Tag: biodiversité

  • [EQDD] Métropole de Lyon : des arbres de pluie au secours de l’eau qui ruisselle

    [EQDD] Métropole de Lyon : des arbres de pluie au secours de l’eau qui ruisselle

    Ce dispositif consiste à aménager le pied des arbres avec une zone drainante remplie de cailloux, permettant de capter une partie de l’eau de ruissellement. Celle-ci s’infiltre alors dans le sol, profite à la végétation et limite la saturation du réseau d’assainissement, encore largement unitaire. Initiée en 2020, cette approche écologique réduit les rejets pollués dans le Rhône lors de fortes pluies. « Les effets se sont fait sentir au niveau des stations d’épuration, explique Pierre Athanaze, ancien vice-président de la Métropole de Lyon en charge de l’environnement. Et c’est vraiment gagnant-gagnant, les arbres grandissent mieux et ont un meilleur taux de survie ». Malgré des craintes sur la pollution, les analyses se sont révélées rassurantes pour les plantes. En plus d’améliorer la croissance des arbres, ces aménagements rafraîchissent la ville et favorisent la biodiversité, transformant des espaces urbains très minéraux.

    Par Émilie Charrel Le Progrès

  • [EQDD] Pyrénées : sauver les ruisseaux pour sauver les rivières

    [EQDD] Pyrénées : sauver les ruisseaux pour sauver les rivières

    Hausse de la température de l’eau, diminution des débits, augmentation de la pollution… Il y a urgence à agir. Ces véritables châteaux d’eau naturels jouent un rôle vital : ils alimentent les rivières, soutiennent les débits en été, filtrent naturellement l’eau et maintiennent la biodiversité. Lorsque ces zones sources sont touchées, ce sont tout le bassin et l’ensemble des usages qui en subissent les conséquences. Parmi les leviers à actionner : la protection des zones humides en évitant qu’elles soient piétinées par les troupeaux, l’arrachage des espèces invasives, le traitement biologique du lactosérum lors de la fabrication du fromage, etc.

    Par Etienne Czernecka Sud Ouest

  • [EQDD] Alpages sentinelles : plus de 20 ans d’études du changement climatique sur les alpages

    [EQDD] Alpages sentinelles : plus de 20 ans d’études du changement climatique sur les alpages

    Né après la sécheresse des années 2000 dans le Parc national des Écrins, il s’est étendu à plusieurs massifs alpins, dont le Parc naturel régional du Mont-Ventoux. Les chercheurs observent l’évolution de la végétation, du climat et des troupeaux afin d’aider les éleveurs à adapter leurs pratiques face à la hausse des températures et aux sécheresses. Sur le Ventoux, des parcelles protégées permettent de comparer les effets du pâturage sur l’herbe et la biodiversité. Les études montrent des changements dans les espèces végétales, certaines progressant, d’autres régressant malgré des pratiques plus prudentes. Ces résultats interrogent les modes de pâturage actuels et soulignent la nécessité de trouver un équilibre entre activité pastorale, biodiversité et adaptation au changement climatique.

    Par Laure Néron Vaucluse Matin

  • [EQDD] À Isola, ils réalisent un atlas de la biodiversité communale

    [EQDD] À Isola, ils réalisent un atlas de la biodiversité communale

    L’objectif est de recenser faune et flore, du village aux sommets, afin de mieux connaître et protéger les milieux naturels, tout en aidant les décisions d’aménagement. L’initiative met en lumière la richesse écologique locale, à la croisée d’influences méditerranéennes et montagnardes, mais aussi la fragilité de certains milieux (zones humides, cours d’eau) face aux activités touristiques et au changement climatique. En mobilisant habitants, élus, chasseurs et acteurs du tourisme autour d’actions concrètes, l’ABC a vocation à préparer un territoire en pleine mutation mais aussi, renouer le dialogue. Au-delà de l’inventaire scientifique, le projet vise à recréer du dialogue et à concilier développement de la station de ski et préservation de la biodiversité. Un plan d’action et une cartographie finale seront remis à la commune.

