Tag: Bouches-du-Rhône

  • Plongée dans le bazar des 182 box du Marché du Soleil

    Plongée dans le bazar des 182 box du Marché du Soleil

    La plongée judiciaire dans ce haut lieu marseillais de la contrefaçon s’avère difficile. Dès les premières questions, les mémoires s’effilochent à la barre, tout devient flou, confus, magmatique. Il faut au président Adrien Fauchier Delavigne la ressource des PV de garde à vue et des écoutes pour éclairer sur la « gestion opaque et désorganisée » des baux et sous baux des 182 cellules commerciales du Marché du Soleil, dont la grande majorité vendait des produits contrefaits, parfois réalisés sur place.

    « Tu enlèves les contrefaçons, il n’y a personne qui rentre au Marché du Soleil ! Sur 180 box il y en a 20 qui n’en vendent pas. La vente de contrefaçons a explosé en 2016-2017. Tout le monde s’est mis à en vendre », relate Abdelmalek Es Saddouki, gardien depuis 2011, qui nie avoir tenté de corrompre un douanier le 5 mai 2025. Le gabelou est formel : « Il m’a demandé de ne pas contrôler le camion et a spontanément proposé de l’argent à plusieurs reprises. “Tu veux combien ?” “Si tu ne veux pas pour toi, prends pour tes enfants”. »

    Les chiffres de l’Office national anti-fraude parlent. En 2024, 24 711 articles de contrefaçon ont été saisis dans 12 box différents, pour une valeur de 2 016 000 euros. Sur les sept premiers mois de 2025, 19 939 articles de contrefaçon saisis dans quatre box différents et les parties communes du 1er étage pour 5 190 000 euros. Depuis 2023, ce sont 47 348 articles saisis de plus de 26 marques contrefaites pour une valeur totale de 7 698 000 euros. Le chiffre d’affaires global annuel du Marché du Soleil, estimé en valeur haute par les Douanes en prenant un ratio de 80% de box proposant des contrefaçons et un chiffre d’affaires de 800 euros par jour, pourrait s’élever jusqu’à 31,5 millions d’euros.

    Second gardien depuis trente ans et collecteur des loyers pour Georges Dahan, 81 ans, le propriétaire du marché, Abdelhamid Djermoune conteste tout : « Ce sont des ragots. On est impuissant avec Dahan à lutter contre la contrefaçon. » Même s’il dit en acheter pour ses frères en Algérie : « Au début, on fermait les magasins et on a pris des coups. J’ai déposé deux plaintes. Je suis menacé. Quand j’ai coupé l’électricité à des commerçants une dizaine de fois, on m’a agressé, frappé et cassé ma voiture. Il n’y a pas de solution, sauf fermer le Marché. » Il rame pour expliquer l’écoute dans laquelle il parle avec Georges Dahan de « l’argent noir » des loyers perçus, 99% en espèces.

    Aucun vendeur ne figure parmi les 18 prévenus, dont trois sociétés. La plupart ne sont pas déclarés, sont sans papiers et payés de 30 à 60 euros par jour. Interrogé sur sa cargaison de 1 000 paires de fausses Nike TN, l’un d’eux expliquait aux enquêteurs : « Je vends tout le temps 35 euros. C’est pour les pauvres qui ne peuvent pas se payer des baskets à 200 euros. À 95%, mes fournisseurs se trouvent en Turquie. » Il s’approvisionne à Clignancourt ou Aubervilliers et paye cash la marchandise.

    Beaucoup regardent Leïla Hireche, 56 ans, la gestionnaire au quotidien du marché depuis 2022, comme un personnage central du système, celle qui attribue les box, celle qui appelle des policiers municipaux pour les mauvais payeurs. « Lorsqu’elle appelle les policiers, ils viennent et ils font ce qu’elle demande : mettre la pression ». « C’est une mafieuse. Même la DZ Mafia ne fait pas ça. Elle a fermé des magasins aux gens », accuse un commerçant. « Elle fait ce qu’elle veut car c’est elle aussi qui fait les papiers pour les sous-locations, elle gère tout », a dit aux enquêteurs Haouari Abed Boumediene, président de l’association des commerçants, qui ajoute : « Georges Dahan, c’est le propriétaire du Marché du Soleil. Lui, tant que l’oseille rentre, il en a rien à foutre, il fait totalement confiance à Leïla. Et avec tout le respect que je vous dois, elle tient les 300 commerçants par les couilles. »

