Tag: Bouches-du-Rhône

  • Le vélo à l’honneur pour pédaler en roue libre à Martigues

    Le vélo à l’honneur pour pédaler en roue libre à Martigues

    Jean-Luc Hanrard est sans appel : « C’est encore trop compliqué de pédaler entre son domicile et son travail dans l’Ouest de l’étang de Berre. » En participant à la manifestation nationale « Mai à vélo », avec son association Les Vélos des étangs, le cycliste compte bien sensibiliser le public à cette problématique.

    Vendredi 8 mai, à 18h30, le vernissage de l’exposition métropolitaine itinérante l’Utopiste Cyclable sera suivi de la projection de deux films documentaires : Mécanique solidaire et When we cycle, à la Cascade. Le lendemain, le cours du 4 septembre sera interdit aux voitures, du cinéma à la rue Lamartine, pour permettre aux enfants de s’amuser à vélo en toute sécurité.

    Des connexions intercités demandées

    Le coprésident des Vélos des étangs aimerait que les élus locaux se saisissent de la question de la mobilité. « Il y a six villes à relier en urgence : Martigues, Saint-Mitre-les-Remparts, Fos, Istres, Miramas et Port-Saint-Louis-du-Rhône. Dans notre secteur, les routes sont larges pour que les poids lourds circulent, mais il y a très peu de petites routes. Comme il n’y a quasiment pas d’aménagement, souvent, on est obligés de prendre ces routes au trafic dense, ce qui est dangereux. »

    L’association, qui imagine des itinéraires sur son site, participe aux réunions de travail organisées dans le cadre du Plan vélo de la Métropole, mais « rien ne se passe », déplore Jean-Luc Hanrard. En 2022, l’administration affichait l’objectif d’aménager 500 km d’axes structurants et 200 km basés en grande partie sur les réseaux de Véloroutes et voies vertes. Depuis sa mise sous tutelle et les récentes élections, ces questions semblent « à l’arrêt ». Mais le président associatif attend beaucoup de ces nouveaux mandats.

    « Il y a quelques mois, la route qui longe l’A55 entre Châteauneuf-les-Martigues et La Mède a été transformée en voie centrale banalisée avec deux pistes cyclables et une voie de circulation au milieu par le conseil départemental, note-t-il tout de même. La preuve que c’est possible. »

  • « Renouveler l’engagement auprès des jeunes »

    « Renouveler l’engagement auprès des jeunes »

    La Marseillaise : Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste le dispositif Place engagée ?

    Estelle Bodo : Place engagée est un dispositif solidaire qui permet de donner du sens à l’accès à des événements populaires. L’idée est de transformer une invitation en une opportunité sociale, humaine et inclusive. Concrètement, la Solimut propose aux jeunes de participer à une action de solidarité. Ça peut être un atelier cuisine, une maraude, des concerts solidaires, de la prévention santé, des manifestations. On était notamment présents à la manifestation du 8 mars. En échange de leur participation à une de ces actions solidaires, les volontaires obtiennent la possibilité de participer à des événements organisés par des partenaires. Il y a, par exemple, des places pour le Delta Festival, La Marseillaise à pétanque, le festival Jazz des cinq continents ou encore Marsatac, cette année. L’idée est donc d’ouvrir les portes de la culture à des jeunes qui n’en ont pas forcément les moyens ou qui sont souvent exclus des événements dont nous sommes partenaires. Il y a aussi, bien sûr, une volonté de créer du lien social et solidaire.

    À quels types de profils s’adresse le dispositif ?

    Estelle Bodo : C’est ouvert à tout le monde. On avait commencé avec l’idée de travailler surtout avec des jeunes, mais en fait, il n’y a pas vraiment de limite d’âge sur ce dispositif. Actuellement, on est en partenariat avec la Ligue de l’enseignement. C’est avec eux qu’on a commencé le dispositif. C’est là qu’on a découvert Jeunesse Place, une association qui existe à l’intérieur de la ligue, dont Sherazade est la fondatrice. Puis, après, ça s’est étendu. Aujourd’hui, on travaille avec le Grep (Gémenos rugby Est Provence), mais aussi avec des adhérents de l’association ES 13, qui ont plus de 55 ans donc. Il n’y a pas besoin d’être partenaire de Solimut pour participer au dispositif. N’importe qui peut nous solliciter. Il n’est même pas nécessaire d’appartenir à une association. Il n’y a pas de critères de sélection, sauf si les événements refusent les moins de 16 ans, par exemple.

    Yanis Guille. : L’objectif, c’est de faire un vrai maillage des cultures, de rassembler tout le monde à des endroits où l’accès est plus compliqué pour certains. C’est l’occasion de créer des échanges, des opportunités. On travaille avec tous les publics, avec des jeunes comme avec des personnes âgées, issus des quartiers populaires, mais aussi de secteurs plus aisés.

    Les participants ont-ils tendance à revenir ?

