Tag: Bouches-du-Rhône

  • Les Nuits Flamencas entrent dans une nouvelle décennie

    Les Nuits Flamencas entrent dans une nouvelle décennie

    Même la danseuse sur l’affiche a le regard porté vers la modernité. « On tourne la page et on attaque la nouvelle décennie », résume Cendryne Roé, directrice de l’association Nomades Kultur. Voilà maintenant 11 ans que l’organisation collabore avec le guitariste Juan Carmona pour proposer, au cœur d’Aubagne, un festival célébrant la culture ibérique.

    « Pour beaucoup, le flamenco, c’est la paella et les fleurs rouges. Il y a quelque chose de plus profond, c’est pour ça que j’ai voulu faire ce festival », déclare Juan Carmona, qui est aussi le directeur artistique des Nuits Flamencas. Résolument tourné vers le futur, le pianiste Pablo Rubén Maldonado se produira au Théâtre Comoedia le premier soir. « Ce qui m’intéresse chez lui, c’est qu’il a cassé les codes du flamenco. Il joue en respectant la tradition et en amenant sa touche personnelle. »

    Le lendemain, la danseuse Sara Jiménez se produira sur cette même scène. « Elle est très portée sur la modernité, a étudié la danse contemporaine, le hip-hop. Elle va danser sur un solo d’électro flamenco. » Pour la première fois, les Nuits Flamencas se lancent dans une démarche de création avec un aperçu exclusif du nouveau spectacle de Juan Carmona. « Je serai en présence de musiciens cubains et de pianistes pour revisiter mes anciennes compositions », sourit le guitariste.

    Fête engagée

    Le célèbre Nuevo Ballet Español jouera son spectacle « Fronteras en el aire » le 3 juillet. « C’est une première en France. C’est un spectacle qui parle d’immigration, chanté par des voix africaines », détaille Juan Carmona. « Le titre est évocateur, ça veut dire sans frontières. Dans ces moments où le contexte géopolitique est un peu compliqué, des spectacles comme ça, ça fait du bien », ajoute Cendryne Roé. Le 4 juillet, le Ballet Flamenco de Barcelone présentera une revisite de l’œuvre Carmen. « C’est le combat de la femme, une Carmen libre qui n’a pas peur. La parité, c’est depuis toujours dans notre festival. »

    Avant que les festivités s’achèvent le 5 juillet, les Nuits Flamencas proposeront une initiation à la sévillane, danse folklorique de la feria de Séville, un bal de rumba, ou encore des ateliers pour enfants. « Dans cette édition, j’ai voulu proposer un flamenco axé sur le futur et des plus accessibles », se félicite Juan Carmona.

    À Aubagne, le spectateur devient véritable acteur de la fête, et peut même participer à des master class aux côtés de grands noms de la culture flamenca, une des seules activités payantes du festival. « Par les temps qui courent la gratuité c’est un don du ciel, il faut le préserver », martèle Cendryne Roé.

    Programme complet sur https://www.lesnuitsflamencas.fr

  • Le maire de La Ciotat mise sur le renforcement de la sécurité pendant la saison estivale

    Le maire de La Ciotat mise sur le renforcement de la sécurité pendant la saison estivale

    Le maire de La Ciotat, Alexandre Doriol (DVD), a annoncé, ce jeudi, la mise en place de dispositifs sécuritaires supplémentaires pour anticiper l’affluence estivale sur les littoraux et l’ensemble de la ville.

    « Cette stratégie repose principalement sur trois piliers fondamentaux, la prévention, la présence sur le terrain et la réactivité. Nous mettons en place un système répressif pour à la fois rassurer, réconforter, orienter et sensibiliser tous ceux qui viennent sur nos plages afin qu’ils puissent en profiter pleinement », explique-t-il, aux côtés de Karine Henry, adjointe déléguée à la sécurité et Nali Fouad, directeur de la police municipale. Les contrôles seront plus réguliers grâce à l’augmentation des effectifs. « 25 policiers municipaux, 15 agents saisonniers, 4 ATPM, 4 ASVP, 13 agents dédiés à la surveillance des principaux parkings du littoral seront mobilisés, ainsi que 363 caméras de vidéoprotection, et un renforcement de la sécurité de proximité grâce notamment au poste de police municipale de Saint-Jean, inauguré il y a quelques jours de cela », ajoute Alexandre Doriol.

