Tag: CGT

  • Les facteurs des Docks haussent le ton contre une réorganisation

    Les facteurs des Docks haussent le ton contre une réorganisation

    La réorganisation des tournées pour les facteurs des Docks ne passe pas comme une lettre à La Poste.

    Devant le centre financier de l’entreprise postale, les postiers marseillais, à nouveau en grève ce vendredi, ont remis le couvert avec un rassemblement, qui fait suite à plusieurs mobilisations cette semaine. Avec en cause toujours la question d’une réorganisation des tournées sur le site. « Passer de 48 tournées à 24, c’est non ! Il faut prendre en compte la réalité du terrain. Il y a d’autres choix possibles : un titulaire pour une tournée », tonne Karim Bouzana, élu CGT. Son homologue pour SUD PTT, Yann Quay-Bizet, va dans le même sens : « On ne veut pas être tributaire d’une stratégie qui nous mène à la mort de notre métier. Nous ne sommes pas des rats de laboratoires. au-delà de nous, il y a des gens qui attendent le dernier lien social qu’on assure. » C’est à l’occasion d’un comité social et économique (CSE) où devait être abordée la réorganisation, que la mobilisation avait lieu. Et avec le soutien de plusieurs partis politique comme le NPA, par la voix de Jean-Marie Battini, ou LFI, le député Manuel Bompard ayant apporté son soutien aux facteurs et sa suppléante, Kalila Sevin, ayant fait le déplacement.

    Finalement, les élus du CSE « ont voté une délibération demandant la suspension du projet et l’ouverture de négociations ». Contactée, La Poste assure que « la nouvelle organisation prévoit le maintien de 43 tournées de facteurs titulaires » et « la mobilisation de renforts lorsque la charge d’activité le nécessite ».

  • Santé et action sociale mobilisées contre l’austérité à Montpellier

    Santé et action sociale mobilisées contre l’austérité à Montpellier

    « Nous pensons que c’est important de peser sur la rentrée », explique Nathalie Argenson. Alors que se profile la discussion du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), cette représentante de la CGT du CHU de Nîmes dénonce les économies annoncées (l’Assurance maladie propose de réaliser 3,9 milliards d’économies pour l’année 2027) sur « un budget qui a déjà été contraint les précédentes années. (…) Alors que nos hôpitaux, nos Ehpad, le secteur du handicap, le social et le médico-social sont déjà à bout, on nous demande encore de faire des économies », dénonce-t-elle.

    « Le gouvernement veut faire payer davantage les patients, augmenter les franchises médicales et les participations forfaitaires, remettre en cause les droits liés aux affections de longue durée, limiter les arrêts maladie, réduire les droits des personnes en situation de handicap et supprimer des postes dans la fonction publique. Toujours la même logique : faire payer ceux qui ont le moins et demander toujours plus d’efforts aux salariés et aux patients », s’indigne la cégétiste sous les applaudissements. « Nous refusons cette logique et nous refusons l’idée selon laquelle il n’y aurait pas d’argent. L’année dernière, quand Madame Vautrin a changé de ministère, bizarrement elle a trouvé 7 milliards pour aller faire la guerre », ironise-t-elle.

    Au CHU de Montpellier, Philippe Engelmann, infirmier aux urgences psychiatriques et militant CGT, témoigne d’un « été caniculaire et catastrophique, avec des conditions de travail affreuses pour les collègues et des conditions de prise en charge terribles pour les patients. On a mis des couvertures de survie dans certaines chambres pour essayer de gratter un ou deux degrés », rapporte-t-il. L’installation électrique ne permettant pas d’utiliser suffisamment de climatiseurs mobiles, « pour un service de 20 lits, on devait choisir les 8 chambres où on pouvait en installer, donc trier les patients ». Comme Nathalie Argenson, il dénonce l’obsession du gouvernement de faire toujours plus d’économies sur la santé, « alors que le travail nous casse de plus en plus : syndromes du canal carpien, hernies discales, cervicalgies, burnouts : on en entend tous les jours. Et que fait le gouvernement ? Il plafonne les arrêts maladie à un mois, il dérembourse certains médicaments, il diminue le taux de remboursement des transports sanitaires… »

