Tag: Avignon

  • Avignon : la mère qui a congelé ses bébés devant la justice

    Avignon : la mère qui a congelé ses bébés devant la justice

    L’affaire éclate lorsque l’ami de sa fille cadette, alors âgée de 16 ans, alerte la police après que celle-ci lui a confié qu’un bébé se trouvait dans le congélateur, à Bédoin, près du Mont-Ventoux (Vaucluse). Les gendarmes découvrent alors deux nourrissons de sexe féminin, enveloppés dans un sac de courses, un drap et une couverture.

    Selon les médecins légistes, le premier bébé, né en mars 2018, avait vécu quelques jours, avait été nourri, et serait décédé d’un traumatisme crânien. Le second serait mort très peu après sa naissance, faute de soins, notamment parce que son cordon ombilical n’avait pas été coupé. L’avocate d’Aurélie S., Me Charlotte Brès, affirme que sa cliente n’a jamais changé de version : elle soutient que le premier bébé est mort après une chute dans les escaliers et le second des suites d’un accouchement solitaire, consécutif à un déni de grossesse.

    La fille aînée déclare pourtant avoir assisté au premier accouchement et affirme que sa mère avait refusé d’appeler les secours. L’accusée explique avoir mis les corps au congélateur, prétendant à ses filles avoir donné le premier bébé « à l’adoption ». Elle affirme avoir voulu « une sépulture » et les « garder près d’elle ». Aujourd’hui âgée de 44 ans, elle dit ne pas comprendre son geste.

    Les expertises évoquent une enfance religieuse stricte, un viol dans son enfance et des relations amoureuses violentes. L’avocat du père du premier bébé l’accuse de mentir « sur tout ». Les trois filles d’Aurélie S., parties civiles, dénoncent également des violences et ne soutiennent pas leur mère. Leur avocate estime qu’elles sont « concernées par les faits criminels ». Le procès doit se tenir jusqu’au 27 mars à Avignon.

  • Les communistes satisfaits d’avoir joué les traits d’union à Avignon

    Les communistes satisfaits d’avoir joué les traits d’union à Avignon

    Début janvier, en avalisant un accord avec la liste insoumise de Mathilde Louvain, la section avignonnaise du Parti communiste avait fait grincer des dents à gauche et au sein de la direction nationale. Une décision allant à rebours de la présence du PCF au sein de la majorité sortante, dont le candidat naturel était David Fournier (PS). « De manière générale dans la section il y a un clivage historique entre une gauche réformiste et une gauche révolutionnaire, cette fois le choix s’est porté sur la seconde », décrypte Julien De Benito, secrétaire départemental du PCF 84. Avec la fusion des listes à gauche, les communistes présentent trois colistiers, dont le conseiller départemental Rémy Blanc et l’actuelle élue à l’action sociale, Anne-Catherine Lepage amenée, en cas de victoire, à prendre une délégation élargie sur le sujet.

    « On est fiers du chemin pris, l’histoire nous donne raison, livre Rémy Blanc. On peut se satisfaire d’avoir été un peu ce trait d’union, d’avoir rendu les choses possibles pour ce second tour. » Même tonalité pour Julien De Benito, adjoint au maire sortant, qui ne se représente pas. « Il fallait garantir une fusion entre les deux tours, un rapprochement des deux gauches », estime-t-il. Avoir mené « une campagne propre », qui a ménagé les uns les autres ainsi que les personnalités peu clivantes de Mathilde Louvain et de David Fournier ont contribué à s’entendre. Mais pas que. « On a travaillé toute la campagne à relocaliser le débat, à lui donner du contenu par les dossiers avignonnais, Mathilde a su très bien s’en saisir, et ça aussi, c’est un facteur d’union, ça passe toujours mieux quand tu parles de dossiers qu’à coups de slogans. » Assez affligés par la tournure de la campagne prise par Olivier Galzi (DVD) accusant la gauche de « violence », Rémy Blanc et Julien De Benito répondent par le fond : « On doit rassurer par rapport à toute cette instrumentalisation de notre union, il n’y a rien de violent à vouloir des bas tarifs à la cantine, des logements dignes, des transports en commun gratuits ou une régie publique de l’eau. »

    En cette fin de campagne, le PCF insiste sur les « questions de solidarité, de justice sociale au regard des difficultés dans les quartiers populaires », conclut Rémy Blanc.

