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  • à Toulon, ensemble pour refuser l’école de la précarité

    à Toulon, ensemble pour refuser l’école de la précarité

    « On est mobilisés pour les AESH qui sont indispensables, sans qui il n’y a pas d’école inclusive, et pourtant maltraités par le système », commence Cécile, professeure d’histoire-géo au collège Henri-Bosco. « Et elles sont presque toutes en dessous du Smic parce que c’est un temps partiel subi, imposé », ajoute la militante de la CGT. Elle déplore une fois encore une gestion de la pénurie, alors que la priorité voudrait de répondre aux besoins des élèves en situation de handicap, ainsi qu’une juste reconnaissance des missions de service public qui le permettent.

    Avec pour résultat des gamins insuffisamment accompagnés et « des collègues qui sont en souffrance absolue ».

    À ses côtés Bruno Combette (Snes-FSU), explique que dans le département du Var, il y a à peu près 2 000 AESH pour à peu près 4 500 élèves qui ont eu une notification handicap nécessitant un accompagnement individualisé. Un ratio qui démontre le manque de personnel.

    Et de poursuivre : « Nous demandons la création d’un corps de fonctionnaires AESH basé sur une catégorie B de la fonction publique, permettant de reconnaître leur importance et leurs compétences dans l’accompagnement éducatif des élèves. », L’enseignant et responsable syndical témoignant que lorsque les élèves bénéficient de nombreuses heures ils progressent très fortement.

    Mission de service public

    Pour Capucine, AESH depuis 3 ans, « il y a des choses qui semblent évoluer mais au final c’est tout le temps de la poudre aux yeux ». Et de poursuivre : « On était heureux d’entendre qu’il y allait avoir un groupe de travail autour de la titularisation de notre métier. Et on se rend compte que c’est tout l’inverse de ce qu’on attendait. »

    L’espoir d’avoir une vraie considération et un vrai statut, rincé aussitôt. « L’objectif, c’est vraiment de faire disparaître peu à peu notre métier, de remplacer l’aide humaine par des outils informatiques, du matériel », conclut-elle.

    « Ce qu’on réclame, c’est une fonctionnarisation, que ce métier soit totalement reconnu, à sa juste valeur, c’est-à-dire avec une grille salariale revue à la hausse », déclare Zoé Desmoulins (Sud-Éducation), qui dénonce « des conditions de travail toujours plus compliquées, toujours plus dégradées ».

    « Ce qu’on redemande c’est une revalorisation de notre situation, de notre salaire, et une vraie reconnaissance, à l am mesure de la place qu’on a dans l’école et qui ne fait que s’accroître », résume Mounia (AESH).

  • [Entretien] Maître Marie-Julie Conciatori : « Dans l’énergie, l’amiante reste un énorme chantier »

    [Entretien] Maître Marie-Julie Conciatori : « Dans l’énergie, l’amiante reste un énorme chantier »

    Le 18 juin, c’est une enquête de l’inspection du travail qui concernera Enedis. La CGT Énergie dénonce, par voie de justice, l’inertie de l’entrepreneur sur plus de 4 400 postes de distribution d’électricité susceptibles d’exposer les salariés à l’amiante.

    La Marseillaise : Le combat pour
    la reconnaissance du préjudice d’anxiété d’exposition à l’amiante des salariés d’Enedis remonte
    à 2012. Qu’est-ce qui a changé
     ?

    Marie-Julie Conciatori : Cette étape concernait principalement les retraités et un actif. Il y a eu plusieurs étapes procédurales qui ont suivi. Car on obtenait difficilement les justificatifs parce que rien n’était vraiment mis à disposition des agents, rien n’est accessible, il faut investiguer sur tous les points et arriver à collecter les informations. C’est la même procédure mais certaines juridictions ont été plus rapides que d’autres. Sur celles qui sont passées au stade de l’appel et de la cassation, on a gagné des petites victoires, qui cumulées font une belle victoire, puisqu’aujourd’hui on a obtenu la reconnaissance du préjudice d’anxiété ce qui était totalement refusé par la partie adverse depuis le début. Cette fois, on travaille sur la question de la salubrité qui concerne les actifs. C’est une procédure interne au statut mais qui est tue par la direction, rien n’est mis en place.

    Des techniciens sont aujourd’hui encore exposés au risque d’amiante ?

    M.-J.C. : Les électriciens restent concernés par l’exposition à l’amiante et aux substances CMR dans le cadre de leurs missions et interventions aujourd’hui encore. Il y a eu des malades déclarés, des agents décédés et il y a des agents actifs toujours exposés aujourd’hui. Dans une procédure qui concernait principalement les retraités, sur une soixantaine de dossiers, il y a eu 8 décès et 15 malades. Aujourd’hui encore les informations de l’employeur sont insuffisantes et les agents sont donc contraints de travailler alors qu’ils savent qu’ils risquent leur vie.

