Tag: Bouches-du-Rhône

  • Un vaste programme social de 1 000 logements à Marseille d’ici 2050

    Un vaste programme social de 1 000 logements à Marseille d’ici 2050

    « Un projet construit en dialogue permanent avec les habitants », affirme Fairouz El Hayti, directrice territoriale d’ICF Habitat lors de l’inauguration de la résidence « Les Jardins de Cazaulx » ce mardi 30 juin. La construction de ces 88 logements marque la première des 7 phases d’un projet plus vaste de renouvellement patrimonial des plus de 1 000 logements sociaux de la Grande Bastide Cazaulx dans le 12e arrondissement de Marseille à l’horizon 2050. Chaque phase respecte la même logique : de nouveaux logements sont construits afin de loger des habitants d’anciens appartements pour pouvoir les libérer, les détruire et reconstruire.

    Afin d’améliorer la qualité du logement et de réduire les coûts énergétiques pour les habitants, la directrice se félicite d’une opération « exemplaire sur le plan environnemental ». En effet, en plein épisode caniculaire, la réponse aux enjeux du changement climatique était au centre de la présentation. Pour Audrey Garino, adjointe (PCF) au maire de Marseille déléguée au logement, ce projet est à la fois « adapté aux besoins des habitants » mais aussi « aux enjeux de demain ».

    Ces habitants sont au cœur de la conception du projet comme le rappelle André Cargnino, membre du comité régional Action Logement qui a financé à hauteur de plus d’1,6 million d’euros l’opération et pour qui la priorité reste d’« accueillir, héberger et loger les salariés ». Le maire de secteur d’extrême droite, Olivier Rioult, se contente lui de commentaires sur l’esthétique des constructions…

    Un enthousiasme partagé par les habitants

    « C’est beaucoup mieux qu’avant », savoure Mohamed, habitant de la résidence, qui note l’amélioration du confort et des aménagements. Chaque appartement dispose maintenant d’un espace extérieur (terrasse ou jardin) et une majeure partie des unités sont équipées d’ascenseurs afin de garantir l’accessibilité de la résidence. Des efforts d’adaptation salués par Patrick, résident en fauteuil roulant qui se réjouit de pouvoir se « déplacer beaucoup plus facilement ». Pourtant, ce dernier émet une réserve : selon lui certains bâtiments de la résidence ne sont pas accessibles aux ambulances, camions de pompiers ou de police.

    Finalement, alors que tous les logements sont déjà occupés, la préfète Isabelle Epaillard, met en garde sur la situation du logement social, « il n’y en a pas assez ! ». Elle félicite néanmoins le département qui a dépassé les objectifs de reconstitution de l’offre de logement l’année passée et voit ce projet comme la continuité de cette dynamique.

  • Les Copains du monde réinventent l’école pendant une matinée

    Les Copains du monde réinventent l’école pendant une matinée

    « Dans l’école idéale, tout le monde est égal, c’est l’école qui s’adapte aux enfants et à leurs difficultés », imagine Mamadou, 16 ans, qui a participé à la onzième édition de l’université d’été du Secours populaire ce lundi 6 juin dans le 14e arrondissement de Marseille. Cette année, le sujet de réflexion principal était l’école, « ECOL’LECTIF : pour que la solidarité devienne une valeur indestructible de l’être ». Même si les délégations libanaise et états-unienne n’arriveront que ce mardi, les Copains du monde marseillais ont pu échanger avec des enfants venus du Maroc et de l’île de la Réunion et partager leur vision d’une école idéale.

    Chaque jeune avait développé durant des ateliers d’écriture encadrés par le Secours populaire et les associations marocaine et réunionnaise présentes (IFLAN et K-pab6T) une idée précise de l’école parfaite, qu’ils ont restituée sous forme de textes ou de saynètes de théâtre. « Les adultes aident les enfants à s’exprimer sans dénaturer leurs propos et leurs pensées » explique Léna, chargée de projet pour Copains du monde au sein du Secours populaire.

    « Je pense que l’école ne devrait pas seulement transmettre des savoirs, mais aussi apprendre à vivre ensemble. Il faudrait mettre en place davantage de projets solidaires à l’école », affirme la Marseillaise Rifae. Dans l’idéal de Khadija, marocaine de 14 ans, « l’école c’est ma seconde maison, mes camarades sont devenus des frères ». La délégation marocaine monte sur scène pour une saynète. Khadija joue la maîtresse devant Mohamed et Ziad, assis sur des chaises et représentant les élèves. Dans un dialogue de quelques minutes, ils racontent une école sanctuaire de la solidarité.

