Tag: budget

  • « Les familles sont de plus en plus en difficulté »

    « Les familles sont de plus en plus en difficulté »

    La Marseillaise : Comment les fêtes de fin d’année sont-elles appréhendées ?

    Muriel Dueñas : La surconsommation est toujours mise en avant lors de la période de Noël. Sauf qu’aujourd’hui, les familles sont de plus en plus en difficulté pour répondre aux besoins des enfants et de la famille. Certains pensent à faire des prêts à la consommation pour pouvoir assumer leurs dépenses de fin d’année, parce qu’ils n’arrivent pas à boucler leurs fins de mois. Les dossiers de surendettement sont en augmentation à cause notamment des salaires qui stagnent, des fermetures d’entreprises et des pertes d’emplois.

    Qu’est-ce qui a le plus augmenté dans le panier des Français ?

    M.D. : La viande a particulièrement augmenté, mais les fruits et les légumes aussi ou encore les bûches glacés. Il y aura beaucoup de remplacements de produits sur la table du réveillon ou bien des produits de moins bonne qualité. Car quand on est une grande famille, c’est vraiment compliqué de faire un repas à petit budget. Je pense que certains feront les fêtes moins nombreux ou resteront chez eux pour limiter leurs dépenses.

    Quelles solutions existent pour redonner du pouvoir d’achat pour les fêtes ?

    M.D. : La première chose c’est l’augmentation des salaires et des pensions des retraités. Car les revenus des classes populaires n’évoluent pas alors que les prix augmentent. Et puis il y a aussi toujours trop de marge par la grande distribution alors que les agriculteurs ne sont pas assez payés. Il faudrait un prix juste pour les éleveurs et pour les consommateurs. Ce sont toujours les classes populaires qui trinquent. On le voit bien avec les associations d’aide alimentaire comme les restos du cœur ou le Secours populaire. Chaque année, les demandes augmentent. Et les périodes de fêtes sont de plus en plus prenantes sur le budget des ménages. On voit bien que pour pouvoir passer les fêtes bien tranquillement et faire des cadeaux aux enfants, de nombreuses personnes ont échelonné les coûts sur plusieurs mois.

  • La majorité fait adopter un budget très controversé à Aubagne

    La majorité fait adopter un budget très controversé à Aubagne

    « La Chambre régionale des comptes a confirmé que notre collectivité est exemplaire. Nos choix de gestion ont été reconnus. Il aura fallu deux mandatures pour relever Aubagne. Nous l’avons faite entrer dans le XXIe siècle. Les Aubagnais sont fiers de leur ville », se félicite l’adjointe aux finance,s Danielle Menet jeudi soir, salle du Bras d’Or.

    Elle vient de détailler le budget primitif 2026. Fixé à plus de 112 millions d’euros, il se compose de plus de 86 millions en fonctionnement (dont les dépenses de personnel, avec 47 M, représentent 61%) et plus de 26 M d’investissement. Ce budget, indique-t-elle, s’appuie « sur la stabilité des taux d’imposition, inchangés pour la 12e année consécutive », « et un niveau d’investissement élevé ». L’adjointe précise « qu’une part importante » de ce dernier – soit plus de 7 millions d’euros – seront consacrés au pôle éducatif des Passons. Sa construction, qui a débuté fin 2024, doit être achevée à la fin de l’été 2026, pour une ouverture prévue pour la rentrée scolaire, en septembre. « La création de la nouvelle voie desservant le parvis de l’équipement sera programmée au printemps 2026 », a-t-elle déclaré. Dans les écoles, la Ville programme, pour l’an prochain, l’installation de brasseurs d’air ou climatiseurs. Engagée depuis 2016 dans la rénovation énergétique de son réseau d’éclairage public afin d’économiser 75% de consommation annuelle, la Ville traitera « 8 000 nouveaux points lumineux en 2026 ».

