Tag: candidature

  • Le milliardaire Mohed Altrad veut régler ses comptes à Montpellier

    Le milliardaire Mohed Altrad veut régler ses comptes à Montpellier

    « Montpellier est dirigée comme une section du PS. Je suis venu pour démanteler ce système et rendre Montpellier à ses habitants ».

    Jeudi 15 janvier, Mohed Altrad n’a pas fait mystère de ses intentions en déclarant sa candidature à la mairie de Montpellier. Devant 500 soutiens et curieux réunis au Dièze Warehouse, il a d’abord tenté de séduire son auditoire avec sa parabole fétiche de « l’enfant du désert » devenu milliardaire. Mais le patron du Montpellier Rugby Club (MHR), en conflit avec l’actuelle majorité municipale au sujet de son projet de « village rugby », a vite fait comprendre qu’il venait aussi régler ses comptes.

    Il y a près d’un an, celui qui se dit ni de droite ni de gauche confiait à nos confrères de La Gazette que sa boussole était de faire tomber le maire Michaël Delafosse (PS). « Si je trouve quelque chose de moi en vous, que vous vous appeliez FN ou LFI, ça ne me gêne pas ». Opportuniste, Mohed Altrad l’avait déjà été en 2020 lorsqu’il avait choisi de s’allier dans l’entre deux-tours avec Alenka Doulain (proche de LFI) et l’humoriste Rémi Gaillard.

    Six ans plus tard, le revanchard qui aura 78 ans au moment de glisser un bulletin dans l’urne (ce qui ne lui arrive pas souvent), jure avoir appris de ses « erreurs » de novice en politique. « Trébucher, tomber, me relever, c’est toute ma vie », dit-il en revenant toujours à son parcours atypique, tout en regrettant qu’on le « renvoie à sa condition sociale ». Hier « immigré pauvre », aujourd’hui patron richissime jouissant d’une belle notoriété.

    En témoignent les 500 soutiens parmi lesquels le sénateur Jean-Pierre Grand (parti Horizons d’Edouard Philippe), l’ancienne secrétaire d’État macroniste Patricia Mirallès, le maire de Saint-Georges d’Orques Jean-François Audrin (Horizons). Des anciens compagnons de l’ex-maire Philippe Saurel également à l’instar de Stéphanie Jannin ou Annie Yague. Mais aussi le professeur Charles Sultan, fâché avec Michaël Delafosse. Sans oublier le fidèle Salim Jawari élu d’opposition. Actuel président de la commission des finances, celui-ci fustige « l’endettement multiplié par 5 de la Ville de Montpellier » et « l’écologie dogmatique financée par vos impôts ».

    Pour l’instant Mohed Altrad n’entre pas dans la bataille des chiffres. Plutôt que « le confort » de « siroter un verre sur la plage » ajoute sa fille Ema, il assure avoir choisi « le combat ». Le patron du groupe Altrad qui pèse plus de 5 milliards de chiffre d’affaires et 65 000 salariés dans le monde, se présente comme un « bâtisseur » avec une « vision ». Pour transformer « l’une des villes de sa taille les plus pauvres de France », fustige-t-il, l’homme d’affaires entend « passer de la politique des discours à la politique des résultats ».

    Sans dire comment, il promet de créer 30 000 emplois pour faire de Montpellier « une ville qui travaille, une ville zéro chômeur ». Ce qui n’existe nulle part. Tandis que le BTP est au ralenti, il affirme qu’il doublera le nombre de logements sociaux et rendra possible l’accession à la propriété au bout de 15 ans. « Le logement social ne doit pas être une prison ».

    Comme la gratuité des transports en commun est largement appréciée des habitants, il n’y touchera pas. Tout en regrettant que « la Ville vit à crédit », M. Altrad promet la gratuité des cantines pour tous les enfants sans condition. Le tout « sans hausse d’impôts ». Complexe.

