Bataille pour l’emploi, action contre la criminalisation syndicale, solidarité internationale, lutte contre l’extrême droite, comment faire peser les revendications de la CGT pendant les municipales… Autant de sujets qui ont été débattus par la cinquantaine de syndicalistes présents ce jour, à Arles. Enfin, les cégétistes ont réaffirmé avec force : « Depuis plus de cent ans, la CGT est présente à la Bourse du travail d’Arles et elle y restera ! »
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À Aix, la gauche veut « co-construire » ses mesures
Le programme de la liste Aix Avenir, menée par Marc Pena (PS) et née d’une union des forces de gauche, écologiste et citoyennes, vient d’être mis en ligne. Dès le lendemain, le candidat et ses colistiers ont choisi la salle Ughetti, à Luynes, pour tenir une réunion publique destinée à débattre des mesures proposées.
« Il y a une activité associative très forte ici, explique Marc Pena, en amont de la rencontre. On veut donner la parole aux citoyens dans un dialogue libre, franc (…). C’est l’occasion de parler de ce que nous proposons, montrer que nous co-construisons les choses. On a pris la responsabilité d’un gros programme, on a été plusieurs à l’élaborer et, en même temps, on le propose aux Aixois sous cette forme. » Une méthode qu’il oppose à celle de la majorité sortante : « Elle ne donne pas de direction, il y a des ordres donnés dans l’urgence pour traiter un problème, sans boussole, sans perspective, sans avenir. Dans ce cas-là, les citoyens sont considérés comme des administrés », estime Marc Pena.
Selon l’équipe de campagne, près de 100 personnes ont répondu à l’appel. Si les problématiques abordées sont larges, de la végétalisation en passant par le logement et les locations saisonnières – « nous agirons très fortement sur Airbnb », promet le candidat à ce sujet – l’un des sujets prégnants de la rencontre reste celui de la mobilité. à l’échelle de toute la ville et notamment dans ce quartier régulièrement congestionné aux heures de pointe. « Sur ces questions de mobilité, je pense qu’il y a de gros problèmes à résoudre. Qu’est-ce qu’on peut faire ? », lance l’une des participantes. « C’est [aussi] la liste métropolitaine qui va apparaître : c’est à ce niveau qu’il faut que les listes métropolitaines fassent apparaître clairement leur programme. On ne peut pas rester comme ça, avec un système de mobilités peu performant », entend-on dans la foule. « Il faut faire basculer la Métropole à gauche, sinon, nous n’y arriverons pas, il faut voter à gauche, c’est la première des choses, lance Agnès Daures, candidate sur la liste et élue DVG au sein du groupe d’opposition Aix-en-Partage, mené par Marc Pena. Effectivement, on est pour le ferroviaire, qui réglerait énormément de problèmes, notamment celui de la dépollution. »
Magali Bailleul (Place publique), numéro deux sur la liste, veut rappeler que « les élections municipales sont aussi celles du conseil métropolitain (…). Ce qu’on souhaite réussir à imposer, c’est la création d’une halte ferroviaire à Luynes, La Calade, mais aussi porter le projet du tram-train et de la réouverture de la ligne Aix-Rognac ». « Ce sont 72 trains qui passent quotidiennement à Luynes, mais qui ne s’y arrêtent pas : impensable », rappelle Clément Frel-Cazenave (EELV).
Marc Pena, va plus loin : « La Métropole est un établissement de coopération intercommunale (…), nous proposons d’avoir un syndicat métropolitain ou seraient présents des élus, des membres de l’administration, qui établirait des projets, les réalisations futures, pour les mettre en activité de façon transparente. » À ce stade, Aix, qui compte 17 conseillers métropolitains, est « sous-représentée », pour le candidat, et doit peser pour décider. « La question va être celle de notre position, mais aussi des alliances, au bon sens du terme, qu’on va pouvoir avoir avec d’autres : si la Métropole penche à gauche (…), on aura une majorité et nous pourrons établir une politique commune. Il faut construire une majorité. » Soit « transformer une métropole de la même façon qu’on est capable de transformer une ville », assure David Tessier (PCF).
