Tag: Bouches-du-Rhône

  • Les courses camarguaises ont trouvé un nouvel assureur pour l’an prochain

    Les courses camarguaises ont trouvé un nouvel assureur pour l’an prochain

    Le monde de la bouvine a frôlé la catastrophe. Fin octobre, les manadiers des Bouches-du-Rhône, du Gard et de l’Hérault découvraient la lettre de Groupama Méditerranée annonçant la résiliation de leurs contrats d’assurance pour les jeux taurins dès le 31 décembre 2025. En cause : « 5,7 millions d’euros de sinistres sur trois ans », pour un secteur jugé « structurellement déficitaire ». Sans couverture, impossible d’organiser abrivados, bandidos ou encierros : le Code civil rendant les éleveurs pleinement responsables des dommages causés par leurs bêtes. L’annonce faisait planer une menace inédite sur les fêtes votives.

    Mais une réunion en préfecture du Gard début novembre avec les représentants de la Confrérie des gardians et la Nacioun Gardiano a permis de trouver une solution : un nouveau contrat porté par le courtier Dolce Vita Assurances, basé à Eygalières, qui a fédéré plusieurs compagnies françaises et européennes prêtes à couvrir les manadiers et gardians bénévoles. Sous conditions cependant : respect strict des traditions et du bien-être.

    Une vingtaine de manades, une soixantaine de clubs taurins et plus de 200 gardians pourraient en bénéficier dès la saison 2026 qui devrait débuter le premier week-end de mars. « On a trouvé une solution, mais à nous maintenant d’être responsables », a prévenu Frédéric Lescot, président de la Confrérie des gardians. Le monde taurin camarguais avait du suspendre fêtes et abrivados à l’automne, suite à l’épizootie de DNC dans toute la France. Si les troupeaux n’ont pas été touchés dans la région, le principe de précaution a prévalu.

  • À Marseille, un autre avenir se dessine sur l’espace du centre Bourse

    À Marseille, un autre avenir se dessine sur l’espace du centre Bourse

    « Si c’est bien animé, que ça crée des flux et que les Marseillais vont se retrouver dans cet espace, pourquoi pas ? » réagit Guillaume Sicard président de la fédération Marseille Centre, à l’annonce de la reprise du site des Galeries Lafayette au centre Bourse par la Ville fermé définitivement depuis samedi. Benoît Payan (DVG) a annoncé dans notre édition de ce week-end qu’il rachète les 22 000 m2 pour créer « une cité des sciences et de la mer, et une partie de la philharmonie. » En attendant que cela se réalise, il veut faire un tiers-lieu afin que le site ne soit pas en friche. « Il faut vraiment que ce soit un lieu dynamique, où l’on puisse se retrouver de manière régulière », insiste le fondateur de Marseille en vacances, Guillaume Sicard.

    Pour Sophie Camard (GRS) maire du 1/7 arrondissement, le bad buzz créé par la droite autour du centre-ville, se referme « comme un piège car ils n’ont rien à proposer ». « Depuis le début, on a affaire à une fausse polémique alimentée par la droite qui n’a rien à dire sur le centre-ville, et qui a fait croire que c’était de notre faute si les Galeries Lafayette disparaissaient. Et de manière plus insidieuse, que le départ du grand magasin était de la faute des pauvres » analyse la maire de secteur.

    Elle revient sur le référendum en ligne lancé par Martine Vassal (DVD) candidate aux municipales. « Lancer une concertation sur un foncier qui n’appartient pas à la ville, pour moi c’est du grand n’importe quoi ! » lâche-t-elle avant de poursuivre : « Moi, je suis très contente de cette décision qui permet de montrer qu’il peut y avoir différents discours économiques sur le centre-ville. On prend l’optique de rééquiper le premier arrondissement d’un lieu tourné vers les arts et les sciences ». Pour elle, parler d’art et de science n’est pas anodin. « La droite et le RN ne savent pas imaginer que quand on remet des arts et sciences, on tire vers le haut la 2e ville de France. ça va être un modèle de développement économique plus solide et beaucoup plus durable que de simplement parler de l’arrivée d’un magasin suédois. » Mais de souligner que « dans le centre Bourse, il y aura toujours des magasins pour tout le monde. Le centre-ville, c’est de la mixité ».

