Tag: Bouches-du-Rhône

  • [Vidéo] Reportage sur les pas de Jean Moulin en Provence

    [Vidéo] Reportage sur les pas de Jean Moulin en Provence

    Reportage

    Entré au Panthéon en 1964, honoré en Provence, Jean Moulin est le grand oublié de la cité phocéenne. Marseille a bien consacré au chef de l’armée des ombres le nom d’un collège, d’une avenue, mais rien du niveau de « la première capitale de la résistance » suivant la formule de Maurice Chevance-Bertin (1910-1966) dirigeant du mouvement Libération Nationale né rue de Rome à l’été 1940.

    Dans les Bouches-du-Rhône, l’unificateur de la Résistance, enfant du midi né à Béziers en 1899, est surtout commémoré dans les lieux phare de son épopée. D’abord, le berceau familial à Saint-Andiol dans la maison de ses parents, 55, Route Nationale, pavoisée de drapeaux tricolores. Après son parachutage le 1er janvier 1942, il avait installé au fond du jardin une échelle en cas d’urgences et confié à sa sœur Laure un double de son ordre de mission microfilmé et signé De Gaulle qu’elle avait caché dans un tube d’aspirine dans l’interstice d’un mur du cimetière.

    Fausse moustache

    et lunettes fumées

    Un musée Jean Moulin installé dans son école rend hommage à l’enfant du pays propulsé à 25 ans sous-préfet d’Albertville. Il a été inauguré en juillet 2018 par Daniel Cordier, son secrétaire et biographe avec les descendants de Jean Moulin. Des photographies, ses lettres, ses dessins car c’est un artiste aussi, des documents racontent comment après un séjour chez sa mère et sa sœur à Montpellier, le préfet d’Eure-et-Loir limogé le 2 novembre 1940 par Vichy, s’installe comme agriculteur à Saint-Andiol. Le haut fonctionnaire a 41 ans et mûrit son départ clandestin pour Londres. « Il circule beaucoup dans la région, sous sa fausse identité de Joseph Mercier, un chapeau rabattu sur les yeux, affublé d’une moustache et de lunettes fumées » écrit l’historien Robert Mencherini.

    Créée en 1978, une route « Jean Moulin, chemin de la liberté », suit ses pas depuis le Mémorial de Salon-de-Provence inauguré en 1969, quatre ans après son entrée au Panthéon et l’oraison d’André Malraux qui ont définitivement inscrit Jean Moulin dans l’histoire de France. Il a 41 ans, multiplie les contacts et rencontres à Marseille, devenue la plaque tournante des premiers noyaux d’organisations clandestines. Il repère ainsi le mouvement de Libération nationale de Henri Frenay, Libération-Sud d’Emmanuel d’Astier de la Vigerie et Franc-Tireur de Jean-Pierre Lévy.

    Durant six mois, Jean Moulin parcourt la région, va d’Orgon à Miramas en bicyclette, ausculter les réseaux naissants. « Je me souviens de cette rencontre à Avignon car il portait toujours un grand foulard » écrit Emmanuel d’Astier de la Vigerie (1900-1969). Un tissu qui cache le coup de rasoir qu’il s’est donné à Chartres pour ne pas signer un écrit des Allemands accusant à tort des tirailleurs sénégalais de massacres. Il multiplie les séjours à Marseille (page suivante) qui grouille de réfugiés, d’exilés en attente de visa. Jean Moulin rencontre les hommes des premiers réseaux émergents dont Henri Frenay qui à l’été 1940 avec Berty Albrecht (1893-1943) a créé le Mouvement de Libération Nationale (Combat). Il observe le bouillonnement contestataire qui se traduit par la première manifestation hostile à Vichy. Elle a lieu le 28 mars 1941 au bas de la Canebière en face de l’hôtel où il descend.

    « Je vous garantis, j’en ai eu les larmes aux yeux »

    De cette exploration, Jean Moulin fera à De Gaulle le portrait de cette résistance intérieure qui s’invente. Le 9 septembre 1941, il prend le train en gare Saint-Charles pour aller à la rencontre du chef de la France libre. Un périple clandestin de Barcelone à Lisbonne, avec un faux passeport au nom de Joseph Mercier. Il touche l’Angleterre en hydravion le 20 octobre 1941 et reçu par De Gaulle à qui il remet un « rapport sur l’activité, les projets et les besoins des groupements constitués en France en vue de la libération nationale ». De Gaulle, 50 ans, voit un préfet de 42 ans « rempli jusqu’au bord de l’âme de la passion de la France ». Il en fait son représentant et délégué du Comité national français pour la zone sud. « M. Moulin a pour mission de réaliser dans cette zone l’unité d’action de tous les éléments qui résistent à l’ennemi et à ses collaborateurs. M. Moulin me rendra compte directement de l’exécution de sa mission ». La Mission Rex est lancée.

