Tag: Avignon

  • Sur la Rocade, les polices seront réunies en juin

    Sur la Rocade, les polices seront réunies en juin

    Cécile Helle a bien conscience qu’elle ne coupera pas le ruban dans 3 mois pour inaugurer les locaux d’un poste de police mutualisé entre agents nationaux et municipaux. « Mais l’un d’entre nous oui », espère la maire (PS) visant, ce vendredi matin, David Fournier, adjoint à l’administration et candidat pour prendre la relève. Dans le quartier Sud Rocade, au sein de la résidence Le Mistral en cours de réhabilitation dans le cadre du programme de rénovation urbaine, deux anciens appartements et des locaux commerciaux et professionnels s’apprêtent donc à devenir un poste de police mutualisé sur 200m2 de plain-pied. Ils sont mis à disposition par le bailleur Grand delta habitat.

    Une visite de chantier était organisée, permettant à la maire de glisser quelques chiffres plus politiques en ces temps électoraux. « Nous avons actuellement 102 policiers municipaux et j’ai signé, la semaine dernière, l’embauche de 4 nouvelles recrues », se targue-t-elle, prenant à témoin Yvan Beleme, directeur de la police municipale. « C’est un projet de longue haleine lancé sous le préfet Gaume [parti à l’été 2022] qu’il a fallu défendre fortement car la police de proximité n’est pas trop le dogme en cours à Beauvau [siège du ministère de l’Intérieur], appuie Cécile Helle. Le projet est lié aussi au démarrage des travaux de rénovation urbaine. » Le tout alors que la facture a doublé, passant de 500 000 euros à 1 million, pris en charge pour plus de moitié par la Ville, l’État investissant 250 000 euros et le Grand Avignon 200 000 euros.

    Si police nationale et municipale auront des bureaux distincts, les agents partageront des vestiaires et locaux communs. Une dizaine de policiers au total seront rattachés à ce nouveau poste entre réception du public pour dépôts de plainte ou point d’ancrage de la brigade territoriale de la police municipale. Les horaires d’accès du public devraient être des heures de bureau classiques du lundi au vendredi, bien que les agents seront sur le terrain entre 6h et 20h. « On gagne en visibilité auprès des habitants mais aussi en collaboration et travail de partage d’informations », se félicite Yvan Beleme. En 2023 déjà, les deux polices ont été réunies dans des locaux à Montfavet mais sous la forme d’une simple cohabitation sans un vrai travail mutualisé.

  • À Avignon, Olivier Galzi et sa liste qui cadre à droite

    À Avignon, Olivier Galzi et sa liste qui cadre à droite

    Assis au premier rang, jeudi soir à la salle de Montfavet, le sénateur LR Jean-Baptiste Blanc, et l’un de ses prédécesseurs Alain Dufaut, viennent applaudir Olivier Galzi, qui présentait sa liste. « Je les découvre », assure le candidat (DVD) à Avignon, satisfait du soutien « avec l’étiquette laissée au vestiaire ». Si le Cavaillonnais Jean-Baptiste Blanc prospecte en vue des sénatoriales de septembre en quête de grands électeurs, sa présence vient confirmer que l’ex-journaliste TV est le candidat de la droite.

    Un créneau que préempte aussi Stéphan Fiori, l’entrepreneur qui ici même un mois plus tôt, dévoilait une liste très pro business. « Ce n’est pas mon sujet, on ne discute pas ensemble ni avant, ni après le premier tour », répond Olivier Galzi alors que Stéphan Fiori a assuré vouloir se maintenir, hypothéquant de fait une possible victoire de la droite. Mais avant cela, il y a un premier tour et 52 colistiers, de 18 à 77 ans. « Ils se sont engagés sans rien négocier, pas par calcul électoral ou personnel, la seule promesse que l’on s’est faite, c’est de donner notre temps et notre énergie », revendique Olivier Galzi.

