Tag: Avignon

  • Grand Avignon : une 4e édition pour Bien Bon

    Grand Avignon : une 4e édition pour Bien Bon

    « Bien Bon, c’est la semaine où le terroir se met
    à table, où les produits locaux se dégustent et où les savoir-faire artisanaux sont mis en lumière, le tout dans une ambiance conviviale et accessible à tous
     », rappelle le Grand Avignon. Cette année, en complément de la programmation qui sera dévoilée en juin, le festival ouvre
    la porte à des événements labellisés « Bien Bon ». Un appel à projets est lancé autour de ces initiatives, qui « devront être innovantes, capables
    de rassembler un large public tout
    en valorisant les savoir-faire locaux
    et le patrimoine culinaire de notre agglomération
     ». Les candidatures doivent être déposées avant le 17 avril. Détail sur grandavignonbienbon.fr

  • À Avignon, Olivier Galzi se prépare à changer de costume

    À Avignon, Olivier Galzi se prépare à changer de costume

    Contrairement à dimanche, le vote prévu ce samedi matin, à l’Hôtel de ville d’Avignon, ne devrait réserver aucune surprise. C’est ce jour-là qu’Olivier Galzi deviendra officiellement maire d’Avignon, lors du conseil municipal d’installation, où les nouveaux élus voteront pour désigner le maire et ses adjoints.

    Depuis ce lundi, le désormais ex-candidat DVD s’attelle à préparer son entrée en mairie et endosser un nouveau costume. « Ma troisième vie », dit-il à Vaucluse Matin, après une carrière de journaliste, notamment sur France 2 comme présentateur du JT, puis de vice-président d’Edeis, société de conseil et ingénierie auprès des collectivités locales.

    « Il a la volonté de bien faire les choses, ne pas se précipiter », indique-t-on dans son entourage au sujet de cette semaine de tuilage au cours de laquelle il doit rencontrer, ce mercredi matin, la maire sortante Cécile Helle, pour une première présentation des rouages municipaux. La construction de son cabinet est aussi en cours, avec un directeur en passe d’être intronisé et qui n’était pas dans son équipe de campagne. Romain Lautier, qui pilotait sa campagne, ne prolongera pas l’aventure.

    Au conseil municipal, Olivier Galzi disposera d’une majorité de 38 élus, qui devront s’engager sur une charte éthique autour de l’intégrité. Doyen des conseillers municipaux et issu de sa liste, l’ex-entraîneur de foot Claude Le Roy, déjà élu lors de la mandature 2001-2008 dans l’opposition de gauche d’alors, sera chargé de présider ce premier conseil municipal. La liste de David Fournier (PS) obtient 10 élus. Il n’est pas exclu que deux groupes de gauche se montent, entre les 6 issus initialement de sa liste et les 4 venus de celle portée par Mathilde Louvain (LFI). Le RN et ses 5 conseillers compléteront le casting.

    Dans son discours d’investiture, Olivier Galzi dévoilera la liste de ses premières décisions, qui tourneront autour de son triptyque sécurité-propreté-circulation. Un audit des finances sera certainement commandé, même si la chambre régionale des comptes rendra bientôt un rapport sur la gestion de la Ville. « La tâche est immense », disait-il, dimanche soir, avec la volonté de « rassembler », aussi bien les équipes municipales – là aussi une priorité de rencontres à venir – que l’opposition, « car les Avignonnais n’ont pas besoin de logique partisane ».

  • Retour du marché des producteurs ce soir à Avignon

    Retour du marché des producteurs ce soir à Avignon

    Ce retour démarre dès ce lundi à Avignon (17h-19h, allées de l’Oulle). Suivront les mardis à Châteauneuf-de-Gadagne (à partir du 31 mars) sur le plateau de Campbeau (17h-19h) ; les mercredis à Pernes (dès le 25 mars), place Mistral (18h-20h) ; les jeudis à Cavaillon (dès le 26 mars), au Grenouillet (16h-18h30) ; les vendredis à Montfavet (dès le 27 mars), place de l’Église (16h30-19h). Le principe reste le même : proposer des produits 100% locaux (fruits, légumes, pain, fromages, œufs, miels..) et 100% en vente directe.

