Tag: biodiversité

  • Créer un jardin en mer pour les poulpes

    Créer un jardin en mer pour les poulpes

    « À la fois outil de protection et objet de séduction pour attirer les femelles, la cabane des poulpes est un sujet d’étude passionnant », explique Christian Qui se remémorant la chanson des Beatles Octopus’s Garden, qui déjà, en 1970 parlait de façon poétique d’un jardin des poulpes. Plus pragmatique, les pêcheurs en Méditerranée utilisent des pots pour les pêcher. Les poulpes qui s’accrochent à leur maison se retrouvent ainsi embarqués. Les pécheurs locaux confirment l’existence de coquillages, nacres objets brillants et pacotille devant les demeures créant des habitats et des jardins.

    Dans le cadre du dispositif Cordées de la réussite à l’École centrale Méditerranée, l’association Échanges phocéens accompagne les collégiens et les lycéens toute l’année. Emma et Alexandre étudiants, tutorants bénévoles aident des élèves à réussir leur scolarité. Des sorties et activités culturelles sont aussi proposées dans ce cadre. 36 élèves ont choisi de suivre ce stage qui a pour finalité de créer des pots en céramique peints et émaillés destinés à être déposés au large de Marseille, autour des îles du Frioul. « Nous avions rendez-vous ce matin à Castellane, et pas un seul étudiant ne manquait à l’appel pour partir à Luminy », souligne Monira Allaoui chargée de mission ouverture sociale à Centrale.

    Un projet collaboratif

    Daniela Banaru, maître de conférences à l’Institut méditerranéen d’océanologie (MIO) et spécialiste du poulpe, a ouvert jeudi grand les portes du laboratoire pour parler avec eux de ce céphalopode, qu’elle n’hésite pas à qualifier de « plus intelligent des mollusques ». Projections au tableau, présentation du poulpe dans des bocaux remplis d’alcool, différenciation entre espèces, anecdotes. Les questions fusent sur cet être marin passionnant pourvu de neuf cerveaux. « Je suis le dispositif depuis la quatrième. J’adore, ça me permet de sortir et d’apprendre des choses », confie Ghofrane 16 ans visiblement ravie. Pour réaliser et cuire les 40 pots à poulpes, il a fallu mobiliser tout le savoir-faire de Samuele Perraro, céramiste marseillais. « Nous nous sommes inspirés des noix de coco, et pour le trou sur le sommet, on s’est dit que le poulpe verrait mieux arriver le prédateur », explique Christian Qui.

    Vendredi, est le dernier jour de stage. Il démarre par une visite du marché aux poissons sur le port, en espérant découvrir l’animal vivant. Ensuite direction le bateau pour se rendre au Frioul. « Pour bon nombre de ces petits Marseillais, ce sera une première. Ils sont tous hyper motivés, c’est vraiment cool de pouvoir leur offrir ça », confie Emma jeune tutorante.

  • [Entretien] Isabelle Autissier : « On ne peut pas aimer la mer et ne pas se soucier de l’écologie »

    [Entretien] Isabelle Autissier : « On ne peut pas aimer la mer et ne pas se soucier de l’écologie »

    La Marseillaise : Pourquoi avez-vous accepté d’être marraine de la 23e édition du salon des Nauticales ?

    Isabelle Autissier : Pour moi, c’est une occasion de porter des messages, de rencontrer des gens, de faire avancer un certain nombre de projets. Je suis très attachée à la cause environnementale et à la biodiversité marine. Mais aussi à la découverte de l’océan par tout le monde. J’encourage les gens à aller eux-mêmes au bord de la mer, sur ou sous l’eau, pour comprendre comment ça se passe, pour s’extasier et pour se faire plaisir. Nous sommes sur une planète bleue, il n’y en a pas beaucoup dans l’univers apparemment, donc il faut en profiter et découvrir au mieux ce milieu.

    En tant que présidente d’honneur de WWF, comment aller
    vous porter votre combat de préservation de l’environnement sur le salon
     ?

    I.A. : Dans mes discours, dans mes rencontres je vais parler de ces problèmes. Il ne faut pas se les cacher. Mais je vais aussi parler des solutions parce qu’heureusement il y en a beaucoup. En fait, c’est ça l’éducation. Il faut répéter mille fois les choses. Il faut revenir, parler, rediscuter, échanger, convaincre et pousser les gens à s’engager à leur niveau. C’est inlassable, mais je pense que c’est indispensable.

    Et donc, comment va la Méditerranée ?

