Tag: Bouches-du-Rhône

  • Lolassonn Djouhan verra la finale, Wilkes l’espère aussi

    Lolassonn Djouhan verra la finale, Wilkes l’espère aussi

    La France et même les Bouches-du-Rhône seront représentés lors de la finale du lancer du disque des championnats d’Europe d’athlétisme. Lolassonn Djouhan, 35 ans désormais, a réussi à s’extirper des qualifications ressemblant fortement à un bourbier.

    « Enfin ! » a dû se dire Lolassonn Djouhan après la qualification du lancer du disque. Le discobole licencié à Martigues avait buté à ce stade de la compétition lors des derniers événements internationaux et voulait briser cette malédiction. Peu en confort avec ces épreuves souvent disputées le matin, « trop tôt pour pouvoir réveiller le corps d’un lanceur », nous avait-il dit la semaine passée. Cette fois, il a également tremblé mais a assuré sa place en finale avec un dernier jet à 63m10 et la 2e place du groupe de qualifications A. Seul l’ancien champion du monde suédois Daniel Stahl est allé plus loin dans la matinée de mardi.

    « J’espérais que tout se passe bien et grâce à Dieu, ç’a été le cas. Il fallait être combatif jusqu’au bout et surtout je voudrais dire merci à ma coach et toute l’équipe autour de moi. C’est la première fois que j’arrive dans un concours serein, à tête reposé donc ça donne de belles choses », a-t-il témoigné au micro de France Télévisions. L’homme semblait apaisé, sur son petit nuage et a même eu l’opportunité de saluer son fils, Jules. Après son dernier lancer, il a serré les poings et levé les bras, satisfait d’enfin passer ce cap important. Tout est possible lors d’une finale, où il faut entrer dans le top 8 pour obtenir six essais.

    Pour cette édition 2026 des championnats d’Europe, la finale du lancer du disque se dispute non pas le lendemain, mais deux jours après les qualifications. Le natif de Montargis jouera les médailles, ce jeudi, à partir de 21h45. Ce sera seulement 16 minutes après le départ de la finale du 3 000 m steeple féminin. La jeune Vauclusienne Clara Entresangle, 21 ans, en sera, tout comme deux autres Françaises : la championne d’Europe en titre Alice Finot et Flavie Renouard.

    Wilkes, prochain provençal en piste

    Entresangle s’est fait peur lors du premier tour avec une chute en franchissant une rivière. Le rythme moyennement élevé lui a permis de recoller directement au groupe de tête et de terminer dans les 8 premières places (5e), synonyme de qualification.

    Ce mercredi, c’est un autre membre du Martigues Sport Athlétisme qui entre en piste. Thomas Wilkes débute directement en demi-finales, étant top 12 européen sur sa discipline de prédilection, le 110 m haies. Sa première aventure avec l’équipe de France élites, à tout juste 22 ans, se lancera à 20h55, heure française. Avant une potentielle finale à 22h47, clou de la 3e soirée du rendez-vous en terres anglaises.

  • [Entretien] MagicQueen, «On est très heureux de participer à cette Tournée d’été»

    [Entretien] MagicQueen, «On est très heureux de participer à cette Tournée d’été»

    Le groupe, présent depuis cinq ans dans le Sud de la France, interprétera mercredi des chansons de Queen, groupe de rock anglais des années 1970 emmené par son emblématique chanteur Freddie Mercury. Un programme prometteur pour l’avant-dernière soirée de la Tournée d’été La Marseillaise avant une dernière date le vendredi 28 août au parc de Font Obscure, avenue Prosper Mérimée dans le 14e arrondissement à Marseille.

    La Marseillaise : Quel show allez-vous présenter ?

    Lesly Mantei : C’est un hommage entièrement dédié au groupe Queen qui dure 1h45. On s’est inspiré des concerts live, mais on essaie de rendre un hommage propre et subtil au groupe. Durant ce concert, on va interpréter tous les grands tubes de Queen : «I Want To Break Free», «A Kind of Magic», «Bohemian Rhapsody», «We Are The Champions».

    Comment avez-vous connu le groupe Queen ?

    L.M. : Je les ai connus quand j’étais enfant, grâce à mon père. Il m’a montré le concert de Wembley en 1986, c’était l’un de ses derniers concerts avant que Freddie Mercury ne meure en 1991. Je n’arrêtais pas de me dire : « Qu’est-ce que c’est que ça ? » Ça m’a estomaqué, depuis, je suis resté fan.