    « Je ne vais pas contrôler ce qu’il y a dans chaque carton. » « Ce n’est pas à nous de contrôler d’où vient l’argent et ce que font les locataires, réplique Leïla Hireche. On n’a aucune relation avec la contrefaçon. On galère pour se faire payer. La société a 700 000 euros de dettes de loyers. »

  • [Disparition] Isabelle Zaragoza nous a quittés

    [Disparition] Isabelle Zaragoza nous a quittés

    L’épouse de notre « expert » pétanque, Robert Zaragoza, avec qui elle avait eu un enfant, Thomas, était âgée de 67 ans. Ces deux compagnons de route de La Marseillaise s’étaient rencontrés à la RTM, où ils travaillaient comme chauffeurs de bus. Délégués syndicaux CGT, en première ligne lors du grand conflit social qui avait secoué la régie en 2005, ils avaient, cette année-là, scellé leur amour en se mariant sur le piquet de grève.

    Jusqu’en 2024, alors trop affaiblie par la maladie, Isabelle avait été une des plumes de la rédaction engagées à Borély pour couvrir Le Mondial. Sa gentillesse, son énergie débordante, son humour et son franc-parler vont nous manquer.

    à sa famille, à Robert, à ses enfants, Elodie, Nathalie, Christophe et Thomas, la rédaction et la direction du journal adressent leurs plus sincères condoléances.

    Les obsèques auront lieu le mercredi 1er juillet à 17h15 au crématorium du cimetière de Saint Pierre au 380 Rue Saint-Pierre, 13005 Marseille
  • Le Rove installe 15 distributeurs de propreté canine

    Le Rove installe 15 distributeurs de propreté canine

    Ces équipements permettent aux propriétaires de chiens de disposer gratuitement de sacs destinés au ramassage des déjections canines. Cette initiative vise à encourager les gestes citoyens et à maintenir la qualité de vie dans les différents quartiers. Le Maire rappelle que la propreté est l’affaire de tous et remercie les propriétaires d’animaux qui adoptent déjà ces comportements responsables.

  • Rassemblement de SUD-PTT aux Pennes-Mirabeau en soutien au facteur suspendu

    Rassemblement de SUD-PTT aux Pennes-Mirabeau en soutien au facteur suspendu

    Cette mobilisation était organisée par SUD-PTT, dans le cadre d’une journée de mobilisation nationale contre la répression syndicale. Pour Yann Remlé, représentant syndical, la situation de Didier Rochette facteur des Pennes-Mirabeau, illustre cette problématique « on n’a pas les moyens d’endosser la charge de travail qu’on nous demande, c’est ce que Didier dénonçait. Il défendait le service public ! », assène-t-il.

    Facteur depuis 1999, le militant de Sud avait dénoncé l’organisation interne au bureau. Une plainte contre lui de sa direction a été classée sans suite. Sa révocation a été réclamée, mais au vu « du contexte de l’établissement » et les « difficultés rencontrées dans les directives données par ses managers », le Conseil de discipline qui l’a convoqué à Paris fin avril dernier a finalement voté à l’unanimité pour une exclusion temporaire sans rémunération de deux ans, dont un avec sursis.

    Depuis, pour Didier Rochette c’est « la galère », notamment financière déplore ce père de famille qui se sent mis « au ban de la société ». « À mon âge, je ne sais pas où je pourrais trouver du travail, ni dans quel état je serai quand je reprendrais mon poste », souffle le postier qui a l’intention de contester cette décision en justice. Une pétition de soutien a été signée par 350 usagers de sa tournée. Samedi, 550 euros ont été récoltés dans la caisse de solidarité lui étant dédié.

    « Ce qui se passe aux Pennes, se passe partout », martèle Yann Remlé, dénonçant une « stratégie pour exterminer la contestation, syndicale et sociale ». Le représentant de SUD-PTT tire la sonnette d’alarme : « On se dirige à la Poste, à la SNCF, à l’Éducation nationale, dans les hôpitaux et dans tous les services publics, vers la situation de France Télécoms ».

