Tag: Bouches-du-Rhône

  • À Aix, antifascistes et militants d’extrême droite face à face malgré l’interdiction

    À Aix, antifascistes et militants d’extrême droite face à face malgré l’interdiction

    La manifestation prévue ce samedi 10 octobre place de l’Hôtel-de-Ville, par le Collectif Antifa, avait été interdite par la préfecture en raison de risques d’affrontements entre militants antifascistes et groupes d’ultradroite. Un rassemblement s’est néanmoins formé spontanément sur la Rotonde, dans la matinée.

    D’un côté, des militants d’ultradroite, avec des néonazis; de l’autre, des organisations et associations antifascistes. Plusieurs drapeaux de La France insoumise (LFI) étaient également visibles dans la foule. Le député de Vaucluse Raphaël Arnault a pris la parole lors de la mobilisation. Sa présence était initialement annoncée avant l’interdiction préfectorale de tout rassemblement.

    Selon les organisateurs, 200 personnes mobilisées « contre le fascisme » étaient présentes, contre une « trentaine » du côté de l’ultradroite. Les forces de l’ordre ont finalement dispersé les groupes à l’aide de gaz lacrymogène.

    Malgré cette issue, les organisateurs considèrent la mobilisation comme une « victoire ». « On a réussi à tenir bon, à montrer qu’on était plus nombreux », estime Lina, du Collectif Antifa d’Aix.

  • « C’est un match de Coupe et surtout un derby »

    « C’est un match de Coupe et surtout un derby »

    La Marseillaise : Avec deux victoires seulement après neuf journées de Ligue 3, votre équipe pointe à la seizième place du championnat. Comment se sent votre groupe après ce début de saison compliqué ?

    Karim Masmoudi : Le groupe vit bien. On travaille, on avance. Il faut savoir que j’ai le groupe le plus jeune de Ligue 3, avec pas mal de joueurs qui n’avaient pas joué la saison dernière. Ce qu’on ressent, aussi bien au sein de l’équipe qu’au sein du club, c’est qu’il y a une vraie progression. Je suis convaincu que l’équipe sera prête lorsque tout le monde sera au même niveau physique et que je pourrai disposer de l’ensemble de mon groupe pour un match.

    Que manque-t-il à votre équipe pour être plus performant ?

    K.M. : Un peu de maturité. Quand on regarde le contenu de nos matchs, on constate que les équipes adverses sont souvent impressionnées par ce qu’on propose. On gagne 1-0 à La Roche-sur-Yon, on joue à dix à Rouen tout en conservant la possession, et à Caen, on encaisse un but à la dernière seconde. Les adversaires nous ont régulièrement félicités pour la qualité de notre jeu. Mais dans l’analyse des matchs, on sent que l’on manque encore d’expérience dans certains moments clés. Avec un groupe aussi jeune, il faut deux ou trois cadres capables d’accompagner ces joueurs, de les guider et de les faire grandir. Le rôle de l’entraîneur et du staff est important, mais il ne suffit pas toujours. C’est aussi pour cette raison que nous avons fait revenir Ali Ahamada et recruté Youssouf M’Changama. Ce sont des profils dont nous avions besoin.

    Vous affrontez Istres ce samedi (à 17h, à Parsemain) au 5e tour de la Coupe de France. Comment appréhendez-vous ce match ?

    K.M. : C’est un match de Coupe, et surtout un derby des Bouches-du-Rhône. La Coupe n’est pas forcément notre priorité, mais c’est toujours intéressant de passer quelques tours. On est satisfaits de ce qu’on propose et de ce qu’on met en place. On trouve notre travail cohérent et on n’est pas dans une situation de doute. On est sereins sur le plan du jeu et dans la dynamique collective. Après, la Coupe peut aussi nous permettre d’engranger de la confiance et de continuer à avancer. On va aborder ce match avec sérieux et ambition, tout en restant fidèles à ce qu’on veut construire. Istres est une équipe difficile à jouer, même si elle connaît aussi un début de saison compliqué. Mais sur un match de Coupe, tout est possible.

  • Le Département s’engage pour l’inclusion des personnes en situation de handicap

    Le Département s’engage pour l’inclusion des personnes en situation de handicap

    Ce vendredi à l’Hôtel du Département, la présidente (DVD) des Bouches-du-Rhône, Martine Vassal, a ouvert la toute première Journée de l’inclusion : « Il y a énormément d’organismes pour aider les personnes en situation de handicap. » L’élue a souhaité tous les réunir « pour trouver des solutions » et « recrédibiliser la parole du politique dans ce sujet ». Cette première édition a réuni 750 inscrits. L’événement doit « devenir annuel », précise Martine Vassal.

