Tag: Carole Delga

  • [Sénatoriales] Le périlleux pari de la gauche dispersée

    [Sénatoriales] Le périlleux pari de la gauche dispersée

    Le retrait des sortants aiguise les appétits individuels mais accentue le risque des désillusions collectives. Pour la gauche, le scrutin sénatorial du dimanche 27 septembre a tout l’air du piège.

    Tout d’abord, elle est sortie plutôt affaiblie des Municipales dans l’Hérault. Or, le corps électoral des 2 729 grands électeurs est largement constitué de délégués des conseils municipaux. Ajoutez à cela un mode de scrutin singulier (la proportionnelle de liste à un tour) et l’affaire se corse un peu plus.

    Au vu de son actuelle situation confortable (3 sièges sur 4), la gauche héraultaise semble avoir plus à perdre qu’à gagner face à une droite certes elle aussi divisée mais solide et une extrême droite qui ne cesse de progresser.

    Le fait que deux sortants (Christian Bilhac, PRG/RDSE et Henri Cabanel, DVG/RDSE) ne se représentent pas génère de l’incertitude. Une brèche vers le palais du Luxembourg dans laquelle de nombreux impétrants souhaitent s’infiltrer à gauche. Sans même compter les listes surprises qui pourraient être déposées en préfecture du 7 au 11 septembre, pas moins de 6 listes de gauche sont déjà annoncées dans l’Hérault.

    Embouteillage à gauche

    La liste qui semble favorite semble être celle menée par Hussein Bourgi. Allié à la vice-présidente de Métropole Julie Frêche (numéro 2) et soutenu par le PCF, le sénateur sortant peut compter sur un solide réseau d’élus notamment à Montpellier. Probablement suffisant pour conserver son siège. Pour en obtenir un second en revanche…

    Il faudra batailler avec les concurrents. À commencer par Florence Brutus (PRG). La vice-présidente de Région auprès de Carole Delga est soutenue par le sortant Christian Bilhac. L’ancien maire de Péret peut compter sur ses réseaux du monde rural.

    En probable 5e position (non éligible), le président du Département, Kléber Mesquida (DVG), en rupture avec la ligne du PS depuis son départ du parti à la rose, poussera la liste de l’élu héraultais, Aurélien Manenc. Lequel mise lui aussi sur la ruralité. Problème : la liste DVG dissidente d’Audrey Imbert, élue du canton de Mèze, vient compliquer la tâche.

    Enfin, les Écologistes et les Insoumis devraient partir séparés. Durant l’été, les premiers n’ont eu de cesse de faire les yeux doux aux seconds. En vain. La faute à la stratégie nationale autonome dictée par Jean-Luc Mélenchon. Massivement présente à ce scrutin, LFI n’a que peu de chance de succès. Dans l’Hérault, la mission s’annonce ardue pour l’élue municipale d’opposition à Castelnau-le-Lez, Alexia Laforge. Avec en tête de liste Agnès Gizard-Carlin (élue à Pezenas), les Verts chercheront eux aussi avant tout à tisser leurs réseaux et gagner en notoriété.

    Le RN tapi dans l’ombre

    Et la droite dans tout cela ? Au moins quatre listes devraient être en lice. Pourtant des ambitions ont pu être freinées. Un temps sur le coup contre le sortant Jean-Pierre Grand (Horizons), le délégué héraultais du parti d’Edouard Philippe, Jean-François Audrin, a renoncé. L’ex-UMP sera toutefois concurrencé à droite par Les Républicains. Leur liste sera menée par l’avocat et ex-porte-parole de l’association Non au béton, Alain Berthet. L’entrepreneur Joseph Francis devrait lui aussi mener une liste sans le logo UDI. Enfin, Malik Hamadache, adjoint au maire de Villeneuve-lès-Maguelone, devrait candidater pour Nouvelle Énergie, le parti de David Lisnard.

    La droite pourra compter sur les nombreux élus divers droite. Reste à savoir combien seront tentés par la liste RN de la députée Manon Bouquin appelée à dépanner suite au retrait (pour raisons médicales) du Sétois Sébastien Pacull qui avait été investi. Avec la prise d’Agde qui s’ajoute à l’emprise ménardienne dans le biterrois, le scénario d’un sénateur RN dans l’Hérault n’apparaît plus totalement farfelu.