    Antoine Feletti, de SUD Santé sociaux, évoque, lui, « 15% de baisse de budget annoncée pour 2026 » dans le secteur social, à Montpellier. Avec des conséquences qui se font déjà sentir : fermeture du service de Gammes destiné aux moins de 25 ans à la rue, fermeture, au 30 septembre, du centre d’hébergement d’urgence à la nuitée de Coallia, menace sur le Planning familial de l’Hérault…

    Pour les syndicats, ce rassemblement constituait une étape avant la mobilisation du 29 septembre dans la fonction publique. « La question est la suivante : quelles sont nos priorités ? Nous faisons le choix de la santé, de la solidarité et des services publics », résume Nathalie Argenson.

  • Le PCF fait sa rentrée sous le signe du Front populaire à Vitrolles

    Le PCF fait sa rentrée sous le signe du Front populaire à Vitrolles

    Cette rentrée a une résonance particulière : le Front populaire et les grandes conquêtes sociales de 1936 célèbrent leurs 90 ans. Ce samedi 19 septembre, la section PCF Vitrolles-Marignane-Saint-Victoret organise donc un débat pour revenir sur cette séquence historique en l’ancrant dans le territoire local. Animée par Jean Doménichino, historien et docteur de l’Université de Provence, Gérard Leidet, historien du mouvement ouvrier provençal et président de Promemo, et Jean-Louis Lombardi, professeur d’histoire et écrivain, la table ronde aura lieu à 10h30 à la ferme de Croze, à Vitrolles.

    Si le Front populaire reste indissociable du puissant mouvement social du printemps 1936, ses dynamiques se sont aussi jouées localement, à Marseille, Aix, Vitrolles, Marignane ou Gardanne.

    Gérard Leidet explique : « En Provence, le Front populaire a obéi aux trois dimensions qui en ont fait un moment particulier : un grand mouvement politique d’union des gauches ; un mouvement social d’ampleur avec des occupations d’usines et des grèves qui ont irrigué tout le tissu industriel marseillais ; et un mouvement d’émancipation culturelle, avec le développement des auberges de jeunesse, d’abord à Allauch puis à la Palette à Aix, la corniche etc… Et la Maison de la culture de Marseille inaugurée par Jean Giono. » L’historien l’affirme : en 1936, « le désir d’unité était présent dans tout le pays, mais s’est concrétisé plus tôt en Provence ». La réunification syndicale entre la CGT et la CGTU s’est officiellement produite les 4 et 5 janvier 1936 à Marseille, devançant de deux mois le congrès national de Toulouse. Le pacte départemental d’unité d’action est signé en juin 1934 par les socialistes et les communistes, soit un mois avant l’accord national. À jamais la première.

  • La Bourse du travail d’Arles « zone à défendre »

    La Bourse du travail d’Arles « zone à défendre »

    « Ici, c’est notre zone à défendre », lance Sophie Binet au début de la conférence de presse donnée à la Bourse du travail d’Arles, jeudi après midi. La formule n’a rien d’étonnant à l’heure où le maire (Horizons), Patrick de Carolis, a refusé « deux médiations que nous lui avons proposées », rappelle la secrétaire générale de la CGT, dans le conflit qui oppose l’Union locale à l’édile arlésien depuis trois ans.

    Sophie Binet rappelle qu’« en général, les maires qui veulent nous expulser sont d’extrême droite, comme à Carcassonne, Bagnols-sur-Cèze, Tarascon ou Liévin ». D’où son appel à Patrick de Carolis : « Soyez républicain et respectez les libertés syndicales fondamentales, car on ne déloge pas une organisation syndicale en raison de désaccords. » Elle pointe une contradiction : « Nous avons signé des courriers ensemble pour Fibre Excellence. Il ne peut pas nier le rôle d’intérêt général de la CGT, grâce à elle, les ouvriers sont en train de reprendre la main et stopper une pollution du Rhône. »

    Quant au moratoire sur les autres procédures d’expulsion en cours en France, la secrétaire générale de la CGT indique que le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, « va contacter directement Patrick de Carolis car il n’est pas acceptable, m’a-t-il dit, qu’un maire expulse les syndicats sans relogement à la hauteur. Il n’a pas visité la Bourse du travail d’Arles, mais il sait que 400 m² contre deux fois 14 m² est un problème majeur », conclut la responsable.