    Est-ce qu’il y a une musique que vous préférez interpréter ?

    L.M. : « Bohemian Rhapsody », parce qu’on a fait en sorte que tout soit en live. On a vraiment travaillé pour avoir une identité musicale assez marquée. On chante tous les cinq, on a arrangé les voix, on a bossé sur beaucoup de morceaux, mais celui-là plus que les autres. Et personnellement, c’est la première que j’ai essayé de chanter quand j’étais plus jeune.

    Qu’est-ce qui vous a motivé à participer à la tournée d’été de La Marseillaise ?

    L.M. : On est tous du Sud de la France, entre Toulon et Marseille. Pour nous, c’était important de chanter dans notre région. Le sonorisateur connaissait La Marseillaise, on a appris que c’était une sacrée scène. On est très heureux de participer à cette tournée.

    Est-ce qu’interpréter des chansons de Queen permet de tisser un lien particulier avec le public ?

    L.M. : Le groupe aurait eu plus de 70 ans aujourd’hui. Mais grâce au film qui a permis de faire connaître Queen aux plus jeunes, les chansons continuent de toucher toutes les générations. Quand on fait un concert, c’est toujours agréable de constater qu’on arrive à rassembler des gens de tous âges.

    Propos recueillis par Gabrielle Cartellier

    Tournée d’été La Marseillaise à Martigues, quai Jean Verandy, le mercredi 12 août, à partir de 20h30.

  • La nouvelle passerelle de la gare de Miramas est accessible aux voyageurs

    La nouvelle passerelle de la gare de Miramas est accessible aux voyageurs

    Des grillages métalliques entourent les pieds de la passerelle. Les travaux de la gare de Miramas ne sont pas tout à fait terminés, mais la nouvelle infrastructure est accessible depuis ce mardi 11 août. Valises à la main, un couple de Miramasséens appelle l’un des quatre ascenseurs qui desservent les quais. « C’est sûr que ça met plus la gare en valeur que le passage souterrain un peu lugubre qu’on avait avant », commentent-ils.

    Pour eux, ce nouvel ouvrage de 75 mètres de long qui surplombe les voies est enfin à la hauteur du pôle de mobilité, qui voit chaque jour près de 110 trains transiter. Chaque année, 800 000 voyageurs passent par la commune construite autour de son réseau ferroviaire. « L’objectif, c’est de passer à 1,5 million d’ici 2030 », révélait Jérôme Bini, directeur régional des gares Sud au sein de la SNCF, lors de la pose des piles de la passerelle en janvier dernier.

    Près de 27 millions investis

    Venue regarder passer les locomotives avec son fils Kenaël, Sabrina assure : « La gare est toujours pleine, parce qu’on est bien desservis : on peut aller à Paris en TGV, à Marseille ou à Avignon. C’est rare pour une petite commune de 26 000 habitants ».

    Les 26,83 millions d’euros investis par la Métropole (7,62), la Région (11,3), l’État (5,65) et la SNCF Gare et Connexions (2,26) doivent donc améliorer le service pour les usagers, qu’ils soient des habitués ou qu’ils fassent partie des nouveaux voyageurs. Reste encore à végétaliser les quais, qui ont été rehaussés, et à installer le nouveau mobilier. « Ces travaux sont une bonne chose pour les personnes en fauteuil roulant, les quais et les trains sont plus accessibles », souligne Sabrina.

    La Miramasséenne note aussi l’amélioration de la desserte du centre-ville : « Il n’y a plus besoin de faire le tour de la gare pour aller des quartiers nord aux quartiers sud ». Alors qu’ils attendent leur train, le couple de deux retraités fait remarquer : « La mobilité progresse dans toute la ville : nous, on a pris le BHNS (Bus à haut niveau de service) pour venir à la gare, et ça fonctionne vraiment bien ! »

  • Sur le boulevard Rabatau à Marseille, la voiture va enfin laisser une place au vélo

    Sur le boulevard Rabatau à Marseille, la voiture va enfin laisser une place au vélo

    Le boulevard Rabatau est en travaux. La Métropole Aix-Marseille-Provence a engagé la semaine passée un chantier de réaménagement entre le square Paul-Mélizan et la place du Général-Ferrié. Une opération à 2,7 millions d’euros qui doit s’achever au printemps 2027 avec l’objectif affiché de « redonner de l’espace aux mobilités douces et améliorer le cadre de vie des habitants » et sécuriser les abords de l’école Teisseire.