  • Au PS, la ligne Delga plus suivie dans l’Hérault que dans le Gard

    Au PS, la ligne Delga plus suivie dans l’Hérault que dans le Gard

    C’est tout sauf une surprise et c’est désormais officiel : Carole Delga soutient Raphaël Glucksmann à la primaire (9-10 et 16-17 octobre) et surtout dans la course à l’Élysée. Jeudi 27 août sur TF1, la présidente de la Région Occitanie a officialisé son parti pris la veille de l’ouverture des universités d’été du parti à la rose (28-30 août).

    Pour elle, c’est clair : bien que dans le ventre mou des sondages actuels, le leader de Place publique est « le meilleur candidat à gauche ». R. Glucksmann a aussi l’atout d’être allergique à LFI de J-L. Mélenchon avec qui C. Delga, opposée à la Nupes dès 2022, refuse de s’allier.

    À l’exception de quelques réseaux militants et d’une poignée d’élus comme Loïc Linarès (Agglo de Sète), cette position semble largement partagée dans l’Hérault, du moins côté élus. Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, incarne depuis 2020 la ligne des deux gauches irréconciliables avec des Insoumis qui ne le ménagent pas dans l’opposition municipale. Le sénateur Hussein Bourgi et, jusqu’à son départ du PS, le président héraultais Kléber Mesquida, incarnent aussi ce courant de « l’aile droite du PS ». Le patron du PS 34 est raccord. « Dans un monde aussi trouble, je veux avoir un interlocuteur fiable face à Poutine, Trump. Glucksmann parle de droits de l’Homme et de fin du mois. Il peut concilier les demandes des Français dans un monde dangereux où l’indépendance de la France pèsera lourd », synthétise Julien Pradel.

    Premier défi : la primaire

    Dans le Gard, la ligne politique est beaucoup moins tranchée. Contacté, le secrétaire fédéral Pierre Jaumain, de l’aile gauche du PS, nous a fait savoir qu’il n’a « pas encore pris de position ». Chloé Ridel ne cache pas qu’elle soutient toujours le premier secrétaire. « Faure, c’est la garantie d’une politique de gauche radicale, réformiste, de justice fiscale, de hausse des salaires sans baisse des cotisations et de réindustrialisation. J’attends toujours de voir ce que Glucksmann propose… », tranche l’eurodéputée qui n’a pas l’intention de se rallier à J-L. Mélenchon « dans l’incapacité de battre le RN ».

    Si elle promet de se ranger derrière le vainqueur de la primaire (PS/Place Publique, GRS), Chloé Ridel croit en O. Faure. « Les jeux ne sont pas faits ». Tout comme J. Pradel croit en Glucksmann. « L’accession au 2e tour se fera autour de 16%, un point de moins que notre score aux Européennes. Et sans faire campagne, on est à 10% », positive le fédéral héraultais. Pour chaque camp, il faudra déjà gagner une primaire indécise à laquelle pourraient aussi participer S. Royal, J. Guedj et P. Brun. F. Hollande a lui choisi de l’enjamber.

  • Fibre Excellence : à Tarascon, l’expertise des salariés sacrifiée

    Fibre Excellence : à Tarascon, l’expertise des salariés sacrifiée

    Tout se précipite autour de l’avenir de l’industrie de la pâte à papier en France. Alors que l’entreprise de Haute-Garonne du dernier fabricant français doit trouver 90 millions d’euros d’ici le 8 septembre, la présidente de Région Occitanie, Carole Delga (PS), demande à l’état d’entrer temporairement au capital (lire ci-contre) et de ne pas démanteler. Sur le site de Tarascon, liquidé fin juillet, la question de la mise en sécurité du site inquiète de plus en plus.

    À peine l’usine prise en main par le mandataire désigné par le liquidateur, que de mauvaises manipulations font craindre le pire pour l’environnement. Du côté des riziculteurs et des ostréiculteurs, on s’alarme également et justement des rejets toxiques dans le Rhône, alors que, jusque-là, l’usine rejetait de l’eau plus propre que celle qu’elle puisait. Le PCF 13 fustige : « L’état a refusé de soutenir et d’aider financièrement l’offre de reprise qui aurait pu sauver l’usine. Quant au Conseil régional Paca à majorité de droite, il n’est pas intervenu sur ce dossier, contrairement au Conseil régional d’Occitanie à majorité de gauche ». Dénonçant « une catastrophe économique, sociale et écologique », il « soutient les exigences de la CGT ». La France insoumise (FI) 13 condamne également « l’inaction de l’État » et demande « la nationalisation des deux sites ». Le maire RN de Tarascon, Alexandre Ducouret, a quant à lui vu dans ces incidents l’occasion d’un coup d’agitation en arrivant sur le site avec des pompiers.

