Tag: Bouches-du-Rhône

  • Un dialogue à nourrir

    Un dialogue à nourrir

    Lors de la séance d’ouverture de la nouvelle législature en juin 2022, le doyen de l’Assemblée nationale, le député d’Allauch d’extrême droite, José Gonzalez, avait fait l’apologie de l’Algérie française, en mettant en scène son déracinement…

    Trois ans plus tard,
    son groupe politique,
    le Rassemblement national, a réussi à faire voter d’une courte voix -pour la première fois dans l’histoire- un texte non contraignant remettant en cause l’accord franco-algérien de 1968. Avec le soutien des groupes de droite…

    à qui profite la crise actuelle entre l’Algérie et la France ?

    Des rapports pacifiés

    La réponse est là, sous nos yeux. Aux tenants de la haine et de la rancune tenace, qui font de chaque Algérien un ennemi. Comme l’OAS en son temps. Cette crise ne date pas d’hier, rappelle à juste titre l’historien Benjamin Stora. Du soutien au Maroc sur la question hautement clivante du Sahara occidental, aux arrestations d’influenceurs dont l’Algérie a refusé l’expulsion, jusqu’aux emprisonnements de l’écrivain Boualem Sansal et du journaliste Christophe Gleizes, chacun des deux pays enveniment la situation à outrance, au point de laisser les portes grandes ouvertes aux extrêmes. Et la mise entre parenthèses des travaux d’historiens des deux rives est très préoccupante pour les partisans de rapports pacifiés entre les deux pays.

    Il y a pourtant une mémoire à nourrir, une histoire commune à écrire, un dialogue à faire fructifier. Mais faut-il vouloir la paix.

  • À la barre, les silences brisés de la bibliothèque de l’Alcazar

    À la barre, les silences brisés de la bibliothèque de l’Alcazar

    C’est une audience fleuve de 14 heures avec 17 parties civiles et six témoins cités par la défense, qui s’est tenue devant la 6e chambre du tribunal correctionnel. Patrick Casse, cadre retraité des bibliothèques de Marseille, délégué du syndicat Force ouvrière, y était jugé pour harcèlement moral présumé à l’encontre de Pierre Chagny, directeur des bibliothèques de 2019 à 2023.

    Une situation dénoncée par ce dernier début 2022 dans une alerte éthique et un article 40. Tout au long de l’audience, Me Callen, l’avocat de Patrick Casse a plaidé la nullité d’une « procédure déloyale », considérant que « 80% des faits » étaient en dehors de la période de prévention du 1er février 2019 au 1er janvier 2023.

    Malgré tout, les émouvants témoignages qui se sont succédés ont donné corps à une ambiance. Celle des années Gaudin. Avec pour décor, l’Alcazar, le vaisseau amiral d’un service public de la lecture en plein naufrage, entre manque d’agents, embauche de fils d’élus et de haut fonctionnaires estimés à un tiers des effectifs, absentéisme, temps de travail illégal, et cogestion avec FO.

    Au cœur de cette machine infernale, Patrick Casse, élevé au grade suprême de conservateur au fil des promotions, était sous sa double casquette cadre – syndiqué, le rouage essentiel d’un système qu’il s’astreignait à entretenir. Ce système qui broyait l’humain à tous les étages (9 directeurs en 20 ans) dans une inorganisation inopérante, a été documenté dans un rapport de l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (Igesr) en 2022. « Brisé », Pierre Chagny s’en dit une victime.

    Patrick Casse, lui, s’estime « totalement innocent » et se retranche derrière vingt ans de tensions et de rivalités syndicales. Les insultes, « truie », « bécasse », « clown » ? « C’est faux » ! « Un ressenti peut-être », glisse-t-il en se dépeignant comme « le mouton noir » des conservateurs. Au mieux admet-il « un ton sec » et une forme « de parler marseillais », avant de reconnaître, en larmes, de « la souffrance ».

