Tag: CGT

  • La mise en sécurité de Fibre Excellence toujours pas assurée

    La mise en sécurité de Fibre Excellence toujours pas assurée

    Les ex-salariés de l’usine à papier liquidée dénoncent « un débit permanent de 2 m3 d’effluents dans le réseau pluvial » depuis que les administrateurs judiciaires sont aux manettes de l’usine à papier. Le premier geste de l’entreprise mandatée avait été de couper l’électricité par économie d’énergie. Même s’il reconnaît qu’on « ne stoppe pas un site Seveso en appuyant sur un interrupteur », Realtec se révèle incapable de remettre en fonctionnement la station d’épuration. La partie n’est pas finie.

    « Ce week-end, on a relevé un pic de conductivité très inquiétant, note Jean-Michel Bulinge, délégué CGT du site. Il est compatible avec une arrivée ponctuelle d’eau chargée et soulève de sérieuses interrogations quant à une éventuelle pollution du Rhône. » Sur site, les salariés licenciés restent disponibles, bien que Realtec ait fait savoir devant le tribunal administratif de Marseille qu’il n’était pas question de les réembaucher pour procéder à la mise en sécurité des installations. Pour rappel, Realtec contestait l’arrêté de réquisition au nom de la très libérale liberté d’entreprendre. « Je fais ce que je veux », avait rétorqué la société au juge des référés, au mépris des principes de la République comme des règles exigées sur un site Seveso et dans une période où la protection de l’environnement crie urgence. Après quatre arrêtés ignorés, le préfet de région a fini par taper au portefeuille.

    Le 4 septembre, Jacques Witkowski a pris un « arrêté de réquisition de SELAS EGIDE, représentée par Maître Alix Brenac, et SELARL BDR&associés, représentée par Maître Marc-Antoine Rey, en tant que liquidateurs de la société Fibre Excellence Provence, les enjoignant notamment de procéder au redémarrage de la pomperie au Rhône qui alimente les poteaux incendie, les sprinklers et les couronnes d’arrosage » et au « redémarrage de la station d’épuration », indique la préfecture. En vain. Le préfet « a signalé cette situation au procureur de la République et a repris un arrêté, le 9 septembre, qui prescrit des mesures d’urgence afin de rétablir un niveau de sécurité incendie du site suffisant et qui demande le redémarrage de la station d’épuration pour protéger le Rhône d’éventuels effluents », précisent les services de l’état. Le préfet a « demandé au juge administratif de prononcer une astreinte de 50 000 euros par jour de retard d’exécution de son arrêté prescrivant les mesures d’urgence pour la mise en sécurité de ce site classé Seveso ».

    Lundi 14 septembre, rien n’a bougé sur l’usine. « Cette situation est d’autant plus dure qu’on a le sentiment d’être entendus mais que personne n’est en mesure de les arrêter dans leur volonté de détruire l’outil industriel au plus vite », lance, stupéfait, l’ex-technicien. « Il existe une solution. On a un projet pour repartir avec de faibles moyens », assure François Batista, secrétaire de l’UD CGT 13.

    Sophie Binet à l’usine

    Avec l’idée de travailler sur la revalorisation de déchets et éventuellement de fabriquer de la pâte à papier à partir de cartons recyclés. « Mais les liquidateurs ont l’air pressés de détruire cet outil, craint le responsable syndical. « Un outil qui, avec le savoir-faire des salariés, permettrait de faire vivre des milliers d’emplois dans la filière bois du département. »

    Une vidéo publiée par la CGT a été partagée par la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, et la militante pour le climat Camille Etienne. Elles exigeaient : « L’État doit immédiatement mettre le site sous protection. » Avec Carole Delga, présidente socialiste de la Région Occitanie, Sophie Binet avait volé au secours de Fibre Excellence à Saint-Gaudens. C’est maintenant sur celui de Tarascon que la secrétaire générale de la Confédération prévoit de se rendre le 17 septembre, convaincue que les deux sites sont à relever pour conserver la filière, l’emploi et la production industrielle.