    I.A. : Très mal. Elle se réchauffe plus vite encore que l’océan parce que c’est une petite mer. Elle a aussi de moins en moins d’apports d’eau douce puisqu’il y a moins de pluies. Ce réchauffement de la Méditerranée produit des effets catastrophiques sur la vie dans la Méditerranée. Je pense aux coraux par exemple, mais à beaucoup d’autres espèces. Et aussi, c’est une mer qui est, au niveau des plastiques, la plus polluée au monde. On est nombreux à avoir cette impression d’eaux limpides, mais malheureusement, elle est bourrée de microplastiques. C’est aussi une des mers du monde où la surpêche est la plus grave. On ne peut pas accepter ça. On ne peut pas à la fois dire qu’on aime la mer Méditerranée et dire qu’on ne soucie pas de l’écologie, qu’on verra bien après. Non. Il existe des solutions et donc il faut les mettre en œuvre.

    Quelles sont ces solutions ?

    I.A. : Il faut arrêter d’utiliser du plastique à tort et à travers. On ne résoudra pas le problème juste en ramassant le plastique. C’est comme si vous vouliez vider la mer avec une petite cuillère. Parce que le plus grave, ce sont surtout les micro-plastiques, qui font moins d’un millimètre, et qu’on ne peut pas ramasser. Ils passent dans la chaîne alimentaire puis dans notre corps. C’est dramatique parce que c’est cancérogène, ce sont des perturbateurs endocriniens, c’est très mauvais pour la santé, la nôtre et celle de la biodiversité. Donc il faut d’abord diminuer la consommation de plastique, parce qu’il y a plein de choses qui n’ont pas besoin d’être en plastique, et qui ne l’était pas avant : les batteries de cuisine, les jouets, le mobilier… Il faut que l’on diminue sa production, que l’on utilise d’autres matières.

    Peut-on associer nautisme et préservation de l’environnement ?

    I.A. : Oui, parce qu’on protège ce qu’on aime. Aimer l’océan, c’est se réjouir et profiter de ses beautés, de tout ce qu’il peut nous offrir. C’est faire des balades en mer, de la plongée, des balades à pied ou aller se baigner. ça, il faut l’encourager, mais pas n’importe comment. C’est vrai qu’avoir un bateau avec un gros moteur, je ne suis pas certaine que ce soit la meilleure façon de profiter de la Méditerranée. Je pense qu’il y a des façons plus simples, plus tranquilles, qui sont moins polluantes. Je pense qu’il faut réfléchir à comment on fait les choses. La question, ce n’est pas de se priver de les faire, c’est juste de les faire mieux.

    Entretien réalisé par Eva Janus

  • La 23e édition des Nauticales à bon port

    La 23e édition des Nauticales à bon port

    Sur le port de plaisance de La Ciotat, les tentes blanches ont fleuri, pour la 23e édition du salon nautique des Nauticales. Munis de ciseaux, la navigatrice et écologiste Isabelle Autissier et Bernard Deflesselles, conseiller municipal de La Ciotat et de la Métropole, ont officiellement lancé l’événement organisé par la Métropole Aix Marseille Provence, ce mardi matin. Jusqu’à dimanche, une centaine d’exposants feront découvrir la diversité de la navigation : surf, voiliers, vedettes familiales, catamarans, semi-rigides ou encore bateaux électriques seront exposés hors de l’eau ou à flot.

    Job Dating

    Un rendez-vous important qui n’aurait pas pu se faire autre part pour l’ancien député (LR) de la circonscription Bernard Deflesselles « La Ciotat est rentrée depuis 2019 dans le cercle restreint des plus belles baies du monde, indique le conseiller métropolitain. C’est donc logique et légitime que nous soyons tournés vers la mer et que l’on accueille ce salon remarquable. » Avec ses exposants et ses visiteurs, les quais du nouveau port deviennent pendant ces six jours le haut lieu de rencontres des acteurs économiques du milieu maritime. « Cet événement est une belle chose pour cette filière d’excellence de notre région, celle du nautisme, insiste-t-il. C’est important d’être à leur côté. »

    Cette journée du mardi a d’ailleurs été l’occasion de promouvoir le nautisme comme pourvoyeur de travail avec l’organisation d’un job dating. Organisé en partenariat avec France Travail et la cité des métiers, 25 entreprises étaient présentes pour échanger sur la diversité des métiers liés à la mer avec les participants.