    Le musée de Saint-Andiol a reconstitué la carlingue du bombardier de la RAF d’où Jean Moulin a sauté dans la nuit du 1er au 2 janvier 1942 à 300 mètres d’altitude. « Rex » saute en premier et atterri dans un marais, puis ses deux officiers et enfin le parachute bleu pour la valise radio. Le « point de tombé » a été identifié en 2022 par les historiens Jean-Marie Guillon et Benoit Senne (page suivante). « Quand Benoît est venu m’annoncer ça dans mon bureau, je peux vous garantir que, pour quelqu’un de ma génération et jeune maire d’Aureille, j’en ai eu les larmes aux yeux. C’était historique. La mission Rex avait démarré à Aureille ! » se souvient encore ému Lionel Escoffier. L’itinéraire de la mémoire commence désormais par la borne du kilomètre zéro inaugurée en janvier 2025, et se poursuit à la bergerie d’Eygalières où « Rex » a trouvé refuge.

    La mission de Jean Moulin accomplie jusqu’au sacrifice suprême a permis de fédérer les forces combattantes, de créer les Mouvements Unis de la Résistance (MUR) et une Armée secrète. Le 27 mai 1943, « Rex » réussit le tour de force de convaincre les représentants de 8 mouvements de Résistance, de 6 partis politiques et de 2 centrales syndicales, de se réunir au 48, rue du Four à Paris. Le Conseil National de la Résistance (CNR) est né. C’est l’« embryon de la représentation nationale » qui allait légitimer De Gaulle auprès des Alliés. On connaît la suite, la trahison de Caluire le 21 juin 1943, son supplice dans les mains du SS Klaus Barbie à Lyon, le dernier souffle de Jean Moulin, le 8 juillet 1943, dans un wagon à Metz qui partait en Allemagne. Les lèvres du « chef d’un peuple de la nuit » n’avaient pas parlé.

  • Les Marseillaises s’imposent face à Toulouse

    Les Marseillaises s’imposent face à Toulouse

    Un premier match officiel a toujours une certaine importance. Il donne le ton de ce qu’une équipe est capable de faire. Cette saison, c’est par la Coupe de la Ligue que les Marseillaises sont entrées dans le vif sujet. Avec l’accueil de Toulouse, un promu en Première Ligue dont le plan de jeu aura tenu vingt minutes.

    Le temps pour les coéquipières de Jenny Perret de trouver les bons réglages. Ceux permettant notamment à Mathilde Bourdieu d’ouvrir son compteur but. Les Olympiennes retournaient aux vestiaires avec un avantage, mérité, d’un but. Avantage qui allait rapidement gonfler, dès la reprise, avec un deuxième but, signé Jenny Perret, à la conclusion d’une offensive éclair.

    Pour les Toulousaines, c’était le coup de massue. D’autant plus qu’au tournant de l’heure, alors que leur entraîneur tentait un coup de poker, les Marseillaises triplaient la mise, quelques secondes après qu’Antoine Gérard ait lancé du sang neuf chez les « violettes ». Avec trois buts d’avance, les Marseillaises pouvaient voir venir. Et Nicolas Chabot faire tourner, en vue des prochaines échéances. Avec un déplacement à Montpellier, le 29 août, pour la deuxième journée de la Coupe de la Ligue, puis la reprise du championnat, le 6 septembre avec la réception du Havre, toujours à Martigues.

    Les Marseillaises – Toulouse 3 – 0 (1 – 0)

    1re journée de Coupe de la Ligue.

    Stade Francis Turcan

    Arbitre : E. Daupeux.

    Buts : Bourdieu (20), Perret (47), Rodriguez (62)

    Avertissements : Lavogez (5), Bamenga (30) à l’OM, Bogi (44) à Toulouse.

