Tag: Carole Delga

  • [Municipales] L’union de la gauche implose à Bagnols-sur-Cèze

    [Municipales] L’union de la gauche implose à Bagnols-sur-Cèze

    Les discussions ont accouché d’une souris. Tout l’été, les organisations politiques et certains responsables associatifs se sont vus pour tenter d’obtenir une liste commune à gauche. Mais comme aucun compromis n’a été trouvé, chacun avance désormais dans son coin.

    Le premier à avoir dégainé, c’est Michel Cegielski. Dans la majorité depuis 2008 après avoir occupé plusieurs postes à la sécurité, aux sports, aux finances et enfin à la culture, l’ex adjoint a perdu sa délégation en juin dernier après avoir refusé de voter le budget. Le 22 septembre, il a donc annoncé sa démission du conseil municipal et son entrée en campagne pour les prochaines élections, où il assure qu’il sera tête de liste.

    Membre depuis 1995 du Parti radical de gauche qu’il vient de quitter, il n’est pas parvenu à rassembler la gauche, lui qui est jugé trop proche du maire sortant. L’ancien insoumis qui a rejoint le parti de François Ruffin et seul opposant de gauche au sein du conseil municipal, Jérôme Jackel, a aussi officialisé sa candidature le 16 octobre. Il assure avoir les 33 noms prêts pour sa liste mais laisse tout de même la porte ouverte aux forces de gauche. « Nous étions pour l’union. Au départ, je me suis relégué pour éviter la guerre des ego mais les partis de gauche n’ont pas réussi à s’accorder sur la tête de liste donc j’ai décidé de me lancer parce qu’à moins de six mois de l’élection, il fallait y aller », explique Jackel qui, après avoir distribué des cahiers de doléances cet été, veut axer sa campagne sur « la sécurité, la mobilité, le cadre de vie, l’économie et la jeunesse ».

    Que vont faire les socialistes ?

    Mais les socialistes et les communistes jugent le profil de Jackel pas suffisamment rassembleur. Une troisième liste est donc en préparation derrière une figure associative bien connue de la troisième ville du Gard. La section communiste y travaille mais la récente fusion des sections socialistes de Bagnols-sur-Cèze pourrait rebattre les cartes. En effet, si la majorité des militants locaux souhaitent l’union, ils n’ont pas encore choisi leur tête de liste. Si certains veulent s’allier avec les communistes derrière cette figure associative, d’autres penchent pour un soutien à Cegielski.

    Il se murmure aussi que Carole Delga pousserait pour un accord avec le maire sortant, Jean-Yves Chapelet, pas encore officiellement dans la course mais dont la candidature ne fait que peu de doute. Face à la menace très prégnante de l’extrême droite (qui connaît aussi des turbulences en interne), la présidente de la Région serait favorable à une alliance dès le premier tour avec le maire sortant, qui est pourtant fragilisé après le scandale de l’imam Mahjoub Mahjoubi et la prolifération du narcotrafic.

    Si les socialistes ne décident pas à eux seuls du résultat de l’élection, ils ont entre leurs mains la possibilité d’insuffler une réelle dynamique pour un candidat. Un coup de pouce non négligeable car tous espèrent finir en tête du camp républicain au 1er tour pour être en capacité de rassembler au second tour face au RN.

  • Delga dénonce les propos « insultants » du RN

    Delga dénonce les propos « insultants » du RN

    Le 25 septembre, le député du Rassemblement national de Moselle Laurent Jacobelli a posté une vidéo après avoir visité le mémorial, à l’occasion de la journée nationale d’hommage aux harkis. Dans celle-ci, il reproche aux « Département et la Région » d’avoir fait du Mémorial « un temple du wokisme » où l’on « propose des expositions sur l’Ouganda, sur les LGBT, sur tout et rien, pour diffuser une pensée de gauche et pro-migrants » et où « on ne parle plus des harkis ».

    Michèle Martinez, députée RN des Pyrénées-Orientales, a confirmé le même jour qu’au Mémorial, « le passé harki est parfois invisibilisé par d’autres mémoires  », sans préciser que celui-ci n’avait pas été créé pour la mémoire des harkis mais pour l’ensemble des populations passées dans ce camp dont des Républicains espagnols qui ont fui le franquisme, des Juifs envoyés ensuite à Auschwitz, des migrants, des homosexuels ou des Tsiganes…

    Ces propos ont rapidement fait réagir plusieurs historiens qui ont dénoncé les mensonges de l’élu d’extrême droite, puisque l’exposition permanente par exemple traite largement des 22 000 harkis passés dans ce camp. Carole Delga s’est également émue de ces propos et a dénoncé des « propos indignes et haineux ». « Méconnaître l’Histoire est une chose, la salir en est une tout autre. Par ses propos indécents et insultants, Laurent Jacobelli témoigne tout à la fois de sa profonde ignorance de l’Histoire des Pyrénées-Orientales et de celle de la France, comme de son irrespect envers celles et ceux qui ici, à Rivesaltes, ont connu les heures les plus sombres de notre pays », a précisé la présidente socialiste de la Région.