    Estelle Bodo : Oh oui ! On a créé un groupe WhatsApp avec les anciens participants pour les tenir au courant des actions qu’on mène et on a toujours des volontaires pour venir aider. Je pense par exemple au concert solidaire que Solimut a porté au Dôme, en fin d’année dernière, [Solimut était en octobre partenaire du « Concert pour sauver des vies en mer » , dont l’intégralité des bénéfices a été reversée à des associations qui œuvrent pour le sauvetage en mer ou l’accueil des exilés, Ndlr]. Beaucoup de jeunes ont souhaité être présents. C’était aussi l’occasion d’accéder aux coulisses…

    Pourquoi vous associer à des événements festifs ?

    Estelle Bodo : Le festif, on le sait tous, donne envie. C’est donc une bonne façon d’inciter les jeunes à participer. Mais on se rend compte, au bout d’un certain temps, que les jeunes ne viennent pas que pour la récompense. Bien sûr, le Delta festival attire, car les places sont en temps normal au tarif de 80 euros, mais parfois, certains ne demandent même pas leur contrepartie après leur action. Mais le principe reste : une action, une invitation.

    Y a-t-il aussi la volonté, de la part de Solimut, de présenter à un public plus large le concept d’une mutuelle ?

    Estelle Bodo. : Oui, bien sûr. Quand on a rencontré les jeunes de la Ligue de l’enseignement par exemple, la première chose qu’on a faite a été de présenter la mutuelle. On fait toujours des micros formations. On commence par demander ce qu’est qu’une mutuelle pour eux. On a des réponses du type : « c’est comme telle ou telle prétendue mutuelle ». C’est là qu’on leur explique qu’on n’a pas d’actionnaire, qu’on ne fait pas de profit, que tous nos bénéfices sont reversés à nos adhérents. On met en avant notre ligne politique, qui s’oppose à tout type de discrimination.

    Pourquoi est-il important de faire connaître la mutuelle auprès des jeunes ?

    Estelle Bodo : La mutuelle, c’est quelque chose de très large pour eux. On le voit lorsqu’on intervient sur des événements comme le Delta Festival, où on rencontre les 18-30 ans. Souvent, ce sont les parents qui gèrent. Ils ne savent pas bien de quoi il s’agit. Ils ont besoin de connaître ces valeurs-là, de savoir qu’une mutuelle, c’est indispensable. On les informe aussi sur l’avenir des remboursements santé, l’avenir des mutuelles. Aussi, une mutuelle vit parce qu’il y a des élus et des gens qui s’investissent quotidiennement. Il faut renouveler cet engagement. Je pense que les jeunes peuvent à leur tour diffuser ce genre de valeurs et les incarner.

    Sherazade Mlili : Moi, par exemple, je ne savais pas à quoi correspondait vraiment une mutuelle. Aujourd’hui, je sais que c’est indispensable pour se protéger. C’est ce qui te permet de te soigner, de rembourser tes soins quand tu vas à l’hôpital, chez le docteur, à la pharmacie… Je sais aussi que Solimut ne propose pas de t’accompagner exclusivement sur le plan santé. J’ai appris qu’il proposait aussi des formations, des maraudes…

    Riad Zedal : C’est ça, et ça permet aussi d’avoir un regard différent, parce que nous, quand on pense à mutuelle, on pense surtout à quelque chose de mécanique, c’est-à-dire simplement à quelque chose qui permet de rembourser ta consultation chez le médecin. On n’a jamais accès aux personnes qui travaillent derrière, comme Estelle et plein d’autres personnes qui ont aussi l’air tout aussi géniales.

    Estelle Bodo : On essaie de leur montrer que la mutuelle, ce n’est pas qu’un parcours de soins. Nous, avec notre service de gestion des partenariats qui a été créé il y a un an, un rôle de prévention santé, d’actions solidaires et d’engagement territorial. Mais aussi dans d’autres cadres, avec la possibilité de s’engager en sécurité, sans discrimination et pour faire de très belles choses.

    Faites-vous désormais la différence avec une assurance classique ?

    Sherazade Mlili : Oui, je vois la différence. Mais ça m’a aussi appris des choses sur l’engagement. Je peux solliciter Estelle pour savoir s’il y a une action qui se prépare. Ça me permet d’être plus là, pour ma ville.

    Cela vous donne-t-il envie d’adhérer plus tard ?

    Sherazade Mlili : Oui, bien sûr, maintenant qu’on sait ce qu’est la mutualité et, plus précisément, leur mutualité [Solimut], ça donne envie. D’autant que, maintenant que je connais les gens qui y travaillent, je suis beaucoup plus en confiance. Je sais que ce n’est pas de l’arnaque, qu’ils ne vont pas m’escroquer. Je sais que les personnes qui sont derrières ont envie de bien faire leur métier, qu’ils ont vraiment beaucoup de volonté.

    Le fait que Solimut ne fasse pas de profit et s’oppose à tout type de discrimination vous touche-t-il ?

    Riad Zedal : Bien sûr. Une mutuelle n’a pas pour objectif de faire du profit, ça donne plus confiance.

    Sherazade Mlili : On a la sensation que la démarche est plus sincère. D’autant qu’en choisissant de ne faire aucune discrimination, ils prennent des risques que les certaines assurances ne prennent pas. Et pour nous, les jeunes, ça nous permet de nous sentir plus écoutés. Ça montre que tout ce qui est raconté n’est pas faux : ce qui arrive aux jeunes, mineurs comme majeurs, n’est pas un mensonge. Il y a bien de la discrimination, il y a bien du racisme et il y a des gens qui le voient et qui ont envie de nous aider.