    LES MARSEILLAISES : Burns (Sieber, 46) – Rodriguez, Baltrip, Cosson, Fleury – Garbino (Ouédraogo, 62), Bamenga (Elisor, 62), Lavogez (Thibaud, 82) – Pina, Bourdieu ( c ), Perret (Missimo, 72). Entraîneur : N. Chabot.

    TOULOUSE : Fernandes – Rabanne (Pardon, 61), Bogi, Gallo, Tapia – Solanet (Jurado, 61), Marty (Ferreira, 69), Atamaniuk – Gavory (Grinfan, 69), Gay, Altunkulak ( c, Bironien, 69). Entraîneur : A. Gérard.

  • Dernières séances en plein air et pour tous à Marseille

    Dernières séances en plein air et pour tous à Marseille

    C’est Peau d’âne, de Jacques Demy, qui a ouvert la 31e édition du festival Ciné Plein Air, le 30 juin dernier. Pendant plus de deux mois, un total de 42 films a été programmé dans 26 lieux différents. « La programmation propose des films très variés en termes d’époque d’origine, pour un public très large. Ça va des films très populaires, assez cultes, à des films un peu plus “cinéma d’auteur” », détaille Zélie Cougourdan, coordinatrice du festival. Un ensemble de dix films était prévu spécialement pour les enfants.

    L’ensemble des séances est entièrement gratuit et ne nécessite aucune réservation. Il est toujours possible d’y assister lors des prochaines séances à venir. Ce samedi 22 août, on retrouve le film d’animation Wall-E à 21 heures, au parc du Grand Séminaire. Dimanche 23 août, c’est l’occasion de voir Stillwater, un film d’action tourné à Marseille, à 21 heures, au stade nautique Florence-Arthaud. L’une chante, l’autre pas, d’Agnès Varda, sera à retrouver le 26 août, au Muséum, à 21h15. En plus de ces trois films, cinq autres sont également à venir. Les détails complets sont à retrouver sur leur site internet.

    « Cette année, on a eu pas mal de jauges de fréquentation atteintes, selon les lieux. Le bilan est pour l’instant positif, même si on a eu des soucis d’annulation à cause de la météo », révèle la coordinatrice de l’événement. Deux films ont été annulés et deux sont reportés : El Sett, ce jeudi 27 août, et le film d’animation Rio, ce dimanche 30 août.

    « On programme en lien avec les lieux »

    « On a un gros partenariat avec le Mucem. Chaque mercredi, depuis le début du festival, un film est projeté, ce qui fait un total de neuf films qui sont tous en lien avec l’exposition temporaire “Bonnes Mères” », explique Zélie Cougourdan. Cela vaut pour tous les autres musées partenaires : « Ce sont toujours des films en résonance avec les expositions en cours », rajoute-t-elle.

    De plus de nombreuses séances ont été proposées en collaboration avec d’autres festivals, comme le FID, le Festival de Marseille ou encore le festival Kouss-Kouss.

    Plus d’infos sur seances-speciales.fr

  • [Portrait] Christoph Wiesner, directeur des Rencontres Photographiques d’Arles

    [Portrait] Christoph Wiesner, directeur des Rencontres Photographiques d’Arles

    Pour fendre les conventions et l’armure d’une conversation, obtenir des détails un tant soit peu inédits, la tâche de l’intervieweur-portraitiste est quelquefois laborieuse. Les appartenances profondes de ce profil franco-allemand échappent aux définitions. Le personnage public de Christoph Weisner affiche la robustesse et la bonne humeur d’un cycliste d’autrefois, par exemple Rudi Altig ; il incarne tout aussi bien le retrait et l’élégance d’un cousin de Max Ernst. L’impeccable culture de cet ancien étudiant de l’École du Louvre qui cite dans ses éditoriaux Edouard Glissant, Didi-Hubermann ou Pasolini, n’est pas intimidante. Il ne reçoit pas dans son bureau de directeur, préfère retrouver ses interlocuteurs sous les platanes, rue du Docteur Fanton, dans la cour intérieure du bâtiment des Rencontres.

