Tag: Carole Delga

  • La Mosson ouvre la campagne municipale

    La Mosson ouvre la campagne municipale

    Quel remue-ménage. Le club de Montpellier range-t-il les plans, les rêves de nouveau stade pour rester à la Mosson ? S’apprête-t-il à suspendre, de force plus que de gré, son déménagement, envisagé en 2014 à la suite d’une seconde inondation en dix ans ? C’est tout au moins
    le sens de la promesse du
    maire et président de l’Agglomération Michaël Delafosse ainsi que la colère de Jean-Pierre Rico, maire de Pérols prêt à accueillir le stade Louis-Nicollin du côté de l’Arena.

    Lors de l’inauguration des Cuves gourmandes le 4 septembre, l’élu de Pérols, vice-président de la Métropole, s’est ouvertement agacé des intentions du maire de Montpellier, à sept mois des élections municipales (15 et 22 mars). « Le président de la Métropole [Michaël Delafosse] va officiellement annoncer au mois d’octobre où sera le stade de foot. Comme je ne suis pas associé à la démarche, je vous dis ce qu’il en est : le stade sera à la Mosson », s’est-il emporté dans une vidéo filmée par Laurent Jaoul, maire de Saint-Brès.

    Depuis un an et demi, un projet se faisait jour du côté de la Sud de France Arena, aux mains de la Région Occitanie de la présidente Carole Delga et de son fidèle vice-président en charge des sports Kamel Chibli. Il était question d’associer la rénovation du Parc des Expos, situé sur la commune de Pérols, et la construction d’un nouveau stade.

    Ce dossier avait valeur de dernière chance après l’abandon du projet de Cambacérès. Imaginé par Philippe Saurel, le lieu avait été délocalisé après 2020 par son successeur Michaël Delafosse du côté d’Ode à la mer, aux abords d’un espace commercial sur la commune de Lattes.

    M.Delafosse était associé au projet à la Sud de France Arena sans en être acteur dans la mesure où il s’est engagé lors de son premier mandat pour un stade 100% privé.

    Aujourd’hui, désire-t-il reprendre en main le dossier du stade Louis-Nicollin ? Tout comme Georges Frêche, maire de Montpellier (1977-2004) et ex-mentor, Michaël Delafosse se refuserait à quitter le quartier de la Mosson. Fin août, lors de la conférence de presse de rentrée, il avait promis de révéler début octobre le choix du nouveau site.

    Jean-Pierre Rico a éventé le secret et s’est insurgé sur le montant de l’investissement, de l’ordre de 70ME, pour prévenir toute inondation. « Et je ne voterai pas cela lors de la prochaine mandature. Je ne jetterai pas 70 millions d’euros dans la Mosson », a-t-il promis.

    Pour l’heure, le président du Montpellier Hérault Sport Club Laurent Nicollin se réfugie dans le silence. Et semble spectateur d’un nouveau retournement politique après les choix de Saurel, Delafosse et de la Caisse des dépôts, qui avait abandonné son aide à hauteur de 100ME.

    Le dirigeant du foot montpelliérain et de l’entreprise Nicollin, en charge du traitement des déchets, va attendre le mois d’octobre de connaître les intentions de Michaël Delafosse. Pour la troisième fois, après 2014 et 2020, le futur stade Louis-Nicollin sera un enjeu du scrutin. Il y revient cette fois d’une manière plutôt inattendue.

    Par ailleurs, les services de la Métropole ont pris contact avec les dirigeants du MHB, selon le président Julien Deljarry et fils du président de la CCI, pour envisager une évolution du palais des sports Bougnol, rebaptisé FDI stadium, alors que Christian Assaf avait réduit à néant toute nouvelle construction ou aménagement en février dernier. « La situation économique ne nous permet pas de faire une salle à 100M d’euros telle qu’elle était prévue en lieu et place du Zénith », avait soufflé le vice-président de la Métropole, en charge des sports.

    Enfin, Michaël Delafosse ferraille à l’heure actuelle avec le président du MHR Mohed Altrad, candidat déchu aux dernières élections municipales, au sujet du Complexe du Manoir, et du Septeo stadium. En février dernier, l’équipe dirigée par le manager Joan Caudullo avait été contrainte de jouer à Béziers deux rencontres de Top 14 en raison de l’état déplorable de la pelouse, à la charge de la mairie.

    Désireux de construire la maison du rugby, Altrad multiplie les plaintes sur la dégradation du Complexe Du Manoir, inauguré en 2007 en marge de la Coupe du monde de rugby. Sans nul doute, il va revenir à la charge et menacer de quitter du Manoir. Pour aller à Pérols ? Le Stade, ou les stades, s’invitent une fois encore dans les urnes. Et ouvrent la campagne. Quel remue-méninges.