    Estelle Bodo : Je pense qu’ils se sont rendu compte qu’on avait les mêmes valeurs qu’eux. Eux ont créé une association pour lutter contre les discriminations. Et ils se sont rendu compte qu’en fait, la mutuelle a fait ce même choix de dire : tu es malade, on te couvre, tu es de nationalité x ou y, on te couvre, t’as tel âge, on te couvre… Ils se sont rendu compte, avec Place engagée, qu’on avait envie de leur ouvrir des barrières en leur permettant d’être présents là où ils ont envie d’être. Cela rejoint la volonté de l’association Jeunesse place qu’ils ont fondée.

    Jeunesse place est une association que vous évoquez souvent. Sherazade, vous êtes l’une des fondatrices. De quoi s’agit-il ?

    Sherazade Mlili : C’est une association que nous avons créée entre jeunes. Je suis l’une des fondatrices, mais au total, nous étions quatre, tous adhérents de la Ligue de l’enseignement. On a voulu créer notre propre organe associatif parce qu’on s’est rendu compte que lorsqu’on participait à des événements, notamment lors des séjours comme le Summer camp [voyage au cours duquel des personnalités sont invitées pour parler aux jeunes de leur métier et de leurs engagements, Ndlr], beaucoup de portes nous étaient fermées. Pour la réservation des lieux par exemple, nous étions souvent refusés par les enseignes, parce qu’on était des jeunes, en majorité issus des quartiers nord. Nous avons aussi reçu des insultes, moi en tant que jeune fille voilée, et un ami parce qu’il est noir. On a donc eu la volonté de montrer qu’on était capables, en tant que jeunes des quartiers nord, de faire tout ce qu’on souhaitait sans les gens qui voulaient nous mettre à l’écart. C’est donc nous qui avons repris l’organisation du Summer Camp. On participe à plein d’actions, avec la Ligue, avec Solimut, mais aussi avec d’autres organismes.

    En quoi l’association vous permet de dépasser les barrières auxquelles vous étiez auparavant confrontées ?

    Sherazade Mlili : La Ligue est une grande association, qui opère dans toute la France. On n’était donc pas vraiment décideurs dans les actions qui étaient menées. Grâce à Jeunesse place, on est maintenant en contact direct avec les gens avec qui on travaille, ça nous permet de confronter directement les personnes. Disons qu’on porte notre propre voix, en montant nos propres projets.

    Au-delà de votre engagement dans l’association, avez-vous parlé autour de vous du dispositif Place engagée et, plus largement, de la mutuelle ?

    Sherazade Mlili : De mon côté, oui, surtout dans mon cercle familial. Quand je dis à ma sœur que je vais au Delta Festival, elle me demande tout de suite comment j’ai réussi à me payer une place. Donc, je lui explique que je peux y aller grâce à Solimut, parce que j’ai participé à une maraude ou autre chose. Donc, elle me demande si elle peut venir participer à la prochaine. Et c’est le même schéma avec mes amis. Ils demandent ce que j’ai fait pour aller à tel endroit. Je leur explique et ça les motive.

    Estelle Bodo : On a commencé, vous étiez cinq je crois, et sur le groupe WhatsApp, on est presque 40 maintenant.

  • Les séances de yoga à 2 euros font le plein

    Les séances de yoga à 2 euros font le plein

    Les tapis de yoga sont étendus au sol. Au-dessus, un ciel bleu sans nuages est traversé par les gabians et les chants d’oiseaux. L’atelier n’avait encore jamais accueilli autant de monde : 17 personnes ce mercredi. « Cela fait deux semaines que j’essaye de m’inscrire. L’atelier est souvent complet », confie Lana, retraitée pratiquant déjà le yoga dans le Centre senior de la Ville. « Je pratique une fois par semaine le yoga mais ce n’est pas suffisant, alors je me suis inscrite en supplément aux cours proposés par le programme Coach bien-être », explique-t-elle.

    Anne, également présente, profitait déjà des ateliers de pilate dans le cadre du programme de la mairie de Marseille. Elle a souhaité bénéficier des cours de yoga « pour les prix plus qu’avantageux et la possibilité de faire de l’exercice en extérieur. C’est bien plus agréable que d’être enfermé dans une salle de sport », sourit-elle. Sandrine, sexagénaire elle aussi, se rend aux ateliers une à deux fois par semaine surtout « pour l’entretien physique ».

    Une musique douce accompagne les paroles de Selma. « Pensez à l’énergie qui circule dans votre corps, relâchez vos épaules et étendez la colonne vertébrale », indique-t-elle. « Pas de performance ici, on ne se juge pas », rappelle Selma.

    « On est tellement déconnectés de nos corps »

    Selma, 27 ans, est à l’origine juriste en droit de la mer. Elle s’est reconvertie en 2020, suivant une formation en Inde pour devenir enseignante de yoga. Elle a quitté, il y a un an, la Nouvelle-Calédonie pour s’installer à Marseille où elle donne des cours de yoga dans un studio loué dans le centre-ville. Elle y accueille une majorité de jeunes femmes.