    À côté des thématiques des récentes années – écologie, minorités sexuelles, post-colonialisme – et des noms déjà connus, souvent féminins, mis à l’honneur pendant les Rencontres qu’il a dirigées
    – Berenice Abbott, Sophie Calle, Nan Goldin, Lee Miller, Sabine Weiss – quelques indices singuliers surviennent quand il évoque ses expériences arlésiennes les plus marquantes. En sus des joies qu’il vient d’éprouver en demandant à Harry Gruyaert de redistribuer autrement la magie de ses vues urbaines ou bien en convainquant, au terme de trois séjours à New York, une photographe de 93 ans, Martine Barrat pour qu’elle réalise ce qui risque d’être son ultime grande exposition, Christoph Wiesner pointe parmi ses plus vives émotions une soirée de juillet 2024 pendant laquelle la photographe japonaise Ishiuchi Miyako recevait le Prix Women in motion. 77 ans sobrement assumés, cette dame s’était habillée avec le kimono traditionnel d’une amie de sa mère, victime de l’explosion atomique d’Hiroshima. Tandis qu’en bande passante, on apercevait les lumineuses polychromies de ses photos qui remémorent les empreintes et les plis des vêtements déposés au Mémorial de la Paix, une interprète traduisait ses commentaires. Avec la force de ses images, Miyako faisait comprendre que le présent d’une photographie révèle souvent les deuils et l’irréversible distance qui nous séparent du passé. Simultanément l’infime tremblement ou bien la surface d’une photo rendent visible la remontée de traces et d’indices proches de l’invisible.

    Les charges de travail de cet homme-orchestre sont complexes. Avec un simple claquement de doigts, on ne peut pas demander à Christoph Wiesner d’avoir la capacité d’invention du beaucoup plus jeune Festival du Dessin d’Arles de Fréderic Pajak dont l’équipe vient d’enregistrer en avril-mai, loin des chaleurs de l’été, à l’occasion de sa quatrième édition, un merveilleux et fervent succès. Dans une institution comme les Rencontres d’Arles, les héritages sont contraignants, le comptage des billets d’entrée (175 000 visiteurs, l’an dernier) est déterminant. Les recettes du Festival équilibrent la moitié du budget: la seconde moitié, ce sont pour 20% les mécènes, et puis 30% de subventions. Depuis 2013, les voies tracées par l’ancien directeur François Hébel et son scénographe Olivier Etcheverry sont reconduites; la juxtaposition des 47 expositions d’une programmation polyphonique susceptible de cocher la plupart des cases de l’air du temps, n’est pas foncièrement cohérente.

    Des Rencontres qui n’oublient pas les urgences du présent

    La cible principale reste le maintien d’une plate-forme qui, depuis les miracles survenus dès 1970 grâce aux tenaces intuitions de Lucien Clergue, Jean-Maurice Rouquette et Michel Tournier, aura fait d’une sous-préfecture de 52 000 habitants la capitale mondiale de la photo. Le pôle d’attraction majeur, ce sont les Rencontres professionnelles de la première semaine qui dénombrent cette année grand public compris, les passages de 22 000 passionnés, artistes, collectionneurs ou bien éditeurs. Qu’ils reviennent et se renouvellent est l’espoir de l’équipe des Rencontres qui ne pourra pas offrir en 2027 à la curiosité d’un public averti uniquement quelques lucioles, des relectures ainsi que la restitution d’un incontournable Bicentenaire de la Photographie. La guerre en Ukraine et le génocide de Gaza pourraient révéler une nouvelle génération de photographes. Sans trop d’illusions on forme des vœux pour que surgissent des créateurs qu’Arles découvrirait: ils seraient les équivalents inattendus d’Edward Weston, de Duane Michaels ou bien de Martin Parr.

  • [Parcours] Marseille, capitale oubliée des secrets de la Résistance

    [Parcours] Marseille, capitale oubliée des secrets de la Résistance

    Dès son arrivée en zone libre, Jean Moulin avait entamé l’exploration des milieux clandestins sans succès au début semble-t-il. Ce n’est qu’après l’obtention de son visa américain et son installation à Marseille qu’il consacra tout son temps à une prospection systématique de l’activité clandestine », écrit Daniel Cordier (1920-2020), son secrétaire et biographe.

    1. Modern Hôtel, 5, la Canebière

    Jean Moulin séjourne souvent au Modern Hôtel, au 5, la Canebière, avec son amie, la résistante Antoinette Sachs et déjeune à l’angle, à la brasserie Florida, 15, quai des Belges, note l’historien Robert Mencherini. Marseille grouille de réfugiés, d’exilés en attente de visa que l’américain Varian Fry s’efforce de leur obtenir. De sa propre initiative, Jean Moulin s’efforce d’établir le contact avec les acteurs de ces premiers réseaux émergents.

