Tag: CGT

  • Les cheminots de la Blancarde décrochent des garanties

    Les cheminots de la Blancarde décrochent des garanties

    Alors qu’un préavis de grève avait été déposé pour le vendredi 5 juin par les cheminots du dépôt de la Blancarde (lire notre édition du 4/06), une rencontre a eu lieu, ce jeudi, entre la CGT Cheminots de Marseille et la direction régionale de la SNCF. Ces derniers exigeaient notamment la fin des externalisations et s’opposaient à la suppression de cinq postes dans la région.

    À l’issue de cette rencontre, la CGT se déclare satisfaite. « Ça s’est très bien passé », affirme Renaud Darbas, représentant du syndicat : « On a eu plusieurs garanties de la part de la direction, notamment concernant les suppressions de postes prévues, qui n’auront finalement pas lieu. Un calendrier de discussion a d’ailleurs été établi pour discuter des conditions de travail et de l’arrivée de la nouvelle filiale. »

    Renaud Darbas précise que le dialogue et les mesures prises par la direction suffisent aujourd’hui à temporiser la situation : « La direction a entendu les revendications locales des cheminots », un point essentiel selon lui. Contactée par La Marseillaise, la direction indique ne pas souhaiter faire de commentaire.

    Grève nationale le 10 juin

    La CGT Cheminots s’est également réunie, jeudi, en assemblée générale, pour discuter de la marche à suivre en vue de la levée de ce préavis. « Aujourd’hui, on suspend le préavis local, mais on rentre complètement dans la mobilisation du 10 juin », assure Renaud Darbas. Les cheminots de la Blancarde se joignent donc au mouvement de grève national de mercredi, lancé sur l’ensemble du territoire par Sud Rail, la CGT, l’Unsa et la CFDT.

    Maéna Guérin

  • Les futures orientations de la CGT plébiscitées par son congrès

    Les futures orientations de la CGT plébiscitées par son congrès

    De notre envoyé spécial, Amaury Baqué

    L’avant-dernière journée du 54e congrès de la CGT, à Tours, a débuté sur les chapeaux de roues pour la suite des débats autour du document d’orientation, qui définit la stratégie de l’organisation pour les trois prochaines années. « Les débats vont être apaisés, sereins, vifs, animés tels que la CGT sait le faire », plante Laurent Brun, administrateur de l’organisation, à l’ouverture des débats.

    Après des discussions vigoureuses autour du 100% Sécurité sociale et de la sécurité sociale professionnelle, la veille, qui avaient provoqué un report du vote du thème 2 du document orientation , le cheminot vient tranquilliser la salle : « Pour apaiser les esprits d’entrée de jeu : l’amendement est intégré. » Une référence à un amendement porté, la veille, par une travailleuse de la fédération des organismes sociaux qui réaffirmait la place centrale du 100% Sécurité sociale au cœur de la démarche revendicative. De quoi satisfaire une partie des congressistes et ainsi passer sereinement au vote du thème 2. Lequel a été largement adopté avec 78,98% des suffrages exprimés, 21,02% de contre et 3,73% d’abstentions.

    Mais c’est l’examen du 3e thème du document d’orientation, autour des « stratégies des luttes », qui a concentré les débats de la journée. « La stratégie des luttes, c’est en réalité une question simple : comment faire pour gagner ? », introduit Kamel Brahmi, de l’Union départementale de Seine-Saint-Denis. Au sein du thème : les questions de rapport au politique, le combat contre l’extrême droite, mais aussi, et surtout, la question de l’unité syndicale. Avec en son sein l’objectif d’un rapprochement avec la FSU et la fameuse « maison commune », véritable serpent de mer de l’organisation depuis le précédent congrès.

