Tag: Bouches-du-Rhône

  • Le kata mondial au cœur des quartiers Nord

    Le kata mondial au cœur des quartiers Nord

    Pas un son, pas le moindre bruit dans le gymnase Saint-Jérôme. Sur le tatami bleu et jaune, une vingtaine de judokas ne perdent pas une miette des explications des deux champions du monde de « Nage no Kata » en titre, Kento Iwanaga et Genta Iteya, venus spécialement du Japon pour l’occasion.

    « Ils sortent rarement de leur pays, même si, de par leur célébrité dans leur domaine, ils sont amenés à voyager en Océanie ou en Amérique du sud. Mais ils n’étaient jamais venus en France dans le cadre d’un stage. C’est un grand honneur de pouvoir accueillir ces deux judokas, qui possèdent une expertise, entre guillemets, unique au monde », souligne Mégane Rabellino, présidente de Massilia Judo.

    L’un des professeurs du club, Jean-Michel Lévêque, développe depuis de nombreuses années des liens avec de prestigieuses universités japonaises. Il a notamment conservé des liens étroits avec l’Institut Kodokan où enseignent les deux invités de marque. Au fil de plusieurs séances de quatre heures réparties sur le week-end, les professeurs japonais ont revisité les fondamentaux de cet art martial exigeant et minutieux. Des bases « naturelles », comme la posture et la respiration, « que l’on ne travaille pas forcément au quotidien », souligne Mégane.

    Engagement social

    Massilia Judo compte 250 licenciés, dont plus de la moitié sont des enfants âgés de moins de sept ans. « Il y a beaucoup de filles », se réjouit la présidente, élue en 2023 à la tête du club.

    Le club a toujours eu à cœur d’être « ancré » dans les quartiers prioritaires de la ville, en s’appuyant sur les bienfaits et les valeurs véhiculés par le judo. « Le cœur de notre projet, c’est d’apporter l’excellence à ces jeunes », souligne Éric Torrente, professeur et directeur de Massilia Judo, accompagné par quatre autres enseignants diplômés d’État.

    Ancien responsable de la commission « Judo École » au sein du comité 13, il considère son art martial comme une véritable « école de la vie ». « Certains gamins nous ont remerciés de leur avoir transmis une rigueur qu’ils n’avaient pas au départ », poursuit Éric. Une philosophie qui, selon lui, porte ses fruits : deux adhérents du club ont notamment réussi cette année leur entrée en hypokhâgne, 1ère année des classes préparatoires.

    Au-delà de la performance, parfois devenue excessive dans notre société, le judo constitue aussi un formidable vecteur de lien social. « On va chercher des gamins qui n’ont pas l’habitude de faire du sport, qui n’ont pas l’habitude de bouger pour différentes raisons. Grâce au code moral et au cadre très précis qu’impose le judo, on arrive à faire ressortir le meilleur de chacun. Parce qu’il y a énormément de potentiel chez ces enfants, dans ces quartiers », assure Mégane Rabellino, convaincue que les enseignements transmis sur le tatami leur serviront tout au long de leur vie.

    Avec son équipe, elle ambitionne désormais de poursuivre cette dynamique en s’implantant dans d’autres quartiers des 13e et 14e arrondissements.

  • Ligne à très haute tension, le fond et la forme

    Ligne à très haute tension, le fond et la forme

    La nécessité de la ligne à très haute tension est indéniable. Il s’agit
    de permettre le développement industriel du territoire tout en assurant sa décarbonation, de garantir la sécurité énergétique de la région et la souveraineté nationale. Son urgence est tout aussi indéniable, au risque d’hypothéquer les projets industriels
    en cours voire le fonctionnement électrique de la région. Nul ne le conteste. Ce qui est contesté en revanche, c’est la méthode pour y parvenir. Une méthode autoritaire finalement représentative de la façon de faire d’Emmanuel Macron. Il arrive, impose, parle souveraineté et réindustrialisation mais refuse de penser long terme et reste toujours obnubilé par la dépense publique qu’il se refuse
    à regarder comme un investissement pour l’avenir.