    Convergence des luttes

    L’Union locale d’Aix a apporté 1 500 euros à l’UL d’Arles ce jeudi, soit un mois d’astreinte administrative, en solidarité. Solidarité exprimée aussi aux Unions locales CGT de Tarascon et Bagnols-sur-Cèze, à proximité. Occupée en permanence, la Bourse du travail d’Arles accueillera samedi à 17h une conférence consacrée à son histoire. Le communiste Nicolas Koukas, qui était présent au titre des élus de l’Union pour Arles, animera cette conférence en qualité d’historien.

  • [Entretien] Sophie Binet : « Se mobiliser partout, se syndiquer »

    [Entretien] Sophie Binet : « Se mobiliser partout, se syndiquer »

    Stratégie industrielle, salaires, carburants, manifestation du 29 septembre… La rentrée impose de nombreux sujets.

    La Marseillaise : à Tarascon, vous êtes venue « constater » les dégâts environnementaux et sociaux et soutenir les salariés dans leur combat mais vous insistez aussi sur la « catastrophe industrielle » ?

    Sophie Binet : Cette usine produit 40% de la pâte à papier française. L’arrêter, c’est se mettre en situation de dépendance et augmenter encore nos importations. Il n’y a pas une personne qui habite dans notre pays qui n’utilise pas du papier au moins 50 fois par jour. Papier, carton, emballage, mouchoir, protection périodique, protection pour les personnes âgées, etc. On a besoin de pâte à papier en France et on sait qu’à l’avenir, on en aura besoin encore plus parce que l’objectif, c’est de mettre fin aux emballages plastiques et de les remplacer par des emballages recyclables comme le papier. C’est quand même grave qu’à chaque fois, on se retrouve avec un gouvernement et un patronat amnésiques. On ne laissera pas faire une catastrophe industrielle comme celle-là.

    Amnésiques ?

    S.B. : Le Covid, c’était il y a 5 ans. La France s’est réveillée avec la gueule de bois en se rendant compte que notre pays, ancienne grande nation industrielle, était incapable de fabriquer des masques. En fermant cette usine, est-ce qu’on veut se réveiller demain en se rendant compte que la France n’est même plus capable d’être autonome en matière de papier ? Le papier, c’est une ressource indispensable pour notre quotidien. Là, ce qu’on est en train d’organiser en France et en Europe, c’est une dépendance totale à l’Asie. Depuis 30 ans, la moitié des usines européennes de papier ont fermé. Ici, cette usine est en parfait état de marche. C’est un actif stratégique, précieux, indispensable pour notre souveraineté industrielle. Il faut agir.

    Que demandez-vous à l’état ?

    S.B. : Nous avons une demande simple à l’état et à la Région : mettre immédiatement le site sous protection. Pour permettre aux anciens salariés de stopper la pollution qui est en cours et de mettre en place toutes les procédures de sécurité pour qu’il n’y ait pas de danger environnemental et pour nous donner le temps de construire un projet industriel pour cette usine.

    Cela veut dire racheter les actifs immédiatement. ça tombe bien, ils vont être vendus par le liquidateur, un véritable charognard. Nous dénonçons depuis le début le fait que la fermeture du site coûte plus cher à l’état que s’il avait mis les moyens pour garantir la continuité du site. Pourquoi ? Parce que le liquidateur l’a déjà dit : sa stratégie est de ne rien faire pour forcer les services de l’état, l’Ademe, la Dreal, etc., à venir faire la mise en sécurité, parce qu’évidemment, ça ne va pas pouvoir rester longtemps comme ça. Le tout aux frais du contribuable.