    Dans un communiqué cosigné avec Hermeline Malherbe, la présidente du Département des Pyrénées-Orientales, Carole Delga réaffirme son soutien « aux équipes pour le travail remarquable qu’elles mènent » et ajoute : « Réécrire une partie de ce passé, en nier sa réalité mémorielle et scientifique comme l’a fait Laurent Jacobelli, porte un nom : provocation à la haine et à la discrimination. Tout cela dans quel but ? Falsifier l’Histoire pour fracturer la société française. Autant de méthodes qui rappellent la dangerosité du Rassemblement national, son histoire et ses idées d’extrême droite. »

  • Verrerie, éolien, hydrogène : la Région Occitanie soude les filières

    Verrerie, éolien, hydrogène : la Région Occitanie soude les filières

    Au sortir de la crise Covid, lors du déclenchement de la guerre en Ukraine, en période d’inflation ou aujourd’hui de tensions internationales, « la réindustrialisation n’est pas une posture mais une volonté politique », assure Jalil Benabdillah. Dans une région qui accueille 45 000 habitants de plus chaque année, « il nous faut créer 22 000 à 24 000 emplois pour ne pas que le taux de chômage augmente », rappelle le vice-président régional délégué à l’économie.

    Une équation complexe qui passe forcément par la préservation ou, à défaut, la réorientation du tissu industriel occitan. Mais aussi la formation. « On est à l’écoute du besoin des filières. Il faut donner aux gens toutes les chances d’avoir un emploi, les former sur des emplois qualifiants, non délocalisables. »

    L’équivalent de 3,7% du PIB de l’Occitanie est dédié à la recherche-développement et à l’innovation, secteur qui concentre 50 000 emplois, 35 000 chercheurs. « On a les atouts pour générer de la valeur sur nos territoires. On a les moyens pour garder nos talents et améliorer notre attractivité », positive Jalil Benabdillah qui annonce qu’un « plan consacré à la réindustrialisation et à la résilience sera voté en novembre » par le Conseil régional.

    Renaissance du site SAM

    Voilà des années que la Région de Carole Delga agit à son échelle, notamment pour tenter de protéger les activités et les salariés menacés. Le poids de la présidente des Régions de France ne suffit pas toujours. Dans le bassin de Decazeville près de Rodez, la fonderie SAM a fini par fermer en 2021 après une longue bataille politico-sociale. Mais la Région n’a pas baissé les bras. L’été dernier, elle a racheté le site, l’a fait dépolluer et avec l’aide de l’État ou l’agence Arac, a déjà remis aux normes trois bâtiments (A, B, D) en vue d’une prochaine commercialisation. « Le groupe irlandais Paragon ID est intéressé par le bâtiment C. D’autres entreprises pourraient venir dès 2026, les discussions sont avancées », révèle Jalil Benabdillah.

    Du côté de la verrerie Owens Illinois de Vergèze (Gard), le combat n’est pas encore perdu mais mal engagé. « Il reste trois semaines pour qu’un verrier se manifeste, à ce jour nous n’avons pas de piste », concède le vice-président régional qui veille à maintenir le contact et un dialogue social permanent avec les syndicats et la direction. Quoi qu’il advienne, la Région, qui a déjà missionné un cabinet pour travailler sur 3 ou 4 hypothèses de réindustrialisation, ne lâchera pas l’affaire. « On accompagnera les salariés pour leur trouver du travail, une formation. Des propositions seront faites aux syndicats », promet Jalil Benabdillah.

