Tag: Bouches-du-Rhône

  • Marsatac : rap, pop et électro à la fête au Parc Borély

    Marsatac : rap, pop et électro à la fête au Parc Borély

    « Je suis le symbole de ce que le rap est devenu : une musique décomplexée qui touche tout le monde », aime à dire Niska, tête d’affiche de la soirée d’ouverture du festival Marsatac, vendredi 12 juin au Parc Borély. À ce compte-là, rien d’étonnant à ce que ce rappeur, qui développe ses rimes sur des musiques aussi bien inspirées de la pop occidentale que de l’Afrique, n’ait écoulé, la semaine passée, tous les billets d’un double concert au Stade de France prévu en 2027 en seulement quelques heures. « La soirée du vendredi met à l’honneur ce que le rap fait de mieux aujourd’hui », indiquent les organisateurs de ce festival qui programmera aussi, lors de cette date inaugurale, une « nouvelle génération de talents rap », constituée d’artistes comme Jeune Morty, Huntrill et La Rvfleuze. Au menu également, la chanteuse martiniquaise Meryll, qui swingue de la pop au dancehall en passant par le hip-hop, ou encore l’artiste aux sons électro-orientaux, Ino Casablanca.

    Boss lady et jeunes talents

    Soirée la plus attendue de Marsatac, la date du samedi 13 juin se jouera à guichets fermés. Le Parc Borély accueillera alors Théodora, phénomène de la pop francophone engagée et féministe, alias « Boss lady », qui a fait chavirer les cœurs et les hanches avec des tubes comme Kongolese sous BBL ou Fashion Designa, ainsi que le rappeur Disiz, à l’origine de l’album On s’en rappellera pas, où figure d’ailleurs le titre Mélodrama interprété avec une certaine… Théodora. Jeune chanteuse guyanaise de dancehall à la trajectoire ascendante, la Pas jalouse Bamby, comme le suggère l’une de ses chansons phares, sera aussi très attendue par la jeunesse qui déferle à chaque climax du printemps sur le Parc Borély au moment de Marsatac. La journée de clôture du dimanche 14 juin a, elle, « été pensée comme une grande fête populaire », notamment marquée par une « programmation solaire majoritairement marseillaise avec des collectifs qui soutiennent la place des femmes et minorités de genre sur scène et défendent un droit inaliénable à la différence ».

  • La mairie d’Aubagne veut fédérer pour le nouvel hôpital

    La mairie d’Aubagne veut fédérer pour le nouvel hôpital

    Lancé au lendemain de la crise du Covid, dans le cadre d’un plan d’investissements prévu par le gouvernement à la suite du Ségur de la Santé, le projet de construction d’un nouvel hôpital à Aubagne n’avance pas assez vite d’après la nouvelle municipalité. Censé s’implanter dans la zone des Gargues, dont le foncier n’a toujours pas été acquis, l’établissement doit, en théorie, être livré en 2032. De quoi pousser la mairie à réclamer un coup d’accélérateur.

    Vendredi, à l’occasion du conseil municipal, les élus se sont donc prononcés à la faveur d’un vœu en quatre points. À commencer par la création d’un « front territorial commun », aux côtés des 19 communes directement impactées par la construction de l’hôpital. L’objectif : faire bloc, « au-delà des étiquettes partisanes », pour « exiger le maintien des enveloppes budgétaires » auprès des collectivités territoriales impliquées dans le financement du projet. La Ville invite également lesdites communes à envisager une participation financière à l’achat du foncier, pour l’instant prévu à l’unique charge d’Aubagne.

    La Région Sud, la Métropole Aix-Marseille et le Département des Bouches-du-Rhône sont également interpellés et invités à « confirm[er] et accélér[er] leurs engagements financiers respectifs afin de sécuriser l’enveloppe globale du projet ». Leur mobilisation est aussi nécessaire à la réalisation des infrastructures de transport (Val’Tram, BHNS) et de voirie, « indispensables à la desserte et à la sécurité du site des Gargues ». « La faisabilité et le succès de cet hôpital dépendent de son accessibilité », a en ce sens souligné Jean-Pierre Squillari, maire (DVG) d’Aubagne.

