Tag: Bouches-du-Rhône

  • Carnoux a rendez-vous avec Piraé, l’ogre du Pacifique

    Carnoux a rendez-vous avec Piraé, l’ogre du Pacifique

    Le septième tour de la Coupe de France est une étape importante de la doyenne des compétitions françaises de football.

    C’est l’étape où les amateurs peuvent, enfin, se retrouver face à des professionnels, car la Ligue 2 fait son entrée dans la compétition. Mais c’est aussi le moment où sont intégrées les équipes des Ligues d’outre-mer. Pour cette édition, Carnoux a ainsi hérité d’un adversaire venu des îles, et quel adversaire, l’AS Piraé (ASP).

    Venue tout droit de Tahiti, cette formation, qui a vu passer dans ses équipes de jeunes l’ancien joueur professionnel Marama Vahirua, est l’ogre du football polynésien. Depuis 2020, l’ASP a engrangé quatre titres de champion de Tahiti, a participé à un Mondial des clubs à Abu Dhabi, en 2021.

    Il a aussi été demi-finaliste de la Ligue des champions d’Océanie en 2022 et finaliste de cette épreuve en 2024. En gagnant la Coupe de Tahiti cette année, l’AS Piraé va donc représenter l’archipel du Pacifique dans cette phase finale de la Coupe de France.

    Défense recomposée

    Côté Carnussien, c’est un peu un saut dans l’inconnu que s’apprêtent à effectuer les joueurs de Samir Tahrat. « Leur palmarès laisse à penser que c’est une équipe de qualité. C’est pourquoi nous abordons ce match avec une certaine humilité », confie l’entraîneur du CFC.

    Pour ce tour de Coupe, il a dû résoudre une équation à double inconnue. « J’ai deux suspendus et ce sont les gars qui composent ma charnière centrale habituelle », regrette-t-il. Sans Nasser Mbaé et Enzo Lanziani, « j’ai dû réfléchir à une nouvelle organisation. Et c’est le moment pour certains de se montrer », embraye-t-il.

    Les modifications de son axe défensif devraient être les seules retouches à son onze de départ habituel. « Nous avons la chance de jouer ce 7e tour chez nous. C’est, pour nous, l’occasion de faire aussi bien que l’an dernier, à savoir aller chercher un 8e tour. Et pourquoi pas, donner le coup d’envoi d’une belle épopée ? » Samir Tarhat aimerait bien que son groupe puisse ensuite croiser le fer avec une équipe professionnelle.

    Mais pour cela, il faut d’abord venir à bout d’une formation tahitienne qui reconnaît un handicap. « Votre vent ! Nous ne sommes pas habitués et il nous cause vraiment des problèmes. Si nous arrivons à nous adapter, je pense que nous pouvons réussir quelque chose, face à une très belle équipe de Nationale 3 », confesse Heimano Bourebare. Le capitaine de Piraé aimerait être celui qui qualifierait pour la première fois un club tahitien pour le 8e tour. « La pelouse est un vrai billard, cela pourrait aider à développer notre jeu. »

    Carnoux – Piraé

    7e tour de Coupe de France

    Samedi 19h

    Stade Marcel-Cerdan.

    Arbitre : Valentin Ougier.

    CARNOUX : le groupe : Koceilat, Jasserand (gardiens), Djamacouné, Sylva, Sahnoun, Touili, Coulomb, Lavigne, Bencheikh, Djourhi, Goguey, Benarbia, Vacher, Sahraoui, Gomis, Béhé, Mokhtari, Moirabou.

    Entraîneur : S. Tahrat.

    AS PIRAE : Teave, Courtois (gardiens), Avearii, Bennett, Salem, Tihoni, Tau, Pito, Teamotuautau, Barsinas, Bourebare, Tanetoa, Gitton, Labaste, Tave, Terai, Ka. Lenoir, Ke. Lenoir, Tepo, Diarra, Holozet.

    Entraîneur : V. Terai.