    Cependant, les textes présentés ont surtout permis de prendre conscience du décalage entre cet idéal et la réalité de l’école à laquelle ces jeunes sont confrontés. « Aujourd’hui, c’est les enfants qui doivent s’adapter, il y a de la compétition et ils ne prennent pas en compte les difficultés des élèves » estime Mamadou. Il déplore un manque d’initiative de la part du système éducatif, notamment face au harcèlement et à l’isolement de certains jeunes, « moi je me suis fait harceler plus jeune, généralement il n’y a pas vraiment d’action qui est mise en place », poursuit le jeune homme.

    Décrochage

    Arbabi, 15 ans, vient de la Réunion. Lui aussi alerte sur les conséquences de l’isolement et du décrochage : « les personnes en difficulté baissent les bras et les profs n’essaient même pas de les relancer. Quand ils décrochent ils finissent dans des histoires de vente de drogues, de meurtres, ou de braquages. C’est ce que je vois tous les jours dans mon quartier ». Arbabi insiste sur le rôle fédérateur et inclusif que doit jouer l’école pour tous les jeunes : « chez nous, quand un élève est en décrochage, il est critiqué, il perd confiance en lui. Il se sent plus accepté dans la rue qu’à l’école, alors il arrête l’école », détaille-t-il. Khadija, 14 ans, regrette un lien de confiance altéré entre les enfants et les professeurs, « ils vont beaucoup se disputer, ça peut être très conflictuel ».

    Dans l’assemblée réunie pour cette matinée de débat, les témoignages des enfants font réagir. « Je suis plutôt triste après tous ces textes, ça me fait mal au cœur », lâche Danielle, bénévole au Secours populaire. Elle ajoute : « les accompagner, les aider à grandir, c’est un peu ce que devrait faire l’Éducation Nationale ».

    Gaëlle Salado, organisatrice des universités d’été répond qu’à la suite des ateliers d’écriture, une lettre à destination du ministre de l’Éducation a été rédigée et envoyée par les enfants. « Une bouteille à la mer » ironise Philippe, autre bénévole, qui n’est pas étonné que la lettre n’ait reçu aucune réponse.

    Les enfants Copains du monde interpréteront leurs textes au théâtre de la Rotonde pour le festival d’Avignon ce mercredi.

    TÉMOIGNAGES

    Ziad, 13 ans, membre de la délégation marocaine accompagné par l’association IFLAN.

    « L’école ne doit pas seulement être un endroit pour apprendre à lire et à écrire mais un endroit pour s’épanouir. C’est un endroit pour se construire, un endroit pour construire des relations et des valeurs ».

    Dounia, 15 ans, Marseillaise et membre des Copains du monde depuis 3 ans.

    « C’est la troisième année où je participe aux ateliers d’écriture et à l’université d’été du Secours populaire. C’est des ateliers où tu es libre de t’exprimer, c’est important d’avoir ce temps et cet espace tous les mercredis pour faire ça ».

    Daris, 13 ans, Marseillais et membre du mouvement Copains du monde depuis 3 ans.

    « Les divisions dans le monde et dans la société alimentent les discriminations et l’isolement au sein de l’école. Ce n’est pas souvent défini comme du harcèlement, il y a des enfants isolés mais ce n’est pas pointé du doigt et nommé comme du harcèlement. C’est pas juste ».

    Recueillis par S.M.

  • Aurore Bergé lance son plan anti-haine depuis le Camp des Milles

    Aurore Bergé lance son plan anti-haine depuis le Camp des Milles

    C’est au Camp des Milles qu’Aurore Bergé a choisi de décliner les grandes lignes de son nouveau plan national de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations liées à l’origine (Prado). Une stratégie interministérielle, visant à renforcer les moyens de luttes contre toute forme de haine. La ministre est également venue au Camp des Milles signer une déclinaison départementale de ce plan, auquel s’ajoute la lutte contre les haines LGBT+, cosignée par le préfet de région, les procureurs de Marseille et d’Aix en Provence, et le recteur d’académique. Le but, « garantir que dans chaque département, on ait une déclinaison territoriale. Aujourd’hui nous avons 54 plans territoriaux. Mon objectif, c’est qu’à la fin du premier trimestre 2027, nous ayons dans tous les départements un plan départemental d’action de lutte », précisait Aurore Bergé, en amont de sa venue au Camp des Milles. Ce jour, la convention pluriannuelle d’objectifs 2026-2028 entre l’État et la Fondation du Camp des Milles a elle aussi été renouvelée. Pour en revenir au plan national de lutte contre les haines, celui-ci repose sur plusieurs piliers forts. à commencer par celui de la scolarité, de l’éducation et la jeunesse. « Pour moi, c’était ça tout le symbole de le présenter hors de Paris, dans un lieu de mémoire et de compter cet enjeu majeur que sont la question de l’éducation et la transmission de cette mémoire, contextualise la ministre. Aujourd’hui, on a 500 000 élèves chaque année qui visitent des lieux de mémoire. L’objectif, c’est 800 000 élèves par an. »

