Tag: Bouches-du-Rhône

  • « Transit », espace alternatif pour des rencontres et des créations

    « Transit », espace alternatif pour des rencontres et des créations

    Leurs valises bourrées de livres proposaient dans les centres sociaux et culturels des quartiers Nord et pendant des événements comme « Paroles de galère » des titres liés aux luttes du moment, autour du féminisme, des sans-abri, du racisme et de l’anticolonialisme. Quatorze années plus tard, les fondateurs sont toujours actifs au sein d’une association de 15 bénévoles qui gèrent une librairie permanente : « Transit » continue de se déplacer en dehors de ses murs, programme chaque semaine des débats, rassemble plus de 5 000 ouvrages.

    Arrivé à Marseille en 2001, Michel Touzet est l’un des plus constants piliers de Transit. Pendant deux ans, jusqu’à la fermeture définitive de 2009, il fut libraire chez Païdos qui s’était établi en 1996 au 54 cours Julien. Il n’ignore pas qu’une librairie atypique, porteuse d’engagements et d’esprit critique doit surveiller sa ligne de flottaison, consentir toutes sortes de sacrifices pour ne pas subir un découvert bancaire.

    Avant d’avoir élu pour domicile depuis mai 2021, juste après la rue des Abeilles, le 51 boulevard de la Libération, Transit tenait débats au n° 45. Ce fragment de rue est austère et tristounet : il faut identifier la vitrine, lire les dazibao des poèmes qui s’affichent (actuellement Darwich, des écrivaines palestiniennes, la couverture d’un livre peinte par Thomas Azuelos) franchir la porte, scruter les ouvrages, aller vers la mezzanine où figurent des illustrés et des livres pour la jeunesse. Ce qu’on trouve ce ne sont pas seulement des livres de sciences humaines, Frantz Fanon, Rosa Luxembourg ou Edward Saïd, les éditions Agone, la Découverte et La Fabrique : on rencontre de nouvelles problématiques du côté de l’écologie et des minorités sexuelles, les multiples visages et rebonds d’une extrême gauche pas sectaire ni agressive, quelque chose de sobrement « expérimentale ». Cinq ou six fois par mois, des rencontres avec des auteurs et des autrices incarnent les couleurs et les interrogations du moment.

    « Nous sommes les voix de celles qui n’en ont plus »

    Pour l’heure, les employés de Transit sont tous des bénévoles. Les ventes et les commandes auprès des éditeurs ne sont jamais véritablement conséquentes. Les bénéfices engrangés servent uniquement pour renforcer les rayons de la librairie, héberger en hôtel les auteurs qui participent aux débats ou bien se décentraliser dans les quartiers, par exemple pendant les agoras de la Busserine.

    Créer des passerelles et des répercussions en dehors du milieu local – par exemple, avec des vidéos de lectures de poésie palestinienne enregistrées sur place, par la suite envoyées à Gaza – tisser des liens pas seulement avec les lecteurs, mais aussi avec des éditeurs et des écrivains fait partie des priorités de Transit. Présidente de l’association depuis sept ans, Nora Mekmouche est la responsable des éditions Cris-Ecrits. Avec plusieurs proches, Zora Boukenuche, Alain Castan, Elise Debureau, Muriel Modr et Michel Touzet, Nora a participé à la réalisation d’un travail collectif qui fait aujourd’hui partie des long-sellers de la librairie : Transit estime avoir vendu plus de 300 exemplaires du Guide du Marseille colonial que la librairie a coédité avec Syllepse et La Courte Echelle. En complicité avec Soraya Guendouz et l’association Approches Cultures et Territoires, Nora Mekmouche conduit aussi un travail de long cours depuis la parution en 2023 des trois cahiers de la collection Silence Barré qui vient de publier un volume titré Gaza / Voix sous les cendres, un ensemble où l’on retrouve les multiples ressources et connexions de Transit : entre autres, des ateliers d’écriture avec des proches de Noailles, des dessins et des photographies remarquablement maquettés, des participations d’autrices comme Faïza Guène.