  • PS et LFI en rempart à la violence sociale à Avignon

    PS et LFI en rempart à la violence sociale à Avignon

    « Bonjour, monsieur le maire ! », lance un passant sans s’arrêter à David Fournier, ce mercredi sur le marché de la Rocade. Le candidat PS, qui a fusionné sa liste lundi avec celle de l’insoumise Mathilde Louvain, sourit et ne semble pas superstitieux. « Attendons, dimanche », répond-il, avant de confier « l’enthousiasme débordant » qu’il rencontrerait au sujet de cette fin de campagne. « C’est du jamais vu », se plaît à dire l’actuel adjoint de Cécile Helle, qui espère que l’alliance à gauche sera suffisante pour conserver la mairie.

    Mais ce qui « est jamais vu » aussi, c’est « une telle violence dans la campagne ». David Fournier vise là Olivier Galzi (DVD). Arrivé en tête dimanche, l’ex-journaliste TV organise ce jeudi un rassemblement devant la mairie contre « l’alliance de la honte » et n’a pas hésité à accuser le PS de légitimer la violence et « d’avoir du sang sur les mains ». Olivier Galzi déambule aussi sur le marché et croise Mathilde Louvain. L’échange est bref et tendu. « Bonjour Mme Louvain, ça va bien ? Vous ne me serrez pas la main ? Vous n’êtes pas républicaine ? Pas de haine et pas de violence en politique », dégaine-t-il. L’intéressée le salue et lui serre timidement la main. « Je croyais que je vous faisais peur », répond-elle.

    Un petit débrief de la séquence s’organise, Mathilde Louvain sortant l’humour comme meilleure arme et pirouette. « Je suis tellement infréquentable, avec un casier judiciaire énorme, complice d’assassinat », ironise-t-elle. « Je ne la connais pas mais ça se voit qu’elle est gentille comme tout », vole à son secours un témoin. Un peu plus tard, à ses côtés, David Fournier cajole sa nouvelle colistière. « J’apprends à connaître Mathilde, c’est vraiment une belle personne. »

    Les néo-alliés font front commun contre les « amalgames » d’Olivier Galzi, se réservant le droit de poursuites en justice. « Dans l’adversité, il perd son sang-froid, cela démontre qu’il n’a pas les épaules pour le costume, observe David Fournier. On ne peut pas tout se permettre, cela dessert la démocratie. » « On est clairement sur une campagne de déstabilisation avec les mêmes ressorts qui renvoient au complotisme. M. Galzi mène la même campagne que le RN », analyse Mathilde Louvain.

    Une autonomie LFI mais « pas du tout d’obstruction »

    Dans la cohue du marché, les deux candidats sont happés et peinent vraiment à tracter. Le mot d’ordre pour convaincre ? Justice sociale. « On est les seuls à avoir un programme là-dessus, quand 70% de la population est éligible à un logement social et que d’autres n’ont pas un mot dessus, c’est qu’on ne connaît pas sa ville », pique David Fournier. Mathilde Louvain joue les pédagogues : « On ne pense pas à nous mais aux gens pour qui on a construit le programme, c’est eux qui seront impactés [s’il y a victoire de la droite ou du RN] par des programmes qui montent les gens les uns contre les autres alors que nous voulons fabriquer des communs. » Preuve un peu plus tard, lorsqu’une discussion s’engage, une dame confie « avoir pu se laisser influencer par Olivier Galzi et ses vidéos anti-squats, mais il faut réussir à aller au-delà et regarder le reste ».

    Le reste, « c’est l’urgence sociale », martèlent David Fournier et Mathilde Louvain, déroulant un discours commun déjà bien rodé sur la Sécurité sociale de l’alimentation, la surveillance des locations saisonnières ou la gratuité des transports. Pour autant, en revendiquant un groupe autonome LFI de 9 élus en cas de victoire sans vouloir de délégations, Mathilde Louvain s’interdit de les porter concrètement. Pourquoi ce refus de gouverner ? « Non, la Nouvelle Avignon Populaire [nom de la liste initiale] est vraiment très bien pourvue en délégations fortes [via d’autres partenaires comme le PCF ou Génération.s] sur la question du social, du logement ou de la démocratie », répond l’ex-tête de liste, reconnaissant que « la démarche est assez rare » mais ne se posant « pas du tout dans une posture obstructive ». Elle confirme qu’en cas de victoire dimanche, les insoumis voteront bien David Fournier le jour de l’installation du maire. Ça va toujours mieux en le disant.