    Ici, le public est différent, essentiellement féminin mais plus âgé. « Aujourd’hui, dans nos vies, on est tellement déconnectés de nos corps », explique la jeune femme. « Mon objectif est de reconnecter les personnes à leur corps et à leurs émotions. » Rémy, seul homme de l’atelier, est venu accompagné de sa fille. Ses douleurs à l’épaule l’ont poussé à s’inscrire pour pratiquer des étirements et s’assouplir. Marie-Thérèse, septuagénaire, recherche elle aussi un aspect thérapeutique dans ces ateliers. « Une fois à la retraite et les enfants partis de la maison, je me suis demandé quel était mon rôle », partage-t-elle. « Et ma psy m’a répondu que je devais vivre pour moi. Alors j’essaye », conclut-elle, un large sourire aux lèvres.

    Retrouvez en ligne l’intégralité du programme Coach bien-être, sur le site de la ville de Marseille. L’édition 2026 se déroule jusqu’au 30 septembre.

  • Hydrogène : un conduit XXL jusqu’à Barcelone

    Hydrogène : un conduit XXL jusqu’à Barcelone

    Ils promettent « une infrastructure stratégique transfrontalière pour l’hydrogène en Europe » dans laquelle Fos-sur-Mer aura toute sa place. Réunis sous la bannière du consortium H2Med, les sociétés espagnole Enagas et françaises NaTran et Teréga présentent leur projet BarMar à la population, ce mercredi, à l’occasion de l’ouverture de la concertation publique, qui s’achèvera le 6 juillet.

    BarMar, pour Barcelone et Marseille. Pourtant, c’est bien à Fos-sur-Mer, dans la zone du Caban, que cette canalisation sous-marine XXL devrait vraisemblablement arriver. Longue de 400 km, elle aura une capacité de transmission de 2 millions de tonnes d’hydrogène renouvelable par an, d’ici 2032, soit « un quart de la consommation actuelle en Europe », précise le secrétaire général du projet, François Dedieu. Une station de compression sera installée sur la péninsule ibérique pour collecter la molécule et la pousser dans le tuyau d’un mètre de diamètre, posé dans le fond de la mer, à 120 m de profondeur maximum.

    Une autoroute énergétique prioritaire

    À l’origine du projet, un constat : le Portugal et l’Espagne augmentent significativement leurs capacités de production d’énergie solaire et éolienne et prévoient d’exporter plus de 1,6 million de tonnes d’hydrogène par an, d’ici 2030, « à des prix compétitifs ». De l’autre côté, la demande de certains pays européens, au premier rang desquels la France et l’Allemagne, devrait augmenter.

    « Ce projet répond à deux enjeux : celui de la décarbonation, puisque l’hydrogène renouvelable va contribuer au remplacement des énergies fossiles dans l’industrie ; mais aussi celui de la résilience et de la souveraineté du territoire, puisqu’il va permettre de remplacer les importations par des productions européennes », note François Dedieu.

    Dans les quantités projetées, l’hydrogène vert transporté par BarMar doit permettre d’éviter 1 à 2 milliards de tonnes de CO2 sur la durée de vie de l’installation. « Le bilan carbone de la construction de l’infrastructure représente 0,1% de cette prévision », affirme-t-il. BarMar s’inscrit dans le programme H2Med. Il a été désigné comme une autoroute énergétique prioritaire et reconnue par la Commission européenne comme l’un des projets d’infrastructure hydrogène les plus avancés en Europe. Un statut qui lui permet de bénéficier d’une procédure d’autorisation accélérée.

    Cette canalisation doit « faire émerger tout un tas d’infrastructures hydrogène dans le sud de la France », en se connectant à HySoW, projet qui vise à créer une dorsale de 670 km d’installations de stockage en région Occitanie, reliant les principaux pôles industriels de Bordeaux, Lacq, Toulouse et Port-la-Nouvelle, mais également à Hy-Fen, côté Rhône, et HYnframed, vers Manosque.

    Localement, beaucoup d’acteurs pourraient être alimentés dans le bassin de Fos. « Nous sommes soumis à des contrats de confidentialité, mais les principaux secteurs consommateurs sont la pétrochimie, la chimie et la production d’ammoniaque, confie François Dedieu. Les nouvelles activités comme la production d’acier bas carbone ou de carburants de synthèse en auront aussi besoin. »

    Pour le moment, H2Med est « en plein dans les études environnementales pour avoir un état initial de l’environnement bien détaillé », détaille Thomas Aüllo, directeur du projet BarMar. Mais il annonce déjà que le projet sera « neutre » en phase d’opération. La décision finale d’investissement devrait être donnée en 2029.

  • Gardanne : Concertation à venir pour le projet des salariés de la centrale thermique

    Gardanne : Concertation à venir pour le projet des salariés de la centrale thermique

    Top départ, ce lundi, pour la concertation préalable volontaire autour du projet Bio-Méthane Provence, à Gardanne.

    Ce dernier, porté par la Société de production d’énergie gardannaise (Speg), détenue par l’Association des travailleurs de la centrale de Gardanne (ATCG) et résultant d’une lutte sociale de plusieurs années, a pour but de produire du gaz renouvelable sur le site de la centrale thermique de la commune.