  • À Avignon, Olivier Galzi déloge la gauche de l’hôtel de ville

    À Avignon, Olivier Galzi déloge la gauche de l’hôtel de ville

    « Sunday bloody sunday. » Il est un peu plus de 19h, ce dimanche soir et la sono du pub du centre-ville où la gauche a installé son QG d’un soir recrache le fameux tube de U2. Un titre annonciateur au vu de la tête des quelques militants et responsables de campagne dont les visages fermés tranchent avec ceux entraperçus quelques minutes plus tôt à quelques mètres de là chez Olivier Galzi (DVD). Les premières centaines de bulletins favorables à la droite seront confirmées par l’issue finale : Olivier Galzi remporte la mairie avec 40,62% des voix, une progression de 13 points en une semaine. Il devance la liste de David Fournier (PS, 38,01%) qui avait fusionné lundi dernier avec celle de Mathilde Louvain (LFI). Une alliance qui a fonctionné puisque la gauche en cumulé gagne 400 voix. L’ex-journaliste TV semble avoir profité du net recul de la candidate RN, Anne-Sophie Rigault. Elle passe de 25,52% à 21,37% (-800 voix) malgré une participation en hausse de 4%. Anne-Sophie Rigault perd plus de 10 points par rapport à son score de 2020, passant de 8 à 5 élus au prochain conseil municipal.

    Lors de l’installation du conseil municipal prévu en fin de semaine, Olivier Galzi devrait donc succéder à Cécile Helle, maire (PS), qui ne se représentait pas après deux mandats. Nouveau venu sur la scène politique, entré en campagne en septembre avec la volonté de dépasser les partis, Olivier Galzi aura réussi son pari : « Ce vote est l’expression d’une volonté de changement, du refus des alliances politiciennes et partisanes, placer une liste sans étiquette, sans partis structurés derrière, c’est arrivé nulle part dans la grande histoire politique d’Avignon, un nouveau chapitre s’ouvre », réagit Olivier Galzi, sous les vivats de son QG. Interrogé sur la virulente dernière semaine de campagne, où il a qualifié la fusion PS-LFI « d’alliance de la honte », le futur maire estime qu’il « n’y a pas de fracture à Avignon, nous avons de très bons résultats dans tous les quartiers ». Se sent-il redevable envers l’électorat d’extrême droite ? « Je ne connais pas le pedigree des électeurs qui ont voté pour moi », minore Olivier Galzi promettant d’être « le maire de tous les Avignonnais, même ceux qui n’ont pas voté pour moi ».

    À gauche, les visages sont fermés. Au pub de la place Pie, certains candidats peinent à masquer leurs larmes. D’autres évacuent la défaite en chantant. « C’est un hold-up », fulmine Rémy Blanc (PCF) qui siégera dans l’opposition. Trop tôt encore pour se livrer à une introspection et savoir « pourquoi les quartiers populaires ne se sont pas assez mobilisés, j’espère qu’ils ne seront pas maltraités ». « Sa stratégie de com’ a fonctionné », déplorait-on dans l’équipe de campagne de Mathilde Louvain au sujet d’Olivier Galzi, où chez ce dernier, on se félicitait d’avoir donné le tempo de cet entre-deux tours en cornerisant totalement Anne-Sophie Rigault.

    La gauche sonnée mais prête au combat

    Après une pensée pour « les habitants qui ont perdu, car le projet de M. Galzi va les mettre en difficulté », Mathilde Louvain pointe la campagne très droitière du vainqueur. « Il a dragué l’électorat du centre gauche puis du centre droit avant d’appeler les électeurs RN à voter pour lui, il se révèle être le candidat de la droite extrême », analyse l’insoumise, assurant qu’elle sera « au combat pour porter nos valeurs dans l’opposition ». De son côté, David Fournier est resté dans son local de campagne, pas le cœur à une grande réunion à gauche, mais digne dans la défaite. « Je n’ai pas le droit de flancher pour eux », souffle-t-il en écho aux colistiers et militants. Lui aussi, note « un siphonnage des voix du RN par Olivier Galzi ». « Par rapport à nos 11 000 électeurs, nous avons le devoir de poursuivre notre action et nous serons très attentifs aux urgences sociales et environnementales face au démantèlement programmé des services publics ainsi que dans la lutte contre le clientélisme », prévient l’adjoint au maire sortant.