  • Stagiaires en chantier-école, ils redessinent leur avenir

    Stagiaires en chantier-école, ils redessinent leur avenir

    Les projets sont un support pédagogique, un prétexte pour remobiliser ces jeunes qui nous sont adressés par des missions locales, la PJJ ou l’Aide sociale à l’enfance », explique le directeur. Apprendre à façonner son avenir professionnel, comme on apprend à travailler le bois ou le métal. C’est le pari de Julien Acquaviva, à la tête de l’association Appel d’aire, depuis sa création en 1997.

    Localisé depuis 2002 sur le site de la PJJ (Protection judiciaire de la jeunesse) aux Chutes-Lavie, le chantier-école a dû déménager, en décembre 2021, à la Belle de Mai dans le 3e arrondissement. Une solution trouvée en urgence par la Ville au sein du Comptoir de la Victorine, dans des locaux qu’il a fallu aménager.

    Dans l’atelier bois, Oumar, 20 ans, s’applique à la découpe d’une planche sous l’œil de Virgil, son formateur. « Des décors pour l’événement des centres sociaux, explique le stagiaire, arrivé il y a deux mois, et comme on fait du réemploi de matériau, c’est compliqué. » Pour les meubles à roulettes conçus pour l’association des Frigos solidaires « on a utilisé des palettes. Il a fallu 5 semaines pour les démanteler, nettoyer, retirer les clous, tronçonner, raboter… », liste Mohamed, 21 ans, en stage depuis un an. « Et avec le métal il faut faire attention à ne pas se couper avec la bavure. C’est pour ça qu’il faut d’abord bien connaître les machines, perceuse à colonne, scie à ruban… »

    Un travail de patience qui offre une seconde vie aux objets et une satisfaction aux artisans. « Vous avez vu les bancs qu’on a fabriqués pour la Savine, c’est du travail de pro ! », s’enthousiasme Enzo, 18 ans. « Mais, pour les décors, c’est chaud, il nous reste que huit jours pour finir », s’inquiète un peu Oumar. Et ce jour-là, ils ne sont que trois à bosser. Deux des huit stagiaires actuels viennent de signer un contrat en alternance en entreprise, une est malade et deux autres sont en retard. « On va y arriver », assure le formateur.

    « La vérité, c’est pas facile au début pour ceux qui ont décroché de la vie normale, il faut se réhabituer aux horaires, aux efforts. C’est cool ici, mais faut être régulier », intervient Enzo. Il plaide en faveur de ses camarades en connaissance de cause : « J’étais placé depuis tout petit, j’ai pas arrêté de tourner dans les foyers, les familles. Après, c’est dur d’être stable. » Il entame là sa deuxième expérience, après un stage de 5 mois en décembre 2024. « J’avais arrêté. Mais en fait j’étais pas prêt, reconnaît-il. Et puis je me suis senti de repartir. Travailler avec des pros, ça m’a redonné envie d’apprendre. »

    « Notre seul luxe,

    c’est le temps »

    Pour Mohamed, la projection vers l’avenir, conditionnée à l’obtention de papiers français, est plus « compliquée », regrette-t-il. « Mais en attendant, avec ce stage, je progresse, j’apprends à mieux parler français et j’apprends un métier. Car c’est très différent la façon de travailler en Europe et en Afrique. » Le temps de la réalisation, comme celui des stagiaires passés au sein de l’association, n’est pas compté. « C’est notre seul luxe ici. Ils restent selon les besoins, qui varient en fonction de chacun », précise Julien Acquaviva.

    Livré fin septembre, le premier modèle de meuble à frigo trône dans le bar le Peinard. Le prototype a été personnalisé aux couleurs des Frigos solidaires, lors d’une démonstration de flocage et de technique de graff par l’artiste marseillais El Bazu. D’autres sont en cours de réalisation. Le 9 octobre, les stagiaires d’Appel d’aire ont livré une nouvelle série de créations : du mobilier destiné au Hameau, espace convivial de la résidence William-Booth de l’Armée du Salut. Après l’assèchement des subventions régionales, le chantier-école démultiplie les partenariats pour continuer à offrir un enseignement riche à ses stagiaires qui, une fois bien rodés, « deviennent tuteurs des nouveaux », peut claironner Enzo.

