Tag: Cinéma

  • Cet été, le cinéma Diagonal à Montpellier se refait une beauté

    Cet été, le cinéma Diagonal à Montpellier se refait une beauté

    Le style Art déco de sa façade devrait être conservé. 2026 devrait marquer un changement majeur pour le dernier cinéma de la franchise historique de Montpellier puisqu’il fermera ses portes d’avril à août pour d’importants travaux de rénovation.

    Déjà repoussés à plusieurs reprises, les travaux du cinéma Art et essai visent à donner un coup de jeune à toute la structure du bâtiment afin de « garantir de meilleures conditions d’accueil aux spectateurs et de travail à l’équipe », indique Adrien Reyne, le chargé de communication et d’événementiel du cinéma. Du hall d’entrée aux six salles de projection, en passant par les couloirs, les bureaux des salariés et la façade, le cinéma devrait être largement rénové sans le dénaturer pour autant.

    En prévision des travaux, l’équipe a lancé en octobre la Boutique du Diago, une collection de produits dérivés à l’effigie du cinéma. « On s’est inspiré des t-shirts vendus après les concerts des groupes de rock », indique Adrien Reyne. En vente dans le hall, des t-shirts, sweat-shirts à capuche, tote-bags, chaussettes, affiches et sacs banane estampillés du logo de la marque et illustrés par la bédéiste montpelliéraine Cuillère.

    « Fermer 5 mois est une angoisse totale »

    Au centre de chaque pièce, un tyrannosaure robotique librement inspiré de Godzilla a été choisi par l’équipe du cinéma comme un symbole de destruction. « La bête casse tout sur son passage. C’est ce qu’on va faire au Diago : tout détruire pour tout reconstruire. » En vente uniquement sur place, les pièces sont colorées et truffées de références à la ville de Montpellier.

    Vendus entre 15 et 40 euros, les produits dérivés sont, selon Martin Bidou, le directeur, une manière « symbolique » de soutenir le cinéma pendant sa fermeture. « C’est une angoisse totale de fermer autant de temps, confie-t-il. Quand vous verrez passer une personne dans la rue avec un t-shirt ou un pull Diagonal, vous penserez à nous. C’est pour pas qu’on nous oublie pendant la fermeture. »

    En attendant la fermeture, des spots de communication sont déjà diffusés dans les salles obscures du Diagonal, l’un des derniers cinémas indépendants de Montpellier.

  • L’œuvre de Coppola, parrain du 7e art, projetée à Aix

    L’œuvre de Coppola, parrain du 7e art, projetée à Aix

    Si le talent de Francis Ford Coppola s’est illustré dès les années 1960 avec des films de série B comme Démentia 13, ce n’est qu’en 1972, à la sortie du Parrain, que le réalisateur italo-américain grimpe sur le toit d’Hollywood. Multi projeté dans le cadre d’un cycle qui lui est dédié jusqu’au 1er février à l’École supérieure d’art d’Aix, sur proposition de l’Institution de l’image, une adaptation du roman éponyme de Mario Puzo pour laquelle tous deux parviennent, au prix d’un bras de fer avec les studios de la Paramount, à imposer Marlon Brando, immense comédien mais qui vient alors d’enchaîner une série de flops, dans le rôle de Vito Corleone, ainsi que le jeune Al Pacino, que l’industrie considère comme « un petit nain », dans celui de son fils Michael. Dans ses choix esthétiques comme pour ses mises en scène, c’est la force de conviction qui caractérise le mieux Francis Ford Coppola. Pour le plus grand plaisir des cinéphiles mais aussi parfois à ses dépens, comme l’a prouvé l’an passé son film testament et tout en démesure, Mégalopolis, échec commercial qui l’a endetté.

    « Odeur du napalm »

    Qu’il signe une saga familiale en trois parties dans le sillage d’un immigré sicilien à New York qui devient l’un des boss de la mafia dans Le parrain, ou un « voyage onirique, opératique et poétique aux confins de l’horreur » de la guerre du Vietnam dans Apocalypse now (1979), diffusé à Aix dans sa dernière version dite « final cut », Coppola arrive à marquer tous les esprits. Aussi bien à travers les petites histoires qui s’inscrivent dans la grande, que par des images ou dialogues passés à la postérité : de « Je vais lui faire une offre qu’il ne pourra pas refuser » à « J’aime l’odeur du napalm le matin ». Parmi les autres films projetés par l’Institut de l’image d’Aix en janvier, dont certains ont été réédités en copies numériques restaurées, le thriller Conversation secrète pour lequel il a été couronné d’une palme d’or à Cannes en 1974, ou encore des œuvres de genre telles que son interprétation toute personnelle de Dracula (1992).