    Le candidat, qui met en place une charte éthique pour ses colistiers, liste six principes : transparence, équité, lisibilité, responsabilité, intégrité et consultation. Des promesses distillées sous forme de critiques à l’endroit de la majorité sortante et de celui qui entend la poursuivre, David Fournier (PS). En parlant de transparence, Olivier Galzi aurait pu être un peu plus clair sur certains profils de colistiers, dont plusieurs ont déjà été élus (Valérie Wagner, Christian Paly, Isabelle Altayrac) sous la majorité de droite de Marie-Josée Roig (UMP). Jamais dans leur présentation, cela n’a été évoqué. Le seul dans ce cas fut Florian Borba-Da Costa, adjoint au commerce de la maire Cécile Helle lors du premier mandat. Ou Marc Serein, antépénultième de liste, et maire (PS) de Bollène (2000-2008). Les possibles délégations n’ont pas été confirmées, mais Jean-Luc Queyla (3e de liste) et ancien chef des pompiers d’Avignon [candidat en 2020 avec Michel Bissière (LR)] devrait s’occuper de la sécurité.

    On note beaucoup de cadres, consultants, entrepreneurs, directeurs, responsables. Un manque de diversité ? « Non, coupe court Olivier Galzi. On a énormément de gens qui sont issus de la méritocratie, qui ont des compétences et ont, comme point commun dans leur parcours, de s’être mis au service des autres. » À l’instar de sa « moitié, bien qu’elle ne soit pas là pour ça », Anaïs Haussmann.

  • À Avignon, Amine Kessaci appelle à voter David Fournier

    À Avignon, Amine Kessaci appelle à voter David Fournier

    Vous êtes un héros, Monsieur, je ne pensais pas vous voir ici », salue, la voix tremblante, un ado de 17 ans à destination d’Amine Kessaci. En ce début d’après-midi de vendredi, sur la place de l’Horloge, le militant antinarcotrafic, candidat aux municipales à Marseille en 3e position sur la liste de Benoît Payan (DVG), est là en appui de David Fournier (PS) et sa liste de rassemblement de plusieurs partis, dont les Ecologistes où Amine Kessaci milite. Même à Avignon, sa popularité dépasse celle du candidat local. « Tu es un exemple, ton aura, ton combat sont un modèle d’engagement », ne manque pas de souligner David Fournier, qui s’était rendu, mi-novembre à Marseille, à l’hommage rendu à Mehdi, petit-frère d’Amine Kessaci, froidement abattu dans un crime considéré comme d’intimidation.

    « Je n’ai pas peur, personne ne m’empêchera d’aller tracter », assure avec force et charisme Amine Kessaci, suivi de près par un impressionnant dispositif de sécurité. En aparté, il confie qu’il est plus facile pour lui de faire campagne hors de Marseille et défendre ses idées au niveau national par le biais de son association Conscience ou le projet qu’il porte avec l’association des maires de France. « On souhaite créer un dispositif très concret de dépaysement, qui permettra entre maires de s’entraider pour sortir des jeunes des réseaux de narcotrafic en les envoyant dans d’autres villes avec un emploi et un logement », illustre-t-il. En attendant, Amine Kessaci vient dire « toute sa confiance à David pour porter la dignité dans les quartiers populaires, pour réparer ce qui a été cassé, réapporter du service public, travailler avec la police municipale, qu’il ne faut pas désarmer », glisse-t-il, dans une allusion à certaines prises de position de la France insoumise.

    Un appel au vote utile

    dès le 1er tour

    David Fournier se pose en garant d’une approche globale sur la sécurité, défendant la proximité en misant sur des postes mutualisés entre police nationale et municipale, comme celui en travaux sur la Rocade (lire page 16), sans oublier les attentions portées aux enfants (petit-déjeuner dans les écoles, bas tarifs dans les cantines) ou à la jeunesse et leurs familles (sécurité sociale de l’alimentation, mutuelle communale pour le logement et les véhicules). Juste avant de conclure la séquence, Amine Kessaci insiste sur le vote utile. « Face à la droite et son extrême, la désunion n’est pas la solution, je dis à tous les électeurs de gauche, la seule liste en capacité de gagner, c’est celle de David dès le 1er tour, quand on se dit antifasciste, il faut aussi parfois accepter de se retirer », prévient-il.

  • À Avignon, des associations toujours inquiètes

    À Avignon, des associations toujours inquiètes

    Avignon, ville où s’est tenu le procès des « viols de Mazan », est-elle irréprochable en matière de droits des femmes ? Des projets, il y en a eu. Comme l’annonce qui avait fait grand bruit fin 2022 de la création de cinq logements pour les femmes victimes de violence. Mais celui-ci est tombé à l’eau par la suite. L’association Rhéso, qui devait gérer le projet, avait été placée en redressement judiciaire et les logements ont finalement servi à une autre structure. En dehors de ça, les projets n’ont pas réellement fleuri, tout en sachant que le tissu associatif est bien fourni localement en la matière. Tissu dont on peut imaginer qu’il s’est étoffé suite au procès ultra médiatisé où Gisèle Pelicot est devenue une figure de la libération de la parole. Mais ce n’est pas vraiment le cas d’après les associations qui constituent le collectif Droit des femmes 84. « On n’a pas vu de gros changements. Cela fait même plusieurs mois que l’on entend que le maintien des subventions va être difficile », glisse Karine Malaval, militante du mouvement Le Nid.