    L’employeur manque-t-il à ses obligations de prévention,
    de formation
     ?

    M.-J.C. : Il y a des formations qui commencent à être dispensées mais elles sont stéréotypées et généralistes. Elles donnent la connaissance de la dangerosité mais ne sont pas spécifiques ni adaptées à la prestation au travail. Les fiches d’exposition sont une obligation de l’employeur mais elle n’est pas respectée car elles sont toujours délivrées avec du retard et avec des manquements, notamment sur la mesure de l’exposition. Les moyens de protections individuelles et collectives ne sont toujours pas délivrés, ni en nombre suffisant, ni fournies aux agents et il y a un problème de gestion des déchets usés.

    Les sous-traitants d’Enedis sont donc aussi exposés…

    M.-J.C. : Tous sont exposés. Pour exemple sur un chantier où il y a eu un problème important, une équipe est intervenue, a enlevé les plaques et les a jetées dans la voiture. Eux-mêmes ne sont pas informés. C’est un chantier énorme, l’amiante dans l’énergie. Il y a un prestataire qui s’est désengagé. Ils font valoir leurs droits sur les interventions et ce devrait être une alerte mais ça ne semble pas arrêter les donneurs d’ordre. Il y a les entreprises qui sont listées amiante et qui sont reconnues et il y a celles hors liste, c’est un vrai combat. La réalité est une prévention obligatoire et incontournable, mais il y a une inertie par recherche de la rentabilité. Un salarié a expliqué que pour gérer un chantier, il lui fallait à la fois se protéger de l’amiante et de l’électrification. Ces équipements sont très chers.

  • [Entretien] François Tejedor, CGT Cheminots Paca : « Des conséquences graves »

    [Entretien] François Tejedor, CGT Cheminots Paca : « Des conséquences graves »

    La Marseillaise : L’intersyndicale évoque une « urgence sanitaire et sociale », pourquoi mettre l’accent ?

    François Tejedor : On sonne une alarme sociale : il y a eu 13 suicides au sein de la SNCF, et des accidents de travail. En 6 mois, on a atteint le même taux de suicide qu’à France Télécom en deux ans. C’est, pour nous, la conséquence du démantèlement du service public et c’est corrélé à une accélération de la transformation de l’entreprise. On commence à subir les effets concrets de la réforme ferroviaire de 2018 : fin de l’embauche au statut, début de l’ouverture à la concurrence à tous les niveaux ou encore la liquidation de Fret SNCF. Tout cela a créé un mal-être chez les cheminots, et c’est pour cela qu’on demande un moratoire sur ces réorganisations.

    En Paca, vous avez été les premiers concernés par l’ouverture à la concurrence, quelle conséquence dans la tête d’un cheminot ?

    F.T. : Avec le Casi Paca, nous avons fait un film Tous Cheminots qui revient là-dessus avec un ensemble de témoignages. Parmi eux, un a préféré quitter la SNCF plutôt que de se foutre en l’air. Mais si nous n’avons pas eu de conséquences directes, comme les drames évoqués précédemment, c’est parce que nous avons mené les combats : on a réussi à maintenir un ensemble de droits pour les cheminots, pas de transfert à la concurrence d’office, maintien des conditions de travail… On a maintenu un collectif et ça nous a préservés en quelque sorte.

    C’est aussi une pressurisation croissante des cheminots que vous dénoncez ?

    F.T. : Oui. On a vu récemment qu’ils voulaient enlever 5 jours de RTT. Il y a des attaques claires sur les droits, sur les conditions de travail. L’entreprise a des velléités pour une productivité plus accrue alors qu’on est à 1,8 milliard d’euros de bénéfices. Mais cela provoque de graves conséquences.

  • La grève sur les rails contre la maltraitance

    La grève sur les rails contre la maltraitance

    Un cri du cœur pour alerter sur une « urgence sanitaire et sociale ».

    Les cheminots mettent, ce mercredi, les locomotives à l’arrêt à l’occasion d’un mouvement social qui s’annonce massif. Les quatre organisations syndicales représentatives de la SNCF (CGT, FO, SUD et CFDT) ont accordé leurs klaxons pour réclamer un changement de braquet de leur direction. Du jamais vu depuis fin 2024 et de quoi rappeler les journées unitaires de la grève marathon contre la réforme ferroviaire de 2018. Il faut dire que l’heure est tout aussi grave pour la famille du rail : « rabotage des droits, pressurisation à l’extrême, dumping social à tous les étages », énumère la fédération CGT des cheminots. « Le message qu’on délivre est que le ferroviaire est à un tournant. […] Et l’unité syndicale dit l’importance que nous y accordons », explique Thomas Cavel, secrétaire général CFDT Cheminots en conférence de presse à Paris, ce mardi. Les syndicats pointent un cycle infernal de réorganisations au sein de la SNCF, entre ouverture à la concurrence et processus de filialisation. Et en lame de fond sa place comme service public ferroviaire : « La concurrence est un système qui met en péril les finances publiques. On investit sur le réseau ferroviaire via les bénéfices générés par les cheminots : ils paient donc, pour partie, l’outil de leur concurrent. »