    Sourd !

    Et reste sourd aux élus locaux au premier rang desquels les maires des territoires concernés mais pas seulement, qui pourtant n’ont de cesse de l’alerter sur les conséquences de la proposition sur la table dont la facture de 400 millions est la seule considérée comme acceptable par Paris. Sourds aux acteurs du terrain qui expliquent que cette ligne va détruire l’activité de petites entreprises qui vivent du tourisme et de l’agriculture. Sourd aux solutions alternatives qu’une société du XXIe siècle est en capacité de trouver, certes plus chères mais en mesure de rassembler tout le monde.

    Qui aurait pu prédire qu’après des décennies d’abandon industriel et de non-investissement dans la transition énergétique la facture serait si élevée ? Pas les sourds !

  • L’OM ne le méritait pas

    L’OM ne le méritait pas

    Comme le 28 janvier dernier à Bruges, l’orientation de la suite de la saison marseillaise s’est jouée ailleurs.

    En la Ligue des Champions, c’est un but improbable face au Real d’Anatolyi Trubine, le gardien de Benfica, qui qualifiait les Portugais pour les barrages, aux dépens des Olympiens. À la veille de la première trêve du championnat, si l’OM ne la passera pas en position de lanterne rouge, c’est grâce à la victoire de Toulouse face au Havre (3-2) qui hérite de cette position peu enviable.

    Néanmoins, lorsque François Letexier donnait le coup d’envoi du match de toutes les peurs face au PSG, les Olympiens étaient avant-derniers de la Ligue 1. Les victoires d’Auxerre et Nice, plus tôt dans la journée aux dépens de Brest et Lille, les ayant repoussés dans la zone rouge. Le seul moyen de ne pas y passer les trois semaines de parenthèse et s’éviter trop de gamberger était donc de réussir un coup face au double champion d’Europe.

    Si cela était loin d’être acquis, même face à des Parisiens encore en rodage, la première période s’est révélée plus équilibrée. Seul point noir de cet acte 1, la blessure d’Igor Paixão. Tandis que sur la même action, Amine Gouiri et Amine Harit manquaient l’ouverture du score, alors que le Virage sud voyait déjà le ballon au fond du but de Matvei Safonov (38).

    Même cacochyme, l’OM semblait en mesure de s’offrir l’exploit de son début de saison. S’offrant même une autre balle de but après l’heure de jeu. Que la maladresse de Neal Maupay ne permettait pas de concrétiser (62).

    Le but marseillais venait quelques minutes après que Ferran Torres ait refroidi le Vélodrome. L’égalisation d’Angel Gomes déclenchait une éruption de joie dans le Vélodrome. Mais l’espoir devait être rapidement douché par un nouveau but opportuniste, signé Marquinhos, avec dans la foulée un carton rouge brandi sous le nez de Timothy Weah, pour un second avertissement.

    Menés et réduits à dix, les Phocéens voyaient arriver une nouvelle défaite qui va leur faire passer les trois semaines de trêve dans la peau d’un relégable.

    OM 1 (0)

    PSG 2 (0)

    5e journée de Ligue 1

    Stade Vélodrome (61 499 spectateurs)

    Arbitre : F. Letexier

    Buts : Gomes (70), pour l’OM, Torres (66), Marquinhos (73) pour le PSG.

    Avertissements : Weah (32), Abdallah (80), Gomes (90) à l’OM, Nuno Mendes (39) au PSG

    Exclusion : Weah (77) à l’OM.

    OM : de Lange – Weah ( c ), Egan-Riley, Aguerd, Emerson (Garcia, 85) – Höjbjerg, Abdelli (Bezahaf, 85) – Harit (Abdallah, 63), Maupay (Moimbagna, 85), Paixão (Gomes, 30) – Gouiri.

    Entraîneur : B. Genesio

    PSG : Safonov – Zaïre-Emery, Marquinhos ( c ), Pacho, Nuno Mendes – Ruiz (Akliouche, 65), Vitinha, Neves – Doué (Beraldo, 79), Dembélé (Godts, 79), Kvaratskhelia (Torres, 60).