    Si à ce jour, le projet refusé par la ville reste inconnu, Sophie Camard assure que « c’était bel et bien un magasin de mass market, pour faire du chiffre. Mais pas Shein, on n’a jamais eu ça ». Et rappelle que « le centre Bourse, c’est trois copropriétés dont la ville qui a déjà le Musée d’histoire. On est tout à fait légitime à aller plus loin, à développer cette partie-là ».

    À la question du tiers lieu, Sophie Camard répond « une fois acquis, le temps que le projet définitif soit monté, on fera ce que l’on sait faire avec des occupations transitoires ». En guise de conclusion, la maire confie être aux réunions avec la préfecture depuis le début, et que « le plan social des Galeries a toujours été piloté depuis Paris, même l’État local n’était pas saisi du dossier. Mais jamais, il n’a jamais été question de laisser une friche ». Et de protester « On ne peut pas nous reprocher de prendre des décisions sans concertations, ni de rien proposer ».

    Du côté de la droite, le communiqué de Martine Vassal (DVD) arrive dans la foulée de l’annonce. Cinglant. Ire de la candidate de droite à la mairie de Marseille, qui fustige la décision du maire sortant. « Rien n’est préparé… » « argent du contribuable… » « échec flagrant de la politique menée pour le centre-ville… » « vision low-cost de Benoît Payan ». Enfin quant à la question du tiers lieu, l’interprétation est sans appel : « Cela signifie entre les lignes qu’il y aura des périodes de vacances commerciales, et qu’il n’y a en attendant aucune vision concrète et que le risque de voir les Galeries Lafayette se transformer en un squat géant en plein centre-ville existe bel et bien ».

    Parmi les habitants du quartier, l’avis n’est pas tranché. « Il faut trouver l’argent. Mais oui, je suis soulagée par ce projet. S’inspirer de la philharmonie de Paris, peut-être que ce n’est pas complètement idiot » apprécie Marie propriétaire dans les tours Labourdette depuis 13 ans. « Il faudra des projets en collaboration avec le fonds communal de la Ville, le fond Régional, le Mucem avec des lieux de culture. Théoriquement la philharmonie, c’est un lieu de pratique, de concert et d’expo ». Avant de conclure : « Il faudra surtout arriver à mettre en adéquation le quartier avec ce projet ».

  • Ils marchent pour porter un espoir de paix à Gaza

    Ils marchent pour porter un espoir de paix à Gaza

    Au premier rendez-vous organisé par l’association Shebba, elles étaient une poignée à prendre le départ depuis la gare de la cité du 14e arrondissement dès 8 heures samedi. De Saint-Charles, les marcheuses ont rejoint un autre groupe à Noailles pour arriver à une trentaine sur le Vieux-Port et se diriger sur la Joliette, puis embarquer dans un train en gare Saint-Charles, direction Fos-sur-Mer.

    « L’idée de cette marche qui traverse la France, c’est de sensibiliser au respect du droit international, humanitaire et humain, dans tous les espaces possibles », explique Michel, militant de l’Union pour la Palestine à Marseille, en accueillant de nouveaux arrivants devant le Métro Noailles. « C’est une première étape aujourd’hui qui ira jusqu’à Fos-sur-Mer en passant par Martigues. Dimanche la marche repart de Fos pour aller sur Arles. Et chacun peut la prendre et l’arrêter quand il veut, à son rythme, selon ses possibilités », précise-t-il. À chaque pas, le mouvement prend du poids, avec comme objectif de porter un message de paix en partant à la rencontre d’acteurs de tous les domaines pour aborder, avec eux, la question de la Palestine.