    Piste cyclable bidirectionnelle

    Sur près de 400 mètres, soit un peu plus de la moitié du boulevard, une voie de circulation sera supprimée pour créer une piste cyclable bidirectionnelle de trois mètres de large, séparée de la chaussée. Le projet prévoit aussi une réorganisation du stationnement, l’installation de 40 arceaux à vélos, la désimperméabilisation de certains espaces et la plantation d’arbres autour du square. La Métropole précise que les accès aux logements et aux commerces seront maintenus pendant les travaux.

    Au-delà du réaménagement de voirie, le tronçon concerné par l’opération à la particularité de s’inscrire dans la ligne cyclable n°5 dite « Nord-Est ». Destinée à relier les plages du Prado à Château-Gombert, elle est intégrée au Plan vélo de la Métropole adopté en 2019 pour structurer un réseau sécurisé à l’échelle du territoire. Or sept ans après son lancement, le déploiement du Plan vélo est toujours au ralenti et emprunter son tracé relève de l’exercice à trous.

    Il y a sept ans, la Métropole s’était engagée à doubler la part modale du vélo grâce à un investissement de 60 millions pour la création progressive d’un vaste réseau cyclable de seize grandes lignes représentant plus de 280 kilomètres, à l’horizon 2030. Huit traversent Marseille. Mais comme le note le collectif Vélos en ville qui suit l’avancement du programme avec son observatoire du Plan vélo, seuls 47 kilomètres ont à ce jour été réalisés, soit 39% du total.

    Les critiques portent moins sur l’ambition du plan que son exécution, car plusieurs tracés structurants, destinés à offrir des continuités cyclables sécurisées dans une ville pensée pour l’automobile, peinent à voir le jour. Rabatau illustre bien cette situation. Axe majeur du sud marseillais, très fréquenté et marqué par une circulation dense, il ne compte aujourd’hui qu’une « bande cyclable à hauteur de trottoir » sur 463 mètres entre le rond-point du Prado et le square Paul-Mélizan où elle se termine sèchement.

    Les travaux engagés devraient permettre de la connecter à d’autres aménagements déjà réalisés. Il sera en effet possible de rejoindre en sécurité la ligne 3 qui traverse la place du Général-Ferrié le long du nouveau tracé du tramway entre Dromel et Castellane, ouvert en 2025. Ils permettront aussi de se rapprocher de la ligne 5 dont la portion la plus aboutie a vu le jour sur le Jarret entre 2020 et 2022, avec les réaménagements des boulevards Maréchal-Juin, Sakakini, Françoise-Duparc et Jean-Moulin : une piste cyclable qui n’avait alors pas été raccordée à la place du Général-Ferrié.

  • Le Roucas de Vitrolles, un piton qui nécessite d’être conforté

    Le Roucas de Vitrolles, un piton qui nécessite d’être conforté

    Pour l’atteindre, il faut accepter de gravir pas loin de cent marches taillées dans l’imposant piton rocheux qui domine le vieux village de Vitrolles. À l’arrivée, c’est une double récompense : d’abord cette vue imprenable et contemplative sur l’étang de Berre et jusqu’à la Sainte Victoire. Ensuite deux monuments chargés d’histoire à découvrir : la Tour Sarrasine et la chapelle Notre-Dame-de-Vie.

    « Dès le Ve siècle, la situation privilégiée du Roucas de Vitrolles en fait un lieu de refuge et d’observation afin de se protéger des invasions barbares ou sarrasines. Mais la chapelle Notre Dame de Vie et la Tour Sarrasine n’ont été bâties toutes deux qu’entre le Xe et XIe siècles probablement après le départ des Sarrasins de Provence » décrit la Fondation du Patrimoine qui avec la Mission Patrimoine de Stéphane Bern soutient les travaux de sauvegarde et de restauration portés depuis plusieurs années par la mairie.

    Pour l’heure, la commune programme des travaux de confortement de son rocher pour réduire le risque de chutes de blocs. Le rocher qui culmine à 25 m de hauteur fait jusqu’à 75 m de long et 20 m de large, bénéficie déjà d’ouvrages de protection. Pour autant, de nombreuses instabilités ont été relevées sur les faces du rocher, notamment de gros pans de falaise décomprimés.