    Dix mois de prison requis

    « Une dilatation de ressenti potentiel », ironise la procureure pour qui « le parler marseillais n’excuse pas tout ». Elle demande dix mois de prison avec sursis et 10 000 euros d’amende alors que Me Callen, « consterné », renvoie à une enquête interne. Arguant l’absence de preuves, il réclame « la relaxe au bénéfice du doute ».

    « M. Chagny a permis d’ouvrir la parole », explique Chantal Boler, responsable CGT-ICT de la Ville, évoquant la problématique des avancements de carrières, à l’arrêt complet malgré vingt ans de service pour des agents à la barre, la souffrance morale, la pression. Emmanuelle Pinguet a travaillé huit ans sous sa responsabilité et n’a « jamais osé se plaindre par peur des représailles ». Elle n’ose plus mettre un pied à l’Alcazar.

    « M. Casse a toujours été très bien noté mais par des gens de FO », observe Elsa Morandy, quand Nora Mekmouche, à la tête du pôle accueil de 2014 à 2016 évoque « intimidations », « propos disqualifiants et désobligeants ». Elle a quitté le réseau en 2019 après avoir saisi la cellule harcèlement. En 2019, Lydia Belmekki, 27 ans, est nommé responsable de la division jeunesse. Son 1er poste. « La jeune beurette qui cherche à faire ses preuves » se verra discréditée dans cette guerre de pouvoir par une rumeur « attribuée » au clan Casse, lui prêtant une relation avec Pierre Chagny : « Je ne savais plus à qui faire confiance. »

    Les témoins de la défense, quand leur mémoire ne flanche pas à cause « d’une plaque en fer reçue sur la tête », n’ont rien vu ni entendu. Délibéré le 16 décembre.

  • Hommages aux Poilus à Marseille

    Hommages aux Poilus à Marseille

    « Garantir la sécurité, la liberté et la dignité de chacun, ce projet porte un nom : la République » a réaffirmé ce mardi 11 novembre Alice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre des armées et des anciens combattants par la voix d’Isabelle Epaillard, préfète des Bouches-du-Rhône par intérim, qui a lu son message lors de la cérémonie d’hommage aux combattants de la Première guerre mondiale. Députés, sénateurs, le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG), la présidente de la Métropole, Martine Vassale (DVD) et les autorités militaires se sont réunis devant la porte d’Aix en fin de matinée. Cadets de Marseille et élèves de 3e du collège Mallarmé étaient également présents, assurant la lecture des poèmes « Mon enfant »,, « 1914 », « Les tranchées » de Fabienne Berthomier ou de « La dernière lettre écrite à ses élèves par l’Adjudant Henri Boulle. »

    Dans l’après-midi, c’est au carré militaire du cimetière Saint-Pierre que se sont retrouvés des élus de la majorité départementale, sous l’égide de la présidente Martine Vassal qu’une cérémonie a eu lieu avec un hommage à Gaston Castel, architecte de la Ville de Marseille et des Bouches-du-Rhône, qui a réalisé plus de 270 bâtiments dont la crypte du cimetière, l’opéra de Marseille ou encore les Baumettes… Mais dont on sait moins qu’il fut mobilisé dès septembre 1914, combattit à quelques encablures de Verdun avant d’y laisser un oeil. Une gueule cassée qui plus tard n’hésitera pas à s’engager dans la Résistance…

    La crypte est d’ailleurs ouverte au public gratuitement tous les jours jusqu’au dimanche 16 novembre, avec une exposition, organisée par les Amis du Vieux Saint-Marcel, le comité de Marseille du Souvenir français et l’association républicaine des anciens combattants de Saint-Marcel.