    Dans l’attente du préfet

    Le vœu appelle également à la signature « dans les meilleurs délais » de la Déclaration d’utilité publique (DUP) par le préfet des Bouches-du-Rhône, une procédure administrative permettant de réaliser une opération d’aménagement sur des terrains privés en les expropriant, précisément pour cause d’utilité publique. Un document ici nécessaire pour entamer les négociations avec les actuels propriétaires. « Il faut qu’on ait suffisamment avancé au deuxième semestre de l’année sur les acquisitions foncières pour que l’État accepte, dans la foulée, de lancer les concours d’architectes, détaille une source proche de la municipalité. Et ces concours d’architectes, si on veut que l’hôpital soit livré en 2032, il faut les lancer en 2027. » Pour coordonner efficacement toutes ces instances, Mohammed Salem, ancien président de la commission médicale de l’hôpital d’Aubagne, a été nommé délégué spécial auprès du maire. Une nomination fortement critiquée, au passage, par Gérard Gazay, l’ancien maire (LR) d’Aubagne. D’ailleurs, son groupe n’a pas pris part au vote de ce vœu.

    Un comité de pilotage, en présence de toutes les institutions impliquées, doit avoir lieu le 26 juin.

  • Ce qui va changer dès août pour Aubagne en « Ligue 3 »

    Ce qui va changer dès août pour Aubagne en « Ligue 3 »

    La Ligue 3 professionnelle verra le jour en août. Elle s’inscrit dans une feuille de route clairement définie : bâtir un championnat financièrement pérenne, plus attractif autour d’un « produit » mieux valorisé, et davantage ancré dans les territoires en renforçant l’intégration des clubs au sein de leur écosystème local. L’objectif est également d’en faire une compétition plus innovante, à travers l’évolution du format, de l’arbitrage et des règlements sportifs et financiers.

    Système de play-offs

    Sur le plan sportif, la future Ligue 3 s’inspirera du modèle de la Pro D2 en rugby. Le championnat réunira 18 clubs, qui s’affronteront en matches aller-retour sur 34 journées. Les deux premiers du classement accéderont directement à la Ligue 2, tandis que les équipes classées de la 3e à la 6e place disputeront des play-offs pour décrocher une place en barrage. Le vainqueur de ces phases finales affrontera ensuite le 16e de Ligue 2 lors d’une double confrontation aller-retour, avec un billet supplémentaire pour l’échelon supérieur à la clé. À l’autre extrémité du classement, les trois derniers seront relégués. Cette réforme s’accompagne également d’une refonte de la pyramide des compétitions nationales. À partir de la saison 2026-2027, l’actuel National 2 prendra l’appellation de N1, tandis que le N3 deviendra le N2.

    Un nouveau diffuseur

    Côté diffusion, les 309 rencontres de Ligue 3 – saison régulière et play-offs compris – seront retransmises en intégralité et en exclusivité sur Ligue 1+ au cours des trois prochaines saisons. Une évolution majeure pour les supporters, puisque les matches du championnat quitteront la gratuité de FFFtv pour intégrer une offre payante. La programmation s’articulera autour de deux créneaux. Chaque journée débutera le jeudi à 20h45 avec l’affiche principale, diffusée en prime time dans une case dédiée, sans concurrence avec la Ligue 1 ou la Ligue 2. Les huit autres rencontres se joueront le samedi à 15h et seront proposées à la fois sur des canaux individuels et dans le cadre d’un multiplex. Un horaire choisi pour concilier visibilité télévisuelle et affluence dans les stades.

    Aides doublées

    Le budget consacré à la Ligue 3 atteindra 12,3 millions d’euros, contre 5,8 millions en 2025-2026, dont 70% seront directement redistribués aux clubs. L’ensemble des 18 équipes bénéficiera désormais d’un montant d’aides uniformisé, dans un cadre harmonisé reposant sur un statut professionnel fédéral commun. Le plafond d’aide par club pourra atteindre 450 000 euros, contre 180 000 euros en 2022-2023 et 300 000 euros cette saison. Cette enveloppe intègre une nouvelle politique d’aide aux déplacements, fixée à 50 000 euros pour chaque club.

    Recours vidéo inédit

    Véritable laboratoire d’innovations dans plusieurs domaines, notamment l’arbitrage, la nouvelle Ligue 3 accueillera la première expérimentation en France du « Football Video Support ». Ce dispositif d’assistance vidéo, plus léger que la VAR utilisée en Ligue 1, offrira aux entraîneurs la possibilité de disposer de deux challenges par match pour demander un recours à la vidéo sur une action relevant du protocole VAR. Sa mise en place s’accompagnera de l’intégration d’un quatrième arbitre, contribuant à la professionnalisation du championnat.