  • De l’énergie à la santé, la colère fait front

    De l’énergie à la santé, la colère fait front

    Mobilisation sur plusieurs fronts, ce mardi, à Marseille et dans la région, où de nombreux temps forts vont muscler une journée de rentrée sociale qui s’annonce suivie. Dans le département des Bouches-du-Rhône, cette journée entend confirmer une volonté de convergence des luttes autour d’une exigence appuyée de mettre la question des salaires, de l’emploi et des services publics à l’agenda d’une campagne présidentielle qui s’installe tranquillement dans le paysage médiatique.

    En grève intersyndicale (FNME-CGT, CFE Énergies, FCE-CFDT et FO Énergie et Mines), ce mardi 15 septembre, les énergéticiens se mobilisent à l’appel de la CGT devant la préfecture des Bouches-du-Rhône à Marseille, à partir de 10h30. Le mot d’ordre est national et la mobilisation s’annonce suivie, avec des piquets de grève tenus dans plusieurs sites de production d’électricité et de gaz du territoire. à Avignon, la CGT énergies Grand-Avignon a, elle, fixé un rendez-vous devant la préfecture du Vaucluse.

    Dans la cité phocéenne, les agents des industries électriques et gazières seront rejoints, en fin de matinée, par les travailleurs des secteurs de la santé, du social et du médico-socio. Venus des six départements de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, ils prendront part à une grande manifestation régionale. Le rendez-vous est fixé à 11h à la porte d’Aix, d’où le cortège se mettra en branle en direction de la place Félix-Baret où siège la représentation de l’État. à quelques pas de là, à 10h, la CGT Educ’action se mobilisera devant la Direction des services de l’éducation nationale (DSDEN).

    Au même moment, c’est la SNTRS-CGT qui appelle à se mobiliser aux côtés des salariés des établissements de recherche publique, à l’occasion de la rentrée du Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche. Le motif avancé ici est de dénoncer la situation budgétaire, le gel des salaires et la restructuration programmée de l’Institut recherche et développement (IRD) que le gouvernement Lecornu souhaite dissoudre dans le CNRS.

    Partout, le mot d’ordre est le même : dire stop à la casse du service public et aux politiques gouvernementales d’austérité qui impactent, de manière globale et frontale, autant les usagers que les salariés. Un premier round qui s’annonce d’ores et déjà intense avant la journée de grève et de manifestation nationale du 29 septembre, qui verra tous les agents de la fonction publique descendre dans la rue pour leurs salaires, leurs conditions de travail et les moyens alloués aux services publics.

    UN AGENDA SOCIAL CHARGÉ

    20 septembre. Mobilisation contre la loi « permis de tuer »

    Manifestations prévues dans plusieurs villes de la région contre la loi dite du « permis de tuer ».

    21 septembre. Semaine d’action de la CGT Spectacle et marche pour paix

    La CGT Spectacle et plusieurs organisations progressistes du monde de la culture, appellent à « une semaine d’actions à partir du 21 septembre avec comme point fort le 26 septembre ».

    Cela tombe bien, le 21 marque la Journée mondiale pour la paix : plusieurs rassemblements sont organisés par le Mouvement de la paix.

    26 septembre. Marches pour le climat

    Organisation de « marches pour le climat, la paix et les solidarités » dans plus de 50 villes en France.

    28 septembre. Mobilisations pour le droit à l’avortement

    De nombreuses associations féministes appellent à la mobilisation dans le cadre de la Journée mondiale pour le droit à l’avortement.

    29 septembre. Grève et manifestation de la fonction publique

    CGT, FSU, FO et Sud appellent à une journée de grève pour la défense des services publics et contre le budget prévu par le gouvernement.

    ET AUSSI

    Toulon et Fréjus

    Deux assemblées générales de grève sont prévues de 10h à 15h à Toulon (boulevard de la Démocratie) et à Fréjus (site d’Enedis), avec comme mot d’ordre « la défense du statut et du tarif agent ».

