Tag: Bouches-du-Rhône

  • Cinquième victoire de suite pour les Spartiates

    Cinquième victoire de suite pour les Spartiates

    Plus rien ne les arrête. Les Spartiates de Marseille ont enchaîné un cinquième succès consécutif, vendredi soir à domicile, face aux Ducs d’Angers (4-1). Cette sixième victoire de la saison leur permet de conserver leur deuxième place en Ligue Magnus, avec une longueur de retard sur les Brûleurs de Loups de Grenoble, leur prochain adversaire ce dimanche (18h15).

    Il y avait une petite surprise sur la feuille de match du jour. L’attaquant finlandais Jesper Larinmaa (28 ans), récemment passé par les Gothiques d’Amiens et les Aigles de Nice, a signé vendredi avec le club phocéen, suite aux nombreuses blessures survenues ces dernières semaines dans le secteur offensif.

    Duel fratricide

    Pour cette septième journée face aux Ducs d’Angers, troisièmes au classement de la Ligue Magnus juste derrière les hockeyeurs marseillais avant le coup d’envoi, Oscar Gustafsson et Adel Koudri manquaient toujours à l’appel, sans compter les absences de Maxime Corvez, Teddy Da Costa et Grégoire Gonnard.

    Mais un retour de taille a été annoncé une heure avant le coup d’envoi : celui d’Emil Tavernier. Le jeune attaquant des Spartiates, auteur de trois buts depuis le début de la saison, était présent dans la quatrième ligne phocéenne pour faire face à son frère aîné, Sami, meilleur buteur et meilleur pointeur du championnat. Le benjamin de la fratrie s’est illustré après l’ouverture du score de Timothé Quattrone. Premier round en faveur du Tavernier marseillais.

    MARSEILLE 4 – ANGERS 1

    7e journée de Ligue Magnus

    Tiers-temps : 1-0, 2-1, 1-0.

    Au Palais Omnisports Marseille Grand-Est (4 512 spectateurs)

    Arbitres : MM. Scolari et Peyre

    Buts : Quattrone (16’), E. Tavernier (25’), Ivanov (34’), Gradin (60’) pour Marseille ; Melin (33’) pour Angers

    MARSEILLE : Kasik, Gourdin (g) – Ishida, Coulaud, Spinozzi, Cantagallo, Petersson, Bourgeois (A) – Joubert, Larinmaa, Colotti (C), Gradin, Dair, MacIntyre, E. Tavernier, Ivanov, Dufek (A), Quattrone, Limtong, Nilsson.

    Entraîneur : Luc Tardif

  • « Garamaudo est une nouvelle référence internationale de mosasauridé »

    « Garamaudo est une nouvelle référence internationale de mosasauridé »

    La Marseillaise : En quoi cette nouvelle espèce de mosasauridé – « Garamaudo bauciensis » – est-elle importante ?

    Thierry Tortosa : Elle est définie à partir d’un nouveau spécimen qui constitue une référence taxinomique à l’international pour les mosasauridés vivant en eau douce. Tous les scientifiques qui découvriront un nouveau fossile de ce cousin éloigné du varan contemporain des dinosaures pourront venir le comparer. Jusqu’à présent, il n’y avait qu’une référence de ce type : une espèce découverte en Hongrie. Garamaudo bauciensis est la deuxième, et nous avons la chance qu’elle soit en Provence.

    Que nous apprend-elle sur l’évolution de cet animal ?

    T.T. : Elle montre que les mosasauridés adaptés à l’eau douce sont peut-être plus communs qu’on le pensait. De plus, elle combine des caractères primitifs hérités de formes terrestres et d’adaptations à la vie aquatique. Elle conserve des membres lui permettant de se déplacer sur la terre ferme, mais plus réduits, tandis que la densité élevée de ses os indique une adaptation à la vie en eaux peu profondes.

    Comment cette évolution a-t-elle eu lieu ?