    Une organisation rodée

    Le dispositif s’organise désormais sur trois périmètres. Le premier volet se concentre sur les plages, afin de garantir la tranquillité des usagers. Le second couvre le centre-ville et les promenades qui longent tout le littoral. Le troisième, enfin, se déploie en périphérie, dès la sortie d’autoroute, pour lutter contre les comportements jugés déviants : excès de vitesse ou nuisances sonores. Des CRS nageurs sauveteurs seront également présents sur des plages du Mugel et Cirnos.

    Grâce à ce dispositif mis en place depuis trois ans, la ville connaitrait un taux zéro de rixe pendant la saison, un taux atteignant jusqu’à 12 rixes, chaque été, avant 2023 assure le maire. Par ailleurs, la cité avant-gardiste en matière de lutte contre le tabac depuis 2011, continue d’assurer des contrôles sur les plages pour veiller au respect de l’interdiction de la consommation de cigarettes et produits dérivées.

    Interrogé sur le coût de ce dispositif, Alexandre Doriol a refusé de communiquer un chiffre précis : « Je refuse de chiffrer les investissements pour la sécurité de notre ville, puisque c’est la priorité de ce mandat. On ne peut porter de prix, seulement un résultat ». Le maire assure que les impôts n’ont pas été augmentés, des économies ayant été réalisées sur d’autres postes budgétaires.

  • La centrale hydroélectrique bientôt visitable à nouveau

    La centrale hydroélectrique bientôt visitable à nouveau

    « C’est une belle œuvre d’ingénierie », résume sobrement Federico Garavaglia, au moment de commencer la visite nouvelle version de la centrale hydroélectrique de Saint-Chamas en avant-première vendredi matin. Le responsable des 5 centrales hydroélectriques EDF de Jouques à St Chamas a inauguré avec les journalistes le parcours qu’emprunteront les futurs visiteurs, attendus pour les journées du Patrimoine en septembre.

    Tout commence par une fin. Celle du canal usinier EDF, venu du barrage de Serre-Ponçon et passant par 22 usines avant la dernière, au pied de l’étang de Berre. Perchée à 71 mètres de haut se trouve la dernière chambre d’eau de cette chaîne hydroélectrique de 250 km. C’est d’ici que partent les trois conduites forcées, énormes tuyaux d’acier de 5,5 mètres de large, amenant l’eau aux turbines en contrebas. « Ce sont les plus grandes de France métropolitaine » relève Federico Garavaglia, indiquant qu’« on peut y mettre deux voitures Smart en largeur ». Le débit atteint « 500 000 bouteilles de Cristalline » d’un demi-litre par seconde, poursuit le responsable. Soit autour de 250 mètres cubes. Des analogies testées avec succès avec ses enfants.

    « Plein de gens nous

    ont dit vouloir la visiter »

    Mais à quoi servent ces trois cheminées au milieu des conduites ? « Ce sont des cheminées d’équilibre », explique Federico Garavaglia, servant à « éviter le coup de bélier, le même phénomène que lorsque vous fermez le robinet à la maison ». Au bout de chaque conduite, une turbine de 50 mégawatts, soit l’équivalent de 2 000 moteurs de Renault 4L, entraînant un alternateur de 200 tonnes de cuivre à 200 tours/minute.

    Toutes ces découvertes et bien d’autres seront de nouveau accessibles au public après 9 ans d’interruption des visites publiques. « Nous avons installé tout un parcours de visite pour ouvrir la centrale au public lors des journées du patrimoine », indique Pascale Sautel, directrice des concessions EDF Hydro Méditerranée. Ces journées sont programmées au 19 et 20 septembre 2026. « On sait qu’il y a volonté de visiter car plein de gens nous ont dit passer souvent devant et ne l’avoir jamais fait », poursuit la directrice, qui imagine déjà proposer par la suite d’ouvrir les portes de la centrale aux collèges et écoles. « Nous avons la volonté et les installations, il n’y a plus qu’à accueillir » poursuit-elle.