    « Nous voulons permettre à chacune et chacun d’avoir le choix de participer à la vie en société », a affirmé la présidente. Elle a d’abord entrepris de combattre les préjugés à travers des tables rondes thématiques, en matinée. Au programme des échanges figuraient l’habitat inclusif, les stéréotypes, l’accès à l’enseignement supérieur et la situation des jeunes aidants. L’élue a insisté sur le dernier sujet, que le Département entend mieux accompagner à travers des dispositifs de repérages et d’écoutes dans les établissements scolaires.

    Un Village dédié

    Dans l’atrium de l’Hôtel du Département s’est tenu un forum, regroupant stands associatifs, partenaires institutionnels et dispositifs départementaux. Le rassemblement a été apprécié par les participants. « On est venues chercher de l’information », a expliqué la maman de Jeanne, qui souhaite s’inscrire à des cours d’équitation. Elles ont trouvé leur bonheur auprès de Défi Sport, un club marseillais de sports et loisirs pour les personnes en situation de handicap mental ou psychique. « On a créé l’association pour permettre à ces publics de pratiquer une activité physique régulière adaptée, de sociabiliser, tout en offrant des temps de répit aux familles aidantes », précise Stéphane, directeur de Défi Sport.

    Le village de l’inclusion était un moyen de visibiliser les dispositifs adaptés pour les exposants, mais aussi d’établir des liens dans le réseau. « C’est agréable de se rassembler », ont fait remarquer Tom et Azzedine, du club handisport d’Aix-en-Provence, venus simplement faire un tour au milieu des autres acteurs associatifs.

  • Mobilisés contre un spectacle lié à Pierre-Édouard Stérin

    Mobilisés contre un spectacle lié à Pierre-Édouard Stérin

    Une « tentative de récupération de l’Histoire au service d’un récit nauséabond et dangereux », selon le Collectif aixois contre les idées et violences de l’extrême droite. Un spectacle « qui distille une idéologie nauséabonde et des pratiques problématiques quant au respect du droit des salariés, comme souvent avec ces shows portés par des militants d’extrême droite », pour la CGT Spectacles. Les deux organisations, ainsi que Visa 13 et le Syndicat français des artistes (SFA), rejoints par d’autres associations, seront mobilisés devant l’Aréna du Pays d’Aix, ce dimanche 11 octobre, dès 16h.

    En cause : La Dame de Pierre, présentée sur le site de l’Aréna comme un « récit légendaire du plus célèbre monument du monde », actuellement en tournée et programmée à 18h. Comme un air de déjà-vu, puisque le 16 novembre dernier, date de programmation de ce même spectacle, une mobilisation s’était déjà tenue. Ils étaient à cette époque, plusieurs dizaines à manifester.

    Pour cause, le spectacle, mis en scène par Corentin Stemler, est en partie financé par le Fonds du Bien commun, fondé à l’initiative de Pierre-Édouard Stérin, milliardaire d’extrême droite. « Dans le contexte de remise en cause du financement du service public de la culture que nous connaissons aujourd’hui, les milliardaires de l’extrême droite française ne cachent plus leurs ambitions d’investir massivement dans le secteur culturel (…). Pierre-Édouard Stérin lui, avance tous les jours les pions de son projet Périclès, acronyme pour “Patriotes enracinés résistants identitaires chrétiens libéraux européens souverainistes”. Son projet a pour objectif d’assurer une victoire idéologique et politique à une alliance entre l’extrême droite et la droite libérale conservatrice de France », résume la CGT des Spectacles.

    Des tracts seront distribués aux spectateurs, pour « alerter » à propos d’un spectacle qui, selon les organisateurs de la manifestation, distille une « idéologie réactionnaire ».

  • « Sans donner de leçons, nous voulons aider à la bataille politique »

    « Sans donner de leçons, nous voulons aider à la bataille politique »

    La Marseillaise : En quoi consiste ce rendez-vous annuel ?