    Comme inspiré par Robert Ménard (extrême droite) à Béziers, il prévoit « pour protéger » un couvre-feu dès 22h pour les mineurs de moins de 16 ans. « Traîner dans les rues à 12-14 ans, ce n’est pas la liberté, c’est l’abandon ». Il veut aussi créer une brigade municipale de propreté et un plan « anti-bouchons ». S’il est élu maire, celui qui n’a jamais mis un pied au conseil municipal avant de démissionner en 2024, jure d’abandonner le projet de chaudière CSR (Combustible solide de récupération) pour brûler les déchets. « Je ne veux pas de scandale sanitaire. Montpellier ne sera pas un énième cobaye. La santé des Montpelliérains ne se négocie pas ».

    Mohed Altrad qui vise aussi la présidence de la Métropole de Montpellier, conclut sur une note populiste. « Je ne prendrai pas un centime. Mes indemnités seront reversées aux associations ». Facile à dire quand on pèse plusieurs milliards d’euros.

  • Les soutiens pluralistes de Michaël Delafosse à Montpellier

    Les soutiens pluralistes de Michaël Delafosse à Montpellier

    A deux mois du 1er tour des municipales, dimanche 15 mars, le faux suspense est sur le point de s’achever à Montpellier. Après avoir « pris le temps de la réflexion en famille » durant les fêtes, Michaël Delafosse devrait révéler sa décision dans les tous prochains jours.

    C’est en tout cas le souhait de l’ensemble de ses compagnons de route du mandat qui s’achève ainsi que des nouveaux soutiens fraîchement ralliés. « Nous avons besoin de Michaël Delafosse pour nous mener à bon port. Nous l’appelons à se porter candidat pour un nouveau mandat », déclare, mercredi 14 janvier, l’adjoint Sébastien Cote qui sera son directeur de campagne.

    En réalité, tout est déjà dans les tuyaux. Depuis septembre, pendant que les opposants critiquent une ville en travaux, les partisans du maire distribuent des tracts et peaufinent le futur programme « apaisé » rassurent-ils. Ne manque à l’appel que le capitaine qui devrait s’exprimer en début de semaine.

    D’ici là, tous expliquent pourquoi ils poursuivent l’aventure. Le satisfécit autour du bilan en priorité. 5e ligne de tramway, 50 000 arbres plantés, police des transports et brigade du logement social créées… « Les engagements pris en 2020 ont été tenus », salue la présidente du groupe PS, Julie Frêche. Hervé Martin (PCF) n’oublie pas les mesures du bouclier social : « On a fait la gratuité des transports, la tarification sociale des cantines, le coup de pouces pour les inscriptions sportives et culturelles… C’est la preuve qu’on peut transformer la vie des gens ». Sans oublier la gratuité des 15 premiers m3 d’eau, la création d’une mutuelle communale ou d’une unité mobile pour le dépistage dans les quartiers. « En matière de santé, il y a un avant et un après. Montpellier a encore besoin de Michaël Delafosse », complimente Élodie Brun-Mandon. Issue de la société civile, elle assure que le maire est à l’écoute. « Ça m’horripile d’entendre qu’il déciderait seul ».

    Si les militants Verts ont majoritairement voté pour une liste du député Jean-Louis Roumégas, les élus écolos de la majorité soutiennent toujours Michaël. Delafosse. « Les gens ne veulent pas que les écologistes soient divisés. Ce bilan est une grande fierté. On n’a pas d’ennemi à gauche », affirme Marie Massart. Un temps fâché après le gazage de chauve-souris, Eddine Ariztegui (Parti animaliste) poursuit lui aussi, saluant le financement d’un « hôpital pour la faune sauvage ».

    Une campagne « digne »

    Attaché à la défense de la laïcité et au développement économique, Michel Aslanian (PRG) devrait lui aussi être sur la liste. De même que Radia Tikouk (Génération Écologie) et bien d’autres. Parmi les ralliés récents, Nelly Lacince (GRS) explique avoir été « bluffée par la construction de la ligne 5 en 5 ans ». Membre de l’Engagement d’Arnaud Montebourg, Olivier Andrieu estime que « Michaël Delafosse a une vision pour Montpellier » qui doit être « réindustrialisée ». Quant à Muriel Ressiguier, elle se dit prête à œuvrer pour le logement. L’ex-députée Insoumise, éjectée par Jean-Luc Mélenchon, a tourné la page LFI. « Laissons la haine aux haineux. Dans un monde qui change, essayons de faire de Montpellier une ville qui résiste à l’obscurantisme. On doit résister plutôt que discuter des virgules dans un tract. Je veux parler aux cerveaux et aux cœurs, miser sur l’intelligence et l’humanité ».