    18 millions à rembourser

    Danielle Menet a assuré tenir bien serrés les cordons de la bourse, avec « la maîtrise des dépenses de fonctionnement », et « la poursuite de la trajectoire de désendettement engagée en 2024 », même si l’annuité (capital et intérêts) de la dette s’élèvera à 18 M en 2026. « Il ne s’agit pas d’une dette, mais d’un surendettement », a rugi Joëlle Mélin (RN). « Nous découvrirons les chiffres quand nous serons à la mairie le 22 mars », a-t-elle rêvé tout haut…

    Juste avant, après avoir estimé ce budget « fictionnel, car la Ville ne connaît pas l’impact réel du budget de l’État sur les collectivités locales », Jean-Pierre Squillari, conseiller municipal (RGE) et tête de liste de Aubagne en commun a lancé : « le 29 mars prochain, quel que soit le verdict des urnes, le travail sera à reprendre de fond en comble ». Ce à quoi a réagi le maire (LR) Gérard Gazay : « Il va y avoir embouteillage, le 22 mars… » En ce dernier conseil municipal de la mandature, chacun était bien déjà en campagne. Jean-Pierre Squillari a profité de son intervention sur le budget pour évoquer largement son programme. Candidat à sa réélection, Gérard Gazay a rétorqué : « C’est facile de dénigrer comme vous le faites. Vous ne rentrez pas dans le budget, cela montre votre incompétence. Vous faites de la mauvaise littérature. Les Aubagnais sauront apprécier le travail qui a été fait. »

  • Un budget 2026 voté sur fond de fin de cycle politique

    Un budget 2026 voté sur fond de fin de cycle politique

    Ce samedi 13 décembre, les élus nîmois ont clôturé l’année politique par une séance de conseil municipal dense, avec 56 délibérations à l’ordre du jour. Moment fort de la matinée : l’adoption du budget primitif 2026, dernier de la mandature de Jean-Paul Fournier, dans un climat de plus en plus marqué par les échéances électorales à venir.

    Porté par l’adjoint aux finances Frédéric Escojido, ce budget affiche 402 M d’euros de dépenses consolidées, dont 125,8 M€ pour l’investissement. Il vise à poursuivre les projets structurants en matière d’urbanisme, d’éducation, de sécurité et de transition écologique, tout en maintenant un ratio de désendettement à cinq ans. « Ce budget est rigoureux, sincère, et assure la continuité de l’action municipale », a-t-il défendu. Mais à gauche, Vincent Bouget a dénoncé un « faux équilibre », pointant notamment « une baisse de plus de 2 M d’euros pour les associations ».

    Des débats électriques

    Les tensions se sont aussi cristallisées sur le financement des centres sociaux. François Courdil (adjoint) a accusé le Département de n’avoir soutenu qu’un seul centre cette année. Sur un autre front, l’élue d’opposition Sylvette Fayet a vivement critiqué l’augmentation de 50 centimes des places PMR pour les corridas, dénonçant une mesure « absurde et honteuse ». L’adjoint à la tauromachie Frédéric Pastor a répliqué que l’accompagnant bénéficie du même tarif réduit.

    Enfin, la Ville a réaffirmé son engagement pour l’égalité femmes-hommes, avec un index de 78/100 et des mesures de prévention accrues, notamment via le dispositif Angela ou la distribution de capuchons anti-GHB. À trois mois du scrutin, cette séance aura résumé en une matinée les enjeux d’un basculement politique en gestation.

  • La Région Sud promet 500 millions pour la Défense et la sécurité

    La Région Sud promet 500 millions pour la Défense et la sécurité

    En partenariat avec le ministère des Armées et des anciens combattant, la Région Sud a lancé mardi en grande pompe l’Opération d’intérêt régional (OIR) Défense et Sécurité. Celle-ci s’articule autour de 7 priorités et de 50 actions déjà identifiées, qui doivent être rendues possible grâce à la mobilisation de 500 millions d’euros d’ici la fin du mandat.

