Tag: Bouches-du-Rhône

  • Des lycées de la région en colère contre la baisse des dotations

    Des lycées de la région en colère contre la baisse des dotations

    Ce jeudi 5 mars, la colère gronde devant plusieurs lycées marseillais. Alors que l’Académie d’Aix-Marseille prépare la distribution des enveloppes aux établissements pour les rentrées 2026, élèves et enseignants s’insurgent de la baisse des heures de la Dotation globale horaire (DGH) allouée par le rectorat. Ils dénoncent l’impact de cette perte sur l’organisation et la qualité des enseignements. En protestation, des blocages et des grèves ont été organisés dans plusieurs lycées de la ville.

    Une éducation maltraitée

    Au lycée Nelson-Mandela, dans le 12e arrondissement, les enseignants se sont mis en grève et se regroupent devant les grilles de l’établissement. Sur les banderoles, leur mot d’ordre : « Non à une fonction publique carencée, à une éducation au rabais, à une éducation maltraitée. » Dans ce lycée, la baisse de la DGH impliquerait « la perte de 80 heures hebdomadaires pour assurer les cours », explique Christophe Bernardo Dos Santos, professeur d’histoire-géographie et délégué syndical SNFO 13.

    80 heures de cours, cela signifie « la fin d’un certain nombre de dispositifs et la diminution des heures de spécialités », ajoute une professeure de français du même établissement. Elle continue : “Surtout, c’est l’impossibilité d’organiser des séances en demi-groupe, qui sont pourtant essentielles pour accompagner efficacement les élèves. ” Plus d’élèves par classe, notamment en langues vivantes et dans des matières comme le français et les mathématiques. « C’est la catastrophe assurée », selon la professeure. Les enseignants ont demandé à être reçus en audience par le rectorat, pour le moment sans succès.

    Des priorités politiques questionnées

    Les élèves du lycée Saint-Charles partagent la même frustration. Ce jeudi, ils ont décidé de bloquer leur établissement. « On se sent abandonnés », explique une lycéenne postée devant l’une des entrées, pancarte à la main. Chez eux, la DGH prévoit la suppression de 77 heures hebdomadaires. Conséquence : « On va moins bien apprendre et les profs vont être encore plus débordés qu’ils ne le sont déjà. »

    Les élèves voient aussi dans cette décision le résultat d’un arbitrage politique qui délaisse l’éducation « au nom de l’austérité », alors même que « des secteurs comme la défense voient leur budget largement augmenter ». Le blocage s’inscrit donc dans un mouvement plus large contre « la militarisation des jeunes », poursuit l’un des lycéens de Saint-Charles. L’enjeu des mobilisations est grand, car « tout le monde est à bout », souffle une accompagnante d’élève en situation de handicap (AESH) du lycée Diderot, venue en soutien à la grève.

  • Sainte-Marguerite : les salariés repris très inquiets

    Sainte-Marguerite : les salariés repris très inquiets

    Situation lunaire et reprise rocambolesque pour les près de 2 000 salariés du groupe de santé privé Sainte-Marguerite.

    Dans le silence quasi total, les hôpitaux de Beauregard et Vert Coteau à Marseille, mais aussi ceux de Saint-Jean et Saint-Roch à Toulon ainsi que la clinique de La Ciotat sont passés sous le pavillon du groupe Almaviva. « Ça a été fait en l’absence totale de transparence et de consultation des salariés », dénonce, ce jeudi, Sandrine Cartier, secrétaire CGT du Comité économique et économique central (CSEC) du groupe, et élue sur l’hôpital de Beauregard. En effet, la reprise aurait normalement dû faire un peu de bruit vu l’importance du groupe Sainte-Marguerite sur le territoire (11 sociétés, dont certaines en charge de l’informatique, de la maintenance des équipements de santé des établissements ou encore blanchisserie avec le GIE Pamar). Encore plus, quand il devient propriété d’Almaviva, 4e plus important groupe de cliniques privées en France, détenu à 60% par le fonds koweitien Wren House Infrastructure. « À chaque instance du personnel, on nous a assuré qu’il n’y aurait pas de rachat. On l’a découvert avec les publications de l’autorité de la concurrence », relate Sandrine Cartier. Elle prend un exemple parlant : « On n’a pas eu de procédure d’information-consultation. » Une procédure pourtant basique quand une reprise de cette ampleur a lieu.