  • La grève des chauffeurs livreurs des cantines scolaires se poursuit à Avignon

    La grève des chauffeurs livreurs des cantines scolaires se poursuit à Avignon

    Lancée vendredi avec un préavis posé jusqu’au 30 mars, la grève des chauffeurs-livreurs de la cuisine centrale d’Avignon a entraîné encore mardi l’annulation de la distribution des repas dans une dizaine de cantines scolaires sur les 36 que compte Avignon, uniquement dans l’extra-muros. Dans le centre-ville, les repas sont en effet délivrés par une société qui utilise des vélos-cargos.

    Assemblée générale chaque matin

    Soutenus par les syndicats des Territoriaux de la CGT et de FO, les grévistes qui se réunissent en assemblée générale tous les matins pour décider de la suite du mouvement protestent contre les conditions dans lesquelles sont menées les investigations autour de vols de grosses quantités de viande dans la cuisine centrale découverts en fin d’année dernière. Une affaire révélée en plein conseil municipal par l’élue RN Anne-Sophie Rigault, candidate arrivée à la deuxième place dimanche. Une enquête administrative interne avait alors été lancée.

    Dans un tract commun, les deux syndicats dénoncent une campagne de diffamation à l’encontre des « lanceurs d’alerte » dont les « conditions de travail se sont fortement dégradées ». « Les agents demandent une enquête administrative impartiale et transparente, ils pensent que ce n’est pas le cas pour l’instant. Chaque agent doit pouvoir être entendu et la vérité doit être recherchée sans pression ni arrangement », justifient les syndicalistes.

    La mairie de son côté estime que seuls cinq chauffeurs sont en grève et a permis depuis lundi aux parents dans les groupes scolaires concernés, tous prévenus par mail au jour le jour, de donner aux enfants un pique-nique et de laisser leurs enfants sur place durant la pause méridienne. « On a été prévenu et on se débrouille, on prépare des sandwichs… » commente Sonia, mère d’élève devant une école du quartier de Montfavet avant d’ajouter : « Je ne suis pas au courant des motifs de la grève ni combien de temps elle va durer mais ils ont sans doute leurs raisons. »

  • Olivier Galzi accuse la gauche « d’avoir du sang sur les mains »

    Olivier Galzi accuse la gauche « d’avoir du sang sur les mains »

    Changement de cap radical, ce mardi, pour Olivier Galzi. Dimanche soir, le candidat DVD arrivé en tête du 1er tour (27,04%) assurait ne « jamais se positionner par rapport aux autres ». Le ton est différent dans son local de campagne. Une affiche, avec son visage sombre en noir et blanc, appelle à « la mobilisation générale ». Un rassemblement citoyen est annoncé ce jeudi (18h, place de l’Horloge) adressé à tous « ceux qui refusent l’alliance de la honte entre le PS et LFI ». Arrivées quasi à égalité David Fournier (19,89%) et Mathilde Louvain (19,03%) ont annoncé lundi leur fusion, permettant à la gauche d’espérer conserver la Ville.

    « On assiste à une tambouille politicienne, le PS trahit ses valeurs et donne les pleins pouvoirs à un parti antisémite qui soutient le principe de violence en politique », vitupère l’ex-journaliste TV. Et tant pis s’il use de raccourcis, car Mathilde Louvain a précisé que les insoumis ne revendiquent aucune délégation ni poste d’adjoint et auront un groupe autonome pour faire vivre la majorité. « La ville va devenir ingouvernable, c’est une annulation de leur alliance », estime Olivier Galzi, bien que ce groupe autonome ne concernerait que LFI. Qu’importe, Olivier Galzi ne mâche pas ses mots : « Mathilde Louvain est comptable de Raphaël Arnault [député LFI], en photo sur ses affiches, dont les plus proches collaborateurs sont impliqués dans le meurtre de Quentin Deranque, donc ils [Mathilde Louvain et David Fournier] ont du sang sur les mains par complicité morale et politique. »

