le plus large rassemblement citoyen et républicain, comme nous le faisons depuis 1989. » Et d’insister : « Notre ambition est toujours la même, faire de Martigues une ville qui protège ses concitoyens. »

    « Une liste citoyenne »

    Cette candidature se veut participative. Gaby Charroux appelle d’emblée : « Chacun d’entre vous, dans votre secteur, sportif, économique ou culturel, que vous soyez jeune, ou vieux, femmes ou hommes, nous avons besoin de vos propositions, y compris vous qui faites partie des près de 1 000 associations de Martigues. Notre liste sera citoyenne », affirme le candidat.

    « Nous sommes à une étape charnière pour le développement de notre territoire et nous cherchons à ce que notre ville donne à chacun un avenir dont il a envie », poursuit Gaby Charroux, parlant d’un « travail avec la majorité et les services municipaux pour les années à venir, une vision de Martigues 2050 ».

    Dans « un monde de plus en plus violent », « quand à l’extérieur du pays il y a la guerre et à l’extérieur le narcotrafic, ce fléau », Gaby Charroux considère que « les communes sont devenues les vrais pôles de stabilité dans le pays », face à « un État qui a oublié sa boussole ». Mais il demeure « positif et optimiste, car j’ai foi en la nature humaine ».

    De nombreux défis

    Le mandat remis en jeu en 2026 est celui « des défis » pour l’actuel maire. Ceux « du service public, notamment postal, pour lequel nous avons bataillé avec le comité de vigilance pour maintenir la Poste de Ferrières ». Mais aussi « le défi majeur de l’hôpital public qui se pose actuellement ». Comme celui de conjuguer « la réalisation du contournement autoroutier avec notre exigence de compensation territoriale sur le territoire martégal, en figeant 70 hectares d’espaces naturels intouchables », détaille Gaby Charroux. Sans oublier l’enjeu « de la décarbonation. Nous voulons conforter les emplois industriels de notre territoire, dans lesquels se trouvent les meilleurs salaires. »

    Ces défis convergent, selon l’édile, vers « la préservation du modèle martégal et la transition écologique », pour « continuer à faire de Martigues une ville pas comme les autres », où l’« on porte la solidarité, la fraternité, l’égalité, où tous les combats sont les nôtres, dont celui des femmes ».

    Les outils pour y parvenir ? « Les services publics, les associations, l’industrie et le cinéma, qui sont les pôles d’attractivité de notre ville que nous devons protéger comme des joyaux », conclut Gaby Charroux.

    TÉMOIGNAGES

    Olivier Marchetti, président de Provence Studios

    « Martigues est un territoire incroyable, le cinéma prospère. Plein de films y sont tournés, dans des espaces naturels, des décors variés, tout en étant proche d’une grande ville, sans les contraintes. Toutes les conditions sont réunies pour développer la filière cinéma. En 2023, on est monté à 1 600 personnes travaillant sur site. Il reste le défi de pouvoir se déplacer plus facilement, particulièrement quand on accueille un gros tournage avec de gros castings. »

    Clémence Calvin, athlète de course de fond

    « La ville prend soin de ses habitants sans laisser personne de côté. On est gâtés. La singularité tient à la politique sociale et ça me tient à cœur qu’elle dure, en premier lieu pour mes enfants. C’est pour eux que je suis là et que je soutiens Gaby Charroux. Mes enfants font les centres d’initiation sportive (CIS), font du VTT sans être empêchés par l’argent, ont des cours d’art plastique. Tout le monde n’a pas accès à ces activités, mais à Martigues, c’est le cas ! »

    Thomas Vaïsse, doctorant en sociologie

    « Il y a deux originalités à Martigues. La diversité du territoire d’abord, avec un centre-ville provençal traditionnel marqué par les canaux, aux côtés du rural et de l’industrie. Une richesse et une possibilité d’imaginer plein de choses. L’enjeu de la gratuité est aussi central, elle permet d’installer une base pour tout le monde. La société décide qu’il y a certains éléments communs et tout le monde doit participer à son existence et sa reproduction. »

    Florence Dantin, militante du droit au logement

    « Gaby Charroux et son équipe sont très sensibles et réactifs sur le sujet du logement. Quand les gens ont de graves problèmes, il faut aller les voir chez eux, ce qu’on a pu voir à Notre-Dame-des-Marins. Le collectif est bon, le volet social de Martigues est énorme, le maire a beaucoup donné pour les associations. Son discours est aussi très ouvert, on sent que tout le monde peut venir et participer. Il y croit, et ça s’entend ! »