    Une marraine engagée

    Avec pour sous-titre « La mer passionnément », cette édition se veut plus engagée sur la préservation de l’environnement. Un village des associations a été installé avec Sea Sheperd ou l’atelier bleu – CPIE Côte provençale qui lutte pour la préservation de la mer. Une évidence pour le conseiller municipal : « C’est un salon nautique, avec une volonté farouche de défendre l’écosystème. C’est pour cela qu’Isabelle Autissier est notre marraine, parce qu’elle s’est portée en avant sur ces questions-là », explique-t-il.

    Présidente d’honneur de l’association de préservation de la biodiversité WWF, la navigatrice est engagée depuis de nombreuses années dans la préservation de l’environnement maritime. « La mer Méditerranée est un tout petit joyau mais qui est aujourd’hui abîmé. s’attriste la navigatrice. Mais la bonne nouvelle, c’est qu’on sait pourquoi et qu’on sait ce qu’il faut faire : réduire le plastique. »

    Pour les plus jeunes, des ateliers immersifs et interactifs auront lieu cette semaine pour leur faire découvrir la biodiversité méditerranéenne et évoquer sa fragilité.

    Billets sur les nauticales.fr

    9 euros plein tarif, 4,5 euros tarif réduit, gratuit pour les enfants de moins de 12 ans

  • Des espèces exotiques sous haute surveillance

    Des espèces exotiques sous haute surveillance

    Frelon asiatique à pattes jaunes, fourmi électrique, crabe bleu et cochenille tortue du pin. Réuni pour une deuxième session la semaine dernière, le comité départemental consacré à la lutte contre les espèces exotiques envahissantes a fait le point sur le suivi de développement de ces quatre bestioles qui prolifèrent dans le Var et font donc l’objet d’une attention particulière.

    Après une première réunion en février pour évaluer l’étendue des dégâts pour élaborer un premier diagnostic et présenter les dispositifs mis en place, il s’agit cette fois-ci de voir leur efficacité, d’identifier de nouvelles actions à mener dans les prochaines semaines mais surtout d’informer le public sur les gestes réflexes à adopter si jamais il était confronté à ces espèces. De véritables fléaux quand elles sont identifiées parmi les cinq causes majeures de l’érosion de la biodiversité sur un territoire qui concentre 50% des espèces de métropole dont 61% végétales et 83% des oiseaux nicheurs.

    Concrètement, une série de fiches a été établie à l’attention des habitants, des professionnels et des touristes dans le cadre d’une action de communication qui a démarré dès le début de ce printemps. Où l’on apprend que les stratégies de lutte sont très diverses, entre éradication et contention quand l’espèce est déjà trop installée.

    Un frelon bien installé

    Sur la fourmi électrique, arrivée d’Amérique du Sud et repérée pour la première fois dans le Var en 2022 à Toulon, des foyers se sont développés sur un peu plus de 7 hectares. Sa piqûre très douloureuse peut entraîner des inflammations sévères voire la cécité chez les animaux domestiques. Seule solution trouvée, l’insecticide même si des produits alternatifs sont à l’étude.

    La cochenille tortue du pin, originaire d’Amérique et introduite par l’homme en Italie, a elle infesté les pins parasols et maritimes du golfe de Saint-Tropez après être passée par Naples et Rome. Tel un vampire, elle suce la sève des arbres jusqu’à les tuer. Pour éviter sa propagation, les pépiniéristes, paysagistes et jardineries ont été sensibilisés, les arbres contaminés dans la nature sont élagués dans un périmètre contraint. Aucun traitement efficace n’a encore été trouvé.

    Plus connu, le frelon asiatique à pattes jaunes, qui a déboulé en France voilà plus de 25 ans est largement installé. Il faut donc vivre avec. Près de 85% de son alimentation étant composée de guêpes, de mouches et d’abeilles dont environ 40% domestiques, « il exerce une pression directe » sur les ruches note le comité départemental, en capturant les ouvrières à l’entrée. Il attaque aussi pour défendre son nid si un humain est à proximité, provoquant des piqûres multiples et des envenimations graves. Pas question de tenter de le détruire par ses propres moyens, prévient le comité, la chose devant être confiée à un professionnel.