    « C’est cool, mais faut être régulier. On fait du travail de pro, ça m’a redonné envie d’apprendre »

  • La Poste : le licenciement pour désorganisation ne passe pas

    La Poste : le licenciement pour désorganisation ne passe pas

    Après une grève massive, le 4 novembre, contre le licenciement « pour désorganisation » de Gaëtan, facteur du 5e arrondissement de Marseille, la CGT se remobilisait, ce vendredi, toujours en soutien au travailleur. Et l’organisation syndicale est venue avec un paquet d’arguments pour faire « reconnaître l’erreur » de l’entreprise, alors qu’un CSE se déroulait le jour même.

    Elle a notamment présenté une délibération « votée par l’ensemble des élus du CSE », qui réclame « une réintégration des agents licenciés pour le motif de désorganisation de service ». « On demande un plus strict contrôle et un regard des instances représentatives sur ces procédures », explique Karim Bouzana, délégué CGT AP 13.

    Pour rappel, Gaëtan, facteur aux 20 années de service à son compteur, a été licencié pour ce motif pour le moins étonnant. La CGT estime à plusieurs dizaines ce type de procédures dans la région. « On a aussi remis à la direction une partie des dizaines de pétitions signées par les personnels pour sa réintégration. Il y a aussi une cagnotte qui a été lancée par des usagers pour le soutenir », poursuit Éric Chenais, responsable CGT. Autant de points qui vont « à l’encontre des arguments de La Poste qui affirme qu’il est toujours malade et qu’il désorganise le service ». « Les usagers disent au contraire qu’ils étaient contents de son service et qu’ils le voyaient souvent », développe le responsable.

    Préavis de grève pour

    la semaine prochaine

    Sollicitée, La Poste maintient d’ailleurs la même position adoptée depuis le début de l’affaire : « Le licenciement pour désorganisation de l’entreprise est une procédure juridiquement encadrée. Un employeur peut procéder à un tel licenciement pour motif personnel non disciplinaire lorsque les absences, même justifiées par l’état de santé, désorganisent l’entreprise et imposent le recrutement définitif d’un remplaçant. »

    Chacun jugera de la pertinence de telles justifications pour le service public postal, au plus de 230 000 salariés dans le pays. Reste qu’elle affirme que « toute décision d’engager une procédure de licenciement est prise collégialement après un examen rigoureux des éléments objectifs qui fondent un licenciement sur une cause réelle et sérieuse et reste exceptionnelle ». Quoi qu’il en soit, la CGT a « demandé à ce qu’une délégation soit reçue » et a quitté le CSE suite au refus de la demande, de même que les élus de SUD PTT. Et a déposé un préavis de grève pour la semaine prochaine.

  • La CGT se bat contre l’amiante à ArcelorMittal

    La CGT se bat contre l’amiante à ArcelorMittal

    Pas plus tard qu’hier, un salarié est venu nous voir au local syndical : il a un cancer dû à l’amiante, à 57 ans. » Le ton grave, Stéphane Martins de Araujo, secrétaire général de la CGT d’ArcelorMittal à Fos-sur-Mer, rappelle les conséquences concrètes de la présence d’amiante dans les sites industriels.

    Son organisation, engagée de longue date dans un combat pour le classement du site de l’étang de Berre comme « amianté », espère prochainement voir le bout du tunnel. Entre un communiqué de presse diffusé cette semaine, qui fait part « d’un scandale sanitaire » et l’envoi d’une délégation syndicale à la Caisse primaire de l’assurance maladie (CPAM), elle met les bouchées doubles avant un rendez-vous déterminant, ce lundi, au ministère du Travail.