    Des changements drastiques pour l’entreprise ancienne détentrice du monopole du rail en France et avec des conséquences qui le sont tout autant. « Les cheminots sont plus exposés qu’avant aux risques graves », développe François Tejedor, secrétaire général de la CGT Cheminots Paca. Plus que des accidents graves, les syndicats mettent en avant des drames : 13 suicides depuis le début de l’année. D’où l’alerte sociale : « On constate un mal-être en ce qui concerne le sens du travail, un malaise global, notamment dans l’encadrement : les réorganisations broient certains de nos collègues », confie à l’AFP, Fabrice Charrière, de l’Unsa Ferroviaire.

    Fortes perturbations

    sur le réseau

    Preuve de l’étendue de la colère cheminote : le secrétaire général de la CGT Cheminots Paca évoque un mouvement de grève particulièrement suivi : « Dans la région, il y a entre 80 à 90% de grévistes sur le personnel roulant, que ce soit contrôleurs ou mécanos. C’est 80% chez les conducteurs de TGV. »

    Concrètement, 1 TGV sur 3 circule ce mercredi, pour 1 train Intercités sur 2. Même principe pour les Trains express régionaux (TER). « La circulation des trains sera perturbée sur la région Sud » et « très fortement » pour les axes Les Arcs-Draguignan, Grasse-Vintimille et Nice-Breil-Tende, constate la Région Sud. Avec des lignes, comme celle de Marseille-Lyon avec 55% de circulation, ou Marseille-Aix avec seulement 45%. « Ça ne reflète pas le niveau de mobilisation […] la direction met toutes ses ressources pour minimiser la grève », nuance François Tejedor. En effet, nos confrères de l’AFP confirment que la SNCF « mobilise toutes ses ressources » en recourant notamment à des encadrants pour remplacer du personnel gréviste, comme le lui permet la loi.

    Pourtant, les cheminots en ont encore sous le pied. « C’est un coup de semonce, avec une temporalité réfléchie : on a proposé un mercredi pour rassembler tout le monde et ne pas faire de polémique », justifie François Tejedor. L’intersyndicale se rencontre le 11 afin d’ores et déjà évoquer la suite du mouvement. D’autant que Jean Castex joue la montre et ne prévoit de rencontrer les organisations syndicales que le 23 juin. De quoi laisser planer la menace d’une grève à un moment peut-être plus stratégique, comme les vacances d’été… « Les attaques se font plus pressantes, il faudra peut-être aborder les choses d’une manière un peu plus punchy », conclut François Tejedor.

    PAROLES DE CHEMINOTS

    Nathalie Marin, secrétaire générale de la CGT Cheminots, Toulon

    « On a un signal très alarmant avec treize suicides d’agents en 2026. Mais aussi des accidents mortels qui ont beaucoup impacté le moral des cheminots. Nous sommes également très inquiets de l’avenir de notre entreprise en tant que service public, qui n’est plus du tout d’ailleurs reconnu comme tel par nos directions, qui se voient très bien en entreprise commerciale, concurrentes même les unes des autres. La colère monte en réaction à cette perte de sens des missions du service public ferroviaire qu’on avait initialement et qui faisait avancer et vivre l’esprit cheminot. On réclame donc aujourd’hui l’arrêt des restructurations et des filialisations, ainsi que la hausse des salaires et la création d’un vrai 13e mois. »

    Propos recueillis par T.T.

    Loïc Guigou, secrétaire CGT Cheminots, Vaucluse

    « On s’inscrit pleinement dans les revendications. Si heureusement ici nous n’avons pas été touchés par un suicide ou accident de travail, il y a beaucoup d’arrêts de travail liés aux risques psychosociaux. Par exemple, sur les conditions de travail et d’accueil des usagers, cela fait deux semaines qu’il n’y a plus de climatisation dans la gare TGV d’Avignon, ni aux guichets à Avignon centre. Plus largement, face à l’urgence climatique, les cheminots CGT ont élaboré un dossier décarbonation qui s’appuie sur l’étoile ferroviaire d’Avignon et le projet de Serm [service express régional métropolitain]. Le ferroviaire doit être le centre d’une offre multimodale cohérente, avec l’ouverture de gares et des personnels pour assurer un service public efficace et digne de ce nom. »

    Propos recueillis par F.C.