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La Ciotat nous rassemble est en ordre de bataille
« Notre liste est diverse, compétente et ancrée dans la vie réelle », amorce, salle Saint-Marceaux, Delphine Rochette, une colistière. Devant un auditoire de plus de 180 personnes, elle précise : « Aujourd’hui, 56% de notre liste est composée de non encartés. » Secrétaire de section PCF de La Ciotat et 5e sur la liste, après Karim Ghendouf (PCF) tête de liste, Mariann Chrétien ou Jérôme Assier (PS), Sébastien Madau souligne que, sur les 39 noms de LCNR, 19 sont nouveaux, et 20 « étaient déjà là ».
La liste est le résultat de l’union du « PCF, du PS, des Écologistes, de Génération.s, de Debout et de la Gauche républicaine et socialiste », rappelle pour sa part Karim Ghendouf.
Retour d’un cinémaPrenant la parole à la fin, la tête de liste a évoqué la méthode d’élaboration du projet municipal de LCNR : « La coconstruction. Elle s’appuie également sur une expertise solide des dossiers, forgée par de longues années de travail dans l’opposition. » LCNR tient à la démocratie locale et « nous consulterons les Ciotadens sur les grands sujets avec les référendums d’initiative locale ».
Karim Ghendouf a poursuivi : « Nos priorités sont claires : loger les Ciotadens, alors qu’une personne sur deux est éligible au logement social à La Ciotat. Mais aussi investir dans nos écoles. Favoriser les mobilités douces. Avoir un réseau de bus plus propres, avec une plus grande fréquence. » Il a également promis « d’identifier un terrain » pour une aire destinée aux gens du voyage. Le communiste soutient le retour en gestion publique de certaines missions communales déléguées au privé. « Ce n’est pas de l’idéologie : c’est du bon sens », a-t-il appuyé.
En matière de culture, un des projets de la liste est de créer, dans l’ancien cinéma Lumière fermé en 2023, « un vrai pôle culturel (…). Nous y prévoyons deux salles de cinéma, vocation historique du lieu depuis 1913 ! » a annoncé Mariann Chrétien (société civile). Jérôme Assier (PS) a défendu, en matière de tranquillité publique, « un débat sur la sécurité apaisé. (…) Nous miserons sur la prévention, la médiation et la proximité. »
Pour l’éducation, Laetitia Vivaldi a promis « la gratuité effective de l’enseignement ». Sur le plan de l’économie, LCNR appelle de ses vœux « la création d’un centre de formation aux métiers de la mer qui permettra de forger un vivier local de compétences » pour les chantiers navals. Isabelle Mazuc (Les Écologistes) a indiqué que LCNR s’emploiera notamment à protéger les terres agricoles de la bétonisation. « Il nous reste quatorze jours pour convaincre et créer la surprise », a lancé Karim Ghendouf.
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Surfrider interpelle les candidats pour protéger le littoral
L’organisation non gouvernementale (ONG) Surfrider Foundation interpelle les candidats à l’élection municipale marseillaise, hors extrême droite, sur leur programme en matière d’aménagement du littoral. Cette lettre ouverte, envoyée le 25 février à l’attention de 23 communes côtières françaises, vise à clarifier leurs engagements.
Force est de constater que les municipalités se retrouvent au cœur de ces enjeux. Victimes du changement climatique, les villes sont aussi les régulatrices des usages du littoral. L’ONG réaffirme les menaces qui planent sur ces municipalités exposées au risque climatique comme le recul du trait de côte, la montée des eaux, la dégradation des écosystèmes… Elle les incite à agir. « L’inaction coûte toujours plus cher que l’anticipation », exhorte la lettre ouverte.
« On espère fortement recentrer [le débat] sur l’aspect environnemental du littoral qui est une réalité très concrète, qui ne peut pas attendre un mandat », atteste Adeline Plé pour Surfrider. L’organisation appelle les candidats à prendre trois engagements majeurs pour les élections notamment : « déployer des solutions fondées sur la nature, plus durables, plus justes et plus efficaces pour l’avenir », puisque « ces milieux jouent un rôle de protection naturel et régulent notre climat », explique la lettre ouverte.