    « On a saisi volontairement la Commission nationale du débat public (CNDP), on a pris les devants pour une totale transparence dans l’élaboration du dossier d’un point de vue administratif », campe Jean-Michel Roccasalva, secrétaire général de la CGT du site, cheville ouvrière de l’ATCG. Ce dernier rappelle : « On n’est pas des porteurs de projet lambda, la genèse du projet BMP vient en réponse à l’arrêt du charbon sur le site, pour une transition avec le maintien d’emplois et des compétences… ». Les travailleurs espèrent produire du gaz dit « vert » via un procédé industriel de pointe pour transformer du bois de récupération en fin de vie en combinant pyrolyse et méthanation, mais sans incinération.

    « Informer les riverains »

    Concrètement, trois réunions publiques sont au programme : les 12 mai, 26 mai et 16 juin, à 18h, à la Maison du peuple à Gardanne. Un dossier de concertation est à disposition dans les mairies du périmètre large du projet : Gardanne, Meyreuil, Fuveau, Bouc-Bel-Air et Aix-en-Provence. De même qu’un site internet est dédié à la concertation. « On veut éteindre toute incertitude sur ce qu’est le projet BMP, ce qu’on va faire, ce qui va être exploité, quelle ressource… », résume Jean-Michel Roccasalva. Avant de développer : « On ne convaincra pas certaines associations qui sont opposées à tout projet qui peut émerger dans le bassin. On s’en accommode, mais on souhaite surtout informer les riverains, directement concernés ou pas, le plus précisément possible. »

    D’où un déroulement précis des réunions : « On prévoit une réunion de deux heures, les garants de la CNDP présenteront la concertation. Il y aura un premier volet sur l’élaboration et le pourquoi de l’émergence du projet, puis un échange avec le public et un volet technique : comment on fabrique, quels enjeux, quels risques, quel niveau d’étude… ».

  • La Ville attaque le Airbnb illicite d’un « faux Marseillais »

    La Ville attaque le Airbnb illicite d’un « faux Marseillais »

    Vivant au Mexique, le propriétaire domicilié à Paris d’un appartement exploité illicitement depuis 2022 en locations saisonnières était assigné hier en référé par la Ville de Marseille. Les deux premières condamnations en février obtenues par la commune pour réguler le marché, portaient sur des fraudes en résidences secondaires. La présente affaire instruite par la brigade de contrôle du logement est « un premier cas de fausse déclaration en résidence principale pour échapper à l’autorisation de changement d’usage ».

    Placé sur les sites Airbnb et Booking à 400 euros la nuit, l’appartement de 145 m² au 4e étage du 118 rue Dragon (6e) proposait six chambres, plus une chambre de bonne de 16 m2 soit 14 couchages. Les deux plateformes rapportent 127 nuitées en 2022, 192 en 2023, 200 en 2024, soit un chiffre d’affaires de 207 600 euros, hors nuitées louées en direct. « Ces chiffres sont incompatibles avec la définition légale de la résidence principale. Le propriétaire a quatre appartements à Marseille, des sociétés à Paris et il travaille au Mexique », déroule Jorge Mendes l’avocat de la Ville. À considérer même que ce fut sa résidence principale, elle ne pouvait être louée en Airbnb plus de 120 jours par an, seuil abaissé en début d’année à 90 jours.

    « Il faut que ce commerce illégal cesse »

    « Les photos de cet appartement impersonnel parlent d’elles-mêmes. Pas d’effet personnel, pas de nom à l’interphone, c’est juste une résidence touristique », poursuit Me Mendes. « Ce business illégal aggrave la crise du logement pour les familles marseillaises. Sans compter les nuisances des groupes de visiteurs rapportées par les voisins, le syndic. Il faut que ce commerce illégal cesse. Il n’y a pas de “c’est Marseille bébé”, mais l’application de la loi nationale. 12 000 appartements sont enlevés aux Marseillais par des gens de passage », conclut l’avocat qui réclame 200 000 euros d’amende et une astreinte de 3 000 euros par jour pour le retour en bail classique.

    En défense, Me Victor Steinberg dénonce la « tonalité très politique et sans nuances d’un maire qui veut “faire la guerre aux Airbnb”, mais qui pour faire un exemple s’est trompé de cible ». Il décrit son client, Paul C., 37 ans, comme un « jeune travailleur ultra-connecté qui voyage beaucoup, fait de l’accompagnement au management de transition à l’international. Imaginer qu’il ait vécu chez ses parents à Paris est une thèse loufoque de la Ville qui vient traquer quelques incohérences administratives pour y voir une fraude organisée ». De produire une déclaration fiscale, des factures d’électricité et cent pages de factures de trottinettes comme preuve de son « ancrage marseillais ». Selon Me Steinberg, Paul C. aurait perçu « juste 6 900 euros de recettes » une fois retranchés les charges et travaux. L’appartement est depuis loué en bail mobilité à 4 étudiants colocataires à 680 euros mensuels chacun. Paul C. est désormais titulaire d’une carte de résident au Mexique. Il n’est pas rapporté que le Pastis lui manque.

    Décision le 30 juin.

