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  • [Grève dans l’éducation nationale] En Vaucluse, plus de 40 fermetures de classes prévues malgré la fronde

    [Grève dans l’éducation nationale] En Vaucluse, plus de 40 fermetures de classes prévues malgré la fronde

    Les dix représentants syndicaux (quatre de FO, quatre de la FSU et deux de l’Unsa) ont voté contre la nouvelle carte scolaire du premier degré proposée par la direction académique de Vaucluse lors du Comité social d’administration (CSA) qui s’est tenu ce jeudi 2 avril, à Avignon.

    « Il y a plus de 40 fermetures confirmées pour l’instant pour entre 18 et 20 ouvertures et aucun poste de remplaçant. Ça va être très compliqué », regrette Olivier Montel, secrétaire départemental Unsa Éducation, à la sortie du rendez-vous, après plus de trois heures de réunion. Il met notamment en avant des « situations complexes avec des fermetures dans de petites écoles rurales ».

    Manifestation de mamans

    Tanguy Langlet, secrétaire départemental du syndicat Snudi 84-FO, abonde : « On a été assez choqués, car le directeur avait dit qu’il n’allait pas revenir sur les fermetures. Au final, il est revenu sur trois situations, mais c’est largement insuffisant. On voit de larges baisses d’effectifs de partout. Cela découle d’un budget de guerre qui laisse de côté l’éducation. »

    Une nouvelle réunion s’est tenue le soir même en préfecture, cette fois en présence de représentants de l’État et des différentes municipalités concernées. Un autre rendez-vous entre syndicats et direction académique autour de la carte scolaire devrait avoir lieu dans les prochaines semaines.

    Dès 9h ce jeudi, un peu moins d’une centaine de personnes s’étaient rassemblées devant la direction académique de Vaucluse pour s’insurger contre les fermetures ou réclamer des ouvertures de classes. Les parents d’élèves, majoritairement des mamans, ont fait entendre leur voix avec des chants en soutien à plusieurs écoles du secteur, comme Saint-Roch ou Mistral à Avignon, ou encore Jean-Moulin à Saint-Saturnin. « On vit très mal cette situation. 30 élèves par classe, ce n’est pas possible, surtout en maternelle où ils apprennent les bases », regrette Samia Mohammed, mère d’une élève en petite section maternelle, à Saint-Roch. « Il y a une deuxième fermeture en deux ans chez nous. On est dans un quartier où la maîtrise du langage est compliquée, donc ces suppressions pénalisent les enfants. On aimerait être en REP+, mais ce n’est pas accepté », abonde une maîtresse de l’établissement. « On a rencontré un représentant de la mairie, lundi, et il a dit qu’il allait voir le directeur académique. Monsieur le maire, où êtes-vous et où sont vos promesses ? », lance une parent d’élève.

    Sur place, les élus d’opposition Mathilde Louvain (LFI) et Oukacha Rtili (LFI) étaient présents. « L’école est le premier service public. En tant qu’élus, il faut être dans le rapport de force contre les fermetures », lance l’ex-tête de liste des Insoumis aux municipales. « Le point essentiel, c’est de former la jeunesse pour avoir de nouvelles générations d’ingénieurs. Mais on augmente dans le même temps le budget pour la guerre », ajoute Oukacha Rtili.

    Un nouveau rassemblement est déjà évoqué par FO pour le mercredi 8 avril à 14h30 devant la préfecture de Vaucluse.

  • Une journée pour changer les regards sur l’autisme

    Une journée pour changer les regards sur l’autisme

    Trouble du neurodéveloppement qui concerne près de 700 000 personnes en France, dont 100 000 de moins de 20 ans selon l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), l’autisme est mis en lumière chaque 2 avril. Une résolution des Nations unies, adoptée en 2007, a instauré cette Journée mondiale de sensibilisation.

    Comme chaque année, le Département du Vaucluse organise, à cette occasion et en partenariat avec la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH), un moment de rencontres et d’informations. Familles aidantes, professionnels, mais aussi toute personne intéressée sont invités à assister gratuitement à une après-midi de conférences dans la salle polyvalente de Montfavet, à Avignon, à partir de 13h30.