    Même s’il ne met pas sa défaite sur ce compte-là, David Fournier dénonce « une campagne sale et détestable, où on m’a traité d’antisémite, d’avoir du sang sur les mains, je ne tolérerai aucune illégalité ». Des plaintes pour diffamation devraient être déposées par Mathilde Louvain et David Fournier contre Olivier Galzi. La possibilité d’un recours était aussi envisagée pour infraction au code électoral. Dans la nuit de vendredi à samedi, des panneaux de campagne ont été recouverts avec des affiches « l’extrême gauche tue, PS-LFI complices » et la permanence du député Raphaël Arnault (LFI) a aussi été vandalisée.

  • À Avignon, rassemblée, la gauche peut espérer

    À Avignon, rassemblée, la gauche peut espérer

    La semaine dernière, nous notions que David Fournier devra déjouer les statistiques. Car au cours des quatre dernières décennies, chaque maire nouvellement élu à Avignon était issu d’un bord politique différent du sortant. Ce dimanche, l’actuel adjoint de la maire Cécile Helle (PS) – qui ne se représente pas après deux mandats -, a un fort espoir de faire mentir l’histoire politique. Arrivé 3e au premier tour (19,89%), il a devancé de seulement 234 voix, l’insoumise Mathilde Louvain (19,03%) avec qui il a fusionné sa liste à l’issue d’une nuit blanche d’échanges, lundi matin. Devant, Olivier Galzi (DVD) a fait la course en tête (27,04%), suivi par le RN d’Anne-Sophie Rigault (25,52%). Plus loin derrière, pas en position de se maintenir, Stéphan Fiori (DVD, 7,39%) et Stéphane Geslin (Parti des travailleurs, 1,14%) ont fermé la marche.

    Mais le vrai vainqueur de ce 1er tour reste l’abstention, largement majoritaire (52,34%). Avec de fortes disparités. En centre-ville, là où Olivier Galzi a souvent fait le plein, on atteint par exemple 64% de participation avec 40% des suffrages pour le candidat de droite à l’école Bouquerie. À l’inverse, dans les quartiers populaires, les urnes ont été boudées avec certains bureaux à plus de 70% d’abstention. Comme aux Olivades, où le cumul gauche arrive à 60%. Le regain citoyen attendu sera une des clés d’un scrutin qui s’annonce malgré tout indécis. Dès dimanche, chaque candidat annonçait partir à la quête aux abstentionnistes, réservoir de voix bien plus important que les 7% d’électeurs de Stéphan Fiori et les 310 voix de Stéphane Geslin.

    Alliance « de la honte » vs « justice sociale »

    « Aux urnes citoyens », tel est également le message d’Olivier Galzi qui a paraphrasé et chanté, jeudi soir devant l’Hôtel de ville, l’hymne national. L’ex-journaliste TV a, dans cet entre-deux tours, misé sur un rejet de l’alliance « de la honte » PS-LFI qu’il n’a eu de cesse de dénoncer avec force, caricature et parfois « propos diffamatoires » selon David Fournier et Mathilde Louvain. Côté RN, Anne-Sophie Rigault est restée dans son couloir, renvoyant la gauche et Olivier Galzi, « un Macron local », dos-à-dos.

    À gauche, l’union est apparue comme une évidence tant par l’étiage similaire du 1er tour que par les personnalités non clivantes des deux têtes de listes. « On a fait ce que nous devions faire en tant que leaders responsables, c’est-à-dire l’union des gauches », assume David Fournier qui a reçu l’aval national du PS bien que ce dernier récusait tout accord PS-LFI à l’échelle du pays. Notons déjà qu’en cas de victoire, les 9 élus possibles issus des insoumis ont annoncé vouloir faire un pas de côté en créant un groupe autonome, sans revendiquer de délégations, mais promettant « loyauté » tant que le cap du programme est maintenu. Un projet de « justice sociale » martelé encore toute la semaine.

    Reste à voir comment cette addition se traduira dans les urnes. Bien souvent, arithmétique ne rime pas totalement avec politique. Surtout, comme l’espère Olivier Galzi, si des électeurs du RN préfèrent finalement tabler sur un vote utile à droite en choisissant le candidat le mieux placé pour l’emporter au détriment de leur favorite initiale. Une chose est sûre, « ce dimanche, Avignon sera scruté », conclut Olivier Galzi.