    À Marseille, la marche citoyenne pour « l’égalité, la liberté et la justice » du peuple palestinien, et de tous les autres a pris un démarrage modeste, mais l’important est d’agréger en progressant. « Nous avons organisé ce rendez-vous en à peine dix jours, explique Florence, membre de l’Union juive française pour la paix (UJFP). Mais avec le relais des réseaux sociaux, et si les médias s’en font aussi l’écho, nous devrions arriver à une belle convergence à Paris. » C’est en effet aussi un des défis de cette marche « citoyenne, transpartisane, laïque et non-violente », que de « dénoncer le silence médiatique, de faire cesser la complicité avec la politique menée par l’État d’Israël », complète-t-elle. Considérant, qu’un « dialogue est encore possible… sauf avec le Crif, à partir du moment où l’on se contente de factualiser, de sortir de l’émotion ». Depuis les attentats du 7 octobre 2023, plus de 69 000 personnes sont mortes à Gaza, selon le ministère de la Santé local. Un accord de cessez-le-feu n’est entré en vigueur que le 10 octobre 2025.

    Un espace de dialogue

    Les marcheurs portent pour revendications essentielles : le droit des Palestiniens à « l’autodétermination », « la fin de l’occupation, de la colonisation et de l’apartheid », l’exigence de « sanctions pour Israël » et l’application d’un « cessez-le-feu définitif ». Parmi le groupe qui se dirige vers le Vieux-Port au son du slogan « ce n’est pas une guerre, c’est un génocide ! Libérez la Palestine ! », chacun a également une manière singulière de marcher. Danièle, de Shebba, est là « simplement pour que ça s’arrête ». Régine, du collectif Palestine en Résistance et du Mouvement de la Paix « pour faire taire les armes », en comparant « il y a eu quatre fois plus d’explosifs lancés sur Gaza que sur Hiroshima ». Anaïs, de l’Union pour la Palestine, « parce que je crois en la paix ». Ou Mélina, sans étiquette, « parce que je place beaucoup d’espoir dans ce mouvement citoyen de solidarité entre les peuples ».

    Tarascon, Beaucaire, Avignon, Montélimar, Valence, Saint-Etienne puis Lyon, Vaulx-en-Velin, Melun, constituent les prochaines étapes. Pour une arrivée à la capitale, avec des passages et autres départs dans plusieurs banlieues et villes de la région parisienne, pour finir en une manifestation nationale le 29 novembre.

    Inscriptions : marchepalestine2025@gmail.com@marchepalestineparis
    ou 07.46.40.45.05

  • Et tous les petits santons sortent de leur boîte en carton à Marseille

    Et tous les petits santons sortent de leur boîte en carton à Marseille

    « Dans une boîte en carton, sommeillent les petits santons », fredonnait en 1935 le chanteur et librettiste Alibert, dans Le noël des petits santons. Un titre écrit par la figure de l’opérette marseillaise, René Sarvil, répandu dans les foyers du coin pendant un long moment.

    « Le berger, le rémouleur et l’enfant jésus rédempteur », comme l’énumérait cette chanson popularisée plus tard par Tino Rossi, sont tous bien là, exposés sur les étals d’une vingtaine d’artisans de la 223e Foire aux santons, installée sur le quai du Port jusqu’au 4 janvier, que le maire de Marseille a inauguré dimanche 16 novembre. « On pourrait imaginer que c’est du folklore tanqué dans une forme de nostalgie, que c’est quelque chose de suranné, mais pas du tout. Regardez ici les jeunes qui achètent des santons et qui ont envie de les faire entrer dans leur crèche et leur maison », estime Benoît Payan, avant de confier « bien aimer les petits animaux santon » et surtout « le tambourinaïre, celui qui tape sur le tambour ».

    « Moi, je garde encore la crèche de mon arrière-arrière-grand-mère. C’est quelque chose qui se transmet, qu’on chérit, qu’on enrichit. Et un savoir-faire local, des artisans qui travaillent la terre. C’est unique et il faut le protéger », ajoute l’édile, qui s’arrête à chaque cabane de santonniers, multipliant, non pas les pains, mais les serrages de mains.