    Frédéric Rays : C’est déjà l’occasion de nous retrouver. Cette amicale réunit les camarades qui ont 35 ans d’adhésion au parti. Nous sommes environ 700 dans notre fédération. Surtout on aide toujours à la bataille politique. Et cette année on a choisi le thème de 36 car ce sont les 80 ans du Front populaire. En invitant l’historien Guillaume Roubaud-Quashie à faire le lien et voir les enseignements que nous pouvons en tirer aujourd’hui.

    Mireille Chessa : Cela nous semblait compliqué de faire l’impasse sur 36, compte tenu de la nature de notre amicale. Ce qu’on souhaite aussi c’est de voir comment on peut s’en emparer pour faire quelque chose de plus contemporain.

    Quel parallèle faites-vous entre cette période et aujourd’hui ?

    F.R. : Les choses sont certes plus compliquées qu’elles ne l’étaient en 36. Notamment sur le rassemblement de la gauche qui s’est un peu éloignée du peuple. Même si rappelons-le, en 1934, les socialistes et les communistes défilaient à part. Il y a eu aussi un mouvement ouvrier important, c’est un petit peu ce qui manque aujourd’hui, enfin, jusqu’à présent… On note aussi que le désarroi mène au Rassemblement national, à l’époque c’étaient les croix de feu.

    M.C. : Ce qu’on souhaite c’est que cette matinée de réflexion et de débat vienne aussi nourrir les décisions du 40e congrès du Parti communiste, avec en toile de fond notre réalité bien actuelle comme la présidentielle et un mouvement social dynamique.

    Justement, comment s’inscrire dans la réalité du mouvement lycéen, la perspective d’élection présidentielle ?

    F.R. : Loin de nous l’idée de vouloir donner des leçons. Mais nous pouvons transporter ce qu’a été notre histoire, comment nous avons milité même si nous avons conscience que ce n’est plus du tout la même façon de faire. Nous voulons apporter notre expérience et perpétuer notre mémoire militante qui ne doit pas se perdre. Par exemple en 2025, nous avons édité un livret sur le CNR.

    M.C. : Lors de la fête de l’Humanité en septembre, le discours du PCF était clair, ne pas attendre la présidentielle pour agir mais aller dans l’actualité par exemple contre le racket au niveau des carburants, pour la nationalisation de l’énergie. Au-delà des jeunes, la dynamique du mouvement social s’est aussi accélérée depuis le 29 septembre, avec la manifestation pour la défense du service public.

    À 9h, à la Maison des communistes, 280 rue de Lyon (16e)

  • Les retraités se dressent contre la casse des services publics

    Les retraités se dressent contre la casse des services publics

    Un rassemblement de neuf associations et syndicats de retraités différents est annoncé, mercredi, à 11h, place du Général-De-Gaulle à Marseille, devant le siège du Medef et celui de l’Agirc-Arrco, retraite complémentaire des salariés du privé. L’objectif est de contester le budget de l’État et exiger une revalorisation de toutes les pensions.

    « Avec une baisse de la retraite complémentaire en plus de celle au niveau de la Sécurité sociale, c’est la double peine », déplore Josette Biancheri, secrétaire générale adjointe de l’USR-CGT 13, avant de poursuivre : « Donc on entame un processus de lutte pour pouvoir vivre dignement. Le 14 octobre, c’est le point de départ d’un mouvement qui va s’amplifier jusqu’au 19 novembre avec une grande action nationale à Paris. Les retraités sont très en colère et personne ne nous fera taire ».

    Les syndicats de retraités dénoncent la dévalorisation des pensions par points et leur désindexation sur l’inflation, qui impliquent, pour eux, une perte importante de pouvoir d’achat. « Dans les Bouches-du-Rhône, la moyenne des retraites est en dessous de 1 000 euros, alors que l’argent, on sait où il se trouve. L’Agirc-Arrco a les moyens, mais préfère le placer en bourse plutôt que de le redistribuer. Pourquoi on est obligés de se battre pour réclamer notre dû ? Il s’agit de nos cotisations », s’indigne Josette Biancheri.

    Roselyne Garcia, porte-parole de l’Union nationale interprofessionnelle des retraités solidaires, demande « une autre répartition des richesses pour sauver les services publics, qui sont le dernier rempart face à l’extrême droite ». Elle se dit par ailleurs frustrée de devoir lutter pour préserver les principes fondamentaux du système de retraite solidaire : « La retraite est un droit et non un privilège accordé par l’État ».