    Sans synthétique

    La Ligue 3 imposera, dès la saison 2027-2028, l’utilisation de pelouses en gazon naturel ou hybride. Les terrains synthétiques seront progressivement retirés du championnat, même si des dérogations temporaires pourront être accordées à certains clubs.

  • Des journées de l’archéologie pour redécouvrir l’histoire de la ville

    Des journées de l’archéologie pour redécouvrir l’histoire de la ville

    Les Journées européennes de l’archéologie se déploient partout en France, et dans plus de 30 pays européens. À Marseille, l’événement rassemble « 35 rendez-vous gratuits avec plus d’une centaine d’experts qui sont mobilisés : des archéologues, des chercheurs, mais aussi des médiateurs », explique Gwenaël Richerolle, adjoint (Écologistes) délégué au patrimoine municipal et aux équipements culturels municipaux. « Cela s’insère dans une politique culturelle de la Ville de Marseille, qui vise à créer un attachement entre les publics avec le patrimoine archéologique et culturel », souligne-t-il.

    « Parler de notre histoire »

    Parmi les propositions, le 9 juin, le public est invité à une conférence détaillant les résultats d’une fouille archéologique, menée en 2025 dans les quartiers nord de la ville, et qui avait révélé l’existence d’un vignoble grec antique. La conférence mettra en lumière le rôle central de la viticulture dans l’économie de Massilia, sous quatre siècles d’occupation, entre les Ve et IIe siècles avant J.C. En effet, ces journées marquent également un temps pour « parler de notre histoire, puisque Marseille est la ville la plus ancienne de France », confie Gwenaël Richerolle.

    Ce samedi 13, c’est l’inauguration de « L’art de la matière : maquettes marseillaises », aux archives municipales. Une exposition qui présente 29 maquettes et 16 aquarelles de monuments emblématiques de la cité phocéenne jusqu’au 17 octobre. « C’est l’occasion de redécouvrir en 3D nos monuments », partage l’élu. « Le week-end est entièrement construit pour les familles, avec des ateliers qui sont pensés pour tous les âges. » Entre autres : bacs de fouilles, ateliers d’art préhistorique et pariétal, poterie, tissage ou encore un atelier d’archéologie navale… « Au-delà de l’aspect ludique, il y a la possibilité de découvrir les métiers de l’histoire de l’art et de l’archéologie. »

    Programme complet sur le site de la Ville de Marseille.

  • La répression des fraudes passe au peigne fin le Salon Côté sud

    La répression des fraudes passe au peigne fin le Salon Côté sud

    À l’entrée du Salon Côté Sud, ils sont cinq à dégainer une carte professionnelle floquée du drapeau tricolore. Au dernier jour de ce salon d’arts et design, installé au parc Jourdan, les agents de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) s’attellent à contrôler différents stands installés sur cet immense Salon. Ustensiles de cuisines, couverts, produits cosmétiques, parfums d’intérieur, bijoux et vêtements… En résumé, « on fait attention à l’affichage, explique S.I., l’une des agents de répression des fraudes. Mais aussi à la loyauté et la sécurité ». Soit à la véracité des allégations thérapeutiques, environnementales, et autres, vantés autour du produit. Mais aussi à ce qu’il soit sûr pour son consommateur. Au niveau local, la DGCCRF est constituée de trois services : le contrôle de l’alimentaire, des produits industriels, types jouets et produits chimiques, et le contrôle des prestations de service. Des prélèvements, peuvent parfois être effectués sur les textiles, avant d’être envoyés au Service commun des laboratoires (SCL), « partagé par la DGCCRF et le ministère de l’Économie et des Finances », précise l’agent. Premier arrêt pour une partie des fonctionnaires, répartis en groupes, un stand de tissus et vêtements de plage, arrivé de Saint-Malo. « C’est tout Made in France ! », lance fièrement la commerçante, habituée aux contrôles. « C’est ce qui nous intéresse ! ». « On a donc une allégation d’origine et de pur coton. Il y a un certain nombre de choses qu’on va faire vérifier par demande documentaire. Elle aura quinze jours pour nous envoyer tout ça », explique E.B., l’un des agents, tout en manipulant des textiles et analysant l’étiquetage. « Il n’y a que la composition qui est obligatoire. Pour nous, l’origine ne l’est pas. Mais si on la met, il faut être honnête. »