  • Les communistes unis face aux futurs combats

    Les communistes unis face aux futurs combats

    Une légère brise rafraîchit le barnum dressé devant la Maison des communistes, dans le 15e arrondissement de Marseille, ce vendredi après-midi. « On a souvent tendance à dire que lorsque les cerveaux phosphorent, cela crée une chaleur particulière, sourit le secrétaire départemental réélu à la tête du PCF dans les Bouches-du-Rhône, Jérémy Bacchi. Au regard de la chaleur dans la salle, vous avez bien travaillé ! »

    Pendant trois jours ce week-end, les délégués des sections du Parti communiste ont débattu sur les plus de 900 amendements destinés à enrichir le texte choisi pour leur 40e congrès, qui viendront nourrir les débats nationaux à Lille, du 3 au 5 juillet. « J’avais ouvert mon discours en disant que la vocation du congrès est de trouver une voie commune au rassemblement de tous les communistes, partage Jérémy Bacchi. Avec un texte approuvé à 97,6%, le rassemblement des communistes a été pleinement respecté. »

    Contre l’extrême droite

    À l’issue de cette conférence fédérale, le conseil départemental a aussi été renouvelé de moitié, et largement rajeuni, avec 71% de ses membres âgés de moins de 55 ans. « Ce futur conseil départemental devra être un collectif capable d’impulser des initiatives, un outil capable de renforcer notre présence dans les luttes », précise Sophie Celton, de la section de Septèmes.

    « Nous sommes la première force politique du département, aussi bien en nombre d’élus qu’en nombre d’adhérents, insiste de son côté Jérémy Bacchi. Cela implique de lourdes responsabilités : nous devons réussir collectivement à nous hisser à la hauteur des enjeux. » Et de lancer : « Nous avons une volonté forte, d’avoir un Parti communiste à l’offensive. »

    Parmi les priorités, la lutte contre l’extrême droite, « qui partout où elle arrive au pouvoir entraîne des guerres, des conflits, la montée des nationalismes, le rejet de l’autre », énumère le sénateur. Alors il veut dénoncer sa supercherie sociale, rappelant que le député RN Emmanuel Fouquart s’est ainsi refusé à soutenir la proposition communiste d’une nationalisation d’ArcelorMittal, pourtant implanté sur sa circonscription. « L’extrême droite a une visée culturelle qui est une visée identitaire, prévient aussi l’ancien député Pierre Dharréville, qui a porté cet enjeu dans le débat. Ils sont dans une logique d’atteinte à la liberté de création, ils veulent formater les esprits et instrumentaliser le geste culturel dans la bataille culturelle qui est la leur. Nous avons besoin d’être au rendez-vous de cette bataille culturelle. »

    Pour les militants, celle-ci s’entremêle avec les combats sociaux menés sur le territoire. « Sur les questions industrielles, sur le service public, nous avons intérêt à monter d’un cran, à mener des batailles d’ampleur, appelle Jérémy Bacchi. C’est au cœur de l’entreprise que nous arriverons au mieux à mener la bataille idéologique. »

    La présidentielle en vue

    Au cœur de cette bataille, c’est la défense d’un socialisme aux couleurs de la France qui a largement animé les débats. « La perspective, c’est le communisme, l’idée qu’il faut changer radicalement le rapport des hommes entre eux pour les fonder sur une culture de connaissances, d’échanges, une bataille du bonheur, défend Luc Foulquier, de la section d’Aix. Mais cela ne se fera pas comme ça, il faut toute une série de conditions, dont le passage par le socialisme, une société qui change la nature de l’état et place comme perspective la réponse aux besoins. » En prenant en compte un contexte national, une histoire de luttes.

    Au-delà des débats sur l’écologie ou la protection de l’enfance, les échanges ont aussi majoritairement défendu la légitimité d’une candidature communiste pour la présidentielle, qui doit être approuvée en septembre. « Je suis très conscient du danger que représente l’extrême droite, mais face à un danger imminent, il ne faut pas faire n’importe quoi, défend le conseiller national Anthony Gonçalves. Je ne crois pas que le ralliement sans discussion, sans contenu, à une candidature qu’on nous propose comme la seule manière de faire reculer le RN soit une hypothèse raisonnable, elle a toutes les chances de nous envoyer dans le mur. »

    Mais avant les échéances électorales, les communistes veulent continuer à faire vivre la solidarité internationale. « Nous aurons l’honneur de recevoir à notre initiative Fadwa Barghouti [avocate et femme du leader palestinien emprisonné Marwan Barghouti, Ndlr] le 2 juillet, pour poursuivre
    le rapprochement avec l’Organisation de libération de la Palestine
     », annonce Jérémy Bacchi.