    Construit « patiemment »

    Second axe saisi par le plan Prado, la formation de « ceux qui enseignent à nos enfants, précise la ministre. L’objectif est de former les 1 000 référents nationaux que nous avons sur les valeurs de la République, aux enjeux contemporains du racisme, de l’antisémitisme, des discriminations, de former les 19 000 chefs d’établissement que nous avons… On donne des objectifs très précis, très chiffrés. » La question de l’accompagnement des victimes a elle aussi été retravaillée, une « priorité » à la fois inscrite dans le plan national, comme départemental. « 97% des victimes de haine ne portent pas plainte, illustre Aurore Bergé. On a largement progressé sur la question de la formation des policiers des gendarmes et des magistrats. Il faut aller encore plus loin, avec une convention cadre entre mon ministère et l’enjeu de la formation des policiers des gendarmes mais aussi des policiers municipaux, qui pour la première fois sont inclus dans ce plan de formation. » Y compris chez les inspecteurs au sein de la police et la gendarmerie nationale « pour garantir cette exemplarité à tous les étages. » Les alternatives de poursuites judiciaires, le développement des stages de citoyenneté intègrent la liste des mesures inscrites au plan Prado. Face à la montée des haines en ligne, Aurore Bergé promet aussi « de simplifier les parcours de signalement de la haine en ligne. » Pour la première fois « j’ai souhaité aussi qu’on ait un axe dédié sur la lutte contre les discriminations liées à l’origine », avec, entre autres, un travail mené auprès des entreprises et des acteurs de l’immobilier. « Depuis janvier, nous avons travaillé patiemment à ce plan, en lien avec les associations et administrations du ministère. Ça n’a pas été fait dans l’urgence. Là où il y a urgence, c’est sur l’état des discriminations, sur le racisme, sur l’antisémitisme, avec des chiffres beaucoup trop élevés dans notre pays », estime Aurore Bergé, qui alerte sur le « rajeunissement », tant des victimes que des auteurs de crimes de haine. Dans ce sens, la ministre soutient d’ailleurs les démarches d’inscription du Camp des Milles au patrimoine mondial de l’Unesco. « Le risque est que progressivement la mémoire s’efface. Aujourd’hui, rien que dans notre pays, on a un jeune sur 20 qui considère que la Shoah est une invention ou un mensonge », alerte Aurore Bergé.

    Eva Bonnet-Gonnet

  • L’arrêté de fermeture du Marché du soleil jugé illégal

    L’arrêté de fermeture du Marché du soleil jugé illégal

    Les juges ont relaxé George Dahan dans le volet sur la sécurité du marché. Le patron du Marché du soleil était jugé pour des manquements à la réglementation ERP d’octobre 2023 à février 2026, date de la fermeture effective pour 6 mois prise par arrêté préfectoral.

    Le tribunal a jugé que l’arrêté municipal de fermeture du 24 janvier 2023 était illégal, faute d’avoir été précédé d’une mise en demeure. Me Stéphane Ceccaldi a fait mouche en arguant que « ce vice substantiel fait disparaître l’infraction ». Un arrêté de fermeture ne peut être pris qu’« après mise en demeure restée sans effet de l’exploitant ou du propriétaire de se conformer aux aménagements et travaux prescrits ou de fermer son établissement dans le délai imparti ».

    L’arrêté de janvier 2023 évoquait certes un courrier de mise en demeure du 2 juillet 2019, mais qui se rapportait au premier arrêté inappliqué du 10 juin 2008 pris à la suite d’un incendie… « Il existe en réalité une seule mise en demeure au dossier, datée du 6 octobre 2023, donc postérieurement à l’arrêté. » Un camouflet qui interroge sur la tolérance de la commission communale de sécurité avec 25 procès-verbaux d’avis et de préconisations signés depuis 2010. « Comment la Ville pourrait-elle invoquer une urgence quand l’arrêté de fermeture initial avec prescriptions de travaux est du 20 juin 2008 ! », plaidait Me Ceccaldi. S’agissant du 3e et dernier arrêté municipal de fermeture du 28 novembre 2023, ses deux mises en demeure sont encore postérieures.