    Les listes devant être déposées le vendredi 26 février au plus tard, il reste quelques semaines pour constituer celle de la majorité sortante. « On va trouver un équilibre politique, chacun doit trouver sa juste place », promet Sébastien Cote.

    « On est fort d’un bilan »

    En charge des négociations avec les partenaires, le Christian Assaf se dit enthousiaste. « Cela n’a jamais été aussi simple, on est fort d’un bilan ». L’élu socialiste espère juste ne pas revivre les coups bas de 2020 lors de la campagne « la plus folle » de France. « On voit avec la colère des conchyliculteurs dirigés par le RN que le désordre du monde est aussi à Montpellier. L’heure n’est pas à la revanche ». Et S. Cote de souhaiter une campagne « digne ». « En 2020, Michaël Delafosse avait dû aller voter sous escorte policière. »

  • Plusieurs membres de la majorité derrière Mansour à La Seyne-sur-Mer

    Plusieurs membres de la majorité derrière Mansour à La Seyne-sur-Mer

    À La Seyne, où l’on recense pas moins de huit candidats à la mairie, l’ex-majorité a explosé, entre le maire sortant Joseph Minniti, le dissident Jean-Pierre Colin – qui n’a pas encore officialisé sa candidature -, et le proche de Nathalie Bicais Cheikh Mansour. Investi par Horizon, ce dernier affiche la volonté de « rassembler avant tout des gens compétents. Sur le plan local, les étiquettes comptent moins ». À cet égard, il revendique une liste qui va « du centre gauche à la droite républicaine », sur laquelle figurent d’anciens membres de la majorité qui se positionnent à gauche (Cassandra Verani-Laï, Stéphane Lancellotta, Basma Bouchkara), d’autres à droite (Christine Cuniberti, Christian Dupla), ainsi que l’ancien président de la fédération varoise de l’UDI, Laurent Dahmani, alors que celle-ci a rejoint le camp Minniti.

    La menace RN à Toulon influence les élections

    S’ils avaient déjà rallié la majorité, le choix des trois élus précités de soutenir un candidat de droite plutôt qu’une des trois listes de gauche réside dans la question des « sensibilités. Ces listes sont beaucoup plus à gauche que nous. On se revendique de centre gauche. Cela dit, il n’y a pas d’entente possible avec ces listes, qui considèrent qu’on est de droite », justifie Stéphane Lancellotta, adjoint de quartier ouest. « Quand on est de gauche, on est centré sur le social. En tant qu’élue au logement, je vois que ce ne sont que des idéologies. Par exemple, la politique de logement menée par l’ancien maire Vuillemot était divagante, avec 600 logements fermés, Terres du Sud Habitat [ancien bailleur social seynois, Ndlr.] en déficit, obligeant l’État à regrouper les logements sociaux avec Toulon Habitat Méditerranée », dénonce Basma Bouchkara.

    Sur le logement, et dans une optique plus large, Cheikh Mansour ne veut plus laisser à Toulon « le monopole de la Métropole. Tout à coup, tout le monde s’intéresse à la Seyne car en cas de victoire du RN à Toulon, la Seyne va devenir une pièce maîtresse de l’échiquier politique métropolitain, puisque ce sont les conseillers métropolitains qui feront basculer la présidence d’un côté ou de l’autre. Je dénonce cette politique politicienne. Avant de porter atteinte à la souveraineté des Seynois, ils feraient mieux de demander aux candidats de droite à Toulon de s’entendre s’ils veulent éviter que le RN prenne la ville », pointe l’adjoint à la sécurité, qui tiendra un meeting le 26 février au casino JOA.