  • [En immersion avec les jeunes de La Martine 4/4] Un film engagé pour mieux se raconter

    [En immersion avec les jeunes de La Martine 4/4] Un film engagé pour mieux se raconter

    « Ce film, il nous parle, c’est notre langage. » Dans la grande salle du centre social La Martine, ce matin-là, on vient de rallumer les lumières sous les applaudissements. Venus du centre social La Provence à Aix-en-Provence, une dizaine d’ados ont rejoint ceux du secteur jeunes pour la projection du second volet d’Adosblessang, un court-métrage d’une trentaine de minutes, imaginé, réalisé et monté en quatre mois à peine. Un projet financé notamment par la politique de la Ville.

    Après un premier épisode sur le harcèlement, c’est sur le phénomène des rixes entre bandes des cités que Yassine, Maïssa, Iqbal, Zakary ou Soulayman ont travaillé, cette année. « Malaza [animateur, Ndlr.] nous a proposé un squelette de scénario, on l’a modifié au fur et à mesure des réunions et puis on a tourné en une semaine », explique Yassine à la petite assemblée. Les contacts d’Amel, une des animatrices, ont permis d’assurer les décors in situ dans plusieurs cités, dont celle d’Air Bel (11e). Tirs de mortier, bagarres en gros plan, blessure sanguinolente, tout y est. La BO, percutante, a aussi fait son office. Là encore, c’est du fait maison. Les jeunes de La Martine sont allés enregistrer leurs textes en studio, toujours grâce à Malaza, qui a également des contacts dans le milieu artistique. Des beatmakers connus, « comme celui qui fait les instrus de Jul », ont filé la main. Le tout assemblé provoque un réalisme saisissant qui a frappé les jeunes spectateurs.

    Un projet aussi pour

    les générations futures

    « Les rixes, on y est souvent confrontés. Des embrouilles entre jeunes, il y en a plein, avec les collègues puis les collègues des collègues », assure Zayan. « Que ce soit à Marseille, Aubagne ou Marignane », ajoute Yassine. Pour lui, il s’agit de « sensibiliser les jeunes à ne pas faire ça, montrer aussi ce que l’on a dans la tête ». Les petits Aixois acquiescent. « Le contenu, les images, c’est super, c’est bien fait et puis c’est adapté à nos âges », estiment une partie d’entre eux. Leur animateur se dit « bluffé ». « On a fait des courts métrages, nous aussi, mais moins long, là c’est poussé », commente-t-il.

    Pour Malaza, ce projet, dont il est un peu l’initiateur, doit surtout servir aux prochaines générations. « Et après, et après, et après », déroule-t-il, se félicitant d’avoir réussi à réunir des « grands, petits, moyens » et « des familles aussi qui ont accepté de jouer dedans ». Surtout, certains se sont découvert des capacités. « J’aime bien faire l’acteur », reconnaît sans ambages Najdine, « et puis cela nous ouvre des portes, on peut le mettre sur le CV et cela nous aide aussi pour la vie de tous les jours ». Lui qui « avait du mal à parler », s’est « débloqué ».

    Tous se disent fiers de leur réalisation et de pouvoir la partager. Mieux, d’autres ont même été repérés par le milieu du cinéma et ont passé des castings.

    Il y a aussi ceux qui ont tout juste essayé, n’ont pas été jusqu’au bout et c’est bien là l’essentiel : donner à tous la possibilité de participer. Ce sera le cas pour un troisième volet, déjà dans les tuyaux, prévu pour 2026.

    Fidèle à lui-même, Kader, coordinateur du secteur jeunesse, voudrait aller encore plus loin, en rassemblant les trois films au sein d’une mallette pédagogique. « Pour aller les projeter dans toute la France pendant les vacances scolaires », précise-t-il.

    Des colis solidaires

    « Tous les mois, on prépare les colis, les gens paient 2 euros et viennent les chercher. C’est l’occasion de se parler. » Najdine, Soulayman, Iqbal et Yassine participent à l’initiative mise en place il y a 2 ans avec le Secours populaire. Une animatrice, Amel, les a aidés. « Cela fait du bien… De faire du bien », résume Soulayman. Mieux, les ados sont allés défendre leur projet auprès de la CAF et obtenu 5 000 euros pour financer, entre autres, l’achat de trottinettes électriques et livrer ceux qui ne peuvent pas venir.