    Frédéric Michel, secrétaire SUD Rail, Marseille

    « Nous ne sommes pas en grève contre l’ouverture à la concurrence, on ne fait pas du patriotisme d’entreprise mais nous luttons contre le dumping social porté par cette ouverture et les conditions dans lesquelles elle se met en place. Si ça pouvait permettre d’améliorer nos conditions de travail et de rémunération, on ne s’y opposerait pas. Mais ce n’est pas le cas. Que ce soit les salariés de la SNCF, de ses filiales, ceux des entreprises privés, dans le trafic voyageurs ou le fret, c’est une grève de toute la branche ferroviaire. Ces entreprises tirent vers le bas pour répondre au marché. On n’est protégé nulle part et la SNCF est la première à mettre des filiales en place. Et on sera nombreux car derrière ce système il y a trop de cheminots qui sont endettés, trop de souffrance au travail. »

    Propos recueillis par M.G.

    Christophe Morard, secrétaire général syndicat CGT Cheminots, Miramas

    « Cela fait des années qu’on dénonce la fin du triage des wagons isolés, où chaque petite entreprise locale pouvait nous confier leurs wagons pour les trier et envoyer partout en France et en Europe. Ce n’est pas le plus rentable, car un train entier nécessite moins de matériel et de personnel. Mais c’est ce qu’on craint pour le Triage de Miramas avec la privatisation d’Hexafret et Technis [ex Fret SNCF, Ndlr] prévue pour 2028. Le wagon isolé faisait vivre notre Triage, on trie près de dix fois moins de wagons par rapport à avant l’ouverture à la concurrence. Pire, ArcelorMittal représente 30% du trafic du Triage, on est donc inquiets au vu de leurs difficultés. Il faut une volonté politique pour trier les wagons isolés et retirer des camions de la route. »

    Recueilli par An.M.

    Magali Sanchez, conductrice de train, secrétaire CGT Secteur de Veynes, Hautes-Alpes

    « On en demande toujours plus aux agents, il y a un mal-être général, avec plusieurs suicides depuis le début de l’année. Ça fait un peu penser à France Télécom et ce n’est pas bon signe. La direction fait la sourde oreille quand on veut mettre à plat tout ce qui dysfonctionne. Localement, on en voit les conséquences avec des manques d’effectifs qui créent des suppressions de train.

    Notre matériel devrait être remisé depuis quatre ou cinq ans. On a vraiment l’impression de jouer à la patate chaude entre la région Sud, et les différents pôles de la SNCF. Tout le monde se renvoie la balle, personne ne prend ses responsabilités, et les usagers le subissent. »

    Propos recueillis par A.F.

  • Les logisticiens de Decathlon prennent le relais de la grève

    Les logisticiens de Decathlon prennent le relais de la grève

    « La direction de Decathlon ne veut rien nous donner alors que tous les chiffres sont au vert. » Abdallah Draoui, délégué syndical CFDT de l’entrepôt des Aiguilles à Ensuès-la-Redonne, résume l’amertume des salariés en ce jour de grève de lundi. Après un premier round côté commercial samedi (notre édition du 8/06), les logisticiens de l’enseigne sportive prennent le relais de l’appel intersyndical à la mobilisation, notamment à la grève et au débrayage.

    Le piquet de ce lundi matin rassemble une trentaine de grévistes, avant que les syndicalistes n’aient fait le tour de l’entrepôt. Les poids lourds sont arrêtés au portail, pendant une quinzaine de minutes. Une action symbolique pour une cause bien réelle : celle des salaires. « La direction a refusé de répercuter l’augmentation du Smic », selon Abdallah Draoui, ce qui était pourtant auparavant de mise proportionnellement sur la grille des salaires. « Déjà qu’on n’a rien eu aux négociations annuelles obligatoires [NAO, Ndlr], en plus on nous prive de la hausse du Smic et on n’a même pas un euro de ticket restau », abonde Laurent Curti, délégué syndical CGT du site.

    Une exception est à noter : « On a eu un jour de congé payé et un dispositif mobilité verte, mais on n’a pas de voiture électrique et on ne covoiture pas », pointe le syndicaliste, railleur. Son confrère de la CFDT rapporte qu’en face « la direction est en avance de 80 millions d’euros sur sa trajectoire et que bientôt les actionnaires vont se virer encore 900 millions d’euros ». Laurent Curti rappelle les autres chiffres : 1,4 milliard d’euros, 412 millions ou encore 605 millions sur les dernières années.