    Entraîneur : L. Enrique

    C’est la trêve

    La Ligue 1 va faire relâche trois semaines. « Nous allons pouvoir en profiter. Il y aura du repos, puis du travail individuel pour corriger les manques. Cela peut être une bonne période », indique Bruno Genesio. L’entraîneur de l’OM a également confirmé le match amical contre Montpellier. Ce sera le samedi 3 octobre, au stade Francis-Turcan de Martigues.

  • Ligne THT : le projet avance, l’opposition aussi

    Ligne THT : le projet avance, l’opposition aussi

    Alors que l’opposition se cristallise, le projet avance. Après que l’Autorité environnementale (A E) a publié son avis sur le projet de ligne très haute tension (THT) de 400 000 volts qui doit relier Jonquières-Saint-Vincent (Gard) à Fos-sur-Mer, RTE en livre sa lecture. Si l’instance indépendante pointe des lacunes dans l’étude d’impact, le gestionnaire du réseau estime que cette « feuille de route » identifie les « points qui restent à étudier », explique Gilles Odone, son délégué Méditerranée, alors que la demande de déclaration d’utilité publique (DUP) est en cours d’instruction. Christophe Berassen, directeur du programme d’électrification Fos-Berre, certifie : « On est encore loin de l’emplacement précis des pylônes, des modalités de réalisation, du détail des mesures d’évitement, de réduction et de compensation… Ces travaux sont devant nous. »

    Dans son avis, l’AE recommande à RTE de consolider « la justification des besoins électriques, de leur calendrier et du choix de la solution », pointant une comparaison insuffisante des « incidences sur l’environnement et la santé humaine des différentes stratégies, notamment des solutions phasées et de celles examinées par la tierce expertise », qui avait été présentée par Marc Petit, professeur de CentraleSupélec, lors de la concertation préalable. Ce dernier avait évoqué une « probabilité non nulle d’un décalage dans le temps de certains projets qui amène à proposer une évolution du réseau électrique en plusieurs étapes », hypothèse de départ de la solution alternative proposée par le Collectif THT 13/30.

    Après l’abandon du projet de giga-usine de photovoltaïque Carbon, la question se pose. « On distingue les demandes de raccordement des besoins électriques », répond Gilles Odone. Selon RTE, Carbon ne représentait que 200 MW des 4 000 MW de besoins identifiés à horizon 2030, répartis entre la sécurisation de l’alimentation de la région et la décarbonation de la zone industrielle de Fos-sur-Mer, où les projets se multiplient. Le gestionnaire se pose en émissaire de « la volonté de l’État clairement affichée de réélectrifier et de réindustrialiser le pays et de se rendre indépendant de toutes les sources d’énergie fossile ».

    RTE assure par ailleurs avoir étudié 14 stratégies avant de retenir le tracé actuel comme étant la meilleure solution. « Quel que soit le choix, il y aura des conséquences, affirme Gilles Odone. Si on fait moins puissant, qui n’en aura pas ? Si c’est plus cher, qui va le payer ? L’ordre de grandeur entre certaines solutions envisagées et celle-là, c’est 3,5 milliards d’euros d’écart. Ça demande des choix forts, mais il ne faut pas demander à RTE de les faire. »

    Tel que présenté actuellement, le coût de ce projet engagé en 2023 s’élève à plus de 400 millions d’euros. S’agissant du calendrier, une enquête publique de trois mois devrait débuter avant la fin de l’année. L’obtention de la DUP est attendue début 2027. RTE envisage le démarrage des travaux en 2028 et une livraison à horizon 2030. C’est ce délai de mise en service qu’avait appelé de ses vœux Emmanuel Macron en mai dernier, lors de la réunion de l’équipe de France de l’électrification, afin de « donner un signal clair et fournir la visibilité aux industriels ».