    Depuis l’ouverture 55 rue de la Palud, entre Domaine Ventre et rue Estelle, de la BaaM, la Bibliothèque Arabe Associée de Marseille, en interaction avec les éditions Fidel Anthelme X de Frédérique Guétat-Liviani et Le port a jauni de Mathilde Chèvre, une nouvelle donne, d’autres échos et rebondissements, des publications et des traductions consonnent actuellement avec les désirs et les combats de la librairie. Dans ces conditions, on ne s’en étonne pas, la presse locale et hexagonale en a fait l’écho, la haine et l’agressivité du camp adverse ont pris cet hiver pour cible Transit dont la vitrine et le trottoir ont été plusieurs fois maculés de signes néo-nazis. Sur son site, la librairie a clairement répondu que sa volonté était « de rendre audibles et intelligibles les voix étouffées dans le vacarme des voix dominantes » : Transit « lutte contre toutes les formes de racisme, y compris l’antisémitisme et l’islamophobie ».

    51, boulevard de la Libération

  • Jecilla Regad candidate insoumise à la mairie d’Arles

    Jecilla Regad candidate insoumise à la mairie d’Arles

    Jecilla Regad était en 2e position de la liste de la France insoumise en 2020, elle en est désormais la tête de liste pour les élections municipales de 2026. Candidate insoumise « mais pas que, dans une liste ouverte à tout le monde et pour une nouvelle vision de l’action communale », affirme la postulante, pour une « candidature résolument à gauche » avec « la révolution citoyenne, la planification écologique et un plan communal de lutte contre la précarité et des logements dignes » comme ébauche de programme, dont le contenu sera dévoilé « prochainement ».

    L’insoumise place la commune au centre de « nombreux changements » et appelle à « mettre en place de nouveaux outils » pour permettre « l’intervention populaire, abolir les privilèges et la corruption par l’argent », car selon la candidate, « trop souvent les citoyens ne sont pas consultés ou leurs avis ne comptent pas ».

    Exigence programmatique

    Dans une ville qui a vu élire un député d’extrême droite à 48% des voix en 2024, Jecilla Regad rappelle avoir « milité tous les jours pour le Nouveau front populaire », mais affirme « ne pas avoir eu besoin de Bardella pour connaître l’extrême droite, avec les politiques de Sarkozy ou Hollande et sa déchéance de nationalité ». « L’union des partis n’est pas forcément la solution pour combattre l’extrême droite. La solution ne se décidera pas sans des citoyens portant une exigence programmatique », assène la candidate.

    Quant à l’union de la gauche, « nous n’y sommes pas opposés » juge Jecilla Regad, « nous l’avons quitté et ne l’attaqueront pas », rappelant que « les municipales ne sont pas une présidentielle et il suffit de faire 10% pour accéder au second tour ». Présentation de la campagne jeudi 8 janvier à 19h à la salle des fêtes d’Arles.

  • Plus de 400 participants au grand loto de La Marseillaise

    Plus de 400 participants au grand loto de La Marseillaise

    Salle comble pour le traditionnel loto organisé par l’association « Ensemble pour La Marseillaise », 400 participants et amis du journal se sont retrouvés pour honorer le pluralisme de l’information dans une ambiance festive.

    Une célébration qui a commencé par quelques mots de Léo Purguette, président de La Marseillaise : « Je souhaite remercier les bénévoles qui ont rendus possible ce traditionnel loto de Noël », il poursuit : « L’existence de La Marseillaise, issue de la Résistance, est un défi de chaque instant, car notre journal n’est pas adossé aux puissances d’argent. » Pour dire l’importance d’une telle manifestation. Les participants ont pu aussi profiter d’une tombola au profit du Secours populaire, « cela fait quatre ans que nous venons au loto, notre association a toujours besoin d’argent pour acheter des denrées alimentaires ». Et aux deux bénévoles de poursuivre : « On soutient 180 familles, soit près de 500 personnes qui comptent sur nous. »

    De nombreux lots à gagner

    Le gros lot de cette année était un séjour pour deux personnes Baie de Rosas offert par Les Voyages Sabardu, de quoi réjouir les gagnants. L’après-midi de loto s’est déroulé en sept tours, parmi les lots on retrouve des paniers garnis, une télé ou encore des appareils ménagers.

    C’est Sylviane Chiarello, bénévole pour « Ensemble pour La Marseillaise » qui donne le coup d’envoi, premier tour du boulier, c’est le numéro 6, et ils s’enchaînent. « C’est important que je sois là parce que La Marseillaise fait qu’il y a du pluralisme dans l’information », estime Jeanine, une des participantes.