    « Les moutons sont serrés au fond »

    « Le ravi qui le vit est toujours ravi. Les moutons, en coton, sont serrés au fond », chantait encore Alibert dans Le noël des petits santons. Plus tôt dans la matinée, Benoît Payan assistait à la messe des santonniers, donnée en provençal, dans l’église voisine de Saint-Ferréol les Augustins. Flanquée de nombreux élus de sa majorité, la présidente de la Métropole ainsi que du Département et candidate de la droite aux élections municipales, Martine Vassal, était également présente, tout comme le prétendant RN à la mairie, Franck Allisio. Autant de personnalités politiques qui entendent instrumentaliser les santons, patrimoine culturel provençal, à des fins identitaires. « À l’heure où certains renient nos traditions, j’en serai toujours la protectrice », s’empresse d’écrire Martine Vassal sur ses réseaux sociaux, juste après sa visite sur le marché aux santons. À l’approche de Noël, la fameuse trêve des confiseurs ? Que nenni, pour beaucoup d’entre eux, qui font leur marché électoral, à défaut de faire celui des santons. Alors, la crèche, une allégorie de la campagne des municipales ? « Je ne me permettrais pas d’attribuer à chacun des candidats un santon en particulier », se mord la langue Benoît Payan. « Un soir, alors, paraît l’étoile d’or. Et tous les santons quittent la boîte en carton ».

  • Bouches-du-Rhône : une journée contre le harcèlement scolaire

    Bouches-du-Rhône : une journée contre le harcèlement scolaire

    Outre la représentation du spectacle « Éléphant man » par la compagnie La Innombrable, la journée proposait aux jeunes de participer à des ateliers-débats animés par l’association Les petits débrouillards. Les discussions menées visent à permettre aux élèves de mieux comprendre les conséquences du harcèlement et les invitent à réfléchir sur les attitudes à adopter en classe et dans la cour de récréation.

  • L’hommage des marins à Mehdi Kessaci, qui avait travaillé à bord du Casanova

    L’hommage des marins à Mehdi Kessaci, qui avait travaillé à bord du Casanova

    « Lire dans la presse le nom de Mehdi Kessaci, ça nous a tous fait un choc terrible », lance avec émotion Fabrice Cardelli, maître d’hôtel à la Corsica Linéa. Durant la saison estivale le plus jeune des fils de Wassila avait embarqué dans son service, partageant la vie à bord et le quotidien d’une soixantaine de marins.

    « C’était sa première saison. Mais sa personnalité a fait l’unanimité au sein de l’équipage, il était apprécié de tout le monde », affirme celui qui l’a eu sous sa responsabilité, soulignant « son implication sans faille dans un travail pourtant difficile, exigeant ». Au sein de la compagnie, Mehdi s’était aussi distingué par sa « belle mentalité, sa droiture d’esprit ». Il a formé, le temps de sa mission sur la ligne Marseille-Tunis, « avec son binôme, un duo comme on aimerait en avoir plus souvent », précise ce marin aguerri.

    C’est en effet avec Laurent* qu’il a passé le plus de temps à bord, nouant des liens qui auguraient la naissance d’une sincère amitié. Actuellement en Angleterre pour la poursuite de ses études d’ingénieur dans le secteur industriel, Laurent reste encore abasourdi par l’annonce de l’assassinat de Mehdi. « J’ai d’abord lu rapidement sur les réseaux qu’un nouveau meurtre par balle avait eu lieu à Marseille. Mais je n’ai absolument pas pensé à lui. Il était à mille lieues des trafics. Puis un des marins m’a appelé… j’étais atterré. Et j’ai vu la diffusion sur la BBC », explique le jeune homme.

    Une trop brève traversée

    « On a passé toutes les traversées ensemble, jour et nuit. On a tout de suite accroché, c’était facile, naturel, avec lui, on partageait les mêmes valeurs », continue Laurent avec beaucoup d’émotion dans la voix. « Je n’ai pas besoin d’embellir les choses, c’est une évidence, Mehdi était un garçon droit, honnête, intelligent. Il avait une sacrée éloquence et on pouvait discuter de tout dans le respect de l’opinion de l’autre. De foot, de politique, comme de sa volonté de devenir gardien de la paix ».