    Port-la-Nouvelle a le vent en poupe avec l’éolien

    La Région s’active aussi en coulisses pour pousser les secteurs industriels émergents. À Port-la-Nouvelle (Aude), où les premiers flotteurs viennent d’être installés, 435 millions d’euros ont déjà été investis (une enveloppe de 55 ME va suivre) en faveur du parc d’éoliennes en mer. Dans le cadre de sa stratégie de « première région à énergie positive d’ici 2050 », l’Occitanie veut faire de La Nouvelle « le premier port de maintenance des éoliennes ». S’ajoute un soutien aux dossiers photovoltaïques à l’instar de ce nouveau projet de recyclage de panneaux qui devrait voir le jour en 2026 ou 2027 en Ariège. « Ce sont des activités créatrices d’emplois, on vise le marché nord-espagnol », révèle Jalil Benabdillah. Lequel cherche à convaincre les chefs d’entreprise de s’implanter dans les territoires plus ruraux.

    Dans les zones sinistrées aussi à l’image de Béziers au fort taux de chômage et de pauvreté. C’est là que se développe Genvia, futur géant de l’hydrogène dont certains s’impatientent du développement poussif. « Depuis 2021, 120 emplois ont déjà été créés, 80 le seront l’an prochain, 1 500 sont visés d’ici 2030 », liste l’élu lui-même chef d’entreprise qui appelle à la patience. « Le business plan et la réalisation peuvent être en décalage. Ce sont des process lourds avec des nouvelles technologies qui ont un temps de maturation », rassure-t-il. En gage, l’élu indique que 23 demandeurs d’emploi ont participé à la première session de formation Eden. Et que 19 contrats de professionnalisation ont été signés avec des entreprises partenaires.

  • Occitanie : face à la crise agricole, le souhait de dérogations pour irriguer

    Occitanie : face à la crise agricole, le souhait de dérogations pour irriguer

    « Obtenir un statut à caractère expérimental sur la gestion de l’eau avec des dispositifs de compensation du handicap climatique. » Telle est la requête formulée à l’Europe par le directeur de la Chambre d’agriculture d’Occitanie. « Nous demandons à déroger à certaines réglementations sur l’eau car le réchauffement climatique nous impacte davantage que les autres régions », fait valoir Christophe Placet.

    À l’heure où l’eau se raréfie et où son usage raisonné est prôné, Denis Carretier ne se fait pas d’illusions. « On n’amènera pas de l’eau partout. ». Mais face au changement climatique, « on a besoin de l’eau pour la totalité de nos productions », affirme le président de la Chambre régionale d’agriculture. Au-delà de la sollicitation européenne, il rappelle qu’un travail sur les retenues hivernales est en cours avec la Région et plusieurs Départements, dont l’Hérault ou le Gard. « Le 6 octobre, on a une réunion avec Carole Delga [PS] au sujet du tuyau d’irrigation Aqua Domitia. Quand il y a de fortes pluies, l’eau file se perdre à la mer. Il faut des ouvrages pour arriver à la stocker », insiste Denis Carretier qui élargit la problématique. « L’Occitanie accueille 45 000 habitants de plus chaque année et chacun consomme 200 litres d’eau par jour. Avec de l’eau, cette région sera l’eldorado de l’Europe pour le tourisme ».

    Tandis que la crise agricole fait rage, Denis Carretier refuse de tomber dans une « posture pessimiste ». Il préfère « anticiper que subir » et rejette les critiques relatives à la volonté d’une agriculture productiviste. « Nous avons beaucoup de petites exploitations. On ne veut pas passer de 50 à 100 hectares mais continuer à garder ce tissu par territoire et par filière. » Avec 64 500 entreprises agricoles employant 161 000 personnes, l’agriculture conserve un poids considérable en Occitanie. Avec 17 milliards d’euros de chiffre d’affaires (CA), le secteur (2e exportateur) se classe au second rang derrière l’aéronautique/spatial (93 milliards d’euros de CA) et juste devant le tourisme (16 milliards de CA).

    Revenus proches du Smic

    Pour autant, la crise économique y est particulièrement forte. Si en Occitanie le coût moyen de production agricole est inférieur à la moyenne française (2014 euros/hectare, soit 80% du niveau national), il ne compense pas la grande faiblesse des rémunérations. En moyenne, le revenu agricole annuel plafonne à 19 452 euros. C’est seulement 45% du salaire agricole hexagonal et à peine plus que le Smic. En 2024, selon l’étude Agri’scopie réalisée par Cerfrance, seuls 55% des exploitants agricoles se disaient « sereins », 23% à l’équilibre. 11% se déclaraient en alerte, 9% en danger et 2% en situation urgence.

    Depuis, l’incertitude du contexte géopolitique mondial et les droits de douanes de Trump ont accentué la tendance. Ces derniers mois, les manifestations des syndicats agricoles ont rappelé l’exaspération et l’inquiétude pour l’avenir. Pour Denis Carretier, il est essentiel de « continuer à investir. Sans quoi les exploitations ne seront pas reprenables. Il faut aussi des perspectives de rémunérations, sinon on n’intéressera pas les jeunes ».