  • La Région Sud signe avec la SNCF un nouveau contrat

    La Région Sud signe avec la SNCF un nouveau contrat

    Ce contrat entérine notamment un renouvellement des rames et des infrastructures ainsi que l’amélioration de la desserte. Aujourd’hui dégradé, le réseau des Alpes du Sud sera modernisé, notamment pour accueillir les Jeux olympiques de 2030. Un des grands objectifs de la Région.

  • L’impérieux devoir de mémoire du 8-Mai

    L’impérieux devoir de mémoire du 8-Mai

    Le 8 mai 1945 marque « la capitulation sans concession de l’Allemagne nazie » et la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe. « Notre combat est celui pour la paix, la guerre à la guerre, et contre les idées de l’extrême droite », insiste Patrick Saintenoy, président de l’Association républicaine des anciens combattants (Arac) des Bouches-du-Rhône. Elle fut « la seule association d’anciens combattants à dire non à Pétain ». Tous ses dirigeants furent arrêtés et fusillés.

    Ce 8-Mai inscrit dans la mémoire collective comme la date de la victoire sur le fascisme et la barbarie reste « une date fragile », note Jean-Marie Guillon. Supprimé en 1959, redevenu férié en 1982, « ce jour est concurrencé dès 1945 par le 11 novembre, il y a le 18 juin pour les Gaullistes, les fêtes de la Libération dans les communes, et cet éclatement du souvenir de la Seconde Guerre mondiale entre diverses mémoires », poursuit le professeur d’histoire honoraire d’Aix-Marseille Université. « Perdus dans les fériés de mai, beaucoup ne savent plus ce qu’il représente, or une commémoration ne tient que s’il y a une adhésion populaire mais le 8 mai n’a jamais joué le rôle rassembleur du 11 novembre ».

    Quatre-vingts ans plus tard, cette commémoration ne relève pourtant pas que du souvenir. Ce repère historique et républicain interroge le présent. La défaite militaire du nazisme n’a pas été celle des idéologies autoritaires. Les résistants en avaient conscience et ont accompagné la Libération d’un projet politique et social ambitieux, celui du Conseil national de la Résistance. Le programme des Jours heureux a posé les bases de l’État social français avec un objectif clair : tarir les sources économiques, sociales et politiques ayant permis la montée du fascisme dans les années 1930.

    Un héritage détricoté depuis des décennies, désormais au cœur d’une autre bataille. Résistance, peuple, patriotes, souveraineté, liberté, ces mots et notions forgés dans le combat contre l’occupant nazi sont aujourd’hui employés à rebours de leur sens originel. Là où la Résistance portait un projet d’émancipation collective, l’extrême droite s’en sert pour légitimer le repli, l’exclusion ou la contestation de l’État de droit.

    « Ils captent cet héritage de façon complètement indue. Ce vol a commencé dans les années 90 et n’a fait que se renforcer au fur et à mesure que l’extrême droite a prospéré et cherché à se donner une image respectable. Le père Le Pen disait qu’il était pour la Résistance. C’était celle à l’immigration, il jouait déjà sur les mots », rappelle Jean-Marie Guillon. Une inversion sémantique qui affaiblit les repères et brouille la mémoire.

    Ne pas se laisser voler

    le 8-Mai

    Aujourd’hui, les représentants d’un courant dont le principal parti, le Rassemblement national, a été fondé par ses adversaires, vont jusqu’à se ranger derrière la figure de De Gaulle. En nombre et en première ligne lors des commémorations. « Il faut se rappeler l’histoire, ils l’ont condamné à mort quand il était colonel », reprend Patrick Saintenoy. « On parle de ça dans nos commémorations patriotiques où tout le monde est représenté. Ils sont élus, ils n’ont pas fait un coup d’État. Il ne faut rien renier de nos valeurs républicaines mais avec diplomatie. »

    L’an dernier lors d’un hommage à la Résistance du maquis de Sainte Anne sur le plateau de Manivert, des anciens combattants ont tourné le dos au dépôt de gerbe du député d’extrême droite. À Marseille, où la mairie des 9e et 10e arrondissements est passée aux mains du RN, les communistes des 9-10, « fidèles à l’esprit de la Résistance » ont choisi de se détourner cette année de la cérémonie. « C’est une insulte que les héritiers du fascisme d’hier puissent rendre hommage à celles et ceux qui les ont combattus. Nous refusons de nous tenir aux côtés des représentants de nos ennemis historiques », justifie le PCF du 10e dans un communiqué listant les noms de rue donnés aux communistes tombés « face aux nazis et à leurs collaborateurs ».

    Les « héritiers du parti des fusillés comme il était appelé à la Libération, ne se laisseront pas voler le 8-Mai » et déposeront des gerbes, hors du cadre imposé par le RN. « La gauche a laissé partir le patriote du côté de la droite et de l’extrême droite, laissant une confusion entre nationalisme et patriotisme. Or le patriotisme était intimement lié à l’idée de République », assure Jean-Marie Guillon.

    Une bataille idéologique inscrite dans un contexte international marqué par la montée des droites autoritaires poussées par Donald Trump. Dans leur sillage, avec l’invasion russe en Ukraine et l’escalade en Iran signe de l’effondrement progressif du droit international hérité de l’après-guerre, ce
    8-Mai ne peut être réduit à un rituel figé. Le Conseil national de la Résistance portait une intuition toujours actuelle : sans justice sociale, sans droits garantis, sans coopération, les idéologies de haine trouvent un terrain favorable.