  • À Toulon, Laure Lavalette, le vernis local pour dissimuler l’idéologie

    À Toulon, Laure Lavalette, le vernis local pour dissimuler l’idéologie

    Certains, en entendant les discours prononcés par Laure Lavalette, mercredi soir, dans un Palais Neptune comble, sans en connaître la locutrice, auraient pu lui donner Toulon – à défaut du bon Dieu – sans confession. Une heure durant, la porte parole du RN, qui se présente sans étiquette pour attirer un maximum d’électeurs réfractaires à son ancrage partisan d’extrême droite, a déroulé le fil parfait des bonnes convenances nécessaires à l’entreprise de dédiabolisation de son parti nationaliste. De celles qu’on attend d’un élu local, dans une ville chahutée par les déboires de ses prédécesseurs, parmi lesquels le frontiste Jean-Marie Le Chevallier, dont le passage à la mairie (1995-2001), a laissé des souvenirs douloureux, sinon des traumatismes.

    Habileté sémantique

    Était-ce nécessaire face à une audience acquise à sa cause ? Qu’importe. Tout y était, sur le fond comme sur la forme. Dans une ville qui attache une importance capitale à l’identité locale, la députée RN, native de Gironde, a commencé par évoquer ses attaches territoriales : « Il y a 28 ans, une toute jeune femme trouva l’amour : il était Toulonnais. À mon arrivée dans la plus belle rade d’Europe, l’accueil si chaleureux des familles toulonnaises m’a aidée à m’y sentir adoptée. Après avoir dit oui à celui qui devint mon mari, c’est ici que nous avons élevé nos cinq enfants. » Une carte postale, point de départ d’un fil rouge familial usité pour présenter ses colistières, dont elle aime à rappeler le nombre d’enfants. Elle omet étrangement de le faire quand il s’agit de colistiers.

    Ils sont 15 à être présents, ou plutôt XV. Une équipe de rugby, corde sensible du terroir sur laquelle la candidate d’extrême droite tire sans modération. En tête de gondole, Sébastien Soulé, policier national dont l’histoire a inspiré le film Bac Nord, désigné comme son « futur adjoint à la sécurité », première thématique évoquée, et qui « sera, en tant que femme et maman, (sa) priorité. » En deuxième ligne – poste qu’il occupait durant sa carrière de rugbyman -, David Gérard, tout droit désigné pour les sports. À chaque personnalité, une thématique. Et rien ne manque, du social à la santé, en passant (ironiquement) par l’environnement, la culture, l’associatif… et le droit, défendu avec vigueur, depuis des mois par « Marine et Jordan », qu’elle n’oublie pas de saluer.

    La copie se veut propre. Sans évoquer la diversité, elle parle de chacun des quartiers toulonnais et le jure : « L’heure de la réconciliation est venue. Nous n’exclurons personne. » Sauf peut-être celles et ceux qui n’ont pas les bonnes grâces de son parti, qu’ils n’aient pas de papiers ou militent en faveur de l’avortement. Nombreux sont ceux qui répètent, à juste titre, qu’il ne faut pas confondre enjeux nationaux et locaux. Mais, si l’échelon municipal est celui de l’action, il peut rapidement s’avérer être celui de l’entrisme idéologique. Méfions-nous, donc, des ambitieux, tant habiles à dissimuler les opportunistes.

  • Municipales dans les Bouches-du-Rhône : la gauche rassemblée hors LFI dans 60 communes

    Municipales dans les Bouches-du-Rhône : la gauche rassemblée hors LFI dans 60 communes

    Une première depuis des décennies. Les partis traditionnels de gauche ont scellé, en fin d’année dernière, un accord départemental pour les municipales 2026. PS, PCF, EELV, Génération écologie, Gauche républicaine et sociale, Debout ! et Mouvement des progressistes se sont unis dans plus de soixante communes des Bouches-du-Rhône. « Un accord historique par son ampleur », saluait le sénateur communiste Jérémy Bacchi, tandis que Yannick Ohanessian, premier fédéral du PS, rappelait qu’en 2020, « la gauche était absente des trois quarts des communes ».

    L’objectif est double. Peser face à la poussée de l’extrême droite, d’abord. Même si la comparaison avec des scrutins nationaux mérite nuance, aux législatives de 2024, la coalition RN et alliés a frôlé les 41%. Un mois plus tôt, aux européennes, la liste Bardella avait recueilli près de 37% des suffrages. Se donner les moyens de reconquérir des bastions perdus, ensuite. Depuis 2020, la gauche municipale est à la tête d’une vingtaine de communes seulement, sur les 119 que compte le département. Cet accord vise à en gagner plus d’une soixantaine. Un cap qui pourrait permettre aux progressistes du territoire de prendre les rênes du conseil métropolitain.