    Un sens du timing qui questionne

    Les syndicats avaient des soupçons avec la cession de la clinique de Hyères au même groupe, un an avant mais rien de concret. Le 13 janvier, le président du groupe, le docteur Bruno Thiré, envoyait un courrier aux salariés annonçant qu’une « évolution de l’actionnariat est à l’étude ». S’ensuit un Comité économique et social central, le 22 janvier dans lequel il explique « chercher un successeur ». « Lors du CSEC, le PDG expliquait qu’aucune société ne s’était positionnée. Et tout accord pour une reprise était démenti », assure Karine Cheniclet, élue de la même instance pour l’Unsa et secrétaire médicale à Vert Coteau. Comme un pied de nez, l’autorité de la concurrence rend une décision, quatre jours plus tard, validant « la prise de contrôle exclusif » des titres détenus par la société mère du groupe Sainte-Marguerite « par le groupe Almaviva ». « Dans la foulée, on a reçu une demande de réunion extraordinaire du CSEC pour le 3 février », raconte Sandrine Cartier. Au passage, en oubliant les délais légaux de convocation. La réunion se tient le 3 février à 11 heures… Une nouvelle direction s’y pointe. Surprise : « Le nouveau président nous informe que la signature a eu lieu à 10h45. »

    Si la direction d’Almaviva assure aux syndicats que des temps d’échanges et consultation vont avoir lieu, ils n’ont pas, pour l’heure, de réponses à leurs questions : « Pas d’engagement sur le maintien des effectifs et des accords collectifs. » Mais « des réorganisations et regroupement d’activités envisagés » sans plus de détails. « Comment un groupe comme Almaviva peut se positionner pour ces établissements en difficulté sans projets ? On n’a pas de visibilité », questionne Karine Cheniclet. Le pire est à craindre pour Sandrine Cartier au regard de « la situation économique alarmante » du groupe Sainte-Marguerite. Quid des risques psychosociaux pour les salariés « qui ne savent pas où ils vont ». « Beaucoup de postes ne sont pas déjà remplacés, des CDD ont été arrêtés… Les structures sont en suspens », conclut-elle.

  • En Pays d’Aix, une vingtaine de listes répondent à Arc Fleuve Vivant

    En Pays d’Aix, une vingtaine de listes répondent à Arc Fleuve Vivant

    Envoyer un questionnaire sur les engagements en faveur de la biodiversité à chaque tête de liste des 33 communes du bassin de l’Arc : c’est le défi que s’était donné, le mois dernier, l’association Arc Fleuve Vivant. Ce mercredi, à Aix-en-Provence, l’association a présenté les conclusions de son sondage, en présence de plusieurs candidats, où de leurs représentants. Résultat, parmi les 87 listes électorales contactées, 27 questionnaires ont été renvoyés à l’association. Parmi ces retours, deux listes varoises (Saint-Maximin et Pourcieux), « communes ou le fleuve prends sa source », précise Christine Ferrario, co-présidente d’Arc Fleuve Vivant. Parmi les trois villes les plus importantes du Pays d’Aix, à Aix, trois listes ont répondu à l’association : Aix Avenir, menée par Marc Pena, Aix Vivante et Populaire, menée par Mounir Ben Ammar (DVG), et Aix en commun, menée par Julie Boronad (LFI). À Gardanne, seule la liste Changeons de Cap, menée par Jean-Marc La Piana (DVG), a fourni ses réponses, et à Bouc-Bel-Air, c’est la liste de Hervé Plisson (DVG), le Printemps Boucain, qui a manifesté un retour. Parmi les questions posées, la place de l’Arc dans le programme des candidats. « Réponse unanime des 27 listes, sauf une. L’ensemble des listes qui ont répondu ont mis l’Arc à l’honneur dans leur programme », rapporte Christine Ferrario. Unanimité, aussi, sur la thématique de « l’urbanisme et du respect du bâti ». Parmi les réponses et propositions renvoyées par les quatre candidats, « quatre points noirs » se font remarquer : le projet de la Constance à Aix, la zone artisanale du Tholonet, l’Usine Lafarge et la carrière Mange-Garri de Bouc-Bel-Air.