  • [En immersion avec les jeunes de la Martine 1/4] Un rallye citoyen qui fait étape à la mairie

    [En immersion avec les jeunes de la Martine 1/4] Un rallye citoyen qui fait étape à la mairie

    Ils sont très exactement 18, âgés de 12 à 17 ans, venus du centre social la Martine, à Marseille (15e) à débouler ce matin-là à la mairie des 15e et 16e arrondissements, rue de Lyon. Sous la houlette de Kader Allem, coordinateur jeunesse, Jhani, Yacine, Kalil, Léo, Élise ou Sami sont venus en savoir plus sur l’institution dans le cadre d’un « rallye citoyen », démarré en mars dernier. Le but : les rendre véritablement acteurs de leur cité.

    « On est toujours en train de leur dire qu’il faut être citoyen mais la citoyenneté ne se décrète pas, elle se vit », explique Kader. Un travail de longue haleine dans des quartiers où être jeune relève parfois de la gageure.

    Franche et directe, madame la maire, Nadia Boulainseur (DVG), joue volontiers le jeu, bombardée de questions. « Comment vous gérez les quartiers ? », « Comment vous comptez améliorer notre cadre de vie ? » « C’est vous qui entretenez les city stades ? » « C’est quoi votre quotidien ? » Patiemment, l’élue rappelle les compétences d’une mairie de secteur : état civil, animations des centres aérés, « entretien des équipements transférés »… Mais au-delà, il y a aussi « la bonne volonté de l’équipe en place » pour agir détaille Nadia Boulainseur. Et de défendre ses choix, comme celui d’une politique culturelle « ambitieuse ».

    Pas de diplôme de maire

    Elle donne l’exemple de la maison de musique, ouverte à Saint-Henri (16e). « Avec des cours de piano, de violon. On m’a dit que cela ne fonctionnerait pas », se souvient l’élue. « Mais moi j’ai habité à la Granière, au K62, je sais ce que les habitants de ces quartiers veulent et surtout ne veulent pas », poursuit-elle. L’équipe municipale a détecté le frein, « il était financier » témoigne Nadia Boulainseur. « Alors on a fait un tarif symbolique à 5 euros et dégressif dans les fratries. Et aujourd’hui, on travaille à tripler les cours », développe-t-elle fièrement.

    Au fur et à mesure des échanges, elle revient sur la nécessité de faire avancer la question du logement, des transports… « C’est pas normal que les jeunes disent quand ils vont dans le centre-ville, qu’ils descendent à Marseille, qu’ils ne se sentent pas Marseillais », s’indigne-t-elle devant une assistance qui approuve.

    « Et le maire de Marseille, il vous gère à vous aussi ? À quoi il sert finalement ? », balance sans ambages Chemsy. « À valider les permis de construire, assurer l’entretien des parcs quand ils font plus d’un hectare, à gérer la police municipale même si les maires sont aussi OPJ, officier de police judiciaire », répond la maire qui se marre.

    Puis, stupeur quand la troupe apprend qu’il suffit d’avoir 18 ans et de se présenter pour être maire. Tout le monde étant persuadé qu’il faut un diplôme. « Mais alors moi si je veux, je peux me présenter ? Et être élu ? » insiste un ado. Nadia Boulainseur s’embarque alors dans une explication simplifiée de la loi PLM, pour aborder la question de la majorité et on devine qu’une partie de l’assistance décroche un peu… Elle tient à faire passer le message : « Cette mairie est la vôtre, moi je ne fais que passer… »

    Être acteur de sa vie

    Mais vient le fond de toute l’affaire : « Pourquoi c’est important d’être citoyen ? », lâche timidement Yasmine. « Parce qu’il ne faut pas laisser les autres choisir pour toi ! Et puis après quand on ne s’intéresse pas, il ne faut pas se plaindre même si je comprends qu’on puisse être dégoûté par la politique. Mais il faut être acteur de sa vie », estime l’élue revenant sur son propre parcours. « À l’époque j’habitais la Granière et le bailleur a fait faillite, il a vendu les logements. Mes parents n’avaient pas les moyens d’acheter, on a dû partir dans le 11e. Je me suis retrouvée dans un bidonville avec 15 familles d’Arabes, 15 familles de gitans, l’idée étant de nous laisser loin de tout », raconte-t-elle. Elle martèle : « Si j’avais dû me dire c’est mort, je ne serais pas en face de vous aujourd’hui. Il ne faut jamais baisser les bras. Même si c’est plus difficile pour vous, on ne va pas se mentir, et aussi pour les filles en particulier. » Mais elle en est persuadée : « Vous pouvez déjouer tous les plans. » Après plus d’une heure de questions-réponses, les ados repartiront ravis. Prochaine étape, un voyage à Paris à l’Assemblée nationale en décembre prochain. Une visite « trop stylée » imaginent-ils déjà.