    « Cette année, on a choisi le thème des écrans, souvent très utilisés par les personnes atteintes d’un trouble du spectre de l’autisme [TSA, Ndlr], détaille Isabelle Dugaret, chargée de mission sensibilisation au handicap à la MDPH du Vaucluse. L’idée est de réfléchir à la façon dont on s’en sert, car ils peuvent constituer un outil très intéressant, en particulier pour les personnes discommunicantes. »

    Autisme et écran

    Pour nourrir cette réflexion, David Da Fonseca, professeur des universités et psychiatre de l’enfant et de l’adolescent à l’Hôpital Salvator de Marseille, interviendra durant une heure sur « la relation complexe entre TSA et écran ». « Il y a beaucoup de stéréotypes ou d’idées reçues qui circulent et qui disent, par exemple, que les écrans génèrent l’autisme. C’est du grand n’importe quoi, s’indigne le praticien. Ce qu’il se passe, en réalité, c’est que les enfants TSA sont plus attirés par les écrans que les autres. Le monde réel est compliqué pour eux, il y a trop d’informations à traiter, de choses imprévisibles. Avec les écrans, ils savent à quoi s’en tenir. »

    Le psychiatre est formel : tout est une question de dose. Selon lui, l’outil n’est pas à diaboliser et peut même représenter une source de développement chez l’enfant. « Il existe plein de trucs très sérieux, qui les améliorent au niveau des apprentissages, au niveau des habiletés sociales. Il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain, poursuit-il. Beaucoup jouent également aux jeux vidéo, parfois en ligne, ce qui leur permet de créer du lien social. Sans compter les programmes qui peuvent leur permettre d’améliorer leur langage ou leur communication. » Ce ne sont donc pas les écrans en eux-mêmes qu’il faut redouter, mais plutôt le contenu et le temps passé dessus. Pour éviter les dérives, le psychiatre recommande la méthode des « quatre pas » : pas le matin, pas pendant le repas, pas avant de s’endormir, pas dans la chambre.

    Témoignages

    L’après-midi conférence sera rythmée par les témoignages de trois personnes concernées par un TSA, illustrant les impacts du trouble à différents âges de la jeunesse. Les deux premières interventions seront assurées par les familles d’enfants concernés, respectivement âgés de 5 et 10 ans. Le troisième intervenant racontera sa propre expérience « après une longue préparation, souvent nécessaire pour les gens ayant un TSA », soulève Isabelle Dugaret.

    Plusieurs associations seront présentes pour échanger avec le public. Parmi elles : TEDAI 84, l’association La Bourguette, le centre hospitalier de Montfavet, l’association Le Pas, le Centre ressources autisme CRA Paca, l’Institut Saint-Ange, le Pôle d’appui ressources pour l’inclusion handicap (Parih), l’Institut l’Alizarine, Epsa et l’association AVA.

    Cinq plans pour l’autisme

    La stratégie nationale 2023-2027 pour le neurodéveloppement, annoncée en 2022 par le gouvernement lors du Comité interministériel du handicap (CIH), constitue la cinquième étape de l’amélioration de l’accompagnement des personnes autistes en France. Après quatre « plans autisme » mis en œuvre entre 2005 et 2022, l’état a promis, dans sa projection rendue publique en octobre 2022, de mobiliser 680 millions d’euros pour répondre aux différents enjeux, cette fois en englobant l’ensemble des troubles du neurodéveloppement (TDN).

    Ils témoignent de leur quotidien

    « Le diagnostic exclut les femmes » Ellie Fabre, agente d’Ehpad en recherche d’emploi à Martigues

    Une personne autiste sur cinq est une femme, dans le monde, et Ellie Fabre considère en faire partie, dans la mesure où « plusieurs psychiatres et psychologues ont posé le terme, mais ont aussi eu difficulté à faire la différence avec le trouble borderline, ou à conjuguer les deux », retrace la jeune martégale.

    Le problème, selon elle, vient du « diagnostic, plus compliqué pour les femmes », notamment au regard des méthodes et questionnaires souvent pointés comme trop genrés. « On me fait comprendre qu’il y a des comportements qui sont normaux et d’autres non, mais qu’au fond, je suis surtout une femme avec d’autres troubles psychologiques », explique-t-elle. Il s’agit donc d’une question d’identité. « Me coller cette étiquette, comme on dit, me permet de travailler et de mieux me comprendre ».