    L’enjeu ? « La centrale a 60 ans en 2026. Il y a eu beaucoup d’expressions dures, parfois négatives. Nous voulons valoriser cet outil car nous n’avons rien à cacher », conclut-elle.

  • Soprano provoque un coup de chaud durant la fête de la musique

    Soprano provoque un coup de chaud durant la fête de la musique

    « Aujourd’hui, pour le lancement de l’Été marseillais, veuillez accueillir… Soprano ! » À 21h45 dimanche soir, face à la scène installée par la Ville de Marseille sur la corniche, ce n’est que hurlements et sifflements. « Ça fait super plaisir de vous voir ! », lâche l’artiste, « c’est la fête de la musique et le plus important, c’est que tout le monde puisse s’amuser ! ». Le rappeur marseillais lance la soirée avec Cosmo avant d’enchaîner avec En feu ! « C’est surprenant, super cool qu’il soit venu en personne », n’en revient pas Suzanne. « On est là, on profite ! », s’enflamme Chiara.

    Diversité musicale

    À la Plaine, en début d’après-midi, tout le monde se prépare. L’Intermédiaire, bar emblématique de la scène rock marseillaise, a avancé les horaires pour accueillir un large public. « Des jeunes, des vieux, des touristes, des riverains, qui viennent pour écouter une musique qui nous porte », apprécie Annaëlle Loze qui souligne : « C’est un grand moment de rock, dans ce que cela implique en qualité musicale et en valeurs qu’on défend : l’antifascisme, l’antiracisme, le respect », poursuit-elle.

    Une musique live qui est également portée par des particuliers qui installent leurs systèmes sont à chaque recoin de la place. Parmi eux, un groupe d’amis se préparent depuis trois mois, en bricolant des caissons. « C’est la première fois qu’on fait ça. On pose les enceintes et on propose aux gens de venir mixer », explique l’un d’entre eux.

    À la Citadelle, le Swing du Camas fait résonner son jazz manouche devant un public familial. « Le cadre est trop beau, savoure Kevin, on a de la chance de commencer la soirée ici avant d’aller papillonner et profiter ailleurs », savoure Kevin. « Pour moi, la fête de la musique c’est les musiciens », précise Michael, Parisien récemment installé à Marseille, « on est venu pour le gipsy jazz et on reste pour le conservatoire ».

    Sur la corniche, beaucoup de monde se presse. Les scènes s’enchaînent sur une voie libérée des voitures, dans des petits chapiteaux, des DJ sets dans les bars… Beaucoup de jeunes se pressent devant la grande scène mise en place par la Ville de Marseille. Un collectif fait danser et chanter des jeunes de 15 à 20 ans, sur les tubes de SCH, PLK, Maître Gims… Et Soprano débarque.

  • Action contre les ruptures de l’Allocation adulte handicapé

    Action contre les ruptures de l’Allocation adulte handicapé

    « Depuis la fin du mois de mars, je n’ai plus aucun revenu. » Cela fait quinze jours qu’Ayoub Obad est en grève de la faim pour dénoncer les retards dans le renouvellement de l’allocation aux adultes handicapés (AAH). Depuis, il est tous les jours devant la Maison départementale des personnes handicapées des Bouches-du-Rhône, en charge de cette aide. « Je voulais montrer concrètement comment des blocages administratifs et des dysfonctionnements internes ont des répercussions sur l’accès aux droits et aux ressources pour pouvoir juste se nourrir. »

    Autiste, Ayoub Obad perçoit cette aide depuis 2018. Après avoir travaillé dans le monde culturel en tant qu’auto-entrepreneur, il fait un gros burn-out et est contraint d’arrêter. « Le souci, c’est que mon handicap est invisible et donc les gens me faisaient confiance et me déléguaient beaucoup de choses. » L’AAH devient alors son unique revenu, ne pouvant plus travailler.