    Bouton d’alerte et lutte contre

    les discriminations

    « Depuis 2014, la cause des femmes est une priorité pour la majorité municipale : la toute première mesure prise par Cécile Helle a été, dès son arrivée, de nommer une conseillère municipale, déléguée aux droits des femmes et à la lutte contre les discriminations » pose la municipalité en place, une nomination « qui permet une action continue en direction du public féminin. »

    Dans les programmes des candidats à la mairie, le sujet est abordé à différents degrés. L’insoumise Mathilde Louvain dédie tout un pan à « combattre le patriarcat sous toutes ses formes ». Du côté de David Fournier (PS), on évoque le renforcement de structures d’aide et une lutte « contre toutes les formes de discrimination », sans réellement évoquer la question des femmes en tant que telle. Olivier Galzi (DVD) soumet l’idée d’une application avec un « bouton d’alerte » pour les personnes âgées et les femmes, sans plus. Pas de mention particulière dans celui de Stephan Fiori (DVD). Toutefois, l’association les Resi-liantes, membre du collectif Droit des femmes 84, assure que le dernier nommé s’est rapproché d’elle pour s’informer sur la question. Tout comme Mathilde Louvain. Cette même association a d’ailleurs fait circuler un questionnaire sur la question, auquel ont répondu Stephan Fiori, Mathilde Louvain et David Fournier. « Et les réponses nous conviennent. Mais on verra si ce sera le cas après les élections », glisse Sabah Boutahar, membre de l’association.

  • À Avignon, l’Après pense au présent et au coup d’après

    À Avignon, l’Après pense au présent et au coup d’après

    C’est au théâtre du Rouge-Gorge que Raquel Garrido et Alexis Corbière ont conclu, ce jeudi, leur après-midi avignonnais sur une note culturelle. La porte-parole nationale de l’Après (Alliance pour la République écologique et sociale) et le député de Seine-Saint-Denis sont venus soutenir la « liste d’union » de David Fournier (PS). Mais dans une culture précédente, ils auraient certainement été en appui de Mathilde Louvain (LFI). Oui mais voilà, ces deux anciennes figures de la France insoumise ont pris leurs distances avec le parti fondé par Jean-Luc Mélenchon.

    « Je ne connaissais pas David, je fonctionne à l’intuition, c’est une belle personne, cela s’est vu dans sa capacité à fédérer », flatte Raquel Garrido à destination du candidat, qui a investi trois militants de l’Après sur sa liste (Marie-Anne Bertrand, Jean-Luc Fauche et Méliades Bey). « Le courant est très rapidement passé entre nous, c’était évident de travailler ensemble », salue David Fournier. L’un des fondements de l’Après réside dans l’union à gauche et met en place une primaire en vue de la présidentielle.

    Mettre LFI « à moins de 10% »

    L’heure est d’abord aux municipales. « Il faut encourager l’union et décourager les esprits solitaires que LFI a mis en œuvre. Les électeurs de gauche, et particulier ceux qui croient au programme de l’avenir en commun, doivent sanctionner cette stratégie et mettre les listes LFI à moins de 10% de façon à envoyer un message à la direction insoumise vers l’union, que la conduite récente de Jean-Luc Mélenchon rend difficile », estime Raquel Garrido. Et laisse ensuite à l’appréciation locale de jauger un éventuel rapprochement au second tour.

    Alexis Corbière se pose en défenseur de l’esprit « joyeux et efficace » du Nouveau front populaire, qui lors des législatives de 2024, avait permis de placer la gauche en tête et damner le pion au RN. « Si David gagne, c’est l’union et pas que le PS », insiste le parlementaire. Qui voit dans les municipales, le coup d’après de la présidentielle. « C’est le moment d’arrêter la division, la lecture des municipales doit être éclairante pour la suite. Dans beaucoup de villes, les listes d’unions seront devant et cela fera passer un message pour la présidentielle », prédit Alexis Corbière.

