Tag: Bouches-du-Rhône

  • L’OM au révélateur parisien

    L’OM au révélateur parisien

    Une maille à l’endroit, une maille à l’envers. Telle est l’entame marseillaise cette saison.

    Après deux matches, l’équipe de Bruno Genesio a déjà montré un double visage. Rayonnant et implacable face à Strasbourg, à l’occasion de l’inauguration du millésime 2026/2027 de la Ligue 1. Poussif et un peu dépassé par les événements, en clôture de l’acte II, à Monaco.

    Au moment d’accueillir une « des nouvelles bonnes équipes de notre championnat », Bruno Genesio a dû digérer les conséquences de la défaite en Principauté (0 – 2) et surtout la perte sur blessure de deux éléments, Geoffrey Kondogbia et Tochukwu Nnadi. Auxquels s’est ajouté le départ de Quinten Timber.

    L’entraîneur a dû revoir son milieu, privé de deux éléments importants, et même un troisième si l’on considère que Geoffrey Kondogbia est avant tout un milieu. Il a ainsi expliqué le travail effectué avec Ulisses Garcia, « que j’ai voulu voir au cœur du jeu, il en a les capacités ». Bruno Genesio estime, malgré un groupe réduit à son strict minimum, « avoir la chance de disposer de joueurs polyvalents. Ainsi, j’essaie des choses à l’entraînement. Dans ces conditions, je me dois d’être ingénieux afin de mettre tout le monde en confiance ». Une confiance qui habite encore son groupe, malgré la sortie de route monégasque. « Il y a eu du positif, malgré la défaite », souligne Jeffrey de Lange. Pour le Néerlandais, la réception du Paris FC « est l’occasion de montrer que Monaco n’est qu’un faux pas ».

    Celui qui est désormais le numéro 1 dans le but olympien a faim. Faim de jouer, après deux saisons passées dans l’ombre de Gerónimo Rulli. Faim de résultat, « pour montrer que nous sommes capables de faire mieux que l’an dernier ».

    Être désormais titulaire n’a rien changé à sa manière de préparer ses matches. « Je suis juste heureux et cela me booste pour être encore meilleur », confesse-t-il. Lui qui n’a jamais douté qu’il resterait à l’OM, « je me plais, ma compagne se plaît et nous vivons bien ici », a-t-il confié, conscient que le peuple olympien attend beaucoup dans une saison où son équipe se retrouve à la croisée des chemins.

    La belle prestation face à Strasbourg a éteint certains doutes. Celle ratée à Monaco en a réveillé quelques-uns. Face au Paris FC, qui se présente avec des ambitions supérieures à celles d’assurer le maintien la saison dernière, c’est le moment pour ces Olympiens, où les jeunes auront une carte à jouer, de montrer les crocs en passant au révélateur parisien.

    « L’occasion
    de montrer
    que Monaco
    n’est qu’un
    faux pas »

  • L’US Endoume fait peau neuve

    L’US Endoume fait peau neuve

    Entre les seniors qui retrouvent la Régionale 1 et les féminines qui se lancent dans le grand bain, la saison 2026-2027 s’annonce palpitante du côté d’Endoume.

    « Avec le retour en Régionale 1, nous pouvons à nouveau nourrir des ambitions, avec l’idée d’accéder au niveau national d’ici deux ou trois ans. Mais nous n’allons pas brûler les étapes. » Pour Mathias Pétricoul, qui a pris en main la présidence de l’US Endoume au moment de son centenaire, l’idée est simple : « Poursuivre notre croissance, avec humilité et ambitions ».

    Avec la création d’une équipe féminine et les efforts pour développer l’école de football, le club du cœur de Marseille se lance de nouveaux défis. Que le maillot des 101 ans symbolise.

    Maillot iconique

    « Nous avons souhaité rendre hommage à la Bonne Mère, qui nous regarde et nous protège et qui est un peu ce que la Tour Eiffel est à Paris », explique Mathias Pétricoul. Elle figure en bonne place sur le blason du club, cousu côté cœur. « Et si vous regardez bien, sur les bandes rouges, il y a les évocations des céramiques de la basilique », détaille-t-il.

    Sportivement, « nous misons le premier tiers du classement chez les hommes et les femmes vont engranger de l’expérience ».