    « On n’y arrive pas »

    Le pouvoir d’achat face à l’inflation n’est pas la seule bataille. « Le Smic a été la goutte d’eau, mais les conditions de travail sont également déplorables », tance Angélique Geraci, de la CFTC du site des Aiguilles. La syndicaliste parle « de plus en plus de charge de travail pour des objectifs qui sont inatteignables. On ouvre déjà 24 heures sur 24 pour livrer 70 magasins et on n’y arrive pas quand on nous demande de traiter une commande de l’un d’eux en 24 heures » au lieu de 48. Les primes, liées au chiffre d’affaires, en pâtissent : « On n’y arrive juste pas, et les primes trimestrielles ont le même calcul. »

    Mais cette marche forcée est censée être justifiée par l’assistance de la technologie. « Ils ont investi 20 millions d’euros dans la mécanisation », remarque Abdallah Draoui. « Mais ce n’est pas encore au point pour marcher comme ils l’espéraient », complète Laurent Curti. Un matériel qui nécessite une astreinte de techniciens de maintenance du prestataire.

    Mais la logique du « travailler plus pour gagner plus » rapportée par Abdallah Draoui trouve ses limites. « Seule la suractivité paye à 150% du salaire. Mais la direction planifie à l’avance et on n’a plus que quelques heures ici et là », pointe Laurent Curti, quand Frédéric Pellier de FO rappelle qu’« il n’y a pas de majoration le dimanche ».

    Contactée, la direction de Decathlon assure du « maintien d’un dialogue social régulier, constructif et continu. L’entreprise reste à l’écoute de l’ensemble de ses collaborateurs au quotidien. »

    En face, 80 revendications restent non satisfaites.

  • Les salariés de Decathlon veulent leur juste part

    Les salariés de Decathlon veulent leur juste part

    Une entreprise « à fond la forme », mais on ne peut pas en dire autant du dialogue social… Comme un peu partout en France, à l’appel d’une intersyndicale CFDT-CFTC-CGT-CFE-CGC-Unsa, les salariés des 14 magasins Decathlon des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse se sont mobilisés, ce samedi 6 juin, pour réclamer une hausse de salaire et ont convergé devant le magasin de Bouc-Bel-Air, le siège régional de l’entreprise.

    « Les bénéfices sont énormes. Encore cette année, le premier semestre est très positif. Les équipes sont super engagées et pourtant, on n’a plus de primes, plus de valorisation de salaire », dénonce Luca Antonellini, délégué syndical Unsa pour Decathlon Marseille-Vaucluse. De fait, l’entreprise affiche une santé de fer. En avril, Decathlon a annoncé avoir dégagé un bénéfice net en hausse de 16% en 2025, à 910 millions d’euros, et réalisé un chiffre d’affaires de 16,8 milliards, en progression de 4%. Pas moins d’un milliard d’euros de dividendes ont été reversés, fin 2024, aux 1 000 membres de la famille Mulliez, propriétaire du groupe, et ce sera presque autant cette année, estiment les syndicats.

    Avec une grille des salaires très ramassée, du Smic à moins de 3 000 euros bruts pour les cadres, les rémunérations ne sont pas au niveau, jugent les syndicats. « Quelqu’un qui a dix ans d’expérience se retrouve payé presque comme un nouveau qui entre », résume Laurent Curti, délégué syndical CGT à l’entrepôt d’Ensuès-la-Redonne, qui alimente les magasins de la zone, mais aussi de Rhône-Alpes. « On tourne 7 jours sur 7, on nous en demande toujours plus avec des responsabilités supplémentaires, et en contrepartie, on a de moins en moins », déplore-t-il, du haut de ses plus de 30 ans de boîte.

    Une pétition de soutien

    Les affaires marchent au point qu’un camion, voire deux, de 4 à 12 000 articles, déballe chaque jour sa cargaison au magasin de Bouc-Bel-Air, précise Juliette, vendeuse, également syndiquée CGT.

    Pourtant, les demandes de négociations sont restées pour le moment lettre morte, ajoute Matthieu Wolle, représentant CFDT : « Dans un courriel, la direction nous a opposé une fin de non-recevoir au nom de l’équilibre financier, technologique de l’entreprise et pour continuer à investir dans les magasins. » Et de déplorer un dialogue social « rude depuis 5 ou 6 ans ».

    Pourtant, « c’est bien sur nous, vendeurs, qu’ils capitalisent leur image aussi », rappelle l’un d’entre eux. Alors que l’enseigne va fêter ses 50 ans cette année, pour l’occasion, « on nous a promis une paire de baskets et un tee-shirt », ironise un autre. C’est aussi l’anniversaire du magasin de Bouc-Bel-Air, « happy birthday », se marre une troisième.

    Sur le parvis du magasin, les clients, peu nombreux, apportent quasiment tous leur soutien. « Franchement, c’est eux qui font le boulot, ils ne comptent pas leurs heures et l’entreprise va bien. Il faut partager les richesses », estiment Marlène et Muriel, chargées de sacs. En tenue de course, Lydie est aussi de « tout cœur avec eux ». Près de 1 400 personnes ont signé la pétition nationale lancée par les syndicats. À l’abri du cagnard, les grévistes réfléchissent déjà à l’après. Un « CE central doit se tenir, ce jeudi, on va voir un peu ce qu’on va faire », précise Luca Antonellini. Un rassemblement est déjà prévu dans les entrepôts, dont celui d’Ensuès, ce lundi 8 juin tôt le matin.

