Tag: biodiversité

  • Monieux met les vautours à l’honneur

    Monieux met les vautours à l’honneur

    C’est au belvédère du Castelleras à Monieux, et plus particulièrement sur la route touristique des Gorges de la Nesque, face au rocher du Cire, que les naturalistes du groupe local Ventoux de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) Paca vous donnent rendez-vous ce samedi, de 9h à 17h.

    « Nous attendons le public sur ce belvédère face à une formation géologique extraordinaire que l’on ne soupçonne pas et qui surplombe les gorges de la Nesque dans un paysage à couper le souffle, précise Cécile Boule, bénévole du groupe local Ventoux de la LPO Paca. Cette journée de découverte que nous proposons s’inscrit dans le cadre des Journées mondiales des vautours. Le point de rendez-vous est parfait, car il abrite toute une faune de vautours fauves, qui sont des oiseaux sédentaires, revenus s’installer naturellement sur le site entre 2022 et 2023, alors que c’est une espèce qui a été réintroduite par l’homme dans d’autres endroits de la région. »

    Un animal indispensable

    à l’aide de jumelles et d’outils d’observation fournis par les bénévoles, les curieux, petits et grands, pourront admirer ces oiseaux sur les falaises ou en vol. « C’est un oiseau dont le plumage se confond avec la roche. Ainsi, les jumelles sont nécessaires pour les observer s’ils sont à l’arrêt, mais lorsqu’ils volent, le spectacle est magique. Et on peut les voir à l’œil nu car c’est une espèce majestueuse qui peut atteindre les 2,80 mètres d’envergure dans les airs », continue-t-elle.

    Au-delà des moments privilégiés d’observation proposés, vous pourrez en apprendre davantage sur ces rapaces à qui l’on peut parfois mener la vie dure à cause des préjugés qui leur collent au plumage. « Il y a beaucoup d’idées reçues sur les vautours, car ce sont des charognards, mais peu de gens savent à quel point ce sont des animaux au caractère pacifique. Nous voulons mettre à mal ces idées reçues pour que le grand public connaisse mieux ces oiseaux, précise Cécile Boule. Nous présenterons leur vie, leurs mœurs, leurs habitudes mais nous expliquerons aussi aux visiteurs à quel point ils sont utiles dans la nature et la biodiversité, car ils nous débarrassent des animaux morts et permettent ainsi d’éviter la propagation de maladies par exemple. »

    Vautours et passereaux

    Mais les vautours fauves ne seront pas les seuls oiseaux à observer. Des vautours percnoptères pourraient également être de la partie. « Les vautours percnoptères sont des oiseaux migrateurs, ils ne sont pas sur les falaises tout au long de l’année, mais si nous avons de la chance, le couple qui revient chaque année sera peut-être encore là. Cette espèce est quant à elle beaucoup plus rare et vulnérable. Les observer serait une chance », conclut la bénévole de la LPO Paca.

    Sans oublier les autres oiseaux et passereaux qui viendront se joindre à eux.

    Mail : ventoux@lpo.fr

  • Prédation du loup : les syndicats agricoles veulent de « vraies réponses »

    Prédation du loup : les syndicats agricoles veulent de « vraies réponses »

    Suite à l’affaire de braconnage de Cervières, les différents syndicats agricoles étaient conviés ce mardi par le préfet pour échanger avec Olivier Thibault, directeur général de l’Office français de la biodiversité (OFB). Les Jeunes Agriculteurs (JA), la FDSEA et la Conf’05 ont refusé l’invitation.

    « Le sujet est désespérément éloigné de nos préoccupations actuelles, a réagi la Conf’05 la veille dans un communiqué. Après un interminable été de catastrophe, le monde paysan est profondément frappé par les difficultés. Dans ce contexte explosif, organiser une rencontre exceptionnelle avec le directeur général de l’OFB sur un enjeu de fait divers nous paraît inapproprié et secondaire ».

    En attente de réponses concrètes

    « Nous refusons une nouvelle fois un dialogue de façade, et nous n’avons pas besoin que des bureaucrates qui nous expliquent comment gérer la présence du loup sur nos territoires », ont déclaré communément les JA05 et la FDSEA05, qui imaginent déjà la teneur des échanges : « Nous demander de faire des efforts, tout en nous imposant toujours plus de contraintes, de contrôles et de procédures ».

    Les trois syndicats ne souhaitent pas rompre le contact avec les services de l’État. La Conf’05 aimerait pouvoir échanger sur les sujets « dramatiquement urgents », comme les financements pour faire face et s’adapter au changement climatique : « Tant que ce ne sera pas clairement à l’ordre du jour, nous ne nous rendrons pas disponibles pour des réunions stériles qui brassent l’air ».