    Et les parties se sont poursuivies dans la joie et la bonne humeur.

  • Jean-Louis Gasset, l’emblématique entraîneur a tiré sa révérence

    Jean-Louis Gasset, l’emblématique entraîneur a tiré sa révérence

    Un grand monsieur au grand cœur a rejoint le paradis du ballon rond.

    Jean-Louis Gasset, ancien milieu de terrain qui a passé la quasi-totalité de sa carrière à Montpellier, avant de se reconvertir comme entraîneur, est décédé vendredi matin à l’âge de 72 ans. « J’ai appris avec une grande tristesse le décès de Jean-Louis Gasset, ancien joueur et entraîneur du Montpellier Hérault Sport Club. Profondément amoureux “de la Paillade” que son père avait cofondé avec Louis Nicollin, il avait accepté de sortir de sa “retraite” il y a quelques mois encore pour reprendre place sur le banc de touche et tenter de sauver le club d’une relégation annoncée », indique Michaël Delafosse, le maire de Montpellier.

    Le club héraultais a rapidement confirmé le décès d’une de ses plus illustres figures. « Le MHSC a appris ce jour avec une immense tristesse la disparition de Jean-Louis Gasset. Fils de Bernard Gasset, l’un des membres fondateurs du club pailladin aux côtés du président Louis Nicollin, Jean-Louis a successivement été joueur, éducateur puis entraîneur de l’équipe à trois reprises, la dernière d’octobre 2024 à avril 2025. »

    De son côté, l’Olympique de Marseille a fait part de « sa grande tristesse » à l’annonce de la nouvelle. « Le club perd aujourd’hui bien plus qu’un entraîneur : il perd un homme de football respecté, un technicien d’expérience, et une figure profondément attachée aux valeurs humaines de ce sport », déclare le club en lui rendant un hommage très appuyé.

    Après avoir commencé sa carrière d’entraîneur à « La Paillade », Jean-Louis Gasset a été l’adjoint de Luis Fernandez à Istres, avant de collaborer avec Laurent Blanc aux Girondins de Bordeaux, au Paris Saint-Germain et en équipe de France. Avec le « Président », l’ancien milieu de terrain a réalisé à quatre reprises le triplé historique « Championnat de France, Coupe de la Ligue, Trophée des champions » (une fois avec Bordeaux en 2008-2009 et trois fois avec le PSG de 2014 à 2016).

    « Avec Laurent Blanc, on a vécu une période positive, on a gagné beaucoup de choses. Il a fait en sorte que les joueurs restent eux-mêmes et puissent s’exprimer. Il imposait très peu de restrictions et il avait un très bon adjoint [Gasset, Ndlr], un type vraiment fantastique », expliquait Zlatan Ibrahimovic en 2018, deux ans après avoir quitté le club de la capitale.

    Dernier carré olympien

    Après avoir obtenu son diplôme d’entraîneur professionnel en 2017, « Papy Gasset » a repris en main Montpellier, Saint-Étienne et Bordeaux en tant qu’entraîneur principal. Il n’est jamais resté plus de deux saisons dans l’un de ces trois clubs. Sa carrière d’entraîneur a connu un nouveau rebond en 2022, lorsqu’il devient le sélectionneur de la Côte d’Ivoire. Il a démissionné de son poste d’entraîneur au cours de la Coupe d’Afrique des Nations 2023, suite à des contre-performances face au Nigeria et à la Guinée équatoriale, alors que les Éléphants ont fini par remporter la compétition à domicile.

    L’OM lui met le grappin dessus dans la foulée, pour assurer l’intérim de Gennaro Gattuso lors de la deuxième partie de la saison 2023-2024, où il emmène les Olympiens jusqu’en demi-finale de la Ligue Europa à Bergame. La saison passée, après avoir annoncé pour la deuxième fois de sa carrière sa retraite d’entraîneur, il a quand même fini par tenter de sauver son club de cœur, Montpellier, d’une descente quasi inévitable en Ligue 2.

    Il n’a finalement pas réussi sa mission, mais cette dernière aventure – alors que le club hongrois de Ludogorets lui a proposé un contrat au mois d’octobre qu’il a décliné, en considérant qu’il avait fait son temps – a démontré, si besoin était, que Jean-Louis Gasset était un homme de défis.