    2. Le foyer des étudiants, 6, rue du Chevalier Roze

    C’est dans le bureau orné d’une croix du pasteur résistant Jules Belpeer (1910–2001) qui tient le « foyer des étudiants africains et asiatiques », au 6, rue du Chevalier-Roze, 2e, que Jean Moulin rencontre en juillet 1941 Maurice Chevance-Bertin, le bras droit d’Henri Frenay avec qui il organise les premiers noyaux de la résistance dans la région. Leur boîte aux lettres est un marchand de journaux des allées Léon Gambetta.

    3. Le cabinet médical du 67 rue Rome

    La première rencontre de Moulin avec le chef résistant Henri Frenay se fait à la mi-juillet 1941 par l’intermédiaire du pasteur américain Howard Brooks. Elle a lieu au deuxième étage du 67 rue de Rome, au cabinet médical des docteurs Maurice et Marcel Recordier. Elle pose les bases du rapprochement avec le premier Mouvement de Libération Nationale / Combat, créé à l’été 1940 par Frenay avec Berty Albrecht (1893-1943).

    4. La cuisine du 103 rue Kléber

    C’est deux ou trois jours après son parachutage du 2 janvier 1942 que Jean Moulin revoit Henri Frenay, son principal contact en zone sud. Rex circule désormais avec des lunettes fumées et une fausse moustache. La rencontre se fait 103, rue Kléber, 2e, chez Agnès Bidault, la sœur du journaliste résistant Georges Bidault, un des dirigeants du groupe Combat. Dans la cuisine, Rex extrait d’une boîte d’allumette l’ordre de mission microfilmé et signé De Gaulle qui l’investit pour unifier les forces clandestines et qu’Henri Frenay raconte avoir lu avec une loupe. Moulin lui remet 250 000 francs pour aider les mouvements résistants avec des consignes organisationnelles strictes.

    5. 32, rue Saint-Ferréol

    Le 12 janvier 1942, une réunion de travail se tient au 32, rue Saint-Ferréol chez mademoiselle Grisé, une inspectrice du travail qui est une amie de Berty Albrecht. Il y a Jean Moulin, son officier radio Hervé Montjaret, Henri Frenay, Henri Aubry et Maurice Chevance-Bertin.

    6. La villa de Gratte-Semelle

    La famille de Jérôme Monod, professeur au lycée Thiers, habitait une villa au milieu des pins sur les Hauts de Périer qui possède une longue galerie souterraine. L’entrée donnait boulevard Estrangin. Elle avait été mise à leur disposition par leur oncle, Gustave Monod, inspecteur de l’enseignement révoqué par Vichy pour avoir protesté contre les lois antisémites. Selon son épouse, Jean Moulin et plusieurs dirigeants de Combat sont passés dans la villa au printemps 1942 pour une réunion du mouvement.

  • [Entretien] « Aureille est replacée dans l’épopée de Jean Moulin »

    [Entretien] « Aureille est replacée dans l’épopée de Jean Moulin »

    La Marseillaise : comment êtes-vous parvenu à resituer le lieu où Jean Moulin avait atterri en janvier 1942 ?

    Benoit Senne : Dans mes recherches sur les parachutages en Provence, de matériel pour la résistance et d’agents depuis l’Angleterre et l’Algérie, je trouvais incroyable qu’on n’ait pas trouvé où Jean Moulin et ses deux compagnons Raymond Fassin et Hervé Monjaret avaient atterri le 2 janvier 1942. On parlait « des marais entre Mouriès et Fontvieille ». L’historien Jean-Marie Guillon avait trouvé un rapport des gendarmes d’Eyguières daté du 28 janvier 1942 qui signalait la découverte la veille à 16h d’un parachute complet et d’un casque cachés dans les roseaux d’un marais du quartier des Filioles à Aureille. Le PV évoque une première découverte : « Ces objets paraissent avoir séjourné assez longtemps dans l’eau. Ayant été trouvés à quelques centaines de mètres seulement du parachute découvert le 5 janvier par des chasseurs de Châteaurenard (…), tout fait présumer qu’ils ont été abandonnés en même temps ». Avec l’ancien maire Marcel Guillaumier, on s’est dit que c’était tout à fait incroyable et qu’il fallait vraiment que l’on reconstitue cette histoire qui replace Aureille dans l’épopée de Jean Moulin.