    Contactée, la direction a assuré que « le dialogue social chez Decathlon se déroule de manière continue », s’appuyant « sur des rendez-vous réguliers avec les partenaires sociaux pour mener l’ensemble des négociations de l’année ». Et précise que « depuis ce [samedi] matin, 99% de nos 324 magasins en France sont bien disponibles pour [les] clients ». Grâce aux cadres et CDD mobilisés pour l’occasion…

  • [Entretien] Romain Pitelet, CGT cheminots : « Nous sommes à la SNCF dans un état d’urgence sanitaire »

    [Entretien] Romain Pitelet, CGT cheminots : « Nous sommes à la SNCF dans un état d’urgence sanitaire »

    La Marseillaise : Vous appelez les cheminots à la grève, ce mercredi 10 juin, avec un mouvement unitaire. Quel a été le déclencheur ?

    Romain Pitelet : Nous observons une dégradation de plus en plus visible de la situation sociale et sanitaire de l’ensemble des cheminots à la SNCF. Depuis plusieurs années, ils subissent des réorganisations importantes, des déstructurations des collectifs de travail, une diminution de plus en plus forte des moyens. Cela amène à des tensions, auxquelles s’ajoute le désengagement de l’État sur la question du ferroviaire. Et il y a la question de l’ouverture à la concurrence, de la filialisation, du transfert de personnels, qui sont des épreuves pour les salariés. Cela amène à un climat de souffrance extrêmement fort, qui dure depuis plusieurs mois. Au fil des combats locaux, des mobilisations de proximité, que ce soit pour défendre une gare, une ligne, des emplois, des conditions de travail, petit à petit, il y a une colère qui monte de plus en plus, partagée par l’ensemble des organisations syndicales qui, depuis des mois, interpellent la direction de la SNCF. À cette heure, le peu de réponses apportées ne suffisent pas à régler la situation. Nous sommes dans un état d’urgence sanitaire extrêmement préoccupant.

    Comment se manifeste cette urgence sanitaire au quotidien ?

    R.P. : Cela s’exprime de la manière la plus dramatique. Le sujet des suicides a fait la Une de l’actualité [douze suicides de cheminots ont été recensés en quatre mois au début de l’année, Ndlr.], mais ce n’est que la partie visible de l’iceberg. La situation est grave aussi bien chez les employés, les ouvriers, les agents de maîtrise, que chez les cadres, y compris supérieurs. Nous ne nous retrouvons plus dans la politique menée dans l’entreprise SNCF et, plus globalement, dans l’ensemble des entreprises de la branche ferroviaire. Les statistiques internes montrent une hausse des arrêts de travail, une hausse des risques psychosociaux, une augmentation des burn-out… De nombreux cheminots, y compris de l’encadrement, viennent nous voir et font état de situations totalement folles dans leur quotidien, ils font et défont leur travail en permanence, ou sont placardisés… Nous sommes dans une situation qui rappelle les processus qui ont eu lieu dans d’autres entreprises, qui ont amené à des drames. Nous ne voulons pas en arriver là. Nous avons alerté à de multiples reprises la direction de la SNCF sur des mesures d’urgence, avec un moratoire sur l’ensemble de ces réorganisations, l’arrêt de la concurrence. Et il y a la question salariale, exacerbée par le retard de paiement du travail des cheminots depuis plusieurs années, pas à la hauteur de la reconnaissance de leurs qualifications.

    Pourquoi la SNCF pousse-t-elle ces réorganisations ?

    R.P. : La plupart du temps, il s’agit d’accroître la productivité non pas pour améliorer le service – on voit le service public se dégrader – mais pour une raison simple : la SNCF se met en disposition pour pouvoir répondre à des appels d’offres. Donc il faut saucissonner, étanchéifier un certain nombre de sujets de production et pressurer les cheminots pour qu’il y ait des bénéfices sortis. Le système libéral amène jusqu’à tenter de sacrifier un certain nombre de sujets de sécurité, un élément fondamental du métier de cheminot.

    Quels sont ces risques pour la sécurité ?

    R.P. : Cela peut-être des sujets réglementaires : essayer de rogner des repos, allonger de manière forcée le temps de travail, rogner sur la question de la formation professionnelle. Nous embauchons beaucoup à la SNCF, mais conduire des trains, entretenir des voies, faire un poste d’aiguillage, être sur les quais demande une connaissance très fine du milieu ferroviaire. C’est un milieu dangereux et donc il faut une formation extrêmement solide. Les signes envoyés vont en permanence vers un rabougrissement de cette formation, pour des questions de coûts. On le voit dans toutes les entreprises du ferroviaire, avec des tentatives de formations de conducteurs en cinq mois, alors que notre critère, ce sont des formations de douze mois. C’est extrêmement dangereux pour la cohérence de l’ensemble du système.