  • Un hommage à Pierre Semard pour « lutter » encore contre l’extrême droite à Avignon

    Un hommage à Pierre Semard pour « lutter » encore contre l’extrême droite à Avignon

    Comme chaque année, la commémoration a été rythmée d’un discours, d’une minute de silence et d’une dépose de gerbe. Mais cette année, « elle a une certaine résonance vu la situation actuelle, et la venue de Bernard Thibault a ramené du monde », explique Loïc Guigou, le secrétaire général de la CGT Cheminots d’Avignon. Une cinquantaine de cheminotes et cheminots étaient présents. « C’est une commémoration qui nous tient vraiment à cœur, elle nous rappelle le passé, mais aussi le présent », continue le cheminot, « il avait prédit la montée du fascisme, les similitudes d’aujourd’hui avec ce qu’il décrivait sont alarmantes ». Lorsque le Front populaire triomphe en 1936, c’est en tant que secrétaire général de la Fédération CGT des cheminots réunifiée qu’il agit aux côtés de Léon Blum pour l’obtention de 21 jours de congés payés et la semaine de 40 heures dans les compagnies de chemins de fer. Pierre Semard est fusillé par les nazis le 7 mars 1942, après avoir été remis aux autorités allemandes par le régime de Vichy.

    Un précurseur

    En avance sur son temps, « on l’honore aussi parce qu’il prônait déjà le rassemblement des salariés et la dimension unitaire à donner aux luttes pour la construction du rapport de force », confie Loïc Guigou. La CGT Cheminots d’Avignon revient sur ce qu’on permit les militants de l’époque : « Ils sont parvenus, à élever les consciences, à gagner des conquêtes sociales qui nous servent encore de bases revendicatives. Rien ne doit nous faire douter, rien ne pourra nous arrêter, car notre combat se place dans le prolongement du leur. » Rappelant qu’honorer la mémoire de Pierre Semard « n’a rien d’archaïque ou de passéiste comme certains pourraient le laisser penser. »

    Loïc Guigou explique « qu’il a porté la nécessité d’un syndicalisme qui doit garder son indépendance vis-à-vis des partis politiques, tout en précisant qu’indépendance ne signifie pas neutralité ». Et d’insister : « Pierre Semard avait une grande lucidité quand il demandait à ses camarades cheminots de poursuivre inlassablement le combat contre le fascisme, car celui-ci est toujours sous-jacent et s’alimente de la misère pour en faire son lit. »

  • À Avignon, Bernard Thibault analyse la place de la CGT dans le monde

    À Avignon, Bernard Thibault analyse la place de la CGT dans le monde

    Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT de 1999 à 2013, sera présent au club des Cheminots d’Avignon, ce jeudi 5 mars, pour échanger avec les militants locaux autour de la CGT et de ses relations internationales.

    Cette venue s’inscrit dans une initiative de l’Institut d’histoire sociale (IHS) CGT de Vaucluse. Bernard Thibault, également coprésident du comité de suivi de la charte sociale pour les JO de Paris, a été invité à participer à cette rencontre. « On a décidé de lancer l’initiative de faire des rappels historiques qui se retrouvent aujourd’hui dans des problématiques très contemporaines. On veut aller plus loin que la mémoire locale », explique André Castelli, président de l’IHS de Vaucluse, qui se réjouit de la venue « d’une figure du syndicat dans son évolution et sa transformation ».

    Première ligne

    Un peu moins d’une centaine de personnes sont attendues lors de ces échanges, au cours desquels seront abordés le rôle du syndicat et ses relations avec les organisations étrangères. « Ces rapports sont importants, car, dans le monde entier, ce sont souvent les travailleurs qui paient les factures de décisions qui ne leur appartiennent pas, qui sont issues du monde capitaliste. Il s’agit de voir comment mener la riposte », ajoute André Castelli.

    Une initiative qui en appelle d’autres. L’IHS prévoit d’organiser plusieurs rencontres dans les prochains mois, notamment autour de la CGT face au fascisme ou encore d’un débat consacré à la paix.