    Vendredi, anciens et joueurs actuels se sont retrouvés pour fêter la reprise du championnat. Une réception à laquelle a participé Franck Kodjabachian. Le président du district de Provence a salué le travail des dirigeants, « qui permettent à Endoume de retrouver petit à petit son lustre et sa place dans le paysage, en plein cœur de Marseille. Un club atypique qui sait fédérer autour d’un très beau projet sportif. Je leur souhaite une belle réussite ».

    Laurent Lardhit, député (PS) de la deuxième circonscription de Marseille, est venu saluer les joueurs et dirigeants. Tout comme Éric Méry, adjoint en charge de l’urbanisme et du patrimoine municipal.

    Endoume débute en Régionale 1, dimanche (15h), à Saint-Tropez.

  • Violences dans le périscolaire : 13 animateurs suspendus à Marseille

    Violences dans le périscolaire : 13 animateurs suspendus à Marseille

    Après le scandale qui a secoué la capitale, les alertes sur les violences sexuelles dans le périscolaire concernent cette fois Marseille. Dans une enquête diffusée vendredi, la cellule d’investigation de Radio France révèle que 13 animateurs ont été suspendus en 2025 après des violences dans les écoles et centre d’animation de la ville, tandis qu’une vingtaine d’enquêtes internes ont aussi été lancées. Face à cette situation, une pétition a été lancée, avec plus de 500 signatures, appelant à créer un collectif Me Too écoles, alors que les parents déplorent l’absence d’interlocuteur unique face aux situations auxquelles ont été confrontés leurs enfants. « Quand il se passe quelque chose avec un agent, de suite il est mis à pied de manière conservatoire », assure l’adjointe (Place publique) à l’éducation Pascaline Lécorché. Insuffisant, pour l’opposition. À gauche, LFI appelle la municipalité à reprendre en régie le périscolaire pour « garantir un contrôle des équipes ». À droite, le président des LR 13 Ludovic Perney réclame un audit et un délai maximal entre le signalement et la saisie du parquet, tandis que le collectif Une Génération pour Marseille réitère ses revendications formulées à la veille de la rentrée scolaire avec la publication d’un protocole unique de traitement des violences, l’ouverture d’un canal de signalement pour les parents, l’obligation pour les structures du périscolaire de fournir les casiers judiciaires des animateurs et la garantie d’un accompagnement psychologique et une aide juridique pour les victimes. « La Ville de Marseille propose d’ores et déjà un accompagnement psychologique et une aide juridique aux familles », explique la municipalité qui indique qu’après la mise en place de formations depuis 2023 et d’un mail pour les signalements l’année dernière, des « cartes réflexes » ont été diffusées cet été pour aider les professionnels à mieux réagir.

  • Ariane Ascaride : « Il faut remettre Pagnol à la bonne place »

    Ariane Ascaride : « Il faut remettre Pagnol à la bonne place »

    La Marseillaise : Pourquoi faire cette chronique sur l’œuvre de Marcel Pagnol ?

    Ariane Ascaride : Dans l’année, France Inter m’avait proposé de lire des textes d’auteurs que j’aimais beaucoup, pour une série appelée les Admirations littéraires. J’avais proposé à France Inter de lire les sermons de Pagnol. Et les gens ont adoré. Ils m’ont donc demandé si on pouvait refaire quelque chose sur Pagnol. À partir de là, j’ai réfléchi car on présente beaucoup Marcel Pagnol avec les fifres, les tambourins et les cigales, comme un auteur régional. Alors que c’est un auteur du bassin méditerranéen, universel, avec une grande formation latiniste, helléniste. Et cela me renvoyait, avec beaucoup d’humilité, au travail que l’on fait avec Robert Guédiguian : on parle de lui comme d’un cinéaste marseillais. Alors que c’est un cinéaste ! J’avais envie de travailler sur cet aspect-là, de faire des parallèles entre lui et nous. Je me suis replongée dans son œuvre, en relisant l’ensemble de son travail, ses pièces, ses livres, ses films… Mais il a fait bien plus que cela. C’est bien plus que juste La gloire de mon père et Le château de ma mère, avec tout le respect que j’ai pour ces œuvres. Pour moi, Pagnol est un descendant d’Homère, comme d’autres auteurs du bassin méditerranéen. Bassin qui est une des plus grandes bases de la culture européenne, qu’on le veuille ou non. Son écriture est celle du Sud, mais c’est beaucoup plus que ça, elle est universelle. Marcel a droit à son buste comme le buste d’Homère dans la rue d’Aubagne. J’ai aussi découvert des choses chez lui que je ne connaissais pas bien. On dit souvent que les gens du Sud, de Provence, sont pudiques. La manière dont il parle de cela me plaît beaucoup. Il y a aussi son rapport aux femmes, ses personnages féminins…

    Justement, vous jouez souvent des personnages féminins forts. Quel regard vous portez sur son rapport aux femmes ?