  • Ebrahim Mokhtari : « J’ai beaucoup appris des femmes »

    Ebrahim Mokhtari : « J’ai beaucoup appris des femmes »

    Ebrahim Mokhtari est né en 1947 en Iran et y vit toujours, bien qu’il ait fait une partie de ses études de cinéma à la Sorbonne « avant la révolution », précise-t-il. C’est-à-dire avant 1979, et la transformation de l’Iran en république islamique.

    Principalement réalisateur de films documentaires, Ebrahim Mokhtari s’est intéressé aux difficultés de vie de la population, aux problèmes de logement, aux expulsions locatives, aux difficultés des pêcheurs… mais il a surtout aimé filmer les femmes. Il s’en explique : « Les femmes savent résoudre les nombreuses difficultés qui se présentent à elles. J’ai appris d’elles pour affronter les problèmes que je rencontre en tant qu’homme de culture. » Il compare d’ailleurs le manque de liberté des femmes « dans la société traditionnelle » avec celui des cinéastes.

    Non qu’il parle de censure – « à condition de ne pas franchir de ligne rouge, ni d’attaquer frontalement le régime » – mais la difficulté en Iran, précise-t-il, est de trouver le moyen de diffuser les films. « La télévision est un peu fermée quand il s’agit de films documentaires, surtout sociaux. » Comme beaucoup de ses confrères cinéastes, il contourne la difficulté grâce aux plateformes, qui sont un des moyens pour leurs films d’exister à l’international.

    Ceux d’Ebrahim Mokhtari l’ont fait avec succès, puisque Zinat, son premier long-métrage de fiction réalisé en 1994, fut sélectionné à la Semaine de la critique à Cannes et présenté dans de nombreux festivals dont le Fica de Vesoul en 1996, où il a remporté le prix du public.

    Zinat, le courage fait femme

    Il faut dire que Zinat est une jeune femme qui se bat pour garder son métier d’infirmière après son mariage. C’est aussi la première femme de l’île du golfe persique où elle habite à avoir osé enlever le voile traditionnel de cette région. Plusieurs années plus tard, cette fois pour un documentaire, le cinéaste a suivi Zinat qui se présente, à l’occasion de l’élection d’un Président plus modéré, aux élections communales. La rencontre savoureuse entre la jeune femme tenace et son opposant à l’élection est une caricature des arguments du patriarcat.

    Réaliser un film est évidemment difficile, mais Ebrahim Mokhtari a pu trouver un producteur qui habite en France pour ses trois films sur les femmes. « Maintenant j’essaie de faire avec des budgets très bas », sourit-il. « Le cinéma commercial marche bien en Iran et le cinéma indépendant trouve son budget », analyse-t-il assurant que le cinéma iranien se trouve dans une situation double : « Beaucoup de problèmes et beaucoup de succès. ». « Je crois que la société iranienne est une société vivante. On dit chez nous que 1 000 films documentaires sortent chaque année. » En réalisera-t-il un sur le mouvement « Femme, vie, Liberté » ? « Je n’ai pas de scénario, confie-t-il mais il est possible que je fasse quelque chose. »

    * Le 14 novembre à 16h30 projection de « Zinat » ; à 20h30 projection de « Zinat, une journée particulière » au cinéma Kinépolis (Polygone de Béziers). Entre les deux séances débat avec les deux invités, Ebrahim Mokhtari et Laurent Cambon, critique de cinéma.

  • Des séries à gogo avec le festival CréaTVty à Sète

    Des séries à gogo avec le festival CréaTVty à Sète

    Mettre en lumière la création audiovisuelle. Tel est le leitmotiv du festival CreaTVty, qui revient à Sète pour une seconde édition du 12 au 15 novembre. Au programme, neuf projections de séries ou films de télévision en compétition. Et tous en avant-première, pour le plus grand bonheur des cinéphiles. Parmi les plus attendus, Après la fin, réalisé par Frédéric Lopez, qui revient sur l’histoire vraie de la reconstruction de Louis Derungs, amputé des deux bras et que le présentateur avait reçu dans une de ses émissions, en 2017. Mais également la série italienne Mussolini, le fils du siècle, revenant sur la création du fascisme (12/11, à 15h) ou encore la série très attendue Un Prophète (15/11, à 19h30). Si les personnages ne sont pas les mêmes que dans le film d’Audiard, on retrouvera néanmoins la patte du film puisque ce sont Abdel Raouf Dafri et Nicolas Peufaillit, scénaristes du film d’Audiard, qui sont à l’écriture. « Comme dans le film, on suit un jeune qui se retrouve en prison et comment il organise sa lutte dans le monde carcéral », détaille Stéphane Caput, président de CreaTVty.