    LES RENDEZ-VOUS

    Bouches-du-Rhône

    Marseille. 11h, cérémonie commémorative à l’Arc de Triomphe, 19 place Jules-Guesde.

    Aix-en-Provence. 17h, Défilé patriotique sur le cours Mirabeau suivi par une cérémonie place du Général de Gaulle.

    Lyunes. 10h, cérémonie au monument aux morts, Espace Decastille.Allocution de Sophie Joissains, maire d’Aix.

    Les Milles. 11h45, cérémonie devant le monument aux morts, avenue Durbec.

    Martigues. 9h30, au monument aux morts de la Couronne, 10h45 à Saint-Julien-les-Martigues avec un dépôt de gerbe ; à 11h30 au monument aux morts 39/45, place du 8-Mai, 11h30 à Saint-Pierre-les-Martigues.

    Miramas. 9h, messe devant l’église Saint-Louis puis devant l’hôtel de ville, 10h, cérémonie au cimetière de Miramas-le-Vieux, 11h, départ du défilé.

    Châteauneuf-les-Martigues. 14h, bal d’époque, parc municipal François-Mitterrand avec exposition et défilé de véhicules militaires d’époque.

    Port-de-Bouc. 11h, cérémonie au monument aux morts de la Lèque.

    Entressen. 10h, cérémonie devant la mairie annexe. Départ du cortège vers le Monument aux morts.

    Istres : 10h30, cérémonie devant le Portail d’Arles, puis à 11h, devant la stèle de la Paix, esplanade Bernardin-Laugier.

    Aubagne. 9h30, rassemblement à l’entrée du cimetière des Passons,

    10h, rassemblement devant l’hôtel de ville.

    La Ciotat. 9h30, rassemblement au cimetière de Sainte-Croix à La Ciotat et à 11h, place des Héros à Ceyreste.

    Var

    Toulon. 9h40, cérémonie sur la Place d’Armes, déambulation de l’avenue Jean-Moulin à la place Gabriel-Péri, de 13h30 à 17h30 : ouverture à la visite du Fort Saint-Antoine avec exposition de véhicules et matériels militaires historiques.

    La Seyne. 9h, cérémonie au monument de la Victoire, esplanade du Souvenir Français.

    Fréjus. 9h45, cérémonie au Monument aux Morts, place Agricola.

    Hyères. 10 h, place Théodore-Lefèvre, à 10h, à Porquerolles, 12h à Giens.

    Draguignan. 8h45, cimetière Américain Rhône, 9h15, monument de la Résistance, 11h30, monument aux Morts, cour d’Honneur de l’Hôtel de Ville, 11h45, monument aux Morts, Jardin Anglès.

    Brignoles. 10h, cérémonie place Clemenceau et monument aux morts.

    Vaucluse

    Avignon. 9h, cérémonie au monument aux morts place de l’armée d’Afrique, 10h15, monument aux morts de Montfavet, 11h15, prise d’armes sur la place du Palais des Papes, 12h, monument aux morts du Rocher des Doms.

    Apt. 11h30, cérémonie au monument aux morts.

    Carpentras. 12h, cérémonie au monument de la Victoire.

    Orange. 10h cérémonie cours Pourtoules.

    Alpes-de-Haute-Provence

    Manosque. 16h, cérémonie au monument des martyrs de la résistance des Basses Alpes, boulevard Elemir-Bourges.

    Digne-les-Bains. 10h30, cérémonie au rond-point du monument aux morts.

    Sisteron. 9h15, départ du cortège depuis la mairie pour la cathédrale, 11h, rassemblements au monument de la résistance et à 11h40 au monument aux morts.

    Les Mées. 9h30, cérémonie au Monument aux morts du cimetière des Petits Camps, 11h, départ du cortège, Fontaine de la République, 11h30, cérémonie au Monument aux morts, square de la Paix.

    Oraison. 10h30, cérémonie sous la mairie.

    La Brillanne. 10h30, cérémonie devant la mairie.

    Reillanne. 11h15, cérémonie monument aux morts.

    Hautes-Alpes

    Briançon. 11h, au monument aux morts.

    Gap. 11h, au monument aux morts.

    Embrun. 11h15, messe à la Cathédrale Notre Dame du Réal, 12h30, cérémonie au monument aux morts.

    L’autre 8-Mai, hommages aux victimes des massacres de Sétif

    Plusieurs cérémonies et manifestations auront lieu ce vendredi 8 mai, à Marseille, Martigues et Aix-en-Provence, pour commémorer le massacre de milliers d’Algériens en 1945, à Sétif, mais aussi Guelma et Kherrata, dans le Constantinois. Le jour de la capitulation de l’Allemagne nazie, un défilé est organisé dans plusieurs villes d’Algérie. La situation dégénère rapidement et les rassemblements sont très férocement réprimés, répression qui aurait fait de 10 000 à 30 000 morts, selon les historiens. La Ville de Marseille organise vendredi 8 mai, une cérémonie au parc de la Porte d’Aix à 15h avec le dévoilement d’une plaque commémorative, la Ville de Martigues est à l’initiative d’un hommage au cimetière de Réveilla, à partir de 10h30 tandis que la France insoumise commémorera les victimes de ces massacres à Aix-en-Provence, place des Martyrs, à partir de 10h30.