    Comme une piste de départ pour démarrer son enquête sur soi.

    « Une question d’adaptation » Mathieu Perfetti, conseiller municipal à Port-de-Bouc

    Ce passionné de lumières de Noël a été diagnostiqué autiste dans le cadre scolaire en 2005. Ce technicien de labo en gravimétrie de métier a pu bénéficier d’un tiers-temps supplémentaire, durant ses études, ainsi que de la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH).

    « Ce qui est bizarre, c’est que je ne comprends pas certaines choses considérées comme faciles, alors que je comprends bien d’autres sujets compliqués », résume simplement le conseiller municipal délégué au développement durable. « C’est Laurent Belsola qui m’a proposé d’être sur sa liste, indique-t-il. J’y serais jamais allé autrement. » Ses passions dévorantes pour les décorations de Noël et pour le jardinage y sont pour quelque chose. « Être élu est possible pour les autistes, tout est question d’adaptation et de volonté », affirme l’élu, tout en estimant qu’« il faut plus de représentation » dans le champ politique.

    « Notre intérêt est à gauche » Félix Démaret, assistant social en formation à Marseille

    L’absence de diagnostic ne pose pas tant de problèmes de « légitimité » à cet étudiant en travail social, qui estime faire partie des nombreux autistes non diagnostiqués. « Quand je vois mon père autiste et mon expérience de vie assez compliquée, avec une dépression chronique, je crois que l’autisme explique beaucoup de choses », développe-t-il. Trop cher, trop long, trop difficile à organiser en raison « d’un emploi du temps catastrophique et d’instabilité dans la vie », l’étudiant « arrive à gérer » sans diagnostic formel, mais reconnaît la difficulté de l’absence d’aménagements. « Si les gens pouvaient être un peu plus clairs dans leur expression et si j’avais un peu plus de temps pour rendre mes devoirs en formation ça serait un plus. »

    Militant communiste, il défend « l’intérêt de l’engagement à gauche des autistes, majoritairement prolétaires, pour une société réellement plus inclusive ».

    « Nous sommes invisibilisés » Jimmy Béhague, philosophe, militant associatif à Vitrolles

    L’ancien président de l’association La Neurodiversité France relève de nombreux écueils à l’expression des autistes. « L’oreille de la société est tournée vers les parents, les responsables associatifs neurotypiques [non autistes, Ndlr] et pas les premiers concernés », observe-t-il. Il note très peu de militants sur la totalité des autistes en France, dépeinte comme « une majorité silencieuse par contrainte ».

    Une source de « clivage philosophique » dans la communauté. « Certains pensent qu’il faut représenter les autistes non oralisants pour leur bien, ce que je trouve infantilisant. Je préfère représenter des idées que des personnes », élabore-t-il. L’un des obstacles majeurs serait que « l’autisme est une définition mouvante, encore très médicalisée », comme le furent selon lui d’autres minorités sociales. « Les racisés et les lesbiennes, gays, bi, transgenre [LGBT+, Ndlr] ne sont plus considérés comme malades. Ce n’est pas encore complètement notre cas. »

    Antonin Maja

    CHIFFRES

    1%

    C’est la part de population que représentent les personnes atteintes de troubles du spectre autistique. En France, 100 000 ont moins de 20 ans.

    3 à 4 fois

    L’autisme est 3 à 4 fois plus représenté chez les hommes que chez les femmes. Les femmes seraient largement sous-diagnostiquées, notamment du fait d’une plus grande capacité d’adaptation.

    680

    C’est le montant, en millions d’euros, que prévoit d’investir l’état entre 2023-2027 pour améliorer les réponses fournies aux personnes atteintes d’un trouble du neurodéveloppement.

  • À Avignon, le bar antifasciste « Chez Louise » va ouvrir le samedi 11 avril

    À Avignon, le bar antifasciste « Chez Louise » va ouvrir le samedi 11 avril

    Dans la rue de l’Oriflamme, à Avignon, aucune devanture ni grande porte ne laisse présager l’ouverture prochaine d’un lieu festif dans moins de deux semaines. Pourtant, c’est bien là que doit ouvrir, le samedi 11 avril prochain, le bar antifasciste « Chez Louise ».