Hervé Menchon, adjoint au maire de Marseille en charge du littoral, s’inscrit dans une démarche volontariste et souligne la réussite du Plan Posidonie. Il interdit le stationnement des bateaux dans certaines zones d’herbiers tout en arrêtant de jeter les algues échouées pour les mélanger au sable. Ce qui a permis un agrandissement de 10 mètres de profondeur de la plage du Prophète et une moindre dégradation des écosystèmes. Pour l’adjoint, « l’urgence climatique devrait faire consensus et dépasser les étiquettes politiques ». Pour autant, il ne cache pas son inquiétude face aux programmes de ces opposants. « Beaucoup de candidats sont à côté de la plaque », ajoute-t-il.
« Faire face et s’adapter »Didier Réault, vice-président délégué à la mer, au littoral de la Métropole, colistier de Martine Vassal (DVD), considère que « le littoral n’est pas suffisamment mis en avant. À gauche comme à droite, (…) il y a encore beaucoup de pédagogie à faire », considère-t-il. Pour autant, il se réjouit quand même de la dynamique au sein du Parc national des Calanques. « On a le plus haut niveau de protection tout en accueillant toujours le public dans de bonnes conditions », explique-t-il, tout en affirmant : « Il faut moins de délais et de contraintes de l’État pour être dans l’action. »
« Les élections municipales ouvrent donc un moment clé : celui de préparer, dès maintenant, des communes capables de faire face, de s’adapter, et de protéger durablement leurs habitants », explique la lettre de Surfrider, pour inciter les 22 communes des Bouches-du-Rhône à protéger les 438 km de littoral du département.
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À Marseille, le livre blanc des CIQ aux candidats
Un rôle « politique, au sens premier du terme » qu’ils comptent bien jouer lors des municipales. La fédération des comités d’intérêt de quartiers (CIQ) a remis aux candidats son livre blanc. Organisé en neuf items, il reprend les propositions de ces 168 associations, à Marseille, qui s’estiment plus que jamais représentatives des habitants.
« Nous sommes une force de par notre maillage qui n’existe nulle part ailleurs », estime Philippe Yzombard, président de la fédération. Contrairement aux idées reçues, les CIQ sont loin d’être un « truc de vieux », assure-t-on à la fédération avec des néo-Marseillais qui s’investissent, même si face « à l’individualisme croissant, on souffre d’un manque de mobilisation », comme le monde associatif en général, constate Philippe Yzombard.
Au premier rang des inquiétudes et des demandes d’action, on retrouve la « tranquillité publique. » « Des choses ont été faites, mais le travail reste immense » estime-t-il, pointant notamment les problèmes de prostitution et de drogue dans l’hyper-centre, qui irriguent les autres quartiers. Le livre blanc propose d’intensifier la politique de prévention et le soutien sanitaire et social aux toxicomanes, il revient aussi sur l’implantation d’une halte soins addictions (HSA), qu’il « faut probablement face au problème, mais dans la concertation », analyse Philippe Yzombard.
Deuxième priorité : les déplacements. Vélos, piétons, voitures, transports en commun… Il faut « arrêter d’opposer les gens », considère Philippe Yzombard et « partager l’espace public », ajoute Geneviève Canicave, secrétaire générale de la fédération.
Pas de parti prisEt celle-ci de s’indigner de l’arrêt de la desserte des bus à 21h. Propreté, commerces, urbanisme, équipement, environnement et patrimoine sont des thématiques également abordées. « On n’attend pas de retour ou de signature, ajoute Philippe Yzombard. On leur offre cette réflexion, à eux de voir comment ils répondent, nous ne sommes d’aucun parti pris ». Reste que certains ont décidé de franchir la ligne rouge. Comme Frédéric Pinatel, ex-président du CIQ de Château-Gombert, qui a rejoint le Printemps marseillais sur la liste du 7e secteur, Claude Goulon ex-présidente de celui du Cabot (9e), candidate sur la liste de l’extrême droite, ou Christine La Rocca, présidente de celui de Bonneveine (8e) qui se présente sur la liste de Martine Vassal (DVD). « Cela se comprend, cela s’entend, mais ils démissionnent ou se mettent en retrait quand ils font acte de candidature », commente Philippe Yzombard. « Et nous avons demandé aux candidats de ne pas mentionner, sur les professions de foi, qu’ils ont été présidents de CIQ, nous sommes apolitiques », ajoute Geneviève Canicave.