    « Un aléa très élevé

    de chute de pierres »

    « La face ouest la plus affectée présente 44 instabilités identifiées dont 15 à aléa élevé à très élevé. 4 des instabilités potentielles identifiées sont des pans de falaises volumineux et problématiques » énonce un rapport d’étude géotechnique qui a conclu en novembre 2025 à « un aléa très élevé de chute de pierres au droit de toutes les falaises. Un aléa variable, au cas par cas, d’écroulement de blocs, chandelles, voire de pans de falaise de volume important ».

    Ces risques exposent à des degrés divers la stabilité de la tour sarrasine, de la chapelle, la route en pied de falaise, quatre habitations, les piétons, le parking. Le rapport prescrivait d’interdire l’accès aux talus, de renforcer les mesures d’information « en insistant bien sur le risque accru pendant les périodes pluvieuses ». Il était demandé une surveillance instrumentée pour s’assurer de l’absence d’évolution d’un pan rocheux représentant une masse de 344 tonnes d’aléa élevé.

    C’est pourquoi la commune a lancé un marché public de réalisation de travaux de « réduction du niveau de risques » afin de conjurer ces risques liés à l’érosion naturelle de la falaise. Il prévoit la réalisation d’études géotechniques, l’exécution de mesures préventives telle que la pose de 5 fissuromètres électroniques connectés à des balises d’alerte au droit des instabilités critiques. Les premiers travaux consisteront en des opérations de débroussaillage, de purges manuelles et mécanisées par des cordistes des éléments les plus instables et les plus déconsolidés. Il est prévu la projection de béton projeté fibré et teinté et l’entretien des ancrages déjà installés. Des nappes de grillages et des barres d’ancrage seront posées. Des filets à haute limite élastique viendront recouvrir les falaises de la face sud et une partie de la face est du rocher de Vitrolles pour stopper les chutes de pierres et de blocs de faible volume et d’être le moins visible.

    Le risque résiduel de chutes de pierres et de blocs de faibles volumes reste encore possible après les travaux. C’est pourquoi sur la base de scénarii trajectographiques de chutes simulées, il est prévu de construire des parois de soutènement en béton cloué, de poser des écrans pare-blocs au pied du talus en face nord.

  • [Entretien] Rémi Giuitta, président des BYers : « Nous avons perdu cette capacité à être un groupe de combattants »

    [Entretien] Rémi Giuitta, président des BYers : « Nous avons perdu cette capacité à être un groupe de combattants »

    La Marseillaise : Vous sortez d’une saison réussie sur le plan sportif, avec une deuxième place en championnat, même si l’aventure s’est arrêtée en demi-finale d’accession à l’Elite 2. Quel bilan tirez-vous de cette saison ?

    Rémi Giuitta : Je pense qu’on avait le talent, une équipe équilibrée et les moyens d’atteindre notre objectif, même si certaines blessures importantes, notamment celle de Sadio Doucouré, ont pesé sur notre équilibre. Mais au-delà de l’aspect individuel, ce qui nous a manqué, c’est surtout la dimension collective. En Nationale 1, le talent ne suffit pas : l’engagement, la cohésion, la solidarité et la dureté défensive sont des éléments déterminants. Nous avons parfois su retrouver ces valeurs, mais nous nous sommes aussi trop appuyés sur nos qualités individuelles au détriment de notre force collective. Cette combativité et cette envie de faire les efforts ensemble, font pourtant partie de l’identité du club. Par moments, nous avons perdu cette capacité à être un vrai groupe de « fighters ». Avec plus de constance dans cet état d’esprit, je pense qu’on aurait pu atteindre notre objectif.

    Votre aventure vers la montée
    a été stoppée par Mulhouse. C’était, selon vous, une marche encore trop haute à gravir
     ?

    R.G. : Sans manquer de respect à Mulhouse, qui reste une très belle équipe, la marche était haute en termes de valeur collective. En revanche, sur le papier, nous avions un effectif plus riche, avec davantage de profondeur et de qualités individuelles. Mais la différence ne s’est pas faite uniquement sur le talent. Elle s’est faite sur la cohésion, l’envie, la dureté et la force mentale. C’est justement dans ces domaines que Mulhouse a su se démarquer, en affichant une vraie identité collective. À mes yeux, c’est ce qui leur a permis d’être au-dessus de nous et de prendre l’ascendant sur d’autres équipes.