    Dans l’eau saumâtre ou salée, on trouve enfin le crabe bleu, omnivore, dont la femelle est capable de pondre jusqu’à 2 millions d’œufs d’un coup. Tout ce petit monde pouvant parcourir jusqu’à 15 km, les équilibres écologiques locaux sont perturbés, le crabe entrant en concurrence avec les espèces autochtones. Outre sa surveillance étroite avec l’implication des pêcheurs et des scientifiques, le comité constate également que le crustacé est savoureux

    Infos sur fredon.fr/paca

  • [Biodiversité] Parc Régional du Ventoux : vautour percnoptère

    [Biodiversité] Parc Régional du Ventoux : vautour percnoptère

    Il est classé « En Danger Critique » sur la liste rouge régionale des espèces menacées. Malgré les divers projets et programmes de conservation de l’espèce dont certains se font au niveau local entre le Parc du Mont-Ventoux et le CEN Paca, celle-ci demeure fragile dans le Sud.

  • Avec les beaux jours, les serpents reviennent

    Avec les beaux jours, les serpents reviennent

    Qui dit retour du soleil, des chaudes journées et du printemps dit retour des serpents dans la nature ou parfois dans votre jardin. À ce titre, le Conservatoire des espaces naturels de la région (CEN Paca) donnes de nombreux conseils allant des réflexes à adopter chez soi aux bonnes pratiques d’observations en milieu naturel, cela s’inscrivant dans le cadre du dispositif « SOS Serpents » qui, sur la base du volontariat et bénévolat permet d’obtenir des conseils gratuits en cas de découverte d’un serpent au sein de son domicile. Ainsi, plusieurs associations dans le Var, le Vaucluse, les Bouches-du-Rhône et les Alpes-de-Haute-Provence y participent et proposent une permanence téléphonique.

    En cas de présence de ce genre de visiteurs, le CEN tient à rappeler qu’il ne faut pas s’inquiéter car ces animaux « craintifs » sont « souvent redoutés à tort » alors qu’ils « jouent un rôle essentiel dans les écosystèmes ». Ajoutant qu’il est « tout à fait normal d’en croiser, notamment dans la région (…) la majorité des espèces n’étant pas dangereuses, contrairement aux idées reçues ».

    Adopter les bons gestes

    Des conseils du quotidien qui s’inscrivent également dans une réalité plus large qui est celle de la préservation des reptiles et des bons comportements que l’homme doit adopter sur le terrain. Que ce soit sur le Mont-Serein ou sur la montagne de Lure par exemple, des dérangements répétés liés à des pratiques photographiques ou naturalistes ont été observés. D’ailleurs, l’Office français de la biodiversité (OFB) a alerté sur la dérive de certains photographes animaliers dans un communiqué de presse de mars 2026. L’occasion de rappeler là aussi que les usagers doivent adopter les bons gestes en milieux naturels mais aussi de rappeler un fait récent dans le Vaucluse où trois personnes ont été verbalisées et condamnées pour la perturbation intentionnelle de vipères d’Orsini sur le Mont-Ventoux.

    Préserver les espèces

    Pour rappel, cette espèce de vipère est l’un des plus petits serpents de France et la plus petite vipère d’Europe, ne dépassant pas 50 cm. Elle est également la moins commune du territoire français puisqu’elle est présente uniquement dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, sa population étant en déclin à cause de la destruction et du morcellement de son habitat. Elle est de fait une espèce protégée et d’intérêt communautaire listée « vulnérable » en Europe et « En Danger » en France et dans la région. Il est donc essentiel de favoriser une cohabitation harmonieuse en cette période sensible pour les espèces.

    Pour plus d’information rendez-vous sur le site du CEN Paca

  • [Concours photo] Poser un regard sensible sur la nature

    [Concours photo] Poser un regard sensible sur la nature

    Parrainée cette année par le photographe professionnel Lucian Métivier, la quatrième édition du concours photos « émerveiller pour sensibiliser » du Conservatoire d’espaces naturels de la région (CEN Paca), affiche pour thématique « Concilier les vivants ». Ce concours a été lancé ce mercredi 1er avril et s’adresse aux photographes professionnels, amateurs, mais également aux jeunes passionnés âgés de moins de 18 ans. Un rendez-vous très attendu des amoureux de la nature, entièrement gratuit, où chaque participant peut proposer jusqu’à cinq clichés pris en milieux naturels. Cette année, un regard sensible sur la nature de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur est particulièrement attendu.

    Explorer la cohabitation possible à travers l’image

    Entre juin et juillet, le jury sélectionnera dix photographies, selon plusieurs critères : respect du thème, qualité artistique et technique, impact émotionnel et capacité de l’image à émerveiller tout en sensibilisant à la préservation du patrimoine naturel régional.

    Le tout autour de différents thèmes, à savoir les oiseaux, les mammifères, la faune herpétologique que constituent les amphibiens et les reptiles, l’entomofaune qui désigne les insectes et autres arthropodes tels que les crustacés ou encore les mille-pattes, les araignées ou les collemboles. Sans oublier les paysages et la flore.