    A.A. : Chez Pagnol, la jeune femme est bien souvent pécheresse, par naïveté, que ce soit Angèle ou Naïs. Il faut sauvegarder son honneur, elles doivent payer car elles laissent déborder leur cœur plein d’amour, se font avoir… Une doit épouser un vieux, une autre doit quitter sa famille… La femme forte chez Pagnol est la mère, la tante, celles qui ne sont plus dans la possibilité de séduction. Ça raconte le regard des hommes sur les femmes à cette époque-là. Et Marcel fait toujours tourner les femmes dont il est amoureux. Dans ses relations amoureuses, il est insensé, c’est un prototype. À un moment de sa vie, il en a deux, il écrit à son père que l’une le fatigue. Il lui explique qu’elle est trop maigre, qu’elle lui fait du souci car il ne sait pas si elle va pouvoir jouer au théâtre dans cet état… Et non pas qu’il a du souci car il lui fait vivre une situation épouvantable. Il n’est pas méchant quand il fait ça, mais c’est une représentation parfaite du machiste. C’est la reproduction d’une époque, mais une époque qui n’est pas complètement finie si vous voyez ce que je veux dire…

    Votre chronique n’est ni une biographie ni une simple lecture de ses textes…

    A.A. : J’ai envie de dire aux gens : il s’appelle Marcel tout simplement. C’est un mec chouette, un grand auteur, un immense dialoguiste. Mais aussi avec des défauts : il est alcoolique. C’est un être humain qui sait aussi se remettre en question, qui s’en pose énormément sur son travail. Il fait des choses formidables pendant la guerre : quand les Allemands veulent travailler avec lui, il vend ses studios, achète un domaine à Monaco et reprend son personnel pour qu’ils plantent des œillets et qu’ils n’aillent pas au STO. Peu de gens connaissent cet épisode, il ne s’en vante pas de le faire. Mais les œillets, on les retrouve dans Manon des sources… Il y a une scène dans La fille du puisatier, où les gens écoutent le discours de Pétain à la radio. Il raconte qu’ils commencent le tournage, qu’il y a l’armistice, que Fernandel est rappelé sous les drapeaux et d’un coup il intègre la réalité à son film. Son film Regain débute par le viol du personnage d’Orane Demazis par 15 charbonniers. Pour l’époque, c’est peu commun. Je n’avais jamais entendu parler de ça quand on présente Regain. Alors qu’on montre toujours Marcel Pagnol avec la partie de cartes, qui est une scène géniale, mais il est bien plus que cela. C’est un grand intellectuel. Il y a un adjectif qui est homérique, qui vient d’Homère. Il y a un adjectif qui est pagnolesque, qui vient de Pagnol. Cela veut dire qu’il a imprégné le langage courant par son œuvre. Il y a peu de gens qui se targuent de ça.

    Vous revenez longuement sur la place du théâtre dans son parcours, le spectacle vivant est en crise. Comment l’expliquez-vous ?

    A.A. : Je vais enfoncer des portes ouvertes mais une société sans théâtre vivant est une société morte. La première chose que les dictatures font, c’est d’empêcher les artistes de s’exprimer. On n’en est pas encore là mais enfin, il y a des actions gravissimes : quand une mairie interdit un spectacle… Mais aussi, balayons devant notre porte. La situation du théâtre vivant est très difficile mais qui s’en préoccupe à part le spectacle vivant lui-même ? Est-ce que le public s’en préoccupe ? Et s’il ne s’en préoccupe pas, pourquoi ? Je pense que tous les acteurs du spectacle vivant devraient relire les cahiers de Jean Vilar. Peut-être que nous nous sommes éloignés un peu du public. Peut-être que nous n’avons pas eu en permanence à l’esprit pourquoi nous faisons ça… Un de mes professeurs disait « l’élitisme pour tous », mais l’élitisme pour tous, ça se réfléchit. Quand Pagnol écrit Marius, c’est en 1928, et la gloire du théâtre français est bourgeoise à ce moment-là. D’un coup, il arrive et raconte ces gens-là. C’est sur cela que l’on doit se questionner.