    Une initiative qui s’inscrit dans la dynamique sécuritaire et militariste de la collectivité, entamée le 27 mars par Renaud Muselier (Ren.), président de la Région Sud, qui organisait alors une « agora de l’économie de défense ». « Avec cette OIR, la Région ne change pas de cadre, elle accélère. Elle met de la méthode, des moyens, de la clarté politique au service de la défense nationale, au service de la sécurité française, au service de la souveraineté de notre territoire et de la France », a lancé mardi Renaud Muselier, après avoir rappelé la place de choix qu’occupe PACA dans l’écosystème de la défense nationale, identifié comme « la première région militaire de France ». Yves Metayer, officier général de la zone de défense et de sécurité Sud, a quant à lui vivement soutenu la démarche initiée par la collectivité, la qualifiant de « formidable opportunité » pour « capitaliser sur les atouts de la Région Sud, terre de défense historique ».

    Renaud Muselier s’inscrit dans la ligne d’Ursula Von der Leyen, présidente de la Commission européenne, qui le 4 mars a lancé le plan ReArm Europe, promettant la mobilisation de 800 milliards d’euros dans les prochaines années pour renforcer la structure de défense européenne. Et dans celle du président de la République qui promet à la France « une économie de guerre ». Yves Metayer voit ces investissements militaires massifs de la Région comme une indispensable réponse au « contexte géopolitique instable ». « A l’heure où l’évolution du contexte stratégique impose d’accélérer la transformation de nos armées et notre industrie de Défense afin de les préparer aux engagements les plus durs, la synergie entre les différents acteurs conditionne directement le succès », a-t-il assuré. Alors, pour se préparer à toute éventualité, y compris à un potentiel « retour de la guerre », la Région entend, par cette OIR, soutenir la production d’équipement de défense, le développement de grandes infrastructures industrielles et d’entraînement des forces, l’innovation et la recherche, l’emploi dans le secteur mais aussi améliorer les moyens logistiques, de santé et de transport, augmenter les capacités de logement pour les forces et, enfin, permettre un « renforcement de l’esprit de défense ». Tout un programme.

  • Au Département, le budget c’est argent content

    Au Département, le budget c’est argent content

    On ne sait pas si Dominique Santoni avait commandé comme cadeau anticipé que le budget du Conseil départemental passe comme une lettre à la Poste du père Noël, mais la présidente LR avait le sourire ce vendredi midi. Excepté le RN qui a voté contre, le reste de l’opposition de gauche et d’extrême droite (Ligue du sud) s’est abstenue. « Il règne dans cette assemblée beaucoup de respect et de partenariats », remercie-t-elle. Il faut dire que Dominique Santoni est obligée de créer un consensus, étant à la tête d’une courte majorité baroque où les votes ne répondent guère à une logique partisane habituelle.

    Le fait que le budget soit adopté dans une sorte de concorde est bien aidé par une situation financière à faire pâlir n’importe quelle autre collectivité (lire notre édition de vendredi) : des hausses de recettes qui progressent plus vite que les dépenses, une dette en baisse avec une capacité de désendettement de 1,9 an et des investissements en hausse. « Dans un pays qui doute, le Vaucluse doit rester un pilier de stabilité », présente Dominique Santoni. Ouverture du pôle des patrimoines Memento, travaux sur le site de Fontaine-de-Vaucluse, poursuite des travaux à Bonpas ou études sur la requalification du collège Roumanille sont cités parmi les projets de l’année.

    Alors que beaucoup ont eu des mots de remerciements pour les agents de la collectivité et que la CGT se mobilisait de nouveau à l’extérieur (lire ci-contre), « ce qui nous anime, c’est la garantie d’un service public fort qui mène une politique de protection des plus fragiles », expose Sophie Rigaut (PS), présidente du groupe de gauche. Pas de critique dans son intervention mais plusieurs points de vigilance sur « la situation explosive des Ehpad où l’État nous laisse bien seul, et la protection de l’enfance où il faut tout faire pour améliorer les conditions d’accueil des enfants ». Ayant repris la délégation enfance et même la présidence du Centre départemental enfance famille, Dominique Santoni a promis des discussions transpartisanes sur le sujet. Le Département a aussi voté une hausse de 1% dans le financement des établissements sociaux et médico-sociaux.