    Les participants sont ainsi invités à explorer, à travers leurs images, les relations, équilibres et cohabitations possibles entre les êtres humains et l’ensemble du vivant sur les territoires.

    Respecter la nature
    et la valoriser

    L’association tient à préciser que « photographier la nature, c’est avant tout la respecter ». La structure valorise, par ce concours, « une approche éthique et responsable : pas d’appâts, par de dérangement et pas de mise en scène artificielle ». La remise des prix aura lieu quant à elle le 26 novembre prochain au Palais du Pharo à Marseille, à l’occasion du Congrès national des Conservatoires d’espaces naturels. De nombreux lots sont à gagner.

    En 2025, les 50 ans
    du Conservatoire

    Pour rappel, l’édition précédente avait proposé un thème intitulé « 50 Hommages au Sauvage », en écho à l’anniversaire des 50 ans du Conservatoire. Le jury, composé notamment de David Tatin, parrain de l’édition et photographe professionnel, ainsi que trois membres du Conservatoire aux compétences naturalistes et photographiques, avaient dû faire un choix parmi les 1 245 photographies reçues de la part des 317 participants.

    Pour vous inscrire au concours et prendre connaissance du règlement, rendez-vous sur le site internet cen-paca.org

  • Lagune de Thau : un plan pour protéger la grande nacre

    Lagune de Thau : un plan pour protéger la grande nacre

    Alors que depuis 2016 un parasite décime les populations de grandes nacres dans une grande partie de la Méditerranée, au point que ce coquillage endémique emblématique des fonds marins méditerranéens est classé en danger d’extinction, la lagune de Thau fait figure d’exception. De sanctuaire. On y recense en effet plus de 100 000 individus de ce bivalve géant, qui peut atteindre jusqu’à un mètre de hauteur, « ce qui confère au territoire une responsabilité particulière pour la connaissance et la préservation de l’espèce », souligne le Syndicat mixte du bassin de Thau (SMBT).

    Fort de cette responsabilité, le SMBT a lancé en 2025 et pour deux ans un projet collectif baptisé “Recrue”, terme qui désigne les jeunes grandes nacres, dont l’objectif est de collecter, à des fins de préservation, des spécimens captés grâce à un réseau de conchyliculteurs volontaires. « Le projet est né de l’observation d’un conchyliculteur de Loupian qui a remarqué la présence de jeunes grandes nacres – de quelques centimètres seulement – fixées sur son matériel d’élevage d’huîtres », rapporte le SMBT. Qui a donc décidé de structurer, en partenariat avec le Comité régional de la conchyliculture de Méditerranée, la communauté scientifique et plusieurs acteurs du territoire, une démarche permettant leur collecte.

    Les grandes nacres de Thau s’exportent dans le Var

    Les jeunes grandes nacres récupérées dans les installations conchylicoles de la lagune de Thau sont ensuite soit stockées sous la table conchylicole du lycée de la mer Paul Bousquet, soit transférées en bassin à la station marine de Sète, soit mises à disposition de projets scientifiques ou encore intégrées à des démarches de conservation, lorsque les conditions sont réunies. « L’objectif est de mieux connaître cette espèce et de contribuer à sa protection, dans un cadre scientifique et réglementaire strict », indique le SMBT.

    Une nouvelle étape de ce projet, soutenu financièrement par France nature environnement (FNE) à hauteur de 35 000 euros, a été franchie le 19 mars dernier avec le transfert, pour la première fois, d’une vingtaine de spécimens issus de la lagune de Thau vers l’île varoise des Embiez, au large de Six-Fours-les-Plages. « Ces individus vont désormais permettre de mener des travaux de recherche (analyse de résistance) et de test de transplantation », explique le SMBT.

  • Les élèves s’éduquent sur la protection des océans

    Les élèves s’éduquent sur la protection des océans

    Je ne suis pas prof aujourd’hui », répond Anne Mauffrey à une élève qui vient lui poser une question. La collégienne repart vers son groupe de camarades, quelques mètres plus loin sur la plage située sous le phare du Cap Couronne. Vendredi 13 mars, les CM2 de Carro et les 5e d’Henri Wallon ont participé à une journée d’exploration sur la Côte Bleue. Au programme : randonnée scientifique en bord de mer, observation de la biodiversité et identification des menaces pesant sur le littoral.