  • Deux ans de travaux pour le renouveau du cinéma Cézanne

    Deux ans de travaux pour le renouveau du cinéma Cézanne

    Une projection du dernier Avatar, puis, rideau. Le Cézanne a fermé ses portes ce mercredi soir pour deux ans de travaux. « Ce n’est pas qu’une rénovation, c’est une restructuration lourde du cinéma. On fait un nouveau cinéma. Aujourd’hui, on va tout refaire », résume Rémi Peyron, directeur de cet établissement né en 1959. S’il a bien connu deux rénovations majeures pour ses salles noires au fil du temps, c’est un tout autre cinéma que les Aixois verront implanté en centre-ville.

    À commencer par le bâtiment principal qui va être démoli, puis refait. L’annexe, qui abrite aujourd’hui trois salles, et autrefois le restaurant du Passage deviendra l’entrée principale et l’espace d’accueil, où les futurs clients pourront s’installer pour boire un verre. Au total dix salles, réparties sur deux bâtiments reliés par une passerelle, et un sous-sol, qui sera creusé pour accueillir trois salles. Le tout, a été imaginé par les équipes de construction Pathé, mais aussi par le cabinet d’architecture Loci Anima et Véronique Wood, architecte du patrimoine. « On a retourné complètement les bâtiments qui se feront face dorénavant. Ensuite on aura aussi un cinéma revu complètement dans son fonctionnement avec des coursives des halls et des espaces d’accueil… », poursuit Rémi Peyron.

    Investir pour « avancer »

    C’est tout l’esprit du cinéma qui a été repensé. Les espaces se voudront plus modernes, plus lumineux… Finalement, le nouveau Cézanne – qui perd ses murs mais garde son nom – perdra quelques centaines de places, passant de 1 540 à 1 200 fauteuils. Mais le projet de rénovation, dans les clous depuis dix ans, retardé par le Covid, s’inscrit dans une logique de modernité et de survie des salles obscures plutôt que dans celle de rentabilité. « Sur les belles années 2015, 2019, on était au niveau national à 210 millions d’entrées, cette année on va faire 157 millions. On s’est payés deux fois -15 % sur ces années, recontextualise Rémi Peyron. Aujourd’hui, il faut non seulement proposer des films qui fassent envie, ce qui n’est pas de notre contrôle. Mais il faut aussi qu’on fasse notre part des choses : il faut qu’on ai des cinémas irréprochables (…) On peut appeler cela un risque mais le danger serait ne rien faire. Aujourd’hui si on ne fait rien, on va mourir : il faut qu’on investisse pour avancer. » Aussi, « on a un bâtiment qui a des volumes de salles qui sont pour la plupart petites, pas gradinées, relativement à plat », ajoute le directeur. Sur ces deux années, la programmation plus généraliste et les séances scolaires basculeront sur le cinéma Renoir, dont les horaires seront élargies en matinée. Les arts et essais seront projetés au Mazarin. Les festivals du 7e art, du traditionnel Film Judiciaire au festival Télérama, ainsi que les diverses rencontres seront conservés eux aussi, partagés entre les deux autres cinémas du centre-ville. Le coût total des travaux, financés par Pathé, n’a pas été communiqué.

  • Un documentaire entre cinéma et littérature sur René Frégni à l’Alcazar

    Un documentaire entre cinéma et littérature sur René Frégni à l’Alcazar

    La bibliothèque de l’Alcazar accueille ce vendredi à 17h30 le documentaire Schizo-Frégni. S’en suivra un débat, une lecture, et des dédicaces en présence des réalisateurs et de l’écrivain René Frégni. « Nous sommes tous les trois documentaristes avec des approches différentes des sujets, là c’est la littérature qui nous réunit, en particulier la façon d’écrire de Frégni », explique Alain Barlatier, pour justifier leur choix de travailler autour de l’auteur René Frégni. « Nous partageons également son côté humaniste et son engagement social certain », ajoute-t-il. Le documentaire de 40 minutes se situe « aux confins de la littérature et du cinéma ».