    Jouant son va-tout, l’ex-journaliste TV hystérise les débats : « On est dans une atmosphère pré séditieuse, là où certains en appellent aux armes et à la violence, nous on en appelle aux urnes », n’hésite-t-il pas à soulever. Il se pose même en rempart et, sans parler d’union des droites, fait un appel du pied à ceux qui ont voté Anne-Sophie Rigault (RN, 25,52%) : « Le RN ne prendra jamais Avignon, ce n’est pas l’âme de la ville. Donc voter RN, c’est voter Fournier-LFI. Ceux qui ne seraient pas nécessairement dans une adhésion à mon programme, mais qui ne veulent surtout pas de LFI, c’est chez nous que ça se passe », exhorte-t-il. À voir si cette stratégie de la peur et du vote utile sera payante dans les urnes.

  • Quatre gares touchées par une grève d’un sous-traitant

    Quatre gares touchées par une grève d’un sous-traitant

    On va perdre plusieurs centaines d’euros avec la reprise ! » Bruno Bilny, représentant syndical CGT pour l’entreprise PY Facility, s’inquiète du passage des salariés sous pavillon d’Onet Accueil d’ici le 1er avril. Une inquiétude telle qu’une « cinquantaine de salariés » sont en grève, depuis ce samedi 14 mars, dans les gares de Marseille Saint-Charles, de Toulon, d’Aix-TGV et Avignon-TGV.

    Un passage dans le cadre d’un appel d’offres, lancé par la SNCF qui est donneuse d’ordre sur le marché de l’accompagnement des personnes à mobilité réduite (PMR). « On fait monter et descendre les personnes à mobilité réduite dans les trains, on les aide et accompagne », explique Amandine Benoit, également représentante CGT. D’habitude, les reprises se déroulent sans accroc : « Tous les 5 ans, nous sommes soumis à des appels d’offres, avec souvent des reprises, il n’y a jamais eu de problèmes. » Mais cette fois, il y a un couac puisque le transfert ne concerne pas « les conquis sociaux précédents ». Les salariés perdraient « tickets restos, chèques vacances et Noël » tout en payant « une mutuelle plus chère ». Cerise sur le gâteau : « Notre 13e mois, la prime d’été, le dimanche payé double, tout est indexé sur le salaire. Là, la nouvelle direction a annoncé que tout allait être mis en une prime fixe et pas indexée », conclut Bruno Bilny.

  • À Avignon, les listes PS et LFI feront front commun dimanche

    À Avignon, les listes PS et LFI feront front commun dimanche

    Certains diront que c’était cousu de fil blanc. Voir, ce lundi soir, David Fournier (PS) et Mathilde Louvain (LFI) sceller un accord en vue du second tour ne relève pas de la surprise tant les candidats, à l’inverse des anathèmes nationaux entre leurs partis respectifs ou de la situation voisine à Marseille, ne se sont jamais invectivés. À gauche depuis deux mandats, une fusion des listes était impérative pour prendre la relève de Cécile Helle (PS), qui ne se représentait pas. Car dimanche, David Fournier (19,89%) a devancé Mathilde Louvain (19,03%) d’un cheveu (234 voix). Mais le binôme est assez en retrait du duo de tête, Olivier Galzi (DVD, 27,04%) et Anne-Sophie Rigault (RN, 25,52%).

    « On a tremblé jusqu’au bout mais ces tremblements seront utiles aux forces de gauche », se satisfait David Fournier, ce lundi soir lors d’un point presse commun. L’adjoint PS reste tête de liste qui garde son nom, Ensemble et solidaires, quand Mathilde Louvain en sera 4e. Rémy Blanc, conseiller départemental PCF, second de liste initial avec LFI, sera 3e. « Nous avons fonctionné équitablement », assure David Fournier, qui a eu quitus d’Olivier Faure, premier secrétaire du PS, pour cet accord. Mathilde Louvain, à sa demande, ne sera pas adjointe en cas de victoire comme l’ensemble des colistiers insoumis. « Nous voulons avoir un groupe autonome dans une majorité qui soit fonctionnelle et garder une cohérence de vote en toute loyauté », défend-elle.