    Une aide qu’il doit renouveler tous les deux ans. « J’ai déposé mon dossier de renouvellement en décembre, alors que mes droits se terminaient fin mars. C’est un peu court car le délai est de quatre mois, mais j’avais eu des problèmes de santé », explique le trentenaire. Malgré un dossier classé urgent depuis le mois d’avril et des relances répétées, les aides n’ont toujours pas été versées.

    70 euros pour le mois

    Face à cette rupture de droit, il tente de demander le RSA qui lui est refusé car calculé sur les trois derniers mois où il touchait encore l’AAH. Depuis il ne vit donc qu’avec ses aides pour le logement (APL). « Je ne peux plus payer mon loyer, car mes APL me permettent juste de couvrir mes factures mensuelles. Et une fois que cela est payé il me reste 70 euros pour le mois », se désole Ayoub Obad.

    Pour le jeune homme, cette situation relève plus de la règle que de l’exception. « Je fais cela pour rendre visibles les retards systémiques dans les demandes et renouvellements de cette aide. » En mai 2025, le collectif Les dévalideuses dénonçaient déjà des délais rallongés dans les MDPH par rapport aux 4 mois prévus dans la loi. Des retards qui entraînent la précarisation de personnes étant déjà en situation de vulnérabilité à cause d’une société qui ne s’adapte pas.

    Contactée, la MDPH 13 affirme « suivre la situation avec attention et l’avoir reçu à plusieurs reprises ». Le retard serait notamment dû à un dépôt tardif et « la réception en retard de pièces indispensables de la part de partenaires ». Le dossier à présent complet, elle affirme mettre tout en œuvre pour qu’il perçoive au plus vite ses aides.

  • Les Goudes contre la surfréquentation

    Les Goudes contre la surfréquentation

    « Les Goudes en colère. » Banderoles et pancartes levées, près d’une centaine d’habitants déterminés des Goudes ont manifesté samedi matin dans les rues du village de l’est marseillais pour crier leur ras-le-bol face au manque de stationnement et appeler les autorités à réguler la surfréquentation qui rend leur vie invivable.

    Le CIQ des Goudes a réussi sa mobilisation alors que la saison estivale a démarré et avec elle un flux toujours plus important de véhicules qui s’engouffrent dans l’entonnoir et butent sur un parking saturé et sur l’impasse de Callelongue. « On veut une ZTL [Zone à trafic limité] pour apaiser comme il y en a en Italie. C’est-à-dire concrètement une caméra vidéo qui filme la plaque d’immatriculation. Si votre véhicule n’est pas autorisé, vous recevez un PV de 135 euros », explique Julie Rigal, deux pancartes en mains : « Les bus et les bateaux, ça ne suffit pas. Stop voitures » et « La solution, c’est la ZTL ».

    « à leurs experts de trouver des solutions »

    « Notre but, c’est de se faire entendre », explique Romain Garoute, le président du CIQ. « On veut que les collectivités se posent sur le sujet pour mener des actions concrètes. Et il n’y a rien eu depuis un an. On veut que tous les acteurs se réunissent régulièrement pour trouver une vraie solution. On n’est pas urbaniste, c’est à leurs experts de trouver des solutions. Si ça ne bouge pas, on sera encore dans la rue. Aujourd’hui on est en train de tuer le village. On a un littoral magnifique. Des gens du monde entier viennent par ce que c’est beau et instagrammable mais il n’y a pas de piste cyclable et rien n’est aménagé pour les piétons. » De citer des chiffres parlants. Le village de près de 500 habitants ne compte que 250 places de parking pour un flux journalier estimé à 2 500 véhicules. Une création de parking sur l’ancien camping et au Cap Croisette ? Le parc national des Calanques a refusé. L’an dernier, des plots ont été installés qui ont retiré du stationnement mais qui ont amélioré les mobilités douces (rallongement du bus de la ligne 20 et stations pour les deux roues).