    « Ce n’est pas une faveur qu’on demande : quand on est touché par ces maladies, on ne voit pas la retraite, ou on ne la voit que pour quelques années », martèle le syndicaliste. Il donne des chiffres qui font froid dans le dos : « Plus de 150 salariés ont été reconnus et mis en suivi médical renforcé pour l’amiante, seulement pour le courant de l’année 2025. […] 7 maladies professionnelles sur 10 sont en lien étroit avec l’amiante sur le site. » Au total, son organisation dénombre « plus de 600 salariés en suivi médical renforcé ». Pour rappel, le suivi médical renforcé est un dispositif qui prévoit une batterie de consultations médicales. « Il y a des examens à faire régulièrement, au départ, des scanners tous les 6 mois, puis étalés tous les 5 ans. À chaque fois, on a peur d’avoir une mauvaise nouvelle, l’inquiétude est réelle », développe Stéphane Martins de Araujo.

    Un combat pour un départ plus tôt à la retraite

    Contactée, ArcelorMittal précise que « ce suivi médical ne signifie pas que les salariés ont été exposés au risque, mais est mis en place dans un souci de prévention ». Et assure que c’est « conformément à la réglementation et en coordination avec la médecine du travail, pour certains salariés affectés à des postes à risques compte tenu de leur période d’emploi et des postes occupés ». Reste que, pour la CGT, derrière ces chiffres et ces dispositifs, il y a « des familles brisées, des malades, des futurs malades et des morts ».

    Concrètement, l’organisation demande « que le site soit classé amianté, au titre de l’Acaata ». L’Acaata est l’allocation de cessation anticipée d’activité des travailleurs de l’amiante. Ce dispositif permet aux salariés exposés à l’amiante de bénéficier d’une retraite anticipée. « Si le site est classé, au lieu de partir à 64 ans, c’est 60 ans. Et ensuite, c’est un an de moins d’âge de départ pour tous les 3 ans d’ancienneté sur la période, avec un seuil maximum à 50 ans », explique Stéphane Martins de Araujo.

    Il avance un autre argument : « L’inspection du travail a validé, après enquête cet été, la demande de classement et la période qui va de 1997 à 2025 », explique Stéphane Martins de Araujo. Là encore, ArcelorMittal tient à apporter des précisions : « Le ministère du Travail avait refusé l’inscription de l’établissement de Fos-sur-Mer sur la liste des établissements susceptibles d’ouvrir droit à l’Acaata, pour la période 1972-1997, décision confirmée par la Cour administrative d’appel de Marseille et le Conseil d’État. » Avant de conclure : « Les salariés de l’établissement n’effectuent pas de travaux de calorifugeage sur des matériaux contenant de l’amiante. » Or l’entreprise note que le classement d’un site comme amianté nécessite « une activité significative de calorifugeage à l’amiante », selon « des critères précis qui résultent de la loi et de la jurisprudence ».

    Dans tous les cas, la balle est dans le camp du ministère.

  • « Cet assassinat est un malheur qui fait peur pour la suite des événements »

    « Cet assassinat est un malheur qui fait peur pour la suite des événements »

    La Marseillaise : Quel a été votre sentiment en apprenant cet assassinat ?

    Mathieu Croizet : Celui d’une immense tristesse. J’ai tenté d’appeler Amine pour lui transmettre mes sincères condoléances. Je connais bien Amine qui est le premier à se rendre sur place quand quelqu’un se fait tuer, qui refusait de quitter le quartier où il vit. C’est horrible pour sa maman qui perd un nouveau fils. Je ne parle pas au nom de la famille que je n’ai pas pu joindre mais je vous livre mon sentiment personnel. Son petit frère n’était pas lié à du trafic de stupéfiants, n’était pas connu de la police et de la justice comme l’a dit le procureur. Il voulait d’ailleurs devenir policier. S’il est démontré que c’est une expédition punitive pour intimider ceux qui se plaignent de la mainmise des narcotrafiquants sur la cité phocéenne, il n’y a alors plus de limites.

    Saviez-vous si Amine nourrissait des craintes pour lui et ses proches ?