    Sur le délit de mise en danger délibérée de la vie d’autrui par violation manifestement délibérée d’une obligation de prudence ou de sécurité, le tribunal estime que, certes un certain nombre de désordres ont été relevés, mais qu’il n’est pas démontré un « risque de mort et de blessures immédiat et direct ». Si la Ville a attendu le 17 février 2026 pour dégainer un arrêté de mise en sécurité d’urgence, il ne concerne qu’une partie d’un bâtiment en fond de cour.

  • Le dentiste escroc écope de deux ans de prison ferme

    Le dentiste escroc écope de deux ans de prison ferme

    Le tribunal a largement dépassé les réquisitions et condamné lundi pour escroquerie en bande organisée et blanchiment un dentiste marseillais, Mohamed Cherif, 37 ans, pour avoir détourné en quatre ans 2 660 658 euros à la CPAM avec 11 246 actes et forfaits surfacturés ou totalement fictifs sur 100 patients.

    La 6e chambre correctionnelle présidée par Margaud Kennedy a considéré que ce jeune dentiste s’est lancé dans un schéma de fraude deux ans seulement après avoir obtenu son diplôme. « Dès le début, il a reconnu le mode opératoire de ses agissements. Il a été le premier bénéficiaire du produit de l’escroquerie et s’est considérablement enrichi. » Ces faits sont « d’une particulière gravité au vu de l’ampleur des détournements en moins de trois ans au préjudice du système de santé qui repose sur la solidarité nationale pour permettre notamment l’accès aux soins des plus démunis ».

    « La majorité de ses actes ont été purement fictifs », estiment les juges qui ont écarté la thèse défendue par le praticien qu’il aurait voulu arranger ses patients et il aurait été pris dans une spirale devant une imposition qui allait crescendo. S’agissant du délit de travail dissimulé au sein de son cabinet, le tribunal l’a relaxé.

    « Absence de prise

    de conscience »

    Le dentiste a facturé 50% des actes sans même utiliser la carte vitale des assurés. Le tribunal rappelle que « 73% des sommes fraudées à la CPAM sont détournées par des professionnels de santé ». Il a considéré qu’une peine d’emprisonnement était « indispensable ». D’où le prononcé d’une peine de 5 ans de prison dont 3 ans avec sursis probatoire avec mandat de dépôt à effet différé et exécution provisoire. S’ajoute une amende de 200 000 euros dont 150 000 avec sursis, la confiscation de 376 000 euros en bijoux, vêtements, articles de luxe, d’une sculpture et de deux appartements pour 740 000 euros. Au regard de l’« absence de prise de conscience » et du « risque de renouvellement » des faits, une interdiction d’exercice d’activité libérale est prononcée pour 5 ans.

    Le jugement souligne le « rôle pivot » de Fella C., une patiente qui a été son « intermédiaire dans ce schéma de fraudes qu’elle a diffusé » à dix faux patients de son entourage, condamnés eux à des peines allant de 105 heures de travail d’intérêt général à 10 mois de prison avec sursis. Fella C. a perçu 58 000 euros du dentiste en l’espace de 15 mois. « Elle a bénéficié d’un deal et a reconnu avoir perçu une commission à chaque recommandation d’un patient. » 31% des sommes au titre de la CMU ont été reversées à elle et ses proches. Pour cette complicité active, elle écope de 18 mois avec sursis et 10 000 euros d’amende.

    La solidarité de l’ensemble des prévenus est prononcée pour indemniser la CPAM de la somme de 2 660 658 euros. Le tribunal l’a toutefois limitée à hauteur de 277 000 euros pour dix prévenus autres que le dentiste.

  • Le droit au logement reste encore à la rue

    Le droit au logement reste encore à la rue

    Dans les décisions rendues par le tribunal administratif de Marseille ce jeudi 25 juin, l’addition monte rapidement. 300 euros d’indemnités pour une personne dont le relogement en urgence était réclamé depuis le 22 mai 2025. 1 150 euros pour une autre reconnue prioritaire depuis le 5 octobre 2023. 2 300 euros pour une femme avec son conjoint et ses quatre enfants « devant être logée d’urgence » depuis le 26 janvier 2023. Tous vivaient « dans des conditions de logement précaires », reprennent les jugements. Et ils sont loin d’être les seuls.