    « Qu’ils viennent

    en bus ou en vélo ! »

    « C’est infernal, ça s’aggrave d’année en année. Les résidents qui vivent à l’année ont une priorité sur les touristes. Cette année, j’ai payé 600 euros de PV », explique Sandra. « Moi j’habite ici depuis 40 ans. La solution, c’est de fermer les Goudes. Non, ça ne privatise pas les Goudes. Qu’ils viennent en bus ou en vélo ! Regardez sur la Côte bleue, c’est fermé. Vous descendez pas à Niolon, c’est fermé. Vous vous garez en haut. Au Vallon des Auffes et à Malmousque, ils ont mis des barrières. »

    « Mes parents avaient le cabanon depuis 50 ans et c’était pas comme ça. On n’en peut plus. C’est lamentable. Au lieu de nous mettre des PV à nous, que la police passe la nuit pour les motos qui passent en trombes et les rodéos », proteste Claudine, habitante depuis 22 ans. « Je ne peux même pas dire à ma fille qui vit à Plan-de-Cuques de venir dîner car elle n’aura pas de place pour se garer. L’été, on s’en va parce que c’est infernal, on prend un mobile-home près de Valréas. »

  • [Entretien] Carlos Tunon, Filpac-CGT : « L’État doit s’engager pour défendre Fibre Excellence »

    [Entretien] Carlos Tunon, Filpac-CGT : « L’État doit s’engager pour défendre Fibre Excellence »

    La Marseillaise : L’arrivée de Matthieu Pigasse est une première victoire mais il y a toujours urgence ?

    Carlos Tunon : Il va falloir approfondir pour transformer cette lettre d’intention en reprise ferme. Mais on a déjoué le scénario prévu, qui était la mise en liquidation des entités, ça nous a été confirmé. « Prévu » par un certain nombre de personnes, dont le Ciri, le comité interministériel de restructuration industrielle.

    Sophie Binet explique que le Ciri
    a soufflé le chaud et le froid, comment analysez-vous la position du gouvernement ?

    C.T. : Depuis un certain temps, quand on fait des rencontres à Bercy, ils essaient de nous rassurer. Mais le lendemain, il y a des déclarations où il est dit quasiment l’inverse de ce qui était raconté la veille. C’est forcément difficile d’avancer avec cette façon de faire.

    Ça reflète la politique industrielle menée depuis deux mandats ?

    C.T. : Tout à fait. L’impression qu’on a, c’est que le Ciri n’est pas en capacité de prendre de certaines décisions alors qu’il devrait. Idem pour le Premier ministre et le ministre de l’industrie. Un exemple : la réintégration de l’usine de Saint-Gaudens dans les quotas carbone [Marché des quotas carbone européens, ndlr]. C’est une décision qui dépend de l’État mais elle n’est pas prise. Alors que c’est seulement une application des textes de loi et qu’il n’y a pas de difficultés particulières.

    Outre les quotas carbone, il y a d’autres « conditions suspensives » qui dépendent de l’État…

    C.T : L’État doit s’engager clairement et lever de ces conditions suspensives. Outre les quotas carbone, il y a la fameuse question du prix de revente du mégawatheure. Aujourd’hui, la formule de calcul n’est pas très claire et il faut que l’État éclaircisse cette question. Pour l’approvisionnement en bois, autre condition suspensive, c’est pareil : il n’y a pas l’application d’une directive européenne qui permettrait une restructuration de la filière avec une priorisation des utilisations des bois pour ainsi fournir plus de volumes pour les fabricants de pâte à papier. On voit là l’échec de la politique de soi-disant réindustrialisation de l’État. À une époque, l’État nous avait assuré que si l’on trouvait un investisseur fiable, il mettrait tout en place pour aider à la reprise. Il va devoir passer des paroles aux actes. Surtout au regard des 211 milliards d’euros d’aides aux entreprises qui profitent beaucoup aux multinationales et aux grands groupes.

    Justement, l’ancien actionnaire indonésien de Fibre Excellence
    a eu un soutien financier public…

    C.T. : Il a largement bénéficié d’argent public et il a bénéficié d’effacements de dettes, notamment en 2022 quand il avait mis Tarascon en redressement judiciaire. De mémoire, on était autour des 170 millions d’euros, payés par l’état et donc les contribuables.