  • La renaissance du Muséum d’Aix au cœur de la campagne

    La renaissance du Muséum d’Aix au cœur de la campagne

    Douze ans après la fermeture du Muséum d’histoire naturelle d’Aix-en-Provence, celui-ci fait enfin son grand retour. Du moins dans la campagne des municipales. Ainsi à l’occasion de la présentation de sa liste le 23 février dernier, la maire (UDI) Sophie Joissains a-t-elle annoncé à la presse qu’elle comptait bien le rouvrir dans les années à venir. « On parle du mandat », confirmait-elle, interrogée sur le calendrier.

    C’est qu’au début du mois de février, une pétition avait été lancée en ligne, qui a désormais recueilli plus de 2 000 signatures. « La région d’Aix-en-Provence repose sur un trésor paléontologique, notamment des fossiles de dinosaures », rappelle le texte. Qui s’indigne : « La fermeture de 2014, sans projet tangible de réouverture, ressemble à une confiscation. (…) Sans notre mobilisation, il y a de grandes chances que ce musée reste fermé encore longtemps. » Avant d’interpeller la maire sortante ainsi que l’ensemble des candidats.

    Bataille historique

    Alors la maire sortante reconnaît un « projet culturel qui n’a pas trouvé encore son aboutissement », face aux contraintes financières. Mais désormais, elle évoque trois sites à l’étude pour ressusciter le Muséum : l’un à proximité de la gare TGV, un autre dans l’écoquartier de la Constance et un troisième sur le théâtre antique. En reconnaissant que cela nécessiterait « une aide importante de l’État » pour dégager ces vestiges réenfouis. À ce Muséum, elle veut adjointe les mosaïques romaines découvertes, ainsi qu’un parcours dédié au site expérimental de fusion nucléaire Iter.

    À gauche, ce combat est mené depuis les premiers jours, se souvient le conseiller d’opposition (Parti occitan) Hervé Guerrera, colistier de Marc Pena. « Dès la fermeture, nous avons alerté », raconte-t-il, déplorant que ces collections restent dans les cartons malgré des expositions temporaires. « Ce qui a manqué, c’est une volonté politique de réouverture de musées comme celui-là, comme il a manqué une volonté de mettre en valeur les collections romaines », déplore-t-il. Alors l’élu partage sa volonté de rouvrir le Muséum, ainsi que, enfin, un musée d’Aix antique sur un site commun ou à deux endroits distincts en fonction d’études à mener. Quant au site d’implantation, « nous sommes dans la logique de concerter, de co-construire. Mais la volonté y sera, cela serait fait sur le mandat ».

  • Au Rove, la campagne de proximité de Continuons !

    Au Rove, la campagne de proximité de Continuons !

    Après la présentation de leur liste dans un gymnase comble, les colistières et colistiers de la liste Continuons!, conduite par le maire sortant Paul Sabatino, ont repris le chemin des quartiers. Dépliant « bilan-programme » en main – huit pages consacrées au mandat écoulé et aux perspectives à venir – l’équipe a mené une vaste opération de porte-à-porte. Ce jeudi, ce sont ainsi plus de 2 500 foyers rovenains qui ont été visités par une trentaine d’équipes réparties sur l’ensemble de la commune. À La Vesse ou Niolon comme dans les autres quartiers, les échanges se multiplient : voirie, écoles, sécurité, protection des calanques, mais aussi projets à venir. Autant de discussions qui valident et nourrissent la construction du programme.

    À quelques jours du scrutin, Paul Sabatino défend le bilan d’un mandat inscrit dans la continuité de l’action engagée par Georges Rosso. « Nous avons tenu le cap. Notre action repose sur la proximité, la transparence et le travail », affirme le maire sortant, qui met en avant « une gestion rigoureuse, des finances saines, des investissements utiles et une fiscalité maîtrisée », le taux communal n’ayant pas augmenté depuis douze ans.