    Un moment « très attendu par le milieu militant », se réjouit Claudine, membre du collectif No Pasaran à l’origine du projet. Le lieu sera, dans un premier temps, ouvert uniquement les vendredis et samedis soir « car nous fonctionnons sur la base du volontariat et nous allons voir ce que cela donne au niveau du planning des bénévoles », poursuit-elle.

    Un projet rendu possible grâce à une cagnotte en ligne ayant permis de récolter pas moins de 20 000 euros. Cette somme a notamment servi à installer un comptoir, une tireuse à bière, un évier, mais aussi une bibliothèque, grâce à un partenariat noué avec la librairie avignonnaise Youpi.

    Une discrétion qui n’est pas due au hasard. « On l’a un peu fait exprès », glisse Claudine. Car la crainte de visites peu amicales de membres de groupuscules d’extrême droite n’est pas à écartée. « Il y a des comportements que nous n’accepterons pas, dont la violence évidemment. Nous mettons l’accent sur la sécurité », insiste la membre du collectif. Une adhésion sera ainsi nécessaire pour consommer.

    Ces dernières années, de nombreux locaux d’organisations syndicales ou d’associations ont été tagués de croix celtiques, de croix gammées et d’autres symboles liés à l’extrême droite. Du côté de la préfecture et de la municipalité, aucune crainte particulière n’est évoquée concernant ce nouveau lieu.

  • [Grève dans l’éducation nationale] À Avignon, « On veut que le gouvernement assume »

    [Grève dans l’éducation nationale] À Avignon, « On veut que le gouvernement assume »

    « On nous avance sans arrêt le prétexte de la baisse démographique. Mais, en réalité, l’austérité vise l’Éducation nationale. La situation ne cesse de se dégrader », lâche Sylvain Bartet, secrétaire départemental de la FSU en Vaucluse, ce mardi 31 mars, en amont d’un rassemblement devant la direction académique de Vaucluse, à Avignon.

    Une cinquantaine de manifestants ont bravé le mistral pour répondre à l’appel national d’une intersyndicale « pour plus de moyens dans l’éducation ». À Avignon, étaient présents des membres de la FSU, de la CGT, de Solidaires et de l’Unsa. « Nous dénonçons des choix politiques, budgétaires d’abord, synonymes de dégradations des conditions de travail, de poursuite du déclassement salarial de nos professions et d’abandon des ambitions émancipatrices du service public », appuie Sylvain Barthet.

    Le bateau coule

    Dans le premier degré, 46 fermetures de classes et 13 suppressions de postes sont envisagées dans le département. Pour le second degré, un comité social d’administration (CSA) est prévu, ce jeudi 2 avril, à la direction académique de Vaucluse. Le syndicat Force ouvrière a annoncé la tenue d’une manifestation en amont de cette réunion. « On voit le bateau couler d’année en année », ajoute Xavier Cerna, co-secrétaire CGT Éduc’action 84 et enseignant au lycée de l’Arc, à Orange. Les deux responsables syndicaux insistent sur le fait que la baisse démographique, argument utilisé par la direction académique pour justifier les fermetures de classes et les suppressions de postes d’enseignants, « devrait permettre un enseignement de meilleure qualité ». « Il y a dix ans, j’avais 22 élèves par classe. J’en ai aujourd’hui plus de 30 et ça devient très compliqué », illustre le représentant de la CGT. « La départementalisation des remplaçants n’amène rien de bon et ne résoudra aucun problème », ajoute Mélanie Saïsse, autre co-secrétaire du syndicat. « On veut que le gouvernement assume qu’il s’agit de choix politiques, et qu’il privilégie, par exemple, l’armée plutôt que l’éducation », conclut Xavier Cerna.

  • Au Grand Avignon, vers un duel Guin-Galzi pour la présidence

    Au Grand Avignon, vers un duel Guin-Galzi pour la présidence

    À une semaine de l’élection du président du Grand Avignon, la seule certitude qui se dessine, c’est que son nom commencera par G et tiendra en 4 ou 5 lettres. Les 73 nouveaux élus communautaires ont rendez-vous le mercredi 8 avril (9h30) pour désigner un successeur à Joël Guin, président sortant. Le maire (DVD) de Vedène, après avoir annoncé qu’il ne se représenterait pas, pourrait toutefois concourir à nouveau. Il s’opposerait alors à Olivier Galzi, nouveau maire (DVD) d’Avignon, qui rêve d’un doublé et, depuis une semaine, y consacre une majeure partie de son temps.