    Place publique

    et le PRG en retrait

    Avec une acuité sur les marqueurs de son programme, comme le logement social, le contrôle des locations saisonnières ou délégation élargie sur l’action sociale. « Nous faisons front commun contre la droite extrême et l’extrême droite pour plus de justice sociale », souligne l’insoumise.

    Si côté Mathilde Louvain, soutenue aussi par Génération.s membre actuel de la majorité, la volonté de tendre la main à l’autre liste de gauche a toujours été claire pendant la campagne, David Fournier renvoyait la question à « une décision collégiale » au soir du second tour. Seuls une dizaine de colistiers se sont désolidarisés de l’alliance. Fidèles à la ligne rouge récusant tout accord avec LFI, Place publique et le PRG ont respectivement rapidement acté lundi leur retrait. Sympathisant de Place publique, Claude Nahoum, 1er adjoint sortant, un temps maintenu sort finalement bien de la liste.

    Cette fusion promet en tout cas de chaudes retrouvailles entre plusieurs candidats. « L’enjeu et l’intérêt politique sont tels que chacun avalera des couleuvres », sait bien Jean-Pierre Cervantès, élu écologiste d’opposition, retiré de la liste de David Fournier. Son parti va retrouver Sabah Badji, ex-cheffe de file écologiste puis suspendue pour avoir soutenu Mathilde Louvain. Farid Faryssy, ex-insoumis désavoué par le national pour les municipales au profit de Mathilde Louvain, est aussi maintenu (13e), malgré son départ fracassant de LFI. Dans l’autre sens, David Fournier retrouvera Zinèbe Haddaoui, cheville ouvrière du mouvement Avignon collectif. L’adjointe aux sports a été une encartée éphémère au PS, battue il y a près d’un an lors d’un vote interne qui avait mis sur orbite David Fournier pour les municipales. « On a travaillé ensemble pendant deux mandats, ce n’est pas parce qu’on prend une orientation différente que nous perdons les mêmes valeurs », estime la tête de liste. Il assure n’avoir mis aucun veto de noms et inversement. « Au-delà des personnes, ce qui compte c’est les devoirs que nous devons à la population », prévient David Fournier. « On sera là pour le rappeler », embraye Mathilde Louvain dans un sourire. « Il n’y en aura pas besoin », conclut David Fournier.

  • À Avignon, la gauche à jeu égal devra batailler ensemble

    À Avignon, la gauche à jeu égal devra batailler ensemble

    Depuis le début de la campagne, une des certitudes partagées résidait dans le fait que le scrutin serait serré. Cela s’est vérifié, ce dimanche à l’issue du premier tour où il est délicat de prédire qui prendra la succession de Cécile Helle, maire (PS) sortante qui ne se représente pas. D’une courte tête avec 27,04%, Olivier Galzi (DVD) arrive en tête devançant de 1,5% la candidate d’extrême droite Anne-Sophie Rigault (25,52%). Ce duo profite d’un âpre duel à gauche où finalement David Fournier (PS), issu de la majorité sortante, coiffe d’une courte tête (19,89%) l’insoumise Mathilde Louvain (19,03%). Soit 234 voix d’écart sur plus de 5 000 chacun.

    Derrière, l’entrepreneur Stéphan Fiori (DVD) qui caressait l’espoir d’accéder au second tour, reprendra le chemin de son cabinet d’assurances ce lundi matin puisqu’il n’obtient que 7,39%. Candidature de témoignage, Stéphane Geslin (parti des travailleurs) émarge à 1,23%. Côté participation, moins d’un électeur sur 2 s’est déplacé (52,34% d’abstention) avec de fortes disparités selon les quartiers, parfois avec seulement 25% de participation dans le quartier populaire des Olivades.

    Une alliance en bonne voie à gauche ?