    Parmi les mesures annoncées figurent la construction d’un dojo municipal dès 2026, de nouveaux équipements sportifs de proximité, la modernisation des écoles, l’installation de panneaux solaires sur les bâtiments communaux… « Ce programme est réaliste et continuera de s’enrichir au fil des rencontres avec les habitants », conclut Paul Sabatino.

  • Les écoles martégales à l’heure du bilan et des enjeux

    Les écoles martégales à l’heure du bilan et des enjeux

    Ils étaient nombreux jeudi après midi, à la sortie de l’école Robert Daugey, à Croix-Sainte. Côté équipe de Gaby Charroux (PCF), comme du côté du Collectif citoyen martégal et leur tête de liste Frédéric Grimaud (LFI).

    Et les parents d’élèves ont des choses à dire. Comme cette mère, venue chercher son fils Lenny, en grande section, dont l’insoumis est le professeur. « Il faudrait réhabiliter la cour de récréation » estime Laetitia La Fisca, déléguée des parents d’élèves, car « la maternelle est en plein soleil l’été, il fait chaud dans les classes ». Elle pointe aussi des comportements « dangereux » des automobilistes devant l’école, « à 8h30 et à 16h ça dépasse parfois vite » relève-t-elle. Si son vote n’est pas encore certain, « la sécurité sera déterminante ».

    Jolie Kita Nkoko, mère de Junior en petite section, pense aussi à la sécurité, mais se dit « satisfaite ». « Le sport, le volley, l’athlétisme, toutes ces activités sont bien pour les enfants » précise-t-elle. Son choix est déjà fait : « Monsieur Gaby », par « reconnaissance, on m’a bien accueilli et bien aidée », lorsqu’il a été question de régulariser sa situation, étant originaire de RDC. « Mais on peut encore faire mieux côté logement, les dossiers prennent trop de temps », nuance-t-elle.

    André Cortes, martégal depuis peu, est d’un avis similaire. « Ça va, ils sont un peu beaucoup dans les classes et le stationnement est parfois galère mais c’est partout pareil », relativise le père de famille qui ne parle que d’« un seul point négatif : l’absence de clim ».

    Défendre des fermetures

    Le fils d’André Cortes, en CM1, se rappelle des changements de classe en début d’année, provoqués par la fermeture puis la réouverture d’une classe. « C’est bien qu’ils se soient battus », relève André Cortes, en parlant du maire et de son équipe face au rectorat.

    « C’est pour ça qu’on est là, pour continuer à défendre les écoles contre les fermetures de classe », clame Valérie Martos, militante communiste. « Pour aussi être protégés de la dégradation de la politique nationale et des budgets municipaux en baisse », complète sa camarade Jeanine Incorvaïa. Le « bouclier martégal » vanté sur leur tract vend justement la gratuité des activités culturelles et sportives sur le temps scolaire, des classes « vertes rousses et neige », de la garderie du soir « gratuite jusqu’à 18h », ainsi que les « 1,7 million d’euros investis par an dans les écoles pour les entretenir ».

    Prochaine étape, la clim ?

  • À Martigues, cause commune pour des soins de proximité

    À Martigues, cause commune pour des soins de proximité

    À Martigues, la défense de l’hôpital public se fait sur deux jambes. Le maire sortant Gaby Charroux (PCF) est autant à l’aise lorsqu’il s’agit de dialoguer avec les institutions de l’hôpital et de l’État que lorsqu’il s’agit de récolter et rapporter les revendications des syndicats CGT de l’hôpital et alentours, comme le 22 janvier dernier (ci-contre).

    Depuis trois ans les syndicats CGT du golfe de Fos associés à celui de l’hôpital bataillent pour obtenir un plan d’investissement de 170 millions d’euros et la création de 90 emplois statutaires à taux plein, notamment face aux urgences régulièrement saturées lors d’épidémies hivernales. Récemment, l’Hôpital et l’ARS annonçaient un nouveau plan immobilier de 60 millions d’euros, créant un nouveau plateau technique et agrandissant les urgences. Pour le maire, « les investissements sont très inférieurs à ce que nous revendiquions », mais « c’est une bonne nouvelle, mieux que rien, qui invite à ne pas lâcher le combat », estimait-il en début d’année.