    Vous avancez comment dans
    ces recherches ?

    B.S. : En 2022, je vais aux Archives départementales des Bouches-du-Rhône et je consulte tous les rapports de gendarmerie de 1942. Et le 2 septembre 2022, je tombe sur le rapport du 6 janvier 1942 du commissaire de l’aéroport de Marignane qui parle spécifiquement de la découverte le 5 janvier vers 10h « d’un parachute en soie verte soigneusement enroulé qui paraît avoir été abandonné depuis quelques jours ». Ce qui est décisif, c’est la présence dans une poche du parachute d’une feuille sur laquelle est écrit « MAINMAST ». C’est ce bout de papier qui relie directement ce parachute à la mission Rex car les documents préparatoires des Anglais sur le parachutage identifient « MAINMAST » comme le nom de code d’Hervé Monjaret, l’officier radio de Jean Moulin. On a donc suffisamment d’éléments qui prouvent que la mission clandestine en France de Jean Moulin a commencé à Aureille au quartier « Les Filioles ».

    Hervé Monjaret, seul survivant de la mission Rex, avait relaté
    son saut
     ?

    B.S. : Oui, mais il n’évoquait pas précisément l’endroit. Il avait dit qu’il était retourné en bicyclette début février 1942 récupérer la radio qu’il avait enterrée. Il a dû la réparer pour l’utiliser dans le grenier du presbytère de l’abbé Miral à Caderousse et envoyer à Londres seulement le 7 mars les premiers messages de Jean Moulin. J’ai ensuite poursuivi les recherches sur ce qu’étaient devenus les parachutes récupérés dont celui de la valise radio. C’est passionnant.

    À la fin, l’énorme satisfaction, c’est d’avoir inauguré en mai 2024 une stèle devant le cimetière d’Aureille et le 1er janvier 2025 la borne du kilomètre 0 dans le quartier des Filioles. Maintenant la trace de Jean Moulin sur la commune d’Aureille est marquée à jamais.

  • Un dispositif dans les Bouches-du-Rhône pour évacuer les chevaux en cas d’incendie

    Un dispositif dans les Bouches-du-Rhône pour évacuer les chevaux en cas d’incendie

    Les images de ces chevaux au grand galop fuyant les grands incendies dans le Sud Ouest avaient fait le tour des télés de France… Alors que les feux de forêt se multiplient, entraînant régulièrement l’évacuation d’établissements équestres et de centaines d’équidés, le Comité Départemental d’Équitation des Bouches-du-Rhône (CDE 13) et le Service départemental d’incendie et de secours des Bouches-du-Rhône (Sdis 13) ont signé une convention de partenariat pour assurer la mise en sécurité des animaux lors des situations de crise indiquent les Pompiers 13 dans un communiqué.

    Une démarche inédite pour « renforcer la résilience du territoire et qui témoigne d’une mobilisation collective au service de la sécurité des populations et de la protection animale », ajoute le Sdis 13. Concrètement, le dispositif s’appuie sur une équipe fédérale d’évacuation de crise, composée de professionnels volontaires et qualifiés. Ils agissent à la demande du commandant des opérations de secours et vont chercher les animaux avec un équipement adéquat et des infrastructures pour les accueillir.

    Des gens volontaires mais qui gênent les secours

    « Quand il s’agit de sauver les chevaux et les animaux, il y a une grosse communauté », explique Emmanuelle De La Burgade, présidente du Comité départemental d’équitation (CDE 13). Mais si « les gens sont toujours prêts à venir mais gênent les opérations de secours. Le but est vraiment qu’on ait une synergie entre les pompiers et les secours pour que cela puisse s’organiser de façon cohérente », détaille-t-elle.

    Ce plan d’évacuation des équidés prend tout son sens au regard des incendies de cet été. En Gironde, 1 800 chevaux ont été évacués et répartis partout dans le département fin juillet rappelle le Sdis 13. Dans le Var, le Comité régional d’équitation (CRE) du Sud possède un numéro d’urgence joignable dans de telles situations. Les propositions d’aide peuvent être envoyées par SMS à ce numéro, en précisant le nombre de places de transport disponibles ou encore le nombre de chevaux pouvant être accueillis et la commune d’accueil. Des situations qui « ont une nouvelle fois démontré qu’au-delà de la protection des populations, l’évacuation des animaux, et notamment des équidés, doit être anticipée et organisée », estime Richard Maillé, président des Pompiers 13.