    Avignon

    Rassemblement à 10h devant la préfecture d’Avignon, boulevard Limbert, à l’appel de la CGT Énergies Grand Avignon.

    Gap

    L’intersyndicale (CGT, CFE, CFDT et FO) appelle au rassemblement devant le siège d’Enedis, 6, rue du Verger à Gap, dès 10h.

    « verbatim »

  • Les facteurs de la plateforme des docks à Marseille en grève

    Les facteurs de la plateforme des docks à Marseille en grève

    Les postiers qui couvrent les 1er, 2e et 3e arrondissements de la ville dénoncent une réorganisation sur le site et sont quasiment à l’unanimité en grève ce lundi. Après un passage au siège social de La Poste, où les portes étaient closes, ils sont maintenant à la mairie des 2e et 3e arrondissement pour interpeller les élus sur l’impact du service rendu à la population de la réorganisation. « Ça va être une baisse de la qualité de service, il y aura moins de tournées, jamais le même facteur », lance un facteur. Le mouvement est appuyé par SUD et la CGT.

  • Première déferlante de colère sociale pour le 15 septembre

    Première déferlante de colère sociale pour le 15 septembre

    « C’est le premier rendez-vous de la rentrée sociale ! Ça s’annonce bien suivi et ça risque d’être une belle mobilisation ». François Canu, secrétaire de l’Union Départementale CGT des Bouches-du-Rhône est plutôt confiant sur l’ampleur de la mobilisation à venir pour la journée d’action et de grève du mardi 15 septembre.

    Il faut dire qu’un bon paquet de fédérations de la CGT en a fait une date clé de la rentrée sociale : fédération des mines-énergie, fédération de la santé et de l’action sociale, fédération des organismes sociaux, fédération de l’agroalimentaire, fédération des industries chimiques… Si chacune a son lot de revendications spécifiques, toutes convergent vers un refus des politiques libérales mises à l’œuvre sous Emmanuel Macron. « Chaque secteur et chaque entreprise porte ses cahiers revendicatifs propres, mais l’attaque patronale et gouvernementale que l’on subit est globale. Sur les salaires, la vie chère, la répartition des richesses, les conditions de travail sous canicule, les services publics à l’os… Tout cela fait qu’il y a besoin d’une réaction commune », explique François Canu.

    Avant de développer : « Il y a aussi les annonces du Premier ministre Sébastien Lecornu pour le prochain budget, avec les franchises médicales qui vont augmenter, les entreprises vont être encore moins taxées… Cela provoque un bouillonnement ». Notons que le PCF des Bouches-du-Rhône appelle également à la manifestation à cette date et donne rendez-vous à ses militants à la Porte d’Aix à Marseille à 11h, mardi.

    « Tous à Marseille »

    pour la santé

    Car c’est de cette place que s’élancera le cortège. Spécificité, et pas des moindres, pour cette manifestation, des travailleurs du secteur de la santé de toute la région, du Vaucluse aux Hautes-Alpes en passant par le Var et les Alpes-de-Haute-Provence, prévoient de s’y retrouver. Avec le mot d’ordre « Tous à Marseille », relayé par les différentes Unions départementales et CGT de diverses structures hospitalières. Parmi elles, celle de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille (APHM) évidemment, mais aussi du centre hospitalier intercommunal de Manosque Forcalquier. Un bus de militants des Alpes-de-Haute-Provence est d’ailleurs prévu. Dans le viseur : « Un budget à la hauteur des besoins ».

    Les agents des hôpitaux ne seront pas seuls puisque l’UD CGT 13 a décidé de « départementaliser » la date. Comprenez par là que la mobilisation sera interprofessionnelle : « Il y aura les salariés d’Haribo qui ont fait plus de 7 semaines de grève cet été, ceux de Fibre Excellence qui sont actuellement en lutte », donne, à titre d’exemples, François Canu. Il faudra aussi compter sur une mobilisation des étudiants, qui se donnent rendez-vous à 10h devant le parvis de la gare Saint-Charles. Le cortège prendra d’ailleurs la direction de la Préfecture.