    Des lignes de distribution déposées

    Sur les mesures de compensation que l’AE demande de préciser, RTE affirme viser la « dette écologique nulle voire positive » avec la promesse, pour un pylône posé, d’en enlever 3 sur le réseau existant du grand Sud-Est d’ici 2035. Des lignes de distribution d’Enedis seront déposées pour apporter une réponse au risque avifaune pointé par l’AE dans son avis : « Les risques de collision et d’effet barrière pour les oiseaux, notamment le Ganga cata, l’Outarde canepetière et l’Alouette calandre, appellent encore des choix d’évitement. » La stratégie proposée par RTE est donc de supprimer ces lignes de tension inférieure, qui présentent plus de risques pour les oiseaux, pour « avoir un bénéfice écologique à mettre en regard avec les impacts potentiels du projet », explique Christophe Berassen. Les études vont être renforcées et proposer des « mesures d’évitement ou de réduction les plus adaptées possibles », ajoute-t-il.

    Quant à l’enfouissement, réclamé par les opposants à l’aérien, ce ne serait pas la solution la plus judicieuse selon le gestionnaire. Une alternative avec un enterrement de 6 km a été étudiée, mais elle « était évaluée à 150 millions d’euros supplémentaires il y a deux ans » et engendrerait « deux ans de retard sur le chantier », justifie Gilles Odone. Dans son rapport, l’AE note pourtant : « Le coût, le délai ou la complexité ne suffisent pas, sans justification au regard des objectifs poursuivis et de la faisabilité, à écarter une solution sensiblement moins dommageable pour les sites Natura 2000. »

    Le patronat presse toujours l’État

    Les représentants des organisations patronales de la région ne cessent de mettre la pression à l’État et aux élus pour accélérer la mise en œuvre de la ligne THT. C’était le sens d’une interpellation commune, également à l’adresse des élus locaux, de la part de l’Union pour les entreprises 13 (UPE), du Medef Sud, de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), le 9 septembre. Ces dernières réclament une déclaration d’utilité publique (DUP) « avant le 1er semestre 2027 ». Une interpellation précédée d’un coup de gueule du président de l’UPE, Jean-Christophe Amarantinis, une semaine avant, toujours pour une accélération du dossier. A.B.

  • Le message des Gilets jaunes marseillais au gouvernement

    Le message des Gilets jaunes marseillais au gouvernement

    Une cinquantaine de Gilets jaunes se sont retrouvés samedi matin sur le Vieux-Port pour une marche vers la Préfecture. Ils ont lancé un appel à la justice sociale et à l’unité citoyenne pour défendre le pouvoir d‘achat, la jeunesse, les services publics. « Depuis Marseille nous adressons un message au gouvernement. Ecoutez ceux qui travaillent et qui cherchent un emploi, écoutez les jeunes, les familles, tous ceux qui chaque mois doivent calculer pour réussir à vivre ! Nous demandons simplement que le peuple soit écouté ! », a lancé Emma, intérimaire, mère de deux enfants. « Les commerçants, les personnels soignants, les policiers, tous les citoyens en ont ras-le-bol », explique son compagnon, Damien, 24 ans, qui distribue des tracs, et rappelle qu’il a été « à 16 ans en 2018 le plus jeune Gilet jaune de Marseille ».

    « J’ai une colère en moi, je suis capable de tout casser », lance Jamila, ancienne aide soignante à la retraite. « Y a rien qui va, la vie chère, les médicaments qui sont mal remboursés, la guerre à Gaza et en Ukraine. Réveillez-vous les gens ! » « Le peuple souffre » résume Rosie, 74 ans, qui a ressorti ses belles pancartes bariolées de 2018.

    « On se doit d’être de toutes les mobilisations sociales à côté des Gilets jaunes comme l’a dit Fabien Roussel lors de la Fête de l’Humanité » dit Ariane Lombardi, membre de la Fédération du PCF. « C’est un mouvement citoyen porté par des valeursà positives et qui répond à de réels problèmes de Français, c’est-à-dire pouvoir vivre dignement, se loger, se nourrir, se cultiver, envisager un avenir meilleur. »

  • En campagne à Vitrolles, pour Fabien Roussel face à la précarité

    En campagne à Vitrolles, pour Fabien Roussel face à la précarité

    Ce matin, nous avons parlé du Front populaire, de conquêtes sociales et d’espoir. Nous en avons besoin aujourd’hui » lance Ariane Lombardi à la rentrée de la section de Vitrolles-Marignane du PCF, à la ferme de Croze samedi. Le matin a vu un débat sur le Front populaire de 1936 à Vitrolles et Marignane.