    La maison commune agite le congrès

    Un point qui partage les congressistes. Louise Paternoster, secrétaire générale de la CGT Educ’Action 93, loue « la construction d’une maison commune, qui n’est pas la négation des différences, mais un dépassement dans un but commun. […] Avec la FSU, on partage la même vision, la même pratique de la camaraderie », développe-t-elle. Avis tout autre pour Véronique Dolot, de la CGT Aix-Marseille Métropole : « Dans mon syndicat, la FSU, on n’en veut pas. Sur cette question, on est pris en otage par des fédérations qui ne sont pas concernées par la maison commune. » Vincent Bohan, de la fédération des services publics de la Vienne, va dans le même sens : « Pourquoi la FSU, mais pas d’autres organisations ? Ça sera une maison vide de sens sur le terrain. C’est la CGT qui tire le wagon de l’intersyndicale. » De quoi faire écho à d’autres interventions questionnant plus globalement les stratégies intersyndicales de la confédération. « Nous ne sommes pas la CFDGT ! », tonne le Marseillais Yannick Van Biervliet. Quand la bordelaise Marie-Laure Charchar revient sur la stratégie d’intersyndicale lors de la réforme des retraites : « La stratégie choisie était celle de journées saute- mouton pour ne pas braquer la CFDT. »

    Un résultat sans appel

    Kamel Brahim temporise sur la fameuse « maison commune » : « Ce n’est pas une super structure, il n’y a rien dans les statuts. Il y a des liens historiques, des combats communs avec la FSU, elle sera sous le contrôle du CCN. »

    Si les débats ont été vifs, le résultat du vote du thème 3 est sans appel : 74,47% de voix favorables et 25,53% de voix contre, 3,69% d’abstentions. Le vote du document d’orientation dans sa globalité est dans la même veine : 74,74% pour de votes favorables et 25,26% de contre, 4,34% d’abstentions. En clair, les congressistes ont largement plébiscité les orientations établies par la direction sortante et affinée par les débats et autres amendements discutés en séance. « On peut être satisfaits du déroulé du congrès, notamment sur la stratégie des luttes qui a été voté à 75%, c’est encourageant », se félicite Sandrine Mourey, secrétaire confédérale sortante.

  • La CGT Cheminots lance une grève à la Blancarde contre les externalisations

    La CGT Cheminots lance une grève à la Blancarde contre les externalisations

    « Tous ensemble nous ne lâcherons rien ! », peut-on lire sur l’affiche qui annonce la grève des cheminots de la Blancarde. Ce vendredi 5 juin, le rendez-vous est donné à 8h par le syndicat CGT Cheminots de Marseille. Les revendications des travailleurs tournent autour de plusieurs points : la reconnaissance des instances représentatives du personnel et l’arrêt des externalisations. Des remaniements prévus qui devraient entraîner la suppression de cinq postes selon le syndicat. C’est la première fois depuis 11 ans que les travailleurs de la Blancarde se mobilisent. Ce rassemblement fait suite à un manque de considération, estiment-ils. « La direction a toujours su faire un pas vers nous, mais aujourd’hui ça bloque. Plusieurs discussions n’ont mené à rien », déplore Renaud Darbas, représentant du syndicat CGT des cheminots.

    Un mouvement de grève national est prévu mercredi 10 juin sur l’ensemble du territoire français, lancé par SUD Rail, la CGT, l’Unsa et la CFDT. Les cheminots de la région Paca ont prévu de se mobiliser à cette occasion. « On est complètement investis dans la grève du 10 juin », précise Renaud Darbas, « mais aujourd’hui on estime que nos revendications sont locales, d’où notre mobilisation le 5 juin ».

    Une grève nationale

    Une rencontre entre une délégation des cheminots et la Direction régionale de la SNCF, est néanmoins prévue ce jeudi 4 juin. De son côté, la SNCF considère qu’il s’agit d’un « dialogue social en interne » et ne souhaite pas le commenter. Pour autant, le mouvement « la circulation des trains ne sera pas perturbée vendredi », selon la direction.

    Maéna Guérin

  • La région face aux conséquences de l’IA

    La région face aux conséquences de l’IA

    « Grâce à nos centrales nucléaires, nous avons la capacité d’ouvrir des data centers et d’être au cœur du défi de l’IA », célébrait déjà Emmanuel Macron, le 10 mars. Car cette nouvelle révolution industrielle nécessite toujours plus d’infrastructures, avec des besoins en énergie qui doivent être multipliés par 3,7 en dix ans, selon l’Ademe. Porte d’entrée des câbles sous-marins en Méditerranée, la région est en première ligne. Dans le même temps, alors que 5 millions d’emplois pourraient être menacés en France, selon une étude publiée début avril, de premières mobilisations alertent sur ses conséquences en Provence, comme chez Orange, il y a deux semaines. « L’IA va être utilisée pour accompagner les suppressions d’emploi », alerte le secrétaire général de la CGT Télécoms dans les Bouches-du-Rhône, Olivier Néri.