    Sur le territoire national, quelque 9 000 établissements équestres sont adhérents à la Fédération française d’équitation (FFE). Dans les Bouches-du-Rhône, 238 en sont membres via le CDE 13. Les porteurs de cette initiative espèrent la voir élargie à la France entière, « avec le soutien du ministère de l’Intérieur, en s’appuyant sur cette première coopération » ajoute Frédéric Bouix, président de la FFE.

  • À Marseille, le tunnel de Mourepiane menacé par la pollution

    À Marseille, le tunnel de Mourepiane menacé par la pollution

    En décidant de maintenir son activité dans les quartiers Nord de Marseille, au chemin de la Madrague-Ville (15e) l’entreprise de peinture aéronautique Satys hérite aussi du lourd passif du site. De l’ancienne activité de Protec Métaux Arenc reste en effet la lourde pollution au chrome VI, la forme la plus dangereuse du chrome, cancérigène. Un dossier suivi depuis longtemps, avec la mise en place d’un plan de gestion en février 2021. Mais si la rénovation du site et la poursuite de l’activité à permis de maintenir 120 emplois industriels, le chantier de dépollution doit désormais être adapté, alors que les objectifs fixés pour dépolluer les eaux souterraines n’ont toujours pas été atteints. Certes, des injections d’acide ascorbique ont été réalisées, à trois reprises en 2022, pour réduire la concentration en chrome VI. Mais tandis que le plan de gestion imposait une concentration de 0,1 mg/L dans les eaux de la fontaine installée dans la résidence voisine, ce sont des concentrations de 30 mg/L qui sont mesurées, « rejetées in fine dans le milieu naturel sans traitement préalable ». Avec des conséquences sur les installations voisines : « Les infiltrations d’eaux polluées dans le tunnel du Soulat en provenance du site sont susceptibles de compromettre sa remise en service à court terme, compte tenu des désordres potentiellement occasionnés sur l’ouvrage et des risques sanitaires éventuellement encourus par le personnel en charge de la maintenance », écrit la préfecture. Or, c’est ce tunnel qui permet de relier le terminal de Mourepiane, où ont été transférées les installations ferroviaires du Cannet. La préfecture demande donc à Satys de mettre à jour d’ici fin avril son plan de gestion, mais surtout de mettre en place avant ce lundi un pompage et un traitement des eaux polluées, « en vue d’épuiser le stock d’eau et de chrome mobilisable ».

  • L’emblématique Kouss Kouss festival de retour à Marseille

    L’emblématique Kouss Kouss festival de retour à Marseille

    Tables, chaises et couscoussières sont de sortie durant tout le week-end et pendant les quinze prochains jours, dans différents quartiers de Marseille, à l’occasion de la 9e édition du Kouss Kouss festival.

    Il a pour thème cette année « herbes et aromates », « il définit particulièrement bien notre cuisine méditerranéenne », rapporte Odile Thiery, membre d’ICI Culture, la coopérative organisatrice du festival avec « Marseille Centre », la Ville de Marseille et l’Office du Tourisme.

    S’il y a bien un événement qui représente ce festival, ce sont les soirées festives avec distributions de couscous gratuites. Cette année, 7 dates sont proposées du 21 au 29 août.

    En ouverture, le festival a débuté vendredi à la Plaine, où 1 000 couscous devaient être distribués gratuitement par le collectif EPICES, qui prône la réinsertion autour du monde culinaire. « La recette a été imaginée par un chef avec des personnes en réinsertion, qui cuisinent tous les plats qui seront distribués lors des soirées », explique Odile Thiery.

    Et ce samedi, c’est du côté de la place Raphel à Saint-Henri (16e) où 500 couscous seront de nouveau distribués. Le lendemain dimanche, la même opération sera menée au Stade des Caillols (12e).