    Au sein des 16 communes, le panorama issu des municipales est quasiment inchangé, à l’exception notable d’Avignon, ville-centre, passé de gauche à droite. Les 12 maires qui se représentaient ont tous été réélus. À Saint-Saturnin, Entraigues et Jonquerettes, les édiles ayant passé la main ont été remplacés par des élus issus de leur majorité. Avec 11 élus, le RN reste stable et peut s’afficher en point d’appui, quand la gauche est, forcément, en net repli. En dehors des maires d’Entraigues (William Bouquet), de Sauveterre (Jacques Demanse) et de Velleron (Philippe Armengol), probablement amenés à rester dans l’exécutif avec des vice-présidences, la gauche avignonnaise compte 7 élus.

    « Ce sera serré »,

    RN et gauche en arbitres

    Le Grand Avignon dispose d’une majorité divers droite. Qui pour l’incarner ? Un temps évoquée, l’hypothèse Pascale Bories, maire (LR) de Villeneuve-lès-Avignon, a été écartée, jeudi dernier, par l’intéressée. « Je fais l’objet de rumeurs et d’interrogations au sujet d’une éventuelle intention de me présenter à la présidence du Grand Avignon. Je suis honorée, cependant, je ne suis pas candidate », a-t-elle clarifié sans afficher de préférence. Parmi les maires, seul Paul Mély (Les Angles) s’est déjà positionné en faveur de son homologue avignonnais. On se dirige donc vers un duel entre Olivier Galzi et Joël Guin. Les deux hommes se sont rencontrés il y a une semaine. « Ça s’est très bien passé », nous confiait Olivier Galzi dans une litote. La présence de Joël Guin au dernier meeting de campagne du 1er tour de David Fournier (PS), à Avignon, étant loin d’être passée inaperçue. Le sujet a pu être abordé entre les candidats putatifs, sans que l’abcès ne soit vraiment crevé.

    S’il n’est pas officiellement candidat, Joël Guin y réfléchit sérieusement. Il a reçu les maires sortants et d’autres échanges sont encore prévus d’ici à la fin de semaine. Sollicité, son entourage n’a pas donné suite quant au cheminement actuel de sa candidature. « S’il y va, ce sera très serré », prédit Philippe Armengol. Un temps sondé pour la présidence, le maire de Velleron a décliné. « Cela ne m’a pas laissé insensible, mais je ne me présenterai pas », soutient-il, assurant ne pas avoir arrêté son choix de vote. « En tant que vice-président à la transition écologique, j’ai eu des services compétents et un soutien continu logistique et financier pour Velleron, mais il y a du boulot sur les projets structurants », décrit Philippe Armengol, se refusant à opposer ville-centre et reste de l’agglo.

    Vice-président sortant, Jean-Firmin Bardisa (DVD) avait accédé à l’exécutif grâce à un rejet du maire (RN) du Pontet, Joris Hébrard. Toujours élu d’opposition, Jean-Firmin Bardisa compte bien se représenter à la vice-présidence, mais n’a eu « aucun contact » avec Joël Guin ou Olivier Galzi. Même schéma pour Annick Dubois (PS), vice-présidente, battue à Morières par le maire (RN) sortant, Grégoire Souque. « Je compte me représenter », glisse-t-elle. En ce sens, l’extrême droite pourrait jouer les faiseurs de rois. Soutiens de Joël Guin au début du mandat, ses élus sont devenus progressivement ses opposants (gestion du délégataire des déchets, affaire Tecelys) à mesure que la gauche avignonnaise se rapprochait du président pour finir par voter les derniers budgets.