    M.C. : Amine est quelqu’un d’assez discret. J’ai appris qu’il bénéficiait avec sa mère d’une protection policière. Mais on peut tous avoir des inquiétudes quand on voit les victimes collatérales dans les coups de force entre réseaux, la balle perdue qui a tué Socayna [étudiante de 24 ans, fauchée en 2023 d’une balle dans sa chambre par un tir en rafale de jeunes à scooter voulant récupérer un point de deal]. Des confrères avocats ont été agressés à l’arme blanche au sein de leur cabinet. Là, le ciblage est incontestable sur un pourfendeur des narcotrafiquants, un responsable associatif et militant politique. C’est une étape nouvelle dans l’horreur. Le cap a en réalité déjà été franchi depuis longtemps quand on voit des quartiers entiers placés sous la coupe réglée des narcotrafiquants qui règnent en maître et disposent de plus en plus de moyens. Des degrés dans l’horreur ont déjà été franchis pour arriver à tuer quelqu’un comme son premier frère qui a subi le « barbecue marseillais ». Est-ce un ensauvagement de notre société, peut être ?

    En quoi Amine Kessaci peut-il constituer une réelle menace pour le crime organisé au point qu’il leur faille abattre son frère ?

    M.C. : À force de parler, d’écrire, de demander le retour de la police dans les quartiers pour protéger les habitants qui sont les premiers et les plus frappés, cela remet à chaque fois un jeton dans le jukebox médiatique. Et tout le monde sait qu’il faut l’appui des médias pour obtenir des réponses de l’État. Amine, c’est un grain de sable dans un rouage, c’est un moustique mais ils ont utilisé la bombe nucléaire en tuant son frère. On sait qu’il y a des gradations pour intimider. Il y a le trolling, les menaces téléphoniques, la « jambisation ». Mais là il n’y a plus de limite pour eux. Ils considèrent que « si ce n’est pas toi c’est donc ton frère ». Le mode opératoire révèle un sang froid et un professionnalisme. Ce n’est pas l’aspersion kalashnikovienne, là c’est une arme de poing donc quelqu’un de plus professionnel. Les narcos sont capables de recourir au « uber-hit » en recrutant des jeunes en région parisienne pour venir tuer quelqu’un pour 5 000 ou 10 000 euros. C’est vraiment une triste journée pour les Marseillais. J’y vois aussi la démonstration de l’incapacité de l’État à prendre en compte les narcotrafiquants. Les autorités ont toujours un train de retard. Je n’ose pas imaginer l’état dans lequel Amine se trouve. Cet assassinat est un malheur qui fait peur pour la suite des événements.

  • La piste d’une exécution pour semer la terreur

    La piste d’une exécution pour semer la terreur

    L’assassinat, jeudi, du frère d’un militant écologiste menacé de mort pour avoir dénoncé l’emprise du narcotrafic sur la cité phocéenne est unanimement interprété comme un cap franchi dans l’horreur. Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, voit aussi dans ce drame « un point de bascule effrayant qui doit faire prendre conscience du danger de cette mafia du narcobanditisme à l’ensemble de la société française ». Car cet assassinat s’inscrit, selon lui, « probablement dans la stratégie de terreur et d’intimidation contre tous ceux qui, courageusement, luttent contre le narcotrafic ».

    Le jeune homme de 20 ans a été abattu, jeudi à 14h30, de plusieurs balles de 9 mm par un commando à moto alors qu’il stationnait devant la pharmacie du rond-point Claudie d’Arcy (4e). Le corps de Mehdi a été autopsié, vendredi, à l’institut médicolégal de la Timone. Le garçon était « absolument inconnu des services de police et de la justice », a redit le procureur de la République, Nicolas Bessone. Ce dernier n’exclut pas l’hypothèse d’un « assassinat d’avertissement », un crime par procuration dirigé contre son frère Amine Kessaci, 22 ans, militant écologiste qui a fondé l’association Conscience pour venir en aide aux familles victimes du narcotrafic, après l’assassinat d’un premier frère, Brahim, 22 ans, tué fin 2020. Il avait interpellé Emmanuel Macron, en 2021, venu lancer « Marseille en grand », pour lui demander de prendre en considération les habitants. Amine venait de sortir, le mois dernier, le livre Marseille, essuie tes larmes, centré sur l’exécution de son premier frère et qui fustigeait le narcotrafic et la carence de l’état à défendre les habitants victimes premières dans les cités.

