Tag: biodiversité

  • Comment les mégafeux révèlent les contradictions de notre époque

    Comment les mégafeux révèlent les contradictions de notre époque

    Auteur prolifique et infatigable militant de l’Institut d’histoire sociale de la CGT, l’ancien vice-président de l’Université de Provence interviendra jeudi, sous sa casquette d’environnementaliste, au Forum national du conseil scientifique du MNLE, accessible en visioconférence. Il résume ici pour nous la teneur de son analyse, qui sera développée dans sa contribution.

    Pour commencer, il s’appuie sur un constat simple dont chacun a pu mesurer la portée cet été à travers l’actualité : des milliers d’hectares de forêts partis en fumée, des villages évacués, des habitants perdant leur maison, des entreprises contraintes de cesser provisoirement ou définitivement leur activité et « des agriculteurs qui voient disparaître en quelques heures le travail de toute une vie ».

    « La France est désormais touchée, comme la Grèce, le Portugal, l’Espagne, le Canada, la Californie, l’Amazonie ou encore l’Australie, par des mégafeux », souligne-t-il.

    Pourtant, prévient-il, « il serait réducteur de n’y voir qu’une conséquence spectaculaire du dérèglement climatique ». La hausse des températures, les sécheresses prolongées et la multiplication des épisodes météorologiques extrêmes créent indiscutablement des conditions favorables à ces incendies, « mais cette explication, insiste-t-il, si nécessaire soit-elle, demeure insuffisante ». Il met également en avant l’organisation de la société, ses priorités ainsi que ses choix économiques et politiques comme facteurs aggravants de ces catastrophes.

    Analyse politique

    Il poursuit : « Les mégafeux détruisent des écosystèmes entiers, fragilisent la biodiversité, appauvrissent les sols, perturbent les cycles de l’eau et relâchent dans l’atmosphère d’immenses quantités de dioxyde de carbone, alimentant ainsi le réchauffement climatique. » Dans le même temps, ils « interrompent des activités économiques, désorganisent les territoires et aggravent les inégalités sociales », insiste André Prone.

    Sont notamment en cause « l’abandon de certaines pratiques agricoles, la réduction des espaces entretenus, l’urbanisation diffuse, le recul des politiques de prévention, mais aussi certaines formes de gestion forestière privilégiant des plantations monospécifiques destinées à maximiser la production de bois ». Selon lui, l’ensemble de ces évolutions a accru la vulnérabilité de nombreux massifs forestiers.

    Il invite donc « à dépasser la seule approche climatique » par une analyse marxienne qu’il juge tout aussi éclairante, puisqu’elle interroge « les rapports entre les modes de production et les conditions matérielles de la vie ».

    Il montre ainsi comment « la recherche permanente de l’accumulation, l’exploitation intensive des ressources, la marchandisation croissante des espaces naturels et la priorité donnée à la rentabilité à court terme ont progressivement rompu ce que certains auteurs appellent aujourd’hui le métabolisme entre les sociétés humaines et leur environnement ». Pour Alain Prone, les mégafeux illustrent parfaitement tout cela, en pointant qu’« un système économique fondé sur l’expansion permanente rencontre désormais les limites physiques de la planète ».

    Cette analyse permet d’envisager les mégafeux non plus comme une catastrophe parmi d’autres, mais comme le « symptôme d’une rupture historique ».

    Et de conclure : « Cette rupture appelle à repenser nos politiques forestières, nos modes d’aménagement du territoire, la place des services publics de prévention, mais aussi les finalités mêmes de notre modèle de développement. » Ce qui relève bien d’un projet de société. Puisque « ce qui brûle aujourd’hui, ce ne sont pas seulement des forêts, mais l’illusion qu’une humanité pourrait poursuivre indéfiniment son développement en ignorant les limites écologiques dont dépend sa propre existence ».