    Samir Allel (EELV), en s’abstenant, « regrette les efforts insuffisants » sur des politiques sociales ou même non obligatoires comme le soutien aux centres sociaux « en situation de survie ». Comme lors du débat d’orientations budgétaires, au vu du système de financements, Anthony Zilio redoute « une suppression des Départements ». « Je vais essayer de m’investir davantage dans l’assemblée des Départements de France pour être au courant de tout et faire remonter les difficultés », conclut Dominique Santoni.

  • Le Département de Vaucluse s’en tire à bon compte pour son budget

    Le Département de Vaucluse s’en tire à bon compte pour son budget

    Même le préfet applaudit. « Vous avez remarqué le changement de ton de la présidente [du Département] cette année ? Elle donne un bel exemple de la bonne gestion des finances publiques », félicite Thierry Suquet. Il y a une semaine, le préfet était interrogé sur les baisses de dotation de l’État aux collectivités et, tout en s’inscrivant en faux, n’a pas manqué de pointer l’évolution de Dominique Santoni (LR) d’une année sur l’autre. Quand l’an dernier, la présidente clamait « que l’État dans son rôle de partenaire financier, n’a pas su être fiable », cette fois-ci, au moment de voter ce vendredi en ouverture de la séance plénière le budget 2026, elle préfère retenir la bonne santé financière de la collectivité.

    « Nos indicateurs financiers restent globalement positifs et solides », soulignait Dominique Santoni il y a trois semaines au moment du rapport d’orientations budgétaires. Le budget primitif – à 791 millions d’euros, +3% sur un an – s’inscrit dans cette veine. Il prévoit 20 millions d’euros de recettes en plus, des dépenses de fonctionnement quasi stables (+1,3%), des investissements en hausse (132 millions d’euros, dont la moitié pour des chantiers de voirie) et une dette en retrait (-9,4% à 145 millions d’euros). Oubliés donc les 13 millions d’euros d’économies qu’il a fallu trouver en 2025.

    Si le Vaucluse parvient à garder ses grands équilibres, c’est au prix de deux sources d’économies : le personnel et l’insertion. Poste important de dépenses (154,2 millions d’euros par an), la ligne budgétaire des salaires des agents prévoit de rester stable. Et ce malgré toutes les évolutions mécaniques des salaires et cotisations. Ce qui induit une réduction du nombre de personnel. Autre forte dépense en recul, l’insertion
    (-7,2% à 95 millions d’euros) à savoir très majoritairement le RSA, dont le nombre d’allocataires diminue, passant sous la barre des 10 000. La majorité met ce résultat sur le compte de sa politique de retour à l’emploi, quand l’opposition de gauche émet de fortes réserves.

    À l’inverse, l’aide sociale progresse de 5% et demeure le plus gros chapitre budgétaire (258 millions d’euros). À destination notamment de l’aide sociale à l’enfance (ASE) – lire aussi pages 2 et 3 -, « une boussole collective », se défend Dominique Santoni, qui a récupéré la délégation de la protection de l’enfance alors que le Vaucluse voit le nombre d’enfants confiés augmenter.

  • Budget de la Sécurité sociale : ce qu’en disent les députés de Provence

    Budget de la Sécurité sociale : ce qu’en disent les députés de Provence

    Laurent Lhardit, député PS de Marseille

    « Il faut comparer avec le budget initial qui aurait été imposé aux Français »

    « Je suis satisfait puisque je défendais avec mon groupe un vote positif, même s’il n’y a pas de quoi sauter de joie. Ce n’est pas un budget de gauche, mais c’est le fruit d’un compromis et nous considérons avoir obtenu dans la négociation des choses avantageuses car aucun effort n’est demandé aux classes populaires et moyennes. Il faut comparer, avant-après, avec le budget initial qui aurait été imposé aux Français si nous avions censuré le gouvernement, il y a six semaines. Nous l’avons amélioré avec le rétablissement de la suspension de la réforme des retraites, je le rappelle annulée par le Sénat, la suppression des franchises médicales, l’indexation des pensions de retraite et des minima sociaux sur l’inflation, la suppression de la hausse de la CSG sur les retraites et les pensions d’invalidité, les 2,5 milliards en plus pour l’hôpital, ou la suppression des cotisations supplémentaires sur les apprentis ». Ch. C.