  • Les Flots Bleus contraints de fermer à La Ciotat

    Les Flots Bleus contraints de fermer à La Ciotat

    L’arrêté préfectoral, signé le 28 octobre par le préfet Leclerc, tranche. « Compte tenu de la gravité des non-conformités constatées par la commission de sécurité contre les risques d’incendie et de panique de l’arrondissement de Marseille, et des risques encourus par le public et le personnel » dans ces cas-là, la halle gastronomique les Flots Bleus « est temporairement fermée au public », ordonne le préfet.

    La halle ne pourra rouvrir qu’après la mise en conformité de l’établissement, vérifiée par une commission ad hoc.

    Parmi les raisons qui ont conduit à cette fermeture, qui impacte 8 restaurants, le procès-verbal de la commission de sécurité, en janvier 2025, énonce par exemple : « La présence de véhicules de type scooter dans les espaces Burger’s et Pizza, interdite en raison du risque incendie, de nombreuses observations non levées figurant sur les différents rapports de vérification. »

    Une affaire au long cours

    L’affaire perdure en effet depuis le 26 mai 2023, date à laquelle la commission de sécurité réalise une visite inopinée de la halle. Depuis, les visites se succèdent, les courriers au maire et mises en demeure aussi.

    Dans un post récent, le conseiller municipal d’opposition Lionel Giusti écrit : « Malheureusement, faute de réponse suffisante ou d’actions efficaces, la situation a conduit à cette issue que je juge regrettable. Il est impératif que toute la lumière soit faite sur les responsabilités respectives et sur les raisons pour lesquelles les prescriptions de sécurité n’ont pas été appliquées dans les délais impartis. Les acteurs économiques locaux méritent mieux que des décisions brutales et tardives qui mettent en péril leur activité. »

    Alors que le Landerneau politique ciotaden réagit à cette fermeture, l’ex-maire (LR) Arlette Salvo répond dans un post : « C’est bien la Ville [propriétaire des murs, Ndlr] sous ma responsabilité à l’époque qui a demandé la visite de contrôle de la commission de sécurité aux Flots Bleus car les règles en la matière n’étaient pas respectées. Nous avons tout fait pour ne pas pénaliser les commerçants mais après des mois d’efforts, de courriers, de réunions, de mises en demeure… le couperet est tombé. En plus de trois ans, l’exploitant aurait eu largement le temps de se mettre en conformité. Mais il est bienvenu de rappeler que nous n’avons (heureusement…) pas tous les pouvoirs et encore moins ceux du préfet. »

  • Élodie Malek est la tête de liste des Insoumis à Aubagne pour les municipales

    Élodie Malek est la tête de liste des Insoumis à Aubagne pour les municipales

    Cette décision a été prise en plénière, le 28 octobre dernier, par les militants aubagnais de LFI, des sympathisants de LFI, du PCF, de Lutte ouvrière, du Parti ouvrier indépendant, et de non encartés, développe Elodie Malek. Elle a été validée par le comité électoral le 3 novembre. »

    à la question de savoir si d’autres prétendants s’étaient manifestés, elle répond : « Un appel à candidatures a été fait et personne ne s’est désigné, pas même moi. C’est par consensus que j’ai été choisie, tout le monde s’est porté sur mon nom.»

    Originaire de la région parisienne, Élodie Malek est arrivée à Aubagne en 2024 « pour des raisons purement familiales et pour ma fille », explique cette graphiste de profession, militante à LFI depuis 2021. Elle a accepté de relever le défi électoral.