    Une participation financière

    Car si la santé est censée être une compétence étatique, le maire communiste de Martigues en fait un cheval de bataille. « 170 000 habitants sont couverts par l’hôpital. La mutation du territoire va augmenter les besoins, cela demande une planification sérieuse y compris en matière de sécurité industrielle et nous avons à cœur de porter ses revendications à l’État », considère l’édile.

    La Ville a déjà financé le nouveau mammographe de l’hôpital. Et pour le prochain mandat, Gaby Charroux compte bien préempter les locaux commerciaux du centre-ville pour y favoriser l’implantation de cabinets médicaux. « C’est un levier » assure-t-il.

  • LFI promet 1 000 logements d’ici l’hiver à Marseille

    LFI promet 1 000 logements d’ici l’hiver à Marseille

    Aux côtés des habitants de Jean-Jaurès (14e) ou de Consolat (15e), l’ex-chef du service de sécurité des immeubles à la Ville de Marseille, Dominique Dias (Vaï !), l’assure : « La jungle dans le logement, c’est fini, pour de vrai ! » Avec ses colistiers de la liste insoumise pour les municipales à Marseille, l’ingénieur d’État présentait à la presse, ce jeudi matin, le programme de Sébastien Delogu face à une crise du logement qui s’est aggravée.

    « La première chose, c’est stop démolitions, on ne signera plus de permis de démolir », lance-t-il. Quitte à perdre les 650 millions d’euros de l’état fléchés sur la rénovation urbaine à Marseille ? « Nous dénonçons de fausses concertations auprès des habitants qui n’ont pas choisi les démolitions, il restera à convaincre l’Anru [Agence nationale pour la rénovation urbaine, Ndlr] qu’il y a un vice de forme », répond Sébastien Delogu, qui promet un rapport de force avec l’état.

    Les Insoumis promettent aussi de construire au moins 6 000 logements par an, dont la moitié en logement social, plus que les 4 500 visés par le programme local de l’habitat. Et de commencer par un « plan d’urgence » : « Mille logements d’ici l’hiver prochain. » La moitié doivent être réquisitionnés, pour d’autres, la Ville se substituerait aux propriétaires de logements en péril pour accélérer les travaux, et la lutte contre les Airbnb sera renforcée avec leur interdiction en résidence secondaire. La brigade du logement mise en place par le Printemps marseillais doit être doublée et un comité populaire du logement mis en place, avec les collectifs d’habitants, pour « évaluer les politiques publiques du logement ». Et les militants insoumis de pointer l’ensemble des bailleurs sociaux, des collectivités. Sans distinction. « à partir du moment où ils rentrent dans l’institution, ils prennent l’habit de l’institution », assume le directeur de campagne, Hedi Bounouar.

  • À Marseille, l’enjeu d’une offre de soins accessible à tous et partout

    À Marseille, l’enjeu d’une offre de soins accessible à tous et partout

    « La santé, même si ce n’est pas une compétence proprement municipale, c’est une priorité de la population. » Michèle Rubirola (EELV), première adjointe au maire de Marseille et déléguée à la santé publique, résume la problématique de la prise en compte des questions sanitaires dans la campagne pour les élections municipales. « L’accès aux soins est géré par l’État, on ne peut pas créer des hôpitaux, des lits… Mais les collectivités municipales peuvent agir sur les déterminants de santé, tout ce qui arrive avant le soin. Là, ça relève de nos compétences, outre le fait de pouvoir favoriser l’accès aux soins », explique-t-elle. D’où la doctrine appliquée lors de son mandat : « Faire de l’aller-vers. » Entendez par-là qu’elle essaie d’agir « en amont des soins ». « Ça commence par quelle alimentation on donne aux petits Marseillais, comment on travaille sur la qualité de l’air à l’intérieur des établissements gérés par la mairie », expose l’ancienne maire. Avec des exemples concrets : « Éviter les perturbateurs endocriniens dans les matières utilisées ou diminuer la présence des voitures
     et donc des émissions – aux abords des écoles avec le dispositif des rues des enfants. »