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La droite veut gérer Marseille avec le patronat
« Martine Vassal est la seule qui nous écoute », assurait face à la presse, ce lundi matin, la présidente de la Confédération des petites et moyennes entreprises des Bouches-du-Rhône (CPME 13), Corinne Innesti. Engagée sur la liste menée par la droite aux municipales à Marseille, elle présentait avec l’ancien président de l’Union des entreprises de proximité (U2P) Sud, André Bendano, et l’avocate Sandra Blanchard des propositions à même de séduire le « monde de l’entreprise ».
À commencer par des baisses d’impôts, un « choc fiscal » annoncé dès le début de la campagne. « Quand on augmente les impôts de 40%, on tue du pouvoir d’achat et les emplois », insiste Sandra Blanchard, reconnaissant que la municipalité a augmenté pour sa part les taux de 23%. Elle promet notamment d’abaisser la cotisation foncière des entreprises (CFE), de pouvoir ajuster les redevances d’occupation du domaine public en fonction des besoins des entreprises, tandis qu’André Bendano propose « une exonération totale de la CFE et des droits de voirie pour la première année de création d’une entreprise ». Tout est chiffré, promettent-ils. Sans pour autant s’avancer sur des montants précis. La chasse aux fonds européens doit compenser une partie des pertes, à hauteur de 20 millions d’euros par an pour les investissements, tandis que Sandra Blanchard cible aussi l’augmentation de la masse salariale lors de la précédente mandature.
Au menu aussi, la création d’une agence municipale de commerce, d’un fond Start Marseille pour subventionner les projets d’entreprise, l’installation d’écoles d’hôtellerie, d’agronomie et de halles commerciales au Centre bourse. « Nous allons créer un conseil de gouvernance économique », annonce aussi Corinne Innesti, une instance regroupant toutes les organisations patronales. « Une cellule non pas décisionnaire, mais consultative », promet Sandra Blanchard.
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Les agents municipaux de la Ville de Marseille au cœur de la campagne
À l’heure de l’embauche, ils sont deux devant les bâtiments de l’administration municipale au 40, rue Fauchier (2e). Ce mardi, les militants de la France insoumise se sont mobilisés pour distribuer la lettre de leur candidat, Sébastien Delogu, à destination des agents de la Ville de Marseille. « Dès mon arrivée à la mairie, j’ouvrirai immédiatement des négociations avec toutes vos organisations syndicales », promet le parlementaire, qui évoque titularisations et lutte contre les risques psychosociaux. En bas du bâtiment, un agent s’agace pourtant : « Comment ils osent se présenter devant des agents de la mairie alors qu’ils disent qu’on travaille pour des employeurs corrompus ? »
Malgré eux, les agents sont en effet au cœur de la campagne. Ils représentent une ville dans la ville : plus de 18 000 personnes, soit l’équivalent de Châteauneuf-les-Martigues. « On dit souvent que le personnel municipal est un institut de sondage interne », sourit l’indéboulonnable patron du syndicat FO Territoriaux, Patrick Rué. « à part monsieur Allisio [candidat RN, Ndlr], nous avons été sollicités par tout le monde », confie celui qui a été reconduit dans ses fonctions, fin janvier, et se satisfait de voir ses revendications reprises dans différents programmes. Lui-même a présenté à ses troupes le bilan des quatre dernières années. « Nous avons avancé sur beaucoup de points », applaudit Patrick Rué, prenant pour exemple la situation des crèches. Et de souligner le poids des agents : « Cela a toujours été reconnu que le personnel municipal est un gros vecteur d’influence en matière d’élections, ne serait-ce que parce qu’ils sont au contact de la population. »
Bilan municipalDe quoi comprendre la lettre adressée par Sébastien Delogu, « soufflée par des gens qui connaissent bien le sujet », reconnaît Patrick Rué, malgré « une erreur » sur le comité d’action sociale. Et l’attention portée par le Printemps marseillais, qui conclut son programme par l’administration municipale. « Je trouve ça très symbolique que cela finisse sur eux, sourit l’adjoint sortant (PS) aux finances, Joël Canicave. Nous allons développer les services publics et ce sont les agents qui le mettent en place. » Aussi veut-il miser sur la formation, mettre en place une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences. « Nous voulons le meilleur pour les agents de notre ville, parce que nous voulons le meilleur pour les Marseillais », se conclut le programme.