    T.T. : Nous ne connaissons pas assez d’espèces pour le dire. Est-ce que ce sont des mosasauridés marins primitifs qui se sont adaptés à la vie peu profonde en eau douce ? Ou des espèces terrestres qui se sont adaptées à la vie aquatique directement en eau douce ? Durant le Crétacé supérieur, l’Europe est un archipel d’îles et la Provence appartient à une île qui va jusqu’à la péninsule ibérique. Beaucoup d’histoires évolutives sont possibles.

  • [On passe à table] Les huîtres au barbecue, tartare de Wagyu et pomme verte

    [On passe à table] Les huîtres au barbecue, tartare de Wagyu et pomme verte

    La cuisson au barbecue fait partie intégrante de l’identité du restaurant Frangine. Elle est la signature des trois amis qui y travaillent. Pour cette recette, le chef Fabien Resseguier réalise une entrée à partager ou à déguster seul, qui vient tout juste de faire son apparition à la carte du restaurant. Elle est évidemment préparée au barbecue, mais peut facilement être déclinée à la maison.

    Une recette acidulée

    Pour commencer, ciselez votre échalote et émincez la ciboulette. Déposez chacun des ingrédients dans des bols différents. Concassez quelques noix que vous mélangez à l’échalote.

    Pour ouvrir vos huîtres, soit vous les passez au barbecue une trentaine de secondes, soit au four pendant deux minutes si vous n’avez pas de barbecue. Puis sortez-les quand elles sont ouvertes. Décochez-les et réservez.

    Pendant ce temps, coupez trois fines tranches de bœuf Wagyu. Le bœuf Wagyu est un produit noble, une viande très persillée que l’on retrouve chez des bouchers spécialisés et qui est semblable au bœuf de Kobe. Superposez les tranches et coupez le tout en tout petits cubes pour en faire un tartare. Déposez dans un cul-de-poule et ajoutez une pincée de ciboulette et d’échalote. Faites la même chose avec la pomme Granny Smith. La variété de la pomme est importante car elle va apporter un côté à la fois sucré et acidulé à la recette. Ajoutez-la au tartare de bœuf, une pincée de fleur de sel, trois tours de moulin à poivre et mélangez le tout.

    De belles huîtres farcies

    Vient le moment de farcir les huîtres avec le tartare cru. Pour cela, une belle cuillère à soupe dans chacune des coquilles est suffisante. Pour cette étape de la recette, le chef Fabien Resseguier utilise un flambadou, mais à la maison, une poêle bien chaude fera très bien l’affaire. Le but du flambadou est de le chauffer à une très haute température puis d’y insérer le gras du bœuf. Vous pouvez faire fondre le gras à la poêle et le verser délicatement sur les huîtres pour cuire légèrement le tartare. Déposez vos huîtres dans une assiette, ajoutez une pincée de sel et de nouveau un tour de moulin à poivre et servez ! Bon appétit.

    Il vous faudra :

    – 3 huîtres cocktail La Gamen de Normandie

    – Un petit morceau de bœuf Wagyu et son gras

    – Une pomme Granny Smith

    – Une échalote et de la ciboulette fraîche

    – De la fleur de sel et du poivre moulu

    – Quelques noix concassées

  • Nicolas, au service de l’eau des Marseillais

    Nicolas, au service de l’eau des Marseillais

    On est capable de reproduire des pièces en un temps record et de réagir à tout type de situation d’urgence dans les plus brefs délais ». Au milieu de l’atelier de maintenance et de renouvellement de la Société des Eaux de Marseille (SEM), dans le 10e arrondissement de la ville, Nicolas Gelly, responsable d’équipe chaudronnerie, ne cache pas sa fierté du travail qu’il réalise quotidiennement.

    À 32 ans et après 12 ans de travail au milieu des cisailles guillotines, rouleuses et autres machines qui aident à façonner les métaux, le Marseillais de naissance a conscience de faire un travail technique, mais essentiel au réseau d’eau de la cité phocéenne. « Une canalisation qui pète, une vanne qui se casse, une pompe qui lâche… C’est des choses qu’on a l’habitude de remplacer d’urgence. On a même eu des cas où des personnes rentrent en voiture dans des portails de nos installations. Derrière, il peut y avoir un risque de noyade sur un canal », explique-t-il, au centre des 1 000 m2 de l’atelier.