    À gauche, le scénario tant redouté des deux listes au coude-à-coude est donc arrivé. Sur le pur papier arithmétique, elle est en mesure de conserver la ville à gauche. « Cet aspect est inédit et incroyable », se réjouit Mathilde Louvain, « fière d’avoir quadruplé » le score de 2020 porté à l’époque par Farid Faryssy, aujourd’hui candidat avec David Fournier. « On va avoir des discussions », promet la candidate insoumise, soutenue notamment par le PCF et Génération.s. Du côté de David Fournier, qui n’a jamais fermé la porte, ce dimanche soir l’heure était encore à la réflexion entre colistiers quant à une alliance. Rappelons que Place publique ou le PRG, soutiens de David Fournier, ont fait un casus belli de ce rapprochement. « Je pense qu’il y aura une majorité pour une alliance, on est confronté à principe de réalité si on ne le fait pas, c’est la défaite assurée face à la droite et l’extrême droite », confiait-on dans l’entourage du candidat peu après 23h30. Avec la perspective d’une très longue nuit quant à la mise en place d’une nouvelle liste devant respecter les équilibres de chacun. Dimanche soir, Olivier Faure, patron des socialistes, a récusé tout « accord national » avec LFI mais a laissé la place à des ententes au cas par cas.

    Loin de ces maux de tête, Olivier Galzi savoure. « Ils feront bien ce qu’ils veulent, je ne me suis jamais positionné par rapport aux autres mais dans l’intérêt des habitants qui, dans tous les quartiers m’ont placé en tête, constate l’ex-journaliste TV. Mettre en tête un mouvement qui n’existait pas il y a six mois et sans étiquette politique est inédit et prouve qu’il y a une volonté de renouveau. » Quant à Anne-Sophie Rigault, elle semble une nouvelle fois vouer à jouer les opposantes lors du prochain mandat.

  • [Vaucluse] Les profs remplaçants contre le regroupement

    [Vaucluse] Les profs remplaçants contre le regroupement

    Le soleil pointait tout juste le bout de ses rayons ce vendredi 13 mars qu’une centaine de personnes se sont rassemblées devant la direction académique de Vaucluse. Ils manifestaient à l’appel d’une intersyndicale constituée de l’Unsa, de la CGT Éduc’action, du Snudi FO et de la FSU contre le projet de « départementalisation du remplacement » dans le premier degré.

    Car aujourd’hui, les enseignants remplaçants sont répartis par circonscription. Mais une réforme portée au niveau national souhaite mettre en place en Vaucluse une fusion des titulaires remplaçants (TR), qui interviennent sur des remplacements plutôt courts au sein d’une zone précise et sont rattachés à une école, et des brigades départementales. Ce qui conduit à un remplacement possible dans n’importe quel établissement de Vaucluse à partir de la rentrée de septembre 2026 en l’état. À l’image de Nicolas Jousselme, remplaçant TR. « Je suis dans une zone réduite car souvent, on m’appelle le matin même pour remplacer une absence. Je connais les écoles, les classes, les équipes et c’est bien mieux pour les enfants que si j’arrive dans une ville et un établissement que je ne connais pas », explique-t-il. Et de rajouter « que si on est amené à faire de la distance, on va accumuler de la fatigue, ce qui aura des conséquences sur notre vie personnelle aussi ». « Comment feront les collègues pour aller chercher leurs propres enfants s’ils ont une heure de route ? », s’interroge Tanguy Langlet, secrétaire départemental de Force ouvrière Enseignement. « C’est la souffrance au travail qui augmente. Les gens vont craquer les uns après les autres si on met ce système en place », ajoute Mélanie Saïsse, cosecrétaire à la CGT Éduc’action.

    Plus de postes

    Devant les manifestants, les différents responsables syndicaux ont successivement pris la parole pour évoquer les revendications avant d’aller à la rencontre de la direction académique dans la matinée. Parmi lesquelles le maintien des titulaires remplaçants dans une circonscription précise. « Rien n’oblige réglementairement le directeur académique à ne faire qu’une seule zone de remplacement », assurent les syndicats.

    Mais aussi la création de postes de remplaçants. Car il en manque cruellement sur le territoire, comme dans le reste de la France. Les syndicats estiment qu’en Vaucluse, il manque 50 remplaçants dans le premier degré. « On nous fait croire que cette réforme va résoudre la crise du remplacement. Mais elle vise avant tout à accroître la flexibilité et réaliser des économies budgétaires », assure la CGT Éduc’action. « Elle a déjà été mise en place dans le Gard et ça n’a aucunement résolu les problèmes », insiste Tanguy Langlet. Contactée par La Marseillaise, la direction académique de Vaucluse n’a pas répondu à nos sollicitations.