    « Auteur de l’autofiction », René Frégni a connu les prisons militaires pour désertion, et a pris comme source d’inspiration sa propre vie, tout en y mêlant son lot d’imaginaire. « Nous est venue l’idée de faire un documentaire sur lui de la même façon qu’il écrit ses romans », développe le réalisateur. « Nous nous sommes inspirés de son œuvre “Les vivants au prix des morts”, histoire d’un écrivain en cavale qui a perdu ses mots, et qui part à leur recherche dans les Alpes », précise Alain Barlatier.

    Schizo-Frégni entre dans le cadre d’un cycle de projections à la bibliothèque de l’Alcazar, sur le thème du croisement entre le cinéma et une autre pratique artistique. Le lendemain, Déjà, portrait d’un luther iconoclaste, se situera cette fois au croisement du cinéma et de la musique.

    Entrée libre.

  • Le festival Itinérances déroule sa 44e édition

    Le festival Itinérances déroule sa 44e édition

    Depuis plus de quarante ans, le festival cinématographique s’attache à transmettre une passion du septième art accessible et profondément ancrée
    dans le territoire cévenol. En 2026, l’événement prendra une dimension particulière : les travaux du Cratère amènent une partie de la programmation au théâtre éphémère de la Prairie.

    Après une édition 2025 marquée par la présence de Sergi López et près de 43 000 entrées, Itinérances revient avec un programme ambitieux : hommages, invités, avant-premières, cartes blanches et la traditionnelle compétition de courts-métrages francophones. La grande rétrospective 2026, intitulée
    Les Magnifiques ! explorera toutes les formes d’itinérance : du voyage au long cours au cheminement intérieur. Fidèle
    à son identité, le festival mettra en lumière des cinématographies du monde entier. Le Pass 2026, proposé à tarif réduit jusqu’au 4 janvier, permettra d’accéder à l’ensemble des projections, confirmant la volonté du festival de rester ouvert et populaire.

  • Faute de financements, le festival Cin’Edison de Lorgues est menacé

    Faute de financements, le festival Cin’Edison de Lorgues est menacé

    C’est devenu un rituel de début de printemps pour plus de 2 000 élèves de Lorgues et de la Dracénie, des écoles primaires, de l’IME de Salernes, du Contrat local d’accompagnement à la scolarité (Clas), du collège, du lycée et aux étudiants de BTS du bassin. Depuis dix ans, au mois de mars, le festival Cin’Edison, porté par la mairie et le Ciné’Bleu de Lorgues, ainsi que par la cité scolaire Thomas-Edison, leur permet de découvrir le cinéma et ses métiers sous de nombreux aspects : ateliers pédagogiques, rencontres avec des réalisateurs, techniciens, monteurs, scénaristes et distributeurs, et surtout, projections de dix films récents ou en avant-premières suivies de moments d’échanges avec les équipes du film, afin de mieux appréhender l’œuvre, sa genèse, sa réalisation et de développer l’esprit critique.

    L’événement vise par ailleurs à sortir des sentiers battus en initiant les jeunes au cinéma d’art et d’essai, et à mettre en pratique leurs apprentissages à travers les concours d’affiches, de bandes-annonces et de courts-métrages. Ces derniers sont réalisés de décembre à février et présentés lors d’une soirée dédiée, en mars, à la fin de la semaine de festival, au cours de laquelle le public, entièrement constitué d’élèves, vote pour son film préféré. C’est aussi l’occasion pour eux de prendre part aux débats avec des adultes en faisant partie du jury qui décernera un prix. Enfin, une masterclass, encadrée par le LAV (Lorgues Animation Vidéo), réalise des interviews et propose des courts reportages des moments forts du Festival, pour une couverture complète et une découverte du milieu médiatique.

    Mais la 11e édition, qui doit se tenir du 20 au 27 mars, pourrait ne jamais avoir lieu. La faute à un manque de financements, dans le contexte de la baisse généralisée des subventions à la culture, matérialisé par la suspension, puis la réattribution tardive du Pass Culture en 2025, une baisse de 50% du budget du festival, et des incertitudes majeures sur les financements EAC (Éducation Artistique et Culturelle) pour l’année 2026.