    Pour elle, ses adversaires politiques sont « la droite et son extrême. Gérard Gazay, dont le bilan est catastrophique, avec bétonisation à outrance, spéculation immobilière, précarité des services publics, opacité des décisions, incarne une droite traditionnelle que nous combattons pour ses choix austéritaires et son soutien à des figures comme Retailleau ». Quant à l’extrême droite, elle affirme : « Pour nous, le Rassemblement national n’est pas qu’un simple adversaire politique, c’est un ennemi de la République. »

    Programme bientôt dévoilé

    Alors qu’elle mène campagne depuis début septembre, et que la liste « Changer d’ère » a été présentée fin septembre en présence du député (LFI) Sébastien Delogu, Élodie Malek annonce que le programme sera dévoilé « très prochainement ». Parmi les mesures phares figure la mise en place d’un référendum d’initiative citoyenne, afin de « placer les habitants au cœur des décisions, notamment ceux issus des quartiers populaires et la jeunesse ».

  • Boxe : Souleimane Mohammedi repart du bon pied

    Boxe : Souleimane Mohammedi repart du bon pied

    L’année 2025 touche à sa fin et, tel le Phénix, Souleimane Mohammedi retrouve la lumière.

    Samedi, il a pris une première revanche sur un destin qui ne l’a pas épargné ces derniers mois. « Il y a eu la blessure, les promesses non tenues, ces aléas qui peuvent te faire douter », confie-t-il, quelques heures après avoir fait vibrer le Pasino, et terrassé son adversaire pour son retour à la compétition.

    « Qu’est-ce que c’était bon de retrouver mes sensations et d’envoyer au sol mon adversaire ! », enchaîne-t-il. Le Géorgien Nodar Robakidze n’était pas le premier venu. Du haut de ses 80 combats, il a notamment croisé la route de Bruno Surace, il était plus qu’un sparring-partner pour le pensionnaire du Larbi Mohammedi Boxing Club.

    Essayer plus de choses

    « Il a avoué qu’il chutait rarement dans ses combats. Pour moi, c’est un signe », poursuit Souleimane Mohammedi. Ce signe, « c’est que malgré les galères, j’ai franchi une étape et cette année n’a pas été une perte. Car elle m’a donné le peps pour essayer plus de choses dans un combat. »

    Vainqueur avant la limite, l’Aixois poursuit donc sa croissance. Il se rapproche de ses objectifs, à savoir être retenu pour un championnat d’Europe, voire une demi-finale mondiale, que ses deux ceintures mondiales en espoir ne sont pas le fruit du hasard.

    « Je suis plus que satisfait de ce retour réussi. La façon dont cela s’est passé montre que je peux maintenant passer à autre chose. » Avec une priorité, trouver un dernier combat d’ici la fin de l’année, et éventuellement un autre dans le premier trimestre de l’année 2026.

    À cette occasion, il pourrait changer de lieu pour son ring. Samedi, des dirigeants de Provence rugby ont assisté au gala dans la salle du Pasino. « Un combat au stade Maurice-David, ce serait beau », murmure-t-il.

    D’autant plus que ce serait aux portes de son quartier du Jas de Bouffan.

  • Voile : la Réserve au soutien de la course au large

    Voile : la Réserve au soutien de la course au large

    S’il est la plus petite structure d’accueil des bateaux à Marseille, le port de l’Anse de la Réserve n’est pas en retard en matière d’ambitions.

    « Depuis 2018, nous avons mis en route une politique de développement autour de trois axes, à savoir les services et l’accueil, la certification “port propre” et l’animation sportive », indique Olivier Cèbe. C’est dans ce contexte que le représentant de la CCI Aix-Marseille Provence a signé une convention de partenariat avec l’Union nautique de Marseille.