  • La réquisition de médecins à la dernière minute fait débat

    La réquisition de médecins à la dernière minute fait débat

    Du 25 décembre au 4 janvier, 17 médecins libéraux ont été désignés pour assurer des gardes à Aubagne, La Ciotat et Martigues. La préfecture sur sollicitation de l’Agence régionale de santé (ARS) Paca, a pris cette décision afin de maintenir la continuité des soins pendant les fêtes et de limiter la saturation des urgences hospitalières. L’ARS précise aux médias que « les praticiens ont été sélectionnés parmi ceux qui n’avaient pris aucune ligne de garde sur l’année ». Les Bouches-du-Rhône est le seul département de l’Hexagone où plus de la moitié des créneaux de permanence des soins ambulatoires restent vacants faute de volontaires, ce qui a rendu nécessaire le recours à des réquisitions.

    Ces gardes couvrent des plages horaires étendues allant de la journée complète à la soirée uniquement, et permettant de traiter en priorité les patients orientés par le Samu, évitant ainsi des passages inutiles aux urgences. Olivier Reilhes, directeur de la santé publique et environnementale de l’ARS Paca, rappelait dans nos colonnes que la semaine dernière, « 2 000 passages aux urgences pour états grippaux et un peu moins de 500 hospitalisations » ont été recensés.

    Une décision contestée

    Si cette mesure a été jugée indispensable par les autorités sanitaires, certains médecins contestent sa mise en œuvre. Le Dr Jérôme Marty, président de l’Union française pour une médecine libre, explique que la principale critique concerne la temporalité de la décision : « On a attendu le dernier moment pour la faire. Les tableaux de garde sont connus depuis six mois, et il arrive rarement qu’il y ait quelques dates vacantes. Normalement, quand il y a personne, la réquisition tombe bien plus tôt. »

    Malgré ces critiques, la réquisition permet de garantir la continuité des soins pendant les fêtes. Elle est particulièrement nécessaire alors même que les urgences se trouvent déjà fortement sollicitées, notamment en raison de la circulation intense de la grippe et de la bronchiolite.

  • De la catastrophe des Nouvelles Galeries naît le bataillon des marins pompiers

    De la catastrophe des Nouvelles Galeries naît le bataillon des marins pompiers

    Marseille frappée en plein cœur ! Des victimes et des décombres ! La ville en deuil ! L’impuissance des hommes devant la fureur déchaînée des éléments ! » Dans son édition du 29 octobre 1938, Le Petit Provençal multiplie les points d’exclamation. La veille, un incendie d’une rare violence a pris dans le salon de thé des Nouvelles Galeries, au deuxième étage du bâtiment qui fait l’angle entre la rue Scotto et la Canebière, à 14h25. En moins de 15 minutes, c’est le brasier.

    Dépassés, les sapeurs pompiers marseillais, 400 pour un million d’habitants, ne disposent que de 5 autopompes « dont trois démodées peu maniables, d’un rendement nul et pas de transports rapides pour les hommes », la seule voiture avec échelle « n’arrivait pas au-delà du deuxième étage », décrit l’envoyé spécial de Paris-Soir qui pointe l’incurie des services incendies dès le lendemain de la catastrophe. Pire, ils n’ont jamais fait « d’exercice d’ensemble ou d’éducation contre le feu ». Leur capitaine par intérim blessé, le manque de pression d’eau, la foule de badauds que la garde mobile peine à maîtriser, leur compliquent la tâche. L’Amiral Muselier demande le renfort des marins pompiers de Toulon, des hommes viennent prêter main forte de Tarascon, d’Aix, Salon, Avignon, Lyon.

    « Qui commande ici ? »

    Dans la panique, clientes et personnels mourront asphyxiés ou piétinés. D’autres se jetteront par les fenêtres. Le mistral qui souffle en rafales propulse le feu de l’autre côté de l’avenue, le toit de l’hôtel Noailles s’embrase, « heureusement presque vide » note Paris Soir, car l’établissement accueille Édouard Daladier, président du Conseil et des ministres, pour le 35e congrès du Parti républicain, radical et radical socialiste au parc Chanot. Avec le président de l’Assemblée nationale et maire de Lyon, Édouard Herriot, et le ministre de l’Intérieur, Albert Sarraut, il assiste aux opérations de sauvetage. Et s’indigne : « Qui commande ici ? Il n’y a-t-il donc pas de chef, pas un homme pour diriger ? »

    L’incendie ne sera maîtrisé que le lendemain à 7h. On déplore 73 morts. L’origine du feu est accidentelle a tranché le parquet de Marseille. Il aurait pris au premier étage, où se trouvaient de nombreuses bouteilles d’oxygène liquide et « trouvé un aliment exceptionnel dans les toiles goudronnées qui recouvraient les échafaudages », des travaux de réfection… du système incendie étant en cours.