    Si des comédies sont également au programme, « on note le caractère très social du festival. Nous sommes à une époque de bouleversement. Il y a beaucoup de films autour des luttes, des combats, des gens qui se battent dans les associations », poursuit Stéphane Caput. À l’instar de L’Affaire Laura Stern, créée par Marie Kremer et Frédéric Krivine, revenant sur les violences faites aux femmes (14/11, 17h).

    Un festival 100% gratuit

    Pascal Elbé, président du jury, aura la lourde tâche de départager les films en compétition. Ce dernier présentera également – hors compétition – son prochain film, La bonne étoile avec Benoît Poelvoorde (14/11, 20h). Le festival met également à l’honneur la jeune création puisqu’est organisé un prix du meilleur court-métrage, le 13 novembre. « On met en lumière des jeunes réalisateurs qui n’ont jamais été diffusés. Ce sont souvent des étudiants qui sortent des écoles, c’est la première compétition pour certains », précise Stéphane Caput. Une aubaine également pour ces réalisateurs en herbe puisqu’un des objectifs affichés de CreaTVty est de mettre en relation producteurs et réalisateurs.

    Avant-premières, rencontres avec réalisateurs et acteurs, le tout entièrement gratuit. Le public sétois va être ravi.

    Programme complet à retrouver sur creatvty.fr.

  • La quinzaine du Japon est lancée dans le Gard

    La quinzaine du Japon est lancée dans le Gard

    Tout le Gard concerné

    Mais cette quinzaine qui séduit petits, adolescents et adultes autour d’une même culture va rayonner sur l’ensemble du territoire gardois. Ainsi, la Bambouseraie en Cévennes propose des « visites exclusives » du jardin d’inspiration japonaise « Le Vallon du Dragon » (les 8, 9 et 11 novembre). Toujours dans les Cévennes, le Vigan organise aussi une journée avec de nombreuses animations dimanche 9 novembre. Jusqu’au 28 novembre, la Maison de ma Région de Nîmes accueille une exposition sur les « Voyages autour du Mont Fuji ». Du 15 au 18 novembre, le Cinéplanet à Alès met, lui, en lumière le cinéma japonais.

    Quatre lycées du département vont également accueillir des animations autour du manga, du dessin, de la cuisine japonaise ou des expositions. La médiathèque de Saint-Christol-lez-Alès accueillera l’exposition « Curieux Japon » et celle de Saint-Hippolyte-du-Fort proposera de nombreux ateliers (8, 12, 15, 19 novembre). Enfin, le musée voisin de la soie présente une exposition de broderies japonaises traditionnelles.

  • [Grand entretien] Anna Mouglalis : « Soutenir la presse libre et rester en alerte »

    [Grand entretien] Anna Mouglalis : « Soutenir la presse libre et rester en alerte »

    La Marseillaise : À quel point vous reconnaissez-vous dans les valeurs portées par le festival ?

    Anna Mouglalis : Déjà, je tiens à souligner que c’est moi qui suis honorée de faire partie du festival. Après, d’un point de vue général, les choses avancent peu. Suite à l’action du collectif 50/50, les festivals s’étaient engagés à ce qu’il y ait 50% de films de femmes. Mais on voit bien que ces promesses n’ont pas été tenues. Cela reste donc toujours aussi important de visibiliser les films réalisés par des femmes car leur travail devient plus compliqué. Leurs films sont moins bien dotés et produits. On leur donne tout simplement moins d’argent, ce qui a aussi un impact sur leur distribution. On ne peut donc que saluer la démarche de Films femmes Méditerranée dont la programmation contient beaucoup de films que je me languis de découvrir.

    L’une de ses sections est dédiée à la réalisatrice et pionnière grecque Frieda Liappa (1948-94), qui s’est élevée en son temps contre la dictature des colonels. Aujourd’hui, le fascisme est aux portes du pouvoir en France, avec le rapprochement des idées des partis de droite et d’extrême droite. D’où peut venir le sursaut ?