  • Vaucluse : royalistes, ou « à bas les rouges » dans les parages

    Vaucluse : royalistes, ou « à bas les rouges » dans les parages

    Comment faire l’impasse sur l’inénarrable cas orangeois ? Ancien maire de la cité des Princes entre 1995 et novembre 2021, Jacques Bompard (Ligue du sud), 83 ans, brigue un 6e mandat dans dix jours. Il postule après avoir purgé une peine d’inéligibilité – raccourcie – pour prise illégale d’intérêts. Jacques Bompard compte donc reprendre la main à son fils maire, Yann, lui aussi condamné pour emploi fictif fin janvier et déclaré inéligible. Une sanction qui frappe également la députée RN Marie-France Lorho, conseillère municipale sortante, qui ne peut figurer sur les listes.

    Mais au-delà de ces cas médiatiques, d’autres profils, pas forcément condamnables judiciairement, éclairent sur le côté très réactionnaire du parti. À Morières, après avoir été directeur de cabinet du maire RN Grégoire Souque, Joris Varjabédian est cette fois candidat sur la liste [en 2020, il l’était aussi mais à… Marseille dans les 11-12, sur la liste de Stéphane Ravier]. Un homme à la forte conviction royaliste, le collectif No Pasaran épinglant ses publications à la gloire de Louis XVI. En véritable nostalgique de l’ancien Régime, chaque 21 janvier, il regrette la décapitation de l’ancien roi. « Depuis, la France continue de purger sa peine pour l’assassinat de ce monarque innocent », écrit-il en 2019. Contacté, il assume son opinion : « Je n’ai strictement rien à me reprocher. Si déplorer la décapitation d’un homme relève du fascisme, je laisse ces admirateurs de Robespierre à leurs délires », réagit Joris Verjabédian renvoyant No Pasaran à son soutien à la Jeune garde. « Plutôt que de décréter de véritables fatwas contre ceux qui ne pensent pas comme eux, ces gens-là feraient donc mieux de balayer devant leur porte et de faire profil bas », pique-t-il.

    Dans la ville centre d’Avignon, certains profils interrogent aussi. Comme celui de Clément Gautier. S’il n’est pas candidat sur la liste RN d’Anne-Sophie Rigault, il la soutient ardemment. « Avignon mérite la droite. Sus aux gauchistes », écrit-il sur son profil Facebook toujours actif, au sujet d’une réunion publique d’Anne Sophie Rigault mi-février. Un style trivial pour ce membre influent de l’Action française, dont il dirige l’une des éditions. Après la mort du militant identitaire Quentin Deranque, il relaie une réaction de l’Action française, estimant que « l’heure est à la réaction française et populaire contre l’engeance gauchiste, par tous les moyens, même légaux ». Et conclut « à bas les rouges ».

    Une colistière veut prendre les armes

    Caroline Lopez est, elle, en revanche candidate (25e position). « Employée de pharmacie, artiste peintre, défenseure des animaux », présentait Anne-Sophie Rigault, vendredi soir lors d’un meeting dévoilant sa liste. Elle aurait pu ajouter : appel à la sédition par la violence. Dans des publications sur Facebook, supprimées depuis, elle enjoint à défendre la France par les armes ou relaie des pseudo-blagues racistes. Rappelons qu’elle a été candidate FN aux départementales 2015 sur le canton de Pernes, accédant au second tour.

  • Les femmes d’une seule voix pour leurs droits le 8 mars à Avignon

    Les femmes d’une seule voix pour leurs droits le 8 mars à Avignon

    « On va parler d’une seule voix féministe et antiraciste. C’est ça le plus important », glisse, en ouverture d’une conférence de présentation de la manifestation du dimanche 8 mars à Avignon, Karine Malabal, militante du mouvement Le Nid et membre du Collectif Droits des Femmes 84. Une manifestation qui partira à 15h symboliquement du tribunal d’Avignon, théâtre du procès Pelicot, en direction de la place de l’Horloge.

    Un mouvement de convergence des luttes qui se cristallise dans un slogan fort, choisi par la multitude d’associations vauclusiennes constituant le collectif : « Nos corps ne sont pas un champ de bataille. » Une référence, d’une part, aux violences sexuelles. « Quand on regarde les chiffres de 2025, il y a eu 132 000 victimes de violences sexuelles, dont 76 000 mineurs. Le corps est vu par les hommes comme un champ de bataille, dans le sens où c’est quelque chose qu’ils veulent s’approprier », précise Nellie Bertrand, militante au collectif Nous Toutes, à la chorale Chant des Déferlantes et au pôle LGBT d’Avignon.