    Selon le bilan régional publié à la mi-juin, l’État a ainsi été condamné en 2025 à verser 446 000 euros aux ménages de Provence-Alpes-Côte d’Azur considérés prioritaires pour accéder à un logement social dans le cadre du droit au logement opposable (Dalo), et laissés sans solution. Les injonctions à l’État pour reloger ces personnes ont aussi atteint un nouveau record, avec 1 225 recours déposés sur l’année, dont une majorité dans les Bouches-du-Rhône.

    Explosion des demandes

    Mis en place en 2007, le Dalo garantit un accès à un logement décent et indépendant pour toutes les personnes qui ne peuvent y accéder par leur propre moyen. Ainsi les personnes sans logement, hébergées chez un proche ou dans une structure, menacées d’expulsion, vivant dans une habitation insalubre ou suroccupée ou confrontées à un traitement « anormalement long » de leur demande de logement social (30 mois dans les Bouches-du-Rhône) peuvent déposer un recours auprès des commissions de médiation pour que leur demande soit considérée « prioritaire et urgente ».

    Mais sur fond de crise du logement, les demandes explosent. En cinq ans, le nombre de recours Dalo a augmenté de 26%, pour atteindre 20 610 ménages dans la région en 2025, dont une majorité dans les Bouches-du-Rhône. Avec des hausses très marquées dans le Var (+38% en cinq ans) et surtout les Alpes-de-Haute-Provence où ils ont été multipliés par neuf sur la période.

    Parmi les requérants – aux deux tiers des personnes seules ou des familles monoparentales – ils sont 40% à avoir un emploi, près de la moitié à avoir des ressources supérieures au Smic. Moins d’un tiers d’entre eux, soit 6 186 ménages en 2025 dans la région, ont vu la commission de médiation classer leur dossier comme « prioritaire et urgent » pour obtenir un logement social. La faute, la plupart du temps, à des dossiers considérés irrecevables car incomplets.

    Les collectivités freinent

    Mais même les familles reconnues prioritaires doivent encore attendre en moyenne 395 jours, une durée qui augmente d’année en année, quand la loi impose un délai de trois mois. « Les Bouches-du-Rhône, et Marseille en particulier, sont particulièrement touchés par la forte diminution de la production de nouveaux logements sociaux, la suppression des logements insalubres et les relogements nécessaires », explique le président de la commission de médiation des Bouches-du-Rhône, Patrick Albrecht en introduction du bilan départemental. Résultat : ils sont plus de 10 000 dans la région à attendre un relogement malgré une décision favorable. Dont 47 qui attendent au moins depuis 2017.

    « Cette situation appelle des mesures énergiques, afin de conserver au Dalo l’effectivité recherchée », écrit donc la préfète déléguée à l’égalité des chances, Isabelle Epaillard, qui appelle à une relance des logements dits « très sociaux » (PLAI). Surtout, elle réclame « une application stricte par tous les réservataires et les bailleurs des priorités d’attribution » en considérant leur effort « insuffisant ». En d’autres termes : les collectivités du territoire rechignent à attribuer des logements sociaux aux ménages prioritaires malgré leurs obligations. Dans les Bouches-du-Rhône, le préfet a repris la main sur l’attribution de 693 logements sociaux pour que les bailleurs sociaux rentrent dans les clous. Un coup de semonce d’autant plus important que la loi Jeanbrun, présentée le 7 juillet, prévoit de confier aux maires et intercommunalités l’attribution des logements sociaux aujourd’hui à la main de l’État.

    La préfecture de son côté met en avant son travail pour relancer la production, avec une programmation record dans les Bouches-du-Rhône de 4 772 logements sociaux en 2025. En plus des contrats de mixité sociale dans les communes carencées, des aides de recyclage foncier ont été mises en place depuis 2025 pour faciliter la requalification de logements dégradés, avec 9,8 millions d’euros versés. Reste à savoir si cela suffira à éteindre l’incendie de la crise du logement, quand le gouvernement a asséché les ressources des bailleurs sociaux.