    Mais à Tarascon, ce sont ces salariés qu’on laisse sur le carreau qui sont les mieux placés pour prévenir les dégâts. Depuis des mois qu’on leur souffle le chaud et le froid, soutenus par la CGT et FO, ils n’ont eu de cesse d’alerter sur les risques d’une fermeture bâclée et de continuer à surveiller les installations. Depuis le 28 août, on leur demande de rendre leur tablier et de transmettre en quinze jours leur expertise et leur savoir-faire sur ce site complexe pour laisser la main à une équipe de Realtec, missionnée par le liquidateur. « Même moi qui suis sur cette usine depuis 10 ans, je n’ai pas la prétention de tout connaître sur le réseau électrique », indique Jean-Michel Bulinge, délégué CGT et technicien de maintenance.

    Dernière veillée

    Il en tient pour évidence les premiers jours de délais pour cette « passation » accordés par un arrêté préfectoral d’urgence pris le 28 août au soir, suite à la situation de blocage et de crise sur le site de Fibre Excellence. Un nouveau rendez-vous en urgence le 31 août, tenu sous l’égide de la sous-préfète d’Arles, actait d’une mise en sécurité « avec une équipe hybride composée d’anciens salariés de Fibre Excellence Provence ainsi que du personnel de la société Realtec mandatée par le liquidateur. Cette organisation pourra ainsi bénéficier de la connaissance, du savoir-faire et de la compétence des anciens salariés afin d’évacuer les principaux produits et déchets sur site tout en prenant soin de l’outil industriel pour le laisser dans le meilleur état de conservation possible et favoriser la reprise d’une activité sur site ».

    Une présence de neuf personnes était requise. « Pas de quoi permettre de garantir la sécurisation lors des opérations de vidange et de nettoyage », regrettait amèrement Jean-Michel Bulinge à la sortie de la réunion. La CGT estimant également, en se reportant à une note interne de l’usine, que la présence de 24 salariés était nécessaire sur une durée de six mois.

    Dès le 1er septembre, des opérations ont été réalisées avec cette équipe mixte et devaient se poursuivre durant un mois. « En quelques heures, trois événements inquiétants se sont produits, pollution alcaline, liqueurs noires déversées dans un bac de rétention, équipements de sécurité privés d’alimentation, liste le syndicaliste. Une situation potentiellement beaucoup plus grave a été évitée grâce à la surveillance des ex-salariés. » Alors que leurs contrats prennent fin, ces derniers restent, ce 2 septembre, « en attente des résultats des courbes de déversement des produits ».

    Pour sa part, Fibre Excellence dénie toute gravité : « Un écoulement imprévu d’un effluent industriel a été intégralement contenu dans le dispositif de rétention prévu à cet effet. Environ 6 m³ ont été dirigés vers la station de traitement des effluents. Aucun rejet dans le milieu naturel ni aucune pollution n’ont été constatés ».

  • Sortir du fatalisme

    Sortir du fatalisme

    La situation de Fibre excellence est un scandale à plus d’un titre.

    Dernière entreprise productrice de pâte à papier en France avec ses deux sites majeurs, Tarascon et Saint-Gaudens, elle a été abandonnée par le gouvernement qui a refusé d’apporter les garanties nécessaires au plan de reprise présenté, cet été, au tribunal de commerce de Toulouse. Et cela, en dépit des grandes déclarations sur l’importance des relocalisations d’usines et de la souveraineté industrielle après le covid.

    Fibre excellence a ensuite été disloquée : à la différence de l’usine de Saint-Gaudens, celle de Tarascon a été liquidée et ses salariés licenciés.

    Malgré les alertes lancées par les salariés et leur intersyndicale sur la dangerosité de l’arrêt de ce site classé Seveso, plusieurs incidents ont eu lieu, laissant craindre des conséquences environnementales en plus de la casse sociale et industrielle. Des peurs dans la population sur lesquelles la mairie RN de Tarascon, très discrète lorsqu’il s’agissait de défendre l’avenir de l’usine, n’a pas manqué de surfer.

    Nationalisation temporaire

    Dans ce contexte, Carole Delga, la présidente de la Région Occitanie, et sa majorité de gauche ont raison de se battre pour sortir du scénario de la catastrophe annoncée.