    Préfecture où les travailleurs des industries électriques et gazières (IEG) et des organismes sociaux ont prévu de se rassembler. De quoi illustrer la volonté de « convergence » entre les diverses professions mobilisées ce jour.

    Mouvement électrique dans l’énergie

    Ce sont bien les agents de l’énergie qui vont être la figure de proue de cette date. « On a des retours très importants avec des assemblées générales qui comptent 300 à 400 agents dans les centrales à Marseille, c’était l’une des plus grosses jamais vues », explique Renaud Henry, secrétaire général de la CGT Énergie Marseille. Il table sur « des taux de grévistes très forts », le mouvement étant intersyndical, avec des piquets de grève dans plusieurs sites de production d’électricité et de gaz de la région, à l’instar de Géométhane à Manosque. De quoi envoyer un premier message limpide au gouvernement pour la rentrée sociale.

  • Les bibliothécaires exigent plus de moyens à Marseille

    Les bibliothécaires exigent plus de moyens à Marseille

    Ce samedi, pas d’ouverture pour les bibliothèques d’Alcazar (1er), Salim-Hatubou (15e), Merlan (14e), la Grognarde (11e) le Panier (2e) et Cinq Avenues (4e).À l’appel du collectif CGT bibliothèques, de nombreux agents se sont mis en grève pour dénoncer la baisse de budget, réclamer de nouvelles embauches et la rénovation du bâti. « Depuis le mois d’août, on ne peut plus rien acheter [pour les collections des bibliothèques] », se désole Christiane* syndiquée à la CGT. Devant l’Alcazar, ils sont une trentaine à exiger plus de moyens pour le réseau des bibliothèques de Marseille. « Sans nouveaux documents, moins de nouveautés, moins de choix, moins de diversité », précise le tract distribué à tous les badauds. Une baisse de budget que reconnait à demi-mot Gwénaël Richerolle, adjoint au maire (les Ecologistes) en charge des équipements culturels. « Il y a eu des arbitrages au niveau du budget culturel mais nous allons veiller, sur le budget 2027, à financer les acquisitions d’ouvrages et la programmation », affirme l’élu.

    Une crainte des agents qui s’étend aux embauches. Louis*, employé à l’Alcazar s’inquiète du manque de recrutement et du non-remplacement des départs à la retraite. « Car si on veut vraiment étendre les horaires, il va falloir plus de personnel ». L’élu en charge des bibliothèques affirme cependant qu’il y aura des recrutements pour la nouvelle bibliothèque Loubon et que pour celles existantes, «il faudra faire quartier par quartier pour connaitre les besoins spécifiques».

    L’état du bâti des bibliothèques inquiète aussi après un été compliqué : panne d’ascenseur à Cinq Avenue, problème de climatiseurs au Merlan et à Bonneveine ou encore insalubrité à Salim-Hatubou. Sur ce point, Gwénaël Richerolle affirme que des rénovations sont prévues pour le Merlan et qu’une « étude est en cours » sans pour autant donner de date précise. Des réponses municipales déjà entendues par les syndicats lors d’une réunion avec l’élu la semaine dernière, mais qui n’ont pas convaincu. Le collectif CGT bibliothèques appelle à une nouvelle grève, samedi 19 septembre.

  • Chez Auchan, le coup de pinceau n’a pas effacé la colère

    Chez Auchan, le coup de pinceau n’a pas effacé la colère

    On a refait le magasin, il est temps de s’occuper de ceux qui le font tourner. » Le communiqué de FO et de la CGT, qui appelaient à la grève mardi 8 septembre, n’y va pas par quatre chemins.