    Par Flora Zanichelli Nice Matin

  • [EQDD] Valérie Masson-Delmotte, Haut Conseil pour le Climat : « L’adaptation doit être pensée comme un chemin »

    [EQDD] Valérie Masson-Delmotte, Haut Conseil pour le Climat : « L’adaptation doit être pensée comme un chemin »

    Se préparer à un réchauffement de +4°C à la fin du siècle
    en France, est-ce un aveu d’échec ou un principe de réalisme
     ?

    C’est une forme de lucidité. L’Accord de Paris vise à limiter le réchauffement bien en dessous de +2°C, mais fin 2024, nous étions déjà à +1,36°C, principalement en raison des activités humaines. Si l’on suit les politiques actuelles, nous tendons vers un réchauffement global de +2,8°C à la fin du siècle, ce qui signifie environ +4°C sur le territoire français. Prendre ce chiffre ce n’est pas renoncer à l’atténuation (la réduction des émissions reste cruciale pour freiner la vitesse du changement), mais c’est reconnaître que nous devons protéger nos infrastructures critiques et nos aménagements de long terme face à ce futur plausible.

    Quels sont les risques
    climatiques que nous sous-estimons aujourd’hui
     ?

    On comprend mieux les vagues de chaleur, les sécheresses ou les inondations. En revanche, les événements combinés (chaleur et sécheresse, tempêtes à marée haute et pluies extrêmes à terre…) restent un peu dans l’angle mort… De même, les risques interconnectés sont encore peu pris en compte. En France, nous dépendons de chaînes d’approvisionnement mondiales qui peuvent être perturbées par des événements climatiques. Une sécheresse à Taïwan peut paralyser la production de puces électroniques, et des événements extrêmes dans les tropiques font déjà grimper les prix du café ou du cacao chez nous. On ne peut pas penser l’adaptation en France de manière isolée.

    On a l’impression que la santé devient un enjeu central
    de l’adaptation…

    Oui, clairement. La chaleur est une menace directe pour la santé. Malgré des progrès depuis 2003, il y a encore une surmortalité importante lors des épisodes de canicule. Cela révèle aussi des inégalités profondes : nous ne sommes pas tous égaux face aux fortes températures selon notre âge, notre métier ou notre lieu de vie. L’enjeu est aussi scolaire. Les épisodes de chaleur ne surviennent plus seulement au cœur de l’été, mais aussi pendant les périodes d’apprentissage. Adapter nos écoles est un impératif de santé et de bien-être.

    Au-delà de nos écoles, nos villes sont-elles adaptées aux chaleurs extrêmes ?

    Pas suffisamment. Mais il existe des solutions comme la végétalisation, la création d’îlots de fraîcheur, ou encore l’amélioration du confort thermique des bâtiments. Cela peut aussi aller de pair avec des villes plus respirables et plus vivables. Adapter nos villes, ce n’est pas seulement anticiper les risques, c’est aussi améliorer le quotidien et le bien-être des gens qui y habitent.

    Dans l’urgence, ne risque-t-on
    pas de prendre de mauvaises décisions, ce qu’on appelle parfois la «
     maladaptation » ?

    Le risque, c’est de vouloir maintenir coûte que coûte des pratiques qui ne tiendront pas sur la durée. Exemple : irriguer davantage des cultures très gourmandes en eau peut donner l’impression de gagner du temps. Mais si la ressource vient à manquer, tout s’écroule… L’enjeu, c’est de construire des transformations structurantes en examinant à la fois les bénéfices, mais aussi leurs effets indésirables potentiels sur la biodiversité ou les émissions de gaz à effet de serre. L’adaptation doit être pensée comme un chemin, pas comme un simple empilement de réponses dans l’urgence.

    Qui doit financer l’adaptation ?

    Nous payons déjà tous la « facture » via l’augmentation de nos primes assurances, mais l’action collective est la seule solution. L’État doit donner le cap, mais les territoires sont souvent en première ligne et manquent de moyens. Il faut mieux les accompagner, mais aussi faciliter leur endettement pour des projets résilients.

    Et renforcer la solidarité nationale pour accompagner, par exemple, le repli stratégique sur les littoraux, dans l’esprit du Fonds Barnier. Les assureurs ont sans doute aussi un rôle à jouer en orientant vers une reconstruction plus résiliente, plutôt qu’à l’identique…

    Quels sont les principaux leviers d’action ?