    Les JA et la FDSEA se disent prêts à reprendre les échanges « si l’OFB engage un véritable changement de méthode » : « Sur l’eau, les haies, les traitements, Natura 2000 ou encore le loup, les agriculteurs de montagne demandent des solutions adaptées à leur réalité ».

    Fin juillet, trois personnes avaient été arrêtées à Cervières, soupçonnées d’avoir abattu illégalement neuf loups en mars dernier. Des agriculteurs, principalement issus des JA et de la FDSEA, avaient manifesté début août pour exprimer leur indignation face à une gestion du loup qu’ils jugent « pas adaptée ».

    Agathe Di Lenardo

  • Dans le Var, Jean-Louis Masson défend l’idée d’un entretien accru de la forêt pour prévenir les incendies

    Dans le Var, Jean-Louis Masson défend l’idée d’un entretien accru de la forêt pour prévenir les incendies

    « La forêt n’est pas un musée. Elle doit être gérée pour être durablement protégée », a-t-il notamment indiqué au préfet Simon Babre. « Le Var doit prendre les devants. Je continuerai donc à porter cette exigence auprès de l’État dont le représentant dans le Département est à l’écoute, moins de dogmatisme, moins de normes européennes ou nationales qui empêchent d’agir, davantage de responsabilité et de pragmatisme », a-t-il notamment indiqué, dénonçant la vision d’une « “forêt sous cloche”, où l’entretien serait toujours suspect, souvent empêché au nom d’une conception dogmatique de la biodiversité ».

  • Changer de regard sur le vivant au Musée-Muséum de Gap

    Changer de regard sur le vivant au Musée-Muséum de Gap

    Depuis début juin, une cinquantaine de dessins de l’artiste Philippe Comar sont gratuitement visibles au sein du Musée muséum Départemental, à Gap. Cet artiste, né en 1955, est principalement connu en tant que dessinateur, spécialisé dans la représentation de l’anatomie humaine et animale, alliant à la précision et la rigueur scientifique, une virtuosité des formes et une véritable fascination pour le vivant.

    À travers ses dessins, on découvre les animaux de la Grande Galerie de l’Évolution à Paris, on adopte le point de vue d’un poisson dans un aquarium qui voit les visiteurs le regarder, ébahis, de l’autre côté de la vitre, on découvre aussi la reproduction des pièces d’anatomie humaine utilisées dans les études de médecine et conservés dans les musées médicaux.

    « L’idée, c’est d’avoir l’ambiance d’un cabinet de curiosité dans la scénographie pour inciter à être plus curieux, à avoir envie de découvrir des comportements animaux ou des enjeux environnementaux que l’on va traiter par la suite dans l’exposition “Sauvage“, qui ouvre le 5 novembre au musée », annonce Agathe Frochot. Le Musée accueille en effet en novembre l’exposition « Sauvage », en collaboration avec le Muséum d’Histoire naturelle de Neuchâtel en Suisse, qui permettra de redécouvrir les collections scientifiques remaniées de Gap.

    Depuis l’été 2025, le Musée a par ailleurs créé un nouvel espace permanent où sont exposés à la fois des animaux empaillés et des peintures de paysage d’artistes alpins, où l’on voit l’apparition puis l’évolution de la représentation de la Nature dans l’art. Quant aux collections de taxidermie des sous-sols du Musée, elles seront également présentées dans un nouvel espace permanent intitulé « Cohabiter, petite histoire de nos relations au vivant », incluant une nouvelle muséographie pédagogique.

    Susciter la curiosité

    pour le vivant

    « Depuis quelques années on essaye de revaloriser les fonds scientifiques du Muséum, dont la majorité sont reliés à l’histoire naturelle. Jusqu’à présent, ils étaient assez peu représentés dans le Musée. Ça nous paraissait justifié de les ressortir, d’autant qu’on a des spécimens uniques mais aussi des spécimens qui représentent vraiment nos écosystèmes de nos montagnes », poursuit Agathe Frochot. La volonté est d’attiser la curiosité pour le vivant, si proche, surtout dans les Hautes-Alpes, mais qui a toujours de quoi surprendre. Le Musée travaille par exemple avec un malacologue (spécialiste des mollusques), du Parc National des Écrins à la valorisation de sa collection d’escargots de montagne.

    « L’idée c’est de créer plus de liens aussi avec l’environnement qui nous entoure, avoir plus d’envie d’y aller, de le comprendre et de le respecter. De comprendre toutes les interdépendances qui nous relient au monde naturel, développe Agathe Frochot. C’est un sujet sur lesquels les Muséum d’Histoire Naturelle ont toujours travaillé mais on ne peut pas s’empêcher de penser qu’avec les crises actuelles auxquelles on est confrontés, ce besoin de compréhension est très contemporain. »

  • [C’est l’été] Lecture : « Voyages extraordinaires »

    [C’est l’été] Lecture : « Voyages extraordinaires »

    Ne nous demandez pas devant quel animal il nous a plu de nous arrêter. Notre amour pour toutes les espèces qui racontent la grande aventure de la biodiversité fait que nous n’avons aucune préférence. Si Jules Verne écrivit que son regard s’attendait à toutes les surprises, et son imagination à tous les étonnements, il en est de même pour ceux qui entrent dans ce livre, jalonné de 45 illustrations, que nous classons parmi les plus instructifs de l’année.