    L’enseignante de Sciences de la vie et de la terre à l’origine du projet, Anne Mauffrey, explique : « Ça se déroule ans le cadre de la participation de ma classe au concours pédagogique Oceano pour Tous, organisé par l’Institut océanographique de Monaco. Quand j’ai appris que la primaire bénéficiait d’une Aire marine éducative (AME), je me suis dit que c’était l’occasion de faire de la transmission de savoir ! »

    Des porteurs de parole

    Depuis 2020, cette zone de l’Anse d’Arnettes est « mise en valeur et protégée » par les élèves de classe de CM2 de Carro qui « repèrent les menaces qui pèsent sur elles », explique leur professeur Guillaume. Derrière, les enfants proposent des projets avec un principe : « Tout doit partir d’eux. »

    L’objectif de cette AME est simple : sensibiliser les jeunes à la question écologique. Et il est rempli. Mathilde et ses amies, toutes âgées de 10 ans, affirment : « On voudrait faire un sentier sous-marin, comme à Port-de-Bouc, pour mettre des panneaux qui donnent des informations sur les poissons et leur habitat. On a appris énormément de choses grâce à l’AME, sur la posidonie, le plancton, la chaîne alimentaire… Ça nous a donné envie de transmettre tout ce qu’on sait ! »

    Et ça commence ce vendredi, dans le cadre d’ateliers tantôt dirigés par les CM2, tantôt par les 5e. Pour Anne Mauffrey, les bénéfices de cette pédagogie sont nombreux : « Quand on met les enfants en position d’acteur, c’est là où ils se révèlent vraiment. Les fesses collées à la chaise toute la journée c’est bien, mais à un moment il faut transformer l’essai avec des projets, qui sont décloisonnés, où on mélange le français, les mathématiques, les sciences. Et surtout, on fait des élèves des porteurs de parole de la protection de mers et des océans. Chaque enfant a quelque chose à dire, peut nous aider sur ces grandes causes, et inversement ces grandes causes peuvent nous aider à sauver beaucoup de ces enfants. »

  • Les enfants plantent une micro-forêt dans le quartier des Comtes

    Les enfants plantent une micro-forêt dans le quartier des Comtes

    À peine la paille posée, une tourterelle atterrit. En face du bâtiment banane des Comtes, en lieu et place de l’ancien city-stade, une micro-forêt prend désormais racine. Depuis trois jours, l’entreprise OliviAnne, mandatée par Erilia, encadre des enfants et des collaborateurs du bailleur social dans l’opération de renaturation. Celle-ci s’inscrit dans la transformation globale du quartier prioritaire, menée dans le cadre du Nouveau programme national de renouvellement urbain. Ce jeudi 12 mars en milieu d’après-midi, 300 jeunes port-de-boucains et une soixantaine de salariés peuvent se féliciter d’avoir planté 2 445 arbres et buissons de trente espèces différentes sur une parcelle de 815 m2.

    « Ce sont les mêmes que la forêt du Castillon : il y a du pistachier, de l’olivier sauvage, du romarin, du chêne… », énumère Anne Desmaison, fondatrice de la société en charge du chantier. D’après l’oléicultrice, « deux ans et demi après plantation, les amandiers peuvent déjà mesurer plus de 2 mètres ».

    Biodiversité et fraîcheur

    Les bienfaits d’une telle micro-forêt sont nombreux : « Production d’oxygène, séquestration du carbone, désimperméabilisation des sols qui permet une meilleure infiltration des eaux en cas de pluie, création d’îlots de fraîcheur », cite Anne Desmaison. La spécialiste de la renaturation a effectué des relevés sur l’une des douze parcelles qu’elle a plantées à Salon-de-Provence : « À 20 mois, à l’extérieur, on avait 56 degrés au sol, à l’intérieur, on avait 36 degrés. On a gagné 20 degrés sur une forêt pas du tout arrivée au terme de sa maturité ! »

    Côté biodiversité, ces végétaux permettent le développement de pollinisateurs et apportent un habitat aux insectes et aux oiseaux. « L’intérêt d’avoir planté avec les enfants, c’est qu’on les a sensibilisés avec une activité ludo-pédagogique en rapprochant la nature d’eux, explique Julia Riccio, fondatrice des Créations du hérisson. Et la biodiversité ne s’arrête pas aux animaux et aux plantes, je leur ai expliqué que dans une poignée de terre, il y a autant de bactéries qu’il y a d’humains sur terre. C’est dingue ! On a aussi parlé des propriétés des plantes… Savoir tout ça leur donne envie de protéger ce nouvel endroit. »