    C’est toujours la même chose : on a des patrons rapaces qui polluent et qui partent comme ils sont venus, sans dépolluer les sites. Et derrière, c’est vous et nous, les contribuables, qui sommes appelés à la rescousse, parce que l’État n’a aucune stratégie industrielle. Ce qui était demandé par Matthieu Pigasse, pour solvabiliser le projet de reprise des deux usines de Tarascon et de Saint-Gaudens, c’était un effort de 10 à 15 millions d’euros par an. Là, avec toute la dépollution qu’il y a à faire, ce sont des centaines de millions d’euros qui sont en jeu. C’est donc un énorme gâchis d’argent public. Et je ne parle pas de l’impact social et du coût des licenciements pour l’assurance-chômage et pour la collectivité des suppressions d’emplois…

    Vous demandez aussi une réforme des tribunaux de commerce ?

    S.B. : Ce qui se passe à Tarascon démontre à quel point les tribunaux de commerce ne peuvent plus être laissés en l’état. On a affaire à un liquidateur qui se croit tout permis, qui se comporte comme un cow-boy, qui vient narguer les salariés en Porsche, à qui il explique qu’il va se permettre de ne plus leur payer leur salaire. Ce n’est plus possible de laisser les tribunaux de commerce, les liquidateurs judiciaires, faire la pluie et le beau temps et se comporter comme des vautours et des rapaces, en dépeçant notre outil industriel et en traitant les salariés de la sorte. Nous demandons une réforme des tribunaux de commerce pour que les salariés et les collectivités territoriales soient autour de la table, pour qu’on arrête d’envoyer nos usines à la casse et au ferrailleur, comme c’est le cas actuellement.

    Les prix des carburants sont au centre du mouvement des pêcheurs, mais aussi des préoccupations de nombreux salariés. Que faut-il faire ?

    S.B. : Les pêcheurs n’en peuvent plus de ces prix qui explosent et de ces salaires qui baissent. Il n’y a effectivement pas qu’eux qui ont des difficultés. C’est la rentrée du déclassement pour les travailleurs et les travailleuses, des millions de personnes pour qui la fin du mois, c’est aujourd’hui, c’est-à-dire à la mi-septembre, qui n’ont déjà plus d’argent sur leur compte en banque et qui sont obligés de choisir entre remplir leur frigo et faire leur plein.

    J’ai interpellé, mercredi, le Premier ministre en lui demandant d’organiser une table ronde immédiate. Il faut répondre à l’ensemble des travailleurs, il faut bloquer les prix des carburants immédiatement. C’est simple et ça ne coûte rien à l’État. Il faut bloquer les prix des matières premières et surtout des produits alimentaires pour que chacune et chacun puisse s’alimenter. Et, enfin, il faut augmenter les salaires en commençant par augmenter le Smic et indexer l’ensemble des salaires sur l’inflation.

    Les Gilets jaunes appellent à un rassemblement, samedi, à Marseille. Comment analysez-vous ce « retour » ?

    S.B. : Nous appelons les salariés à se mobiliser partout pour exiger des augmentations de salaire et un blocage des prix. Le 29 septembre prochain, c’est une grande journée de grève et de manifestation pour les salaires et les services publics. Nous appelons les fonctionnaires à être au rendez-vous, mais plus largement, cette question concerne l’ensemble des salariés.

    Il faut que cette journée soit la plus forte possible et tant qu’il n’y a pas de réponse à nos revendications, oui, il faut se mobiliser partout, se syndiquer, créer des syndicats dans toutes les entreprises.

  • À Toulon, un Village de la Paix dressé face à l’économie de guerre

    À Toulon, un Village de la Paix dressé face à l’économie de guerre

    C’est dans le plus grand port militaire d’Europe que s’ouvre, ce vendredi, ce rassemblement entièrement consacré à la paix, à quelques jours seulement de la Journée internationale lui étant consacré (21 septembre). L’événement est organisé notamment par la CGT, la FSU, Solidaires, le CASI Cheminots Paca, le Mouvement de la Paix, le PCF, La France insoumise et l’association Vigilance et Initiatives syndicales antifascistes (Visa).

    L’objectif affiché par les organisateurs est de créer un lieu de rencontre et de discussion en mettant en avant le droit international et le rôle de l’ONU, tout en interrogeant la militarisation en cours de la jeunesse ainsi que l’économie de guerre, mise en œuvre au détriment d’autres services publics essentiels comme l’éducation, la santé et la transition écologique.