  • « Toutes les tensions au Moyen-Orient mènent à la Palestine »

    « Toutes les tensions au Moyen-Orient mènent à la Palestine »

    La Marseillaise : Pourquoi cette région du monde qu’est le Moyen-Orient est-elle si souvent à feu et à sang ?

    Pierre Barbancey : Les grandes puissances occidentales n’ont jamais voulu comprendre une chose essentielle : sans résolution de la question palestinienne, c’est-à-dire le droit du peuple a son autodétermination, il n’y a pas de paix possible au Moyen-Orient. C’est ce qu’on voit dans l’actualité : toutes les tensions, tous les chemins mènent à la Palestine. Deux acteurs que sont les États-Unis et Israël se tiennent la main dans ce contexte, chacun avec ses buts propres, mais ils se retrouvent sur ce parcours.

    Quels sont les intérêts communs des États-Unis et d’Israël ?

    P.B. : Les États-Unis veulent la stabilité au Moyen-Orient par intérêt économique face à la Chine. Cette région leur est essentielle : 20% du pétrole et gaz mondial y transitent par le détroit d’Ormuz. C’est énorme. Les États-Unis ont besoin d’alliés, quel que soit le régime, qui travaillent sur une même longueur d’onde politique et économique. Cela passe par faire tomber les dirigeants des pays qui ne sont pas en phase avec eux, comme en Irak, en Syrie, en Libye, ou maintenant l’Iran, et on peut craindre pour l’Algérie. Ça vaut aussi pour les organisations et les milices comme le Hezbollah ou les Houthis. Dans ce jeu d’alliances, Washington est obligé de composer avec ceux qui refusent les accords diplomatiques avec Israël. Et depuis la chute de Saddam Hussein [Irak], la place du leadership régional est à prendre, on voit l’Iran et l’Arabie saoudite s’y essayer, comme la Turquie qui est un pays musulman non arabe. Israël postule aussi à ce titre, et c’est là qu’on voit les intérêts israéliens et états-uniens se retrouver.

    Comment Israël agit-il pour prendre ce leadership régional ?

    P.B. : Netanyahou applique le concept du Grand Israël : donc génocide à Gaza et nettoyage ethnique en Cisjordanie. Ses colons ne sont pas juste des terroristes isolés mais rentrent dans le cadre de la stratégie du gouvernement israélien. Cela déborde sur le Liban et la Syrie, car au lendemain de la chute de Bachar al Assad [Syrie], Israël a avancé sur le plateau du Golan occupé depuis 1967, et a repris depuis quelques jours. Ça rejoint la volonté des États-Unis de faire tomber les opposants pour mettre en place des régimes affaiblis, comme en Syrie, tandis que Trump fait d’Erdogan [Turquie] son grand ami. La Palestine est reléguée à l’arrière-plan, bien que revenue sur le devant depuis le 7 octobre avec plus de 70 000 morts recensés, plus d’un millier de Palestiniens tués en Cisjordanie, et des milliers sont dans les geôles israéliennes.

    Ce tableau traduit-il une nouvelle polarisation mondiale ?

    P.B. : Tout est lié, quand on parle énergie, pétrole et gaz. Depuis la disparition de l’URSS, il n’y a plus de guerre froide. Il y a des guerres d’influence, mais la nouveauté est qu’on peut retrouver des pays alliés sur une question mais pas sur une autre, les camps ne sont pas figés. Les Européens et les États-Unis ne veulent plus dépendre du gaz russe, il leur faut passer par le Golfe. C’était au cœur des discussions du sommet du G20 en Inde en 2023, où ils ont défini ces nouvelles routes, en concurrence avec la Route de la soie chinoise. Netanyahu y a présenté le nouveau Moyen-Orient, sans la Palestine, et la nouvelle voie qu’il a montré passe… par Israël. De l’autre côté, l’Iran fournissait des drones à la Russie, et malgré les embargos, la Chine continue de s’y approvisionner, dans un bras de fer avec Trump. La stratégie de guerre commerciale a été présentée comme alternative à la guerre létale, Trump parlait de 6 semaines, on en est à 3 mois. Depuis quelques jours les affrontements ont repris, prennent de l’ampleur, et touchent les civils iraniens. Et bientôt certainement la Jordanie.

    Assiste-t-on à un élargissement des conflits au niveau mondial ?

    P.B. : Dans un tel contexte, ces nouveaux paramètres amènent de nouveaux comportements, de nouvelles alliances, et tout n’est pas linéaire au fond. Jusqu’où cela peut aller ? Il y a des peuples derrière ces calculs, mais on leur demande assez peu ce qu’ils pensent.