    Une période à rapprocher d’aujourd’hui. « On entend souvent la même chose : ‘‘je travaille, mais à la fin du mois, c’est de plus en plus difficile’’. Les courses, le logement, les factures… et puis l’essence. Ici, la voiture est souvent indispensable pour aller travailler. Quand le plein augmente, ça se voit tout de suite dans le budget. Nous refusons cette nouvelle forme de précarité », affirme la dirigeante communiste.

    Une « candidature utile »

    « C’est cette réalité que nous devons remettre au cœur du débat politique, c’est précisément pour ça qu’une candidature communiste est indispensable à l’élection présidentielle », affirme Ariane Lombardi. « Augmenter les salaires et les pensions, relever le point d’indice gelé depuis 10 ans, défendre notre sécurité sociale et nos services publics, réindustrialiser le pays, maîtriser notre énergie et faire contribuer le capital et les revenus financiers », liste la responsable, « Cela pose la question de fond de qui décide de comment sont réparties les richesses que nous produisons ».

    C’est dans cette idée que les communistes de Vitrolles et Marignane « n’attendront pas 2027 pour agir. Nous étions déjà avec les Gilets jaunes sur le Vieux-Port et nous serons avec les agents de la fonction publique le 29 septembre » indique Ariane Lombardi. La campagne de Fabien Roussel est lancée.

  • À Arles, le PCF donne priorité aux luttes

    À Arles, le PCF donne priorité aux luttes

    Une question simple s’impose à nous : à quoi voulons-nous être utiles ? Aux travailleurs, aux habitants, aux luttes sociales et syndicales, et à tous ceux qui refusent de se résigner ». La nouvelle secrétaire de la section d’Arles du PCF, Margaux Efthimiadi Alpe, donne le ton de la rentrée politique à l’assemblée des communistes réunis place Voltaire samedi midi.

    Une rentrée placée dans la continuité des luttes syndicales de 1936. « Depuis 126 ans, l’Union locale CGT accueille les travailleurs du pays d’Arles à la Bourse du travail. Cent vingt-six ans d’histoire, de luttes, de solidarité et de défense des droits. La décision de justice tranche un litige administratif, elle ne met pas fin au débat politique », retrace la responsable. « Les communistes arlésiens réaffirment leur plein soutien à l’UL CGT d’Arles. Son expulsion nous ramène à la période de Vichy », insiste-t-elle.

    « L’union pour Arles

    ne disparaîtra pas »

    Dans ce contexte, « quelle place donner aux syndicats, au dialogue social et aux corps intermédiaires dans notre démocratie ? » interroge Margaux Efthimiadi Alpe. « Nous avons construit et appris à travailler ensemble avec le Nouveau front populaire, l’Appel et l’Union pour Arles. Tout ceci ne disparaît pas le lendemain des municipales », affirme-t-elle, « notre congrès a décidé de poursuivre cet engagement. Notre devoir est d’être au cœur des luttes au quotidien et tout de suite, sans attendre la présidentielle », conclut-elle.

  • 126 ans de lutte pour l’autonomie syndicale à Arles

    126 ans de lutte pour l’autonomie syndicale à Arles

    La Bourse du travail est un lieu de patrimoine non pas par ancienneté mais parce qu’elle véhicule une mémoire ouvrière et sociale », estime Nicolas Koukas, élu (PCF) à Arles et historien de formation. À l’occasion de la journée du Patrimoine, il revient sur l’« histoire collective » du bâtiment, alors que le maire (Horizons) Patrick de Carolis souhaite en évincer l’Union locale CGT depuis trois ans.