  • Incendie dans l’Aude : le défi de la reconstruction

    Incendie dans l’Aude : le défi de la reconstruction

    Il va probablement falloir attendre plusieurs semaines avant que le feu ne soit définitivement considéré comme éteint », affirmait au matin du 18 août la secrétaire générale de la préfecture de l’Aude, Lucie Roesch. Selon elle, plus de 300 pompiers étaient toujours présents à La Ribaute en ce début de semaine pour intervenir sur des réactivations du feu « presque quotidiennes ».

    Pour rappel, un immense incendie s’est déclaré le 5 août aux alentours de 16h15, entre les communes de Lagrasse et de la Ribaute, au cœur du massif des Corbières. Les flammes ont ravagé quelque 17 000 hectares de territoire entre le 5 et le 9 août, dont environ 4 100 hectares de garrigue, 2 200 hectares de cultures et au moins 36 habitations. Le bilan humain du drame est tout aussi important : une personne est décédée dans l’incendie de sa maison et une autre est toujours en urgence absolue, tandis que l’on déplore aussi de nombreux blessés légers, dont une vingtaine de pompiers. Un pompier qui avait initialement été déclaré en urgence absolue serait cependant tiré d’affaire, selon la préfecture de l’Aude.

    « Du côté des services de l’État, nous continuons dans un premier temps d’accompagner les collectivités pour le rétablissement des réseaux d’électricité et de communication, explique Lucie Rosech. Mais pour l’instant, nous sommes toujours dans la gestion directe de l’événement  : le 17 août encore, il y a eu une reprise importante à Jonquières.  » La fonctionnaire précise que les estimations des dégâts matériels sur le terrain ne peuvent donc pas encore être exhaustives et qu’il faut aider les sinistrés en priorité.

    « Il y a, bien sûr, une nécessité de recenser tous les dégâts, poursuit-elle. Ce travail est entamé dans un premier temps par les sapeurs-pompiers. Mais derrière, il y aura un recensement plus exhaustif par les communes de l’endommagement des voiries, des espaces forestiers, etc. Différents dispositifs vont alors pouvoir s’enclencher. De façon immédiate par exemple : l’État va actionner un outil de prise en charge des frais que les communes avancent pour le relogement des personnes qui ont perdu leur maison. » Restera ensuite à entamer le chantier titanesque de la reconstruction du territoire. Selon la secrétaire générale de la préfecture, 90% des dégâts sont de nature forestière : « Il faut alors répondre à de nombreuses questions : Qu’est-ce qu’on reconstruit ? Qu’est-ce qu’on replante ? Qui finance ? »

    Un plan national pour l’Occitanie ?

    De son côté, la présidente (PS) du conseil régional d’Occitanie, Carole Delga, s’est rendue une première fois sur le terrain le 14 août, à Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse, où elle a participé à une réunion avec la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, des élus locaux et des vignerons. À cette occasion, la socialiste a lancé un appel au président de la République pour amorcer « un grand plan national d’investissements Occitanie Résiliente », qui reconnaîtrait la spécificité du territoire régional face aux effets du changement climatique. Face à la ministre de l’Agriculture, Carole Delga a également plaidé pour que l’État simplifie la construction de retenues collinaires : « Notre région doit faire l’objet d’un traitement exceptionnel du fait de sa situation exceptionnelle, car nous sommes la région la plus exposée aux risques climatiques. » Jeudi 21 août, l’élue s’est de nouveau rendue sur la commune de Coustouge, aux côtés d’Hélène Sandragné, présidente du Département et de Sébastien Pla, sénateur, afin d’animer, entre autres, une réunion de travail avec les maires des communes sinistrées par les incendies.

    Une solidarité immédiate

    « Dès les premières heures, nous avons constaté un grand élan de solidarité sur le territoire, se remémore Lucie Roesch. Je pilotais la cellule de crise et sur tout le territoire, des personnes se sont mobilisées pour ravitailler les pompiers et aider les naufragées sur les routes. Depuis, cet élan ne s’est plus arrêté. »

    La solidarité sur le territoire a aussi pris la forme d’initiatives institutionnelles. Éric Ménassi, maire PS de la commune de Trèbes et président de l’Association des maires de l’Aude (AMA), explique : « Il y a trois canaux différents de solidarité. Le premier est destiné aux pompiers et il est mis en place par l’Union départementale des pompiers de l’Aude. Le second est destiné à aider les sinistrés : il est porté par l’association Aude Solidarité. Enfin, avec l’Association des maires de l’Aude et avec le soutien de l’Association des maires de France (AMF), nous avons mis en place un fonds de solidarité dédié aux communes sinistrées. » Grâce à ce fonds, l’AMA espère apporter un soutien financier aux communes concernant les frais qui sortent des cas prévus par le droit commun, tels que les dépenses de nourriture pour les pompiers ou les dépenses logistiques. « Aujourd’hui, on dépasse les 26 000 euros de dons de particuliers et on estime à environ 100 000 euros les promesses de dons des différentes collectivités », ajoute Éric Ménassi.