    Le magasin d’Auchan Pérols (au Sud de Montpellier) a beau avoir été rénové durant l’été, les revendications des salariés restent identiques : « Des effectifs adaptés à la charge de travail, des rythmes supportables, des conditions de travail dignes, une reconnaissance des efforts fournis ainsi qu’une politique disciplinaire juste et proportionnée. »

    Des requêtes portées de longue date par FO et la CGT jusqu’ici restées lettre morte auprès de la direction, avec qui le dialogue semble difficile. « Le climat social est plus que catastrophique. Les salariés et la hiérarchie sont sous une pression énorme. Entre la baisse d’effectifs et la hausse de charge de travail, les salariés sont à bout », alerte Quentin Leclerc.

    Une action en justice ?

    Selon le délégué syndical FO, le dernier PSE a laissé des traces. Clôturé en juin 2025 mais invalidé ensuite (la décision du Conseil d’État est attendue), ce plan social a dégraissé le magasin (330 salariés) de 8 emplois qui s’ajoutent à la centaine perdue en 5 ans, selon FO. Et ce n’est pas la réduction de surface (8 000 m² au lieu de 12 000 avec le projet Cap 8 000) qui rassure. « L’interdiction des engins autoportés sur le nouveau sol du magasin génère des trajets en plus pour la mise en rayon des palettes », illustre à titre d’exemple Quentin Leclerc.

    Il s’insurge aussi contre des procédures disciplinaires (dont une le vise) jugées « infondées » ou des menaces de sanctions, notamment contre les boulangers. Depuis l’arrivée en 2023 de la nouvelle direction puis de la perte par FO du bureau au Comité social d’entreprise (CSE) au profit de la CFE-CGC, le syndicaliste déplore un « manque de transparence ». Nouvelle organisation du travail (semaines hautes et basses), projet Cap 8 000, désamiantage, procédures disciplinaires… Le CSE rechignerait à fournir les documents à FO et à la CGT. Au point que si leur demande d’expertise des risques psychosociaux n’était pas inscrite à l’ordre du jour, Quentin Leclerc envisage « une procédure disciplinaire au tribunal pour entrave ».

    À terme, certains salariés craignent pour l’avenir même du magasin, certains supermarchés d’Auchan ayant laissé la place à des Intermarché. Le maire de Pérols, Jean-Pierre Rico (UDI), l’avait d’ailleurs laissé entendre fin 2024 avant de faire volte-face dans la presse et d’affirmer qu’Auchan restait bien à Pérols.

  • Des chauffeurs de bus en grève à Aix-en-Provence

    Des chauffeurs de bus en grève à Aix-en-Provence

    Des salaires revalorisés et une feuille de route « cohérente ». Depuis six heures ce vendredi, les chauffeurs du réseau de bus à la demande sont en grève, maintenus sur un piquet de grève du parking relais des Alpes.

    Les salariés de la société Tad’Aix (transport à la demande aixois), entité du groupe Ulysse, lui-même sous-traitant du groupe Keolis, une délégation de service public de la Métropole pour le réseau de transport aixois, pointent, entre autres, des conditions de travail « déplorables ». « On dit nous écouter, mais on veut des avancées concrètes, pécuniaires, avec des augmentations de notre taux horaire. On est aux minimas sociaux », estime Karim Bounoua, représentant CGT. Parmi les raisons de la colère également, des consignes estimées « hors-sol ». Celle, notamment, d’aller d’un point à l’autre dans un certain délai. Souvent « impossible », estiment les grévistes. « Je vais faire remonter les revendications, j’ai commencé à apporter des premières réponses, je ferais une réponse collective le plus rapidement possible une fois que nous nous serons concertés en entreprise », précise Arnaud Rambert, représentant de la société Tad’Aix, sur place. La mobilisation s’est pour le moment limitée à ce vendredi, mais le préavis de grève s’étend jusqu’au 16 septembre, préviennent les salariés.