    Digital Realty poursuit son implantation

    Tandis que s’achève la construction du cinquième centre de données de Digital Realty sur les emprises du Grand port maritime de Marseille, le long de l’A55, le géant mondial des data centers poursuit son implantation dans le département. Le dernier et plus grand de ses projets, le MRS6, a passé plusieurs caps cruciaux, en début de l’année. Le 22 janvier, la commune de Bouc-Bel-Air lui a accordé son permis de construire, tandis que le 12 février, la préfecture a signé son autorisation environnementale. « On change véritablement d’échelle », se réjouissait le président de Digital Realty France, Fabrice Coquio, auprès du site d’information Gomet. Solidement implanté à Marseille, il réalise là son plus gros projet dans le département, avec un investissement chiffré à 700 millions d’euros. Soit le double du chiffre d’affaires réalisé en France en 2025. Sur le foncier de l’ancien entrepôt logistique de Decathlon, le centre de données s’étalera sur 26 000 m². La pétition des opposants recueille près de 2 000 signatures.

    Y.S.

  • [Entretien] Matthieu Trubert, Ugict-CGT : « Le gain en productivité n’est pas vraiment mesuré »

    [Entretien] Matthieu Trubert, Ugict-CGT : « Le gain en productivité n’est pas vraiment mesuré »

    La Marseillaise : L’arrivée de la mécanisation a transformé les métiers ouvriers. L’apparition de l’intelligence artificielle (IA) générative va-t-elle transformer celui des cadres ?

    Matthieu Trubert : Alors effectivement, dans le cas de l’IA générative, si le paradigme est de réduire la masse salariale, de remplacer l’humain par la machine, tous les métiers de type journaliste, traducteur, doubleur, développeur sont un peu en première ligne. C’est typiquement le genre de métier où il est assez facile, et je parle en termes d’organisation, pas en termes de qualité de travail rendu, que la technologie fasse écran à l’homme et le remplace. En fait, in fine, c’est toujours une question de choix de l’organisation du travail. Là, il s’agit du scénario du pire, où l’humain n’a plus vraiment de contrôle sur ce qui est produit.

    D’autant que, d’un point de vue uniquement productiviste, nous n’avons pas beaucoup de recul sur l’efficacité de l’IA…

    M.T. : On vante souvent les gains en productivité qu’apporterait l’introduction d’une IA générative. Mais ça n’est jamais vraiment mesuré. Tout ça est avancé au doigt mouillé. On va introduire la technologie en décrétant que ça fonctionnera forcément très bien. Il y a assez peu de temps et de moyens donnés à l’expérimentation pour conclure qu’effectivement, ça va bien répondre aux besoins. C’est pour ça qu’on assiste parfois à des retours en arrière. [En Suède, l’entreprise Klarna, après avoir dit adieu à de nombreux employés au profit de l’IA, a été forcée à un retour en arrière, ses clients manifestant un mécontentement croissant, Ndlr].

    On peut aussi se poser la question de la dette technologique. Typiquement, sur les métiers du développement, on va avoir une IA qui va générer énormément de code sur lequel les développeurs seniors pourront porter un regard critique, selon la volumétrie qui est produite, évidemment. Mais quand ces personnes quitteront l’entreprise, qui sera en capacité de porter ce regard ? Et le jour où ça commencera à ne plus fonctionner, qui va être en capacité de régler le problème ? Plus personne n’a la maîtrise du système. C’est ce qu’on appelle la dette technologique.

    Si toutefois il y avait gain, n’y a-t-il pas une meilleure façon de l’exploiter que la réduction de la masse salariale ?

    M.T. : Le danger avec l’IA, et c’est le cas avec toutes les transformations numériques, c’est qu’on favorise l’accélération du travail à son amélioration. Le meilleur scénario suppose que l’IA nous décharge effectivement d’une partie de nos tâches, sans que nous soyons juste poussés à davantage produire. Dans ce cas, plein d’options, autres que la réduction de la masse salariale, sont possibles : investir dans la formation, investir dans la réduction du temps de travail…

    L’IA n’est-elle pas, de toute façon, confrontée à un certain plafond de verre énergétique ?