    Car depuis son inauguration en 1901, la question se pose : « Qui contrôle la bourse » pose l’historien. L’essor du monde ouvrier a conduit la municipalité socialiste d’Honoré Nicolas à créer la Bourse du travail, l’édile dira même à la grande fête d’inauguration « Instruisez-vous citoyens, apprenez à raisonner (…) et vous serez libre » retranscrit en substance l’historien, rappelant l’importance de la bibliothèque dans ce lieu. « C’est plus une question de liberté que d’instruction », nuance-t-il.

    « Un lieu démocratique »

    « À l’époque, la mairie veut un employé non syndiqué sur place pour surveiller, tandis que les syndicats souhaitent davantage d’autonomie. C’est l’épisode dit du concierge », indique Nicolas Koukas. En 1904, les relations avec le même Honoré Nicolas se tendent autour de l’indépendance des syndicats vis-à-vis des partis. En 1906, la Ville refuse aux ouvriers grévistes de se réunir à la Bourse. En février 1909, « la Bourse du travail obtient son autonomie et devient la maison des syndicats », détaille l’orateur.

    Une autonomie remise en cause. « Un journal de droite demande en 1920 la fermeture de la Bourse du travail car ‘‘foyer le plus important de toute l’agitation révolutionnaire à Arles’’, cela montre ce que les réactionnaires avaient déjà en eux », estime Nicolas Koukas. Le régime de Vichy ira beaucoup plus loin. « Les syndicats seront interdits et la Bourse du travail fermée » indique le conférencier, « huit cheminots seront arrêtés et trois déportés ».

    À la Libération, la Bourse du travail retrouve sa fonction, « toutes les mobilisations vont s’y succéder : papeteries, Lustucru, hôpital »… liste Nicolas Koukas. « La Bourse du travail est un lieu essentiel à la démocratie », conclut-il.

  • [Maj] Déferlante citoyenne contre la loi « Permis de tuer » à Marseille

    [Maj] Déferlante citoyenne contre la loi « Permis de tuer » à Marseille

    Pari gagné à Marseille. La jeunesse qui a compris qu’elle était dans le collimateur, est descendue en masse dans la rue au cri de « Nous sommes tous antifacistes ! »

    Ils étaient plus de deux milliers à remonter dimanche à 14 heures la Canebière, s’arrêtant devant le commissariat de Noailles puis poussant jusque devant la Préfecture pour dénoncer la loi votée le 7 juillet dernier par 313 députés contre 199 et qui instaure une « présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre ». Un véritable « permis de tuer » dénoncé par 732 000 signataires d’une pétition que la Conférence des présidents de l’Assemblée nationale a écarté d’un revers de la main sans ouvrir de débat. Toutes les associations de défense des droits humains, la Défenseure des Droits et toute la gauche réunie critiquent ce texte très inquiétant.

    « Le RN en a fait son programme, les macronistes et leurs alliés l’ont voté main dans la main avec le RN » a lancé à la foule le président de l’association SAVE (Stop aux violences d’État), Islam El-Khalfaoui dont le fils Souheil, 19 ans, a été tué à la Belle de Mai par la police le 4 août 2021. « Après Carcassonne, quelle preuve vous faut-il encore ?! Ce n’est pas une bavure, c’est un organigramme !, a t-il encore dit, le racisme tient le micro, le parti protège, le gouvernement lui vote un permis » faisant référence aux six heures d’insultes racistes tenues par un policier municipal encarté au RN dans cette ville dirigé par le Rassemblement national.

    * Chiffre de la Préfecture

  • [Portrait] Khadidja Sahraoui-Chapuis, sociologue tenace

    [Portrait] Khadidja Sahraoui-Chapuis, sociologue tenace

    Écouter sans filtre ni complaisance les acteurs d’une situation, tisser des liens, déconstruire ce qui n’est pas uniquement local et peut relever d’un passé post-colonial, écarter les fables des médias qui dramatisent, diabolisent et mythifient, veiller sans relâche pour que chacune des phrases écrites soit prioritairement lisible et incarnée, tels sont quelques-uns des enjeux de cette enquête rédigée au terme de 25 années d’entretiens et de remises en questions. Un peu comme dans La Misère du monde de Pierre Bourdieu, ce chantier entrelace une connaissance constamment renouvelée du proche environnement, des témoignages bruts et des synthèses provisoires. Endurance et vigilance : après une enfance vécue dans une cité dont on sait l’évolution et le délabrement, puisqu’elle « porte le nom d’un peintre », après son lycée abandonné en classe de seconde, dans un improbable cheminement, farouchement consolidé par cette thèse à l’Université, Durkheim et Marcel Mauss, Khadidja Sahraoui identifie progressivement un segment mal connu du prolétariat d’aujourd’hui, les « petites mains » du trafic de drogue.