    En demandant au président de la République une nationalisation temporaire, elle ouvre une brèche dans le fatalisme ambiant et montre un autre chemin que celui que les dogmes libéraux infligent au monde du travail.

    Oui, Fibre excellence est une entreprise stratégique. Oui, des milliers d’emplois sont en jeu. Oui, il est temps d’agir. À Saint-Gaudens et à Tarascon !

  • [Occitanie] Carole Delga veut une nationalisation temporaire pour Saint-Gaudens

    [Occitanie] Carole Delga veut une nationalisation temporaire pour Saint-Gaudens

    La présidente de la Région Occitanie, Carole Delga (PS), ne lâche pas le morceau pour sauver l’usine sœur de Fibre Excellence Tarascon, située à Saint-Gaudens, en Haute-Garonne. Lors d’une conférence de presse, ce mercredi, l’élue a notamment appelé l’État à procéder à une « nationalisation temporaire » pour l’aider dans sa quête d’un repreneur pour le site occitan. Le tout, alors que le tribunal de commerce de Toulouse doit se prononcer, le 8 septembre prochain, sur son avenir.

    Concrètement, Carole Delga réclame « une prise de participation de l’État pour laisser le temps à un partenariat industriel de se former ». Avant de développer : « Je demande une participation de l’État à hauteur de 15 millions d’euros en capital et en trésorerie, sachant que la Région Occitanie a prévu 13 millions d’euros ». Si elle explique que l’Aris (Agence régionale des investissements stratégiques), a déposé une offre de reprise de 90 millions d’euros, il faut encore la consolider avec l’apport d’un « investisseur étranger » qui reste à trouver.

    Avec la nationalisation temporaire, Carole Delga espère donc gagner du temps. Concernant le site de Tarascon, elle ne baisse pas les bras non plus : « Nous avons demandé à ce qu’il n’y ait pas de démantèlement de l’outil industriel de Tarascon pour qu’il puisse y avoir de nouveau un projet ».

  • Le PS fait sa rentrée à Blois, la primaire dans le viseur

    Le PS fait sa rentrée à Blois, la primaire dans le viseur

    C’est la rentrée pour le Parti socialiste. Cadres, élus et militants se retrouvent à Blois, pour le CamPuS, université d’été du parti à la rose. À huit mois de l’élection présidentielle, celle-ci est dans toutes les têtes à mesure que les candidats à la primaire du pôle social-démocrate se dévoilent. Le scrutin, prévu les 9-10 et 16-17 octobre, a déjà son favori : Raphaël Glucksmann. L’eurodéputé et leader de Place Publique enchaîne les apparitions médiatiques et les ralliements à l’aile droite du PS. De Carole Delga, la présidente de la région Occitanie aux maires de Rouen et de Montpellier, Nicolas Mayer-Rossignol et Michaël Delafosse, des opposants revendiqués à la direction actuelle du parti. De même que le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Boris Vallaud : « il est le choix de la victoire, à la condition que cette victoire soit préparée par un projet commun, un contrat de législature, une équipe et une majorité capables de gouverner durablement. Comme militant, comme socialiste, comme responsable d’un courant qui aspire à unir les idées et les êtres », justifie le député des Landes dans une tribune.

    À ce stade, les autres candidats déclarés à cette primaire sont les députés Philippe Brun et Jérôme Guedj et l’ancienne candidate à l’élection présidentielle de 2007 Ségolène Royal. La Gauche républicaine et socialiste (GRS), représentée par l’un de ses fondateurs Emmanuel Maurel, participera également à ce scrutin. Si le maire de Saint-Ouen s’est déclaré candidat à la présidence, il n’entend pas passer par la case primaire. Même son de cloche pour François Hollande, qui s’estime au-dessus de la mêlée : « il se trouve que je suis un ancien président. Je m’adresse peut-être plus largement. Je considère que pour cette élection, il va falloir aller au-delà des formations politiques. Il faut chercher l’union, une union avec les électrices et les électeurs », dit-il.