    « Je ne pense pas qu’on présentera un candidat », fait part Mouloud Rezouali, élu Écologiste d’Avignon. Son vote pourrait échoir au candidat opposé à Olivier Galzi si le RN soutient le maire d’Avignon. « On jouerait les arbitres, je suis préoccupé par une éventuelle alliance des droites, Olivier Galzi a déjà fait appel aux électeurs RN, là, s’il s’allie aux élus, ce serait gravissime », prévient-il. Olivier Galzi tente de rallier à sa cause les maires, « sans hégémonie » avec un discours de « respect, de parité et de solidarité, quelle que soit leur couleur politique ». S’il y parvient, il pourra se dispenser des voix du RN. Sinon…

  • La mobilité des Avignonnais, défi majeur pour les acteurs locaux

    La mobilité des Avignonnais, défi majeur pour les acteurs locaux

    Ce jeudi 26 mars, il n’y avait pas que des étudiants et des enseignants à l’université d’Avignon. Car se tenait dans les locaux de l’établissement la 4e édition du Forum de la mobilité, organisé en partenariat avec France Travail.

    Un sujet majeur dans le département. Car en dehors des grandes communes, Avignon en tête, l’accès aux transports en commun est difficile et de nombreux foyers n’ont pas de voiture. « D’après des études, 30% des personnes ont abandonné une opportunité professionnelle car il y avait un problème de mobilité pour s’y rendre. Aujourd’hui est l’occasion de montrer qu’il y a des accompagnements et des aides pour que ce ne soit plus le cas », explique Sophia Kantach, conseillère France Travail. « Et cela concerne tout le monde. Il faut enlever ces freins », abonde sa collègue à France Travail, Solange El Kasser.

    La coopération avec l’université ne doit rien au hasard : l’établissement rencontre lui-même des problématiques liées aux déplacements. « On s’est rendu compte que 50% de notre bilan carbone vient des déplacements. On cherche à éloigner le plus possible les étudiants et salariés de la voiture individuelle », précise Stéphane Sammartino, enseignant-chercheur et chargé de mission sur la mobilité à Avignon Université. Différentes pistes sont étudiées sur les deux campus, dont celui de l’Agroparc, situé à quelques kilomètres. Parmi les projets : des casiers pour laisser des affaires sur place et ainsi favoriser l’usage du vélo.

    Étoile ferroviaire

    La mobilité était également un des grands thèmes des dernières élections municipales en Cité des papes. Avec le plan Faubourg qui a notamment été vivement critiqué. Ou encore la gratuité des transports en commun, sujet notamment porté par les candidats de gauche et, depuis plusieurs années, par les élus écologistes. Les adeptes du vélo, comme Marie-Lise, bénévole pour l’association Roulons à Vélo, se réjouissent « d’un bel effort » sur le développement des pistes cyclables, ces dernières années. Un travail de collaboration entre la municipalité et l’université qui devrait se poursuivre. « C’est un partenariat de longue date. L’université est un vecteur d’attractivité avec 10 000 étudiants sur le territoire. Ce qui oblige à travailler sur la mobilité de ces personnes et à les accompagner, car c’est un sujet complexe. De montrer qu’Avignon est une ville où il est facile de bien vivre », pointe Olivier Marquet, directeur de la mobilité à la Ville d’Avignon.

    Des améliorations sont à attendre, notamment avec le développement du projet de RER métropolitain, dans lequel la Ville d’Avignon était jusqu’ici pleinement mobilisée. La poursuite de cet engagement n’est cependant pas assurée avec la nouvelle mandature. Le dossier final doit être déposé auprès des services de l’État en cette fin d’année 2026. Ce Serm, pour Services express régionaux métropolitains, devrait également desservir le Gard et le nord des Bouches-du-Rhône. Des études ont été lancées par plusieurs collectivités pour un total de 1 million d’euros. L’État en porte la moitié, le reste étant partagé par la Région (200 000 euros), le Grand Avignon (110 000), la Ville d’Avignon (50 000) et, de manière moindre, par les Départements de Vaucluse et du Gard, ainsi que les intercommunalités de Carpentras, Luberon Monts de Vaucluse, Sorgues du Comtat, Pays des Sorgues et Monts de Vaucluse et Terres de Provence – au nord des Bouches-du-Rhône.