    M.T. : Clairement, il va y avoir un problème. Aux États-Unis, ils prévoient de créer un data center qui fait 1,5 fois la taille de Paris et qui va consommer 4 fois la consommation électrique annuelle de la capitale. Donc, on va se heurter à de gros problèmes aussi bien en termes d’exploitation des matériaux stratégiques qu’en termes d’artificialisation des sols, de stress hydrique ou électrique. Mais il est possible d’utiliser une IA plus sobre, qui tourne de manière localisée sur notre ordinateur ou notre téléphone. Elle n’a pas besoin de faire tourner des data centers. Ça pourrait être une manière plus raisonnable d’utiliser l’IA.

  • À Aix, les syndicats repartent sans réponses

    À Aix, les syndicats repartent sans réponses

    Toutes organisations syndicales confondues (Snes, FO, Sud Éducation et la CGT), ils étaient une quinzaine à défendre de meilleures conditions de travail pour ces personnels chargés de l’encadrement des élèves, et à faire avancer, entre autres, la question des grilles de salaires, inexistantes pour ces agents, qui leur permettraient pourtant une progression.

    « Certains ont 9 ans d’ancienneté et n’ont jamais eu d’avancement. Ils sont au Smic depuis neuf ans », rapporte Alexis Tranier, pour SUD Éducation 13. Les syndicats pointent aussi la question des « contrats à deux niveaux. On demande une forme de contrat qui permette la sécurité sur leur parcours. » Reçus par le rectorat, les syndicats indiquent repartir sans avancées.

  • 54e congrès de la CGT : le rapport d’activité largement adopté et un bilan plébiscité

    54e congrès de la CGT : le rapport d’activité largement adopté et un bilan plébiscité

    Débats riches et de fond pour le vote du rapport d’activité, qui fait office de jauge du bilan de la direction sortante.

    Pour l’introduction aux débats, Nathalie Bazire, secrétaire confédérale, a vanté « trois années marquées par une forte amélioration de l’image de la CGT », de même que la réussite « de ne pas clôturer à la baisse de nos adhésions : le cap des 600 000 syndiqués a été franchi ». « L’analyse de la mobilisation contre la réforme des retraites nous a permis d’identifier les points d’appuis à préserver : l’unité et la proximité, mais aussi ce qui nous a manqué pour étendre la grève », a-t-elle développé. Avant de résumer : « Le cap était clair pour ce mandat, faire de la vie syndicale une priorité. »

    Un bilan largement salué par les interventions des délégués. Gaétan Lecocq, d’ArcelorMittal Dunkerque, comme Nicolas Bruel, de Fibre Excellence Saint-Gaudens, ont appuyé les orientations prises par la confédération dans le soutien aux industries. « La coordination entre la confédération, la fédération, les UD et les UL est déterminante. Nous croyons à l’avenir de nos sites », a résumé Nicolas Bruel. Même principe pour Jean-Michel Roccasalva, de la Centrale de Gardanne, louant le « retour de la confédération » dans la lutte à leurs côtés durant le mandat et rappelant que le développement d’un projet industriel par les salariés est « une victoire fruit de la convergence de lutte » et donc du processus enclenché à tous les niveaux de la CGT.

    Analyse tout autre pour Frédéric Alpozzo, pour la CGT des Marins de Marseille, qui a dénoncé « un problème de coordination des luttes entre fédérations pendant la réforme des retraites ! ». Avant d’appeler à « changer le fonctionnement de nos instances pour être au plus près des travailleurs en lutte ». Comme lui, seulement 18,64% des délégués ont voté contre ce bilan d’activité. Bien loin des 81,36% de voix favorables, qui représentent 414 347 voix sur les 543 855 délégués ayant participé au vote. Car les congressistes votaient « par mandat » pour ce scrutin, c’est-à-dire qu’un délégué vote pour plusieurs structures. Une majorité écrasante valide donc le bilan de Sophie Binet et de la direction sortante, à l’inverse du précédent et houleux congrès de Clermont-Ferrand, où le rapport d’activité avait été rejeté par les congressistes et avait donc fait office de désaveu pour la direction alors, sous la houlette de Philippe Martinez. « C’est la reconnaissance du travail effectué, cela fait très longtemps qu’on n’avait pas atteint des scores similaires. On revient à une culture du débat classique, on avait un mandat de rassemblement », se félicite Thomas Vacheron, secrétaire confédéral.