    Faure veut l’union avec

    les écolos, tiraillés

    La candidature du Premier secrétaire du parti Olivier Faure fait peu de doutes. Il a jusqu’au 15 septembre pour se déclarer. Vendredi, il s’est présenté à Blois entouré de ses soutiens, parmi lesquels la maire de Nantes Johanna Rolland, le président de Seine-Saint-Denis Stéphane Troussel, la députée Dieynaba Diop et l’eurodéputé Pierre Jouvet, pour ne citer qu’eux. « Le Parti socialiste a quelque chose à dire dans cette élection présidentielle, nous allons être la surprise », veut croire le chef des Roses. Ce dernier pousse toujours pour un rassemblement. «Il n’y a pas de victoire possible sans les Écologistes. Il n’y a pas demain de majorité possible sans les Écologistes. C’est vrai à l’échelle locale et nationale. Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour qu’on puisse se retrouver et se rassembler », martèle Olivier Faure, arrivé au CamPuS, avec la députée écologiste Léa Balage El Mariky et la cheffe du groupe à l’Assemblée nationale Cyrielle Chatelain. Cette dernière a par ailleurs fait une apparition très remarquée la semaine passée aux Amfis, université d’été de LFI, aux côtés du leader du mouvement Jean-Luc Mélenchon. Quand le sénateur et ex-candidat à l’Élysée Yannick Jadot a apporté son soutien au patron de Place Publique. Les écolos sont, une nouvelle fois, tiraillés entre deux camps. Les huit mois qui suivent diront s’ils peuvent changer la donne.

  • Lycées : la Région poursuit sa quête de l’égalité des chances

    Lycées : la Région poursuit sa quête de l’égalité des chances

    « Protéger plutôt que laisser faire. Investir plutôt que subir. » Même si l’État a une nouvelle fois fait faux bond à la Région Occitanie (un demi-milliard d’euros d’enveloppe en moins), la majorité de Carole Delga (PS) a fait le choix de maintenir l’éducation comme priorité. Et ce afin de « permettre à chaque enfant, quelles que soient ses origines sociales, sa couleur de peau, de pouvoir rêver en grand, choisir son destin », insiste la présidente.

    Pour tendre vers « l’égalité des chances », il faut encore agir en faveur du pouvoir d’achat. Avec 74 millions d’euros (ME) injectés, l’Occitanie conserve, selon Carole Delga, « la rentrée la moins chère de France ». En dépit de difficultés d’approvisionnement et d’un surcoût (9 ME), l’ordinateur portable reste gratuit, de même que les manuels scolaires, les premiers équipements des apprentis et les formations aux premiers secours. L’aide à la licence sportive UNSS est maintenue à 15 euros et celle à la lecture passe de 15 à 20 euros dans les librairies indépendantes. Pour cette rentrée, l’aide à la cantine pour les familles en difficulté augmente même de 20%. Si l’on ajoute l’aide aux vélos (200 euros) pour les boursiers de seconde, les transports scolaires gratuits et la gratuité à l’usage des trains et cars Lio pour les 12-26 ans, on atteint le millier d’euros économisés pour chacun des 231 000 lycéens.

    Plan de prévention contre le protoxyde d’azote

    Contre l’assignation à résidence et le déterminisme social, la Région met aussi les moyens pour « une orientation choisie et non subie ». La plateforme « ID stages », propose à 31 000 jeunes 8 300 offres de stages. Dans les 13 départements, les salons « ID métiers » ont sensibilisé 27 000 collégiens de 4e et 3e. « 70% des jeunes ont découvert un métier dans ces salons », se félicite le vice-président Kamel Chibli. 28 000 jeunes ont été accueillis dans une maison d’orientation mobile.

    Dans le cadre de son grand plan « Occitanie résiliente » qui vise à faire de l’Occitanie la première région à énergie positive d’Europe, la majorité poursuit ses actions de rénovation et sécurisation de ses établissements scolaires. Les travaux pour l’inclusion et la rénovation énergétique avancent bien. « On est quasiment au bout de l’accessibilité de nos bâtiments », confirme K. Chibli, qui évoque une « sécurisation pragmatique, pas dogmatique » à base de tourniquets, d’accès via la carte jeunes et de caméras de vidéosurveillance. 10 ME ont été débloqués pour faire face à la canicule (brasseurs d’air, films anti-UV sur les fenêtres, protection solaire, isolation thermique…). « On n’a pas attendu d’être reçus par le ministre pour agir. »

    Enfin, Carole Delga est déterminée à poursuivre « la lutte contre toutes formes de discrimination ». Désormais, s’ajoute le combat contre le protoxyde d’azote, véritable fléau. Après concertation avec le Rectorat, un grand plan de prévention sera présenté à l’automne. S’ensuivra une campagne de sensibilisation avec un kit d’action pour les maires et les professionnels de l’éducation.