    Raphaël Arnault, député LFI de Vaucluse

    « La finalité n’est pas du tout bonne pour les Français »

    « Dans ce budget de la Sécurité sociale, il y a 4 milliards de coupes sur la santé, une limitation des arrêts maladie, l’augmentation du prix des mutuelles… C’est évident que les batailles que l’on a menées à l’Assemblée ont permis d’alléger la casse, mais la finalité n’est pas du tout bonne pour les Français. Historiquement, la question du budget, c’était une façon très nette de savoir si, oui ou non, on est dans l’opposition au gouvernement. Manifestement, c’est une période de flou avec certains qui ont du mal à tenir la ligne qu’on a portée lors des législatives, avec le Nouveau Front Populaire. Avec une partie de la gauche, qui se dit encore de gauche, incarnée par le PS qui s’enfonce dans une crise durable. Le RN se comportait comme ça il y a quelques mois. C’est malheureux de se dire que des gens qui ont participé au NFP se retrouvent dans cette position. »

    Yannick Chenevard, député Ensemble pour la République du Var

    « Le choix du compromis »

    « Ce n’est pas le budget que j’aurais souhaité. Mais c’est un budget qui, s’il n’avait pas été voté, aurait coûté 10 milliards d’euros supplémentaires aux Français. En faisant le choix du compromis, nous protégeons les salaires des apprentis, nous sauvons le maintien de l’exonération des taxes sur les tickets-restaurants par exemple. »

    Hendrik Davi, député L’Après de Marseille

    « Cela reste un budget injuste »

    « Grâce à la mobilisation déterminée du Groupe Écologiste et Social dans son ensemble, plusieurs mesures parmi les plus indignes ont été supprimées. Mais il reste de nombreuses “horreurs” et ce PLFSS reste donc un budget injuste. Il s’attaque aux plus précaires, aux personnes âgées, aux malades chroniques, à l’hôpital public et au médico-social. »

  • Le collectif de l’eau met le sujet dans le tuyau des municipales à Avignon

    Le collectif de l’eau met le sujet dans le tuyau des municipales à Avignon

    Ce mercredi en fin de journée, le Collectif de l’eau vivra un fort moment d’émotion avec l’inauguration de la Maison pour tous Marcelle-Landau à Monclar, rebaptisée ainsi du nom de sa fondatrice, décédée il y a un an et demi. Mais lundi et mardi, le temps n’était pas encore à l’hommage pour l’association de défense des usagers.

    Sans surprise, le Collectif de l’eau s’est réuni en amont du conseil communautaire de lundi soir, où devait initialement être votée une hausse de la part du Grand Avignon sur la facture de l’eau (notre édition de lundi). Une douloureuse de 15%, soit 56 euros par an pour 120 m3, consommation référente d’un foyer de quatre personnes.

    « On n’est pas contre une augmentation, car il faut investir sur les réseaux, mais il y a eu un manque d’anticipation, il aurait fallu lisser, car le taux n’a pas bougé depuis 2018 et d’un coup, ils se rendent compte qu’ils ont besoin de sous », déplore Mireille Dapon, présidente du Collectif de l’eau. Preuve que l’association n’est pas là pour s’opposer à tout, « on aurait essayé de rendre socialement acceptable l’augmentation en exigeant la suspension des pénalités de retard ou l’assouplissement de l’attribution des chèques eau ».