    Laurent évoque encore un ami « avec le cœur sur la main, discret, pudique, notamment sur le deuil de son frère. On sentait cette douleur peser. Je ne connaissais pas Amine ni son engagement politique. Quand on s’est présenté, il m’avait simplement dit : tu connais pas mon nom ? Il semblait fier de son frère ». La disparition brutale de son binôme laisse en Laurent une amertume profonde. « On aurait pu devenir de très bons et proches amis. Ceux qui l’ont tué ne nous en ont pas laissés le temps. Maintenant, on pourra faire tout ce qu’on veut… Mehdi n’est plus là ». C’est à ses frères et sœurs que les pensées de l’étudiant vont, leur adressant ses « sincères et tristes condoléances dans ce moment extrêmement douloureux et d’autant plus terrible qu’ils ont déjà eu un drame familial à surmonter quelques années plus tôt ».

    Sa belle mais bien trop brève traversée de l’existence laisse tout un équipage abattu. Les marins souhaitent lui rendre un hommage aussi sensible qu’il l’était et s’associent à l’incommensurable peine de sa famille et ses proches.

    * Le prénom a été changé.

    Le soutien des personnels de la PJJ

    « C’est avec une profonde tristesse », que le syndicat SNPES-PJJ-FSU Paca a accueilli le décès de Mehdi Kessaci, dont le frère Amine « était animé par un noble combat avec son association Conscience ». Un combat qui est « également » celui du syndicat de la protection judiciaire de la jeunesse, « qui dénonce depuis des années l’expansion par la terreur des trafics de stupéfiants et la responsabilité de l’État qui abandonne les quartiers en matière de services publics, de prévention, d’éducation, de protection de l’enfance, de protection judiciaire de la jeunesse, de logement, de transport… », précise le communiqué. Le SNPES-PJJ-FSU Paca apporte son soutien à sa famille. Et rappelle, « contrairement aux idées réactionnaires véhiculées par l’extrême droite et la droite décomplexée, que toutes les vies se valent. Nous ne pouvons banaliser ces morts violentes qui fauchent les jeunes de nos quartiers ». Le syndicat « ne restera pas silencieux face à ces drames » et continuera « à réclamer un réengagement de l’État et une véritable politique de prévention et des moyens à la clé ».

  • Le groupe scolaire Jolie Manon fait la Belle de Mai

    Le groupe scolaire Jolie Manon fait la Belle de Mai

    En ce samedi 15 novembre, une ribambelle de minots et parents ont le sourire jusqu’aux oreilles, à l’heure de participer à un temps festif organisé par la Ville dans la nouvelle école qu’ils ont intégré à la rentrée 2025 et dont les travaux avaient démarré il y a plus de deux ans. Dessinées par les cabinets d’architectes Huit et demi et JSCardone, les façades en brique du groupe scolaire Jolie Manon circonscrivent l’accueil chaleureux des élèves qui participent à son inauguration officielle, à travers des activités de trottinettes, pêche au canard et autres stands de tir à l’arc. Un symbole juvénile et rafraîchissant dans la jungle urbaine de la rue Loubon, cette longue artère qui part du boulevard National jusqu’au cœur du quartier de la Belle de Mai, où la liste des immeubles insalubres et des façades décrépies reflète une soixantaine d’années d’incurie clientéliste des gestions Defferre, puis Gaudin. Jolie Manon devient ainsi la 15e et dernière école de la première phase du « Plan Écoles », programme concernant les 470 écoles de Marseille, dont 188 nouvelles ou totalement rénovées (voir repères ci-dessous).

    Surfer les « vagues »

    « Cette nouvelle école, elle est vraiment bien. C’est beaucoup mieux que l’ancienne. En plus, il y a un bus gratuit spécialement pour les enfants », dit, soulagée, Hayat, mère de deux élèves ayant intégré le groupe scolaire Jolie Manon à la rentrée 2025. Comme eux, ils sont un peu plus de 400 élèves à y suivre leur scolarité, provenant de l’école Bellevue, située à environ 1km de là et qui a fermé ses portes pour de lourds travaux. Cet établissement implanté rue Félix Pyat fait d’ailleurs partie de « la deuxième vague » d’écoles qui seront construites ou totalement rénovées, indique Benoît Payan. « L’une des 33 autres écoles qui seront livrées entre 2026 et 27 », complète de son côté Isabelle Epaillard, nommée préfète déléguée à l’égalité des chances il y a un an. « Le 3e arrondissement compte beaucoup d’écoles, dont plusieurs en travaux. On remplit le vase et on revide l’autre », image Virginie Averous, sous-préfète chargée du plan « Marseille en grand », avant que sa collègue ne réembraye : « Ce sont des effets de jeux de tiroirs. Il ne faut pas perdre de temps ».