    Un nouveau lycée à Cournonterral

    Ce sera le 11e à sortir de terre depuis 2016 !

    Jeudi 10 septembre sera inauguré, en présence d’Élisabeth Badinter le lycée Élisabeth et Robert Badinter de Cournonterral, à l’ouest de Montpellier. Sur une surface de 17 200 m² et un site de 6ha, ce lycée à énergie positive accueillera 1 400 élèves et 130 agents. Le coût (52 ME) financé par la Région a été gonflé de 6 ME en raison de procédures environnementales. « Ça a été un lourd combat qui nous a retardés 2 ans », souffle Carole Delga.

  • La Région Occitanie veut sauver l’usine Saint-Gaudens

    La Région Occitanie veut sauver l’usine Saint-Gaudens

    « Nous avons fait la moitié du chemin et allons poursuivre le travail jusqu’à la prochaine audience du Tribunal de commerce, le 8 septembre. Rien n’est gagné. Mais une dynamique est engagée. J’irai jusqu’au bout pour donner un avenir industriel durable à Saint-Gaudens, à ses salariés et à la filière pâte à papier française ». Déterminée à ne pas voir s’éteindre l’emploi industriel, la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga (PS), a déposé lundi, via l’agence régionale des investissements stratégiques de la collectivité (Aris), une « offre consolidée » de reprise pour la deuxième usine du groupe Fibre Excellence située à Saint-Gaudens en Haute-Garonne.

    Le groupe Soprema

    autour de la table

    Contrairement au site provençal de Tarascon, le tribunal de commerce de Toulouse a laissé un sursis aux quelque 300 travailleurs occitans. L’offre pilotée par la Région Occitanie comprend « 90 millions d’euros d’investissement bouclés, un business plan solide et plusieurs industriels autour de la table », précise Carole Delga. Parmi eux, l’entreprise Soprema, un groupe indépendant alsacien au chiffre d’affaires de 5,2 milliards d’euros en 2025, spécialisé « dans le domaine de l’étanchéité, mais également comme un spécialiste de la couverture, des sous-couches phoniques et de l’isolation », comme l’indique le site de l’entreprise dont le siège est à Strasbourg. Soprema emploie 5 700 salariés en France, plus de 13 000 dans le monde.

    « Je garde aussi pour ambition d’offrir des perspectives pour le site de Tarascon » a aussi déclaré la présidente de la Région Occitanie.

  • L’agriculture occitane face aux sécheresses

    L’agriculture occitane face aux sécheresses

    « Le nombre de jours secs devrait encore augmenter de 25% si les émissions suivent leur trajectoire actuelle, et jusqu’à 50% selon le scénario le plus pessimiste. » En septembre 2024, le Réseau action climat* (Rac) dresse, dans un rapport, un panorama des conséquences du changement climatique dans toutes les régions. Si l’impact est général, l’Occitanie est particulièrement touchée par la sécheresse. Ainsi, la surface moyenne concernée par la sécheresse a triplé depuis 1960, souligne le Rac. Une réalité qui se confirme cet été 2026 marqué par des températures records et des canicules à répétition.

    Mardi 4 août, Météo-France a annoncé qu’avec une température moyenne de 24,9°C, le mois de juillet dépasse les précédents records de la canicule d’août 2003 (24,8°C) et de juillet 2006 (24,4°C). L’excédent de température par rapport aux normales (période 1991-2020) – qui interviennent elles-mêmes dans un climat déjà réchauffé par les activités humaines – atteint, comme en juin, +3,8°C. « Il s’agit de la deuxième anomalie mensuelle la plus élevée » jamais enregistrée après celle de février 1990 (+4°C), indique le prévisionniste national dans un communiqué.

    Faire face à ce réchauffement est un défi pour la première région française en nombre d’exploitations agricoles : plus de 64 000, réparties sur 3,1 millions d’hectares de surface agricole répertoriée en 2020. Avec une grande diversité : viticulture, élevage, fruits et légumes, grandes cultures… L’agriculture représente 165 000 emplois, ce qui en fait le premier secteur économique de l’Occitanie.