    LES SECRÉTAIRES FÉDÉRAUX ÉLUS DANS NOTRE RÉGION

    Jérémy Bacchi, Bouches-du-Rhône

    Ce dimanche après-midi à la Maison des communistes des Bouches-du-Rhône, dans le 15e arrondissement de Marseille, le sénateur Jérémy Bacchi n’a pas caché son émotion au moment d’être réélu pour un troisième mandat, à la tête d’une fédération devenue la première au niveau national. « C’est le signe d’une confiance réciproque, tant mon attachement aux communistes est profond », soulignait-il en conclusion de ces trois journées de conférence fédérale, en insistant : « Vue l’ampleur de la tâche, on n’arriverait pas à tenir autant de temps si on n’aimait pas autant les communistes. »

    Après un large renouvellement de l’exécutif départemental, avec un rajeunissement des cadres du PCF, il pose d’emblée, parmi les enjeux de ce nouveau mandat, la nécessité de construire l’avenir. « Les conditions sont réunies pour faire de ce mandat, un mandat de transition, dans une fédération qui compte 2 500 militants, avec autant de jeunes cadres », pose-t-il. Pour remplir l’objectif de ce nouveau mandat, il met en avant un nécessaire travail plus collectif de la direction départementale du parti, mais aussi la nécessité de donner une visibilité plus diversifiée des représentants fédéraux dans l’expression des communistes, dans les prises de parole. « Nous arriverons à relever ce défi », assure l’ancien éducateur, qui met aussi en avant sa volonté de « donner à voir de la richesse et de la diversité » parmi les militants communistes des Bouches-du-Rhône.

    Y.S.

    Sylvie Vinceneu, Var

    À bientôt 71 ans, Sylvie Vinceneux était la seule candidate à la succession de Pierre Daspre, qui reste toutefois au conseil après ses deux mandats. Militante PCF dans les Bouches-du-Rhône depuis les années 2000, arrivée dans le département en 2021, elle était, depuis 2023, la secrétaire de la section Sud-Sainte-Baume, poste qu’elle cède à Jo Rodriguez.

    Elle devient ainsi la deuxième femme à occuper la fonction de secrétaire fédérale dans le Var, après Danielle de March (1965-1994). « Elle m’a envoyé un message pour me féliciter. Avoir nommé une femme est un symbole », se réjouit-elle. Un symbole qui se retrouve aussi au sein d’un conseil rajeuni et largement renouvelé, de manière strictement paritaire (15 hommes, 15 femmes). « Cette féminisation va permettre de mieux s’adresser aux travailleuses, qu’on a du mal à faire adhérer », espère Sylvie Vinceneux, qui compte également profiter d’un mandat marqué par les nombreuses élections (cinq en trois ans) pour « aller vers les Varois et faire connaître nos propositions ».

    L’ancienne directrice d’organismes HLM, responsable de la commission nationale logement du PCF depuis 2023, portera forcément un œil avisé sur cette question très prégnante dans le Var et « étroitement liée à celle de l’emploi ». Au rang des priorités également, la paix, « dans un département militaro-industriel », et la défense des services publics « mis en péril comme on peut le voir à l’hôpital de La Seyne et à la Poste de Saint-Maximin, par exemple ».

    Ad.B.

    David Pascal, Vaucluse

    David Pascal est depuis samedi le nouveau secrétaire fédéral du PCF en Vaucluse. À 41 ans, ce moniteur éducateur dans le médico-social, marié et père de deux enfants, vit à Entrechaux, au pied du mont Ventoux. Engagé depuis une quinzaine d’années au Parti communiste, il était jusqu’ici secrétaire de la section d’Orange et membre du conseil départemental.