  • La CGT juge « inacceptable » la gestion de la politique sociale

    La CGT juge « inacceptable » la gestion de la politique sociale

    Depuis plusieurs séances plénières, la CGT a désormais pris l’habitude d’organiser un rassemblement devant l’entrée de l’hôtel du Département. Ce lundi, deux pans majeurs de la politique sociale étaient visés : la gestion du RSA et les délais d’attente à la MDPH (maison départementale des personnes handicapées, lire aussi notre édition du 17 février). « Des dossiers s’accumulent, parfois jusqu’à 8 mois d’attente », s’irrite Amandine Laugier, secrétaire CGT des personnels du Département, faisant redouter que la MDPH « devienne un service qui fabrique de l’exclusion ». Le syndicat réclame « des renforts pérennes ». Une préoccupation relayée dans l’hémicycle par Rémy Blanc (PCF) à laquelle a répondu Suzanne Bouchet, vice-présidente, en charge des solidarités et du handicap. « La numérisation des dossiers fait qu’on a pris de retard mais in fine on gagnera du temps, justifie l’élue. On a embauché des contractuels, tout n’est pas encore résorbé mais énormément de progrès ont été faits. »

    Le sujet du RSA (notre édition de lundi) n’a en revanche pas été abordé dans l’hémicycle. Interrogée à l’issue de la séance, Dominique Santoni, reste droite dans ses bottes : « On ne peut pas être contre le fait de remettre des gens au travail, tout ne peut pas être blanc ou noir mais des ajustements ont été faits », défend la présidente sur ce sujet au long cours. D’ici à cet été, la collectivité prévoit une large communication dessus. En attendant, « la situation est inacceptable », selon Amandine Laugier qui relève une « multiplication de décisions arbitraires ». « J’ai été contrôlée 14 fois en un an et demi », n’en revient pas Nina *, 46 ans, qui a depuis retrouvé un travail mais a été confrontée à une suspension indue de droits.

    * Le prénom a été modifié

  • Dominique Santoni refait l’âpre match des municipales

    Dominique Santoni refait l’âpre match des municipales

    Le parfum des municipales flottait, ce lundi matin, dans l’hémicycle départemental. Comme indiqué dans notre édition de lundi, seuls 7 conseillers départementaux sur 34 n’étaient pas concernés par le scrutin des 15 et 22 mars. La plupart avaient sûrement encore la tête à cette élection ayant plongé les élus dans la torpeur, tant la séance et ses 36 rapports techniques n’ont donné lieu à aucun débat, s’achevant en 50 minutes.

    Sur les 151 maires vauclusiens, 9 d’entre eux siègent au Département, dont 4 nouveaux. Après les « félicitations » de rigueur adressées aux nouveaux élus, Dominique Santoni a tenu à refaire le match du scrutin dans un propos liminaire. Non sur un pur plan de recomposition politique, mais sur le climat de ces élections. La présidente, elle-même réélue à Apt et nommée adjointe, n’a pas du tout vécu une campagne sereine, le dénonçant avec force dans une vidéo la veille du premier tour. « Le débat local, jusqu’ici relativement épargné, devient un ring à ciel ouvert : la confrontation des idées a laissé place à des tensions, des attaques personnelles ou des formes de radicalisation », déplore-t-elle.

    Ce serait ainsi la conséquence « du spectacle affligeant du débat national », où « tout se confond dans une confiscation du débat local » alors que ce qui doit primer est « la compétence du maire, ses projets pour sa commune ». Et de citer en exemple « des SMS qui arrivent sur les téléphones des électeurs, leur expliquant que la victoire à la présidentielle passe par la victoire de leur candidat aux municipales en 2026, conditionnant ainsi le choix de leur maire à des enjeux nationaux ou idéologiques ».

    Sans l’évoquer nommément, Dominique Santoni considère l’alliance PS-LFI à Avignon au second tour comme une « schizophrénie électorale ». Interrogée post séance, Dominique Santoni parle d’un climat « totalement délétère, je n’avais jamais connu ça ». Un peu comme David Fournier, candidat PS, à Avignon battu par Olivier Galzi (DVD). « Il incarne un renouveau », salue-t-elle à propos de ce dernier, tout en se gardant bien de répondre si le nouveau maire a participé à cette lourde ambiance.