    En dépit de l’anonymat qu’ils conservent et des pseudonymes qu’elle invente pour qu’on ne les tracasse pas – Rocky, Carpe, Citron ou Frites, porteur d’une rage de dents ou bien Bordeaux, trop jeune guetteur venu de loin, victime d’une exécution commanditée par son réseau – les trajectoires de ces garçons prennent dans les détours de son livre une irréfutable consistance, un relief qui ne s’efface pas.

    Les idées reçues, les préjugés à propos de « l’argent facile » sont balayés. Ces « gamins » se sont engouffrés dans des existences cadenassées par leurs supérieurs, ces subalternes obéissent à de féroces organisateurs. Ils s’ennuient, tentent d’éviter la honte de leurs parents, traficotent 12 ou 14 heures par jour. Les bruits, l’absence de loyauté, le stress et la terreur, les pilonnages et les affrontements avec la police, l’urine et la saleté, le sang et les larmes les transforment. Ces précaires en quête de virilité, ces non-blancs cagoulent leurs visages. Ils n’ont pas droit à l’erreur et peuvent finir très vite leur adolescence entre les quatre planches d’un cercueil.

    Un grand refus
    du fatalisme

    Pas du tout pour les excuser, bien évidemment pour tenter de comprendre, Khadidja Sahraoui les décrit sans fatalisme ni fascination. Elle reproduit sans familiarité leurs expressions, l’humour et la radicalité de leur vocabulaire. Ces garçons ont été fragilisés et cabossés par toutes sortes de frustrations et d’humiliations. Un milieu scolaire sans exigence ni finalité, les rejets et les inégalités sociales endurés par leurs parents ou leurs fratries, les accidents de santé ne les épargnent pas.

    Le livre de Khadidja n’est pourtant jamais catastrophique. Preuves à l’appui, parce qu’elle connaît le temps long des cités, elle établit que cette jeunesse du narcotrafic, impitoyablement racialisée, discriminée et stigmatisée peut aussi « s’en sortir ». Elle démontre que les déterminants et les dysfonctionnements sociaux ne sont pas toujours victorieux, la situation la plus néfaste peut être renversée. Avec ces jeunes du narcotrafic longtemps terriblement fautifs, elle n’est pas seulement en posture d’empathie. Ses attitudes sont toujours le reflet infiniment précieux d’une analyse et de réflexions dont le monde politique, les médias et les travailleurs sociaux devraient s’inspirer. Un aîné à présent devenu un proche ami, l’anthropologue Michel Péraldi estime que son livre est pour Marseille l’équivalent du grand ouvrage de l’américain Philippe Bourgois, traduit et publié au Seuil en 2001 : « En quête de respect. Le crack à New York ».

    Via Albert Londres et ses suiveurs, une croyance voudrait que Marseille, ville « sans mémoire ni monuments » préfère effacer et ne pas méditer les traces de son passé. Quand on entrevoit le parcours d’une personne comme Khadidja Sahraoui, on est persuadé du contraire. Au milieu des destructions, des tournants et des accélérations de la plus récente époque, sa ville natale est une ville de souffrances, de joies et de réminiscences. Quelques-uns de ses plus vifs attachements, entre autres les noms et prénoms de ses parents, exilés loin de l’Algérie figurent dans la page de remerciements de son livre. Quand elle le dédicace, elle griffonne quelquefois une phrase qui n’est pas un slogan : « la lutte continue ».

    Aujourd’hui samedi 17h,

    librairie Maupetit, rencontre-

    signature avec
    Khadidja Sahraoui