    Il succède à Julien De Benito au terme d’un « congrès serein et apaisé », marqué par un travail approfondi en amont ayant permis l’adoption d’une cinquantaine d’amendements visant à « enrichir le texte sans le dénaturer ». Le nouveau conseil départemental compte 29 membres à parité. « 14 camarades y font leur entrée », souligne David Pascal, « c’est aussi un rajeunissement et panel de ce que représentent nos territoires, avec des jeunes, des vieux, des actifs, des fonctionnaires, des syndicalistes, des acteurs de la lutte féministe et associatifs ».

    L’ambition affichée : renforcer la présence du parti sur les communes notamment rurales ; travailler sur la jeunesse autour de l’Université d’Avignon ; coordonner les actions fédérales sur de grandes mobilisations donnant de la visibilité ; et poursuivre le travail unitaire à gauche avec en point d’orgue la fête de La Marseillaise. « Il faut remercier Julien qui a réussi à maintenir un PCF à la hauteur dans un département qui est le laboratoire de l’extrême droite », conclut David Pascal.

    Ch.C.

    Sophie Delfino, Hautes-Alpes

    Réélue à la tête de la fédération des Hautes-Alpes, Sophie Delfino entame ce deuxième mandat sous le signe du renforcement. « Le congrès s’est bien passé, on a beaucoup débattu », souligne la professeure des collèges, âgée de 62 ans. « On s’est focalisé sur les gestes d’orga à produire pour renforcer le parti, donc le lien avec les sympathisants, les associations et les partenaires progressistes en général. » L’ambition est de redonner au PCF toute sa place dans le paysage local, alors que l’extrême droite est à l’orée du bois.

    La fête fédérale organisée samedi à La Bâtie-Neuve, près de Gap, largement tournée vers la jeunesse, sera un premier test. « Les sections étaient en sommeil, il n’y avait plus de fête fédérale, on a remis tout ça en action et il faut maintenant aller plus loin », insiste-t-elle. Pour y arriver, Sophie Delfino s’appuiera sur un conseil départemental renouvelé et resserré. « Plus énergique, plus dans l’action et l’ouverture », espère-t-elle, avec une attention particulière portée aux jeunes, aux non-adhérents et aux acteurs progressistes. La culture et la formation populaire seront l’autre axe majeur. En parallèle, Sophie Delfino aspire à poursuivre son travail au Conseil national, notamment sur les questions culturelles et migratoires, en lien avec les réalités de son territoire. Enfin à l’approche des JO d’hiver 2030, avec l’ambition sera aussi de travailler de concert avec les fédérations voisines.

    Ch.C.

    Bertrand Perrin, Alpes-de-Haute-Provence

    Bertrand Perrin, 41 ans, a été réélu ce week-end pour un 4e mandat à la tête de la fédération des Alpes-de-Haute-Provence, dont il est secrétaire fédéral depuis 2016. « On a fait un très bon congrès, sur le fond, avec un débat en trois temps. D’abord, les questions qui traversent la société, au travers du texte de la base commune qui a été votée très largement, ensuite le fond du parti et de son travail idéologique, puis la stratégie et l’organisation de notre fédé, au regard de notre territoire très rural, très étendu et sans grand centre urbain. » Ce travail doit se concrétiser après le congrès national à Lille dans quinze jours, où six délégués se rendront.

    Le conseil départemental a été renouvelé à 50%, « avec l’entrée de pas mal de jeunes » et une représentation de chaque territoire, un défi pour ce territoire comptant « beaucoup de petits villages avec des petites sections ». La feuille de route entend poursuivre le travail en direction des salariés et renforcer l’implantation de la fédération déjà classée 6e nationale en ratio adhérents/habitants. « On va continuer d’essayer d’amplifier l’effort en direction du monde du travail mais aussi de la jeunesse, un axe de bataille difficile car on n’a pas de structure post-bac. » L’objectif est aussi de renforcer les initiatives et de s’appuyer sur la « bataille des services publics ». Enfin, la fédération entend se tourner davantage vers le monde agricole, un axe jugé prioritaire pour le mandat.

    Ch.C.

  • Menace d’expulsion au 5, rue des Frères Pérez à Marseille

    Menace d’expulsion au 5, rue des Frères Pérez à Marseille

    Donnant suite à la plainte déposée fin octobre 205 par le nouveau propriétaire du 5, rue des Frères Pérez (2e), un arrêté préfectoral du 5 juin a mis en demeure des occupants de neuf logements d’évacuer dans un délai de 7 jours. La préfecture s’appuie sur l’article 38 de la loi Dalo qui est un accélérateur d’expulsion en cas d’effraction de logement.