    La construction de cette nouvelle saison a pris un peu plus de temps que prévu. Quelles ont été les principales étapes avant de pouvoir véritablement lancer
    le projet sportif
     ?

    R.G. : La construction de la nouvelle saison s’inscrit dans un contexte particulier. Il a d’abord fallu attendre la mise en place de la nouvelle collectivité à Fos-sur-Mer afin de définir une nouvelle feuille de route et partager une vision commune autour du club. Cette période nous a permis de clarifier notre budget, nos ambitions et notre stratégie avec l’ensemble de nos partenaires publics et privés, tout en consolidant l’écosystème autour du club. Ce travail de fond explique aussi pourquoi la construction sportive a débuté plus tardivement. Après une fin de saison en play-offs, le temps était limité, et il était nécessaire de poser des bases solides avant d’écrire un nouveau chapitre sportif. Je connaissais bien sûr les rouages du club, puisque j’avais déjà occupé des fonctions très larges par le passé aux côtés de Jean-Pierre Barnès. Mais malgré cette connaissance de l’environnement, certaines choses demandent du temps à être maîtrisées. William Raffa et Guy Christophe, qui étaient déjà présents les saisons précédentes, avaient également un rôle important dans le fonctionnement quotidien du club. Il a donc fallu assurer une transition, prendre le relais progressivement et s’inscrire dans une continuité.

    Vous avez nommé Abgué Barakaou pour succéder à Emmanuel Schmitt sur le banc de votre équipe fanion. Qu’est-ce qui a motivé votre choix, alors que le technicien suisse a eu de bons résultats
    la saison passée
     ?

    R.G. :Manu (Schmitt) n’était plus sous contrat, il ne s’agit donc pas d’une séparation à proprement parler. Le seul joueur encore engagé était Mounir Bernaoui, dont le départ s’est fait à sa demande. L’ensemble de l’effectif était donc en fin de contrat. Après le constat dressé sur la saison, nous avons choisi de replacer « l’identité BYers » au cœur du projet avec Abgué, qui connaît parfaitement le club et incarne cette culture collective. Ce n’est pas une volonté de changer d’équipe chaque année, car la stabilité reste une valeur forte du club. Mais le contexte nous a amenés à insuffler une nouvelle dynamique, certains joueurs ayant aussi souhaité relever de nouveaux défis. Ce choix relève donc davantage d’une orientation stratégique liée aux exigences de la Nationale 1 que d’une remise en cause du travail de Manu, dont les qualités sportives et humaines ne sont pas en question. Finir deuxième et perdre en demi-finale des play-offs relève davantage de la déception que de l’échec.

    Et concernant les joueurs ?

    R.G. : Nous avons intégré trois jeunes au groupe professionnel élargi et recruté des joueurs expérimentés comme Mathis Keïta et Rajon Kelly, capables d’être de vrais relais pour Abgué. L’idée est de construire une équipe moderne, avec beaucoup de polyvalence, de création et une forte identité défensive. Des jeunes profils comme Maydden N’nah-Ndong, Jacques Eyoum ou Melvyn Da Silva viennent apporter du talent, de l’énergie et un potentiel de progression, tandis que Yannis Mendy, l’un des rares rescapés de la saison dernière, conservera son rôle de joueur de devoir et de collectif. L’objectif est clair : bâtir un groupe complémentaire, capable de retrouver la Pro B tout en faisant progresser chacun de ses éléments. Il nous reste encore quelques ajustements à finaliser pour compléter l’effectif.

    Vous avez bouclé votre première année comme président, après avoir été pendant près de vingt ans au poste d’entraîneur. Comment avez-vous vécu le fait d’être éloigné des parquets ?

    R.G. : C’était un choix de ma part de ne pas trop m’impliquer dans le sportif au départ, notamment en m’appuyant sur Manu, un entraîneur expérimenté, afin de me concentrer sur la situation financière et structurelle du club. Le chantier était plus important que prévu, avec de nombreux ajustements à mener après la descente de Pro A : organisation, fonctionnement interne et nouvelle dynamique à construire. Cette transition a donc demandé plus de temps et d’investissement sur les aspects extra-sportifs. Même si ce n’est pas mon rôle premier d’être uniquement dans la gestion administrative et financière, cette étape était nécessaire pour remettre le club sur de bonnes bases. Mon ambition reste d’impulser des projets, d’accompagner les équipes et de créer une dynamique collective, aussi bien sur le plan sportif qu’humain.