Il faut cependant assumer un bilan. « Même pas je vote », lâche un cégétiste, dégoûté. « Les collègues ne souhaitent pas revivre ce qui a été vécu depuis 2020 », explique le secrétaire général de la CFTC, Philippe Angelelli, inquiet d’une « forte souffrance au travail » face aux réorganisations. En plus d’un pouvoir d’achat érodé par l’inflation. « Les changements de cadres ont entraîné des dysfonctionnements, ça s’est rééquilibré, mais on espère ne pas reconnaître ça », reconnaît aussi Patrick Rué. « Elles étaient nécessaires », défend Joël Canicave, certain qu’avec les primes accordées, les agents « financièrement ont vu la différence ». « Il y a 75 000 demandes pour entrer à la Ville, contre 15 000 au début du mandat », argumente-t-il. Alors que les insoumis ressassent les accusations de clientélisme, il met en avant des conseils de discipline bien plus nombreux, les jurys de recrutement mis en place. « J’ai vu passer 20 CV recommandés, je n’en ai pas recruté un seul », témoigne l’adjoint.
Surtout, c’est pour leur employeur que voteront ces agents. Avec le risque d’être dirigés par l’extrême droite. « Ils n’y croyaient pas trop, mais il y a une vraie inquiétude quand on voit les sondages », témoigne Patrick Rué, même si, dans certains secteurs qui risquent de basculer, certains ne cachent pas leur sympathie pour le RN. Si FO est prêt à se mobiliser contre ce risque, la CFTC ne veut pas donner de consigne. « On a tous les courants chez nous », reconnaît Philippe Angelelli.
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Trouver le chemin de la coopération
Scrutin dans le scrutin, les élections métropolitaines et communautaires sont absentes du débat public sur les municipales.
Pourtant, les Métropoles et les communautés d’agglomération concentrent de nombreux pouvoirs essentiels dans la vie quotidienne : transports, ramassage des déchets, le développement économique, l’aménagement du territoire et l’urbanisme, l’habitat, la préservation de l’environnement…
Dans notre région, les métropoles n’ont pas toutes été imposées par l’État avec autant de verticalité que celle d’Aix Marseille Provence, mais elles fonctionnent bien souvent de manière centralisée.
Mini-Unions européennes
Un peu à l’image de mini-Unions européennes qui supplanteraient ses États-membres sur des sujets majeurs, les métropoles et intercommunalités s’érigent en lieu de décision et vont parfois à l’encontre de la volonté des communes qui les composent.
Il faut le rappeler : dans la loi, ces entités sont des établissements publics de coopération intercommunale. Autrement dit, elles sont des regroupements de communes qui s’associent pour remplir des missions difficiles à assumer lorsqu’elles sont seules.
Les métropoles et intercommunalités ne sont donc pas des collectivités et les élus qui y siègent représentent avant tout leur commune.
L’enjeu des prochaines élections réside donc dans la conception portée par chaque liste du fonctionnement métropolitain ou intercommunale. Il ne peut être mis au service exclusif de la ville centre, pas plus qu’il ne peut se faire au détriment de celle-ci.
Il doit être fondé sur le bien commun et donc trouver le chemin de la coopération.
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La Métropole, l’autre combat du scrutin
La Métropole n’est pas tout, dans ce scrutin des municipales. Et pourtant, elle reste partout. En votant les 15 et 22 mars pour élire leurs conseils municipaux, les habitants des 92 communes d’Aix-Marseille-Provence vont, en effet, aussi désigner leurs 238 conseillers métropolitains, à raison d’un élu par municipalité pour la plupart, jusqu’à 17 pour Aix-en-Provence et 101 pour Marseille.
Mais plus encore, les compétences de l’intercommunalité se retrouvent largement dans le débat politique. C’est vrai pour les transports en commun qui inspirent de nouveaux projets de tramway dans la cité phocéenne. C’est vrai pour la gestion de l’eau avec la fin de la délégation de service public de la Société des eaux de Marseille en 2029. C’est vrai, surtout, pour la question de la propreté, régulièrement en tête des préoccupations des habitants et d’élus qui se plaignent d’être inaudibles face à la Métropole.