    « Ce partenariat avec le port de l’Anse de la Réserve est une étape majeure pour notre pôle course. Il nous permet de structurer nos activités de voile sportive, d’accueillir les équipages dans de meilleures conditions et de préparer sereinement les grands rendez-vous de 2026. C’est aussi une reconnaissance du travail accompli par nos bénévoles et nos sportifs, qui portent haut les couleurs de Marseille », détaille Frédéric Forestier.

    Le club qu’il préside, le deuxième plus ancien de France et la plus ancienne association sportive marseillaise (fondée en 1882), a été choisi pour accueillir deux championnats du Monde. « C’est un des aspects de nos activités qui va être mis en lumière », poursuit le dirigeant.

    Rendez-vous mondiaux

    L’UNM propose en effet de découvrir la voile, dans un cadre de loisir. Mais elle offre aussi la possibilité de se lancer dans la compétition, que ce soit des régates côtières ou des courses au large. Et les deux événements à venir balaient ces deux aspects.

    Il y aura le championnat du Monde de la série J-70, du 23 au 30 mai, co-organisée avec le club de La Pelle, sur le site de la marina Florence-Arthaud, qui sera une épreuve côtière. Puis le mondial de Sun Fast, à bord de Class30, du 23 septembre au 2 octobre, qui est une étape dans l’apprentissage des grandes courses au large.

    « Le Class30, c’est un très bon bateau pour ceux qui veulent se lancer dans une course transatlantique. Il est une étape intéressante et permet de se faire la main, tout en étant plus abordable financièrement », explique le skipper marseillais Alexandre Ortega.

    Le mondial qu’organisera l’UNM sera la troisième édition, après celles de Lorient et l’île de Wight.

    Le port de l’Anse de la Réserve va donc être la base sur laquelle l’UNM va pouvoir travailler sereinement dans le cadre de son pôle course. Accueillir au mieux les bateaux de passage. Mais aussi développer son école de voile, la Massilia sailing académie qui sera l’occasion « de partager la passion de la voile avec le grand public et qui aura une mission de compagnonnage dont le but est de découvrir, chaque année, un duo mixte et l’accompagner dans son apprentissage de la course au large », détaille Frédéric Forestier.

    Marseille possède le potentiel humain pour devenir une place forte de la course au large. De nombreux « Bretons » viennent d’ailleurs en Méditerranée pour y peaufiner leur expérience, en se frottant à une mer qui est le concentré de toutes les conditions qu’ils peuvent rencontrer sur un océan. Le tout sur une superficie réduite.

    Avec la signature de la convention lui permettant de poursuivre ses activités dans l’Anse de la Réserve, l’UNM va pouvoir se concentrer sur la finalisation des deux manifestations. Fort d’une expérience reconnue en la matière, ils savent déjà que le succès sportif sera au rendez-vous. Avec des skippers venus du monde entier.

    En effet, sitôt ouvertes, les inscriptions pour les mondiaux de J-70 et de Sun Fast avaient fait le plein.

  • Mohamed Adi : 50% Français, 50% Algérien, 100% Marseillais

    Mohamed Adi : 50% Français, 50% Algérien, 100% Marseillais

    Après 40 ans à user les planches de théâtre comme comédien, conteur et marionnettiste, et transmettre son art à tous types de publics à Marseille, qu’est-ce qui a donc poussé Mohamed Adi à se raconter sur scène ? « Lors d’un stage de théâtre en 2017, j’ai présenté une saynète où je parlais en français avec quelques mots en arabe. Le professeur m’a demandé si je parlais l’arabe. Je lui ai répondu non. Il m’a dit : pourquoi ? C’est là-dessus qu’il faut que tu travailles », se remémore Mohamed Adi, aujourd’hui 70 printemps au compteur. « Ça a déclenché chez moi une hémorragie de mots que je n’arrivais pas à contrôler. Quelque chose de contenu en moi comme une bombe », explique-t-il, chamboulé mais sûr de lui, à une table de café des allées Léon-Gambetta, pour souligner la genèse d’Un Français comme les autres. Un solo qu’il incarne du 14 au 16 novembre au Théâtre du Hangart, quartier des Chartreux, ainsi qu’à l’Harmonie de l’Estaque, le 4 décembre. « Je parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître », relate-t-il façon Aznavour pour retracer le fil de ses multiples identités, jaillies depuis son enfance passée dans le quartier de la Calade. Comme une machine à remonter le temps, « à travers la voix d’un enfant ».