    Fos Provence Basket a toujours eu l’habitude de délocaliser certaines rencontres au Palais des Sports de Marseille. Cela ne s’est produit qu’à une seule reprise la saison passée. Est-ce que vous comptez poursuivre ce rendez-vous avec davantage de dates ?

    R.G. : L’objectif est de continuer à délocaliser certains matchs à Marseille. C’est une démarche engagée depuis une douzaine d’années, avec la volonté de faire rayonner le club au-delà de Fos et de renforcer notre statut de club de référence en Provence. Cette saison encore, le succès était au rendez-vous avec près de 3 500 spectateurs pour un match de Nationale 1, preuve qu’il existe une réelle attente autour des BYers. Nous poursuivrons donc dans cette direction, même si le nombre de délocalisations dépendra du calendrier, de l’attractivité des affiches et de la disponibilité du Palais des Sports. Notre volonté est intacte.

    Quels sont les objectifs fixés pour la saison à venir ?

    R.G. : L’accession à la Pro B reste l’objectif sportif principal. Mais elle doit s’inscrire dans un projet plus large, avec la volonté de continuer à développer nos valeurs club, nos actions sur le territoire et notre engagement autour du basket. La formation reste également un axe fort, avec de vrais progrès réalisés ces dernières années, notamment chez les plus jeunes.

  • Marseille appelle l’État à agir face au crack

    Marseille appelle l’État à agir face au crack

    « La responsabilité de l’État doit être pointée », insiste l’adjoint (PCF) à la santé, Anthony Gonçalves. Trois ans après les premières alertes médiatiques sur l’arrivée du crack à Marseille, riverains et associations ont multiplié les interpellations auprès des autorités, au fil de l’été, face à l’explosion de sa consommation. Une situation qui s’est encore aggravée avec la fermeture temporaire depuis le mois de mai du Centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues (Caarud) Sleep’in.

    La droite marseillaise n’a pas tardé à se joindre aux alertes. Dans un courrier adressé à l’adjoint à la santé ce lundi, le conseiller départemental (DVD) Sylvain Di Giovanni, l’élu d’opposition (Ren.) Romain Simmarano et la secrétaire générale (Ren.) du mouvement Une génération pour Marseille Sandra Blanchard réclament la mise en place « dans les plus brefs délais possibles » d’une halte soins addictions en milieu hospitalier, couplée à un soutien renforcé aux associations de terrain. « Les Marseillais, comme les malades, ne peuvent plus attendre », écrivent les signataires. Tout en refusant la moindre implantation en centre-ville, dans la droite ligne de la pétition lancée pendant les municipales contre « la salle de shoot voulue par la gauche » (notre édition du 21 février).

    Nouvelles places dédiées

    « La lutte contre les trafics de stupéfiants, le maintien de l’ordre et de la sécurité publique, la politique pénale et une grande partie de la politique sanitaire en matière d’addictions relèvent de l’État », réplique l’adjoint communiste à travers un courrier publié ce mardi. Mais il partage les alertes : le maire (DVG) Benoît Payan avait déjà interpellé le Premier ministre, le 28 mai dernier, pour réclamer un plan d’action interministériel, tandis que la maire (GRS) Sophie Camard des 1-7 a écrit à la ministre de la Santé le 17 juillet. Sans réponse.

    « Nous n’avons pas renoncé à l’objectif d’une halte soins addictions, même si ce n’est pas le seul élément et qu’elle n’est pas suffisante à elle seule », réaffirme Anthony Gonçalves auprès de La Marseillaise. Si les échanges ont repris avec les diverses autorités, sans écarter les pistes d’une implantation en milieu hospitalier, près des lieux de consommation ou associant les Caarud, « il faut un portage politique, sanitaire, un financement et une impulsion de l’État », rappelle l’adjoint à la santé, l’expérimentation restant soumise à un feu vert du ministère. « Mais même si nous sommes au-delà des compétences régaliennes de la Ville, nous essayons d’apporter des solutions », insiste l’élu communiste. Un budget de 160 000 euros est consacré à la réduction des risques et des addictions, les actions de ramassage ont permis de retirer 5 000 seringues de la rue au premier semestre – autant qu’en 2025 – et 40 000 euros ont été débloqués pour mettre à disposition du matériel supplémentaire pour la réduction des risques.