  • (Re)penser notre lien au vivant

    (Re)penser notre lien au vivant

    Attachement… Détachement… Et si l’on repensait notre lien aux animaux ? La problématique posée par le « Festival des Sciences et des arts » explore l’évolution de notre rapport aux animaux et au concept d’animalité de la Préhistoire à nos jours. Des conférences, des déambulations et des spectacles gratuits seront accessibles à tous d’aujourd’hui à vendredi à Marseille, Aubagne, Aix-en-Provence et Arles. Plus de 120 chercheurs issus de 40 disciplines partageront leur réflexion autour de ce thème d’actualité, à l’heure où le traitement animal pose des questions socio-politiques, écologiques et culturelles.

    « L’humain fait partie du monde animal, il n’en est pas le centre »

    « L’objectif est de traiter le sujet de mille manières différentes en faisant dialoguer arts et sciences pour nourrir le débat public », souligne Rémi Baille, chargé de programmation et de communication pour la Mission interdisciplinarité(s) de l’Université Aix-Marseille (AMU). Il rappelle que « penser notre lien au vivant c’est d’abord se rappeler que l’humain fait partie du monde animal et qu’il n’en est pas le centre ».

    Alors que 6 Français sur 10 ont un chien ou un chat, comment expliquer le rapport de domination encore exercé sur les espaces sauvages, le peu d’engouement à protéger les pollinisateurs ou les espèces marines et une augmentation de la consommation de viande (+1,3% en 2025 en France) ? Les politiques relatives aux loups en sont un exemple. Adam Weymouth expose dans son livre Dans les pas du loup, Une marche à travers les derniers espaces sauvages d’Europe la manière dont le loup peut être considéré comme un nuisible sans prendre en considération les bienfaits exercés par cette espèce sur les forêts. L’auteur révèle le cloisonnement fait par certains entre animal domestique et vie sauvage, tissé autour d’un imaginaire nourri de fantasmes et de craintes.

    Dans Décoloniser notre rapport aux animaux, le chercheur en éthologie et en primatologie Cédric Sueur aborde cette question, souhaitant s’extraire de la vision occidentale héritée du philosophe Renée Descartes qui place l’humain au-dessus de tout et conçoit l’animal comme une possession sans penser son environnement comme un écosystème dont il fait partie. À ce sujet, la table ronde « Quand les maladies passent des animaux aux humains » revient sur la transmission de maladies de l’animal à l’Homme liée à la destruction de la biodiversité, à l’élevage intensif et au changement climatique.

    Question animale, question politique

    « Il ne peut y avoir de politique d’émancipation qui n’intègre pas la question animale dans son dispositif », estime Kaoutar Harchi. Pour la sociologue, la question animale est d’abord une question politique. Elle démontre que la frontière entre maltraitance animale et maltraitance exercée sur un autre être humain est très perméable. Dans Ainsi l’animal est en nous, l’autrice fait dialoguer féminisme, écologie et lutte des classes autour de notre rapport de domination sur les animaux. Pour désigner les habitants de Gaza, les responsables politiques et militaires israéliens ont à plusieurs reprises employé le terme « animaux humains » dans une rhétorique de déshumanisation et de hiérarchisation. Le rapport de l’Homme à l’animal est donc autant politique qu’il peut être philosophique ou culturel.

    Lors du festival, une conférence sur « L’animalisation des humains » invitera au MUCEM des historiens pour comprendre la manière dont le langage peut devenir un outil de haine, du racisme à l’antisémitisme.

    Ainsi, la question animale permet de guider notre réflexion sur notre façon d’habiter le monde à une époque où l’on essaye plutôt de s’extraire de la nature.

  • Au Peyrou, un éclairage qui « révèle le patrimoine tout en préservant la nuit »

    Au Peyrou, un éclairage qui « révèle le patrimoine tout en préservant la nuit »

    « C’est un projet européen inédit sur la question de l’éclairage public la nuit. Le but est d’explorer une nouvelle manière de mettre en valeur le patrimoine culturel dans nos villes européennes en faisant de l’obscurité une richesse », résume Clare Hart, vice-présidente de la Métropole de Montpellier déléguée au rayonnement international et à la coopération européenne.