    Mais ce slogan renvoie aussi aux violences faites au corps à travers les conditions de travail. D’où un appel à la grève générale des femmes ce jour-là. « Nous sommes en première ligne quand on voit, par exemple, les infirmières à domicile, avec des travails difficiles, des horaires hachés et des déplacements très mal payés », insiste Karine Malabal.

    L’événement se veut également festif. Une batucada animera le cortège, avec un arrêt musical sur la place Pie. Et pour celles et ceux que le bruit pourrait gêner, un cortège calme est également prévu à l’écart.

    Peu d’évolution

    Ce que constatent les représentantes associatives, c’est également le manque d’évolution malgré le retentissement énorme du procès des viols de Mazan. « On attendait de grands changements sociétaux, mais ils ne sont jamais arrivés », regrette Malika Bakhti de la LDH. « Il n’y a pas eu de gros changements », confirme Karine Malabal, qui constate même « une baisse des subventions ».

    Les luttes convergent avec d’autres combats. « On a toutes et tous des valeurs communes. On ne s’estimait pas légitimes dans la lutte féministe, mais on s’est rendu compte que l’on doit être tous ensemble, car on subit tous des agressions. Si on est autocentrés, on ne peut pas s’en sortir », confie Sabah Boutahar, membre de l’association Résilientes. De son côté, Nellie Bertrand rappelle les deux tags de groupuscules d’extrême droite inscrits sur les locaux du Pôle LGBT de la Cité des Papes ces derniers mois. « Depuis six ans, les réflexions aux relents racistes vont crescendo », témoigne Zem-Zem, bénévole pour Ubuntu Sorores.

  • L’ouverture dominicale de la bibliothèque d’Avignon trouve ses adeptes

    L’ouverture dominicale de la bibliothèque d’Avignon trouve ses adeptes

    Depuis le 21 septembre, la bibliothèque Renaud-Barrault ouvre ses portes au public les dimanches après-midi, de 14 à 18 heures. Selon les premières données recueillies, 155 personnes en moyenne s’y rendent, chaque fin de week-end.

    « Pour nous, c’est un succès », se réjouit Bernard Autheman, conseiller municipal délégué aux bibliothèques, aux musées et à la culture provençale. Tout en assurant que ce chiffre-là « est en augmentation depuis novembre », l’élu insiste sur l’importance « d’avoir un équipement culturel ouvert le dimanche après-midi dans un quartier politique de la ville nous paraît essentiel », la bibliothèque étant située sur la rocade Charles-de-Gaulle. Chaque semaine, jusqu’à 1 300 personnes fréquentent l’établissement.

    S’appuyant sur une étude menée avec un étudiant en sciences politiques, fondée sur un questionnaire auquel 300 personnes auraient répondu, l’élu souligne que le public est majoritairement familial : environ 60% d’adultes et 40% d’enfants. Les femmes représenteraient deux tiers des usagers et un tiers des visiteurs ne viendrait que le dimanche. Comme quoi le rendez-vous a déjà trouvé ses adeptes.

    Un projet prolongé ?

    Comme annoncé lors de sa mise en place, le choix de la bibliothèque Renaud-Barrault plutôt que d’autres établissements, comme Ceccano en intra-muros, est assumé. « Avignon est une des rares villes à avoir un tel lieu dans un quartier prioritaire. Pour nous, c’est un lieu de vie culturelle, sociale et éducative. L’occasion de réunir tous les acteurs et les habitants », insiste Bernard Autheman. Depuis la réouverture du site fin 2024, plus de 1 000 personnes supplémentaires se sont inscrites à la bibliothèque. Un quart des prêts de documents sont également effectués à Renaud-Barrault.

    La mise en place d’une permanence avait notamment été décidée lors du conseil municipal du samedi 29 novembre dernier. Le projet avait suscité des interrogations chez les syndicats d’agents territoriaux, qui évoquaient une mise en place « sans concertation réelle ». Les permanences sont donc effectuées de façon équitable entre les agents du service. Les demi-journées dominicales travaillées sont également majorées.

    L’année en cours constitue une phase d’expérimentation de cette ouverture dominicale. « La culture et l’éducation sont essentielles à la vie démocratique et cette action est prioritaire », glisse le conseiller municipal qui, ne figurant sur aucune liste aux prochaines élections municipales, ne sera plus dans l’organigramme de la municipalité d’ici quelques semaines. Il espère que cette action sera « prolongée et amplifiée » par le ou la futur(e) maire de la Cité des Papes. À bon entendeur… ou lecteur.