    La municipalité va également prendre en charge, à parité avec l’Agence régionale de santé, le poste de coordinateur du dispositif Tempo mis en place au début de l’année par les associations de terrain pour agir collectivement et mieux documenter cette crise sanitaire, sous l’égide de Médecins du monde.

    La municipalité soutient également l’ouverture de deux nouveaux centres d’hébergements dans les jours à venir avec l’associ ation Habitat alternatif social (HAS), l’un de 17 places à Belsunce (1er arr.), et un autre de 10 chambres individuelles pour les femmes, dans un bâtiment municipal du 9e arrondissement. « Cela préfigure une réponse plus globale et plus coordonnée d’une échelle nouvelle, défend Anthony Gonçalves. Pour peu que l’État mobilise les moyens nécessaires. »

  • Grève marathon pour une augmentation chez Haribo

    Grève marathon pour une augmentation chez Haribo

    « On demande juste 100 euros de plus, c’est un plein d’essence. Eux, ils nous proposent 18 euros, un paquet de clopes ». Ali, 25 ans « à la coulée », non syndiqué mais « remonté comme un coucou », est venu crier dans le mégaphone son « dégoût d’une direction qui fait des bénéfices de plus de 30 millions d’euros et nous balance 0,9% dans la gueule, sans négocier. On dit stop ! Pas de ronds, pas de bonbons ».

    Ce mardi 11 août, les salariés étaient encore au rendez-vous devant l’usine à l’appel de l’UD CGT 13. Attendre le 28 septembre pour entrer en négociation comme l’a proposé la direction à trois têtes du site marseillais n’est pas à l’ordre du jour des grévistes. Si FO a décidé de marquer une pause, la CGT maintient la pression et « une réunion a été arrachée pour mercredi prochain, explique Sabrina Calabria, élue CGT, la direction a proposé 1,8%, mais soumis à des objectifs de production qu’on ne pourra pas atteindre. On ne peut pas accepter ». À ses côtés, Jean-Pierre Martins, 29 ans de boîte, déplore : « s’ils avaient lâché 1,8% dès les premiers jours, on n’en serait pas là. Mais on a affaire à des gestionnaires qui ne parlent pas aux ouvriers ».

    Pas rose bonbon l’avenir

    Et, souligne Ali, « ils sont capables de perdre 1,6 million en importations d’Espagne pour alimenter le marché français ». Les grévistes sont allés manifester devant la boutique Haribo de Plan de Campagne. Ils y étaient rejoints par leurs collègues d’Uzès. La grève a fait fondre la production. « Mais les dirigeants s’entêtent par principe, car derrière il y a un projet de réduire la production sur le site historique de Marseille, en passant de 30 000 tonnes à 17 000 tonnes d’ici 2030 », précise Sofia Calabria. De quoi inquiéter sévèrement les quelque 180 salariés dont deux tiers sont intérimaires. Un plan « sans suppression d’emploi, nous a-t-on assuré, reste dubitative la syndicaliste, mais ce n’est évidemment pas viable ». Elle craint un plan social déguisé en licenciement pour faute en raison « d’une clause de mobilité jusqu’à 180 km dans le contrat des nouveaux ». Dans le 15e, les salariés d’ID Logistics en ont déjà fait les frais, à la fermeture du site, dans l’impossibilité d’accepter de déménager à plus de 100 km. Un schéma « qu’on connaît bien dans les quartiers nord », redoutent aussi trois retraités de la métallurgie, de USTM et de l’USR CGT 13. Ils rappellent que l’opération « Euroméditerranée s’est construite sur le cadavre des usines » et voient d’un œil noir « la sucrière Saint-Louis se transformer en un nouveau data center ».

    La refonte de la politique de production de la direction serait motivée « par la volonté de baisser le bilan carbone car les produits bruts circulent entre Uzès et Marseille », ajoute Sofia Calabria. Or l’usine a été épinglée par la préfecture en juillet pour des rejets non conformes dans le réseau d’eaux d’assainissement communal. Quant à la conformité au droit du travail, le tribunal judiciaire de Marseille a condamné la société le 5 février 2026 pour ne pas avoir respecté les accords sur les rémunérations conclus depuis 2022 avec les organisations syndicales.