  • Grève le 15 septembre : la CGT énergie se joint à la santé

    Grève le 15 septembre : la CGT énergie se joint à la santé

    La situation dans la santé, à l’hôpital ou en Ehpad, ne fait plus la une de l’actualité. Pourtant, la situation reste critique dans ces structures. Encore plus après l’été que les agents ont enduré, devant faire face à un afflux de patients à cause des canicules à répétition. « Il y a une journée où on a dépassé les 230 passages aux urgences, ce qui n’était jamais arrivé », confirme Romain Sabran, le secrétaire général de la CGT du centre hospitalier Alès-Cévennes.

    Mardi 15 septembre, il accompagnera une délégation d’Alès et des alentours à Montpellier pour manifester devant la préfecture. « On a toujours un absentéisme élevé, notamment dans les maisons de retraite. On est à 15-16% d’absentéisme, ce qui est bien au-dessus de la moyenne nationale. Quelques structures ont fonctionné tout l’été en sous-effectifs. Des lits ont été fermés durant l’été, notamment des lits d’ambulatoire et d’hospitalisation de jour. Des lits en pédopsychiatrie ont aussi été fermés temporairement », décrit Romain Sabran.

    Face à cette situation loin d’être isolée, la CGT appelle à se rassembler devant la préfecture entre 12h et 14h. Une délégation doit d’ailleurs être reçue par la préfète. Les agents souhaitent ainsi continuer d’alerter sur leur situation mais aussi peser dans le débat à venir sur le financement du budget de la sécurité sociale. « On a besoin d’un renfort de personnel. On demande aussi des hausses de salaires car avec le tassement des grilles, des agents se retrouvent aujourd’hui en dessous du Smic et reçoivent donc une indemnité compensatrice. Il y a aussi la question de la formation du personnel car on emploie de plus en plus de gens non qualifiés, notamment dans les Ehpad. On demande aussi l’abrogation de la fameuse taxe sur les salaires, qui est en grande partie responsable des difficultés financières des hôpitaux », liste Romain Sabran.

    Les énergéticiens

    en colère

    Les acteurs de la santé ne seront pas les seuls en grève mardi 15 septembre. Quatre organisations syndicales de l’énergie, dont la CGT, appellent également à la mobilisation. C’est un rapport de la Cour des comptes préconisant de revenir sur le tarif agent qui a mis le feu aux poudres. « Le tarif agent permet de payer 10% de l’électricité », explique la secrétaire générale de la CGT Énergie du Gard, Élodie Constantin. « Mais en contrepartie, on a des salaires qui sont inférieurs au salaire du commun des mortels. C’est un droit hérité de la création du statut de 1946. »

    Les agents sont donc appelés à se rassembler devant les préfectures. 300 d’entre eux sont ainsi attendus devant la préfecture du Gard à Nîmes. « Il y a de la colère parce qu’il n’y a pas que le tarif agent. Ils remettent aussi en question les heures supplémentaires et les astreintes alors qu’on ne peut pas s’en passer car on n’a pas assez d’agents. Si on veut supprimer les heures supplémentaires, il faut doubler les effectifs. Il y a aussi un problème de formation. On demande aussi le retour à un prix garanti car l’énergie est un bien commun », détaille Élodie Constantin.

    Une situation d’autant plus compliquée que les agents de l’énergie ont également été particulièrement sollicités face aux canicules et aux incendies. « Déjà en décembre, il y avait eu une tempête puis en janvier des inondations. Avec les canicules, nos ouvrages souffrent et il faut des agents sur le terrain. En ville, des agents vont travailler en soute et quand il fait 40 degrés dehors, il fait 60 dans la soute », conclut Élodie Constantin.

  • [Entretien] Serge Ragazzacci : « L’Espagne est très en avance sur nous »

    [Entretien] Serge Ragazzacci : « L’Espagne est très en avance sur nous »

    La Marseillaise : Qu’est-ce que vous retenez de votre visite en Espagne ?