    Vous parliez de l’ouverture à la concurrence du rail. Quelles conséquences observez-vous ?

    R.P. : Il y a le sujet de la gabegie financière. Le comité central d’entreprise a diligenté une expertise sur les surcoûts de la concurrence. Ce document a bousculé le gouvernement et les directions d’entreprises parce qu’il montre un système absurde de mise en concurrence dans un système qui doit être intégré. Oui, la concurrence coûte plus cher que de maintenir une entreprise publique intégrée. Le deuxième aspect, c’est sur la qualité du service : en rabougrissant les moyens, on ferme une gare, des dessertes, on met en danger des lignes qui pourraient faire circuler des trains. Dans le centre de la France, autour de Limoges, les associations d’usagers, avec la CGT cheminots, font de multiples initiatives parce que, bientôt, il n’y aura plus de train dans le Limousin. Et il y a le quotidien, le prix du billet qui s’envole parce qu’il faut que la machine à cash fonctionne à plein, que ce soit à la SNCF ou pour les autres entreprises. On pressure les cheminots sur les droits, on pressure les autres usagers en baissant du service : c’est ça la réalité de la concurrence.

    Il y avait déjà eu des mobilisations nationales pour le fret ferroviaire. Où en sommes-nous ?

    R.P. : Nous alertons jusqu’à la direction de la SNCF parce que nous avons des possibilités de reprendre un certain nombre de trafics, voire d’en créer de nouveaux, mais la direction de Rail et logistique Europe, l’antenne fret de la SNCF, ne se positionne pas dessus. Il faut du sérieux, les enjeux environnementaux sont importants. La bataille continue aussi sur les sites, pour le maintien des triages, des wagons, des locomotives, qu’on ne brade pas cet outil indispensable.

    Quelle mobilisation attendez-vous pour le 10 juin ?

    R.P. : Nous attendons une forte mobilisation parce qu’elle est unitaire. Les quatre organisations syndicales ont pris leurs responsabilités et il faudra qu’elles le fassent après les annonces que pourrait faire le président de la SNCF, Jean Castex. On sent une température qui monte, les initiatives, les appels locaux, complétés par les appels unitaires au niveau national créent un climat de conflit qui s’annonce extrêmement fort. Nous appelons la direction de la SNCF à nous recevoir le plus rapidement possible pour que nous puissions avoir de réelles négociations. Sur les points portés par les organisations syndicales, nous avons des propositions, nous sommes ouverts à la discussion et nous pouvons avancer rapidement sur un certain nombre de sujets, pour régler la situation.

    Quelles propositions mettez-vous sur la table ?

    R.P. : Sur les questions de salaires, on ne peut pas se contenter de primes. Il y a aussi les questions de formation, du maintien des droits des cheminots qui sont transférés, et le maintien de l’unicité de l’entreprise qui doit perdurer. C’est un outil public dont on va tous avoir de plus en plus besoin dans les années à venir. Nous ne voulons pas hypothéquer l’avenir, contrairement à ce que certains veulent faire. Mais, aujourd’hui, l’urgence, c’est la situation sanitaire des cheminots, leurs conditions de travail, que l’on remette le sens du travail au cœur des discussions.

  • Des salariés en colère devant Decathlon à Bouc-Bel-Air

    Des salariés en colère devant Decathlon à Bouc-Bel-Air

    Ils veulent leur « part du gâteau ». Alors qu’en avril, Decathlon a annoncé avoir dégagé un bénéfice net en hausse de 16% en 2025, à 910 millions d’euros, et réalisé un chiffre d’affaires de 16,8 milliards, en progression de 4%, les salariés des magasins des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse se sont réunis en intersyndicale CFDT-CFTC-CGT-CFE-CGC-Unsa, ce samedi 6 juin, devant le village Decathlon de Bouc-Bel-Air, le siège régional, pour réclamer des hausses de salaires.

    « Si le Smic augmente, nos salaires ne progressent plus, les fins de mois sont de plus en plus difficiles et Decathlon ne suit plus, alors que les bénéfices sont énormes », explique Luca Antonellini, délégué syndical Unsa, tandis que ces collègues distribuent des tracts aux clients venus faire leurs emplettes.

    Avec une grille des salaires très ramassée, du Smic brut à moins de 3000 euros brut pour les cadres, les rémunérations ne sont pas au niveau, estiment les syndicats. « Quelqu’un qui a dix ans d’expérience se retrouve payé peu ou prou comme un nouveau qui entre », résume Laurent Curti, délégué syndical CGT à l’entrepôt d’Ensuès-la-Redonne, qui alimente les 14 magasins de la zone mais aussi de Rhône-Alpes. «On tourne 7 jours sur 7, on nous en demande toujours plus avec en contrepartie de moins en moins ».