    Il faut passer d’une logique de réaction à une logique de prévention. Il y a un foisonnement d’initiatives inspirantes à l’échelle des territoires, mais cela reste encore trop hétérogène. Pour changer d’échelle, il faut sortir d’une organisation en « silos » pour adopter une approche horizontale et transverse. L’adaptation concerne à la fois les domaines de l’eau, de l’énergie, de l’agriculture, de la santé, du travail ou des infrastructures. C’est d’autant plus réalisable qu’elle est souvent perçue comme un sujet non partisan par les élus, l’adaptation touchant directement à la qualité de vie et à la sécurité des biens et des personnes.

    Sommes-nous engagés dans
    une course contre la montre
     ?

    En tout cas, nous sommes dans une course de vitesse : nos systèmes ont été pensés pour un climat qui n’existe déjà plus… Il faut accélérer ! L’enjeu, c’est de changer d’échelle et d’agir collectivement. S’adapter ne doit pas être perçu comme une contrainte : c’est vraiment une manière de se protéger collectivement, tout en améliorant notre quotidien.

  • Les défenseurs d’Issanka prêts à passer à l’action

    Les défenseurs d’Issanka prêts à passer à l’action

    « Si les élus ne prennent pas leurs responsabilités, des associations comme ALT TGV pourraient faire un recours. » Tandis que le sujet devait être évoqué lors du Conseil de Sète Agglopôle, jeudi 28 mai en soirée (après que ces lignes ne soient écrites), Christophe Aucagne annonce la couleur.

    Pour ce membre de l’association Bancs Publics opposé à l’actuel tracé de la LGV Montpellier-Perpignan qui passe par le site protégé d’Issanka situé entre Poussan et Balaruc-le-Vieux, il est hors de question de rester les bras croisés. Or, si aucun recours juridique n’est déposé d’ici le 8 juin, l’arrêté préfectoral du 8 avril deviendra effectif. Celui même qui autorise les forages exploratoires au niveau de la source d’Issanka qui « abreuve la ville de Sète à 60% sauf en cas de sécheresse », rappelle Christophe Aucagne.

    Selon l’activiste, les sondages prévus en vue de fixer les futurs piliers du Viaduc de Poussan censé faire enjamber le Bassin de Thau à la future ligne à grande vitesse (LGV), ont « 90% de chances d’engendrer une rupture du captage ». Parmi les opérations prévues figurent trois sondages de 80 mètres de profondeur, deux forages carottés à 20 mètres et une quinzaine d’autres à 1,5 mètre maximum.

    Marche samedi 6 juin

    Autant d’investigations à risques autorisées à titre dérogatoire par la préfecture de l’Hérault dans l’intérêt général du projet LGV. Problème : un autre arrêté préfectoral de 1988 sacralise justement la source d’Issanka déclarée d’intérêt public. « La préfecture n’a aucun argument pour aller à l’encontre. Une étude d’Antea Group dit clairement que ce site n’est pas compatible avec des forages », alerte Christophe Aucagne.

    Au-delà de la ressource en eau, le militant ajoute qu’un tel chantier serait une « aberration » pour la biodiversité. « Le site a des arbres bicentenaires et compte une vingtaine d’espèces d’oiseaux, des hérons, des poules d’eau… Pierre Maigre, le président de la LPO, est venu faire une reconnaissance. Ce serait un gâchis. »

    En espérant que le maire de Sète Hervé Marquès (DVD) et que le président d’Agglo Loïc Linarès (PS) ne se positionnent, les défenseurs d’Issanka appellent à une marche entre Frescaly et Issanka, samedi 6 juin à 9h30.

  • L’écloserie, un outil précieux pour la pêche et la biodiversité

    L’écloserie, un outil précieux pour la pêche et la biodiversité

    Truites fario et brochets. à l’écloserie de Meyrargues, dans les Bouches-du-Rhône, les œufs sont choyés pour devenir alevins, jeunes poissons, et repeupler les différents cours d’eau du département. Un travail réalisé par la Fédération départementale de pêche, qu’Yves Vidal, conseiller départemental (Provence Unie) en charge de la pêche, tenait à féliciter jeudi dernier.