    Faire de l’aller-vers, c’est aussi « faciliter l’accès aux soins ». Et pour le coup, Michèle Rubirola tente d’allier une approche globale et un travail de proximité. Pour le global, cela passe par un « travail en bonne intelligence » avec l’AP-HM (Assistance publique – Hôpitaux de Marseille), dont elle est présidente du conseil de surveillance. Mais aussi par la création du « premier conseil communal de santé en France ». Une mesure plus que symbolique : « C’est la première instance paramunicipale avec un axe de démocratie sanitaire. C’est un accompagnement permanent de la Ville dans la mise en place de politiques publiques de santé, avec des citoyens, des chercheurs, des professionnels de santé, des associatifs… », développe-t-elle.

    Pour la proximité, elle se targue d’avoir lancé les « Villages Santé », au nombre de 7 éditions. Une initiative, là encore commune avec les institutions en charge de la santé sur le territoire (Agence régionale de santé, CPAM, etc.), et surtout à destination « des publics éloignés des services de santé ». « Souvent, le problème est l’accès à un médecin. Là, on favorise la rencontre puisqu’on amène des professionnels de santé, du service public ou libéraux sur place », explique Michèle Rubirola, prenant pour exemple la tenue de cette initiative à l’Après-M, dans le quartier de Sainte-Marthe.

    Aide au maillage territorial

    Et avec des résultats concrets : « Le centre international de vaccination de Marseille a offert, à toutes les personnes présentes, un bilan complet de l’état vaccinal et une vaccination sur place. » Autres exemples de son envie « d’amener de la prévention » avec les villages santé : « On proposait aussi des dépistages de diabète, des cancers colorectaux, de l’hypertension, de l’aide au sevrage tabagique. » L’adjointe insiste : « On ne fait pas juste du dépistage pour du dépistage, il y avait des professionnels de santé disponibles pour assurer le suivi des personnes. » De quoi faire le lien avec la problématique du maillage territorial de l’offre de soins et la désertification sanitaire de certains quartiers. Là encore, la mairie ne peut pas faire seule mais affiche quelques victoires. « On aide à l’installation d’équipes pluriprofessionnelles de médecins comme à la Bastide Massenet [14e arrondissement, Ndlr], dans un quartier où il n’y en avait pas », conclut Michèle Rubirola.

  • Marseille : trois policiers municipaux suspendus pour corruption passive

    Marseille : trois policiers municipaux suspendus pour corruption passive

    Des interpellations qui interviennent alors que s’est clôturée, ce mercredi, la procédure visant le marché du soleil, avec la convocation de 18 personnes, dont 3 personnes morales, devant le tribunal correctionnel, du 22 au 26 juin, pour « détention, production et vente en bande organisée de marchandises contrefaisante » et « blanchiment aggravé et blanchiment douanier », communique le parquet de Marseille. Début février, une opération avait permis de saisir 206 054 articles contrefaisants, d’une contre-valeur estimée à près de 42 millions d’euros. Depuis le 2 février, le Marché du soleil fait l’objet d’une fermeture administrative. Un autre policier municipal a été entendu sous le régime de l’audition libre, ainsi qu’un fonctionnaire de la préfecture, et tous quatre sont placés sous contrôle judiciaire pour corruption active, passive et trafic d’influence. Selon nos informations, les trois policiers municipaux, âgés d’une quarantaine d’années, renseignaient les commerçants du marché du soleil sur les activités de police en échange de réductions, de vêtements, de baskets contrefaites, des faits dans le viseur des douanes depuis plus d’un an. Sans qu’il n’y ait de contrebande de cigarettes, contrairement aux indications du Figaro. Les trois agents étaient des policiers expérimentés recrutés par la Ville de Marseille entre 2018 et 2019 et issus d’autres polices municipales ou de la gendarmerie. « Dès que nous avons pris connaissance des faits, nous avons pris des mesures conservatoires en attente du jugement », confirme la directrice de la police municipale, Céline Lefléfian. « Il ne faut pas que cela jette l’opprobre sur l’ensemble des agents », ajoute-t-elle, saluant le travail de ses équipes.