    La sanction tombe dès le 31 octobre, Albert Sarraut annonce l’étatisation du corps des marins pompiers. Dans son discours lors des obsèques des victimes, le 14 novembre, il appelle à une « réponse droite et claire » à la « défaillance de l’acte des hommes dans la prévision du péril et dans les moyens du combat livré à son attaque », dans une ville qui a besoin « d’hygiène physique et morale » indique le Petit Provençal. En janvier 1939, Marseille est mise sous tutelle, le 29 juillet, un décret-loi va donner naissance au bataillon dont une caserne occupe désormais une partie du site où s’est déroulé le drame.

  • Le cinéma, refuge post-Noël dans les Bouches-du-Rhône

    Le cinéma, refuge post-Noël dans les Bouches-du-Rhône

    En ces samedi 26 ou dimanche 27 décembre, les estomacs et les sangs sont peut-être saturés de gras et de sucre. Les cœurs, eux, peuvent être lourds d’avoir entrevu le temps d’un repas de Noël des proches qu’ils ne reverront pas de sitôt. Face à pareilles crises de foie et de blues, pourquoi ne pas aller s’ouvrir l’imaginaire et se faire une toile ce week-end dans certaines salles des Bouches-du-Rhône ? À Marseille, le cinéma le Gyptis, dans le quartier de la Belle de Mai, ne lésine par exemple pas sur les films à destination de la jeunesse. Y est programmé samedi et dimanche un film pour les tout-petits comme La petite fanfare de Noël, qui propage la petite musique de l’hiver venue d’une forêt « fredonnant tout bas la joyeuse cacophonie des petits yétis et la grande fanfare des ours et renards ». Accessible dès 3 ans. Autre film d’animation, cette fois-ci dédié aux 8 ans et plus, Arco suit quant à lui les aventures d’une fillette dénommée Iris qui va devoir aider « un mystérieux garçon tombé du ciel », provenant d’un « futur lointain où voyager dans le temps est possible », à rentrer chez lui. Autant de films aussi programmés au cinéma Les Variétés qui proposera également un sacré cadeau d’après fêtes pour les adultes avec la projection en avant-première, dimanche 28 décembre à 16h, du dernier film de Jim Jarmusch, Father mother sister brother. Couronné du Lion d’or lors de la dernière Mostra de Venise, un triptyque autour des relations intrafamiliales et de leurs turpitudes avec un sacré casting : Tom Waits, Adam Driver, Mayim Bialik, Charlotte Rampling ou encore Cate Blanchett.

    Pour petits et grands

    Du côté de La Ciotat, l’Eden Théâtre ne sera pas non plus en reste. Outre des films d’animation comme Panique à Noël, qui conte la drôle de guerre entre une famille d’humains et de souris pendant les fêtes, ou bien plus sérieux et effrayant, tel que le thriller extraterrestre sur fond de complotisme, Bugonia, le cinéma ciotaden proposera samedi 27 décembre à 18h30 un « ciné-concert burlesque » autour de courts-métrages façon Buster Keaton et Harold Lloyd. Au cinéma La Cascade de Martigues, si des traditionnels films pour enfants seront programmés, l’affiche sera aussi nourrie par des classiques comiques comme Les bronzés font du ski ou encore le petit bijou réalisé par Faih Akin, Une enfance allemande, qui évoque le crépuscule du régime nazi et les jours d’après, dans les yeux d’un jeune Allemand de 12 ans habitant sur l’île septentrionale d’Amrum.