    « Algérien pour toujours, Français tous les jours »

    « Minots, on était fascinés par les marchands ambulants : de pognes, de glaces, d’escargots », rappelle Mohamed Adi, avant de fredonner la ritournelle dédiée à la vente de ces mollusques : « a l’aigo sau lei limaçons, y’en a des gros et des pitchons ». Symboles des identités ayant traversé sa vie, le provençal, l’arabe et le français imprègnent son spectacle dont le seul artifice est une malle à souvenirs, chaque objet convoquant une partie de son histoire. Mais avec la grande, en toile de fond. Si Mohamed Adi est né Français en 1955, ses parents font le choix de devenir Algériens, à l’indépendance en 1962. « Je deviens alors Algérien. Mais en 2000, je demande ma réintégration à ma première nationalité. Mais comme l’Algérie n’abandonne jamais ses enfants, je reste aussi Algérien. Comme le dit Rachid Taha : Algérien pour toujours, Français tous les jours », affirme celui qui estime qu’« on appartient tous à la terre sur laquelle on vit, et non pas à un drapeau ou une Nation. J’ai fait ce choix en 2000 car je ne pouvais pas me raconter d’histoires. Qu’est-ce que j’allais faire à Ouargla [ville ancestrale du Sahara algérien d’où est originaire sa famille, Ndlr] où il n’y avait même pas un baby-foot ou un flipper dans les bars ? ».

    Selon Mohamed Adi, l’identité n’est pas un vain, ni un gros mot. « Ou alors, un gros mot, dans le sens où il faut qu’on le voie », s’amuse cet homme « imbibé de poésie » dont le calme olympien cache des fêlures et qui se considère avant tout comme Marseillais.

    Réservations au 04.91.91.01.29

  • Un festival pour « régénérer » la musique persécutée

    Un festival pour « régénérer » la musique persécutée

    Le Festival des musiques interdites Marseille tient sa 20e édition du 14 au 23 novembre. Depuis 20 ans, ce rendez-vous s’attache à la résurrection de compositeurs oubliés, persécutés, bannis par les régimes totalitaires. Un travail salutaire dans l’époque actuelle aux relents nauséabonds. Cette mouture débutera à l’Abbaye Saint-Victor, avec des solistes de l’Orchestre philharmonique de Marseille, par un programme de quatuor mettant à l’honneur le compositeur Viktor Ullmann, assassiné à Auschwitz, et le Hongrois Bela Bartok qui demanda par solidarité de faire partie des compositeurs bannis car qualifiés de « dégénérés ».

    Réhabilitation

    Dimanche 16 novembre, à l’Opéra de Marseille, la mezzo-soprano Aude Extrémo, la soprano Irina Stopina, la récitante Carole Meyer et le pianiste Vladik Polionov redonneront, eux, vie à Franz Schreker, héritier du post-romantisme allemand dont l’œuvre fut interdite par les nazis. Enfin, et c’est sans doute l’événement du festival, dimanche 23 novembre, à l’Opéra, sera donnée la monumentale deuxième symphonie, dite Résurrection de Gustav Mahler, par l’Orchestre et le Chœur de l’Opéra de Marseille, sous la direction de Michele Spotti. Aude Extrémo et Irina Stopina en seront les solistes. 20 ans après sa création, ce festival unique en Europe poursuit, selon les vœux de ses initiateurs, sa mission fondamentale : réhabiliter des compositeurs persécutés dont les œuvres ont été taxées de « dégénérées » ou bannies pour des raisons idéologiques ou raciales.