    Car derrière l’eau qui arrive dans les robinets des Marseillais, il y a toute une ingénierie et surtout des petites mains qui construisent des pièces essentielles pour que ça coule de source. « En 4 heures, on est capable de changer une pompe dans les Alpes. Ailleurs, je ne suis pas sûr qu’il y ait cette réactivité. Hydrauliquement, il faut qu’on soit le plus fluide possible », résume Nicolas Gelly. Avant de développer : « Acier, inox, aluminium, PVC, cuivre… Le seul truc qu’on ne travaille pas, c’est le plomb. Il faut être polyvalent, on n’a pas le choix. » Concrètement, les chaudronniers de la SEM sont en capacité de « tout réaliser à partir de rien » grâce à leurs compétences uniques. Et l’expression n’est pas galvaudée : outre la pléiade de pièces techniques, ils ont déjà construit des canalisations « où l’on peut rentrer dedans », mais aussi des productions plus originales comme la réalisation d’un bar à eau ou encore d’un bureau à partir de vieilles pièces. Même les meubles de leur salle de pause sont « faits maison ». « On a créé un tronc de cône [cône dont la partie supérieure a été coupée ndlr], où tout est parfaitement concentrique et harmonieux… Ça nous a pris une matinée de traçage, une après-midi de formage et toute une journée de soudure et d’assemblage », prend-il pour exemple.

    Il faut dire qu’il n’y a pas le droit à l’erreur : « On est obligé d’être ultra précis, ça fait gagner du temps à tout le monde : si on fait des tuyaux correctement, une intervention peut prendre 1 heure, mais si c’est mal fait, ça peut prendre 8 heures ». L’atelier n’est donc pas juste « en amont » de la chaîne, mais en contact avec presque tous les autres services de la SEM. Et les travailleurs ne sont pas juste des artisans experts de leurs mains, mais aussi des cerveaux : « Parfois, on échange pendant deux ou trois heures, à discuter avec des ingénieurs, des exploitants, à réfléchir tous ensemble aux bonnes solutions. »

    Titulaire d’un CAP et d’un bac pro chaudronnerie, Nicolas Gelly a aussi le service public chevillé au corps. « L’impact, c’est pour les gens qui boivent l’eau. Ça peut prendre des proportions monstrueuses : quand il n’y a pas d’eau dans le robinet, les gens sont démunis », martèle-t-il. D’où un sens aigu du devoir : « On se sent comme des pompiers, on se sent utile. Une fois, pendant le Covid, on a remis l’eau dans un grand bâtiment de Saint-Loup, les gens sont allés sur les balcons et ils nous ont applaudis. »

  • Lucien Molino. L’ombre d’une nouvelle guerre

    Lucien Molino. L’ombre d’une nouvelle guerre

    Seule une négociation avec Ho Chi Minh, représentant le gouvernement réel du Vietnam, aurait mis fin au conflit. Le gouvernement français s’y refusait et cherchait en vain une « solution de rechange » avec l’ancien empereur Bao Daï.

    Le 25 juin 1950 débuta la guerre de Corée. Deux États avaient été créés. La Corée du Nord devenait une démocratie populaire tandis que la Corée du Sud était soutenue par les USA et la Chine nationaliste. Dans l’Afrique noire sous domination française, l’agitation grandissait malgré la répression. Il en était de même au Maroc et à Madagascar. En Tunisie, les forces nationales réclamaient la révision des statuts du protectorat imposé par la France en 1881.

    Allions-nous vers un troisième conflit mondial ?

    En 1952, des troubles sérieux éclataient dans toute I’Afrique du Nord, en Algérie notamment, pays qui bientôt entrera dans la guerre de libération. L’Égypte, elle, rompit le traité qui la liait à la Grande-Bretagne et entendit récupérer la zone du Canal de Suez. Quelques mois après, I’ONU dut proclamer |’indépendance de la Libye. Pour la CGT, la lutte pour la paix devenait une question fondamentale. Allions-nous vers un troisième conflit mondial ?