  • Selon l’Unsa, 48% des profs préoccupés par leur salaire

    Selon l’Unsa, 48% des profs préoccupés par leur salaire

    Trois chiffres parmi les 45 000 réponses des personnels sondés sont particulièrement révélateurs de l’état d’esprit de cette rentrée : « Ils sont 14% de plus qu’en 2024 à penser d’abord au salaire, 71% ne ressentent ni respect ni reconnaissance de leur travail et seuls 0,3% se disent confiants en l’avenir du système éducatif », relève Franck Delétraz, secrétaire départemental SE-Unsa et Unsa éducation.

    Si le salaire arrive en tête des sujets de préoccupation des enseignants, c’est que leur pouvoir d’achat a terriblement dégringolé. « La moitié des enseignants perçoit moins de 2 000 euros par mois. Dans les années 80 leur revenu moyen était de 2,3 fois le Smic, aujourd’hui il le dépasse à peine ». C’est sans compter la rémunération des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) « qui peinent à en vivre ». Sur les 16 000 élèves nécessitant un accompagnement dans les Bouches-du-Rhône, 7 000 restent en attente. Par ailleurs, « plutôt que fermer des classes, la baisse démographique pourrait être une opportunité pour renforcer la brigade de remplacements ». En somme, « on n’assiste pas à un rejet de l’école, mais à celui des conditions de travail et d’enseignement », résume Franck Delétraz.

    Adresse aux candidats

    Des résultats qui « en disent long sur les politiques menées », estime le syndicat, qui souhaite accompagner « dans le dialogue » la réforme de la formation mais « reste vigilant quant aux moyens de sa mise en œuvre ». Enfin, « après 10 ans de macronie, 91% des personnels considèrent qu’ils n’ont pas été entendus et demandent une vraie méthode de consultation ». C’est, avec l’exigence « d’une revalorisation salariale pour tous par la grille indiciaire et un statut éducation nationale pour les contractuels et AESH », ainsi que d’une « carte scolaire qui ne soit pas prétexte à une baisse budgétaire », un des points sur lesquels L’Unsa interpelle les candidats à la présidentielle, à l’exception de l’extrême droite.

  • Les liquidateurs de Fibre Excellence sous surveillance

    Les liquidateurs de Fibre Excellence sous surveillance

    Il y a urgence à donner du temps ! C’est ce que demandent les salariés et leurs syndicats CGT et FO, la Région Occitanie ou encore l’Union des coopératives forestières. À Saint-Gaudens, comme à Tarascon. Et à Grand-Couronne, où le projet de relance de la papeterie Chapelle-Darblay est suspendu à l’avenir des deux sites.

    L’audience dédiée à l’étude des offres de reprise de Fibre Excellence au tribunal de commerce de Toulouse est prévue le 8 septembre. Carole Delga, présidente socialiste de la Région Occitanie, annonce qu’un acteur du secteur de la pâte à papier manifeste son intérêt. Il lui faut quatre mois pour transformer l’essai en offre ferme. À Tarascon, la mise en sécurité du site exige la prudence et les salariés ont proposé un plan sur six mois. Ces délais, l’État peut les donner en réunissant, d’urgence, autour de la table « les acteurs engagés sur ce dossier, exige la CGT à Montreuil. Cette réunion doit permettre aussi de traiter les graves carences en matière de sécurité constatées sur le site de Tarascon en dépit des alertes faites auprès de la préfecture et des solutions proposées par les salariés avec leur syndicat CGT ».

    C’est jusqu’à Jean-Louis Borloo qui s’en alarme. « C’est un drame. On ne peut pas laisser partir des bouts de tissus industriels. Ce n’est pas possible », s’est offusqué l’ancien ministre de l’Économie, ajoutant que Carole Delga faisait « un boulot formidable en région Occitanie. Il faut l’épauler. Merci le Premier ministre de vous en occuper », a insisté l’ex-député et président de l’UDI en référence à la demande de « nationalisation temporaire » de l’usine. Mais c’est l’ensemble de l’industrie qu’il faut relever, pas un seul morceau, si l’on veut éviter une immense casse sociale avec les 10 000 emplois induits par l’activité de Fibre Excellence.