    Pour les organisations, le débat dépasse largement la seule question du nombre de conflits armés qui ensanglantent le monde aujourd’hui. Elles entendent donc aussi interroger la place croissante prise par les dépenses militaires dans les choix économiques et politiques. Elles dénoncent ainsi une « militarisation » grandissante et la course aux armements qui ne sont pas sans conséquences. Avec l’inquiétude de voir progressivement s’installer dans la société une forme de banalisation de la guerre et de ses impératifs.

    « On veut parler de la paix alors que tout nous pousse à parler d’autre chose, et notamment de la guerre », déclare le secrétaire général de l’Union départementale de la CGT, Richard Roméo-Giberti. Le responsable syndical insistant sur le fait que « la guerre n’est pas une fatalité, mais se construit par ceux qui ont le pouvoir et l’argent ».

    Une manifestation où il sera aussi question, bien sûr, de progrès social, sans lequel aucune paix durable n’est envisageable, rappelle-t-il.

    La paix est un enjeu

    de classe

    Et de poursuivre : « Dans ce pays qui a toujours été une espèce de phare qui éclaire le monde, même s’il brille un peu moins aujourd’hui, il y a urgence à donner la parole à tous ceux qui s’élèvent contre ce qui nous est présenté comme une fatalité, parce que tout, aujourd’hui, nous conduit à la guerre ».

    Nadine Nazzi, qui prendra la parole pour le PCF, rappelle de son côté que « l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) est une organisation politique et militaire aux objectifs bellicistes, née en 1949 pour combattre l’URSS ». Selon elle, l’organisation aurait donc dû disparaître après la chute de cette dernière en 1991. Mais, affirme-t-elle au contraire, elle « est devenue bien plus dangereuse et toxique qu’elle ne l’était au moment de la fin de la guerre froide ».

    Les budgets militaires imposés aux États membre avec la règle des 2% du PIB agissent également comme une perfusion d’argent public pour le secteur privé, dénonce la communiste. Elle ajoute : « C’est le concept de capitalisme monopoliste d’État, où l’État finance massivement les industries d’armements pour maintenir l’activité économique ».

    Cela, bien entendu, au détriment des populations qui subissent des politiques d’austérité, « des dizaines de milliards d’euros étant détournés vers l’achat d’avions, comme le F-35 américain, ou de systèmes de missiles ». Et de conclure : « Au PCF, notre conception d’une nation ouverte, fraternelle et solidaire est la base de notre conception de la République portant une politique de paix. Il est urgent d’ouvrir, en France, un vrai débat populaire sur ce que doit être une politique de Défense et de sûreté libérée de l’OTAN, assurant la liberté et l’indépendance des peuples dans une Europe et un bassin méditerranéen de la paix et de la sécurité collective, sous l’égide de la charte de l’ONU ».

    LES RENDEZ-VOUS

    Marseille

    Rendez-vous à 18h, ce 21 septembre, place du Général-de-Gaulle, pour une manifestation puis un meeting au Kiosque à musique, square Léon-Blum.

    Martigues

    Après-midi festive et culturelle avec ateliers et exposition, au jardin de Ferrières, le mercredi 23 septembre de 13h30 à 18h, suivi de discours puis d’une clôture musicale.

    Istres

    Rassemblement au portail d’Arles, ce dimanche 20 septembre, à 11h.

    Port-de-Bouc

    Rassemblement le 23 septembre, à la Pyramide de la paix, à partir de 14h, pour une exposition puis un meeting à 18h.

  • Fibre Excellence sous protection des salariés

    Fibre Excellence sous protection des salariés

    « Il y a une ouvrière avec nous, qui élève seule ses deux enfants et n’est plus en mesure de payer son loyer », explique Jean-Michel Bulinge, délégué syndical CGT du site à un des administrateurs judiciaires, au téléphone. Ce dernier vient d’annoncer aux salariés qu’ils ne seront pas en mesure de payer leurs indemnités et qu’il leur faudra attendre le 5 octobre pour pouvoir prétendre à leurs droits au chômage.