    Les guerres coloniales et notamment la guerre du Vietnam ne pouvaient laisser la classe ouvrière indifférente, elle était directement concernée ainsi que d’autres couches sociales. Dès lors, la lutte pour la paix allait s’amplifier même si elle n’engageait pas spontanément, il faut le reconnaître. Il nous a fallu faire de gros efforts pour convaincre les travailleurs du danger de guerre, démasquer les responsabilités dans les syndicats, surmonter l’apolitisme longtemps entretenu par FO et la CFTC, lier l’action pour la paix aux préoccupations journalières et à la lutte pour les revendications économiques et sociales.

    Les précieux enseignements du 28e congrès confédéral, du 27 mai au 1er juin 1951, font que je garde de ce congrès un souvenir inoubliable. Ce fut d’abord le congrès de mon élection au bureau confédéral qui m’a permis de travailler avec un militant remarquable dont les conseils me furent très utiles pour mes nouvelles tâches, Benoît Frachon. Il me disait souvent : « Premièrement, avoir une confiance absolue en la classe ouvrière, en la possibilité de la conduire à la victoire. Deuxièmement, la clarté dans la formulation des revendications et des mots d’ordre. Troisièmement, la plus importante, l’unité de la classe ouvrière et enfin le renforcement dans tous les domaines de la CGT qui est une condition du développement et du succès des luttes. » Ce qui me marqua dans son discours d’ouverture, ce fut tout ce qui concernait les luttes pour la paix, pour les libertés. Les luttes pour l’indépendance nationale et les luttes pour les revendications se trouvaient de plus en plus mêlées.

    à suivre la semaine prochaine…

  • Marseille en rose : entre sport et solidarité

    Marseille en rose : entre sport et solidarité

    Après une édition 2025 record qui a vu l’Institut Paoli-Calmettes recevoir un chèque de 11 000 euros pour la recherche médicale contre le cancer du sein, l’association Marseille en rose organise en ce mois d’octobre dédié au dépistage des cancers féminins une course et une marche à pied dimanche 4 octobre. Pour rappel, tous les bénéfices de l’événement sont reversés à l’institut. La course enfants ouvrira la journée avec un départ à 9h, ensuite une course qui réunira 1 150 personnes et une marche avec environ 500 personnes pour les adultes démarrera à 10h.

    Symbole d’inclusion

    L’événement, en partenariat avec de nombreux organismes en rapport avec la santé dont l’AP-HM, va compter parmi ses coureurs plusieurs femmes atteintes du cancer du sein. « On a invité une dizaine de femmes actuellement en chimiothérapie à courir gratuitement. L’idée c’est de pouvoir les inclure pour qu’elles fassent du sport et contribuent à la cause », détaille Richard Taillandier, président de l’association Marseille en rose.

    En plus des trois courses proposées, un village animé par des partenaires du domaine médical sera présent avec plusieurs activités comme par exemple des bustes d’autopalpations pour prévenir des risques du cancer du sein. Un engagement bénévole qui pour Richard Tallandier, ne cesse de grandir : « On veut continuer même si ça nous prend beaucoup d’énergie, notre récompense c’est de voir tous ces sourires. Tous les ans on prend du volume au niveau des dons avec l’ambition d’avoir de plus en plus de coureurs. »

  • Un air de Corse à la Foire de Marseille

    Un air de Corse à la Foire de Marseille

    Gastronomie, musique, voyages, culture et vie associative s’y côtoient, dans un espace où l’on vient aussi bien retrouver des saveurs familières que satisfaire sa curiosité.

    Au fil des stands, la charcuterie corse et la bière Pietra occupent leur place parmi les spécialités à découvrir. Les compagnies maritimes la Méridionale et Corsica Linea sont également présentes : de quoi évoquer une prochaine traversée… La musique accompagne et contribue à faire du village un lieu vivant où l’on prend plaisir à s’arrêter et à échanger.