    « Une jeunesse fauchée par une violence sans limite »

    « Si l’enquête confirme qu’il s’agit d’un assassinat d’intimidation, une volonté de faire taire Amine, nous passons collectivement dans une autre dimension et cela est très préoccupant », a réagi le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG), venu la veille sur la scène de crime soutenir des membres de la famille, dont la mère et la tante d’Amine.

    Ce sentiment est partagé par la fédération du PCF 13 : « L’idée même qu’un assassinat d’avertissement soit envisagé par le parquet montre à quel point la violence a franchi un seuil intolérable », écrit la fédération, horrifiée de voir « cette jeunesse fauchée par une violence sans limite dans une société qui accumule les problèmes et où les inégalités se creusent ». Cette tragédie est « la conséquence d’un désengagement continu de l’État, qui laisse nos quartiers sans moyens, sans prévention, sans perspectives ».

    « Nous ne céderons rien face à l’intolérable », déclare la préfète de police Corinne Simon, qui « réaffirme la détermination totale de l’État » à retrouver les auteurs et les présenter à la justice. L’enquête pour « assassinat en bande organisée », confiée à la Division de la criminalité organisée et spécialisée, est une « priorité ». Une « trentaine d’enquêteurs » sont mobilisés, indique le parquet. Vendredi, la moto des auteurs a été retrouvée incendiée dans le 13e arrondissement.

    « Amine n’est pas un simple militant », se dresse Katia Yakoubi, sa colistière d’Europe Écologie aux dernières élections européennes : « C’est un jeune qui s’est levé avec courage pour dénoncer la violence du narcotrafic et défendre l’honneur de notre ville. Il a écrit, témoigné, mobilisé. Et parce qu’il ose parler, il vivait sous protection, menacé de mort. » Le président de Région, Renaud Muselier (Ren.), a aussi souligné que ce « terrible drame » touche la famille d’un « acteur politique de Marseille ».

    Amine et sa mère bénéficient d’une protection du ministère de l’Intérieur depuis août et Amine a dû quitter Marseille. « S’il est démontré que c’est une expédition punitive pour intimider ceux qui se plaignent de la mainmise des narcotrafiquants sur la cité phocéenne, il n’y a alors plus de limites », répond Me Mathieu Croizet, conseil d’Amine, constitué partie civile dans la procédure visant à conduire sept personnes devant les assises pour l’assassinat de son premier frère, en 2020.

  • [Municipales] Maxime Marchand brigue un second mandat à Sausset-les-Pins

    [Municipales] Maxime Marchand brigue un second mandat à Sausset-les-Pins

    Il attendait une bonne nouvelle de ses médecins pour officialiser sa candidature. C’est désormais chose faite. En rémission de son cancer, le maire écologiste de Sausset-les-Pins, Maxime Marchand, repart pour viser un second mandat en 2026. « Comme je suis guéri, que je retrouve mon énergie et mon temps pour la commune, j’ai envie de continuer ce que j’ai commencé », affirme-t-il.

    L’édile souhaite achever le « projet école », débuté avec la réhabilitation de l’école Victor-Hugo livrée en juin 2024, en poursuivant la rénovation de l’école Jules-Ferry « qui a déjà commencé et qui est dans une phase de marché ». Il entend aussi mener un travail sur les bâtiments culturels du centre-ville que sont la salle des Arts et les espaces annexes.