  • Etex va utiliser des eaux usées pour fabriquer du placo

    Etex va utiliser des eaux usées pour fabriquer du placo

    Le géant de la construction légère Etex va, d’ici un an et demi, réutiliser les eaux usées traitées pour fabriquer ses plaques de plâtre à Carpentras.

    La direction du site l’a annoncé ce lundi 1er juin, sur site. Le projet permettrait de ne pas puiser 2 millions de mètres cubes d’eau potable dans la nappe du Miocène et de devenir « à 95% autonome en eau », assure Frédéric Guetin, directeur général d’Etex Building Performance France, soit l’équivalent de 60 piscines olympiques d’eau potable.

    Des travaux vont donc être lancés, dans les prochains mois, en collaboration avec les services de la mairie pour raccorder le site de production et la station d’épuration. Un réseau enterré sur 3 km va donc être installé entre les deux sites. Le préfet était notamment présent pour confirmer l’intérêt de ce projet. « Le monde industriel peut aussi participer à la gestion de l’eau. Le monde agricole argue souvent qu’il est le seul à faire des efforts. Ce n’est pas vrai et voici un cas très concret », se permet le représentant de l’État. Le coût du projet est évalué aux alentours de 3 millions d’euros, financés par l’entreprise, avec une partie prise en charge par des organismes étatiques.

    Entreprise à mission

    Un projet que l’entreprise a déjà mis en place dans un autre de ses sites, celui de Saint-Loubès, en périphérie de Bordeaux. Et « fort de cette expérience inédite et réussie », la décision a été prise de décliner le même procédé dans le Comtat Venaissin.

    C’est aussi pour le directeur la preuve que « l’on solidifie notre implantation sur le territoire », assure-t-il. Il y a aujourd’hui 120 salariés sur l’usine vauclusienne. Celle-ci peut produire au maximum pas moins de 28 millions de mètres carrés de plaques de plâtre par an.

    « Ce projet est une très bonne nouvelle », ajoute également Sylvain Espenon, secrétaire à l’UD de la CGT et employé à Etex sur Carpentras. « On ne peut que saluer ce genre d’initiatives. Pour l’environnement comme pour l’industrie et sa pérennité. C’est déjà arrivé que la Dreal nous appelle pour dire d’arrêter de puiser dans la nappe quand elle était basse. Et on avait dû stopper la production », explique-t-il. Tout en pointant comme « seul bémol » le financement en partie public des travaux.

    Plus globalement, cette action s’inscrit dans la reconnaissance de la structure comme « entreprise à mission ». Un statut qui permet de dégager une image plus positive de l’entreprise, tout en l’obligeant à avoir « des objectifs sociaux et environnementaux, au même niveau que sa performance économique », précise Etex dans un communiqué de presse. « Ce statut renforce notre raison d’être et reflète notre volonté de participer activement et de manière pérenne à un modèle de construction responsable et durable. C’est un engagement supplémentaire, sur le long terme », assure Frédéric Guetin.

  • La CGT organise « l’internationale ouvrière » contre l’extrême droite

    La CGT organise « l’internationale ouvrière » contre l’extrême droite

    De notre envoyé spécial Amaury Baqué

    À la tribune du 54e congrès de la CGT, pour cette deuxième journée de débats, on retrouve plus d’une douzaine de syndicalistes venus du monde entier : Amérique du Sud et du Nord, Asie, Afrique ou encore Europe. L’objectif est clair : « Nous construisons l’internationale du monde du travail face à l’internationale de la haine », comme le plaide Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT.

    Et que les syndicats s’enrichissent mutuellement de leurs expériences face au fascisme. Quand Maurizio Landini, pour le syndicat italien CGIL, juge que « toutes les dimensions de la mondialisation ont dégradé nos conditions de vies », son homologue espagnole, Christina Faciaben, pour la CCOO, abonde : « L’inégalité économique a été le terroir de l’extrême droite en Espagne. » Si le premier constate que « la concurrence entre les travailleurs se traduit par des divisions », la seconde note que l’extrême droite s’en nourrit et « polarise la société » pour mieux « défendre les élites ».