    « Les 2e et 3e arrondissements étaient depuis des années hors des radars. Les habitants de ces quartiers n’intéressaient pas les pouvoirs publics et la précédente municipalité », constate le maire de Marseille. « C’est pour eux qu’on fait tout cela, qu’on met les moyens avec l’État, qu’on fait des écoles, que je décide d’y mettre un commissariat de police municipale, que je décide d’y mettre une médiathèque [elle sera installée plus bas dans la rue Loubon, avec une ouverture prévue fin 2026, Ndlr]. On a bénéficié d’un plan dont certains se sont amusés à dire qu’il ne fonctionnait pas. Mais il suffit d’ouvrir les yeux. On ne rattrape pas 40 ans de retard structurel en un claquement de doigts. Par contre, on voit le changement arriver », se satisfait le premier magistrat de la ville.

    EN CHIFFRES

    1,5 milliard

    C’est le montant investi par la Ville et l’État dans le « Plan Écoles », programme qui vise notamment à la construction ou rénovation totale de 188 écoles de Marseille.

    15

    Jolie Manon est la quinzième école qui a été inaugurée depuis le lancement du « Plan Écoles », lancé en 2021.

    4

    Tel est le nombre de phases de ce plan dont la première vient de s’achever. La deuxième comporte 33 écoles, qui doivent être livrées entre 2026 et 27.

  • Exemplarité

    Exemplarité

    La mise en scène de l’incarcération puis de
    la sortie de prison de Nicolas Sarkozy repose l’éternelle question de l’exigence de probité vis-à-vis des élus de la République. Mais avec un éclairage cru et pour le moins inquiétant alors que se profilent les municipales en mars prochain, durant lesquelles une tempête d’extrême droite menace de souffler fort.

    Que l’homme soit le premier président de la Ve République incarcéré est déjà un mauvais signal en soi. Que l’exécution provisoire soit dénoncée comme
    un coup politique alors même qu’elle n’est que l’application de la loi et donc écrite par ceux-là même qui la condamnent aujourd’hui, aussi. Que ceux qui ont construit une partie de leur argumentaire politique sur le laxisme de la justice, se retrouvent côte à côte pour dénoncer
    son application afin de permettre, concrètement, à Marine Le Pen de
    se présenter en 2027, également.

    Sans vergogne

    Depuis longtemps, l’impact de l’existence d’une justice à deux vitesses protégeant les cols blancs sur la désaffection des populations pour la chose politique a été démontré. Sans effet. Les affaires s’enchaînent, touchant de nombreux partis politiques. Pire elles ne semblent même plus être vécues comme un obstacle dans un parcours politique. Cela se voit à l’échelle municipale comme le détaille notre dossier sur nos trois départements. Mais également pour la future présidentielle. Avec le cas de Marine Le Pen mais aussi de Nicolas Sarkozy que certains se plaisent désormais à envisager en sauveur de la droite en 2027.

    Arrêter avec ces « dérives sans vergogne » est fondamental avant les municipales. Et rappeler que l’exemplarité en politique doit être une évidence.

  • Sébastien Delogu officialise sa candidature à Marseille

    Sébastien Delogu officialise sa candidature à Marseille

    C’est à l’AFP que le député insoumis des Bouches-du-Rhône Sébastien Delogu a choisi d’annoncer dimanche qu’il avait été officiellement investi par La France insoumise pour être la tête de liste aux élections municipales, repoussant une expression directe auprès des autres médias à une date ultérieure. Non sans avoir publié dans le même temps, un « Je suis candidat à la mairie de Marseille ! » sur son compte instagram.

    Sans surprise, LFI présente donc une candidature autonome à Marseille, comme à Lyon et Paris. Les mots du député des quartiers nord sont durs à l’endroit de la majorité actuelle du Printemps marseillais, coalition de gauche menée par Benoît Payan, ex-PS. Il « devait être la rupture avec le système de droite alors qu’en réalité ils cogèrent la ville ensemble » lâche ainsi le député, en référence à la métropole dirigée par la DVD Martine Vassal, également candidate à Marseille. Et d’ajouter : « Je souhaite ramener le peuple au pouvoir et ne pas laisser Marseille aux magouilleurs qui font du favoritisme et du clientélisme comme la ville a toujours connu ». Pourtant, il précise également : « Nous ne fermerons pas la porte au second tour à une union des gauches ».