  • À Avignon, la gauche entend rester papesse en son palais

    À Avignon, la gauche entend rester papesse en son palais

    Depuis les années 80 et la fin de l’époque Henri Duffaut -maire PS de 1958 à 1983-, Avignon aime bien pratiquer l’alternance. Un coup à gauche, un coup à droite avec parfois plusieurs mandats, comme les trois de Marie-Josée Roig (UMP) ou les deux de Cécile Helle, maire PS sortante qui ne se représente pas. Si l’on s’en réfère à l’histoire politique, David Fournier devra déjouer les statistiques. Actuel adjoint (PS) à l’administration municipale, il s’inscrit dans le sillage de Cécile Helle. Mais chaque maire élu pour la première fois a remplacé un maire d’un autre camp politique.

    David Fournier est le dernier rescapé des prétendants internes à la succession de Cécile Helle. Il y a plus d’un an, à la surprise générale, la maire avait annoncé ne pas briguer de 3e mandat, laissant le champ libre aux ambitions de sa majorité. Une très longue séquence, qui s’est décantée il y a un mois lorsque Paul-Roger Gontard s’est retiré de la course. David Fournier a compilé les soutiens de partis (les Écologistes, Génération écologie, l’Après, PRG, Place publique, Parti animaliste). Pourtant pas son favori initial, Cécile Helle a fini par apporter son soutien à David Fournier, acté notamment par sa présence à deux meetings, dont le dernier ce jeudi. « Il incarne la continuité politique mais c’est à David d’écrire la 2e étape de l’histoire », a-t-elle fait valoir. Tout en assumant le bilan, David Fournier promet des pas de côté, misant sur la proximité et une gestion plus concertée et transversale.

    Une autre partie du terrain à gauche est occupée par Mathilde Louvain (LFI), qui a aussi reçu le soutien de partis de la majorité (PCF, Génération.s) ou d’un mouvement citoyen, Avignon collectif. Encore inconnue il y a six mois, cette jeune salariée d’une structure culturelle a su se faire une place dans la campagne, malgré les tensions internes initiales sur sa désignation (son concurrent et insoumis historique Farid Faryssy ayant ensuite rallié David Fournier) et l’impact du drame de Lyon, impliquant des collaborateurs du député Raphaël Arnault (LFI), fort soutien de Mathilde Louvain. Avec un programme « de rupture », elle compte capitaliser sur la mobilisation née des législatives de juin 2024.

    Toutefois, pour que la ville reste à gauche, l’option la plus crédible reste une entente entre les deux listes au second tour. Comme Cécile Helle l’avait fait en 2014 avec le Front de gauche. Ce jeudi en meeting, Mathilde Louvain a posé l’alliance sur la table, récusant tout désistement en cas de seconde place. David Fournier, lui, louvoie à dessein sachant que certains sur sa liste (PRG, Place publique) sont fermement opposés à un tel rapprochement. Notons enfin, la candidature de dernière minute de Stéphane Geslin pour le Parti des travailleurs.

    En face, difficile de dire que la droite est en reconquête tant le cadre classique a évolué. Ni LR, ni Renaissance ne sont officiellement engagés dans la campagne qu’Olivier Galzi a largement préemptée. L’ex-journaliste TV, qui a passé sa jeunesse à Avignon et se retrouve continuellement taxé de parisianisme, s’est lancé, souhaitant mettre « aux vestiaires » les étiquettes politiques mais incarnant la droite locale. En tête d’un dernier sondage serré, il se pose en apôtre du « bon sens ». Il appelle au « vote utile », concurrencé par Stéphan Fiori, lui aussi DVD, un entrepreneur avec des colistiers sans passé politique. S’il dépasse les 10%, il martèle son intention de se maintenir et refuse toute alliance. Enfin, Anne-Sophie Rigault (RN) est la dernière rescapée du scrutin de 2020 où elle était déjà tête de liste. La conseillère régionale, qui a mené un mandat d’opposition de dénigrement permanent, aime à se montrer en reine du quotidien. Preuve d’une absence de totale confiance, le parachutage d’un cadre national du RN avait été envisagé.