    Vitrolles et Marignane font exception

    La France insoumise, elle, est restée en marge, refusant l’union départementale pour privilégier des alliances locales à géométrie variable. Un pari risqué qui pourrait peser lourd dans la bataille de Marseille, où le Printemps marseillais de Benoît Payan (DVG) devra défendre son bilan de mandat face à une extrême droite qui toque avec insistance à la porte de l’Hôtel de ville et une droite en perte de vitesse. Mais pas que.

    Sept des dix plus grosses communes des Bouches-du-Rhône sont confrontées à ce départ en ordre dispersé. On pense à Martigues, où Gaby Charroux, le maire (PCF) sortant, repart en campagne, comme à Aix, Arles, Salon, Aubagne et La Ciotat, toutes dirigées par la droite, mais où une gauche unie pourrait nourrir des ambitions de reconquête. à Istres, le doute plane encore autour d’une liste citoyenne. Vitrolles et Marignane, tombées dans les mains de l’extrême droite (FN, ex-RN) dans les années 90, semblent épargnées. à Rognac, seule commune du territoire dirigée à ce jour par le RN, une liste citoyenne est annoncée à gauche.

    Sans réel ancrage territorial, LFI se tient pour l’heure en retrait sur les plus petites communes comme Septèmes-les-Vallons, Port-de-Bouc, Le Rove, où les maires communistes sortant André Molino, Laurent Belsola et Paul Sabatino, qui a pris la succession de Gerges Rosso, brigueront un nouveau mandat. à Allauch, LFI vient même en soutien de la liste « citoyenne écologiste, sociale et solidaire » menée par Frédéric Dutoit. à Fos, Rémi Esnault, désigné pour succéder à René Raimondi (PS), trouve face à lui une candidature dissidente socialiste. à Port-Saint‑Louis, une liste de gauche autour d’Aurélie Grache est pour l’heure déclarée.

  • Le maire Philippe Pignon se représente aux municipales à Rousset

    Le maire Philippe Pignon se représente aux municipales à Rousset

    « Notre liste se veut sans étiquette, porteuse du Label Maires de Provence, totalement apolitique qui veut se démarquer de ce qu’il se passe au niveau national. Mon parti c’est Rousset », martèle Philippe Pignon (SE). Ce lundi, l’actuel maire officialise sa candidature à sa réélection. Lui, est arrivé en poste en juin 2024, quelques mois après le décès de Jean-Louis Canal, qui était maire de cette commune de 5 500 habitants depuis 1989 et dont il a été le premier adjoint dès 2008.

    Dix-huit mois après son élection, Philippe Pignon repart pour un tour à la tête de la liste « Continuons pour Rousset » face à deux prétendantes au fauteuil de maire. D’un côté, Frédérique Reffet, actuelle élue d’opposition dont le flambeau a été transmis par Gilda de Mingo et Christine Canal Jouvin, fille de l’ancien maire. Philippe Pignon entre pourtant en campagne confiant. « En six ans, on a largement plus le temps de s’exprimer qu’en 18 mois. Mais cela dit, j’ai fait avec ce que j’avais et je pense que nous avons bien travaillé. Toute l’équipe a donné cet élan à l’engagement qui est le nôtre », rapporte le premier magistrat, qui se félicite de se lancer dans les élections avec une liste presque intacte à l’actuelle.

    « Gestion rigoureuse »

    « Sur 31 personnes, 27 sortent de l’ancienne majorité, poursuit le candidat. J’ai au sein de mon équipe des gens qui viennent de la droite républicaine, des gens qui viennent de la gauche républicaine… » Équipe avec laquelle, dès ce lundi 12 janvier, Pignon s’appliquera à présenter ainsi que le programme auprès des Roussétains. « L’objectif pour Rousset, il n’y en a qu’un : continuer. On est dans une vision à long terme de permettre au village de garder son identité en maintenant le service public, le commerce, le vivre ensemble et l’activité économique, qui sont nos piliers. Pour cela, j’aime utiliser l’expression “faire village”. J’alimente cette réflexion. Ça demande pour se faire une gestion rigoureuse, en bon père de famille, qui fonctionne jusqu’ici, poursuit Pignon. Beaucoup de projets ont été lancés pendant ce mandat, très court. »