    Solidarité avec

    les mouvements lycéens

    Les retraités souhaitent accompagner les mouvements lycéens dont ils soulignent la justesse et la maturité. « Ce n’est pas simplement de la solidarité, il y a une convergence d’intérêts. On ne peut pas dissocier une famille. On se retrouve tous dans la rue pour une meilleure répartition des richesses », explique Josette Biancheri. Josiane Dragoni de la section des Bouches-du-Rhône de la FSU, ajoute : « Il n’y a pas de division, malgré tous les efforts des forces dominantes pour inventer une guerre des générations. On voit bien que la réalité sociale est différente ». Elle résume : « On s’engage ensemble pour conserver un État social digne de ce nom, alors que les principes de solidarité sociale sont mis en danger au profit du chacun pour soi, de l’individualisme. On ne veut pas d’une société déshumanisée. Des tas de solutions sont possibles, à condition de changer de politique ».

  • [Rue de la République] Marc Pietrosino : « Les jeunes mobilisés ont un discours très proche de celui de la CGT »

    [Rue de la République] Marc Pietrosino : « Les jeunes mobilisés ont un discours très proche de celui de la CGT »

    Le climat social

    Didier Gesualdi : Comment jugez-vous la situation sociale ? Elle est très inflammable ?
    Oui, il y a un bouillonnement de colères que l’on sent arriver. Plusieurs sujets viennent se mêler : d’abord c’est la vie chère. Tout le monde le voit en faisant le plein. Le carburant pèse vraiment sur la vie des ménages, mais il n’y a pas que ça, il y a le prix de la nourriture, des loyers… Et dans le même temps, tout ce qui est pensions, salaires ou traitements a stagné. Dans les entreprises privées, les négociations salariales sont catastrophiques et dans la fonction publique, il faudrait faire des fouilles archéologiques pour retrouver le moment où le point d’indice n’était pas gelé. Un calcul montre que pour les catégories C, avec les augmentations « normales » dont ils ont été privés, les fonctionnaires auraient 700 euros en plus sur la feuille de paie. Ce n’est pas négligeable. Vous imaginez la perte de pouvoir d’achat ?

    Léo Purguette : Pour faire baisser les prix des carburants, on entend parler de nationaliser Total. Quels leviers faut-il actionner selon vous ?
    Le levier des nationalisations peut être actionné, c’est sûr. On peut envisager le blocage des prix également. Pour défendre le pouvoir d’achat, il faut aussi rattraper les salaires, qu’ils soient vraiment indexés sur l’inflation. Bien entendu, il faut aussi se pencher sur notre dépendance aux énergies fossiles.

    Léo Purguette : Il y a une autre catégorie de la population qui exprime son mécontentement : ce sont les lycéens qui veulent plus de professeurs, de moyens, des locaux en bon état et la suppression de Parcoursup. Aviez-vous vu venir ce mouvement ?
    Pas de cette ampleur, mais les revendications que vous évoquez sont aussi celles de la CGT. Quant à Parcoursup, il n’y a pas que la CGT. Je pense que n’importe quel parent qui a un enfant qui passe le bac, il a des sueurs dès qu’il faut entrer sur Parcoursup. Il y a des tas d’exemples qui montrent que c’est un système très aléatoire. Ce que nous disons, nous, à la CGT, c’est que Parcoursup, c’est une machine à inégalités. Des étudiants se retrouvent sans leurs choix. Ceux qui ont les moyens pourront finalement payer une école et faire les études qu’ils veulent, les autres resteront sur le bord du chemin. Ça, c’est condamnable. Sur l’état des locaux dénoncé par les lycéens, force est de constater que beaucoup de locaux sont des passoires thermiques, qu’il y a encore beaucoup d’amiante. Il faut un plan de rénovation très important. S’agissant du manque d’effectifs, l’Éducation nationale, comme les autres services publics, a perdu des postes année après année. On est vraiment à un point critique.

    Léo Purguette : On parle d’une génération dont beaucoup d’observateurs avaient dit qu’elle était rongée par l’individualisme, lobotomisée par les écrans.

    Est-elle en train de faire la démonstration du contraire ?

    Voir des jeunes qui s’investissent, qui ont un discours très proche du nôtre et qui veulent changer la société, c’est rassurant. Pour moi, c’est la démonstration qu’il faut toujours faire confiance à la jeunesse, à l’intelligence. Ces jeunes ont la possibilité de s’exprimer, ils le font très bien. Effectivement, c’est une génération qui a sans doute des problèmes, mais à vrai dire comme toutes les générations. Moi, ce que je vois, ce sont des jeunes avec des cerveaux et qui savent s’en servir.
    Didier Gesualdi : Le gouvernement dit que la dette va justement impacter cette génération qui manifeste.