    Vous portiez l’idée d’une nationalisation, comment passe-t-on de cette proposition à un soutien d’un investisseur privé ?

    C.T. : On portait l’idée d’une nationalisation temporaire pour avoir du temps pour trouver des investisseurs et pouvoir travailler avec eux, sur un projet pérenne. Avec l’arrivée de Matthieu Pigasse, on peut s’exonérer de ce sujet là pour l’instant. Mais si l’État souhaite entrer au capital, pourquoi pas ? Il y a déjà les régions.

    Quel impact sur la filière si Fibre Excellence disparaît ?

    C.T. : En France, on dépense 1 milliard d’euros pour acheter de la pâte à papier dans d’autres pays, en comptant la production de Fibre Excellence. Cela veut bien dire qu’il y a un marché pour ce produit sur le territoire. Si l’entreprise disparaît, on doublerait cette somme pour acheter ailleurs. Le déficit serait énorme, la balance commerciale ne s’arrangerait pas et cela poserait des questions de dépendance. Quand on voit la situation géopolitique actuelle, en cas de blocage, on peut se retrouver sans pâte à papier. Reconstruire une capacité industrielle comme celle de Fibre Excellence, c’est un coût astronomique et prendrait des dizaines d’années. Refaire l’usine de Saint-Gaudens, c’est environ 1 milliard d’euros.

  • Au travail, le manque de protection et de contrôles tue

    Au travail, le manque de protection et de contrôles tue

    Face à ce nouveau drame, « la fédération CGT des métiers de la construction a demandé l’ouverture de discussions avec tous les acteurs, organisme de prévention au travail et patronat. On n’a toujours pas de réponse », explique Pascal Maestracci, secrétaire régional CGT construction bois et matériaux, un secteur qui cumule à lui seul 4 des 9 morts au travail en France dû à la chaleur en 2024.

    Depuis 2024, le BTP bénéficie d’un encadrement légal particulier. La canicule est entrée dans la liste des intempéries considérées comme un motif de chômage technique. « Mais les ouvriers sont partiellement payés et toutes les entreprises ne sont pas inscrites à la caisse, c’est sans compter les intérimaires », tempère le syndicaliste. Si l’Institut national de recherche et de sécurité fait des recommandations, le Code du travail ne fixe pas de niveau de températures. « On reste dans une logique d’adaptation des conditions de travail. La rentabilité l’emporte sur la mise en danger du salarié, déplore Pascal Maestracci, et l’administration n’a pas les moyens de contrôle ».

    Exposés, moins visibles

    Le BTP, l’agriculture et les travaux publics sont les secteurs les plus évidents lorsqu’on parle de fortes chaleurs. Mais d’autres travailleurs sont exposés dans le secteur de la logistique, la livraison, la restauration, l’industrie, la voirie, l’entretien urbain, la sécurité, ou dans le secteur hospitalier où le syndicat SUD santé sociaux vient d’adresser la demande d’un « véritable plan de rafraîchissement » au conseil de surveillance de l’hôpital Édouard Toulouse. Sonia, salariée en droit de retrait à la blanchisserie Pamar dans le 15e arrondissement de Marseille rappelle les conditions dans lesquels l’entreprise les a fait travailler. Des locaux mal adaptés, en particulier à la calandre, la seule ouverture, un « skydome » faisait office d’aération. Effet de serre garanti l’été avec le soleil au zénith. « On l’avait signalé, on a eu droit à un parasol de plage accroché à un chariot de linge. » Quand le mercure grimpait, accentué par la chaleur des machines, « on suffoquait, lâche Sonia, on avait droit à une bouteille d’eau uniquement en cas de canicule ».

    Dans les plateformes logistiques, la situation n’est pas plus enviable. En 2022, ID logistics avait investi un hangar dans le 15e arrondissement, avant de le liquider trois ans plus tard et tous ses salariés. Porte-parole des anciens salariés qui ont porté l’affaire aux prud’hommes, Alexandre Regnault se souvient également de conditions indignes : « Pendant des mois il n’y avait même pas de toilettes, d’accès à l’eau. L’été, c’était l’étuve, certains étaient au bord du malaise, mais on avait tous besoin de ce travail ».