    « Avec cette écloserie, la Fédération fait un travail merveilleux pour la pêche et pour le milieu aquatique. En remettant dans les ruisseaux de nombreux poissons », s’enthousiasme Yves Vidal. Construite il y a plusieurs dizaines d’années, elle a été remise aux normes européennes il y a deux ans pour pouvoir pérenniser ses diverses productions. Seule infrastructure de cette ampleur dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, elle sert de nurserie à différentes espèces de poissons afin de les réintroduire dans les milieux aquatiques, tant dans les cours d’eau que dans les étangs, pour compléter la reproduction naturelle.

    Une fois grands de quelques centimètres, les poissons sont soit relâchés directement dans des cours d’eau soit dans des ruisseaux d’élevage. « L’intérêt de cette étape est de permettre aux poissons de grandir dans un milieu semi-naturel sans intervention humaine. Ils développent un comportement sauvage tout en bénéficiant d’une relative tranquillité loin des prédateurs », indique le site de l’écloserie.

    En 2020 et 2022, grâce en partie au soutien du Département, le centre a construit un nouveau bassin de reproduction et acheté du matériel d’incubation d’œufs. Un partenariat entre le Département et la Fédération qui, pour Yves Vidal, « bénéficie directement au territoire. Chaque année, des milliers de poissons sont déversés dans les cours d’eau des Bouches-du-Rhône. »

    Pêche et préservation

    Un exemple pour l’élu départemental de « lieu où l’on voit comment la passion de la pêche rejoint les enjeux de préservation de la biodiversité et de gestion durable des milieux aquatiques ». Si la Fédération a en charge de l’écloserie, c’est pour un soutien halieutique avant tout. Cependant, cela permet de rééquilibrer le fragile écosystème des rivières et des étangs. Comme chaque maillon de la chaîne, ces poissons sont essentiels pour l’auto régulation. La réintroduction de chaque espèce est d’ailleurs surveillée pour que leur nombre ne dépasse pas un seuil qui pourrait causer des déséquilibres. Les truites étant particulièrement sensibles aux pollutions de l’eau, la Fédération de pêche fait de la prévention pour la qualité de l’eau des rivières afin de pouvoir pêcher de la truite. La Fédération nationale a par exemple développé un programme de sensibilisation intitulé « Sauvons nos rivières ».

    C’est pourquoi, l’élu du Département a annoncé reconduire les 25 000 euros d’aides annuelles à la Fédération départementale de pêche. « Derrière la pêche, il y a une filière, des bénévoles, des passionnés, des familles, des jeunes… Le Département est fier d’être à leurs côtés. »

  • [Biodiversité] Les bienfaits en cascade de la mare de Crévoux

    [Biodiversité] Les bienfaits en cascade de la mare de Crévoux

    La visite permet d’apprécier l’utilité de ces petits milieux, célébrés à l’occasion de la fête des mares, du 6 au 14 juin. « C’était devenu un dépotoir, avec cinq voitures laissées là, une caravane et du fumier agricole », raconte Anne Pons, conseillère municipale de Crévoux.

    L’opération a coûté 2 500 euros à la commune, un prix modeste pour Anne Pons au regard des bienfaits apportés. Restaurée, la mare a vu revenir plusieurs animaux, comme la grenouille rousse, et des espèces de chauve-souris. « On avait un habitat pauvre en biodiversité car c’était très homogène, fermé, avec peu de lumière qui entrait, explique-t-elle. On a diversifié les milieux, avec plus de luminosité, et des espèces sont revenues comme par exemple une libelle, la nymphe à corps de feu ».

    Les adoux, l’or local

    La mare n’a pas été la seule à être restaurée : c’est tout le réseau de cours d’eau qui a été réaménagé, notamment les adoux qui se jettent dans le torrent de Crévoux. « Je ne sais pas si vous savez, mais vous avez de l’or entre les mains », a affirmé Florian Chirat, animateur à la Fédération de pêche, au moment de présenter ces petits cours d’eau. Avant d’ajouter : « Ce qui rend un adoux précieux, c’est ça stabilité. Contrairement à un ruisseau, ce ne sont pas les précipitations qui le nourrissent, mais les résurgences d’eau. L’adoux a donc toujours le même débit et reste frais toute l’année ».