    Le maire et candidat détaille : les négociations pour sauver le projet d’ouverture d’un bureau de Poste, avenue louis Allard, attendu en mars ; la création d’un premier Salon de la Gastronomi ; un programme de plantation de 100 arbres, ainsi qu’un choix assumé de mettre en pause les grands projets urbains au profit de petites opérations à forte dimension sociale. Surtout, une gestion financière « dont je suis assez fier ». L’excédent de fonctionnement atteint 1,8 million d’euros en 2025, contre 1,1 million l’an passé, tandis que l’endettement par habitant aurait chuté de 1 800 à 1 200 euros entre 2024 et 2026.

  • Un esprit d’équipe qui permet de relever tous les défis à Toulon

    Un esprit d’équipe qui permet de relever tous les défis à Toulon

    À quelques jours seulement de l’annonce de sa décision concernant sa plus que probable candidature, à laquelle à La Marseillaise nous n’avons jamais douté, tout le monde essaie de décrypter le moindre signe ou de lire entre les lignes. Mais bien sûr rien ne transparaît dans les propos de la maire sortante sans étiquette Josée Massi ce mardi matin en salle des fêtes. À moins que…

    « Soyons honnêtes, l’année 2025 n’a pas été simple. Elle a comporté son lot de difficultés et d’incertitude », commence-t-elle, en expliquant qu’elle ne souhaite pas s’appesantir dessus. Et pourtant il y aurait eu matière. Et d’expliquer : « Ce que j’en retiens, c’est que notre ville, une fois encore, a su faire face. »

    Une capacité de résilience face aux lourdes péripéties traversées pendant ce mandat qu’il est en effet bon de souligner. La première étant la déflagration qu’a provoqué la condamnation de son prédécesseur Hubert Falco. Le contexte économique, la cure d’austérité imposée par l’État aux collectivités et l’instabilité politique au niveau national faisant le reste. Sans compter l’adversité locale. Mais de tout cela Josée Massi maire de Toulon ne dira mot. Elle préfère voir plutôt « la solidité de l’administration mise en lumière par les défis relevés, avec professionnalisme ».

    « Toulon ne pourrait rien sans vous »

    La première magistrate a donc salué « l’esprit de responsabilité dont chacun a su faire part ». Celle aussi « des services, qui ont assuré la continuité des missions, dans des conditions parfois complexes ». Tout comme « les équipes de terrain, Ville et Antennes, qui maintiennent ce lien de proximité absolument indispensable avec la population ».

    Sans compter aussi l’esprit de responsabilité des élus, qui ont travaillé en étroite coordination avec les agents territoriaux pour garantir la cohérence et la stabilité de l’action publique.

    Et de poursuivre : « Dans ces moments, une évidence s’impose : Toulon ne pourrait rien sans vous. Votre engagement, votre expertise, votre sens du devoir et votre attachement au service public constituent la plus grande force de notre collectivité. »

    Une reconnaissance des missions accomplies qui a visiblement touché le personnel venu nombreux assister à ces vœux.

    Et la maire de Toulon de conclure : « J’en suis persuadée, on n’arrive à rien tout seul. L’esprit d’équipe est un atout précieux : cette coopération entre les services, la capacité à se soutenir, à partager les connaissances, à trouver des solutions ensemble, ont été déterminantes tout au long de l’année, et elles le resteront. En ce début de nouvelle année, je formule le vœu que la Ville poursuive dans cette voie : celle de la cohésion, de la rigueur, de l’écoute, du dialogue, du respect des valeurs du service public. »

    Presqu’un programme.

  • Laure Lavalette officiellement candidate à la mairie de Toulon

    Laure Lavalette officiellement candidate à la mairie de Toulon

    C’était un secret de polichinelle, et la nouvelle n’a surpris personne sur le fond, peut-être davantage sur le timing. Alors qu’elle avait laissé entendre qu’elle l’annoncerait le 14 janvier lors d’un meeting au Palais Neptune, Laure Lavalette, députée RN de la 2e circonscription du Var, a officialisé sa candidature à la mairie de Toulon ce mardi matin, via une lettre adressée à plusieurs médias dont l’AFP, et dans un entretien accordé à Ici Provence.