    Aux côtés de quatre autres sites pilotes en Europe : Oulu (Finlande), Tallinn (Estonie), Copenhague (Danemark) et Bologne (Italie), Montpellier a été choisie pour expérimenter, sur la promenade du Peyrou, le projet européen « Art of Darkness ». Coordonné par l’université d’Oulu et entièrement financé par l’Europe, ce projet de recherche-action, qui s’étend sur trois ans (janvier 2025-janvier 2028), propose une nouvelle approche de la mise en lumière afin de révéler le patrimoine tout en préservant l’obscurité, bénéfique pour la biodiversité, sans dégrader le sentiment de sécurité des visiteurs.

    Au Peyrou, l’expérience a débuté le 7 septembre et doit se poursuivre jusqu’au 21. Le dispositif Art of Darkness a été installé sur la moitié du parc, côté rue Pitot, tandis que l’autre moitié conserve son éclairage habituel. Cette configuration permet de comparer les deux ambiances. Des affiches installées aux deux entrées principales présentent le projet et invitent les visiteurs, via un QR code, à participer à l’évaluation et à donner leur avis. Car l’enjeu dépasse la seule question technique de l’éclairage. L’idée est de faire évoluer les perceptions. « On est sur une approche très participative », insiste Clare Hart.

    « Un changement

    de paradigme »

    Avec ses partenaires européens, Montpellier cherche à montrer qu’une baisse de la luminosité peut être compatible avec le confort et le sentiment de sécurité. « On amène un changement de paradigme chez le public », estime l’élue. « Avec ce projet, on espère aussi mieux mettre en valeur des éléments patrimoniaux de ce site un peu iconique de Montpellier et sensibiliser le public aux enjeux de la préservation de l’obscurité. Quand on éteint la nuit, on permet à la biodiversité de reprendre ses droits », souligne Clare Hart. « L’idée est de montrer que l’utilisation de la lumière peut révéler le patrimoine tout en préservant la nuit. »

    Le Peyrou représente une nouvelle étape après les expérimentations menées dans le cadre du plan Lumière montpelliérain. Clare Hart cite notamment la Comédie et l’Esplanade, où la luminosité a été fortement réduite après la requalification de ces deux sites, entraînant, du même coup, une diminution de 60% de la facture énergétique les concernant. Et selon les retours recueillis, « le public adhère totalement », assure Clare Hart. Le choix du Peyrou n’est pas anodin. Ce parc est à la fois un lieu patrimonial emblématique de la ville, un espace de rencontre et un lieu de passage. L’expérimentation doit permettre de tester une ambiance « beaucoup plus intimiste, plus douce » et d’inviter les Montpelliérains à s’approprier autrement ce lieu à la nuit tombée.

    Ce projet innovant est mené avec l’université Paul-Valéry, notamment son laboratoire de psychologie Epsylon. L’École nationale supérieure d’architecture de Montpellier participe, quant à elle, à l’évaluation du dispositif et à la conception lumineuse. Le 18 septembre, « les différentes parties prenantes seront conviées à une visite du dispositif sur la zone témoin du Peyrou afin de contribuer à son évaluation », indique Clare Hart. Une fois l’expérimentation terminée, fin septembre, les résultats montpelliérains comme ceux des autres villes pilotes seront transmis au consortium de chercheurs chargés de construire le modèle Art of Darkness. Car l’expérimentation ne doit pas rester sans lendemain. « Si le public adhère, d’autres expériences et débats pourront être organisés. » Derrière cette expérimentation se dessine ainsi une réflexion plus large sur la ville de demain. « On est fier de pouvoir travailler à l’échelle européenne sur ce type de projet », souligne Clare Hart. « Ça sert à ça aussi, l’Europe, c’est un énorme think tank pour penser la ville de demain. »