    C’est dans ce cadre que notre équipe vous accueille sur le stand partagé avec la Maison de la Corse, la Fédération des groupements corses.

    Vous pouvez encore vous y procurer notre dernier magazine Kallisté, découvrir les sujets abordés et discuter avec nous.

    Un village corse
    pour prendre contact

    Ces rencontres sont aussi l’occasion de recueillir vos impressions, de parler d’un article ou de faire connaître une histoire, une personnalité qui mériterait d’être mis en lumière. Une revue se construit avec celles et ceux qui la font mais aussi avec ses lecteurs et leurs idées ! `

    Le stand permet également de découvrir les activités proposées par les associations de la Maison de la Corse. Vous souhaitez apprendre le corse ? Vous pouvez vous renseigner et vous inscrire à des cours auprès de l’association concernée. Vous cherchez à retrouver vos racines ou à entreprendre des recherches généalogiques ? Là aussi, les échanges sur place permettent de prendre contact avec l’association qui se consacre à ces questions.

    Cette présence associative donne au village corse toute sa dimension : aux côtés des produits et des voyages, elle fait une place à la langue, à la mémoire et à la transmission.

  • Les maisons des syndicats, un combat actuel

    Les maisons des syndicats, un combat actuel

    Bagnols-sur-Cèze, Arles, Tarascon, Carcassonne, Béziers… Dans le sud de la France les menaces pèsent sur les Bourses du travail. Sans surprise, la maire RN de la cité gardoise veut chasser les syndicats de leurs locaux. La maison des syndicats de Tarascon est aussi menacée. Là aussi, le maire RN a mis fin à la convention d’occupation des locaux par la CGT et FO notamment.

    Mais comme l’explique à La Marseillaise Myriam Lebkiri, secrétaire confédérale de la CGT, « de plus en plus, dans des mairies qui ne sont pas RN, on retrouve le même genre de décision. On voit que l’intérêt général du syndicalisme est complètement nié un peu partout » . C’est le cas à Arles où la Bourse du travail est ouverte depuis 1900. Le maire Horizons veut expulser la CGT. La secrétaire générale de la Confédération, Sophie Binet, est venue apporter son soutien en septembre. Déjà en 2024, à l’occasion des 27e Rendez-vous de l’histoire, à Blois (Loir-et-Cher), une carte blanche avait été donnée à l’Institut CGT d’histoire sociale (IHS). L’institut avait choisi pour thème « les Bourses du travail d’hier à aujourd’hui » Lors de son intervention, Sophie Binet avait déclaré que les Bourses du travail « sont un enjeu de lutte aujourd’hui car il y a une rupture entre le monde politique et celui du travail. L’histoire ouvrière a largement été invisibilisée en France. Conserver et faire vivre les Bourses du travail c’est se réapproprier son histoire ». C’est ce qu’explique également Sylvie Brunol, présidente de l’IHS de l’Hérault.

    Un message entendu par le maire de Montpellier Michaël Delafosse (PS) qui entend construire une maison des syndicats. « Le maire veut faire un contre-exemple aux villes d’extrême droite où les Bourses du travail sont attaquées », résume Mathieu Guy de l’Union départementale CGT de l’Hérault. Faire de Montpellier l’antithèse de Carcassonne, Béziers, Bagnols-sur-Cèze ou Arles, voilà un engagement qui plaît aux organisations. « C’est tout à son honneur d’être dans cette démarche », salue Mathieu Guy.

    En février 2026, la CGT avait lancé une campagne pour les libertés syndicales sous le mot d’ordre « Pas de conquêtes sans libertés syndicales ». Parmi les revendications celle de « sanctuariser » les Bourses du travail. « Les Bourses du travail sont inscrites dans une tradition de service à la population ouvrière avec une mission d’utilité publique pour le syndicalisme. Le droit actuel repose sur une simple faculté pour les collectivités (« peuvent mettre »), ce qui a conduit à une multiplication des expulsions ou des suppressions de subventions pour des raisons purement politiques. » Un rapport met en évidence « que l’isolement des militantes est la première étape de la répression ». Les Bourses du travail sont autant de « base arrière » notamment pour les salariés des TPE-PME et les travailleurs isolés, souligne encore la CGT. Sur le plan législatif, LFI avait déposé une proposition de loi, en 2025, pour garantir aux syndicats l’usage de locaux dédiés.