    De quoi faire écho à l’analyse de l’Amérique sous Trump par Nick Allen, pour l’organisation syndicale états-unienne SEUI : « Les digues sautent tous les jours : les milliardaires américains sont aux astres, l’état de droit perdure à peine. » Mais il n’est pas désabusé pour autant : « Un syndicat fort est la seule chose qui compte lorsque tout s’écroule. L’offensive, c’est garder le cap de la construction d’un syndicat capable d’imposer de la démocratie sociale. » Le cheminement est le même pour le militant brésilien Antonio Lisboa, de la CUT : « L’extrême droite est en recrudescence depuis 2008, cette crise structurelle du capitalisme. C’est la raison pour laquelle on a une alliance entre le monde financier et l’autoritarisme. Pour contrer le fascisme, il faut donc s’attaquer aux maux du capitalisme. »

    Une alliance mondiale

    Une chose est sûre, c’est que tous s’accordent pour un travail commun contre cette montée. « L’extrême droite est un défi mondial, il est essentiel de mettre l’accent sur les alliances des syndicats à l’international », réclame Christina Faciaben. Son homologue italien est d’ailleurs venu avec une série de propositions : « Le monde du travail doit réinventer une nouvelle vision à l’international. Le capitalisme a des approches radicales, nous devons l’être aussi. » Encore une fois, Nick Allen fait la synthèse : « L’antidote à ce poison est un programme de justice économique et sociale international. Ce congrès est un pas de plus dans la construction d’une internationale ouvrière. » Il s’appuie sans doute sur le constat réalisé par Magdalena Chojnowska, pour le syndicat polonais Opzz : « Un travailleur à Varsovie a plus de points communs avec un travailleur à Marseille qu’avec ceux qui cherchent à nous diviser. Il faut une coopération internationale plus forte. »

    Ce sont les représentants de deux pays du Sud qui résument l’envie partagée de ce meeting. « Les droites s’unissent par intérêt, ne nous divisons plus », tonne Roberto Baradel pour le syndicat argentin CTA-A, quand son camarade indien Gautham Modi, du NTUI, appelle à « construire une coalition syndicale à travers le monde ».

    La Palestine mise à l’honneur

    C’est toute la CGT qui a fait corps avec le peuple palestinien, ce mardi, à l’occasion de prises de paroles de Youssef Habache, du syndicat des journalistes palestiniens, et d’Hala Abou Hassira, ambassadrice de la Palestine en France. « Notre relation est historique, ancienne, ancrée dans la lutte du peuple palestinien pour ses droits. Nous avons des valeurs communes », a loué cette dernière.

    La délégation a été reçue avec la manière : applaudissements à tout rompre par l’ensemble des délégués debout.

  • La CGT alerte sur la situation de l’hôpital de Digne

    La CGT alerte sur la situation de l’hôpital de Digne

    Fermeture du service de pneumologie deux ans après celui de cardiologie, fermeture de 30 lits de psychiatrie sur 80, départ annoncé de la cheffe du pôle pédopsychiatrie cet été… Dans un communiqué, la CGT alerte sur la situation de l’hôpital de Digne et regrette ne pas avoir eu de réponse de la mairie, de la communauté de communes, de l’ARS, du sénateur ou encore de la préfecture après une lettre que le syndicat leur a adressée le 20 mai.

    « Nous faisons le triste constat de l’absence totale de réponse à ce courrier ! Aucun élu, aucun représentant de l’État n’a jugé bon de nous rencontrer, ni même de nous répondre. Nous en déduisons que la santé des citoyens ne fait pas partie de leurs préoccupations, notamment en dehors des périodes électorales », déplore la CGT lundi.

    Dans sa lettre envoyée le 20 mai, le syndicat déplorait « un déficit record et un exode médical massif » : « la pérennité de certains services est largement menacée, avec son corollaire de suppression d’emplois et de réduction de l’offre de soins », avançait la CGT. Elle citait notamment la pédopsychiatrie : « Les perspectives sont effrayantes. À partir de septembre, il n’y aura plus qu’une seule praticienne hospitalière pour l’ensemble du département sur les six normalement financés. » Concernant la psychiatrie adulte, « sur les 16 postes financés, il y a onze praticiens. La plupart sont à temps partiel, trois sont très proches de la retraite et deux vont quitter l’hôpital cet été, sans aucune perspective de remplacement ». La CGT appelle à « une prise de conscience générale » et exige « un plan massif de recrutements ».

    Contactée, la mairie de Digne a indiqué attendre la prochaine réunion du conseil de surveillance de l’hôpital, retardée, et l’élection du maire à sa présidence.