    Un peu plus tôt dans la matinée, les salariés ont constaté que des ordinateurs étaient chargés dans les conteneurs, devant l’usine. La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, s’est rendue sur le site. Elle a effectué une visite de l’usine avec une délégation de représentants syndicaux CGT et FO ainsi que des médias. Le constat est sans appel : « Là, le débit actuel est de 1,3 m3 par heure », précise Moukhtar Kadadi, technicien électricité, devant les graphiques sur les écrans. La délégation passe en revue les cuves encore pleines de liqueurs, les 18 000 tonnes de bois qui pourrissent dans le parc. « Avec un risque d’incendie énorme, car s’il pleut, les copeaux fermentent et ça devient très inflammable », souligne Nicolas, dont le grand-père, le père et l’oncle ont tous travaillé à l’usine. « Sans compter les 270 licenciements, c’est une catastrophe pour Tarascon et pour toute la région », déplore-t-il.

    Dans les locaux de la maintenance, les placards ont été éventrés et les ordinateurs ont disparu des bureaux. « C’est un véritable scandale, on est sur un cocktail Molotov et rien n’est fait en termes de sécurité. Ce sont des méthodes de voyous, s’indigne Sophie Binet. Notre colère est immense car cette catastrophe environnementale, économique et sociale était annoncée. Le gouvernement n’a rien anticipé. » Sur le site, Marc Pietrosino, secrétaire de l’UD CGT 13, considère : « Avec la ligne ferroviaire et le Rhône, ce site intéresse les groupes de logistique, mais dans ce cas on passe de 270 à 30 salariés. »

    L’usine occupée

    Alors que les six employés de Realtec s’activent à charger les conteneurs, la délégation revient devant les grilles. Sophie Binet s’adresse aux salariés et à leurs soutiens venus de Saint-Gaudens, de la CGT Énergie de Marseille, d’Istres et d’Avignon, leur assurant que le syndicat ne les lâchera pas : « L’État ne peut pas laisser les liquidateurs envoyer l’usine aux ferrailleurs, il faut racheter les actifs. Il y a un avenir industriel pour Tarascon. » Elle précisait, avant de rejoindre Arles : « Le liquidateur leur annonce qu’ils ne seront pas payés en septembre car il n’en a plus les moyens. Ils sont sans salaires, sans chômage. Comment vont-ils payer la rentrée de leurs enfants ? C’est une honte de les traiter comme des kleenex ! »

    « Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? », interroge un des ouvriers. Réunis sur le parking, les syndicats CGT et FO et les salariés font le point. Jean-Michel Bulinge résumait ainsi la situation : « Ils se font du pognon sur notre dos et ne nous paient pas ! Soit on reprend l’outil, soit on laisse faire. » Vers 16h, une quinzaine sont entrés dans l’usine sans intervention de la police. Ils ont remis en sécurité le site alors que les employés de Realtec avaient déclenché l’alarme incendie. Et ils comptent bien le protéger.

  • Insoutenable

    Insoutenable

    La formule fétiche d’Emmanuel Macron, lors de la campagne de 2017, son « en même temps », tombe en lambeaux à quelques mois de la fin de son deuxième mandat. Il laisse apparaître au grand jour un double discours, dont l’hypocrisie le dispute à l’indécence. Que reste-t-il des grandes déclarations sur la « priorité » donnée à la réindustrialisation de la France lorsque, sous nos yeux, à Tarascon, une des deux seules usines produisant de la pâte à papier et garantissant ainsi une production française, est promise aux fossoyeurs plutôt que d’être remise sur pied.

    Un champ de ruines

    Comme le souligne Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT ce jeudi sur le site, l’effort qui était demandé à l’État de 10 à 15 millions d’euros par an n’a rien en commun avec « le pognon de dingue », pour reprendre une autre formule présidentielle, que celui-ci devra débourser, et avec lui les contribuables pour le solde de tout compte de cette fermeture. Sans même rappeler le choc psychologique qui frappe de plein fouet des centaines de familles. Une même violence qui s’est abattue sur l’ensemble du territoire français, au gré des fermetures, délocalisations, faillites… Alors que 211 milliards d’euros d’aides publiques ont été généreusement déversés dans les caisses des entreprises chaque année. Sans contrepartie, sans contrôle. Il n’y a jamais eu de « en même temps », juste un immense nuage de fumée qui s’est dissipé, laissant apparaître un champ de ruines. Redonner espoir aux travailleurs et redonner vie à notre industrie est un impératif, sans attendre la prochaine échéance présidentielle.