    La candidature insoumise a bénéficié en novembre du ralliement de Sébastien Barles, adjoint au maire en charge de la transition énergétique et son mouvement écolo-citoyen Vaï. Depuis dimanche, il compte également le soutien du parti du député apparenté LFI Aymeric Caron, la Révolution écologique pour le vivant (REV) via Julie Browne.

    La liste de Sébastien Delogu comportera « des gens engagés pour Marseille » a-t-il affirmé à l’AFP et son programme, présenté ultérieurement, sera axé autour du logement, de la santé et de l’urgence écologique.

    « Il s’agit d’une dangereuse manœuvre de division populaire, sous des accents de fausse radicalité qu’il nous faut démasquer », a réagi Anthony Gonçalves, chef de file des communistes marseillais pour les élections municipales dans un communiqué où il rappelle que le RN « n’a jamais été aussi fort »  et qu’il « menace de s’emparer du pouvoir », et « qu’une droite unie et revancharde, radicalisée » veut « reprendre la main ».

  • Carnoux évite le piège tahitien

    Carnoux évite le piège tahitien

    Carnoux n’a pas tremblé. Face à une formation tahitienne visiblement encore en plein jet-lag, les Carnussiens ont débuté tambour battant. En moins de vingt minutes, la qualification pour le 8ème tour de la Coupe de France était bien engagée. Un doublé de Vacher, encadrant un but de Mokhtari avait permis aux hommes de Samir Tahrat de prendre un avantage confortable.

    Côté tahitien, il y avait bien une envie de réagir. Mais à aucun moment, les offensives des joueurs du Pacifique ne venaient inquiéter l’arrière garde provençale. Tandis que le gardien du CFC passaient une soirée des plus confortable. Alors que chaque coup d’accélérateur carnussien amenait l’insécurité devant le but de Teamoturi. Sur une de ces accélérations, Gomis offrait sur un plateau le quatrième but à Benarbia.

    Pour Piraé, l’objectif était d’éviter une punition. Mais, incapables de mettre le pied sur le ballon, les joueurs du Pacifique étaient comme des surfers pris au piège de Teahupo’o. Voyant revenir inexorablement les vagues blanches qui les secouaient sans relâche.

    Dans l’acte II, Carnoux gérait son avantage. Samir Tahrat cherchant à préserver son groupe des blessures, songeant aux échéances du championnat. Ce qui n’empêchait pas Teamoturi, le gardien de Piraé, d’effectuer de belles interventions. Et sa défense de réaliser quelques bourdes. L’une d’elle profitait à Benarbia qui, comme son coéquipier Vacher, s’offrait un doublé qui refermait le couvercle sur les derniers espoirs de rebond tahitien. Piraé qui sauvait l’honneur en fin de match, avec un but de Tau, sur corner.

    Carnoux FC (N3) – AS Piraé (R1) 5 – 1 (4 – 0)

    7è tour de la Coupe de France.

    Stade Marcel Cerdan, 1000 spectateurs environ.

    Arbitre : V. Ougier.

    Buts : Vacher (6, 19), Mokhtari (8), Benarbia (27, 64) pour Carnoux, Tau (89) pour Piraé.

    CARNOUX : Koceila (Ali Assani, 81) – Djamacouné, Sahnoune ( c ), Sylva (Coulomb, 46), Tohouli – Benarbia, Benchikh (Djouhri, 69), Vacher – Sahraoui, Mokhtari (Goguey, 46), Gomis.

    Entraîneur : S. Tahrat

    PIRAE : Teamoturi – Barsinas (Bennett, 46), Tave, Ka. Lenoir, Tanetoa (Pito, 69) – Bourebare ( c ), Salem, Gritton – Tau, Labaste (Holozet, 76), Diarra (R. Terai, 79).

    Entraîneur : V. Terai.