    Le droit de retrait reste une possibilité de pression sur les entrepreneurs, mais là encore « la perte des CHSCT a fortement atténué le contre-pouvoir des syndicats qui subissent aussi de lourdes attaques », souligne Pascal Maestracci.

  • Les quatre infos principales du week-end autour de l’OM

    Les quatre infos principales du week-end autour de l’OM

    Arsenal et Tottenham s’intéressent à Greenwood

    L’ailier anglais Mason Greenwood attirait jusqu’ici principalement les convoitises de l’AS Rome. Mais des clubs anglais aux moyens financiers quasi illimités seraient désormais entrés dans la course pour s’attacher les services de la pierre angulaire de l’attaque olympienne.

    Les deux rivaux londoniens, Tottenham et Arsenal, s’intéresseraient de près à l’attaquant, dont la valeur est estimée à 55 millions d’euros. Une information à prendre toutefois avec précaution compte tenu du passé judiciaire de l’ancien prodige de Manchester United. Outre-Manche, la simple évocation de son nom demeure un sujet sensible.

    Un transfert vers la Premier League n’est néanmoins pas à exclure, notamment du côté des Spurs. L’arrivée de Roberto De Zerbi à la tête de l’équipe, lui qui a fait de Greenwood son principal atout offensif à l’OM, pourrait faciliter les discussions entre les deux parties.

    L’AS Rome pourrait cependant revenir rapidement à la charge pour tenter de recruter l’ailier anglais. En effet, le Borussia Dortmund s’intéresserait de près à Matías Soulé et préparerait une offre avoisinant les 30 millions d’euros. Une vente qui permettrait au club romain de disposer des liquidités nécessaires pour se rapprocher des 50 millions d’euros réclamés par l’OM.

    Accord verbal entre Traoré et le Genoa

    Recruté par l’Olympique de Marseille à Bournemouth pour un peu moins de 10 millions d’euros l’été dernier, Hamed Junior Traoré ne semble pas avoir convaincu la nouvelle direction de le garder. Selon Calciomercato, le Genoa aurait trouvé un accord verbal avec le milieu offensif ivoirien.

    Les négociations sont en cours entre le club italien et l’OM sur les modalités de ce transfert. Avec un salaire d’environ 320 000 euros par mois, l’OM va donc baisser un peu sa masse salariale, ce qui n’est pas négligeable compte tenu des finances actuelles.

    Grenier dans le futur staff de Genesio ?

    Alors que l’arrivée de Bruno Genesio sur le banc olympien semble se préciser, malgré les derniers obstacles administratifs et financiers, un nouveau nom circule avec insistance pour intégrer son futur staff technique : celui de Clément Grenier. Récemment diplômé de l’UEFA A, l’ancien international français est désormais habilité à intégrer un staff professionnel en Ligue 1 ou en Ligue 2. Mais l’OGC Nice serait également sur le coup.

    Malang Sarr ciblé

    L’Olympique de Marseille continue d’explorer plusieurs pistes pour renforcer sa défense cet été. Parmi les noms qui circulent ces dernières semaines figure celui de Malang Sarr, auteur d’une saison convaincante sous les couleurs du RC Lens.

    Benoît Payan fixe ses exigences à la nouvelle direction

    Une nouvelle page de l’histoire de l’OM s’apprête à se tourner avec la future nomination officielle de Stéphane Richard comme président du club phocéen. Celle-ci surviendra le 3 juillet. Invité sur le plateau de BFM Marseille Provence, le maire de Marseille (PM), Benoît Payan, s’est exprimé sur la prise de fonction de l’ancien PDG d’Orange. « Il prend la présidence de l’OM dans un moment très compliqué. C’est très courageux de sa part. Il va falloir avoir une équipe rapidement performante et qui ne nous fasse plus honte. Qu’elle soit constante », a-t-il lancé. Le maire en a également profité pour exprimer son souhait de voir le logo actuel être revu et a réaffirmé son attachement au nom du stade Vélodrome.