    A.M. : C’est terrible car cette levée réactionnaire touche tous les milieux. À mon petit niveau, je participe à des événements, je me rapproche d’associations en danger [Elle soutient entre autres SOS Méditerranée, Ndlr], je manifeste, je prends la parole dès que possible. Après, il y a des sursauts, comme on a pu le voir récemment avec l’élection de Zohran Mamdani comme maire de New York. Malgré tout, on est encerclés. Entre l’Italie, les petites démocraties du Nord, la Hongrie, l’Argentine… Les réactionnaires sont de partout. Je recommande à tout le monde la lecture de l’ouvrage de l’historien Johann Chapoutot, Les irresponsables. Il s’est passé la même chose dans les années 1930 avant le nazisme. Des milliardaires se sont permis de racheter toute la presse et ont mis fin à la séparation des pouvoirs. C’est ce qu’on vit en ce moment avec toutes les chaînes de propagande. Sans oublier que leurs idées se répandent même dans le monde de l’enseignement, comme on a pu le voir avec la poussée de Stérin. D’où l’importance de soutenir la presse libre et indépendante et de rester alerte.

    Le festival a aussi tenu à souligner votre engagement contre les violences faites aux femmes, vous qui avez été auditionné au printemps dernier par les députés pour témoigner de celles que vous avez subies dans le monde du cinéma…

    A.M. : Il y a eu d’autres commissions comme la Ciivise, qui a fait un travail sur trois ans avec 82 préconisations pour pouvoir lutter contre les violences sexuelles faites aux enfants. Moi, ce que je revendique, c’est que ces violences se déroulent dans tous les milieux. Dans le cinéma, notre parole a un peu plus d’écho, mais c’est vrai pour toutes les personnes en situation de pouvoir. Je suis assez impressionnée de voir à quel point les hommes ne disent rien, alors que les femmes disent : « nous le savions toutes ». Le but n’est pas de vivre sans les hommes. Mais on aurait besoin qu’ils aient un peu plus de courage. Pour les femmes, il faut un courage énorme pour prendre la parole. Les hommes n’ont, eux, peut-être pas subi directement des violences, mais le fait qu’ils les voient et ne parlent pas consiste à dire que ce n’est pas très grave. Alors, bien sûr, ça peut être compliqué quand il est parfois question de réalisateurs ou producteurs, qui sont par ailleurs des amis. Mais le courage, c’est de dire quand on voit quelqu’un qui fait quelque chose d’intolérable. Et de ne pas se dire : « oui c’est un ami » ou « il m’a fait débuter » donc, je ne peux pas parler. En parler, ce n’est pas lui tirer dans le dos. C’est se battre pour un monde meilleur et pour la justice.

    Des divisions ont cours au sein même de certains milieux militants, en ce qui concerne la lutte pour revendiquer des identités. Estimez-vous que ces combats ne doivent en aucun cas être déconnectés de la question sociale ?

    A.M. : De toute façon, la lutte est intersectionnelle. Ce sont des questions qui se posent continuellement, dans les milieux féministes aussi. La parole donnée par une femme non blanche ne va par exemple pas forcément avoir le même écho que celle portée par une femme blanche. Il faut vraiment que les féministes blanches s’interrogent. Car ce sont toutes les femmes, ensemble, qui vont réussir. C’est pour cela que j’ai trouvé, à l’endroit de la CGT, quelque chose qui me semble beaucoup plus cohérent depuis que Sophie Binet en est à la tête : des revendications de justice sociale dans tous les milieux professionnels, avec la lutte pour les droits des femmes, tout cela encadré par le droit du travail. Il faut se syndiquer et manifester.

    Le festival rend aussi hommage à Marguerite Duras avec la projection de quatre films. Est-ce une figure qui vous inspire, au même titre que l’écrivaine et militante féministe Monique Wittig que vous avez célébrée en musique cette année ?

    A.M. : J’ai lu Marguerite Duras mais j’ai vu ses films assez tard. C’est à travers Delphine Seyrig que j’ai rencontré son œuvre et qui était une grande militante féministe, chose que certains veulent effacer de sa carrière. Si Marguerite Duras est une immense artiste, je n’ai pas vu dans ses mots le même embrasement que celui que j’ai trouvé dans ceux de Monique Wittig. La révolution qu’elle a accomplie en littérature, elle l’accomplissait aussi dans la rue. Elle a inventé une langue qui lui est propre, mais était aussi très impliquée en participant à la création du mouvement de libération des femmes, a fait partie des Petites marguerites ou des Gouines rouges. Ce n’est pas de la révolution fiction. C’est du vécu.