    Laffont 22,90 euros.

  • Plus que deux jours pour imaginer l’avenir du Faron

    Plus que deux jours pour imaginer l’avenir du Faron

    Lancée par le maire (SE) Jossé Massi le 23 juin dernier, la consultation « Toulon et vous, le mont Faron de 2030 » invite les Toulonnais et les visiteurs à partager leurs idées et leurs attentes. L’objectif étant de concilier la préservation de la biodiversité avec un usage et un développement touristique raisonnés.

    Pour participer à cette vision du futur, cinq minutes suffisent en répondant à un questionnaire en ligne sur le site de la Ville ou sur un bulletin papier, disponible dans les mairies de quartiers, à la Maison de la mobilité ou encore au Mémorial du Faron. Il porte sur 10 points physiques : téléphérique, Mémorial du Débarquement et de la Libération en Provence, l’hôtel de ville, les mairies d’Honneur et de quartier, les comités d’intérêt locaux (CIL). Le recueil des habitudes, des idées et suggestions se fait autour de 5 grandes thématiques : « le Faron et vous », « votre accès au Mont-Faron », « préserver la nature et protéger le Faron du risque incendie », « l’accueil et les services sur le Mont-Faron » ainsi que « activités et patrimoine ».

    Les résultats de cette première grande consultation seront connus au début de l’automne et feront l’objet d’une concertation avec « les acteurs du lieu : les associations, les personnes qui y travaillent, les experts du site », a précisé Julien Orlandini, premier adjoint au maire. Les premières mesures verront le jour au printemps 2027.

  • [C’est l’été] Patrimoine et chauves-souris à Caromb

    [C’est l’été] Patrimoine et chauves-souris à Caromb

    Après un pique-nique au bord du lac, place aux chauves-souris ! À la tombée de la nuit, il sera possible d’observer leurs déplacements à l’aide d’une caméra thermique, et écouter leurs ultrasons grâce à un détecteur spécifique.

    G.C.

    Gratuit sur inscription au 04.32.76.24.66

  • Repérer les zones froides, refuges de la faune aquatique

    Repérer les zones froides, refuges de la faune aquatique

    Mesurer la température du Buech en le survolant. C’est l’opération de « cartographie thermique infrarouge », qu’ont réalisée, en juillet, les techniciens du Département et de l’entreprise Scimabio, bureau d’experts pour la conservation de la biodiversité aquatique. « Ça consiste à emporter une caméra thermique et un appareil photo numérique dans un ULM (engin aérien motorisé ultraléger), et de réaliser une acquisition d’images en suivant le cours d’eau, en général entre 300 et 500 m d’altitude », explique Arnaud Caudron, cofondateur de Scimabio. Le système infrarouge offre une précision à 0,3 degré, et la résolution d’image est à un pixel tous les 20 à 30 cm de rivière. En parallèle, des sondes thermiques sont placées dans la rivière pendant le survol, afin de comparer les deux sources de données et améliorer la précision des relevés. La finalité est d’identifier les variations de température de la rivière pour mieux préserver les milieux aquatiques.

    « Ça permet d’établir une gamme générale de la température de la rivière et de dégager des anomalies thermiques. Soit des réchauffements, des effets de seuil liés à des plans d’eau, l’eau stagne à cause d’un barrage par exemple, ou des rejets d’eau chaude, comme ceux d’une centrale électrique par exemple, détaille Arnaud Caudron. À l’inverse, on va voir les anomalies d’eau froide qui apparaissent dans la rivière, plutôt d’origine géologique, des affluents froids, des résurgences, des adoux, des sources… Ça permet de définir des zones où on a encore des apports d’eau froide important dans ces périodes de canicule pour la sauvegarde de la faune aquatique. » Des zones refuges pour la truite par exemple, très dépendante de la température.