    Un financement participatif en cours

    Pour y remédier, l’équipe d’organisation lance un appel au financement participatif, via « Trousse à Projets », plateforme officielle de l’Éducation nationale. Le principe est simple : un don de 5 euros = une place de cinéma offerte à un élève. L’objectif est de récolter a minima 8 000 euros d’ici le 9 janvier pour pouvoir assurer la survie de l’événement. « Cin’Edison est bien plus qu’un festival : c’est souvent la première rencontre des élèves avec le cinéma. Un moment de découverte, d’expression et de partage. Nous avons besoin de la mobilisation de tous pour que cette aventure continue d’exister », conclut l’organisation.

    Cagnotte sur trousseaprojets.fr et sur la page instagram @Cinebleu

  • Un nouveau cinéma indépendant prend son envol à Frontignan

    Un nouveau cinéma indépendant prend son envol à Frontignan

    Il faut être un peu fou pour ouvrir un cinéma aujourd’hui », s’amuse Priscillia Schneider. Après 25 ans à la tête du Cinémistral, le cinéma municipal de Frontignan qui a fermé définitivement ses portes en avril, elle prend les rênes d’un cinéma indépendant flambant neuf.

    Baptisé Quai des lumières, qui sonne comme un hommage croisé à Quai des brumes et aux frères Lumières, ce nouveau cinéma est amarré au bord du canal, quai Voltaire, dans d’anciens chais réhabilités. Le 19 décembre, au terme de 3 ans de travaux, il accueillera ses premiers spectateurs pour un envol qu’on lui souhaite heureux. Un pari forcément risqué, le cinéma indépendant restant une économie très fragile, mais un défi stimulant pour les quatre passionnés de 7e art qui se sont associés dans ce projet : Priscillia Schneider, donc, directrice de ce nouveau lieu, mais aussi Isabelle Moreau, Frédéric Perrot et Jean Villa, tous exploitants de salles de cinéma en Occitanie.

    Une expérience
    haut de gamme

    Avec ses quatre salles et 548 fauteuils, le Quai des lumières voit bien plus grand que son prédécesseur, à salle unique (149 fauteuils). Mais l’esprit, lui, reste fidèle à ce que fut le Cinémistral : « Je défends une programmation pluraliste, qui présente à la fois Avatar et l’Inconnu de la grande arche », illustre Priscillia Schneider. Du cinéma grand public comme des films d’auteur, généraliste mais avec un axe fort art et essai. « Un cinéma ouvert, vivant, en lien avec ses spectateurs », où seront programmés régulièrement, comme du temps du Cinémistral, des événements autour des films.

    « Nous accordons aussi beaucoup d’importance à ce que les tarifs – moins de 10 euros* – restent accessibles », insiste la directrice. Cela n’empêchera pas les spectateurs de visionner les films dans les meilleures conditions : « On a un outil extraordinaire entre les mains. D’un point de vue technologique, on est au même niveau qu’un multiplexe, avec des projecteurs dernier cri, des fauteuils inclinables haut de gamme. ». Au Quai des Lumières en revanche, pas de bornes numériques pour prendre ses places, mais un accueil en chair et en os, à l’ancienne. Priorité à l’humain.

    « On est dans une période complexe pour la salle de cinéma. On est sorti d’une année 2024 exceptionnelle et on a fait une année 2025 catastrophique liée à l’offre de films, vraiment faiblarde – à cause notamment de la grève des scénaristes aux États-Unis. À quoi s’ajoutent l’attrait des plateformes et la qualité des séries », décrypte Priscillia Schneider. Outre le noyau dur des cinéphiles, il faut donc « aller chercher des gens qui ne vont plus au cinéma et leur redonner l’envie. C’est un gros challenge. Mais je me sens forte de l’histoire du Cinémistral pendant 25 ans : on a démarré à 17 000 entrées par an et on a fini à 60 000 pour 149 fauteuils. Là, on a un objectif de 120 000 entrées pour 548 fauteuils, en espérant atteindre les 140 000. Si tel est le cas, on fera deux salles supplémentaires, car on a gardé une réserve locative », confie la directrice.

    Le site devrait attirer du monde, car outre le cinéma, les « Chais du canal » comprennent également une librairie, une école de cinéma documentaire (Explore Academy) et une brasserie ouverte 7 jours sur 7, pour casser la croûte ou boire un verre avant ou après une toile…

    * 9,50 euros la place
    7,50 euros tarif réduit.