    Amélie Goursaud

  • À la découverte du patrimoine des Salins à Hyères

    À la découverte du patrimoine des Salins à Hyères

    Ce week-end le public a répondu présent et en nombre à la nouvelle édition de la Fête du sel et profité des expositions, ateliers, spectacles et animations qui leur étaient gratuitement destinés. Histoire entre autres d’entamer un voyage dans le temps et l’espace à la découverte d’une ressource naturelle qui a marqué de son empreinte le territoire : les salins de Hyères.

    L’ancien site de production salinière sur lequel la manifestation était montée est aujourd’hui devenu espace naturel remarquable. Et le Salin des Pesquiers, exceptionnellement ouvert à la visite, continue de jouer tout son rôle dans la préservation de la biodiversité mais aussi de la mémoire, du savoir-faire des sauniers et d’une part de l’histoire de la ville. Plus de vingt stands scientifiques ont animé cette année encore les prairies de la Fabrique pour sensibiliser les visiteurs. Et plus largement à la protection de l’environnement en mettant tout particulièrement l’accent sur la fragilité du milieu marin. Les équipes du Conservatoire du littoral, du Parc national de Port-Cros et de nombreuses associations comme Chercheurs en herbe et Naturoscope ont ainsi pu répondre aux interrogations des participants. De quoi les inciter à s’engager dans ce combat ou du moins à faire que chacun agisse à son échelle de manière un peu plus écoresponsable.

    Savoir-faire et mémoire ouvrière

    Parce que, bien évidemment, derrière le caractère festif de l’événement se joue une ambition bien plus profonde. Que ce soit celle de faire prendre conscience des enjeux écologiques mais aussi de faire connaître une histoire vieille de plus de mille ans. Une épopée qui raconte l’extraction du sel, cet « or blanc », cultivé depuis l’Antiquité par les habitants d’Olbia, la cité grecque installée sur le littoral hyérois qui réunit toutes les conditions nécessaires à la production de sel avec ses lagunes peu profondes, sa riche exposition au soleil et aux vents.

    Au fil des siècles, ce littoral a progressivement été aménagé pour optimiser l’évaporation de l’eau de mer et donc augmenter la production. Avec un âge d’or au Moyen-Âge. Le sel s’élevant au rang de ressource stratégique, indispensable pour conserver les aliments et donc une marchandise précieuse dans les échanges méditerranéens. Cette activité va donc contribuer directement à la prospérité de la ville de Hyières. Les lieux témoignent aussi d’une riche mémoire ouvrière pour peu qu’on prenne la peine de s’intéresser à cette main-d’œuvre souvent immigrée venant de l’autre côté des Alpes pour, au XIXe siècle, apporter leur force de travail et effectuer des tâches d’une grande pénibilité.

    Culture hors les murs

    Le cortège officiel mené par le vice-président de la Métropole, Gilles Vincent et la maire de Hyères Véronique Bernardini (SE) vient de s’arrêter devant le stand où sont entre autres exposés des clichés montrant les ouvriers du sel à l’ouvrage. L’occasion de glisser à l’oreille de l’adjoint de la Cité des Palmier, Éric Agosta que, la manifestation illustre l’un des concepts d’extension du domaine de la culture hors les murs qu’il se plaît à défendre.

    L’histoire de la ville et de ses habitants comme son avenir face aux immenses défis qui nous attendent, qu’ils soient climatiques, environnementaux, politiques ou sociétaux font en effet aussi le sel de la vie. Comme l’ont démontré ces nombreux participants avides de connaissances, de beauté et du plaisir de se retrouver. Que ce soit pour partager une œuvre, comme cette sculpture née de la cristallisation, ou le projet de lendemains plus vertueux.