  • Au procès des bébés congelés, la cause des décès fait débat entre experts

    Au procès des bébés congelés, la cause des décès fait débat entre experts

    Les deux nourrissons retrouvés en 2022 dans le congélateur d’Aurélie S. sont-ils décédés accidentellement ? Là est tout l’enjeu des auditions de ce vendredi 20 mars, deuxième jour du procès devant la cour d’assises d’Avignon.

    Car l’accusée assure que l’un d’eux, pour lequel elle a fait un déni de grossesse, était mort-né et que l’autre est décédé suite à une chute dans les escaliers.

    Ont notamment été entendus dans la matinée des médecins qui ont réalisés les expertises médicales. Dans les deux cas, des tests dits de flottaison réalisés sur les poumons des enfants prouvent qu’ils ont respiré après la naissance et que les petites filles étaient donc « viables ».

    Pour le décès du premier-né, surnommé Ange ou X2, les avis des experts médicaux divergent. Celui-ci aurait vécu plusieurs jours. Le Dr Ben Slima estime que les blessures constatées sont imputables à des traumatismes liés à la naissance « sans assistance médicale ». Le Dr Ali Meddeb, lui, estime que la chute décrite par l’accusée ne correspond pas aux blessures. Tandis que le Dr Garnier, qui a réalisé des analyses supplémentaires, estime que les lésions sont dues à des traumatismes ultérieurs à la naissance, possiblement imputables à une chute. L’hypothèse d’une « fausse route » alimentaire est aussi évoquée, du lait maternel ayant été retrouvé dans la trachée, ce qui pourrait être lié à un traumatisme crânien. Mais chacun explique qu’un cerveau de nourrisson est particulièrement fragile et que les années de congélation, puis la décongélation de 48 heures, compliquent les analyses. Des avis divergents pointés par l’avocate de la défense, Charlotte Bres.

    Pour la deuxième, surnommée Allya ou X1, dont le cordon ombilical était encore attaché ainsi que le placenta, cette dernière serait décédée quelques heures après sa naissance et aurait également pu vivre « avec une assistance médicale adéquate », confirment les experts. Un décès qui serait dû « à un accouchement difficile », assure la défense. Si des traces de THC (le principe actif du cannabis) ont été retrouvées chez les deux bébés, dues à une consommation pendant la grossesse, l’analyse toxicologique précise que ce n’est pas compatible avec un décès dû à une intoxication.

    Les autres filles d’Aurélie S. entendus dans l’après-midi, n’ont rien vu venir pour le deuxième enfant. Quant au premier, la mère leur a assuré qu’il avait adopté par « un couple belge ».

  • Grève maintenue à la cuisine centrale d’Avignon malgré des discussions

    Grève maintenue à la cuisine centrale d’Avignon malgré des discussions

    « Ça a chauffé », glisse Etienne Raoul, secrétaire départemental Force ouvrière, en sortant d’une réunion avec des représentants des services de la mairie d’Avignon, des représentants syndicaux et des employés de la cuisine centrale ce jeudi 19 mars. Celle-ci traitait de l’enquête administrative sur une affaire de soupçons de vol de plusieurs centaines de kilos de viande de bœuf au sein même du service par certains employés.

    Et « on reste en grève », confirme un salarié. Un préavis a été déposé jusqu’au 31 mars par les syndicats, à savoir la CGT et FO. Cette enquête a été lancée, d’après plusieurs d’entre eux, en décembre dernier, après un premier signalement en novembre. Des entretiens ont été mis en place avec chaque salarié, à la production comme pour les chauffeurs-livreurs qui amènent les repas dans les cantines des écoles ou encore du CCAS d’Avignon. « Chacun d’entre eux devait en théorie répondre à 17 questions identiques. Mais on s’est rendu compte que c’était faux, avec notamment des questions à charge sur les lanceurs d’alerte et très peu sur le vol en lui-même », explique en sortie de réunion Nicolas Garcia, secrétaire général FO des territoriaux d’Avignon.

    Il ajoute aussi, ce que confirme également Dalida Djoudi, secrétaire CGT des territoriaux avignonnais, qu’il n’a pas été écouté par ceux qui menaient cette enquête. Et ce, alors que tous deux assurent avoir « reçu des aveux écrits » des supposés coupables. Un dossier aurait été déposé par les responsables syndicaux auprès de la procureure d’Avignon pour que la justice se saisisse de l’affaire.