    Quel est votre avis ?

    L’économie n’est pas une science exacte. On est sur un paradigme libéral qui dit qu’il ne faut pas s’endetter ou alors sur des marchés privés avec des gros taux d’intérêt. Il y a d’autres choses qui sont possibles en économie. Le tournant libéral initié par Thatcher, pris dans les années 1980 et pris par tous les pays européens, a fait des ravages. Cela a commencé par détruire les services publics. Avec quelles conséquences ? Faire monter la misère. C’est tellement le cas, qu’aujourd’hui, dans un pays comme l’Allemagne, marqué par le nazisme, on se retrouve avec un parti néofasciste qui gagne des positions de pouvoir.
    Le rôle de la CGT

    Léo Purguette : Vous appelez les militants CGT à descendre dans la rue aux côtés des lycéens. N’y a-t-il pas un risque d’instrumentalisation ?
    En tout cas, nous à la CGT, on fait très attention à descendre dans la rue pour protéger ces jeunes en étant à leurs côtés. On est logoté CGT puisqu’on a un service d’ordre. On n’a pas de banderoles, pas de slogans, on les laisse avoir les leurs. On est là pour les protéger, faire en sorte que ça se passe bien en faisant tampon entre eux et les forces de l’ordre et éventuellement pour dégager les intrusions abusives.

    Didier Gesualdi : La CGT défend beaucoup l’industrie, l’emploi…
    Et l’environnement ?
    Aussi, d’abord parce qu’on est très inquiets de la santé des salariés qui sont employés dans ces industries. Une industrie plus noble, plus vertueuse sur le plan écologique protégera la santé des salariés. Nous faisons très attention à tous ces aspects. Pour la CGT, il faut que l’industrie coche les cases de l’emploi, de la santé et de l’écologie. On est conscient aussi que toute production industrielle polluera toujours un petit peu, mais il faut restreindre au maximum cet impact et le mettre en rapport avec la satisfaction des besoins humains.

    Le RN

    Didier Gesualdi : Dans les entreprises, ça dit quoi de l’extrême droite ? On est dans une période idéologique très troublée. Il y a une explosion de colères, certains peuvent être séduits par ses discours, ça peut-être très confus. La ligne pseudo-sociale de Marine Le Pen peut faire dire à certains que ce parti a changé. Nous, par l’histoire et par nos pratiques, on sait que ce parti sera toujours l’ennemi des salariés.

    Léo Purguette : Avez-vous été surpris parvles propos antisémites attribués à Jordan Bardella ?
    Non ! Quand on connaît l’histoire du Rassemblement national… C’est un petit peu leur fonds de commerce. Aucune surprise à ce niveau-là. On se souvient tous des propos de Jean-Marie Le Pen sur les chambres à gaz, mais aussi avec qui il a fondé ce parti : des antisémites et des nostalgiques d’un certain régime qui a déclenché la Seconde Guerre mondiale. Le vernis s’est juste craquelé.

    Les dossiers chauds

    Léo Purguette : L’UD CGT s’est beaucoup tenue aux côtés des salariés de Fibre excellence, à Tarascon, qui ont des difficultés à obtenir des réponses. Est-ce que Fibre excellence, c’est fini ?
    Non, ce n’est pas fini ! Il y a des projets. Nous avons eu une réunion avec la Région, vendredi dernier, avec des industriels qui étaient là pour évaluer la possibilité de reprendre Fibre excellence. C’est le leader de la pâte à papier et ça fait vivre toute la filière bois, toute une filière la logistique aussi. Fibre excellence, c’est 260-270 emplois directs, mais c’est 5 000 emplois induits donc il y a beaucoup d’acteurs qui ne veulent pas que Fibre excellence ferme. On a un outil de travail qui a déjà été modernisé. Il suffit de pas grand-chose. Ce qui nous manque, c’est un papetier. En France, il n’y en a plus, donc on est en train de chercher à l’étranger. La difficulté, c’est de conserver les locaux en état. Le liquidateur ne nous a pas aidés dans cette démarche !