    Ce spécialiste explique que l’adoux est une zone refuge pour la faune, et un lieu de reproduction sécurisé pour les poissons qui y vivent, comme la truite fario, une espèce locale unique selon lui : « Sa présence remonte à la dernière glaciation, il y a vingt mille ans, quand la truite s’est réfugiée en mer Méditerranée et est ensuite remontée. Depuis, elle ne s’est plus croisée avec d’autres populations et est une espèce endémique du torrent de Crévoux. »

    En continuité de la restauration de la mare, la fédération de pêche et l’association de pêche La Gaule embrunaise ont dont restauré ces cours d’eaux voisins. « C’était une zone bouchée, où le ruisseau coulait tout droit. Créer des méandres module le courant, le ralentit et permet aux truites de frayer, de remonter jusqu’aux adoux », explique Dewis Davudian, de la fédération de pêche.

    Préserver les adoux, c’est permettre aux espèces locales de disposer d’un refuge en cas d’épisodes d’enneigement ou de crues, appelés à se multiplier avec le dérèglement climatique.

    Reste désormais à veiller à l’année sur ces cours d’eaux. Pour cela, Dewis Davudian sait sur qui compter : « On a entre quinze et dix-sept mille pêcheurs. Ensemble, ils sont des sentinelles, des yeux qui nous remontent des informations sur les cours d’eau ».

  • Une posidonie échouée utile pour lutter contre l’érosion

    Une posidonie échouée utile pour lutter contre l’érosion

    Opération mille-feuille ce mercredi 27 mai de bon matin sur une bonne moitié de la plage de la Pointe Rouge (8e). Depuis 5h, histoire d’éviter la cagnade et de s’adapter au public, les agents de la Ville sont à pied d’œuvre pour d’abord ramasser à la pince les macro-déchets pris dans les herbiers de posidonie morts, échoués, puis pour racler sable et plantes pour en faire des couches successives. L’objectif est à la fois esthétique avant l’ouverture de la saison estivale mais aussi écologique, explique Hervé Menchon (EELV), adjoint au maire de Marseille, délégué à l’environnement et à la biodiversité.

    Travailler à une acceptation sociale

    « C’est une expérimentation qui permet d’aplanir la plage pour la surveillance des baignades, parce qu’une banquette de posidonie d’un mètre de haut, un enfant pourrait tomber derrière et être moins facilement repérable pour les équipes de secours et cela permet de d’avoir une plage lisse qui correspond à un stéréotype touristique », précise l’élu. Un stéréotype contre lequel il lutte, ajoute-t-il tout de suite. Car dans le cadre d’un « plan posidonie » voté en 2023, il entend faire comprendre au plus grand nombre toute l’utilité de cette plante marine, à la fois capteur de carbone et nurserie à poissons.

    Après un plan de communication mené à l’aide d’un questionnaire pour « recueillir l’évolution de l’acceptation sociale de la présence des posidonies sur le trait de côte » et des actions de sensibilisation des enfants avec les « aires marines éducatives », une partie du chemin a été faite estime Hervé Menchon. « On ne considère plus que c’est gênant visuellement et quand ça colle aux pattes, même si on est quand même content que ça soit caché sous le sable pour pouvoir étendre sa serviette… » résume-t-il. Il espère que « petit à petit, la raison va l’emporter et que les gens vont comprendre tout l’intérêt qu’il y a à avoir une nouvelle carte postale méditerranéenne avec ses banquettes de posidonie toujours en place, même l’été ». Ce que les enfants de Corbière, à l’Estaque, ont déjà intégré puisqu’ils ont demandé à ce qu’on laisse les banquettes de feuilles mortes de posidonie intactes cette année se réjouit Hervé Menchon.