  • Marché du Soleil, le procès de la face occulte

    Marché du Soleil, le procès de la face occulte

    Le Marché du Soleil, c’était depuis 1987 un vaste bazar populaire de 3 500m2 dans le quartier de la Porte d’Aix. Il est fermé depuis six mois après une vaste opération des Douanes qui ont démantelé dans ce quadrilatère labyrinthique compris entre la rue du Bon Pasteur et la rue Fauchier, « une organisation structurée associant production, stockage et commercialisation massive de contrefaçons ».

    En tête d’affiche du procès qui s’ouvre pour la semaine à la caserne du Muy, Georges Dahan, 81 ans, et cinq membres de sa famille. Le patriarche, interpellé le 12 novembre 2025 avec 24 000 euros en espèces sur lui, présidait la société AMG Promotion qui durant des années a défié les autorités, se fichant des arrêtés municipaux de fermeture pour non-conformité aux règles de sécurité. Sa fidèle gestionnaire Leïla H. est jugée aux côtés des deux gardiens du marché, Abdelhamid D. et Abdelmalek E. Un commerçant résume le rôle central de cette femme : « Il y a une loi en France, une à Marseille et une au Marché du Soleil. En gros là-bas, c’est que des illettrés sans-papiers. Si les commerçants font pas ce qu’elle veut, elle envoie la police pour leur créer des problèmes avec les papiers. Elle clôture le bail, elle empêche les gens de travailler. »

    « Une organisation criminelle sophistiquée »

    Début février, la Douane fouillait 108 des 182 boxes commerciaux de vêtements, de quincaillerie et deux zones de stockage. 99 boxes contenaient des contrefaçons. L’opération menée sous l’égide de la loi Narcotrafic a entraîné la fermeture par la préfecture du marché. Après des années de cécité sur ce trafic de notoriété internationale, l’État se vante d’avoir mis à bas « une organisation criminelle sophistiquée, constituant un modèle économique intégré allant du stockage, à la confection et la commercialisation de contrefaçons à grande échelle, dispositif installé au cœur même de la ville de Marseille ».

    L’enquête estime que 70% des loyers perçus proviennent d’une activité non déclarée. Depuis 2021, plus de 5 millions d’euros ont été encaissés par la société de Georges Dahan venant de sociétés n’ayant aucune existence légale. L’opacité dans la gestion locative des cellules commerciales est criante avec un système de sous-locations à des personnes introuvables. En tout, 206 875 articles contrefaits ont été saisis pour une contre-valeur totale de plus de 42 millions d’euros, « ce qui atteste du caractère massif d’économie souterraine liée à la contrefaçon au sein du Marché du Soleil à Marseille », décrit l’enquête des Douanes qui parle d’« un processus sophistiqué reposant sur la réalisation à flux tendus de contrefaçons sur la base d’articles génériques notamment textiles ».

    « Recours à la corruption »

    « Le recours à la corruption d’agents publics qu’ils soient fonctionnaires de police municipal ou agent de préfecture donne à cette organisation les caractéristiques s’apparentant à une organisation mafieuse », analyse l’enquête. Un membre de la famille Dahan a ainsi reconnu avoir corrompu une agent de la préfecture, Zoubida K., 66 ans, adjointe administrative à l’intercommunalité, pour qu’elle intercède en faveur de la réouverture du marché. Une première somme de 1 500 euros en espèces lui a été remise à son domicile le 6 février 2026. « C’est une somme tellement faible que cela ne me paraît pas être de la corruption. C’est un service rendu », a minoré Michel Dahan, 69 ans, en audition.

    Sont jugés enfin le brigadier-chef principal Ali T., 45 ans, l’agent Yanice E., 35 ans, et le brigadier Grégory P., 34 ans. Ces trois policiers municipaux affectés à la Brigade de tranquillité publique sont accusés de s’être fait remettre des contrefaçons en échange de services rendus à Leïla H., la femme de confiance de Georges Dahan, qui se servait d’eux pour diriger des contrôles sur des sans-papiers ou bien fermer les yeux sur des vendeurs.