    Quelques minutes plus tard, ce sont les lanceurs d’alerte, chauffeurs-livreurs et employés de production, qui sortent. Ceux-ci regrettent que les négociations « ne vont pas dans le bon sens » et en appellent à la mairie d’Avignon, Cécile Helle (PS).

    « Pas dans le bon sens »

    « On a parlé pour ne pas être accusés et c’est l’inverse qui se passe. C’est une question de dignité. Il faut respecter les agents. Quand on sait que c’est de la nourriture destinée aux enfants, c’est un geste absolument répugnant », clame l’un d’eux. Ceux-ci assurent maintenir un service minimum, notamment en livrant toujours le CCAS. Quelques minutes plus tôt, c’étaient les représentants des services municipaux qui sortaient du bâtiment de production, situé au MIN d’Avignon, sans répondre aux questions des quelques journalistes sur place. « Il faut solliciter les services de communication », balaye l’un d’eux. Contactée par La Marseillaise, la municipalité assure dans un communqiué que « cette enquête, portée par l’Administration, de manière objective et impartiale, va s’achever prochainement. Elle donnera lieu à l’audition des organisations syndicales qui le souhaitent » et que « les conclusions définitives seront présentées au prochain maire puis à l’encadrement de la cuisine centrale, aux organisations syndicales et aux agents de la cuisine centrale ».

  • Sur la Rocade, la gauche veut résister « aux fascistes et réactionnaires »

    Sur la Rocade, la gauche veut résister « aux fascistes et réactionnaires »

    Le tout en musique. Environ 150 personnes étaient présentes autour de David Fournier (PS) et Mathilde Louvain (LFI) qui ont fusionné leurs listes. « À l’heure où certains font le jeu dangereux de la division et de la haine de l’autre, nous avons choisi le rassemblement », prônent les candidats.

  • À Avignon, Galzi joue le front anti gauche

    À Avignon, Galzi joue le front anti gauche

    Au premier tour, on choisit, au second on élimine », lâche, un fin observateur de la vie politique locale ce jeudi soir à Avignon. Et ce quelques minutes après la fin du rassemblement organisé par Olivier Galzi. Là où le candidat DVD, dans son propos, fait tout pour éliminer l’alliance de gauche, scellée lundi soir entre les listes de David Fournier (PS) et Mathilde Louvain (LFI).

    À trois jours du terme de l’élection, l’heure n’est plus à convaincre sur son programme mais à dénigrer les adversaires dont la fusion donne, en théorie, des chances à la gauche de conserver la ville. « Les deux listes ont décidé de mettre leur force en commun pour contrer cet élan populaire », déplore Olivier Galzi, arrivé en tête (27,04%) devant le RN (25,52%) et les listes de gauche à un peu plus de 19% chacune. Si cette fois, le candidat évite de reparler de « sang sur les mains », il garde un ton inquisiteur.

    « David Fournier a vendu notre ville et les idéaux de son parti, ceux de Jaurès et de Blum, qui prônaient l’universalisme, le républicanisme et la laïcité », fustige l’ex-journaliste TV pour qui le PS s’est compromis avec LFI, « un parti qui justifie la violence en politique et en s’alliant avec une candidate extrémiste, soutenue par un député condamné pour violences volontaires en réunion ». En clair, voter David Fournier serait faire entrer le chaos à l’Hôtel de ville. Ce dernier s’est déjà défendu (lire page suivante) : « J’en appelle au sens des responsabilités que ce monsieur se calme un petit peu, parce qu’il va diviser les Avignonnais », réplique David Fournier.

    Alors que LFI en cas de victoire aura un groupe autonome sans délégations, Olivier Galzi prédit que « la moitié de la liste de David Fournier entrerait dès le lendemain en opposition avec lui ». La réalité est plus nuancée car ce groupe ne concernait que les insoumis, soit 9 potentiels élus, les autres étant des partenaires engagés au sein de l’exécutif municipal. Qu’importe, en grossissant le trait et jouant sur les peurs, le candidat DVD espère rallier à sa cause et siphonner une partie de l’électorat RN qui miserait sur un vote utile d’alternance quand bien même Olivier Galzi ne serait pas leur premier choix. « Le prochain maire dont Avignon a besoin, ce n’est pas un maire qui sera la marionnette d’une petite frappe, mais d’un maire qui protège », n’hésite-t-il pas à clamer. Sans fournir de protection aux coups portés à la gauche.