    La polyculture est une des pistes explorées. Pistaches, amandes, chanvre et agrumes se développent. « Ces filières se cherchent, elles ne peuvent venir qu’en complément pour l’instant », tempère Denis Carretier. Le président de la Chambre d’agriculture d’Occitanie rappelle que 21% des exploitations sont certifiées ou en conversion bio, que 28% commercialisent en circuits courts et 34% sous sigle officiel de qualité.

    Malgré tout, la viticulture fait partie des filières qui souffrent le plus, à l’instar des caves coopératives. « Elles n’ont pas la capacité à stocker le vin dans de bonnes conditions, elles ont des difficultés à s’organiser vis-à-vis du marché à l’international », constate Denis Carretier. Tandis que les fusions de caves continuent, Sabine Calmettes, chargée de mission à la Chambre d’agriculture de l’Aude, concède des erreurs structurelles. « Certaines caves arrivent en bout de course. Les bons choix n’ont pas toujours été faits. » À l’avenir, Denis Carretier préconise notamment de se réorienter vers les vins bancs et les rosés qui correspondraient plus au marché. En gardant à l’esprit que tout en étant résistante à la sécheresse, la vigne a de plus en plus soif.

  • Occitanie : face à la crise agricole, le souhait de dérogations pour irriguer

    « Obtenir un statut à caractère expérimental sur la gestion de l’eau avec des dispositifs de compensation du handicap climatique. » Telle est la requête formulée à l’Europe par le directeur de la Chambre d’agriculture d’Occitanie. « Nous demandons à déroger à certaines réglementations sur l’eau car le réchauffement climatique nous impacte davantage que les autres régions », fait valoir Christophe Placet.

    À l’heure où l’eau se raréfie et où son usage raisonné est prôné, Denis Carretier ne se fait pas d’illusions. « On n’amènera pas de l’eau partout. ». Mais face au changement climatique, « on a besoin de l’eau pour la totalité de nos productions », affirme le président de la Chambre régionale d’agriculture. Au-delà de la sollicitation européenne, il rappelle qu’un travail sur les retenues hivernales est en cours avec la Région et plusieurs Départements, dont l’Hérault ou le Gard. « Le 6 octobre, on a une réunion avec Carole Delga [PS] au sujet du tuyau d’irrigation Aqua Domitia. Quand il y a de fortes pluies, l’eau file se perdre à la mer. Il faut des ouvrages pour arriver à la stocker », insiste Denis Carretier qui élargit la problématique. « L’Occitanie accueille 45 000 habitants de plus chaque année et chacun consomme 200 litres d’eau par jour. Avec de l’eau, cette région sera l’eldorado de l’Europe pour le tourisme ».

    Tandis que la crise agricole fait rage, Denis Carretier refuse de tomber dans une « posture pessimiste ». Il préfère « anticiper que subir » et rejette les critiques relatives à la volonté d’une agriculture productiviste. « Nous avons beaucoup de petites exploitations. On ne veut pas passer de 50 à 100 hectares mais continuer à garder ce tissu par territoire et par filière. » Avec 64 500 entreprises agricoles employant 161 000 personnes, l’agriculture conserve un poids considérable en Occitanie. Avec 17 milliards d’euros de chiffre d’affaires (CA), le secteur (2e exportateur) se classe au second rang derrière l’aéronautique/spatial (93 milliards d’euros de CA) et juste devant le tourisme (16 milliards de CA).

    Revenus proches du Smic

    Pour autant, la crise économique y est particulièrement forte. Si en Occitanie le coût moyen de production agricole est inférieur à la moyenne française (2014 euros/hectare, soit 80% du niveau national), il ne compense pas la grande faiblesse des rémunérations. En moyenne, le revenu agricole annuel plafonne à 19 452 euros. C’est seulement 45% du salaire agricole hexagonal et à peine plus que le Smic. En 2024, selon l’étude Agri’scopie réalisée par Cerfrance, seuls 55% des exploitants agricoles se disaient « sereins », 23% à l’équilibre. 11% se déclaraient en alerte, 9% en danger et 2% en situation urgence.