    Toute l’usine, toute la filière

    Pour Tarascon, la présidente de la Région Occitanie a aussi prié « de ne pas démanteler ». Dans un communiqué, FO appuie, au nom de l’intersyndicale CGT FO CFDT : « Il est plus que temps de liguer toutes les forces pour exiger la nationalisation de Saint-Gaudens et de Tarascon. »

    À Tarascon, les salariés, toujours présents sur le site pour protéger l’outil industriel, ont une nouvelle fois alerté sur la présence de produits toxiques et dangereux ; trois incidents ont donné des sueurs froides au préfet Jacques Witkowski, qui a pris un arrêté en urgence le 3 septembre. Il y met en demeure la SELAS Egide de redémarrer la station d’épuration et la pomperie « immédiatement ». Ce 4 septembre, les inspecteurs des installations classées sont revenus constater que les liquidateurs n’ont rien mis en œuvre pour fermer le site de manière à garantir la sécurité des installations, des populations comme de l’environnement.

    « Des intervenants entrent sans pointage systématique. Des salariés de l’entreprise mandatée, censés travailler avec les anciens salariés de Fibre Excellence, ne parlent pas français et ces derniers ne disposent même pas de leurs numéros de téléphone pour les joindre en cas d’urgence », témoigne François Batista, responsable UD CGT 13, qui demande « la mise sous protection industrielle immédiate du site de Tarascon ». Pour « préserver toute cette filière industrielle qui permettrait d’assurer en particulier notre indépendance de production », précise les responsables FO de la Fédération Construction secteur Papier-carton et des départements des Bouches-du-Rhône et de Haute-Garonne.

  • Le Petit pavillon condamné pour travaux non autorisés sur la Corniche

    Le Petit pavillon condamné pour travaux non autorisés sur la Corniche

    Trois mois après son passage devant le tribunal correctionnel de Marseille, Georges Jacomino, gérant du restaurant Le Petit pavillon, situé corniche Kennedy (7e), a été condamné à une amende de 30 000 euros, dont 15 000 avec sursis.

    Sa société écope de 70 000 euros d’amende, dont 20 000 avec sursis, assortie d’une obligation de remise en état des lieux dans un délai d’un an sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de l’expiration du délai.

    L’homme était poursuivi pour une série de travaux non autorisés pour partie sur le domaine maritime public, sur un site classé. Parmi eux : création d’un escalier en béton alors qu’il était prévu dans sa déclaration préalable en bois brut et plus petit, construction, sans autorisation, d’une nouvelle terrasse avec percement des fondations dans les rochers, création d’une véranda…

  • Camarades et famille ont dit adieu à Jean-Claude Cheinet

    Camarades et famille ont dit adieu à Jean-Claude Cheinet

    Nous voulons surtout te dire merci », pose Pierre Dharréville, devant l’assemblée massive du funérarium de Martigues, à l’heure du dernier au revoir à Jean-Claude Cheinet vendredi après-midi.

    L’adjoint (PCF) de Martigues a rendu hommage à cette « figure de militant exigeant, croyant en l’action collective et non en la mise en avant de soi-même » qu’était l’ancien adjoint (PCF) de Paul Lombard, et à « sa conviction qu’on pouvait changer l’ordre des choses ». « Peu après avoir été élu à la fédération du PCF, il était venu me parler de l’étang de Berre », retrace l’élu, qui y voyait « une préoccupation de transmettre ». « La Ville exprime sa gratitude pour l’action qui a été la sienne. Il a su forger les outils pour la bataille de la santé environnementale et ensemble, on avait écrit une loi pour la rénovation des comités de suivi de site » se remémore l’ancien député.

    Même ton pour Axel Samuel : « Rendre hommage à un camarade de sa trempe est un honneur, en tant qu’ancien secrétaire de section PCF et collaborateur de l’association Étang de Berre patrimoine universel ».

    Un engagement collectif

    Armel Casta ancien adjoint, parle d’une « amitié fraternelle » avec Jean-Claude Cheinet, qui était « écologiste au sens de l’étude des rapports humains avec la nature. Il remettait les humains à leur juste place, c’est toute la problématique de l’étang et de ses rives ».

    Un engagement politique « fondamentalement collectif » souligné par Sylvain Cheinet, au nom de la famille. « C’était un formidable conteur. Chaque voyage et château étaient une histoire pleine d’anecdotes et humour (…) On n’avait pas besoin de méchants ni de gentils, il y avait les capitalistes et les autres », revoit-il.

    « Le décès de l’être n’instaure pas le néant dans la tête de ceux qui l’ont connu et aimé » a dit Armel Casta. Preuve en est.