  • Le cinéma Le César a trouvé son repreneur

    Le cinéma Le César a trouvé son repreneur

    De nouveau, Le César pourra faire son cinéma. Ce jeudi, le conseil municipal de Marseille doit approuver la cession du bail commercial des salles obscures situées place Castellane en faveur du Théâtre des criques et du Lucernaire, pour y installer un nouveau tiers-lieu culturel. De quoi redonner vie à cet espace emblématique créé en 1938 par Marcel Pagnol, et dont le tribunal des affaires économiques de Paris avait prononcé la liquidation le 12 septembre 2023, alors que son gérant se disait étranglé par un loyer « beaucoup trop élevé » (notre édition du 15/09/2023).

    Viabilité économique

    « Ce projet a été sélectionné afin que Le César se réinvente comme un lieu de vie, en affirmant d’abord sa vocation première : le cinéma », explique la délibération soumise au conseil. Celui-ci proposera ainsi des salles de projection de 50 et 90 places pour des films art et essai, ainsi qu’une salle hybride de 200 places qui permettra à la fois des projections de films grand public ou des représentations de théâtre. S’ajouteront un café bar et un carré librairie pour compléter le tout.

    « C’est une excellente nouvelle, se réjouit l’adjoint (PCF) à la culture, Jean-Marc Coppola. Plusieurs projets de qualité ont été déposés, nous avons eu le choix, qui s’est porté sur un projet culturel, viable économiquement, avec une équipe jeune et dynamique. » La municipalité, le 26 janvier 2024, avait en effet décidé de préempter le fond commercial pour éviter que ne se perde la vocation culturelle des lieux, et avait approuvé le cahier des charges de l’appel à candidatures le 20 juin dernier. « Il y a plusieurs mois de travaux et d’investissements à faire avant de rouvrir », explique cependant l’adjoint. Le temps de rafraîchir l’édifice et de le réaménager, avec des subventions demandées par les porteurs du projet au Centre national du cinéma.

    Benoît Payan défend son bilan

    Invité surprise de la conférence de presse de présentation du conseil municipal, le maire (DVG) Benoît Payan a tenu à remercier sa majorité, « pour le travail qu’elle a fait pendant ces six années ». Une action qu’il compare aux douze travaux d’Hercule, « avec des travaux titanesques pour remettre des services publics sur pied ». Il reconnaît ainsi trois premières années compliquées, pointant la responsabilité à « une gestion particulière pendant des décennies ». « Les services ne se parlaient pas entre eux », appuie-t-il. Et d’énumérer les réalisations du mandat, de la réduction de la dette de la collectivité aux rénovations des écoles, les dossiers débloqués de la rénovation urbaine, la cantine gratuite pour 10 000 élèves. « Nous avons commencé à voir des réalisations dont d’aucuns nous disaient qu’elles ne pourraient pas se faire », vante Benoît Payan. En témoigne le doublement de la police municipale, mais aussi l’embauche de 1 000 agents dans les écoles, le passage d’un demi temps plein pour le logement à 120 personnes. De quoi préparer sa campagne.

  • Le plus ancien ciné du monde en activité a son timbre

    Le plus ancien ciné du monde en activité a son timbre

    Maintenant un timbre va porter l’âme de La Ciotat partout dans le monde », se réjouit Michel Cornille, président de l’association Les lumières de l’Eden*.

    Gravé en taille-douce par Christophe Laborde-Balen, il représente la façade Art déco de l’Eden théâtre. À côté de l’entrée du cinéma, il fait une discrète allusion à L’entrée d’un train en gare de La Ciotat, un des premiers films tournés par Louis et Auguste Lumière (1895). Présentée par Michel Cornille comme « la dame du timbre », Agnès Rico, bénévole et administratrice des Lumières de l’Eden, a en effet eu l’idée « de monter un dossier pour faire une demande officielle à La Poste en vue de réaliser un timbre sur l’Eden ». L’aventure, débutée en 2021, a abouti « en décembre 2024, lorsque le projet est paru dans le programme philatélique officiel », explique-t-elle. Vendredi, le dévoilement officiel du timbre a eu lieu dans l’enceinte même du cinéma l’Eden Théâtre. Des agrandissements vont être visibles à l’Eden, dans les bureaux de poste. Une vente en avant-première est prévue le 13 février prochain à l’Eden, puis le 14 dans le bureau de poste de La Ciotat, avant que le timbre ne soit vendu partout en France à partir du 16 février, durant la seule année 2026.