    Alors qu’il s’était retrouvé propulsé à la mairie grâce à la fusion de trois listes en 2020, cette fois, Maxime Marchand a l’entière liberté de la composition de son équipe. « On est sur un renouvellement très important puisque plus de la moitié des conseillers municipaux vont changer, par contre, il y a une vraie stabilité : l’ensemble des adjoints restent à mes côtés », dévoile-t-il. Le maire souhaite mener une liste sans étiquette, avec des gens « de gauche, du centre et de la droite qui travaillent tous ensemble ». La seule condition pour l’intégrer : « Aimer Sausset et avoir une vision Sausset centrée. »

    Un citoyen au service

    des Saussetois

    Maxime Marchand refuse de politiser le débat : « Je ne pense pas que la mairie soit un outil pour lutter contre l’extrême droite. La mairie est au service de tous les Saussetois, peu importent leurs opinions. Ça me semble important de rester loin de toutes ces polémiques qui divisent. »

    Face à lui, deux candidats déclarés : l’ancien député de la 12e circonscription et maire de Sausset-les-Pins de 2001 à 2017 Éric Diard (LR), et l’ancien directeur de la police municipale de la commune, qui occupe désormais ce poste à Châteauneuf-les-Martigues, Jean-Charles Vargas (RN). À noter que c’est la première fois que le parti d’extrême droite présente un candidat aux municipales à Sausset. « Le RN est dans une dynamique nationale qu’il essaye de propulser au niveau local, mais la réalité, c’est que Jean-Charles Vargas n’habite pas et ne connaît pas la ville. Je suis assez surpris que le parti choisisse cette personne, alors qu’il avait des locaux qui souhaitaient le représenter sur la commune », analyse Maxime Marchand.

    Quant au retour d’Éric Diard, il réagit : « Je ne suis pas un professionnel de la politique comme lui, je suis un citoyen qui s’est mis au service des Saussetois et j’espère qu’ils me renouvelleront leur confiance. Si ce n’est pas le cas, je retournerai travailler comme tout le monde. »

    Le maire organise une première réunion publique de campagne, le 28 novembre, pour présenter le bilan de son premier mandat à la population. « On a listé plus de 120 réalisations qu’on va promouvoir dans 40 pages et des vidéos », détaille-t-il.

  • Des tirs de mortier stoppent un chantier

    Des tirs de mortier stoppent un chantier

    Une entreprise est intervenue, ce vendredi matin, sur une fuite d’eau détectée sur une canalisation de la résidence gérée par 13 Habitat. Les techniciens « ont été violemment pris pour cible par un groupe d’individus. Ces agissements conduisent régulièrement à des dégradations et à des nuisances inacceptables pour nos locataires », explique le bailleur social.

    L’équipe d’intervention a réussi à éviter un départ de feu à proximité d’un véhicule de service. Mais la dangerosité de la situation a conduit au retrait immédiat des techniciens. 13 Habitat, avec le soutien de la préfecture et de la mairie des 11e et 12e arrondissements, a organisé une nouvelle intervention afin de permettre à ses locataires de ne pas être privés d’eau chaude et froide.

    L’eau était rétablie dans la soirée, alors que les policiers continuaient leurs rondes pour sécuriser le site. « Une cellule de crise a été activée pour le maintien de la communication avec les locataires », précise le bailleur.

  • Un autre frère d’Amine Kessaci froidement abattu

    Un autre frère d’Amine Kessaci froidement abattu

    Un jeune homme de 20 ans a été abattu, jeudi à 14h30, de plusieurs balles de calibre 9 mm, au volant d’une Audi blanche. Le véhicule venait de s’immobiliser devant la pharmacie du rond-point Claudie-Darcy, près du siège de 13 Habitat (4e). Alors que le passager était sorti pour se rendre à la pharmacie, un commando à moto a surgi. Le passager arrière a ouvert le feu criblant de balles le conducteur, qui est décédé malgré les efforts de réanimation.

    Jeudi, vers 18h, l’Identité judiciaire procédait toujours aux différents relevés sur la scène de crime. Le maire de Marseille, Benoit Payan, était sur place, se tenant aux côtés de la conseillère départementale Nora Preziosi, proche de la famille de la victime qu’elle réconfortait.