  • [Entretien] David Fournier : « Être maire, c’est protéger et fédérer toute sa population »

    [Entretien] David Fournier : « Être maire, c’est protéger et fédérer toute sa population »

    Arrivé 3e dimanche soir (19,89%) derrière le RN (25,55%) et la droite (27,04%), l’actuel adjoint sortant de Cécile Helle a fusionné sa liste avec celle de l’insoumise Mathilde Louvain (19,03%) permettant d’espérer conserver la ville à gauche. Pour La Marseillaise, il revient sur les conditions de cette alliance et les perspectives d’une éventuelle majorité en précisant des points programmatiques.

    La Marseillaise : Avez-vous été déçu des résultats du 1er tour ? Est-ce une forme de rejet du bilan de la majorité ?

    David Fournier : Je vois le vote en globalité. J’ai une perte de voix dans les quartiers populaires qui ne se sont pas mobilisés comme ils auraient dû l’être. Il y a donc un potentiel à gauche encore très fort car la mobilisation n’a pas été totale. Quant au bilan, je continue à le défendre. Il ne nous a pas desservis puisque la gauche continue à avoir le socle le plus important aujourd’hui. Je suis fier de ce qu’on a pu porter sur un grand nombre de réalisations, toutes les enceintes sportives, ce qu’on a fait dans les écoles, ce qu’on a engagé sur le plan réseau de fraîcheur et de chaleur, sur le renforcement des finances de la ville.

    Pourquoi cette alliance était nécessaire ? On voit bien au plan national que c’est à géométrie variable, cela ne donne-t-il pas l’impression de tambouille auprès des électeurs ?

    D.F. : On a fait ce que nous devions faire en tant que leaders responsables, c’est-à-dire l’union des gauches. Les Avignonnais nous l’ont demandé par les résultats du 1er tour. Pendant toute la campagne, on a toujours été respectueux, nous avons tous les deux [avec Mathilde Louvain] des appétences sociales et on s’est vite retrouvés programmatiquement. Quand Olivier Faure [1er secrétaire national du PS] dit pas d’accord national avec LFI, ça ne veut pas dire « non à un accord local ». Je crois que les Avignonnais ne pensent pas à ces choses. Ils regardent ce qu’on va faire pour leur commune, pas ce qu’il se dit sur la politique nationale.

    Cette union vous vaut d’être accusé de perdre vos valeurs et d’avoir du sang sur les mains par Olivier Galzi (DVD)…

    D.F. : Je fais toutes les campagnes à Avignon depuis 1989. Je n’ai jamais vu un tel niveau de violence, de propos mensongers de la part d’un candidat, voire d’accusations infondées et que j’estime diffamatoires. J’en appelle au sens des responsabilités, que ce monsieur se calme un petit peu, parce qu’il va diviser les Avignonnais. Et quand on brigue la première fonction d’une commune, on doit avoir un rôle protecteur et fédérateur de l’ensemble de sa population. Le costume est trop grand pour lui. Dans la difficulté, il perd les pédales, il ne se maîtrise plus. C’est très dangereux, non seulement pour la commune, mais pour l’ensemble de ses habitants. Quand je parle d’un candidat de droite extrême, il le prouve par ses actes.

    En cas de victoire, LFI aura un groupe autonome, sans délégations. Ne redoutez-vous pas que ça puisse se retourner contre vous ?

    D.F. : C’est vrai que j’ai été assez surpris et même embêté humainement. Sur les 18 élus possibles de leur liste, 9 seraient dans ce groupe et les autres dans le groupe majoritaire. J’en ai longuement discuté avec Mathilde, ils ne veulent pas participer à l’exécutif tout en étant dans une forme de loyauté. Ils s’engagent à voter un certain nombre de choses, sur tous les aspects programmatiques qu’on a élaborés ensemble, y compris la loyauté sur les votes pour les désignations de maire et d’adjoints. Le cap est fixé sur le programme et tant qu’on agira vers ce cap, ils seront en soutien.

    Au-delà de LFI, la majorité sera assez hétéroclite avec certains passifs voire inimités. Est-ce tenable pendant 7 ans ?