    Établir des zones refuges pour la biodiversité

    Scimabio réalise ce type de diagnostics depuis près de cinq ans, et totalise une quinzaine de projets de ce type, pour 1 000 km de rivière diagnostiqués. « On voit beaucoup de choses qui peuvent être réglées en termes de réchauffement, affirme Arnaud Caudron. Car, souvent, les zones de réchauffement qu’on voit sur les rivières sont dues à des impacts locaux, comme des barrages, des stagnations d’eau liées à des seuils, des rejets d’eau chaude ou des débits réservés. Quand il y a une usine électrique, par exemple, l’eau est dérivée, et la partie où la rivière a moins d’eau se réchauffe. »

    Si le Département n’a pas de compétence d’action sur ce domaine, cette opération permet de produire des données pour les acteurs de la gestion des milieux aquatiques, comme les syndicats de gestion, les services de l’État comme l’Office National de la Biodiversité. « Ce relevé thermique permet aussi de comprendre tous les échanges entre les écoulements de la rivière et les eaux souterraines, voir là où l’eau s’infiltre et là où elle revient. S’il y a un endroit où on voit qu’il y a une arrivée d’eau fraîche en berge alors c’est un endroit qu’il va falloir préserver, il ne va pas falloir faire un enrochement bétonné par exemple. », Explique, Pascal Krieg-Rabeski, technicien au service Eau du Département. Si l’opération de survol ne prend qu’une heure, le traitement des données, lui, va nécessiter six à huit mois de travail.

  • [C’est l’été] Les Gorges de Trévans à Estoublon

    [C’est l’été] Les Gorges de Trévans à Estoublon

    Elles sont accessibles depuis le village d’Estoublon, à une trentaine de kilomètres au sud de Digne-les-Bains. Vous pouvez y faire une randonnée au fil de l’eau, au bord de la rivière. Le torrent a creusé un étroit canyon haut de 200 mètres, dans un espace à la biodiversité remarquable. Vous pouvez y trouver une quarantaine d’espèces d’oiseaux et de chauves-souris, ainsi que des chamois. De nombreux vestiges vous attendent également le long du sentier.

  • Contre la baisse de la biodiversité, les mesures actuelles ne suffiront pas

    Contre la baisse de la biodiversité, les mesures actuelles ne suffiront pas

    Plus d’aires protégées, plus de prairies naturelles, plus d’arbres, moins d’engrais dans l’agriculture… Pour lutter contre la perte de biodiversité, les objectifs en Europe sont là. « Mais personne n’a jamais vraiment évalué quels pourraient être leurs effets à long terme sur les espèces communes », souligne Stanislas Rigal. Dans une étude parue dans Nature Ecology & Evolution, le chercheur au Centre de synthèse et d’analyse sur la biodiversité (Montpellier) montre que même si elles sont respectées à la lettre, ces mesures ne suffiront pas. « Elles améliorent la situation mais la biodiversité continue de s’éroder en 2050, résume-t-il. Alors même que ces mesures sont jugées ambitieuses. »

    Le réchauffement climatique, la reforestation, l’agriculture intensive… « Les effets de ces facteurs sur la biodiversité sont bien documentés sur les dernières décennies, précise Stanislas Rigal. De nombreuses études ont montré que les effectifs d’oiseaux communs et d’insectes chutent globalement en Europe, avec un moteur principal qui est le modèle agricole intensif. » Il a regroupé les données d’abondance de 265 espèces d’oiseaux et 144 espèces de papillons sur plus de 20 000 sites dans 26 pays européens entre 2000 et 2021. Pourquoi les oiseaux et les papillons ? Parce que les données sont là. « Mais aussi car les oiseaux, situés en haut de la chaîne alimentaire, sont fortement impactés par ce qu’il se passe en amont, ajoute le chercheur. Et les papillons réagissent bien à la qualité de leur habitat. »

    Quatre scénarios

    Pour imaginer le futur, quatre scénarios ont été envisagés dans lesquels les objectifs européens de conservation sont remplis en 2050, mais pas tout à fait de la même manière. Le premier, dit SSP1 (voir Repères), se contente de remplir les objectifs. Les trois autres les remplissent mais avec une certaine philosophie : l’un vise à préserver la biodiversité pour elle-même, l’autre pour le lien que nous entretenons avec elle et le dernier pour les services qu’elle rend. Ce qui se traduit, par exemple, par le positionnement des aires protégées sur les hot-spots de biodiversité dans le premier cas, là où les activités humaines ont une influence sur le paysage dans le deuxième cas et sur les zones qui stockent beaucoup de carbone dans le dernier cas.

    Résultat : aucun de ces scénarios, même les plus ambitieux, n’inversent la tendance. L’abondance des oiseaux des champs continue de chuter en 2050. Idem pour les papillons des champs et des forêts. Seuls les oiseaux des forêts tirent leur épingle du jeu. Mais c’est déjà le cas aujourd’hui. « Ils profitent du retour du couvert forestier en Europe », précise Stanislas Rigal. Mais pas les papillons forestiers qui ont besoin d’espaces ouverts au sein des forêts.

    Alors que faire ? « Définir des objectifs plus ambitieux », résume le chercheur, qui y travaille dans le cadre du projet Beyonds.