    « On a une expertise indiscutable »

    La question devrait tout de même se reposer rapidement à l’entame de la nouvelle mandature, issue des urnes en mars prochain. L’occasion rêvée pour le Collectif de l’eau d’interpeller les candidats sur cette thématique absente des débats. « On sent un petit mieux d’écoute, même si on n’est pas dupes du contexte électoral, note Mireille Dapon, assurant que Joël Guin, président (SE) du Grand Avignon, leur a promis de les rencontrer « pour débattre de tout ça ». « On souhaiterait une commission consultative des services publics locaux exclusivement dédiée à l’eau, réclame la présidente. On est incontournable avec une expertise indiscutable et, pourtant, beaucoup d’élus s’obstinent à ne pas tenir compte de nos réflexions. » Joël Raffy, membre du collectif, rappelle : « On a fait économiser 9 millions d’euros en 15 ans à la collectivité. » Allusion notamment aux compteurs d’eau que l’ex-délégataire Veolia voulait faire payer à la collectivité alors qu’il n’en était pas propriétaire.

    Questionner les candidats est aussi une manière de remettre sur le métier la mise en place d’une régie publique de l’eau, une des raisons d’être du Collectif. Le contrat actuel s’achevant en 2028, les conseillers communautaires vont devoir s’y pencher très vite. En séance lundi, Joël Peyre, candidat (PRG) aux municipales à Avignon, et Jean-Pierre Cervantès (Les Écologistes) se sont prononcés pour une gestion publique.

  • [Entretien] Renaud Muselier : « Laisser aux Régions leur capacité d’action »

    [Entretien] Renaud Muselier : « Laisser aux Régions leur capacité d’action »

    La Marseillaise : Quel est l’objet de cette visite de 48 heures à Bruxelles ?

    Renaud Muselier : J’y vais pour rencontrer les commissaires européens, l’ambassadeur représentant la France, présenter mon dossier, son évolution. Là, je leur ai remis le tome 11 du recueil de projets soutenus en novembre, c’est 500 millions investis dans la région sur différents dossiers, comme la communauté du Guillestrois, la gestion intégrale des risques incendie dans les baronnies provençales… J’ai rencontré la présidente du Parlement, Mme Metsola, et je me suis exprimé en ouverture du comité européen des régions sur les coopérations territoriales, avant de m’entretenir avec M. Fitto, vice-président chargé de la politique de cohésion, du développement régional, des Villes.

    Notamment sur la renationalisation des fonds européens ?

    R. M. : L’enjeu est simple : est-ce que ces fonds sont recentralisés par les États membres ou est-ce qu’ils restent organisés en proximité et en territorialité ? L’association des Régions de France, que je copréside, plaide pour laisser aux Régions leur capacité d’action. Nous sommes très inquiets, nous ne voulons pas que l’état français récupère ces fonds et les engloutisse dans le budget national sans les reventiler comme nous savons le faire. Les Régions espagnoles et allemandes sont sur la même ligne, mais d’autres pays en mauvaise santé aimeraient les récupérer au profit de l’État central. C’est un lobbying important pour rappeler que la politique de cohésion est absolument indispensable.

    Ce n’est pas l’orientation prise sur le prochain plan quinquennal ?

    R. M. : Oui, surtout qu’aujourd’hui, compte tenu de ses difficultés de gouvernance, la position de la France n’est pas claire. Il faut qu’elle le devienne dans le premier trimestre 2026 pour peser. Pour notre région, qui est la première de France et la 10e région d’Europe en termes de captation de fonds, on parle de 10 milliards.

    D’autres sujets sont évoqués ?

    R. M.: Il y a tout le volet stratégie militaire, avec en la matière tout ce qui est déplacements civil et militaire sur la vallée du Rhône : entre Istres et Salon, le ferroviaire jusqu’au port de Marseille pour les marchandises et de Toulon pour les militaires. C’est co-finançable à 100% par sa commission (transports et tourisme), selon M. Tzitzikostas (commissaire européen), dans le cadre de stratégies d’aménagements de déplacements mixtes. Il y a un intérêt majeur à avoir un portage stratégie par stratégie, dossier par dossier : la sécurité, les transports, l’aménagement des territoires, Erasmus sport, les clubs amateurs, les bénévoles…

    Avez-vous un exemple concret ?