    Une vingtaine de stands contrôlés

    Sur ce premier stand, l’échange reste préventif. « On préfère prévenir que guérir. Guérir passe soit par des procédures administratives, soit par des procédures pénales. Soit des avertissements ou des injonctions, sinon ce sont des procès-verbaux pénaux, pour pratique commerciale trompeuse, infractions diverses relatives au produit… », poursuit ce même agent. « C’est quand même intéressant, il y a un échange pour corriger des choses », lance la commerçante Direction ensuite un stand de créateur. Le site internet de cette boutique indépendante a déjà été contrôlé. « Je pense que vous connaissez nos services », introduit S.I. Sur ce stand, un défaut de labellisation des matériaux est pointé. « Il va falloir indiquer le matériau », soutiennent les agents à cette commerçante, qui explique être seule pour « tout gérer » et indiquer oralement la composition de ses bijoux à ses clients. « J’ai jamais eu aucun souci (…) un moment je suis artisan, je fais tout toute seule, je fais tout ça dans mon atelier… Vraiment, je ne vends pas de la drogue quoi, plaide cette commerçante. C’est un peu tiré par les cheveux. Si je vendais des produits très chers, tout ça, je comprendrais la démarche. Mais là, on voit bien la différence des prix sur la vitrine. » Une première mesure de police administrative lui avait été envoyée, sur un premier contrôle. « Je pense qu’on va lui faire un courrier d’avertissement, pour lui rappeler la réglementation », explique E.B. « En général, les professionnels nous indiquent qu’ils sont de bonne foi on n’en doute pas on adapte [les mesures, Ndlr] », indique I.S. Côté commerçants, la complexité des règles et mesures à connaître et suivre reviennent régulièrement, sur les contrôles. « La réglementation européenne est quasiment présente sur l’ensemble des produits », contextualisent les agents. Sur un autre stand de produits cosmétiques provençaux, une « jeune » boutique, l’inquiétude s’impose comme première réaction face au contrôle. « Vous connaissez la réglementation autour des produits cosmétiques ? » pose I.S. « Je défie un ingénieur de donner toute la réglementation applicable sur le cosmétique », ironise ce commerçant, chez qui quelques modifications seulement sont à faire, notamment sur l’appellation d’ingrédients d’origine naturelle. « Je crois qu’à la répression des fraudes, on applique 10 000 textes », confie l’un des agents. Au total, une vingtaine de stands ont été contrôlés. « Plusieurs contrôles d’allégations sur l’origine des produits doivent encore être approfondis » et « un peu moins d’une dizaine de non-conformités mineures ont été relevées (…) », indique la DGCCRF.

  • Les logisticiens de Decathlon prennent le relais de la grève

    Les logisticiens de Decathlon prennent le relais de la grève

    « La direction de Decathlon ne veut rien nous donner alors que tous les chiffres sont au vert. » Abdallah Draoui, délégué syndical CFDT de l’entrepôt des Aiguilles à Ensuès-la-Redonne, résume l’amertume des salariés en ce jour de grève de lundi. Après un premier round côté commercial samedi (notre édition du 8/06), les logisticiens de l’enseigne sportive prennent le relais de l’appel intersyndical à la mobilisation, notamment à la grève et au débrayage.

    Le piquet de ce lundi matin rassemble une trentaine de grévistes, avant que les syndicalistes n’aient fait le tour de l’entrepôt. Les poids lourds sont arrêtés au portail, pendant une quinzaine de minutes. Une action symbolique pour une cause bien réelle : celle des salaires. « La direction a refusé de répercuter l’augmentation du Smic », selon Abdallah Draoui, ce qui était pourtant auparavant de mise proportionnellement sur la grille des salaires. « Déjà qu’on n’a rien eu aux négociations annuelles obligatoires [NAO, Ndlr], en plus on nous prive de la hausse du Smic et on n’a même pas un euro de ticket restau », abonde Laurent Curti, délégué syndical CGT du site.

    Une exception est à noter : « On a eu un jour de congé payé et un dispositif mobilité verte, mais on n’a pas de voiture électrique et on ne covoiture pas », pointe le syndicaliste, railleur. Son confrère de la CFDT rapporte qu’en face « la direction est en avance de 80 millions d’euros sur sa trajectoire et que bientôt les actionnaires vont se virer encore 900 millions d’euros ». Laurent Curti rappelle les autres chiffres : 1,4 milliard d’euros, 412 millions ou encore 605 millions sur les dernières années.