  • Monieux met les vautours à l’honneur

    Monieux met les vautours à l’honneur

    C’est au belvédère du Castelleras à Monieux, et plus particulièrement sur la route touristique des Gorges de la Nesque, face au rocher du Cire, que les naturalistes du groupe local Ventoux de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) Paca vous donnent rendez-vous ce samedi, de 9h à 17h.

    « Nous attendons le public sur ce belvédère face à une formation géologique extraordinaire que l’on ne soupçonne pas et qui surplombe les gorges de la Nesque dans un paysage à couper le souffle, précise Cécile Boule, bénévole du groupe local Ventoux de la LPO Paca. Cette journée de découverte que nous proposons s’inscrit dans le cadre des Journées mondiales des vautours. Le point de rendez-vous est parfait, car il abrite toute une faune de vautours fauves, qui sont des oiseaux sédentaires, revenus s’installer naturellement sur le site entre 2022 et 2023, alors que c’est une espèce qui a été réintroduite par l’homme dans d’autres endroits de la région. »

    Un animal indispensable

    à l’aide de jumelles et d’outils d’observation fournis par les bénévoles, les curieux, petits et grands, pourront admirer ces oiseaux sur les falaises ou en vol. « C’est un oiseau dont le plumage se confond avec la roche. Ainsi, les jumelles sont nécessaires pour les observer s’ils sont à l’arrêt, mais lorsqu’ils volent, le spectacle est magique. Et on peut les voir à l’œil nu car c’est une espèce majestueuse qui peut atteindre les 2,80 mètres d’envergure dans les airs », continue-t-elle.

    Au-delà des moments privilégiés d’observation proposés, vous pourrez en apprendre davantage sur ces rapaces à qui l’on peut parfois mener la vie dure à cause des préjugés qui leur collent au plumage. « Il y a beaucoup d’idées reçues sur les vautours, car ce sont des charognards, mais peu de gens savent à quel point ce sont des animaux au caractère pacifique. Nous voulons mettre à mal ces idées reçues pour que le grand public connaisse mieux ces oiseaux, précise Cécile Boule. Nous présenterons leur vie, leurs mœurs, leurs habitudes mais nous expliquerons aussi aux visiteurs à quel point ils sont utiles dans la nature et la biodiversité, car ils nous débarrassent des animaux morts et permettent ainsi d’éviter la propagation de maladies par exemple. »

    Vautours et passereaux

    Mais les vautours fauves ne seront pas les seuls oiseaux à observer. Des vautours percnoptères pourraient également être de la partie. « Les vautours percnoptères sont des oiseaux migrateurs, ils ne sont pas sur les falaises tout au long de l’année, mais si nous avons de la chance, le couple qui revient chaque année sera peut-être encore là. Cette espèce est quant à elle beaucoup plus rare et vulnérable. Les observer serait une chance », conclut la bénévole de la LPO Paca.

    Sans oublier les autres oiseaux et passereaux qui viendront se joindre à eux.

    Mail : ventoux@lpo.fr

  • Prédation du loup : les syndicats agricoles veulent de « vraies réponses »

    Prédation du loup : les syndicats agricoles veulent de « vraies réponses »

    Suite à l’affaire de braconnage de Cervières, les différents syndicats agricoles étaient conviés ce mardi par le préfet pour échanger avec Olivier Thibault, directeur général de l’Office français de la biodiversité (OFB). Les Jeunes Agriculteurs (JA), la FDSEA et la Conf’05 ont refusé l’invitation.

    « Le sujet est désespérément éloigné de nos préoccupations actuelles, a réagi la Conf’05 la veille dans un communiqué. Après un interminable été de catastrophe, le monde paysan est profondément frappé par les difficultés. Dans ce contexte explosif, organiser une rencontre exceptionnelle avec le directeur général de l’OFB sur un enjeu de fait divers nous paraît inapproprié et secondaire ».