    R. M. : Un exemple qui nous concerne directement. Avec le travail que nous avons fait au Costa Rica, qui organise une scannérisation de la totalité des conteneurs portuaires, nous avons demandé avec les douanes, dans le cadre du contrat de plan, un scanner éligible aux Fonds européens à hauteur de 60%. C’est concret dans le cadre de la lutte contre le narcotrafic en amont de l’entrée des marchandises suspectes.

    Ça se discute comment ?

    R. M. : On est une région très représentée à Bruxelles et plus de 140 personnes à Marseille transforment des dossiers techniques pour les rendre éligibles. Après, c’est une validation politique avec des interlocuteurs qui savent que je défends l’Europe et me connaissent comme le loup blanc. Je fais ce travail de présentation d’évolution des dossiers tous les 4 à 6 mois. M. Tzitzikostas m’a par exemple donné des pistes sur la ligne nouvelle parce que les Italiens font la même chose de leur côté. Donc, les gares sont éligibles comme ce qu’on appelle le « RTMS », le volet technique… Là, il y a 90 millions d’euros pour nous.

    Les JO sont-ils facilitateurs à l’échelle européenne aussi ?

    R. M. : Dans le cadre de l’accélération de la validation des décisions. Comme pour le contournement Fos-Martigues, la zone industrielle de Fos… Ces fonds européens représentent 20 à 40% des investissements. C’est d’autant plus facile que je suis dans le contrat de plan, que ça a été validé grâce aux Jeux, que j’ai été intégré dans le budget qui, j’espère, sera voté. Tout est prêt, ensuite, il faut faire le lobbying nécessaire pour que la signature arrive en bas de la feuille.

    Vous les avez eues ?

    R. M. : En tout cas, ils m’ont dit qu’ils le faisaient. Donc, je pars plutôt content de mes rendez-vous. Très content.

  • Ça passe mais il y a de la casse

    Ça passe mais il y a de la casse

    Le budget de la Sécurité sociale a été adopté lors d’un vote serré des députés malgré la crise politique induite par la dissolution de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron.

    La mise en œuvre de la réforme des retraites à 64 ans est stoppée et on estime à 650 000 le nombre de personnes qui pourront partir plus tôt dès 2026. C’est une bonne nouvelle et la confirmation que les Français comme leurs représentants n’ont jamais digéré ce recul social imposé par la méthode antidémocratique du 49.3. Ce texte reste à abroger définitivement.

    Contrairement au budget de l’État d’autres inflexions positives ont été obtenues, justifiant un vote pour des socialistes et une abstention des écologistes. Il s’agit notamment de l’abandon du doublement des franchises médicales, du renoncement à geler les pensions et les minima sociaux ou encore d’augmenter les cotisations des apprentis.

    Une grande Sécu

    Mais le « musée des horreurs » dénoncé par les syndicats lors de la présentation par le gouvernement de son projet initial n’a pas été vidé de ses mesures répulsives.

    Le budget des hôpitaux et des Ehpad reste très en dessous des besoins réels et pourrait aboutir à de nouvelles fermetures de lits. Les mutuelles et donc leurs adhérents seront taxés à hauteur d’un milliard d’euros. Une mesure particulièrement injuste, en décalage avec l’aspiration à la justice sociale et fiscale qui s’exprime partout dans le pays.

    Le budget passe mais la casse de la Sécurité sociale se poursuit. Elle est une conquête fondamentale, un bien commun précieux. Il est possible de faire autrement. Pour une grande Sécurité sociale, à la hauteur de besoins de notre temps, le dogme des exonérations de cotisations patronales doit être abandonné et toutes les richesses doivent être mises à contribution.