    « On n’y arrive pas »

    Le pouvoir d’achat face à l’inflation n’est pas la seule bataille. « Le Smic a été la goutte d’eau, mais les conditions de travail sont également déplorables », tance Angélique Geraci, de la CFTC du site des Aiguilles. La syndicaliste parle « de plus en plus de charge de travail pour des objectifs qui sont inatteignables. On ouvre déjà 24 heures sur 24 pour livrer 70 magasins et on n’y arrive pas quand on nous demande de traiter une commande de l’un d’eux en 24 heures » au lieu de 48. Les primes, liées au chiffre d’affaires, en pâtissent : « On n’y arrive juste pas, et les primes trimestrielles ont le même calcul. »

    Mais cette marche forcée est censée être justifiée par l’assistance de la technologie. « Ils ont investi 20 millions d’euros dans la mécanisation », remarque Abdallah Draoui. « Mais ce n’est pas encore au point pour marcher comme ils l’espéraient », complète Laurent Curti. Un matériel qui nécessite une astreinte de techniciens de maintenance du prestataire.

    Mais la logique du « travailler plus pour gagner plus » rapportée par Abdallah Draoui trouve ses limites. « Seule la suractivité paye à 150% du salaire. Mais la direction planifie à l’avance et on n’a plus que quelques heures ici et là », pointe Laurent Curti, quand Frédéric Pellier de FO rappelle qu’« il n’y a pas de majoration le dimanche ».

    Contactée, la direction de Decathlon assure du « maintien d’un dialogue social régulier, constructif et continu. L’entreprise reste à l’écoute de l’ensemble de ses collaborateurs au quotidien. »

    En face, 80 revendications restent non satisfaites.

  • Ils réclament justice pour toutes les Lyhanna

    Ils réclament justice pour toutes les Lyhanna

    Marseille

    Lundi soir, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant le palais de Justice pour rendre hommage à Lyhanna et dénoncer ce que beaucoup perçoivent comme une « impunité » face aux violences « à répétition ». Banderoles et panneaux : plusieurs structures telles que le Collectif enfantiste, Femmes solidaires ou Sud Éducation manifestent à l’unisson. Sur la place, les cris de « Justice pour Lyhanna ! » ont rythmé le rassemblement.

    « J’ai peur pour mes enfants », confie Rosanna pour qui ces actes ne sont « ni une erreur, ni un manque de moyens, c’est juste un manque de considération de la part des politiques actuels ». Élodie Boussarie, enseignante à Marseille et militante au syndicat Sud Éducation, partage, elle aussi, ce sentiment d’écœurement : « Je suis présente pour témoigner de ma colère envers le gouvernement qui détruit les services publics et qui aujourd’hui a l’air de s’offusquer qu’il y ait des dysfonctionnements au sein de l’Éducation nationale et de la Justice. » Cette enseignante souhaite que les financements de ces services soient optimisés afin de former tous les professionnels à ces sujets. Pascaline Lécorché, adjointe au maire de Marseille et déléguée à l’Éducation, rappelle que « nous sommes là pour Lyhanna, mais aussi pour toutes les Lyhanna. Car le sujet des violences sexistes et sexuelles est fondamental ». C’est pourquoi, « la Justice devrait se saisir rapidement des faits et instaurer une relation avec les autres corps de métiers, afin qu’une liste noire existe et que les personnes suspectées ne soient pas réembauchées dans d’autres établissements, au contact des enfants », avance l’adjointe au maire. « Ce n’est pas l’histoire d’un homme mais bien celle d’une société qui peine à écouter ses enfants », rappelle la représentante de Sud éducation lors de sa prise de parole.