    « La rémunération annuelle moyenne d’un ouvrier de production chez Haribo est supérieure de 24% à la moyenne nationale des ouvriers de production en France » objecte la direction dans un communiqué.

  • Près de trois siècles d’éclipses solaires racontées dans les archives

    Près de trois siècles d’éclipses solaires racontées dans les archives

    « Oh, il a amené des lunettes ! » À l’entrée de l’auditorium de la bibliothèque de l’Alcazar, Martine ne cache pas son enthousiasme. À ses côtés, Ghislaine lui répond : « Je suis allée acheter les miennes à l’Observatoire. On m’a dit de bien faire attention à ne pas les rayer et à ne pas les déballer avant le jour J ». Comme elles, une soixantaine de curieux ont rempli la salle pour assister à la conférence de Michel Marcelin consacrée aux « 300 ans d’éclipses solaires à Marseille ».

    D’emblée, l’astrophysicien du Laboratoire d’astrophysique de Marseille, ramène le phénomène à l’échelle de la cité phocéenne. « Si on considère la Terre comme un ballon de football et la Lune comme une balle de ping-pong à l’autre bout de la pièce, le Soleil est une montgolfière au niveau du Mucem ou à l’entrée du Vieux-Port », schématise-t-il. Une comparaison qui aide à comprendre pourquoi, ce mercredi, l’éclipse ne sera que partielle à Marseille. « La Lune cachera 96% du Soleil. Si vous voulez la voir totale, il faut aller en Espagne. Mais ici, 4% du Soleil sera visible », souligne-t-il.

    Pourquoi un tel spectacle reste-t-il si rare ? Parce que l’orbite de la Lune est inclinée de cinq degrés par rapport à celle de la Terre autour du Soleil. « Ça suffit pour qu’elle passe parfois au-dessus ou au-dessous », résume Michel Marcelin. Rare, au point que Marseille n’a connu qu’une seule éclipse totale en trois siècles : le 8 juillet 1842.

    Ce jour-là, Benjamin Valz, directeur de l’Observatoire de Marseille, observe le phénomène depuis les Accoules tandis que Jean-Jacques Blanpain s’installe aux Aygalades. Les notes de Benjamin Valz, conservées aux archives départementales, ont permis à Michel Marcelin de retracer cette journée. L’éclipse n’a duré que deux minutes. L’astrophysicien décrit notamment les célèbres « grains de Baily », ces perles lumineuses provoquées par le relief de la Lune au moment où le Soleil réapparaît. « Si vous êtes en Espagne, peut-être pourrez-vous les voir », glisse-t-il.

    Prochaine éclipse totale en 2081

    Au fil des cartes et des photographies, l’astrophysicien rappelle que Marseille a connu de nombreuses éclipses partielles, notamment celle de 1961, lorsque le Soleil avait été masqué à 99,9%. La dernière éclipse totale visible en France remonte, elle, au 11 août 1999. La prochaine n’est attendue qu’en 2081, mais elle ne sera encore que partielle à Marseille.

    Dans le public, l’histoire nourrit déjà l’impatience. « Ça sera ma première éclipse à 75 ans », confie Ghislaine, qui prévoit de suivre les conseils de Michel Marcelin et d’aller observer le phénomène au stade nautique Florence-Artaud. Zohra, venue préparer ce moment avec sa fille de 11 ans, repart « plus futée que jamais » après avoir découvert que les éclipses étaient bien plus fréquentes qu’elle ne l’imaginait. Hélène, qui avait déjà assisté à celle de 1999 en Normandie, espère cette fois « partager ce moment exceptionnel avec toute [s]a famille ».

    Ce mercredi, l’Académie des sciences, lettres et arts de Marseille accueille le public dès 18h au stade nautique Florence-Artaud. Des lunettes spéciales éclipse seront distribuées gratuitement. Michel Marcelin y commentera en direct le phénomène, tandis qu’une vingtaine d’astronomes amateurs accompagneront les observations.

    Trois siècles après les premiers récits conservés à Marseille, une nouvelle page d’histoire s’apprête à s’écrire, les yeux tournés vers le ciel.

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