    D.F. : Je suis quelqu’un de très ouvert. Mon engagement n’a jamais été conduit pas les ego ni les réactions affectives, mais en fonction des valeurs. Elles sont le socle le plus important pour travailler ensemble. Depuis le début de la campagne, je travaille tous les lundis soir avec toutes les composantes de la liste. On échange ensemble, on évolue. J’ai une volonté de gouvernance partagée. Tous les lundis, je réunirai les adjoints. Tous les 15 jours, avec l’ensemble des élus de la majorité, nous irons sur le terrain à la rencontre des Avignonnais pour rester en contact direct avec eux.

    Sur la question du programme, vous insistez sur la justice sociale avec comme emblème la sécurité sociale de l’alimentation. Qu’est-ce concrètement ?

    D.F. : Je ne cesse de le répéter : 70% de la population est éligible au logement social et le taux de pauvreté atteint 30%. Nous sommes la seule liste en capacité de répondre aux besoins de la population, car ni Olivier Galzi ni Anne-Sophie Rigault (RN) n’en ont parlé dans leur programme, ou alors rajouté à la va-vite. Le constat, c’est qu’un certain nombre d’habitants sont privés de repas de qualité. On y pallie avec les enfants depuis la remunicipalisation des cantines qui a permis de baisser les tarifs : un enfant sur deux mange pour moins d’un euro. Avec des conventions, comme celle de la chambre d’agriculture, on travaille en circuits courts avec des produits de qualité. Le but est, avec aussi le projet d’une nouvelle cuisine centrale, de développer la potentialité de livraison de repas à d’autres populations, comme les étudiants ou les personnes âgées. Les étudiants, même s’il existe le repas à un euro, ils ont à 5 euros près dans le mois donc on se doit de les protéger. L’autre aspect de cette sécurité sociale, concerne l’eau dont on souhaite le retour en régie publique. Avant la privatisation dans les années 80, la régie rapportait un million de francs par an, ce qui a permis d’investir sur les réseaux et infrastructures. Il faut aussi revoir la tarification qui pénalise les grandes familles ou l’hôpital d’Avignon car plus on consomme, plus on paye. C’est une hérésie.

    La gratuité des transports est aussi évoquée. Sous quelles conditions et comment la financer ?

    D.F. : Il faut y aller par étapes en commençant par les moins de 25 ans. Cela donne un impact indirect en pouvoir d’achat. Cela engage aussi en mobilités douces, donc il y aura moins de pollution. L’idée à terme c’est d’avoir la gratuité pour tous les habitants du Grand Avignon. Il faut tenir compte des finances de l’agglomération, où 90 millions d’euros d’investissements n’ont pas été réalisés. On souhaite des marqueurs différents que ce qui existe aujourd’hui.

    Avignon n’a pas les manettes sur l’exécutif de l’agglo. Pourquoi ça changerait alors que quasiment tous les maires sortants du Grand Avignon ont déjà été réélus dimanche ?

    D.F. : On discute déjà avec différents maires, il y a des évolutions dans leurs orientations. Je ne m’engage pas sur le fait qu’Avignon puisse avoir la présidence. Si on vient d’une façon hégémonique, ça ne marchera pas. On construira ensemble à partir du plus petit dénominateur commun, sans rien imposer. Il faut s’écouter les uns les autres, phaser certains projets. Certains dans ma future majorité sont peut-être intéressés mais je n’ai pas de candidat à proposer, je veux d’abord que l’ensemble des élus commencent à discuter, je suis dans l’écoute de toutes les hypothèses. Du moment que les aspects programmatiques qu’on demande sont validés, peu importe la personne qui les mettra en route.

    Quelle est votre vision à 3 mois, 3 ans et 30 ans d’Avignon ?

    D.F. : Vous avez 3 heures devant vous… ? On enclenchera d’abord la nouvelle structuration de l’administration en fonction de l’orientation du programme. Ce ne sera pas une révolution mais il y aura des nouveautés, comme sur la condition animale qui n’existe pas. Ensuite, on mettra rapidement en place les dossiers qui ne nécessitent pas d’appels d’offres. À 3 ans, j’espère que les petits projets seront réalisés et les autres en ordre de bataille. On sait très bien aussi qu’il y aura des choses non prévues qui nous tomberont dessus donc il faut garder des marges de manœuvre. À 30 ans, je souhaite avoir une ville apaisée en termes de mobilités, je rêve d’une ville végétalisée que l’on prend plaisir à regarder et pas que la vue sur palais des Papes mais bien l’ensemble des quartiers. Et où l’eau prend toute son importance, avec des espaces de fraîcheurs.