    En attente de réponses concrètes

    « Nous refusons une nouvelle fois un dialogue de façade, et nous n’avons pas besoin que des bureaucrates qui nous expliquent comment gérer la présence du loup sur nos territoires », ont déclaré communément les JA05 et la FDSEA05, qui imaginent déjà la teneur des échanges : « Nous demander de faire des efforts, tout en nous imposant toujours plus de contraintes, de contrôles et de procédures ».

    Les trois syndicats ne souhaitent pas rompre le contact avec les services de l’État. La Conf’05 aimerait pouvoir échanger sur les sujets « dramatiquement urgents », comme les financements pour faire face et s’adapter au changement climatique : « Tant que ce ne sera pas clairement à l’ordre du jour, nous ne nous rendrons pas disponibles pour des réunions stériles qui brassent l’air ».

    Les JA et la FDSEA se disent prêts à reprendre les échanges « si l’OFB engage un véritable changement de méthode » : « Sur l’eau, les haies, les traitements, Natura 2000 ou encore le loup, les agriculteurs de montagne demandent des solutions adaptées à leur réalité ».

    Fin juillet, trois personnes avaient été arrêtées à Cervières, soupçonnées d’avoir abattu illégalement neuf loups en mars dernier. Des agriculteurs, principalement issus des JA et de la FDSEA, avaient manifesté début août pour exprimer leur indignation face à une gestion du loup qu’ils jugent « pas adaptée ».

    Agathe Di Lenardo

  • Dans le Var, Jean-Louis Masson défend l’idée d’un entretien accru de la forêt pour prévenir les incendies

    Dans le Var, Jean-Louis Masson défend l’idée d’un entretien accru de la forêt pour prévenir les incendies

    « La forêt n’est pas un musée. Elle doit être gérée pour être durablement protégée », a-t-il notamment indiqué au préfet Simon Babre. « Le Var doit prendre les devants. Je continuerai donc à porter cette exigence auprès de l’État dont le représentant dans le Département est à l’écoute, moins de dogmatisme, moins de normes européennes ou nationales qui empêchent d’agir, davantage de responsabilité et de pragmatisme », a-t-il notamment indiqué, dénonçant la vision d’une « “forêt sous cloche”, où l’entretien serait toujours suspect, souvent empêché au nom d’une conception dogmatique de la biodiversité ».

  • Changer de regard sur le vivant au Musée-Muséum de Gap

    Changer de regard sur le vivant au Musée-Muséum de Gap

    Depuis début juin, une cinquantaine de dessins de l’artiste Philippe Comar sont gratuitement visibles au sein du Musée muséum Départemental, à Gap. Cet artiste, né en 1955, est principalement connu en tant que dessinateur, spécialisé dans la représentation de l’anatomie humaine et animale, alliant à la précision et la rigueur scientifique, une virtuosité des formes et une véritable fascination pour le vivant.

    À travers ses dessins, on découvre les animaux de la Grande Galerie de l’Évolution à Paris, on adopte le point de vue d’un poisson dans un aquarium qui voit les visiteurs le regarder, ébahis, de l’autre côté de la vitre, on découvre aussi la reproduction des pièces d’anatomie humaine utilisées dans les études de médecine et conservés dans les musées médicaux.

    « L’idée, c’est d’avoir l’ambiance d’un cabinet de curiosité dans la scénographie pour inciter à être plus curieux, à avoir envie de découvrir des comportements animaux ou des enjeux environnementaux que l’on va traiter par la suite dans l’exposition “Sauvage“, qui ouvre le 5 novembre au musée », annonce Agathe Frochot. Le Musée accueille en effet en novembre l’exposition « Sauvage », en collaboration avec le Muséum d’Histoire naturelle de Neuchâtel en Suisse, qui permettra de redécouvrir les collections scientifiques remaniées de Gap.