    Carmen Vollenweider

  • Les Marseillaises battues par Dijon

    Les Marseillaises battues par Dijon

    Dans un match dominé par le DFCO, ce sont bien les Dijonnaises qui se sont imposées
    (0-1) pour cet ultime match. Suite à un penalty manqué par Leclercq, Gabriela Grzybowska a fini par conclure alors que le temps additionnel de la première période était bien entamé. En fin de partie, la jeune Sarah Compaoré a été expulsée côté Olympiennes. La course au maintien a été folle jusqu’au bout avec Saint-Etienne, reléguée à la suite d’un but de Fleury à la dernière minute. Lens descend aussi, Montpellier est sauvé.

  • Les calanques marseillaises lentement dépolluées

    Les calanques marseillaises lentement dépolluées

    Titanesque, le chantier de dépollution des calanques, entre le Mont Rose et Callelongue, a connu sa première phase, du 1er septembre au 31 mars dernier. Pour mémoire, l’État avait été contraint par une décision de justice, en décembre 2024, de le mener à bien d’ici juin 2038, suite au recours de trois associations, celle de Santé littoral sud (ASLS), Union calanques littoral et la Fédération d’action régionale pour l’environnement Sud. Avant que ne démarre la seconde phase, les principaux acteurs de l’opération ont tiré un premier bilan sur les sites de l’Escalette et de Samena, ce mercredi 6 mai.

    Le but : traiter les rejets industriels déposés par l’industrie au fil des XIXe et XXe siècles. Des scories contenant des taux élevés de cadmium, de mercure, d’arsenic ou de plomb, comme le relevait en 2005 une étude de l’Institut de veille sanitaire. « Sept dépôts sur vingt devaient être traités, trois n’ont pas été terminés », indique Louise Walther, directrice de l’environnement à la préfecture. En cause : la mauvaise météo, des contraintes réglementaires avec la nécessité d’employer des corps de métiers très spécialisés pour des finitions « léchées » en plein site classé, explique-t-elle. Se sont ajoutés d’autres paramètres : respecter des espèces protégées, prendre en compte les habitants et la fréquentation touristique. Bref, « un chantier très atypique dans un site très contraint », résume-t-elle.

    Des surprises au menu

    Les maîtres d’ouvrage ont également eu quelques surprises, notamment sur les tonnages, « 44% de plus » que prévu, précise Louise Walther. Soit 3 500 tonnes au lieu des 2 500 prévues initialement.

    Concrètement, à Samena, des restanques ont été créées, « il a fallu creuser le calcaire », explique Mélody Gros, cheffe de projet sites pollués à l’Ademe. Seuls deux des trois dépôts ont été traités. L’année prochaine, il faudra « retirer la membrane qui ne supporte pas les UV » pour faire du définitif avec l’habillage paysager, ajoute-t-elle.

    Le port de l’Escalette n’est pas achevé non plus. Reste, là encore, la végétalisation, des parements de pierre à réaliser, mais les scories sont confinées, assure Melody Gros. À la calanque des Trous, un mur et un enrochement ont vu le jour, mais « on s’est arrêté là, car l’insertion paysagère demande de prendre beaucoup de temps », complète-t-elle.

    Financièrement, ces couacs n’ont rien ajouté aux 14,9 millions d’euros de budget. « On avait prévu des marges », assure la responsable de l’Ademe.

    Pour la seconde phase, prévue du 1er septembre au 31 mars, il reste à traiter seize dépôts. Soit 6 000 tonnes de scories à enlever sur neuf zones géographiques distinctes. Le gros morceau sera le belvédère de Callelongue, qui « va demander du temps, 7 mois de travaux à lui seul », prévient Mélody Gros, avec à la clé, pour les riverains, de « grosses perturbations de circulation et de stationnement ».

    Un mal pour un bien. « On s’est bagarrés pendant plusieurs années pour ces travaux, on ne va pas se priver du plaisir de voir que ça se fait », commente Rolland Dadena, président d’ASLS, qui souligne aussi « le dialogue » instauré avec la mise en place d’un comité de suivi en 2024. Mais, pour lui, il faudrait aller plus loin en dépolluant aussi le site de Legré-Mante.

    En termes de santé, s’il n’y a « pas eu d’alerte particulière », les services de l’État restent vigilants. Il y a deux voies d’exposition rappelle Cécile Morciano, responsable du service santé environnement à la délégation des Bouches-du-Rhône de l’ARS : « L’ingestion de la terre et de sable contaminés par les enfants et la consommation d’oursins et de moules. » Après un historique mené sur 10 ans, « aucun signal sanitaire sur ce secteur ne nous a été remonté », insiste-t-elle. Si le confinement des scories supprime le risque, la qualité de l’air restera sous surveillance durant le chantier et 7 mois après. Mais la pêche aux moules n’est pas pour demain, « les sédiments côtiers restent », reconnaît Cécile Morciano.