    Conséquence directe des sécheresses majeures, les usages de l’eau sont fortement impactés. Aujourd’hui, 80% de la France métropolitaine est soumise à des restrictions d’eau. C’est aussi le cas des territoires d’outre-mer. Dans le département du Gard, le préfet Jérôme Bonet « après avoir réuni un Comité de la ressource en eau (CRE), a décidé de renforcer les mesures de restrictions sur les bassins-versants du Virdoule et des Gardons amont et aval », indiquaient les services de l’État en début de semaine. Le CRE devait se réunir le 6 août « afin d’évaluer la nécessité d’ajuster ces mesures de restriction sur l’ensemble du département ». Le niveau le plus élevé des restrictions concerne le bassin-versant du fleuve Hérault amont, placé en niveau de restriction d’eau « crise ». C’est-à-dire que « seuls sont autorisés les usages prioritaires de l’eau, concourant à l’alimentation en eau potable des populations, à la survie des espèces aquatiques, à l’abreuvement des animaux, à la sécurité civile et à la salubrité publique. Des demandes de dérogations, encadrées, sont possibles au bénéfice de l’irrigation agricole », précise la préfecture. Dans l’Hérault, le bassin-versant du Jaur, qui prend sa source à Saint-Pons-de-Thomières, est aussi placé au niveau le plus haut.

    S’adapter ou mourir ?

    Le Rac mentionne dans son rapport les études du Réseau d’expertise sur les changements climatiques en Occitanie (Reco) sur cette question de l’accès à l’eau : « Les conflits liés à la ressource en eau devraient augmenter, et les différents types d’usages seront tous impactés : domestique, agricole, industriel, énergétique… Or dans certains cas, la demande en eau pourrait augmenter du fait du changement climatique. » Et de citer l’exemple du canal de Gignac, sur le bassin-versant de l’Hérault, où « la demande en eau pour l’irrigation agricole pourrait augmenter de 11 à 48% ».

    Les conflits liés à l’eau sont très médiatisés par certains syndicats agricoles comme la Coordination rurale (proche de l’extrême droite) alors que moins de 7% des surfaces agricoles sont irriguées. Sauf que l’absence de pluie, notamment en Occitanie, fait monter la pression. José Pérez, président de la Coordination rurale du Lot-et-Garonne, incite les agriculteurs à passer outre les restrictions. « N’hésitez pas à irriguer, on viendra sortir ceux qui nous contrôlent », a-t-il déclaré récemment.

    Loin des discours démagogiques, pour le Reco, « la gestion de l’eau et notamment les usages agricoles devront être repensés pour s’adapter aux nouvelles conditions climatiques ». L’adaptation est déjà à l’œuvre. Des viticulteurs de l’Aude et des Pyrénées-Orientales ont exceptionnellement commencé leurs vendanges fin juillet. Le Réseau action climat ne dresse pas simplement un constat, mais fait aussi des propositions. « L’une de ces réponses durables est le développement des pratiques agroécologiques, dont l’agriculture biologique. Selon le dernier rapport du Giec, ces approches “peuvent renforcer la résilience au change ment climatique, avec de multiples cobénéfices”. Elles offrent en effet une plus forte résistance aux événements extrêmes. » Et de citer, par exemple, la diversification « des cultures en intégrant notamment les cultures de légumineuses, qui permettent un meilleur maintien de la matière organique dans les sols, et allonger leurs durées de rotations ». Des actions concrètes donc, comme les études sur les cépages pour écrire l’avenir de l’agriculture occitane.

    * Créé en 1996 à l’initiative de France Nature Environnement, WWF, Greenpeace et les Amis de la Terre, le Réseau action climat fédère 27 associations nationales.

  • Sécurité civile : l’État ne peut plus jouer avec le feu

    Sécurité civile : l’État ne peut plus jouer avec le feu

    Et si c’était ce signal d’alarme qui déclenche enfin le passage à l’acte ? Tandis que les incendies, attisés par le réchauffement climatique, n’ont jamais autant ravagé la France, le Ceser vient de faire une proposition qui pourrait faire du bruit. Dans un courrier adressé au président de la République, au Premier ministre et au ministre de l’Intérieur, le Conseil économique, social et environnemental régional (Ceser) d’Occitanie réclame de toute urgence à l’État « la création d’une filière d’excellence industrielle française pour la sécurité civile ».