    Léo Purguette : La CGT est favorable à la ligne très haute tension (THT) pour décarboner le golfe de Fos. Quels sont vos arguments ? Car elle suscite beaucoup d’opposition de la part de riverains.
    Il y a des oppositions. Ce n’est pas tellement sur la THT, mais sur la question : faut-il enterrer la ligne ou la mettre en aérien. Nous, on n’a pas de préférence, on veut qu’elle arrive. Si on veut décarboner l’industrie, on est obligé d’avoir la THT, mais aussi ce qui produit l’électricité. On a besoin que cette ligne arrive sur le Port pour l’électrifier aussi et, plus largement, alimenter toute notre région tout en rénovant notre réseau électrique qui en a bien besoin.

    Léo Purguette : Il y a eu un conflit social récent sur la liaison avec la Corse. On sent d’importantes tensions à l’intérieur du consortium qui dirige Corsica Linea. Êtes-vous inquiet pour son avenir ?
    Cela fait des années que la CGT se bat pour le pavillon français afin d’embaucher des marins au droit français. Je constate qu’on a laissé des compagnies faire autrement. Aucune nouvelle occasion ne doit être saisie pour contourner le pavillon français.

    Didier Gesualdi : Comment allez-vous mener la campagne pour les élections professionnelles dans la fonction publique ?
    D’abord, je voudrais souligner qu’il y a eu une grève suivie en intersyndicale dans la fonction publique avant les élections professionnelles, ce qui est très rare. Cela montre que les problèmes sont profonds et que tout le monde a su faire preuve de responsabilité. Notre objectif est de conserver notre première place dans la fonction publique. Nous menons campagne au plus près des agents pour entendre et faire gagner au mieux leurs revendications.

    L’industrie

    Léo Purguette : L’UD CGT s’est beaucoup tenue aux côtés des salariés de Fibre excellence, à Tarascon, qui ont des difficultés à obtenir des réponses. Est-ce que Fibre excellence, c’est fini ?

    Non, ce n’est pas fini ! Il y a des projets. Nous avons eu une réunion avec la Région, vendredi dernier, avec des industriels qui étaient là pour évaluer la possibilité de reprendre Fibre excellence. C’est le leader de la pâte à papier et ça fait vivre toute la filière bois, toute une filière la logistique aussi. Fibre excellence, c’est 260-270 emplois directs, mais c’est 5 000 emplois induits donc il y a beaucoup d’acteurs qui ne veulent pas que Fibre excellence ferme. On a un outil de travail qui a déjà été modernisé. Il suffit de pas grand-chose. Ce qui nous manque, c’est un papetier. En France, il n’y en a plus, donc on est en train de chercher à l’étranger. La difficulté, c’est de conserver les locaux en état. Le liquidateur ne nous a pas aidés dans cette démarche !

    Léo Purguette : La CGT est favorable à la ligne très haute tension (THT) pour décarboner le golfe de Fos. Quels sont vos arguments ? Car elle suscite beaucoup d’opposition de la part de riverains.

    Il y a des oppositions. Ce n’est pas tellement sur la THT, mais sur la question : faut-il enterrer la ligne ou la mettre en aérien. Nous, on n’a pas de préférence, on veut qu’elle arrive. Si on veut décarboner l’industrie, on est obligé d’avoir la THT, mais aussi ce qui produit l’électricité. On a besoin que cette ligne arrive sur le Port pour l’électrifier aussi et, plus largement, alimenter toute notre région tout en rénovant notre réseau électrique qui en a bien besoin.

    Léo Purguette : Il y a eu un conflit social récent sur la liaison avec la Corse.On sent d’importantes tensions à l’intérieur du consortium qui dirige Corsica Linea. Êtes-vous inquiet pour son avenir ?
    Cela fait des années que la CGT se bat pour le pavillon français afin d’embaucher des marins au droit français. Je constate qu’on a laissé des compagnies faire autrement. Aucune nouvelle occasion ne doit être saisie pour contourner le pavillon français.

    Didier Gesualdi : Comment allez-vous mener la campagne pour les élections professionnelles dans la fonction publique ?
    D’abord, je voudrais souligner qu’il y a eu une grève suivie en intersyndicale dans la fonction publique avant les élections professionnelles, ce qui est très rare. Cela montre que les problèmes sont profonds et que tout le monde a su faire preuve de responsabilité. Notre objectif est de conserver notre première place dans la fonction publique. Nous menons campagne au plus près des agents pour entendre et faire gagner au mieux leurs revendications.