    L’Eden sauvé du naufrage

    « Faites-en des réserves, pour être des passeurs d’images, d’histoire et de joie », a lancé Agnès Rico. Né théâtre en 1889, l’Eden Théâtre de La Ciotat, situé au 25 boulevard Clemenceau, a vu sa destinée basculer à l’automne 1895 avec des projections d’images animées par le Cinématographe de Louis Lumière. Le 21 mars 1899, la projection payante de 19 films Lumière devant 250 spectateurs enthousiastes signe la naissance officielle de l’Eden Théâtre dans le monde du cinéma, date retenue par le Livre Guinness des records pour en faire la salle de cinéma toujours en activité la plus ancienne au monde. « Racheté par la Ville en 1992, l’Eden Théâtre aurait pu mourir à l’automne 1995 lorsqu’une commission de sécurité ordonne sa fermeture. Mais l’Eden résiste. Le 12 février 1996, il est classé à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques, échappant ainsi à toute menace de disparition et de transformation », dit le commentaire d’un petit film projeté. Mais « miné par les infiltrations, l’Eden agonise… ». Jusqu’à ce que les associations La Ciotat Berceau du cinéma et Les lumières de l’Eden, les bénévoles, le monde artistique se mobilisent pour sa rénovation. Qui sera programmée dans le cadre de Marseille Provence capitale de la culture 2013 et grâce à cette manne financière providentielle.

    * L’asso gère l’Eden en délégation de service public pour la Ville

  • Risc, hôte des arts et des sciences à l’écran à Marseille

    Risc, hôte des arts et des sciences à l’écran à Marseille

    « Ça peut prendre quelques secondes pour fermer une porte, mais des années pour l’ouvrir », citaient avec évocation Jean-Marc Lamoure et Pilar Arcila lors des dernières Rencontres du cinéma de Gindou. Les réalisateurs de Du monde aux portes, projeté en ouverture des Rencontres sciences et cinéma, mardi 9 décembre dans la salle de la Baleine, située sur le cours Julien. « Un documentaire » tendant « vers la fiction » immergé dans le quotidien du Centre hospitalier de Valvert et de ses patients en psychiatrie, dans le 11e arrondissement de Marseille, qui compte huit chambres d’isolement. L’occasion de questionner l’hospitalité, qui connaît une crise profonde dans tous les champs de la société française aujourd’hui, et dont la racine vient « d’hospes, accueillir et hostis, l’ennemi ».

    Le symbole d’un lien entre le cinéma et la recherche dont Risc, organisé par l’association Polly Maggoo, s’est fait une spécialité depuis une quinzaine d’années et qui irriguera cinq jours de projections ainsi que de rencontres dans des salles obscures telles que le Gyptis, le Vidéodrome 2, l’Artplexe, le Polygone étoilé mais aussi le Muséum d’histoire naturelle et celui d’Histoire.

    Questions d’accueil(s)

    Vitrine de productions qui entretiennent une proximité avec les sciences, y compris humaines et sociales, ce festival présente des films qui « questionnent notre relation à l’autre et nos façons de l’accueillir, l’expérience du handicap et de la maladie, les dits et non-dits de nos histoires familiales mais aussi ceux de la grande Histoire », résume son directeur artistique Serge Dentin, ou encore « notre relation à la vérité dans un monde bouleversé par les réseaux et l’intelligence artificielle, brouillant les frontières entre le réel et le virtuel ».

    Toujours liée à la question de l’hospitalité, plus particulièrement à « ce que signifie l’expression être de quelque part », une séance ayant toujours trait à Marseille sera organisée samedi au cinéma le Miroir de la Vieille Charité. Elle sera lancée à 14h par La cité des phoques, « conférence performée » de Camille Goujon qui « monte et démonte l’histoire, rembobine le film déconstruisant la cité phocéenne » à travers « documents, vidéos de ses enquêtes de terrain, récits mythologiques et témoignages scientifiques ». Place ensuite au court-métrage La station, dans lequel la réalisatrice Lisa Chapuisat rend un hommage musical à la dernière station uvale de France, dont le charme désuet mais profondément humain se répand sur le cours Pierre Puget. Là où « Yanis sert du jus de raisin frais dans des petites coupelles dorées » tandis que « des clients s’installent au comptoir et y laissent un peu d’eux-mêmes ».

    Au total, une cinquantaine de films de tous formats sera diffusée pendant la 16e édition de ce festival qui s’achèvera par l’avant-première de Planètes, de Momoko Seto, « odyssée » d’animation « dans un monde microscopique et imaginaire qui évoque les enjeux des migrations environnementales ».