    Certains occupants sont titulaires d’un bail de sous-location émis par « Un abri pour tous », une association dissoute en septembre 2023 que présidait l’ancien propriétaire. D’autres ont été régularisés par un bail du nouveau propriétaire. Quelques-uns semblent des squatters. Pour ajouter à ce tableau déjà complexe, l’immeuble dégradé est sous le coup depuis deux mois d’un arrêté de mise en sécurité, censé avoir suspendu les loyers. Or des occupants disent être sollicités pour verser le loyer.

    Pour autant, plusieurs habitants de cet ancien « hôtel social » de 25 studios (notre édition du 28 avril 2026) disent avoir été abordés par un individu se présentant comme un policier en civil, qui leur a signifié de partir, leur précisant que l’expulsion aurait lieu ce lundi. Cette menace d’une évacuation sauvage inquiète des associations et des avocats, de précédentes tentatives ayant déjà eu lieu ces derniers mois. Alertée par Me Antonin Sopena, avocat d’un requérant qui produit un bail, la préfète déléguée pour l’égalité des chances, Isabelle Epaillard, a indiqué qu’elle n’avait pas envisagé de recourir à la force publique ce lundi.

    L’avocat Antonin Sopena, qui défend un habitant, a prévenu la préfète du dépôt de son recours suspensif et l’a alerté sur ce qui serait une nouvelle forme d’intimidation et de manœuvre pour vider l’immeuble. « Une présence des forces de l’ordre lundi serait la bienvenue », estime l’avocat.

  • À Marseille, les crèches mobilisées pour les Restos du cœur

    À Marseille, les crèches mobilisées pour les Restos du cœur

    Le 19 juin, « on a célébré les 40 ans de la disparition de Coluche, qui a été à l’origine de la création des Restos du cœur », rappelle Juliette Masson, adjointe au maire de Marseille en charge de la petite enfance. L’occasion de rappeler qu’à Marseille, les Restos du Cœur subviennent aux besoins de 2200 enfants. « Avec la précarité qui augmente, on a de plus en plus de familles. (…) On les accompagne sur l’alimentaire mais aussi les produits complémentaires : tout ce qui est lié à l’hygiène de la petite enfance, et du matériel de puériculture », partage Alain Evezard, responsable départemental de l’association.

    « Une précarité

    qui augmente »

    D’où l’importance de la collecte organisée par les crèches municipales pour les Restos du cœur, impulsée par la précédente élue en charge de l’enfant, Sophie Guérard. Organisée depuis avril, elle s’est terminée vendredi à la crèche Doria dans le 5e arrondissement où les dons étaient concentrés. Ils sont ensuite récupérés par l’association des Restos du Cœur et distribués dans leurs 12 centres d’activités à Marseille, dont trois disposent de « coins bébé », offrant aux familles un espace confortable et intime dédié aux soins des tout-petits, notamment pour l’allaitement et le change.

    Ces familles, dont 30% sont des familles monoparentales « n’ont pas la possibilité d’inscrire leurs enfants dans les crèches », explique Alain Evezard avant d’ajouter : « Notre rôle c’est de distribuer des repas pour toute la famille ». Un besoin qui représente près de 2 millions de repas par an, à Marseille.

  • Manifestation contre le racisme et l’impérialisme

    Manifestation contre le racisme et l’impérialisme

    Des drapeaux palestiniens, cubains et iraniens flottent sous l’arche de la porte d’Aix. Bravant la chaleur, des militants viennent grossir les rangs, répondant à un appel national à manifester contre toutes les formes de racisme et l’extrême droite. C’est ici, que chaque dimanche depuis le début de la guerre à Gaza, les militants propalestiniens se rassemblent. « De Marseille à Gaza, résistance, résistance », entonnent-ils en descendant la rue d’Aix vers le cours Belsunce. « De Marseille à Cuba, résistance, résistance », ajoutent-ils aujourd’hui.