    Comme beaucoup d’élus locaux, le maire de Trèbes se souvient des inondations qui avaient ravagé le département de l’Aude en 2018. « Dans ces moments graves, nous devons d’abord passer par une phase de constat, qui est celle que nous traversons maintenant. Le territoire est quasiment défiguré. Mais demain, notre rôle d’élu sera de s’organiser pour rendre le territoire plus résilient face aux conséquences du changement climatique. »

    Une enquête ouverte

    Pour ce qui concerne la détermination des causes de l’incendie dévastateur, une enquête a été ouverte dès le 6 août. Selon un communiqué du procureur de la République, l’ampleur de l’événement a conduit à ce que le parquet de Carcassonne, initialement compétent, se dessaisisse de l’affaire dès le 9 août au profit du pôle régional de l’environnement du parquet de Montpellier. Le ministère public indique également qu’au fur et à mesure des investigations des gendarmes et des services spécialisés, « il est apparu que cet incendie avait une cause anthropique, toute cause naturelle étant exclue ». Un collège de deux juges d’instruction a été saisi. Et si des investigations complémentaires sont évidemment nécessaires, les experts estiment déjà que l’incendie « pourrait avoir une cause criminelle résultant d’un acte volontaire ».

  • Un avenir incertain pour les vignerons

    Un avenir incertain pour les vignerons

    Ces vignes ont été plantées par mon père et mon grand-père. Tout est parti en fumée », déplore Baptiste Cabal, viticulteur du Cellier des demoiselles à Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse. Son domaine a été l’un des plus touchés par le drame, avec 300 hectares de vignes brûlés et 90% de la propriété détruite. Au total, 1 100 hectares de vignes ont été dévastés par les incendies d’après le Syndicat des vignerons de l’Aude. « On se demande réellement si on va vendanger et utiliser les récoltes », indique Franck Saillan, son secrétaire général. « Avec les restes de fumée et de produit retardant, le vin risque d’être invendable ».

    Un coupe-feu végétal qui coûte cher

    Pendant la catastrophe, les vignes ont servi de pare-feu naturel, ralentissant les flammes pour protéger les habitations. Pourtant, les campagnes d’arrachage subventionnées par l’État ces dernières années pour éviter la surproduction due à la baisse de consommation de vin, produisent l’effet inverse. « Les dégâts humains et matériels sont essentiellement dus à la perte de surface viticole. On arrache du naturel pour laisser un bidon d’essence », estime Franck Saillan.

    Pour compenser les pertes économiques, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a annoncé, jeudi 14 août lors de sa visite dans l’Aude, le déblocage d’un fonds d’urgence de huit millions d’euros pour les agriculteurs sinistrés, complété d’une exonération fiscale et d’une avance jusqu’à 10 000 euros par producteur. Une solution qui, d’après Franck Saillan, ne sera suffisante qu’à court terme. « Il y a longtemps qu’on tire la sonnette d’alarme. L’incendie n’a surpris personne. Toutes ces vignes arrachées sont la conséquence d’une économie qui ne suit pas. Il faut se servir de ce drame pour prendre le problème à bras-le-corps ».

    Accès à l’eau, diversification de la production et compensation financière face aux handicaps naturels, les viticulteurs de l’Aude attendent un plan d’action sur le long terme. « Le département est habitué aux catastrophes comme celles-ci. Je pense notamment aux inondations de 2018, qui avaient débouché sur la mise en place d’alertes  », se souvient Franck Saillan. « J’ai espoir qu’on trouve des solutions pour maintenir les paysages comme on les connaît aujourd’hui ». « Il faut un projet fort », reprend Baptiste Cabal. « Le feu a coûté entre 80 et 100 millions d’euros à l’État. Si on nous en donnait une partie, on pourrait initier des changements pour l’avenir ».

    « Un laboratoire du réchauffement climatique »

    Lors de sa visite, la ministre de l’Agriculture a dit vouloir faire du département un « laboratoire du réchauffement climatique ». Présente également, la présidente de la Région Occitanie Carole Delga a appelé Emmanuel Macron à lancer un « un plan Marshall d’envergure ». « Nous sommes la région la plus exposée aux risques climatiques. L’État doit reconnaître sa spécificité à travers une adaptation réglementaire ».

    Pour l’heure, l’Association audoise des agriculteurs sinistrés appelle aux dons sur helloasso.com.