    Depuis, l’incertitude du contexte géopolitique mondial et les droits de douanes de Trump ont accentué la tendance. Ces derniers mois, les manifestations des syndicats agricoles ont rappelé l’exaspération et l’inquiétude pour l’avenir. Pour Denis Carretier, il est essentiel de « continuer à investir. Sans quoi les exploitations ne seront pas reprenables. Il faut aussi des perspectives de rémunérations, sinon on n’intéressera pas les jeunes ».

    La polyculture est une des pistes explorées. Pistaches, amandes, chanvre et agrumes se développent. « Ces filières se cherchent, elles ne peuvent venir qu’en complément pour l’instant », tempère Denis Carretier. Le président de la Chambre d’agriculture d’Occitanie rappelle que 21% des exploitations sont certifiées ou en conversion bio, que 28% commercialisent en circuits courts et 34% sous sigle officiel de qualité.

    Malgré tout, la viticulture fait partie des filières qui souffrent le plus, à l’instar des caves coopératives. « Elles n’ont pas la capacité à stocker le vin dans de bonnes conditions, elles ont des difficultés à s’organiser vis-à-vis du marché à l’international », constate Denis Carretier. Tandis que les fusions de caves continuent, Sabine Calmettes, chargée de mission à la Chambre d’agriculture de l’Aude, concède des erreurs structurelles. « Certaines caves arrivent en bout de course. Les bons choix n’ont pas toujours été faits. » À l’avenir, Denis Carretier préconise notamment de se réorienter vers les vins bancs et les rosés qui correspondraient plus au marché. En gardant à l’esprit que tout en étant résistante à la sécheresse, la vigne a de plus en plus soif.

  • La gratuité des transports déjà au cœur de la campagne municipale

    La gratuité des transports déjà au cœur de la campagne municipale

    Trop coûteuse et plutôt inefficace sur les plans écologique et du report modal. Voilà en résumé les critiques faites par la Cour des comptes (CDC) à la Métropole de Montpellier au sujet du passage à la gratuité des transports en commun pour ses habitants.

    Volumineux, le rapport qui porte sur la contribution des usagers au financement des transports collectifs urbains ne cible pas que Montpellier. Mais son regard sur la gratuité, mise en place en décembre 2023, y est particulièrement sévère. Les magistrats financiers qui veillent à la bonne utilisation de l’argent public émettent trois principales remontrances. D’abord ils remettent en cause le report modal (et donc l’argument écologique) en faveur des transports en commun (trams, bus). Selon eux, la gratuité prendrait davantage aux piétons et aux vélos qu’à la voiture. Deuxièmement, ils estiment que ce principe soulève des risques de perte de qualité de service quand la fréquentation s’accroît. Troisièmement, ils pointent la hausse du versement mobilité pour financer un coût supplémentaire jugé trop élevé (50 millions d’euros annuels contre les 35 officiels). Coût dont la Cour déplore qu’il soit de plus en plus supporté par le contribuable plutôt que par l’usager. Elle réclame ainsi des études sur la facture réelle de la gratuité et recommande de revenir à des tarifs payants assortis de réductions solidaires sur critères de revenu, plutôt que sur le statut (jeune, senior…).

    Opposante à la gratuité, Isabelle Perrein, candidate déclarée aux municipales (15-22 mars 2026) à Montpellier, a vite fait de sortir la sulfateuse. Soutenue par Les Républicains, elle estime que la CDC lui donne raison. « La gratuité des transports dans une métropole est une erreur économique, financière et écologique ». Isabelle Perrein reprend à son compte des points négatifs soulevés par les magistrats financiers ou extrapolés : « cadencement des trams dégradé, insécurité accrue, rames bondées aux heures de pointe, saleté persistante… ». Et de conclure au sujet d’une « illusion coûteuse et inefficace » qui fait pourtant le bonheur de milliers d’usagers. « Un mythe s’effondre : la gratuité des transports est une impasse ».

    La Fnaut soutient le choix de Michaël Delafosse

    Sans se montrer aussi virulent, Philippe Saurel boit aussi du petit-lait. 5 ans après avoir assuré que la gratuité était impossible à instaurer, l’ancien maire s’en prend à Michaël Delafosse qui a vivement réagi au rapport. « Il critique le magistrat qui a conduit l’enquête et déplore son approche comptable », s’émeut Philippe Saurel. Et celui qui pourrait annoncer sa candidature dans les prochains jours de s’interroger. « N’est-il pas normal que la Cour des comptes contrôle les comptes ? À moins que le fond de sa pensée soit : j’ai été élu, je fais ce que je veux avec l’argent public. L’argent public représente l’impôt et le travail des citoyens, il doit être utilisé avec respect et discernement ».