  • Les musées marseillais accueillent les tout-petits

    Les musées marseillais accueillent les tout-petits

    Le Muséum d’histoire naturelle de Marseille a proposé une animation gratuite de fabrication de photophores mercredi 24 décembre pour les enfants âgés de 3 à 6 ans. L’atelier « La fabrique de dame nature » affiche complet, les enfants accompagnés de leurs parents et grands-parents ont été accueillis par Yzabela, chargée d’animation petite enfance. Elle introduit l’atelier : « Vous allez faire un vœu pour dire aux animaux de faire attention. »

    Les enfants s’attroupent autour d’une table, disposée derrière un épais rideau noir au sous-sol du musée. Yzabela, reine des lucioles installe ses invités, des tabliers sont alors distribués, confectionnés à l’aide de morceaux de récupération de fond de vitrine. « Allez ! On y va et j’y vais aussi », lance Yzabela. Ici, tout est permis, les doigts deviennent des outils à la manière des pinceaux.

    Le musée est bien équipé : petits pots en verre, peinture à base de plantes et pompons « magique » en guise de pinceaux. « Les matériaux proviennent à la fois de bons de commande et de récupération, c’est une contribution collective » indique Joëlle Ballester, cheffe de projet au Muséum.

    Une initiative collective

    Yzabela conclut l’atelier par « le serment des gardiens de la nature : je promets de protéger la nature du feu », dit-elle, les enfants lèvent la main droite, puis le répètent. Les petites lucioles sont invitées à adresser un mot ou un dessin pour exprimer leur ressenti, une étape importante pour Yzabela : « Ces mots seront mis dans le cahier d’or et transmis au conseil municipal, notre rôle, c’est de protéger et transmettre. »

    La plateforme en ligne POEM (plateforme des offres éducatives de Marseille) lancé en 2024 propose une sélection d’offres en matière de médiation à destination des enseignants, des éducateurs et animateurs. Ces ateliers tendent à se pérenniser, la Ville de Marseille souhaite développer l’offre culturelle en direction du jeune public, « c’est aussi une demande des visiteurs d’avoir des temps d’accueil dédiés au moins de 6 ans », indique Joëlle Ballester.

    La Ville de Marseille propose deux autres activités avant la fin de l’année, le mardi 30 décembre au Musée des beaux-arts et les 30 et 31 décembre aux Archives municipales.

  • Bonnieu ou l’écologie du vivre-ensemble

    Bonnieu ou l’écologie du vivre-ensemble

    Entre terre et mer. Le sentier pédestre de la boucle botanique de la plaine de Carro offre une combinaison de paysages naturels remarquables, où les tapis d’arbustes de la plaine de Bonnieu contrastent avec l’anse d’Arnette et le reste du front de mer balayé par les vagues, reliés par une unité minérale particulière à la garrigue.

    En ce jour de Noël 2025, nombreux ont fait le choix de parcourir ces terres, sous un ciel nuageux mais bienveillant teinté de bleu. Quelques rayons de soleil ajoutent à ces contrastes naturels quoique compensés par le filtre d’un après-midi d’hiver.

    L’endroit est idéal pour les familles, coureurs et cyclistes, nombreux à se croiser sur le chemin du littoral, partis de l’anse de Bonnieu ou du parking des Arnettes, au choix. D’autres préfèrent l’arrière-pays immédiat, toujours sur le sentier de la boucle botanique. Là où l’odeur épicée des pins exalte Vanille, jeune chienne Cane corso d’un an et demi promenée par sa maîtresse Murielle Clément.

    « J’ai tendance à préférer les chemins isolés car elle est trop sociable et saute sur les gens », explique-t-elle, ramenant sa compagnonne de balade en laisse au pied. Cette Martégale depuis 30 ans remarque que « depuis qu’il y a la route du littoral, il y a plus de gens » à profiter du tracé.

    « Un hotspot

    de biodiversité »

    Cette hausse de fréquentation ne va pas sans questionnements. « Vu que tout a déjà brûlé, il faut protéger ces espaces », selon Murielle Clément. Cette promeneuse ne croit pas si bien dire, alors que près des deux tiers de la boucle botanique sont protégés par un arrêté préfectoral de protection du biotope (APPB) sur sept hectares depuis 2018, étendu à plus de 32 hectares à l’automne dernier.