    LA CRISE EN CHIFFRES

    +7%

    L’augmentation du nombre de recours au droit au logement opposable dans la région en 2025, une hausse encore plus marquée dans les Alpes-Maritimes, le Var et surtout les Alpes-de-Haute-Provence (+36,9%). Au total, 20 610 demandes ont été déposées en Provence-Alpes-Côte d’Azur, dont 10 647 pour les seules Bouches-du-Rhône. 30 % ont reçu un avis favorable par les commissions de médiation, soit 6 035 reconnaissances du caractère « prioritaire et urgent ».

    395 jours

    Le délai moyen du relogement après la reconnaissance du caractère « prioritaire et urgent » de la demande en 2025 dans la région (444 jours dans les Bouches-du-Rhône), contre 379 jours en 2024 pour un délai légal de seulement trois mois. S’il est deux fois moins important que pour l’accès classique à un logement social, 10 509 personnes reconnues prioritaires sont en attente d’un relogement dans la région (8 138 dans les Bouches-du-Rhône), dont la moitié au moins depuis 2023.

    446 000 euros

    Les indemnités versées en 2025 par l’État aux ménages qui n’ont pas été relogés dans les délais légaux, un montant quia été multiplié par quatre depuis 2022. Quelque 294 recours indemnitaires ont ainsi été déposés dans la région en 2025, contre seulement 74 recours en 2024. S’y ajoutent 1 225 recours en injonction pour non-relogement par l’État. Un nombre en forte hausse : on en comptait 1 019en 2024, et 770 en 2023. Ils représentent désormais 16% des dossiers validés.

  • Les salariés d’Haribo ne veulent pas « des miettes »

    Les salariés d’Haribo ne veulent pas « des miettes »

    Il est 10 heures passées au pied de la tour La Marseillaise. Devant l’entrée, des drapeaux rouges flottent dans les airs, des sifflets résonnent et au mégaphone : « on lâche rien », crie Thierry Cambola, délégué syndical central FO d’Haribo. « La société est plus que fructifiante, on a jamais eu des NAO aussi basses que ça. La nouvelle direction n’écoute pas, elle reste fermée à toutes les propositions des syndicats », déplore-t-il, dossard sur le dos, « j’ai presque 40 ans de boîte, on a toujours discuté et amélioré le quotidien des salariés, on est là pour ça ! »

    Les salariés marseillais du numéro un mondial du bonbon poursuivent leur mouvement de grève, à raison de deux heures de débrayage par jour depuis plus d’une semaine. Les élus ont pris la décision de boycotter le CSE prévu dans la journée. « Avec le bénéfice qu’ils se font, proposer 0,9% d’augmentation générale c’est indécent avec le travail qu’on fournit, il n’y a pas de rétribution, ils ne veulent pas sortir de l’enveloppe », fulmine Sofia Calabria, élue CGT, « on attend de vraies négociations, depuis deux ans ce ne sont que des décisions unilatérales, là on dit stop », tranche-t-elle.

    « Ouvert au dialogue »

    Selon les manifestants, les directeurs généraux de Haribo France se seraient rendus dans l’usine boulevard Capitaine Gèze (14e) quelques heures avant le rassemblement prévu quai d’Arenc (2e). « Ils nous évitent, tant pis », souffle Marc Mansano, « on est au point mort au niveau des négociations, il n’y a pas d’avancées depuis la semaine dernière mais on reste ouvert à la discussion », insiste le délégué syndical CGT.

    Un seul employé des bureaux situés au 17e étage de l’immeuble de Jean Nouvel est descendu soutenir ses collègues : « un effort de la direction serait bienvenu, nous avons une croissance exponentielle, les salariés méritent une récompense à la hauteur », assène-t-il, sous couvert d’anonymat. « Tout le monde s’inquiète pour le futur. On a tous des maisons, des voitures, des enfants à assumer. Tout augmente, que ce soit l’alimentaire, l’essence, qu’on demande 100 euros et qu’on nous les refuse… », soupire Géraldine Sirounian, qui travaille à la production. À ces inquiétudes s’ajoutent celles entourant la future usine d’Uzès, « on n’a aucune visibilité. On a tous des clauses de mobilité dans nos contrats », signale Marc Mansano. Thierry Cambola, lui, redoute « une casse sociale ». Mais une bataille après l’autre, les NAO restent prioritaires « la grève est illimitée parce qu’on ira jusqu’au bout. On ne veut pas des miettes ! », prévient-il.

  • Ligue 1 : l’OM ouvrira le ban le 21 août

    Ligue 1 : l’OM ouvrira le ban le 21 août

    L’OM connaît désormais son programme de reprise. Les deux premières journées ont été déterminées par la LFP et Ligue 1+, diffuseur du championnat.