    Âgée de 49 ans, née à Talence (Gironde), fille d’un militant membre du mouvement néo-fasciste Ordre Nouveau et du Front National – parti pour lequel il a été candidat aux élections législatives en Gironde en 1993 et 1997 -, petite fille d’un membre des Croix-de-Feu (association d’anciens combattants devenue organisation nationaliste et fasciste selon certains historiens), Laure Lavalette baigne depuis sa plus tendre enfance dans un militantisme ancré à l’extrême droite. Elle revendique, à cet égard, des positions contre « la propagande LGBT », contre l’immigration, et contre l’IVG. En 2014, elle avait signé un texte appelant les élus locaux à soutenir les candidats s’engageant à « abroger, à terme, le droit à l’avortement » lors des élections présidentielles et sénatoriales.

    Sans étiquette RN

    Elle a par ailleurs débuté son activisme en tant que présidente de la section du Renouveau étudiant à Bordeaux, une organisation étudiante nationaliste et identitaire proche du Front National de la Jeunesse et du Groupe union défense (GUD) dissout en 2024 en raison de ses multiples exactions racistes et violentes. Elle rejoint le FN en 1997, avec lequel elle échoue, en 1998, aux élections cantonales dans sa ville de Talence. Elle se lie à Bruno Maigret, l’une des plus sulfureuses figures identitaires françaises, qu’elle suit lorsqu’il fonde le Mouvement national républicain en 1999, mais rebrousse chemin quelques mois plus tard. Avant d’être élue députée de la 2e circonscription du Var en 2022, Laure Lavalette a été conseillère municipale d’opposition RN à Toulon de 2014 à 2022.

    Si sa candidature ne surprend effectivement personne, l’absence d’étiquette RN un peu plus, eu égard à son statut de figure montante du parti, dont elle a été l’une des portes-paroles lors des élections présidentielles 2022. « Je suis un peu une étiquette à moi toute seule », s’est-elle targué sur les ondes d’Ici Provence. « Les gens m’arrêtaient dans la rue en me disant ‘’On n’est pas RN, mais on a envie de voter pour vous’’. C’est aussi ce qui a motivé cette candidature. »

    Dans cette optique, son entourage explique que sur 59 colistiers, 30 ne sont pas encartés au RN, parmi lesquels d’anciens colistiers d’Hubert Falco, dont Frédéric Seillier, tel que l’a annoncé l’intéressé sur sa page Facebook. Une position qui s’inscrit dans l’entreprise de dédiabolisation de l’idéologie d’extrême droite, en se détachant, en façade, de la mère nourricière lepeniste. Et surtout, de l’ombre de Jean-Marie Le Chevalier, maire FN de Toulon (première ville de plus de 100 000 habitants à tomber entre les mains du parti) de 1995 à 2001, dont le mandat a profondément et négativement marqué la ville et ses citoyens.

  • Mehdi Medjati se représente contre l’étalement urbain à Cabriès

    Mehdi Medjati se représente contre l’étalement urbain à Cabriès

    Déjà candidat en 2020, l’avocat né à Cabriès, Mehdi Medjati a annoncé ce dimanche sa candidature pour la mairie de la commune de Cabriès Calas. Sa liste, Préservons l’avenir est sans étiquette et sera présentée le 16 janvier à 19h au Domaine de la Guérine, dans la commune.

    « Je me représente cette année parce que j’estime avec ceux qui me suivent que les besoins réels de la commune de Cabriès Calas ne sont pas satisfaits », explique le Cabriessien de naissance.

    « Un projet commun »

    Pour cet ancien membre du PS, qui l’a quitté en 2007, la commune connaît de grands problèmes d’étalement urbain et de bétonisation. « La commune est grignotée par Plan de Campagne, avec des avancées sur le crin de verdure qu’est Cabriès ». Avec sa liste, il souhaite donc s’opposer au projet de lotissement de 300 logements, au niveau du rond-point d’action. « Ils seraient totalement déconnectés des centres de vie, ça n’aurait pas de sens ». Il s’oppose également au projet de cité des sciences, à la place du parc club de l’Arbois. « Cela enlèverait une zone tampon, et se serait une avancée de Plan de Campagne sur Cabriès », dénonce-t-il.