    Le président Jean-Louis Chauzy fixe même une deadline au 31 décembre 2026 afin de ne pas subir chaque été la même catastrophe qui a déjà coûté la vie à 4 pompiers français. « Il n’y a plus de temps à perdre (…) La facture 2026 sera très lourde. Les pompiers comme la population s’épuisent. Les vies sont en danger », écrit-il. Joint par téléphone, Jean-Louis Chauzy insiste sur la nécessité de « ne pas laisser le soufflé retomber. Après il y a aura la présidentielle, les législatives… il y aura toujours quelque chose ». Selon lui, le modèle des Canadairs que les Services d’incendie et de secours (Sdis) louent la plupart du temps est obsolète. « On ne peut pas attendre 10 ans pour construire un Canadair et 5 ans pour le réparer. On a les moyens de faire nous-mêmes. » Son idée, c’est de s’appuyer sur le savoir-faire de l’Occitanie (et d’autres régions comme Sud Paca ou Nouvelle-Aquitaine) pour construire ici les avions dont les soldats du feu ont besoin. « On a le premier pôle aéronautique au monde, des ingénieurs et des chercheurs très compétents », fait valoir Jean-Louis Chauzy. Son vœu n’est pas vraiment utopique puisque mardi 28 juillet, il a visité la société « Positive Aviation » à Blagnac qui s’apprête à commercialiser en octobre le premier avion Ecopeur amphibie FF72.

    Une flotte aérienne famélique et obsolète

    Le président du Ceser entend ainsi convaincre l’État, les collectivités, les industriels et les financiers (BPI France, banques…) d’unir leurs efforts pour « faire émerger une filière d’excellence française avec une coopération européenne ». Une manière également de renforcer la souveraineté du pays et de créer des emplois au moment où plusieurs industries vacillent.

    Les feux à répétition subis depuis plusieurs étés sont le signal que « la France doit revoir en profondeur sa stratégie de sécurité civile ». C’est le constat dressé par les députés Sophie Pantel (PS) et Damien Maudet (LFI), coauteurs d’un rapport parlementaire consacré aux moyens aériens de la sécurité civile. La question des moyens, en premier lieu ceux alloués par l’État, responsable de la sécurité, est donc essentielle. Au-delà, ce document conseille de « développer une culture du risque au sein de la population » avec des réservistes dans les communes.

    Il faut dire que le système actuel tient beaucoup au volontariat. Et souffre cruellement de moyens dépassés et insuffisants. « Nous sommes au bout de ce système, que ce soit en termes de moyens humains ou matériels », affirme Mathieu Manetti, secrétaire départemental du Sdis 30. Mardi 28 juillet, le syndicat des sapeurs pompiers volontaires de France (SSPVF) a lancé un appel national à la mobilisation. Il vise à recenser les personnes qui souhaitent « proposer leurs compétences et leur disponibilité pour contribuer, dans un cadre organisé et sécurisé, à l’effort collectif ».

    « Pour une planification

    à long terme »

    Comment de ne pas approuver la démarche quand on connaît le manque de bras. Sans parler de l’état de la flotte aérienne française : 20 bombardiers d’eau soit un de moins que dans les années 1980, 12 Canadairs et 8 Dash. Famélique pour un pays de 69 millions d’habitants où les régions méditerranéennes comme l’Occitanie sont particulièrement exposées aux aléas climatiques. Pour le député LFI de l’Hérault, Sylvain Carrière, le constat est sans appel : « Les moyens n’ont pas évolué au rythme des besoins. » Et ce en raison d’un « manque d’anticipation » et de « volonté politique ». Emmanuel Macron n’a pas seulement enterré la convention citoyenne sur le climat, il n’a pas livré la flotte (16 Canadairs) promise en 2022. Pour les communistes de Béziers, « au-delà de l’émotion, il nous faut aussi comprendre et agir enfin sur la durée. En 2022, 20 000 hectares ont brûlé en Gascogne. Macron avait promis des Canadairs, des coupe-feux, de nouveaux moyens de lutte, une replantation forestière résiliente. Rien ou presque n’a été fait. Les représentants des pompiers et la population le dénoncent », souligne Nicolas Cossange élu d’opposition de la commune. Et de pointer la logique de rentabilité de la forêt gasgonne. « Sur notre territoire, bien que la garrigue soit un écosystème différend, les mêmes logiques de rentabilité nous exposent aux risques d’incendies » prévient-il. Il faut selon lui et son parti, « sortir de cette logique économique » pour « aller vers une planification à long terme des actions de la collectivité et des particuliers. C’est nécessaire pour donner la priorité aux solutions bénéfiques à tous face à la réalisation du profit immédiat ». Un changement sociétal en fait pour faire face au dérèglement climatique.