    Les Olympiens recevront Strasbourg pour l’ouverture. Un duel qui sera aussi le premier match de la nouvelle saison. Il se jouera le vendredi 21 août, à 20h45. Les Olympiens se déplaceront ensuite à Monaco, pour la deuxième journée, le dimanche 30, également à 20h45.

  • Un vent de fraîcheur avec l’équipe Picard

    Un vent de fraîcheur avec l’équipe Picard

    Nous attendions Charlotte Darodes, quand est arrivée Camille Picard, il en est de même dans la formation d’Anna Maillard, ou en lieu et place d’Angélique Colombet nous avons vu poindre Cindy Peyrot. Dans un parc Borély inondé par le soleil et sous une température étouffante, ces dames se sont lancées à la conquête du titre le plus convoité, en mode concours, de la planète boules.
    Le GP féminin Paprec La Marseillaise. Au terme de ce vendredi, on note que pour 154 triplettes a sonné la fin du voyage et des joueuses pas souvent habituées à sortir si tôt du débat manquent à l’appel. Signe qu’inéluctablement la bataille pour entrer dans l’emballage final aura été impitoyable.

    Un bouquet final

    au parfum national

    Un panel de 32 équipes se retrouve samedi pour aborder les 16e de finale. Premier constat : à de rares exceptions, on note la présence du haut de gamme, une pléiade de joueuses au palmarès qui imposent le respect. Il y a là des championnes de toutes les dimensions. Détaillons, en plus des quatre équipes de France, une équipe belge, une équipe thaïlandaise qui va prendre le meilleur sur la formation de Muriel Ben Hocine, avant que Marie-France Coulange ne venge ses camarades. Des joueuses de dimensions internationales comme la Canadienne Maryse Bergeron, dont on peut penser qu’elle va aider Fabienne Berdoyes à aller décrocher sa septième étoile. Il n’en sera en fait rien, Mélanie Jullien vainqueur en 2023 passera par là. Un trio d’anciennes vainqueurs est là aussi, Sabine Fara, Stéphanie Fournier en 2023 et Axelle Bernard en 2020

    En 8e les joueuses labellisées « France » poursuivent leur marche qui s’annonce triomphale. L’Ajaccienne Coralie Caratini échoue face à Anna Maillard. En quart, c’est Sabine Fara qui s’incline face à Camille Picard.

    En demi-finales, c’est Mélissa Mordenti et les championnes de France qui quittent l’épreuve. Ces dernières battues par Camille Picard et ses partenaires.

    Hier matin, sous un soleil de plomb, les deux teams nationaux se sont retrouvés, dans un central surchauffé, sous un soleil de plomb. Sous l’arbitrage de Jean-Luc Fuentes et Dominique Lebots, arbitres internationaux. Des conditions délicates, qui vont avoir un impact sur la prestation de ces joueuses. Ludivine Lovet et ses partenaires, vont essayer de rechercher la meilleure formule mais rien n’y fera. La formation de Camille Picard, sous l’impulsion de Nadège Baussian-Protat, qui recevra des mains de Sylvette Innocenti le challenge de la meilleure joueuse, va s’imposer en dix mènes sur le score de 13 à 8. On notera que ce résultat empêche Ludivine Lovet de remporter une 4e victoire.

    Évolution du score

    Picard-Lovet : 3-0/5-0 / 5-3/ 6-3/ N/ 9-3/ 10-3 / 10-6 /10-8 / 13-8

  • [Entretien] Gaëlle Salado : « Faire de chaque membre du Secours populaire un relais de solidarité actif »

    [Entretien] Gaëlle Salado : « Faire de chaque membre du Secours populaire un relais de solidarité actif »

    La Fédération du Secours populaire des Bouches-du-Rhône organise, ce lundi 6 juillet de 9h30 à 12h30, sa onzième université d’été sur le thème « Ecol’lectif – Pour que la solidarité devienne une valeur indestructible de l’être ». La matinée s’articulera autour d’un débat sur l’école, le collectif et la solidarité comme point d’appui pour la jeunesse, avec la participation des Copains du Monde, mouvement qui accompagne et réunis enfants et adolescents de différents pays. L’événement, gratuit, se tient au 169 Chemin de Gibbes, à Marseille (14e).

    La Marseillaise : Avant d’aborder cette 11e édition, pouvez-vous nous en dire plus sur les universités d’été et leur objectif ?