    Les gilets jaunes

    Didier Gesualdi : On parle d’une résurgence des Gilets jaunes, le 17 octobre. Vous parlez avec eux ?
    Oui, on a quelques contacts avec des mouvements citoyens qui s’appellent parfois sur leurs tracts « ex-Gilets jaunes ». Cela ne nous surprend pas, ce qui était dénoncé est toujours là… en pire. Pour nous, la porte est ouverte à des actions communes.

    Didier Gesualdi : Vous n’êtes pas un peu concurrents ? Ça avait été compliqué en son temps ?
    À une époque oui, sans doute parce que c’était un mouvement très divers avec un éventail politique large et varié. Aujourd’hui, ça a l’air d’être plus compact. Concurrents, non. Plus on sera nombreux sur les mêmes revendications, mieux ce sera.

    La question des lecteurs

    Catherine : J’ai fait partie de la génération qui s’est mobilisée contre la loi Devaquet, je pense qu’il faut protéger les jeunes d’aujourd’hui contre la violence policière.
    Catherine, vous vous êtes mobilisée contre le projet de loi Devaquet, moi j’étais de la génération des grandes grèves de 1995. Je commençais à être étudiant. Il y avait de la répression, mais effectivement, quand on manifestait, on n’avait pas cette peur de se faire matraquer ou gazer. Parallèlement, si je fais un comparatif, quand les agriculteurs, avec la FNSEA, manifestent avec les tracteurs, on ne leur balance pas des grenades dessus. Nous, on a pris nos responsabilités. Il faut protéger les jeunes. On ne nie pas qu’il y a eu des débordements, il y a eu du personnel enseignant blessé, mais globalement, il y a eu une disproportion de la réponse policière et de la répression, donc on va continuer à encadrer les jeunes du mieux qu’on pourra pour qu’ils puissent porter leurs revendications de manière sereine et que ce soit ça qui soit entendu. Les débordements détournent l’attention des causes du mouvement. Nous nous impliquons parce que nous voulons que les jeunes puissent s’exprimer et rentrer chez eux en un seul morceau.

  • La Ville s’investit pour la petite enfance

    La Ville s’investit pour la petite enfance

    La visite, ce vendredi, de la crèche Chave, rythmée par les comptines et les jeux des enfants, était l’occasion pour les élus municipaux, Juliette Masson (Mad Mars) et Didier Jau (EELV), de constater la qualité des équipements de la structure et d’exprimer leur volonté de garantir « la qualité d’accueil, le bien-être des enfants et l’accompagnement des familles » dans toutes les crèches de la ville.

    La structure municipale a obtenu le label « Écolo-crèche » fin 2025. « On avait une structure qui se prêtait à la labellisation, mais elle implique quand même des changements de pratique. On a donc mis plein de choses en place, comme des projets en plein air pour les enfants ou notre processus de nettoyage sans produits chimiques, avec seulement de l’eau », explique Amélie Meyronneinc, la directrice. La crèche propose aussi une alimentation respectueuse de l’environnement, avec des produits issus de circuits courts, et se démarque par la présence de sols naturels dans ses espaces extérieurs. « C’est une fierté d’avoir obtenu ce label. C’est un dispositif qui plaît aux parents car c’est un gage de qualité par rapport à la garde de leurs enfants », ajoute-t-elle.

    La Ville a identifié les différents axes de progression pour les établissements d’accueil de la petite enfance. Juliette Masson assure qu’ils « ambitionnent de lutter contre les disparités territoriales en termes d’accueil, en ouvrant 1 000 places supplémentaires dans les crèches, et de garantir un accueil inclusif, de manière inconditionnelle, pour que tous les Marseillais de moins de 3 ans puissent s’épanouir ».

  • Le village des sciences attend le public durant tout le week-end

    Le village des sciences attend le public durant tout le week-end

    On a tous le même squelette que l’on soit noir ou blanc, homme ou femme » explique une animatrice de l’Unité mixte de recherche (UMR) anthropologie bioculturelle, droit, éthique et santé devant des enfants du CE2 de l’école Louis-Botinelly (4e) massés en cercle autour du dessin d’un squelette grandeur nature. Questions et réponses fusent dans une joyeuse ambiance vendredi, jour dédié aux scolaires dans le village de la science installé sur l’esplanade Bargemon.