    Cuisine et culture dans la même assiette

    Fière de son succès, la plus grosse soirée sur l’esplanade Bargemon, le samedi 29 août, avec plus de 5 000 couscous, est déjà complète (seule soirée sur réservation). « Plus de 300 restaurants font partie de l’événement et nombreux sont ceux qui prévoient des recettes spéciales. Cette année, on a créé une application pour tous les recenser », détaille la membre d’Ici culture. Elle précise également que : « Quand on parle d’une plante comme la menthe, il n’y en a pas qu’une, il en existe mille. Et elles ne sont pas utilisées de la même façon selon les pays ou les régions. Alors forcément, chaque recette change énormément ». Deux grands marchés sont attendus le 6 septembre : celui du Vieux-Port, qui pour l’occasion accueille une trentaine d’étals en plus, et celui du Dimanche aux Aygalades, à la cité des Arts de la Rue.

    Entre événements spéciaux et simple dégustation de couscous, le programme varie avec aisance entre culture et cuisine. « Le couscous, c’est qu’un prétexte pour parler de tout », confie Odile Thiery. On retrouve par exemple une réflexion sur la place de la nourriture dans la préservation de l’identité par l’artiste Aya Debes au Couvent Levat, ou encore deux soirées festives sur les toits de la friche dans le cadre de « On Air ». Il y aura également des plateaux radio en direct grâce à la radio associative « Radio Grenouille », avec de nombreux chefs et débats attendus.

    Marius Meulé

    Infos sur kousskouss.com

  • La mémoire de la Libération implique la vigilance

    La mémoire de la Libération implique la vigilance

    Les véhicules militaires d’époque défilent le long de la côte, dans les rues de Carro. Ce vendredi 21 août, Martigues commémore sa libération. Dans la parade, Pierre est au volant d’un camion américain. Comme chaque année depuis 8 ans, ce Suisse est descendu avec son association History on wheels pour « transmettre la mémoire de cette partie de l’histoire ».

    Il y a 82 ans, au débarquement de Normandie succède celui de Provence le 15 août. Les Alliés prennent les Allemands en tenaille. À Martigues, l’armée ennemie maintient en permanence une garnison de 2 000 soldats tant la ville occupe une position stratégique pour la défense du littoral, de la Camargue jusqu’à Marseille. « C’était un site très important au niveau radio et radar », détaille Jean-Pierre Jehan, président de l’association HM2P (Histoire, Mémoire, Patrimoine Provence).

    Les bombardements alliés s’intensifient dans la région. Le 11 août, un raid sur Carro fait trois victimes. Dans la nuit du 20 au 21, finalement, les Allemands s’enfuient en faisant exploser le viaduc ferroviaire et le port de Jonquières. Martigues est libérée.

    Mais derrière cette liberté retrouvée, « il y eut des années d’épreuve, des engagements clandestins, des actes de courage, des arrestations et des vies brisées », rappelle le maire Gaby Charroux (PCF).

    Un legs de la Résistance

    En 1942, alors que la France est à genoux, « certains refusent de se soumettre ». Au printemps 1944, « chacune et chacun comprend que la guerre entre dans une phase décisive. (…) C’est précisément à ce moment que la résistance martégale va être frappée avec une violence terrible. Les 7 et 8 juin, plusieurs de ses membres sont arrêtés. Ces arrestations préludent au drame qui survient quelques jours plus tard, le 13 juin, dans la clairière du Fenouillet, dont les martyrs ne verront pas le 21 août 1944 ».

    Après la libération vient le moment de la reconstruction, portée par le Conseil national de la Résistance. « La Résistance nous lègue ainsi une certaine idée de la société, de la République et de la France, poursuit Gaby Charroux. Et ce legs, 82 ans après, doit continuer de nous animer, car la mémoire n’a de sens que si elle nous aide à regarder le présent avec lucidité. À Martigues, au fil du temps, les témoins de cette période ont disparu, et notre responsabilité n’a cessé de grandir pour transmettre leur héritage et leurs enseignements. Cette mission est une nécessité parce que le monde dans lequel nous vivons nous rappelle avec une douloureuse constance que la paix reste encore à construire. »

    Avec un avertissement : « La Résistance combattait aussi ce que l’occupation représentait : une idéologie fondée sur le nationalisme exacerbé, sur le racisme, l’antisémitisme, la hiérarchie entre les êtres humains, la haine de l’autre et sur le rejet de la démocratie. Nous ne devons évidemment jamais confondre les époques, mais nous aurions tort de croire que l’histoire n’a plus rien à nous apprendre, car aujourd’hui encore, dans notre pays comme ailleurs en Europe et dans le monde, ces idées nauséabondes progressent et se banalisent portées par les héritiers de cette idéologie ».