    Il souhaiterait cependant développer des logements pour les jeunes, qui ne s’y installent plus à cause des prix. Le candidat propose ainsi de « construire des petites unités avec du social locatif ou du social vers la propriété ». Il souhaite également revitaliser les centres de villages de Cabriès et Calas. Sa liste s’oppose aussi au projet de sortie d’autoroute à Bouc-Bel-Air qui « aggraverait les conditions de circulation à Calas, alors qu’il y a déjà des bouchons catastrophiques. » La sécurité est le dernier point central du programme. Selon le candidat « il y a eu une explosion ces dernières années des cambriolages ». Et de proposer un renforcement des effectifs de police municipale, plutôt que de la vidéosurveillance. Pour une liste que le candidat mène sans étiquette : « Parce que les personnes qui m’entourent sont de tendances très diverses mais sont fédérées par un projet qui consiste à protéger Cabriès Calas et à redonner naissance au centre du village ».

    Réunion de présentation le 16 janvier à 19h au Domaine de la Guérine.

  • Patrick Blanès pour incarner un « élan citoyen » à gauche à Cavaillon

    Patrick Blanès pour incarner un « élan citoyen » à gauche à Cavaillon

    Après avoir été le candidat du Nouveau front populaire aux élections législatives dans son canton, Patrick Blanès (PS) incarnera une liste Divers gauche à Cavaillon pour les élections municipales en mars prochain.

    Il a en effet été élu par la cinquantaine de membres du collectif « L’Élan citoyen » il y a quelques jours pour incarner une liste « en cours de constitution », mais d’horizons politiques divers, tels que des membres du PCF, des Insoumis, de Génération.s, et surtout « de deux tiers de personnes non encartées » autour « de valeurs communes », poursuit le cadre de l’industrie de 57 ans.

    Il planche désormais avec son équipe sur les éléments programmatiques. Sans en dévoiler les détails, il confie vouloir « remettre le bonheur et le bien-vivre des habitantes et des habitants au cœur des décisions municipales ». Pour cela, il entend « renforcer les services publics » pour des « quartiers apaisés ». Aussi « une économie locale dynamique », en donnant un « meilleur accès à l’emploi », mais pas « à n’importe quel prix, en ne cédant pas au chantage par l’emploi et en ne bradant pas des terres agricoles », appuie-t-il. Sans oublier des « actions concrètes face aux dérèglements climatiques ». Avant de glisser qu’il y a forcément « des sujets délicats qui se poseront, tels que la sécurité, qui peuvent appeler à la fermeté ».

    Le tout en établissant « un autre rapport entre élus et habitants ». Ce qu’il souhaite matérialiser en mettant en place des « commissions extra-municipales » sur des thématiques telles que la jeunesse, la vie associative ou l’environnement, et dans lesquelles des personnes pourront siéger. « Et pas juste un show descendant de 10 minutes pour la forme », embraye-t-il. Gauche Cavare ne se veut pas gauche caviar.

    Plus de temps

    La course à la mairie de Cavaillon est donc bien lancée, mais peu de voitures sont sur la ligne de départ. Pour l’heure, seule l’actuelle députée d’extrême droite de la deuxième circonscription de Vaucluse, Bénédicte Auzanot (RN), a officialisé sa candidature, tandis que celle du maire sortant, Gérard Daudet, est attendue dans les prochaines semaines. « On n’a évidemment pas l’intention de laisser la mairie au RN. Mais il faut être clair : on ne propose pas un programme en réaction. On souhaite surtout une adhésion à ce que l’on propose », confie celui qui est aussi secrétaire fédéral du Parti socialiste de Vaucluse. Tout en piquant la candidate à la flamme, qui « ne connaît même pas la ville », car n’y vivant point, alors que lui est né et a fait « tout » son « parcours à Cavaillon ». Et d’insister que, cette fois-ci, il a eu, avec le collectif, le temps d’organiser une campagne dans des « temps normaux et prévisibles », contrairement aux législatives où il « n’avait que 48 heures pour se décider ».