    Quelques mètres plus loin, est garée la caravane « Let Cuba Breathe » (« Laissez Cuba respirer »), du nom de la campagne européenne pour lever le blocus sur l’île. Giorgia et Alice, deux activistes italiennes, sont présentes pour sensibiliser les citoyens : « Les sanctions américaines asphyxient le pays. Nous voulons mettre la pression sur nos gouvernements. C’est un peu triste de les voir se coucher devant Trump », raillent-elles.

    Pour Mike des Syndicalistes pour la Palestine, « la lutte contre le blocus à Cuba, c’est la lutte pour la libération de la Palestine », affirme celui qui participe à la campagne internationale pour la libération de Marwan Barghouti, qu’il qualifie de « Mandela palestinien ». « Nous avons un ennemi en commun c’est le colonialisme », pousse Nicole Giraudi de l’association France Cuba Marseille. Et la foule chante : « El pueblo unido jamás será vencido » (« Le peuple uni jamais ne sera vaincu »).

    Sur la Canebière, Dounia, d’Union pour la Palestine Marseille, prend le micro : « Ils veulent nous diviser (…) Nous ne confondrons jamais les oppresseurs et les opprimés. »

  • Le Cercle des nageurs en route vers un 43e sacre

    Le Cercle des nageurs en route vers un 43e sacre

    Rien n’est jamais joué d’avance dans le sport, où les exploits les plus improbables restent toujours possibles. Pourtant, le Cercle des nageurs de Marseille n’a sans doute jamais été aussi proche d’un 43e sacre national.

    Grâce à leur large victoire samedi dans le bassin de Strasbourg (20-7), les poloïstes phocéens abordent le match retour de cette finale avec treize buts d’avance. La rencontre se disputera le samedi 27 juin
    au bassin Pierre-Garsau, à Marseille.

    Sauf improbable retournement de situation, les hommes de Milos Scepanovic, déjà vainqueurs cette saison de l’Euro Cup pour la deuxième fois de leur histoire, devraient soulever le trophée de champion de France. Le Cercle des nageurs de Marseille décrocherait ainsi un sixième titre consécutif.

    Le PSG du water-polo français

    Cette finale, dont le suspense semble déjà largement dissipé, illustre une nouvelle fois la domination du club marseillais sur le water-polo français. À l’image du Paris Saint-Germain en Ligue 1, le CNM s’appuie sur un effectif composé de certains des meilleurs joueurs de la planète et paraît aujourd’hui intouchable sur la scène nationale.

    Des formations comme Strasbourg ou Aix-en-Provence parviennent certes à réduire progressivement l’écart, mais la différence de niveau demeure encore trop importante pour véritablement menacer l’hégémonie phocéenne.

  • « F*cking future », guerre et paix au Festival de Marseille

    « F*cking future », guerre et paix au Festival de Marseille

    « Les corps peuvent-ils échapper à l’emprise martiale au sein d’une société en cours de militarisation ? », questionne Marco da Silva Ferreira. Aux côtés de huit interprètes au plateau, cet ancien nageur portugais de haut niveau devenu danseur et chorégraphe veut faire couler toutes les injonctions et carcans belliqueux faits aux corps dans F*cking future, qui amarre mardi 23 et mercredi 24 juin au Théâtre des Calanques dans le cadre du Festival de Marseille. « Les danseurs démolissent les codes de la virilité, la violence, la soif de pouvoir et l’oppression », contextualise Julia Moreira Miguel, responsable des relations avec les publics à propos de cette pièce qui, au rythme des « tambours », dévoile une « chorégraphie au registre militaire qui va vers la célébration de la tendresse ».

    « Caresses et self-défense »

    F*cking future entend être un exutoire émancipateur tout autant qu’un manifeste politique encadré par des spectateurs peu à peu amenés à donner eux-mêmes de leur personne. Hip-hop et techno font suer les corps des danseurs « à la mixité revendiquée » dans le but de « créer une communauté d’identités et de fusionner danses traditionnelles et danses urbaines », indique le programme du Festival de Marseille. « Un escadron en uniformes improbables qui se déhanche à l’unisson, entre combats au corps et scènes de clubbing, caresses et mouvement de self-défense. »

    Mardi 23 et mercredi 24 juin
    à 20h30 au Théâtre
    des Calanques. 10 euros. www.festivaldemarseille.com