    Les travaux de l’historienne Danielle Tartakowsky éclairement l’importance des Bourses du travail. Dans son ouvrage Les syndicats en leurs murs, Bourses du travail, maisons du peuple et maisons des syndicats (Ed. Champ Vallon), la professeure émérite d’histoire contemporaine évoque ces lieux « qui magnifient la dignité du travail ». Un patrimoine vivant.

    REPÈRES

    1887

    est l’année de création des Bourses du travail avec l’inauguration de celle de Paris le 3 février 1887. Après Paris, la Bourse du travail de Nîmes est rapidement créée.

    1884

    est l’année où sont légalisés les syndicats professionnels qui vont donner naissance aux Bourses du travail, des lieux, dans un premier temps, qui permettent l’embauche.

    1900

    marque l’ouverture de la Bourse du travail à Arles. Un combat est mené par la CGT pour y rester.

  • L’appel mis à mal en matière prud’homale

    L’appel mis à mal en matière prud’homale

    Par la section Marseille du SAF

    Le double degré de juridiction permet à tout justiciable insatisfait par une décision rendue en première instance de soumettre son affaire à une seconde juridiction afin qu’elle soit intégralement réexaminée. En matière prud’homale, environ deux jugements sur trois font l’objet d’un appel, un taux nettement plus élevé que pour le reste de la justice civile, cette situation s’expliquant non seulement par la forte conflictualité des litiges et la présence d’enjeux financiers souvent élevés mais également en raison de la composition paritaire de cette juridiction, les décisions étant par principe rendues par des conseillers –employeurs ou salariés– non professionnels du droit. Le taux de réformation (partiel et total) des décisions de première instance est par la suite également élevé –environ 70%–, mettant en lumière l’importance du double degré de juridiction dans cette matière.

    Multiplication des décisions répressives

    Pourtant, le même constat est partagé par de nombreux avocat.e.s de droit social : le droit à l’appel en matière prud’homale est aujourd’hui largement mis à mal. Au-delà des délais parfois délirants d’audiencement qui découragent de nombreux salariés de faire appel (actuellement environ 4 ans devant les Chambres sociales de la Cour d’appel d’Aix-en-Provence), les avocat.e.s travaillistes observent plusieurs tendances récentes particulièrement inquiétantes.

    La première est la multiplication et la hausse des condamnations des parties perdantes (ou succombant au principal) à verser à la partie adverse des frais irrépétibles (frais prévus par l’article 700 du Code de procédure civile au titre du remboursement des frais engagés pour assurer sa défense). Le montant des condamnations atteint parfois plusieurs milliers d’euros, et ce, y compris pour des salariés bénéficiaires de l’aide juridictionnelle, cet outil semblant être utilisé par certains magistrats comme une véritable mesure de sanction, prononcé souvent en violation manifeste du principe d’équité pourtant visé à l’alinéa 4 de l’article 700 du CPC.

    La seconde est la multiplication des décisions répressives de la part de certains juges n’hésitant pas à faire état dans leurs arrêts de leurs positions clairement pro-employeurs –en violation cette fois, du principe d’impartialité de la justice– et distribuant les condamnations à des dommages et intérêts pour procédure abusive (article 32-1 du CPC), un mécanisme pourtant réservé aux procédures dilatoires et abusives les plus graves. Les justiciables salariés subissent une véritable rupture d’égalité en fonction de la chambre devant laquelle ils sont jugés. Cette situation crée un effet dissuasif et un frein à l’appel pour les justiciables, notamment salariés, qui n’ont souvent pas les ressources financières pour s’exposer à de tels risques, portant une atteinte directe au droit au recours.

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