    De son côté, le maire socialiste a immédiatement réagi au rapport qui comporterait « plusieurs inexactitudes ». M. Delafosse insiste sur la hausse de fréquentation (27%) depuis un an et demi et précise que selon l’agence Atmo, la qualité de l’air s’est améliorée. Il promet qu’en octobre, une enquête de Mobility Metrix prouvera que « la part de la voiture a été réduite, au contraire de la marche et du vélo ». Enfin, il rappelle que les investissements ont augmenté pour financer la 5e ligne, l’extension vers la gare TGV ou encore créer la police métropolitaine des transports.

    De son côté, la Fédération des usagers des transports (Fnaut) soutient les choix du maire comme ceux de Carole Delga à la Région avec le TER à un euro. « La Cour des comptes se plante, elle pose mal la problématique », estime Eric Boisseau. « La gratuité est un outil politique efficace pour promouvoir les transports en commun », affirme l’expert tout en précisant le « besoin d’un service de qualité et attractif ». Quant à la critique du fait que le contribuable paye davantage que l’usager… « C’est un choix politique que les électeurs ont décidé ». Selon le principe de libre administration des collectivités, il n’appartient donc pas à la Cour des comptes d’en juger. Nul doute que la campagne électorale qui s’ouvre tranchera le sujet. Pour sa part, M. Delafosse reste ferme. « Je serai un ardent défenseur de la gratuité car elle est utile à tous et permet de mettre en œuvre l’indispensable transition écologique ».

  • Les rencontres de la gauche à Bram, à l’initiative de Carole Delga, font le plein

    Les rencontres de la gauche à Bram, à l’initiative de Carole Delga, font le plein

    Aujourd’hui, nous étions 2 500 personnes réunies pour faire vivre la gauche républicaine. Avec cette force collective, nous affirmons notre cap : redresser la France, rassembler et porter l’espoir d’un avenir plus juste. » Pour la cinquième année consécutive, la présidente de la Région Occitanie Carole Delga a organisé « les Rencontres de la gauche » samedi à Bram, dans l’Aude. Elle peut être satisfaite d’avoir réuni l’ensemble des forces des gauches à l’exception de la France insoumise. Les responsables du PS dont le Premier secrétaire Olivier Faure, qui n’est pourtant pas sur la ligne « Delga » et le président du groupe des députés à l’Assemblée nationale, Boris Vallaud, ont fait le déplacement et salué la réussite de cette journée comme Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes. Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, était représenté par le sénateur communiste des Bouches-du-Rhône Jérémy Bacchi.

    Cette année, les débats se sont déroulés alors que le pays traverse une crise politique majeure. À ce titre, les propos du Premier ministre Sébastien Lecornu, qui a annoncé samedi dans Le Parisien refusé la taxation des plus riches, ont été vivement critiquée.

    Ce sont surtout les municipales de mars prochain qui ont occupé les esprits avec une ambition : l’unité à gauche. « Alors que les populations rejettent le libéralisme, l’extrême droite est vue comme la solution de rupture. C’est le défi de la gauche aujourd’hui » a souligné le sénateur Jérémy Bacchi lors d’un débat avec les autres représentants de la gauche.

    Le sénateur des Bouches-du-Rhône, qui a fait partie de la commission d’enquête sur le narcotrafic, une plaie dans tous les territoires a aussi exhorté à « cesser d’opposer la gauche et le régalien. L’AppeldeMarseille l’a prouvé : la sécurité dans nos quartiers est un marqueur de gauche et une question de classe. C’est notre responsabilité d’assurer la sécurité publique pour tous ». Le sénateur communiste a aussi réaffirmé « que la gauche est une force dans ses différences ! Elle a toujours su bousculer les politiques en plaçant l’humain en priorité. Elle a créé la Sécurité sociale, elle a su innover sans peur. Retrouvons cette audace ! »

  • Incendie de l’Aude : Carole Delga en appelle à l’État

    Incendie de l’Aude : Carole Delga en appelle à l’État

    Nous n’y arriverons pas seuls. Nous avons besoin de la solidarité nationale parce que la sécheresse est durable et que nous sommes frappés par d’autres aléas climatiques. »

    Un mois après le gigantesque incendie des Corbières qui a parcouru en août 16 000 hectares de pinèdes et de vignes, détruit 36 habitations et causé la mort d’une habitante, Carole Delga (PS) et Hélène Sandragné (PS) en appellent à l’aide de l’État.