    Vient le discours d’ouverture du directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique, délégué régional académique à la recherche et à l’innovation Jean-Luc Parrain. Il souligne « les valeurs de partage, de savoir et d’ouverture qui caractérise cette grande fête. On doit toujours lutter contre les stéréotypes. L’égalité est fondamentale au cœur de la famille mais ensuite à l’école. » Samedi et dimanche, 8 000 personnes sont attendues sur le village ouvert à tous gratuitement, avec un nombre toujours croissant d’interactivité. « Cette 35e édition propose 55 stands et 65 structures participantes », rappelle Solène Merer directrice en région des Petits débrouillards, association organisatrice du village à Marseille.

    à l’extérieur, des tentes blanches sont disposées les unes à côté des autres. Les enfants s’engouffrent très curieux de savoir ce qu’ils vont y découvrir. à l’intérieur, planètes et système solaire attendent leur public, et les expériences de physique ravissent les scolaires qui découvrent que la magie a parfois une explication rationnelle. Sur le stand de l’Institut méditerranéen d’océanologie (MIO), Guillaume Marchessaux, chercheur et spécialiste des espèces invasives sensibilise au crabe bleu. Ambassadeur pour la région Paca, il animera deux conférences intitulées : « Et si on mangeait du crabe bleu pour le réguler ? » ce week-end.

    Samedi et dimanche. 10h-18h.

  • Publications haineuses : Franck Allisio vire son collaborateur

    Publications haineuses : Franck Allisio vire son collaborateur

    Allez faire les poubelles sur dix ou quinze ans si ça vous intéresse », invitait Franck Allisio le 7 mars dernier, quand La Marseillaise l’interpellait à l’occasion de la visite de Jordan Bardella sur les pedigrees de haines et de violences de ses colistiers aux municipales. Moins de deux semaines après la révélation par Mediapart des propos antisémites tenus par le président du RN, c’est le journal Libération qui a suivi son conseil en dévoilant, ce jeudi soir, les publications haineuses de son plus proche collaborateur, Louis Grégoire.

    Sur son compte Facebook privé, auquel était abonné le patron du parti lepéniste dans les Bouches-du-Rhône, l’assistant parlementaire partageait ainsi blagues racistes et conseils de lecture antisémites. « La nature est fasciste, il faudra bien qu’ils s’y fassent un jour », écrivait-il ainsi en 2018 en s’en prenant aux « grosses moches ». Alors qu’une plaisanterie douteuse sur la Shoah diffusée sur France 2 avait suscité l’indignation, il relaie aussi une publication du site d’Alain Soral, Égalité et réconciliation, en commentant : « Pour faire une blague sur les Maghrébins, il faut être Maghrébin, sur les Noirs, il faut être Noir, sur les Juifs, il faut avoir un bon avocat. » Il partage aussi une certaine passion pour la Seconde guerre mondiale, en penchant davantage du côté de la francisque. Ainsi ce 6 juin 2018, où il publie l’image d’un lance-roquette allemand avec la mention : « Defend Normandie. » « 6 juin 44 : destruction des côtes normandes et bretonnes, première étape du plan Marshall », explicite-t-il. « L’armée française reconstituée par Pétain en Afrique du Nord aurait pu faire l’affaire si le colonel de Gaulle n’avait pas cassé les cou*** », écrit-il aussi. Dans ses conseils de lecture : l’auteur antisémite Pierre Hillard, ou le pro-pétainiste Adrien Abauzit, quand il ne cite pas les poèmes du collaborationniste Brasillach.

    Indignations immédiates

    Dès le lendemain de la publication, le délégué départemental du RN annonçait mettre fin au contrat de son attaché parlementaire, « afin de lui laisser le temps de la clarification », justifie Franck Allisio dans un communiqué. « Ces écrits dont il est accusé, et qui dateraient d’il y a dix ans, étaient inconnus de tous et antérieurs à son recrutement par l’Assemblée nationale », jure-t-il.

    Sans éteindre l’indignation. Le président du conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) Aix-Marseille Bruno Benjamin apporte ainsi « une condamnation sans ambiguïté ». S’il prend acte du licenciement, « cet épisode doit néanmoins nous rappeler combien la vigilance est indispensable, particulièrement dans l’entourage de celles et ceux qui exercent des responsabilités ». Le président de la Licra Aix-Marseille, Serge Tavitia, demande pour sa part à Franck Allisio de condamner « sans réserve » les propos antisémites attribués à Jordan Bardella. « Le programme même du RN se nourrit des mêmes idées racistes et xénophobes que celles des fondateurs du Front national », souligne-t-il.