    Serge Ragazzacci : On a visité un chantier et un entrepôt, nous avons discuté avec la ministre du Travail espagnole, nos homologues d’autres syndicats espagnols… Et le constat est clair : Ils sont en avance, voire très en avance, sur la réglementation et la prise en compte de la santé des travailleurs dans le cadre d’événements climatiques anormaux. Leur gouvernement est ouvertement engagé sur le sujet, il sait prendre ses responsabilités pour obtenir de vrais résultats. Plus globalement, les commissions ouvrières espagnoles travaillent depuis près de 15 ans sur ce type d’événements. Par exemple, il y a un système d’alerte pour les phénomènes météorologiques avec des plans d’actions dans les entreprises. Ces plans sont négociés dans les entreprises et dans les conventions collectives. L’inspection du travail joue un rôle de prévention… Cet été, quand la CGT a demandé des mesures sur les fortes chaleurs, le patronat, certains politiques et une certaine presse, l’ont pris à la rigolade. Mais dès lors qu’il y a eu des morts, ça a commencé à être pris au sérieux. En France, on dénombre 7 000 morts sur cette période, alors qu’on en recense 5 000 en Espagne et qu’ils ont des zones où il fait beaucoup plus chaud que nous.

    Concrètement, quelles différences entre l’Espagne et la France sur cette prise en compte ?

    S.R. : Par exemple, sur la prévention, ils distinguent travail extérieur et intérieur, travail physique ou léger, selon les conventions collectives et les saisons. À l’entrepôt que nous avons visité, ils avaient un niveau de prévention qui allait jusqu’aux salariés qui avaient des problèmes de santé et susceptibles de souffrir de la chaleur. Autre exemple parlant : À partir de 27 degrés dans les bureaux, ils ne travaillent plus. Si un endroit dans l’entreprise dépasse ces degrés, ils ont des appareils pour refroidir la zone et les salariés travaillent dans un autre endroit, mieux tempéré. Pour le travail en extérieur, il y a plus de pauses, un système de récupération, mise en place de points d’eau… Cela va même jusqu’à la prise en compte du degré d’humidité. En clair, ils ont un cadre national fort et un travail de prévention et d’organisation qui est fait dans les conventions collectives et les entreprises. Dernier exemple très concret : partout où nous sommes allés, les mesures se discutaient en comité d’hygiène et sécurité… Qui a été supprimé en France !

  • Des cahiers de doléances pour les postiers alpins

    Des cahiers de doléances pour les postiers alpins

    « Tout est parti d’un constat, explique Alexandra Pourroy de la CGT FAPT 05 (Fédération des salariés du secteur des activités postales et de télécommunications). Celui d’une très mauvaise gestion, par La Poste entre autres, du travail en période de canicule. »

    Cet été, le syndicat a relayé une enquête lancée par la CGT au niveau national sur l’impact réel des fortes chaleurs sur les conditions de travail. 11 000 travailleurs y ont répondu. « Les résultats sont sans appel, précise la CGT. Les mesures prises par les employeurs sont restées largement insuffisantes. »

    À la Poste, les facteurs étaient particulièrement impactés : « Le parc automobile est vieillissant, les véhicules ne sont pas forcément climatisés, regrette Alexandra Pourroy. Certains sont à vélo pendant les heures les plus chaudes, et les agents n’avaient pas partout de l’eau à disposition ».

    La CGT FAPT 05 a décidé « d’agir concrètement plutôt que d’attendre des annonces qui tardent toujours à venir ». Elle a mis à disposition dans les bureaux de poste du département des cahiers pour que les postiers puissent s’exprimer librement sur la manière dont ils souhaiteraient organiser leur travail pendant les vagues de chaleur.

    « Sur le terrain, nous constatons que les mesures prises par les employeurs sont décidées sans les salariés concernés, et parfois à leur détriment, précise un communiqué du syndicat. Plutôt que d’adapter l’organisation du travail, on renvoie aux travailleurs la charge de s’adapter eux-mêmes à des conditions toujours plus difficiles. »

    La CGT FAPT 05 invite par ailleurs tous les salariés à participer à l’enquête « canicule ».

    Agathe Di Lenardo