    Depuis l’été 2025, le Musée a par ailleurs créé un nouvel espace permanent où sont exposés à la fois des animaux empaillés et des peintures de paysage d’artistes alpins, où l’on voit l’apparition puis l’évolution de la représentation de la Nature dans l’art. Quant aux collections de taxidermie des sous-sols du Musée, elles seront également présentées dans un nouvel espace permanent intitulé « Cohabiter, petite histoire de nos relations au vivant », incluant une nouvelle muséographie pédagogique.

    Susciter la curiosité

    pour le vivant

    « Depuis quelques années on essaye de revaloriser les fonds scientifiques du Muséum, dont la majorité sont reliés à l’histoire naturelle. Jusqu’à présent, ils étaient assez peu représentés dans le Musée. Ça nous paraissait justifié de les ressortir, d’autant qu’on a des spécimens uniques mais aussi des spécimens qui représentent vraiment nos écosystèmes de nos montagnes », poursuit Agathe Frochot. La volonté est d’attiser la curiosité pour le vivant, si proche, surtout dans les Hautes-Alpes, mais qui a toujours de quoi surprendre. Le Musée travaille par exemple avec un malacologue (spécialiste des mollusques), du Parc National des Écrins à la valorisation de sa collection d’escargots de montagne.

    « L’idée c’est de créer plus de liens aussi avec l’environnement qui nous entoure, avoir plus d’envie d’y aller, de le comprendre et de le respecter. De comprendre toutes les interdépendances qui nous relient au monde naturel, développe Agathe Frochot. C’est un sujet sur lesquels les Muséum d’Histoire Naturelle ont toujours travaillé mais on ne peut pas s’empêcher de penser qu’avec les crises actuelles auxquelles on est confrontés, ce besoin de compréhension est très contemporain. »

  • [C’est l’été] Lecture : « Voyages extraordinaires »

    [C’est l’été] Lecture : « Voyages extraordinaires »

    Ne nous demandez pas devant quel animal il nous a plu de nous arrêter. Notre amour pour toutes les espèces qui racontent la grande aventure de la biodiversité fait que nous n’avons aucune préférence. Si Jules Verne écrivit que son regard s’attendait à toutes les surprises, et son imagination à tous les étonnements, il en est de même pour ceux qui entrent dans ce livre, jalonné de 45 illustrations, que nous classons parmi les plus instructifs de l’année.

    Laffont 22,90 euros.

  • Plus que deux jours pour imaginer l’avenir du Faron

    Plus que deux jours pour imaginer l’avenir du Faron

    Lancée par le maire (SE) Jossé Massi le 23 juin dernier, la consultation « Toulon et vous, le mont Faron de 2030 » invite les Toulonnais et les visiteurs à partager leurs idées et leurs attentes. L’objectif étant de concilier la préservation de la biodiversité avec un usage et un développement touristique raisonnés.

    Pour participer à cette vision du futur, cinq minutes suffisent en répondant à un questionnaire en ligne sur le site de la Ville ou sur un bulletin papier, disponible dans les mairies de quartiers, à la Maison de la mobilité ou encore au Mémorial du Faron. Il porte sur 10 points physiques : téléphérique, Mémorial du Débarquement et de la Libération en Provence, l’hôtel de ville, les mairies d’Honneur et de quartier, les comités d’intérêt locaux (CIL). Le recueil des habitudes, des idées et suggestions se fait autour de 5 grandes thématiques : « le Faron et vous », « votre accès au Mont-Faron », « préserver la nature et protéger le Faron du risque incendie », « l’accueil et les services sur le Mont-Faron » ainsi que « activités et patrimoine ».

    Les résultats de cette première grande consultation seront connus au début de l’automne et feront l’objet d’une concertation avec « les acteurs du lieu : les associations, les personnes qui y travaillent, les experts du site », a précisé Julien Orlandini, premier adjoint au maire. Les premières mesures verront le jour au printemps 2027.