    Aix-en-Provence

    Colère dans la foule. « Il aura fallu quoi, qu’une petite meure, dans des conditions que j’imagine atroces, pour qu’on réalise que ce gars-là était dangereux. Il faut que nos enfants meurent ? » s’indigne Laura. Cette mère de deux enfants, belle-mère de deux autres, vient faire entendre sa colère, comme les centaines d’autres personnes rassemblées sur le parvis du palais de Justice. L’appel a été lancé par l’association Mouv’Enfants. Ils sont pères, mères, sœurs, grands-parents. « Je suis contente de voir qu’il y a des hommes ce soir. J’avais peur que le combat ne soit que féminin. Ça manquait cruellement. » Pendant près d’une heure, la foule compacte s’est rassemblée pour rendre hommage à Lyhanna, 11 ans, dont le corps a été retrouvé à Fleurance, dans le Gers. Son assassin présumé, est désormais visé par neuf affaires. De quoi cristalliser l’indignation de la foule. « C’est à se demander pourquoi il faut autant de cas de plaintes. Pourquoi la justice ne met rien en action ? Ce n’est pas possible de ne pas protéger les enfants, qui sont l’avenir. On veut briser l’avenir ? » demande Julien. Pour Amandine, c’est une première manifestation, motivée par le « on n’en peut plus. Ma fille a 11 ans. Je n’ai pas besoin d’en dire plus ». À côté d’elle, Nelly regrette que la mobilisation ne soit pas plus forte. « Notre société n’a pas conscience de l’enjeu de protéger nos enfants. » La mobilisation, silencieuse, jusqu’à une minute de silence, a rapidement laissé place à l’indignation générale. « Darmanin, dehors ! », se lance la foule. Et entonne, en huant : « Victime, on te croit. Violeur, on te voit ! »

    Martigues

    « Pour celles qui prennent la plus lourde des peines, pour les victimes de ton système, je t’accuse et j’assume. » Les paroles de Suzanne entonnées par la chorale du collectif féministe l’Émeute rieuse prend tout son sens à Martigues ce lundi soir, où un féminicide a eu lieu quelques jours plus tôt.

    Plus d’une centaine de personnes se sont rassemblées devant le tribunal. Plusieurs pancartes ont été réalisées pour l’occasion. Des politiques, comme « Lyhanna ne serait pas morte si la protection de l’enfance avait de vrais moyens », « protégez les enfants et les femmes, écoutez, subventionnez, formez, abritez… » ou plus confus, comme « l’inaction judiciaire tue », ou encore « justice complice ».

    « Ces horribles féminicides de Lyhanna nous ramènent toujours à la réalité de cette société patriarcale qui excuse les violences sexistes et sexuelles et ne protège pas ses enfants » recentre le conseiller départemental (PCF) Gérard Frau, arrivé en avance. « Je ne supporte pas que Macron et Darmanin disent que ce n’est pas une question de moyens. Mais forcément qu’il y a des erreurs quand les services publics sont pressurisés ! » tance l’élu, assurant que « la solution est de faire voter la loi-cadre portée par les associations féministes, réclamant 2,6 milliards d’euros pour des tribunaux dédiés et la formation des agents au contact ».

    Le maire (PCF) Gaby Charroux, venu avec son équipe municipale, demande cette « loi qui protège ». Mais aussi de « démarrer l’éducation des petits garçons dès la maternelle, le plus tôt possible, pour arrêter cette domination de l’homme sur la femme ».

    Avignon

    Un peu plus de 200 personnes étaient mobilisées ce lundi 8 juin devant le tribunal d’Avignon pour rendre hommage à Lyhanna.

    À l’ombre des remparts de la cité des Papes, les pancartes avec des messages de « ras-le-bol » ou « un enfant n’est jamais consentant » se mêlaient à d’autres plus provocatrices telles que « la justice est du côté des violeurs » ou « moins de Darmanin, plus de moyens ». C’est avec émotion que Sara et Darla, responsables du Collectif Enfantiste de Vaucluse, ont pris la parole conjointement pour dénoncer les « défaillances de la société » tout en pointant du doigt l’enceinte du tribunal. « L’enfant devrait représenter l’avenir. Nous refusons que l’émotion et l’action s’arrêtent là. Chaque enfant mérite protection et que son intégrité soit reconnue », poursuivent-elles. Ce, juste après que Muriel Trichet, du collectif féministe Nous Toutes 84, a tenu à préciser que les organisations présentes « sont contre la peine de mort » et que « les appels à tuer les gens ne seront pas acceptés ».

    Dans la foulée de ces prises de parole, les participants se sont empressés de traverser la route afin de se rassembler devant les portes du tribunal dans la fumée de quelques fumigènes. « Comment accepter un tel bide, un tel abandon. Il n’y a aucun mot pour décrire un tel deuil » pointe les responsables associatives. « Il faut vraiment que le gouvernement prenne compte l’ampleur de ce qu’il faut faire. Plus de 100 000 cas de violences sexuelles par an. Il faut qu’il s’en empare comme cela a été fait avec le terrorisme » pointe Julien Gélas, venu manifester avec ses enfants.