    Propos recueillis par Philippe Amsellem

  • La grâce humaine de l’œuvre de Raymond Depardon à Aix

    La grâce humaine de l’œuvre de Raymond Depardon à Aix

    Plutôt rares sont les réalisateurs auxquels des salles consacrent une rétrospective de leur vivant. Tel est le cas de Raymond Depardon, dont une partie de l’œuvre se répand dans une dizaine de salles françaises, parmi lesquelles Les Variétés, à Marseille, où s’achève un cycle, mardi 4 novembre, avec la projection de San Clemente (1982), déjà caractéristique du style si reconnaissable du cinéaste français. Caméra tanquée sur l’épaule, il partait poétiquement à la rencontre de patients de cet asile psychiatrique éponyme situé sur une île au large de Venise, à l’aube de sa fermeture annoncée. À partir du 7 novembre, un film également à l’affiche de l’École supérieure d’art d’Aix, où l’Institut de l’image de la ville délocalise ses activités en raison de la fermeture pour travaux de son site historique de Méjanes. « Nous reprenons en novembre la première partie d’une rétrospective intégrale, “Depardon citoyen”, qui ressort ces prochains mois. Une série de documentaires dont la mise en scène interroge subtilement le pouvoir institutionnel et ses effets sur les individus, dans une approche sobre et dénuée de commentaires », contextualise-t-on du côté de l’établissement aixois.

    Le miroir des marges

    Forcément marqué par son passé de photoreporter, qui l’a vu entre autres couvrir la guerre d’Algérie ou celle du Vietnam, Raymond Depardon a gardé son goût pour les faits ainsi qu’une humanité à la fois criarde et discrète dans ses films documentaires, amorcés dans les années 1970. Au menu des projections assurées dans l’amphithéâtre de l’École supérieure d’art d’Aix, Faits divers. Succession de plan séquences éloquents, il filme en 1983 la vie d’un commissariat du 5e arrondissement de Paris, dans le sillage des policiers qui y officient.

    Une partie de l’œuvre de Raymond Depardon jaillit finalement comme le miroir de notre humanité, reflété par des individus dits « à la marge ». Dans Urgences, le photographe et réalisateur laissait encore parler sa caméra en 1987 dans le service des urgences psychiatriques de l’Hôtel-Dieu, à Paris. Bien plus brutal que son lointain cousin San Clemente, un documentaire au plus près des psychiatres et patients dans lequel il explorait tous les visages de la folie, qu’elle soit causée par la schizophrénie, l’addiction à l’alcool ou encore la dépression.

    Porté par son tropisme judiciaire et ces prétoires, microcosmes grandeur nature de nos sociétés et de l’âme humaine, Raymond Depardon réalisera également, parmi tant d’autres, Délit flagrants (1994). Un film au cours duquel il ausculte la petite délinquance prise dans l’engrenage judiciaire en posant son instrument dans l’une des parties du Palais de justice de Paris.

    Dates et horaires des séances sur www.institut-image.org

  • L’acteur Tchéky Karyo tire sa révérence

    L’acteur Tchéky Karyo tire sa révérence

    Il était le seul rôle parlant du film L’Ours, de Jean-Jacques Annaud. Ou encore le mentor d’Anne Parillaud dans Nikita. Le comédien Tchéky Karyo s’est éteint, vendredi, emporté par un cancer. Il avait 72 ans.

    Né à Istanbul, la carrière de ce polyglotte maîtrisant le français, l’anglais, l’espagnol et l’arabe avait débuté dans le cinéma d’auteur français, notamment en 1982 devant la caméra de Chantal Akerman pour Toute une nuit et devant celle d’Éric Rohmer en 1984 dans Les Nuits de la pleine lune.

    Sa filmographie éclectique l’a fait côtoyer Jean-Pierre Jeunet dans Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain (2001) et l’a porté vers des cinéastes étrangers, notamment le Brésilien Walter Salles (Terra Estrangeira, 1995) ou l’Américain Ridley Scott dans 1492 : Christophe Colomb aux côtés de Gérard Depardieu.

    Tchéky Karyo a également eu une longue carrière sur les planches et s’était notamment produit au Festival d’Avignon au début des années 1980.