    Le parquet a ouvert une enquête des chefs d’assassinat en bande organisée et d’association de malfaiteurs en vue de commettre un crime et a saisi la Division de la criminalité organisée et spécialisée.

    La jeune victime est le frère de Amine Kessaci, ce militant politique de 22 ans, colistier sur la liste Europe Écologie aux élections européennes 2024, qui a fondé en 2020 l’association Conscience d’aide aux familles victimes du narcotrafic, après l’assassinat d’un premier frère, Brahim, 22 ans, retrouvé carbonisé avec un autre homme le 29 décembre 2020 dans une Audi, sur l’A55 à hauteur des Pennes-Mirabeau, exécution perpétrée sur fond de narcotrafic. L’instruction a conclu, en février 2025, au renvoi de sept personnes devant les assises.

    Amine Kessaci ne se trouvait pas sur place, jeudi soir, aux côtés de ses proches. Le jeune homme venait de publier, le mois dernier, un livre en hommage à son frère tué, Marseille, essuie tes larmes, aux éditions Le Bruit du Monde. Amine Kessaci et sa mère se trouvaient sous protection policière, mais pas son frère, confie l’entourage politique du militant. L’hypothèse d’un assassinat commis pour lui infliger une punition est évoquée. « Ce n’est pas une formule choc, c’est la réalité : la narcocratie s’installe jusque dans nos élections » avait posté, la semaine dernière, le militant sur son compte X.

    Soutien de la classe politique

    L’annonce du drame a provoqué des réactions de soutien à Amine Kessaci dans la classe politique. Du maire Benoît Payan (DVG), qui s’est rendu sur place et a affirmé sur X : « Cette violence insupportable n’a pas et n’aura jamais sa place à Marseille. » « Le narcotrafic est sans pitié. Ne le laissons pas triompher », a renchéri la maire (GRS) du premier secteur Sophie Camard. « Nous exigeons que justice soit rendue », a pour sa part twitté la co-responsable de l’Après 13, Katia Yacoubi. Plus à droite, enfin, c’est Maxime Boudet, responsable com de Renaissance qui a salué « son courage et son engagement pour offrir d’autres voies à nos jeunes ». Sans oublier la secrétaire nationale d’EELV Marine Tondelier qui lancé un « Amine : nous serons là pour toi » à celui qui a porté ses couleurs aux dernières législatives.

  • Hassen Hammou quitte Les Ecologistes

    Hassen Hammou quitte Les Ecologistes

    Alors que 18 mois de prison avec sursis ont été requis contre lui, jeudi, par la procureure, à la barre du tribunal correctionnel de Marseille, Hassen Hammou a annoncé ce vendredi « quitter le parti les Ecologistes ». « Le chef de filat m’a été retiré par le bureau national et on me demande de passer en conseil disciplinaire, je regrette ce non respect de la présomption d’innocence » a justifié à La Marseillaise le jeune homme de 37 ans.

    Hassen Hammou assure être tombé dans traquenard en juin 2024 après être entré en contact, via la plateforme Coco et Snapchat, avec deux personnes qu’il pensait être un homme et une femme majeurs. Sur un parking à Aubagne, l’écologiste s’est retrouvé face à deux jeunes de 16 ans qui lui ont soutiré de l’argent, son porte-cartes… En septembre 2024, le tribunal pour enfants les a condamnés.

    C’est la plainte déposé par la mère de l’un des deux jeunes hommes qui a déclenché l’ouverture du second dossier dans lequel Hassen Hammou est accusé d’avoir formulé des propositions de nature sexuelle à un mineur.

    Jeudi, Sandrine Rousseau, porteuse de la motion qui lui avait permis d’être élu en binôme au bureau national du parti Les Ecologistes, assurait avoir à Hassen Hammou « de démissionner du Bureau politique des Écologistes » comme elle avait déjà réclamé en vain, mi-octobre, de se mettre « en retrait de ses désignations et mandats internes ».