    Vendredi 12 septembre, les présidentes de Région et du Département de l’Aude ont demandé « la reconnaissance des incendies comme aléas climatiques au titre des indemnisations agricoles et viticoles ». Actuellement, en cas de pertes de récoltes, les agriculteurs ne peuvent obtenir des indemnisations de l’État qu’en cas de phénomènes météorologiques extrêmes (inondations, gel, grêle…).

    L’Occitanie étant la région française « la plus exposée aux aléas et catastrophes climatiques », Carole Delga a interpellé le président de la République sur « le besoin d’une prise en compte spécifique » de ce territoire. L’élue socialiste réclame un « plan national Occitanie résilience » qui serait soutenu par l’Union européenne avec des « outils réglementaires et financiers pour agir vite et fort ».

    La présidente de Région pense entre autres à des financements pour maintenir le pélicandrome de l’aéroport de Carcassonne, du matériel supplémentaire pour le Sdis audois ou à un élargissement du fonds d’indemnisation agricole (8 millions d’euros) au-delà des territoires brûlés. Enfin, Carole Delga demande un avenant au contrat de plan État/Région afin de « faire face au changement climatique ».

    En attendant une réponse, Carole Delga et Hélène Sandragné ont indiqué que la Région et le Département de l’Aude ont chacun débloqué une enveloppe exceptionnelle de 10 millions d’euros en solidarité aux sinistrés (viticulteurs, entreprises, associations…). Un premier geste qui sera suivi en novembre d’un plan de transformation du territoire.

  • À Béziers, déjà deux listes dans l’arc républicain

    À Béziers, déjà deux listes dans l’arc républicain

    Les 15 et 22 mars 2026, Béziers se donnera-t-elle les moyens de tourner la page de l’extrême droite incarnée depuis 2014 par Robert Ménard réélu au 1er tour en 2020 avec 68% des voix ?

    À gauche, le Printemps biterrois travaille à ne pas reproduire les erreurs du passé. Avec 3 listes de gauche, « on a fait le pire en 2020, on ne peut faire que mieux », positive Thierry Antoine (EELV). Voilà plusieurs mois que les principales formations politiques (PS, EELV, PCF, l’Après, Place publique, Génération.S, Gagner) sont rassemblées pour porter un projet progressiste commun. Dimanche 7 septembre lors de la fête de la Plantade organisée par le PCF, une nouvelle étape a été franchie avec la désignation « par consensus » de l’écologiste Thierry Antoine comme tête de liste.

    Une première victoire pour le Printemps biterrois même si la France insoumise (LFI) manque toujours à l’appel. « Rien n’est acté, on aura encore des discussions. Le ressenti de leurs militants n’est pas forcément le même que celui du parti. Magali Crozier [LFI] était présente à la Plantade et a laissé entendre que tout reste possible », positive Thierry Antoine. En 2020 aux côtés des Insoumis, il n’avait obtenu que 5,36%. « Il faudra faire beaucoup mieux, au moins imposer un second tour. » Pour ce faire, le programme sera une clé. Des consultations citoyennes vont s’accélérer, quartier par quartier. « Le com’ de Ménard étouffe les Biterrois qui ne s’expriment plus. Il faut jouer la proximité, la déclinaison des programmes nationaux on n’en veut plus », promet l’écologiste.

    Thierry Mathieu en piste

    Quelque part c’est aussi le ressenti de Thierry Mathieu. Mais pour le directeur de la CAF de l’Hérault qui a officialisé sa candidature le 4 septembre devant 400 soutiens, la comparaison s’arrête là. « Je respecte les partis mais je ne crois plus en eux à l’échelle locale », tranche Thierry Mathieu. Pour lui, le seul parti qui vaille, c’est « celui des bonnes volontés » qu’il essaye d’agréger avec des associatifs, acteurs culturels et sportifs, chefs d’entreprise, citoyens de diverses sensibilités politiques…

    Sa démarche autour d’un projet dit « humaniste et républicain » est perçue comme centriste du côté du Printemps biterrois. « Thierry Mathieu a pas mal d’anciens de Raymond Couderc [ex-maire UMP] ou proches de la Macronie », observe Thierry Antoine. Et aussi quelques socialistes ou proches à l’instar des sénateurs Hussein Bourgi (PS) et Henri Cabanel (RDSE). Un soutien de Carole Delga à Thierry Mathieu, conseiller régional de sa majorité, pourrait peser. « Je serais étonné qu’elle prenne position pour quelqu’un qui se dit ni de droite ni de gauche et n’aime pas les partis », tacle Thierry Antoine.