Reprise de compétencesAlors, dans les coulisses de la campagne, la future gouvernance de l’institution fait déjà l’objet de tractations. Née aux forceps il y a dix ans, elle est désormais largement acceptée, presque avec fatalisme malgré la suppression, en 2023, des conseils de territoire. « Nous avons fait le deuil de la lutte contre la Métropole, nous devons travailler avec, confiait le successeur désigné du maire de Fos-sur-Mer, Rémi Esnault (DVG), le 10 février dernier. Elle est imparfaite, mais rien ne la remplacera. »
Les différents maires sortants espèrent surtout sortir des conflits qui ont émaillé toute leur mandature. « Il y a eu une tentation d’en faire un objet d’affrontement marseillo-marseillais », regrette un élu métropolitain. « Les maires me disent qu’ils n’auraient pas supporté une seule seconde qu’un de leurs opposants dirige la Métropole », assurait Benoît Payan au moment de présenter son programme. Chaque commune pousse, aujourd’hui, pour avoir davantage voix au chapitre. « Il faut conduire la Métropole comme un établissement public de coopération intercommunale et non pas comme une collectivité », réclame le président (SE) des maires des Bouches-du-Rhône, Georges Cristiani. « Il faut apaiser le fonctionnement de la Métropole », demande aussi le vice-président sortant (LR) David Ytier. De son côté, la maire sortante aixoise (UDI), Sophie Joissains, espère « rétablir une gouvernance beaucoup plus partagée ». Et de poser sur la table sa proposition : « Je souhaite territorialiser les conférences des maires pour se réunir entre élus d’un territoire et se mêler de problématiques concrètes. »
Ils sont nombreux à demander à ce que la Métropole se recentre sur ses compétences clés et à vouloir reprendre la main sur certaines. « Je vais récupérer les parkings et la propreté », assure Sophie Joissains. « Nous voulons récupérer les compétences de la collecte des déchets et de la régie des eaux », défend le maire sortant (PCF) de Martigues, Gaby Charroux.
Candidate à sa propre succession, mais fragilisée par sa chute libre dans les sondages, Martine Vassal (DVD) s’est empressée de leur donner des gages. « Recentrons la Métropole autour des compétences stratégiques où elle est légitime : la mobilité, le développement économique, la transition énergétique et le traitement des déchets », proposait-elle, vendredi, dans La Provence.
Menace du RNMais sa réélection semble compliquée. « Il ne faut pas que la ville centre obtienne la présidence », assène Georges Cristiani, à la tête du groupe maires de Provence, fort de 36 élus. Beaucoup de regards se portent vers le maire (LR) de Salon, Nicolas Isnard. « Ma seule mission est d’être maire de Salon avec mon équipe », assurait-il lors de sa déclaration de candidature, début janvier. « Si Martine Vassal n’est plus en mesure de prendre la Métropole, il faudra prendre sa responsabilité », observe cependant un élu. Soulignant qu’en interne, Nicolas Isnard a déjà porté une voix différente en s’opposant aux hausses d’impôts, en plaidant pour alléger la structure métropolitaine.
En face, le Printemps marseillais vise 65 sièges. De quoi espérer plus de 90 sièges (sur 240) pour une gauche métropolitaine amenée à jouer un rôle déterminant. Dans ces négociations, Benoît Payan réclame « un deal sur la question des finances », et d’avoir « la main sur les outils métropolitains qui concernent la Ville de Marseille » (notre édition du 18/02). Laissant la main au gouvernement sur les attributions de compensations (AC), l’argent reversé aux communes après la suppression de la taxe professionnelle, qui pèsent pour les deux tiers du budget métropolitain. Sujet sensible pour des territoires industriels en mutation. « Les AC, c’est intouchable », tempête Georges Cristiani.
Reste la menace d’une victoire du RN à Marseille, qui pourrait bousculer la Métropole. « Je proposerai un contrat de gouvernance avec des maires qui partagent nos valeurs », a annoncé vendredi son candidat, Franck Allisio, pourtant loin d’une majorité. « Nous sommes tous très attentifs à ce qui se passe à Marseille », s’inquiète David Ytier.