    Toulon

    « Lyhanna, où que tu sois on t’aime ! Tu n’es pas morte pour rien ! » Le cri du cœur de cette maman, saisie d’un admirable courage pour témoigner des violences subies par sa fille et qui attendent encore une réponse pénale trop longue à venir, embue les yeux des quelque 500 Toulonnais et Toulonnaises venus dire leur colère devant le tribunal judiciaire lundi soir. Ce sont aussi eux qui ont donné la force, dans un élan de solidarité trop rare en cette période de désunion, à celles et ceux qui ont, comme elle, dans un mégaphone, osé se libérer d’un fardeau si lourd à porter. « Car comme l’a dit le maire de Fleurance, ce n’est pas la goutte d’eau qui fait déborder le vase, mais celle qui le renverse ! », clame Marie Giudicelli, du collectif féministe toulonnais la Raje.

    Chacun avait une bonne raison d’être là. Sur le t-shirt de Maéva, il est écrit « 1 enfant sur 5 ». Comme l’effroyable proportion de victimes d’inceste, un crime qu’elle a elle-même subi. « Je me mobilise pour mes enfants comme pour les autres. » Flore, elle, n’est pas une habituée des rassemblements populaires. « Mais la vie se charge de savoir nous abandonner. Ma conscience m’a portée jusqu’ici », affirme-t-elle.

    Les couleurs politiques, elles, n’existaient plus. Pendant 1h30, le consensus les a effacées. Celui qui appelle à « exiger une justice qui a les moyens de faire son travail et une loi qui nous protège », s’époumone Marie Guidicelli. Car « ce que les responsables politiques appellent dysfonctionnement, c’est un système de domination patriarcale ! » Un système qui a laissé périr une victime de trop.

    Digne-les-Bains

    Près de 200 personnes se sont rassemblées lundi soir devant le tribunal de Digne pour exprimer leur soutien à la famille de Lyhanna et demander que le gouvernement prenne ses responsabilités et promulgue une loi intégrale sur les violences.

    La présidente de l’association des élues des Alpes-de-Haute-Provence s’est interrogée sur « comment détecter et venir au secours de ce système qui s’essouffle par manque de moyens financiers ». « Les dossiers sont mis dans des armoires, classés sans suite pendant que des enfants meurent et sont violés », a déploré Audrey, professeure.

    « Nous n’acceptons plus que les noms de ces enfants deviennent de simples faits divers et que l’on oublie jusqu’au prénom suivant. Nous refusons le cycle de larmes, de déclarations et d’inaction », a lancé Philippe Bekalarek, militant venu de Château-Arnoux-Saint-Auban. « Combien d’enfants ont souffert pendant que les adultes détournaient le regard ? », s’est-il interrogé, exigeant « des peines réellement exécutées » et « un suivi strict des délinquants sexuels ». « L’État doit agir avant le drame et pas après les obsèques », a-t-il conclu.

    Plusieurs élus de Digne et de Sisteron étaient présents. Interrogé par une manifestante à ce sujet, le maire de Digne a répondu que la ville avait conventionné avec l’association les Papillons pour prévenir les violences sur les enfants.

  • Aix-Marseille : les écoliers collectent 27 tonnes de textiles

    Aix-Marseille : les écoliers collectent 27 tonnes de textiles

    Au total, 8 964 élèves ont permis de collecter près de 27 tonnes de textiles. L’école Olivier-Guirou, à La Fare-les-Oliviers, s’impose avec 2 394 kg récoltés. Les écoles Alain-Tertzagian (Meyreuil) et Claret-Matéos (Vitrolles) ont également été distinguées pour leurs résultats et la qualité de leurs actions de sensibilisation. Un succès qui confirme l’engagement des jeunes pour une consommation plus responsable.

  • À Fos-sur-Mer, une réunion du RN provoque une levée de boucliers

    À Fos-sur-Mer, une réunion du RN provoque une levée de boucliers

    C’est un post sur Facebook qui a alerté les forces progressistes. Franck Allisio, Emmanuel Fouquart et Emmanuel Taché, trois députés d’extrême droite du département des Bouches-du-Rhône, y annoncent la tenue d’une rencontre publique, vendredi 19 juin, au sein de la Maison de la mer et du sport.