    Les demandes de négociations sont restées pour le moment lettre morte, ajoute Matthieu Wolle, représentant CFDT : « Dans un courriel, la direction nous a opposé une fin de non recevoir au nom de l’équilibre financier, technologique de l’entreprise et pour continuer à investir dans les magasins. » Et de déplorer un dialogue social « difficile depuis 5 ou 6 ans. »

    Des débrayages ont également eu lieu partout en France, un entrepôt de logistique ayant même fermé ses portes, à Caen, ont affirmé les grévistes. Decathlon compte environ 750 salariés dans les deux départements, 230 000 dans le pays.

    Contactée, la direction a assuré que « le dialogue social chez Decathlon se déroule de manière continue », s’appuyant « sur des rendez-vous réguliers avec les partenaires sociaux pour mener l’ensemble des négociations de l’année.» Et précise que « depuis ce [samedi] matin, 99% de nos 324 magasins en France sont bien disponibles pour [les] clients. »

    À noter que des cadres et des CDD avaient été mobilisés pour assurer la vente…

  • Relever le défi de l’unité du monde du travail

    Relever le défi de l’unité du monde du travail

    Le congrès confédéral de la CGT s’est achevé vendredi dans l’unité et la combativité.

    C’est une bonne nouvelle pour le monde du travail dans sa globalité qui a besoin d’organisations fortes et en ordre de bataille pour défendre ses intérêts.

    À Tours, les débats ont été francs, parfois vifs, mais l’ambiance tranchait avec celle du précédent congrès qui avait eu à gérer la succession complexe de Philippe Martinez.

    Sophie Binet qui avait alors été élue pour trouver un point d’équilibre en dehors des candidats qui s’opposaient pour prendre la tête de la CGT a gagné en légitimité et s’est pleinement installée dans son rôle de dirigeante syndicale à la fois dans les rangs de la CGT mais aussi plus largement dans l’opinion publique.

    Rapprochement avec la FSU

    Sans nier les obstacles que la CGT a pu rencontrer depuis 2023, la centrale syndicale a retrouvé sa dynamique collective et donc sa capacité à en découdre avec le patronat, le gouvernement libéral et l’extrême droite. Un courant politique qui prospère sur la division des travailleurs selon leur origine, leur religion ou leur couleur de peau dont le syndicat combat énergiquement la progression dans les classes populaires.

    La CGT qui sort renforcée de son congrès amorce un rapprochement historique avec la FSU, au sein d’une « maison commune », un cadre de coordination permanent entre les deux organisations, qui permettra de peser plus fort face au pôle de syndicats réformistes emmené par la CFDT.

    De nombreux défis restent devant elle : mutations du travail, IA, précarisation, ubérisation. Pour les relever, la CGT devra décupler ses efforts pour unir le monde du travail et faire progresser la conscience de classe.

  • La CPMM mise à l’honneur au 54e congrès de la CGT

    La CPMM mise à l’honneur au 54e congrès de la CGT

    Faire rayonner la CPMM. » C’est l’objectif de la présence d’une délégation de la coopérative, en charge de la distribution de la presse sur une partie de la Région Sud, et issue d’une lutte de haute volée, au 54e congrès de la CGT à Tours. « On voulait interpeller les délégués au congrès sur les risques pour la démocratie en lien avec la pérennité de notre coopérative », résume Maxime Picard, président de la CPMM, aux côtés de Nicolas Guglielmacci et d’Hélène Honde. Tous trois chevilles ouvrières de la reprise par ses salariés de l’ancienne société SAD, liquidée judiciairement en 2020 avec la fin de Presstalis (ancienne messagerie nationale de presse), leur présence est plus que symbolique. « Avec la CGT, il y a une histoire commune : les anciens salariés ont monté un projet de reprise avec leur syndicat et d’autres organisations CGT », rappelle le président.

    Une histoire qui se poursuit : « Il y a actuellement un combat mené par l’ensemble de la CPMM. Sur les 24 millions d’euros d’aides exclusivement fléchées sur la distribution de la presse, les dépositaires dont la CPMM, ne reçoivent absolument rien », dénonce Maxime Picard. De quoi mettre en péril son modèle économique, et donc l’accès à une presse pluraliste. D’où la volonté de « sensibiliser sur les enjeux politiques autour de la distribution de la presse et l’accès à l’information ». Leur présence avec un stand a donc fait coup double puisqu’une palette d’offres était mise à disposition des congressistes, dont une participation Mondial La Marseillaise des CSE. En clair, permettre d’aider à « l’équilibre économique de la coopérative » tout en prônant les valeurs de la structure sociale et solidaire.