    Gaëlle Salado : L’université d’été, c’est un travail qui a été lancé il y a une dizaine d’années avec le sociologue Jacques Broda et qui permet de faire le lien entre le travail de terrain du Secours populaire et des concepts philosophiques, sociologiques et psychanalytiques. Ça permet de conceptualiser ce que l’on vit et la société dans laquelle on évolue. Les universités d’été sont animées par le désir de vouloir donner plus de puissance à notre action en la reliant avec des concepts plus théoriques et de montrer la place centrale qu’occupe la solidarité. On a amené une dimension internationale, ces dernières années, en impliquant nos partenaires étrangers au travers des villages Copains du Monde, avec les enfants des pays partenaires. Ce sont les enfants Copains du Monde, avec qui on travaille toute l’année sur différents concepts, qui choisissent le thème de l’université d’été. Le but est de se poser les mêmes questions, tout en sachant que l’on n’a pas grandi dans les mêmes endroits, que l’on n’a pas forcément la même culture.

    Cette année, le thème de l’université d’été est « Ecol’lectif – Pour que la solidarité devienne une valeur indestructible de l’être ». Pourquoi ce thème ? Pourquoi avoir choisi de mettre l’école au centre ?

    G.S. : C’était une demande des jeunes, car c’est un espace où ils passent énormément de temps et dans lequel ils ne sont parfois pas bien. C’est l’un des premiers espaces de socialisation pour les plus jeunes, un lieu où l’on éprouve le collectif avec des contraintes. Le collectif, c’est important, par rapport à tout ce qu’il se passe aujourd’hui dans le monde : les violences, le harcèlement… Le collectif, c’est quelque chose qui reste et qui existe. Les Copains du Monde sont un moyen de protéger les enfants et les adolescents, en leur donnant des outils.

    Le sujet porte sur les jeunes. Sont-ils les seuls à qui s’adresse l’événement ?

    G.S. : Non, l’université d’été ne s’adresse pas qu’aux jeunes. Elle est ouverte à toutes les personnes qui s’intéressent à ce sujet : les parents, les professeurs, les familles qu’on accompagne toute l’année ou encore les personnes extérieures au Secours populaire qui pourraient être curieuses.

    La matinée du 6 juillet s’articulera autour d’un débat. Comment l’avez-vous conçu et organisé ? Qui seront les intervenants ?

    G.S. : Cette année, on accueille l’île de La Réunion, le Maroc, le Liban et les États-Unis. On travaille avec des associations partenaires locales : un orphelinat au Liban, une association qui travaille pour l’accès à l’éducation des enfants en situation d’exclusion aux États-Unis… Et on va discuter de projets communs. Les jeunes des Copains du Monde ont préparé l’introduction depuis le mois de janvier. Dans des ateliers d’écriture, ils ont rédigé des textes qui ont été mis en scène par un bénévole qui fait du théâtre. Après cela, on lancera le débat sur l’école idéale. On déroulera jusqu’à la question de l’adolescence, de comment on peut accompagner les adolescents pour qu’ils maintiennent leur engagement autour de la solidarité. On veut offrir l’association à la jeunesse, questionner la place qu’on lui donne au sein du Secours populaire.

    Pouvez-vous revenir sur le village Copains du Monde et détailler son programme ?

    G.S. : Le village Copains du Monde se déroulera du 10 au 16 juillet. C’est un projet qu’on met en place aussi depuis 10 ans, au Secours populaire des Bouches-du-Rhône, qui nous permet d’accueillir des enfants et adolescents des pays partenaires. Ça permet aux jeunes de se mélanger avec d’autres cultures, langues et codes, de dépasser ces différences et de pouvoir se dire qu’ensemble, on est capables de créer quelque chose de différent.

    Une collecte financière est également prévue ?

    G.S. : Oui, les jeunes participent aussi à une collecte financière. Le jour du marché du Prado, on aura un stand du Secours populaire avec nos objets promotionnels et de l’artisanat des pays pour financer les actions. Cette collecte fait partie de leur formation en tant que bénévoles, qui sont très importants pour nous et sont appelés « animateurs, collecteurs, bénévoles ». Et tout au long de la semaine, les jeunes découvriront des activités et des jeux proposés par les autres pays. L’idée principale est vraiment le partage. Les enfants sont contents, les retours sont généralement : « On a l’impression d’être en famille même si on ne se connaissait pas au départ. » Quand ils ressortent de là, ils sont d’autant plus engagés. Ce qui est fondamental car le but est aussi de faire de chaque membre du Secours populaire un relais de solidarité actif.