    L’autre intérêt de cette laisse de mer constituée par l’herbier, c’est aussi de lutter contre l’érosion de la plage. « Ici, la nappe de sable tourne, et à l’endroit où la plage était la plus large, au fond, les vagues tapent sur les bâtiments », précise l’élu. Les feuilles de posidonie, suivant le courant, se déposent en nombre à l’endroit où la plage est la plus mince. « On peut espérer, estimant qu’un mètre cube de posidonie peut piéger entre 100 et 300 litres de sable, que par des moyens naturels on ait un réengraissement de la plage, avec un élargissement ou un maintien du trait de côte », ajoute-t-il. C’est ce qui s’est notamment passé en à peine un an, en amont, sur la partie Nord de la plage du Prophète (7e) se félicite Hervé Menchon. Le principe du mille-feuille sera en phase de test jusqu’en 2027. « Après on verra si on avait raison », sourit Hervé Menchon.

    Côté baigneurs, on n’est pas convaincu. « Ces trucs, y en a partout, on se baigne dedans c’est pas très agréable », estime l’une d’entre eux. Et pour cette habituée, les dépôts de posidonie « plus nombreux qu’avant » ne sont pas le problème principal. « Ici ce qui nous empêche de profiter de l’endroit, ce sont les restaurants qui étendent de plus en plus leurs terrasses, on est parqués », déplore-t-elle. Plus loin, ce riverain approuve, dénonçant aussi la vétusté des équipements dont la propreté des douches et l’état de l’escalier d’accès alors qu’« on nous avait promis des travaux… » assure-t-il.

  • La préservation de la posidonie jugée à la Cour d’appel

    La préservation de la posidonie jugée à la Cour d’appel

    Deux dossiers, pour faire émerger les « mêmes problématiques », celle de mouillages en zone interdite par arrêté de préfecture maritime, et ses conséquences sur les herbiers de posidonie. Ce mardi, la Cour d’Aix-en-Provence s’est d’abord attelée au dossier du yacht Belongers dont le capitaine, Christopher W., avait écopé en première instance d’une amende de 15 000 euros pour avoir, le 28 juillet, mouillé son navire en zone interdite à Villefranche-sur-Mer. Avant de se pencher sur le dossier du Saharet of Tyre, dont le capitaine, Luc D.C., est jugé pour la même infraction à l’île de Porquerolles, mais aussi en Corse, entre mai et août 2023. En première instance, il avait été condamné à verser une amende de 100 000 euros. « C’est la première fois que les dossiers de posidonie viennent devant la Cour d’appel, explique Me Jade Ouk, représentante de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), partie civile dans ces deux dossiers. C’est la première fois où le principe de préjudice écologique et l’atteinte aux herbiers de posidonie (sont jugés). La dernière fois que l’on a eu un dossier devant la Cour d’appel, c‘était sûrement sur l’action publique. » Me Ouk rappelle également que cette plante « met 25 ans à se régénérer, même si le tribunal ne retient que 13 ans ». Dans ces deux dossiers, la défense ne conteste pas le préjudice écologique reconnu en première instance, mais cherche davantage à contester la surface supposément détruite par les ancrages illégaux de ses clients, donc, d’abaisser le montant des amendes. Pour Judith Sébert, juriste pour la FNE Paca, mouvement qui porte ces dossiers en partie civile, cette position « est la bienvenue, elle signifie qu’elle-même acquiesce la position du tribunal maritime ». Dans le dossier du Saharet of Tyre, la défense interroge également les méthodes d’évaluation des surfaces de destruction d’herbier reconnues en première instance. « Nous ne contestons pas l’existence de ce préjudice écologique, nous contestons le calcul de son indemnisation », résume Me Nicolas Marty, avocat de Luc D.C. Parmi les témoins à la barre ce jour, Françoise L., ancienne biologiste marine et plongeuse, déroule les risques pesant sur cette plante sous-marine, et ses nombreux « services écosystémiques ». Parmi lesquels, « la production d’oxygène », sa vertu de « capteur de CO2 ». « C’est un monument naturel », résume la biologiste retraitée. Frédéric V., directeur délégué adjoint de la délégation de la façade maritime de l’Office français de la biodiversité lui, estime « qu’entre 10 et 30% d’herbiers ont été perdus en 100 ans ». Phénomène, qu’il met en lien avec l’augmentation de la plaisance. L’avocat général, qui « insiste sur les dommages causés par de tels agissements », demande à ce que les peines soient confirmées en appel. Le délibéré pour ces deux dossiers sera rendu le 1er juillet.