  • [Maj] Sophie Binet et la CGT portent un projet pour Fibre Excellence

    [Maj] Sophie Binet et la CGT portent un projet pour Fibre Excellence

    Sophie Binet était « prête à revenir autant de fois qu’il le faudra » pour défendre la Bourse du travail à Arles, affirmait-elle en mars 2023. Aujourd’hui se joue le deuxième round. La secrétaire générale de la CGT se rend ce jeudi, à Tarascon puis à Arles, en soutien aux travailleurs en lutte de Fibre Excellence, mais aussi aux combats menés contre des maires d’extrême droite et de droite pour préserver les Bourses du travail et l’implantation de la CGT dans ces deux communes du pays d’Arles.

    Pour les 270 salariés licenciés et les nombreux emplois induits menacés, l’enjeu principal de cette visite est la présentation d’un projet alternatif de reprise industrielle du site de Fibre Excellence. Ce projet se fera « avec de faibles moyens pour faciliter l’investissement », annonce François Batista, de l’Union départementale CGT. Pour rappel, l’outil industriel est dimensionné pour « faire vivre des milliers d’emplois dans la filière bois », dans le département, selon le responsable syndical (notre édition du 15/09). À la bataille de l’emploi s’ajoute celle de la mise en sécurité du site. Depuis la liquidation judiciaire de l’entreprise de pâte à papier, prononcée fin juillet dernier, les situations à risque s’enchaînent sous la gestion du liquidateur Realtec.

    Coupures d’électricité, arrêt de la station d’épuration, risques de pollution du Rhône : autant de problèmes dénoncés par la CGT, qui font l’objet d’un bras de fer juridique entre l’État et le liquidateur. Mardi, ce dernier a d’ailleurs réagi aux inquiétudes concernant d’éventuels rejets d’eaux polluées en affirmant qu’« aucune analyse contradictoire (…) n’a été produite pour étayer l’affirmation d’un tel rejet polluant », contredisant ainsi les alertes lancées par la CGT du site.

    Soutien aux Bourses

    du travail

    L’autre grand dossier concerne le maintien de la CGT au sein de la Bourse du travail d’Arles, siège de l’union locale depuis 126 ans. Après trois années de bataille politique et judiciaire, et malgré deux propositions de médiation du tribunal refusées par le maire (Horizons) Patrick de Carolis, l’UL CGT, menacée d’expulsion manu militari, occupe la Bourse du travail depuis début septembre.

    Dans la même veine, le maire d’extrême droite de Tarascon, Alexandre Ducouret (RN), a décidé de chasser FO et la CGT de la maison des syndicats, où les deux organisations étaient installées depuis 2014. Une décision politique, alors que l’édile fustige la CGT qui « fait de la politique », indique La Provence du 23 juillet. La confédération a demandé un moratoire au ministère du Travail sur ces questions.

    « Les Unions locales, les Bourses du travail sont là pour faire en sorte que les travailleurs et travailleuses ne se retrouvent pas seuls, pour organiser la solidarité dans les luttes », affirmait Sophie Binet en mars 2025. La situation de Fibre Excellence n’en est-elle pas la meilleure démonstration ?

    *Depuis Tarascon à 12h30 et en fin d’après midi

  • À Marseille : rassemblement en soutien à la CGT Éduc’Action 13

    À Marseille : rassemblement en soutien à la CGT Éduc’Action 13

    Rassemblement à l’appel de la CGT Éduc’Action 13 mais aussi de la CGT 13, avec le soutien d’autres organisations syndicales enseignantes comme le Snudi-FO ou la FSU-SNUipp. En cause ? La suspension de quatre enseignants d’Aubagne et de La Ciotat, militants CGT, le jour de la prérentrée, qui est qualifiée de « répression syndicale » par le syndicat.