    « La plaine de Bonnieu constitue une relique de l’ancien delta du Rhône unique en France et abrite une richesse floristique exceptionnelle », peut-on lire sur l’arrêté originel. En l’occurrence, il s’agit de permettre le « maintien et la reproduction des espèces protégées » que sont par exemple l’ail petit moly, la chicorée scabre, les ophrys de Provence et de Bertoloni ou encore le très rare mérandére à feuilles filiformes qui ne pousse qu’à Martigues. Toutes ces petites plantes contribuent à faire de Martigues un « hotspot de biodiversité locale » à forte valeur patrimoniale, selon les mots de l’élu Jean-François Mauffrey l’année dernière.

    Il n’y a pas que des plantes à protéger. Dans les buissons, des petits passereaux traversent les sentiers en planant bas, parfois au ras du sol. À droite, à gauche, des pépiements émanent des fourrés. Logique, la fauvette pitchou est une habituée du secteur, observable toute l’année et quasi menacée selon l’union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Le gravelot à collier interrompu est également présent d’avril à août, classé vulnérable en France et en danger dans certaines régions.

    La protection du biotope repose sur l’interdiction de construire, de franchir la zone en véhicules, par l’installation de barrières de protection délimitant les zones de parking, pour protéger notamment des deux-roues. Si l’arrêté n’a pas de « vocation touristique » selon l’adjointe du quartier Odile Teyssier-Vaïsse (ap. PCF), « la Ville a toujours eu envie de faire connaître sa richesse faune et floristique aux habitants ».

    Les nombreux panneaux renseignant sur les différentes espèces présentes sur le terrain témoignent de cette cohabitation des usages.

  • Une nouvelle page se tourne au tournoi Maurice-Revello

    Une nouvelle page se tourne au tournoi Maurice-Revello

    Après avoir organisé la 50e édition du tournoi qui porte de nos jours le nom de son père, Alain Revello était décidé à passer le flambeau. L’ex-tournoi de Toulon, qui a déménagé principalement dans les Bouches-du-Rhône en 2017, a été racheté la semaine dernière par le Varois Stéphane Abreu (53 ans), président de la société MOVE To Meet, une société toulonnaise reconnue pour son expertise dans l’organisation d’événements en France et à l’international.

    Cette transition marque « la volonté de pérenniser et renforcer l’un des rendez-vous internationaux les plus prestigieux du football de jeunes » et symbolise également « l’alliance stratégique entre une compétition sportive mondialement reconnue et un savoir-faire événementiel de premier plan ».

    La Sud Ladies Cup passe

    à la trappe en 2026

    Stéphane Abreu ne débarque pas dans l’affaire comme un cheveu sur la soupe. Sa société MOVE To Meet était un partenaire privilégié du tournoi Maurice-Revello depuis 18 ans. L’agence assurait notamment la gestion logistique et l’hébergement des délégations participantes. « Le tournoi Maurice-Revello m’accompagne depuis de nombreuses années. J’y ai d’abord été spectateur, puis partenaire hôtelier, avant de devenir prestataire du tournoi avec MOVE To Meet dès 2008. J’y ai découvert un événement d’envergure internationale, porté par des équipes engagées et particulièrement professionnelles. Reprendre aujourd’hui le flambeau est un honneur », souligne celui qui prépare activement l’édition 2026 avec ses équipes.

    Certains changements accompagnent l’arrivée de la nouvelle direction : la compétition débutera un dimanche et se terminera un samedi, pour être « en adéquation avec les attentes des sélections et des diffuseurs », comme l’a expliqué Stéphane Abreu à La Provence.

    Le Toulonnais souhaite également rendre l’événement « plus attractif », en améliorant plusieurs éléments parties prenantes de l’aspect événementiel, son fonds de commerce principal, comme « l’expérience des équipes, les hospitalités » et l’expérience des spectateurs.

    Si le tournoi masculin va revenir à une formule à deux poules de cinq où les deux premiers de chaque groupe s’affronteront en finale, le pendant féminin – la Sud Ladies Cup, créée en 2018 et organisée ces dernières années dans le Vaucluse – ne verra pas le jour en 2026, suite à des pertes économiques qui mettaient en danger l’un de deux plus importants tournois internationaux de la planète.

    Hormis la France, grande habituée de la compétition et tenante en titre, d’autres grandes nations comme l’Espagne ou le Brésil seraient attendues pour cette 52e édition du tournoi Maurice-Revello, qui se tiendra du 31 mai au 13 juin 2026, sur « deux à trois départements », selon Stéphane Abreu.