    En attendant, le directeur de la CAF trace sa route « pour ma ville », dit-il. Marqué par les événements à la Devèze, il veut « ventiler les effectifs de la police dans tous les quartiers ». Mais aussi causer laïcité pour « arrêter de manipuler les religions comme Ménard ». Plutôt que des uniformes, il proposera un « accès gratuit au soutien scolaire » et promet de « créer un écosystème favorable à l’emploi » à Béziers où le taux de pauvreté atteint 36%.

  • TER à 1€ : bénéfices et limites du dispositif

    TER à 1€ : bénéfices et limites du dispositif

    Quelles sont les forces et les faiblesses du TER à un euro ? Depuis que feu Christian Bourquin a concrétisé cette promesse de Georges Frêche, par la suite étendue à l’Occitanie par Carole Delga, c’est la première fois qu’un regard indépendant se pose sur cette mesure phare de la Région.

    Dans le cadre d’un audit flash (4 mois seulement), la Chambre régionale des comptes (CRC) a passé au crible ce choix politique fort et unique en France. « Seuls les Hauts-de-France ont une offre restreinte pour les 4-12 ans », renseigne Valérie Renet. Et la présidente de la CRC de préciser aussitôt : « Le but n’était pas d’évaluer la politique ferroviaire de la Région mais de poser des constats. »

    De quoi parle-t-on ? L’offre dite du TER à un euro est composée de 4 dispositifs. D’abord 5 lignes historiques proposent des billets à ce prix. Ensuite un million de billets à l’euro symbolique sont contingentés chaque année. S’ajoutent des promotions tous les premiers week-ends du mois ainsi qu’une remise estivale (14 juillet-15 août) pour les moins de 25 ans.

    Toutes mesures confondues, le TER à 1 euro représente 2,7 millions de billets annuels vendus (dont la moitié sur les dispositifs week-ends et jeunes), soit environ 13% du total des voyages des trains régionaux d’Occitanie. L’impact n’est donc pas négligeable pour un coût chiffré à 9 millions d’euros annuels, ce qui représente 2% montant total dédié à l’exploitation des TER (environ 3,4 euros par billet). « L’usager ne paye jamais la totalité du service. Ici 23% et 77% pour les contribuables », calcule Valérie Renet.

    +68% de fréquentation

    Quoi qu’il en soit, une statistique plaide en faveur du succès des politiques régionales. Entre 2019 et 2024, la fréquentation globale du réseau ferroviaire d’Occitanie a bondi de 68%. Et un quart de cette croissance provient des deux principaux dispositifs du TER à un euro. La Région comptait l’an passé 80 000 voyageurs et en vise 100 000 d’ici 2032. Autre indicateur favorable : le taux de remplissage des TER d’Occitanie, s’il peut paraître faible (39%), est nettement meilleur que la moyenne nationale (32%).

    L’idée de Carole Delga est à la fois de soulager le portefeuille des ménages et de favoriser le report modal vers le ferroviaire. Sur ce point, le bilan est plus contrasté, selon la CRC. Avec un ratio de 248 km voyageurs par habitant, notre région se classe toujours en avant-dernière position. Une étude de 2022 évaluait la part du report modal de l’ensemble des voyageurs vers le train à seulement 12% grâce au TER à 1 euro. Selon Valérie Renet, le prix du billet n’est pas le seul facteur de décision. « Les taux de fiabilité et de ponctualité des TER sont plus faibles en Occitanie (80-85%) », avance la présidente.

    Magistrat à la CRC, Fabrice Ribet précise que « dans les régions du Sud, il y a une habitude à davantage utiliser la voiture ». Il ajoute que « la situation dégradée de certaines infrastructures n’incite pas certains voyageurs à choisir le TER ». Lequel est parfois concurrencé par la route, par exemple sur la ligne de l’Aubrac (Béziers-Neussargues) qui longe l’A75. « Son taux de remplissage (10-12%) est le plus faible et la ligne nécessite 375 millions d’euros d’investissement d’ici 2027  ». Valérie Renet ne va « pas jusqu’à dire que des lignes historiques devraient être fermées » mais souligne que « leur impact environnemental est parfois limité lorsqu’elles ne sont pas électrifiées ». « Il y a besoin d’une étude comparative en fonction des besoins en investissements. » On peut aussi miser sur l’incitation au changement des comportements à long terme et se dire que le service public n’a pas pour vocation première d’être rentable.

    « Une habitude à davantage utiliser la voiture »