    Une « salle communale très connue des Fosséennes et des Fosséens, transformée en lieu d’accueil d’une réunion diligentée par le RN », réagit le groupe municipal d’opposition Notre Fos. « Le prêt de la salle a été forcément validé par le maire ! Si le doute persistait encore chez certains, maintenant, nous avons la certitude que notre ville est dirigée par l’extrême droite. »

    Classé divers droite par la préfecture au moment du dépôt des listes, lors de la campagne municipale, Philippe Maurizot avait pourtant rejoint le label du RN « La Provence qu’on aime », portant sur des éléments programmatiques, et reçu le soutien de son délégué départemental, Franck Allisio.

    « Nous, élus et sympathisants de gauche, n’acceptons pas que Fos devienne le lieu de rendez-vous de l’extrême droite du département, voire de la région, écrivent les élus d’opposition, dans un communiqué. Nous refusons que le nom de notre ville soit associé au déclin de la démocratie de notre pays. » Ils appellent « tous les démocrates de Fos, de l’Ouest de l’étang de Berre et du département » à une grande marche populaire et citoyenne devant la Maison de la Mer, vendredi 19 juin, à 18h30.

  • Un livre pour ne pas oublier l’histoire et l’œuvre d’Ahmed Zitouni

    Un livre pour ne pas oublier l’histoire et l’œuvre d’Ahmed Zitouni

    « Nous n’avons rien écrit, nous avons compilé. » Quelques mois avant le décès d’Ahmed Zitouni, Françoise, son épouse, lui fait une promesse : « Je lui ai dit que j’essaierai de le faire éditer. » De son vivant, l’auteur n’a jamais voulu se plier aux maisons d’édition. « Il savait qu’il n’avait pas les codes. On lui demandait des choses qu’il ne voulait pas, donc il a récupéré tous ses droits. »

    À sa disparition, le 5 juin 2024, Françoise s’inquiète qu’Ahmed Zitouni soit oublié : « Je voulais qu’on se rappelle de son œuvre. » Avec l’aide de plusieurs proches, elle fonde l’assoaZ. « On se demandait comment faire pour que les gens relisent et découvrent Ahmed. » Naît alors l’idée de l’ouvrage intitulé Je suis un écrivain !, qui regroupe des textes inédits de l’auteur, ainsi que des lettres et des entretiens.

    Henriette Stoffel, amie du couple, développe : « Ce livre doit permettre de comprendre qui il était et ce qu’il a fait. » Dans l’ouvrage, qui sera présenté à Marseille le jeudi 11 juin, des réflexions sur sa vie d’écrivain se mêlent à une analyse de sa condition. « On retrouve des inédits : la lettre à Ada, sa fille, et le journal du vieil écrivain, où il étudie son cancer », indique Françoise Zitouni. « Il y a aussi Houria, qui parle d’un amour de jeunesse. Il revient vers l’Algérie et raconte l’histoire de deux gamins amoureux pendant la guerre et les émeutes à Oran », complète Henriette Stoffel.

    Le scribe de Saïda

    S’il était un écrivain en France, Ahmed Zitouni était surtout « un enfant de la guerre d’Algérie et de la colonisation, ce qui a laissé des traumatismes importants chez lui ». Sans pour autant revendiquer une identité, l’homme disait qu’il n’en était d’aucune, il « refusait d’être l’arabe de service » et voulait « déblanchir la langue française et la refriser ». Dans ses ouvrages, plusieurs thématiques font écho à cette vision du monde et à ses racines. « Il y a par exemple l’exil, qui est vraiment une thématique majeure chez lui. Il y a le racisme, la folie. Il a toujours pensé qu’il avait une dette envers les siens et voulait les représenter », expliquent les deux femmes.

    Une œuvre d’actualité

    Ses écrits restent très actuels. « Il revendiquait un certain féminisme, il évoquait la femme forte, mais écrasée par l’histoire comme il a pu le voir en Algérie. » Françoise poursuit : « En France, il a eu le parcours traditionnel d’immigré : les inégalités, le racisme… Il y a là aussi quelque chose de très moderne. »

    En trouvant un éditeur pour ses livres, l’association espère « permettre à plus de gens de s’identifier à lui ». Avant d’être emporté par la maladie, Ahmed Zitouni était « extrêmement inquiet et critique du racisme systémique », porteur d’une colère qui ne l’a jamais lâché. En faisant vivre ses ouvrages, l’association rappelle que ni lui, ni ses combats, n’appartiennent au passé.