    Les « actes » plutôt que « les cris » pour avancer

    Depuis sa fragile élection à la présidence du Département en 2021, Dominique Santoni s’évertue à ne surtout pas polariser le débat au national, hormis pour dénoncer les affres de l’État, et mettre en avant les institutions locales comme des « pôles de stabilité ». « Avec mes collègues de la majorité départementale, nous assumons une ligne claire : rassembler plutôt que diviser, agir plutôt que commenter », martèle-t-elle. L’ex-maire d’Apt exhorte les élus locaux à désormais « avancer, apaiser, recréer du lien car à la fin, ce ne sont pas les cris qui font avancer un territoire…ce sont les actes », conclut-elle, sans que personne ne rebondisse dans l’assemblée. Au global, les municipales ont vu un maintien de la droite – parfois d’un cheveu à Apt et Cavaillon –, un effondrement de la gauche et une progression du RN. Y voit-elle des enseignements en vue des départementales de 2028 ? « Pas encore, mais nous allons nous y mettre », évacue-t-elle, alors que l’extrême droite, qui n’a encore jamais dirigé de département, rêve de Vaucluse.

  • Les livreurs de la cuisine centrale d’Avignon reprennent le travail

    Les livreurs de la cuisine centrale d’Avignon reprennent le travail

    La situation est revenue à la normale dans les cantines scolaires d’Avignon depuis ce lundi 30 mars. Les chauffeurs‑livreurs, en grève depuis le jeudi 13 mars, ont repris le travail, au moins temporairement.

    « Ils ont repris le travail aujourd’hui pour permettre à la nouvelle mandature de s’installer, de donner une chance de régler la situation », précise ainsi Dalila Djoudi, secrétaire CGT des territoriaux. Avec une date limite pour régler le conflit fixée au dimanche 12 avril. En attendant, les repas seront bien livrés dans les 36 écoles primaires et les CCAS de la Cité des papes.

    Reprendre l’enquête

    Les revendications syndicales portent toujours sur les suites données à une enquête administrative visant des vols de plusieurs dizaines, voire centaines, de kilos de viande destinés aux cantines. « Nous allons poursuivre et intensifier nos démarches auprès de cette nouvelle équipe, avec une exigence claire : que ce dossier soit enfin traité avec sérieux, rigueur et impartialité. Il n’est plus question de tergiverser, ni de reproduire les erreurs passées », pointent les syndicats, dans un communiqué de presse commun. Ils dénoncent également l’agression d’un chauffeur-livreur par un parent d’élève de la cantine de l’école Camille-Claudel à Montfavet, le mercredi 25 mars. « Les parents qui soutiennent le mouvement de grève expriment aujourd’hui une lassitude profonde face à une administration qui se contente de discours sans jamais passer à l’action concrète », abondent la CGT et FO, qui chargent les élus de la précédente mandature. Une rencontre avec la nouvelle équipe municipale est en cours d’organisation.

  • À Avignon, Olivier Galzi élu maire lors d’une séance qui solde la campagne

    À Avignon, Olivier Galzi élu maire lors d’une séance qui solde la campagne

    Ceint de son écharpe tricolore, Olivier Galzi sent « un poids immense », partagé entre « responsabilité et humilité » au moment de s’asseoir dans le fauteuil de maire, ce samedi midi. Sans surprise, l’ex-candidat DVD a été élu premier magistrat avec 36 voix, contre 5 pour Anne-Sophie Rigault (RN), 10 blancs -la gauche n’avait pas présenté de candidat- et 2 nuls. En attendant, dès ce lundi, de se plonger dans les finances et lancer « immédiatement un audit », Olivier Galzi a souhaité tourner la page de la campagne.

    Rappelant son triptyque de priorités, sécurité-propreté-circulation, Olivier Galzi fait déjà peser un air de « rigueur » sur la dépense publique, même si ses adjoints sont augmentés (lire ci-contre). « Nous sortons d’une séquence éprouvante. Le bruit et la fureur que certains appellent de leurs vœux au niveau national ont été rejetés par les Avignonnais. La campagne est terminée, place à la ville », veut-il avancer, remerciant « Cécile Helle [maire sortante] pour son attitude républicaine exemplaire ». « J’espère que l’opposition saura s’en inspirer. Je lui tends la main pour participer, dans la sérénité, à l’œuvre de redressement », poursuit-il.

    Mais il faudra plus que cette tonalité de promesses pour tisser une relation de confiance dans l’assemblée. Car l’opposition de gauche avait besoin de faire un solde de tout compte de cette campagne. S’il « félicite » Olivier Galzi, David Fournier (PS), arrivé second, tient à « revenir sur cette campagne qui a été rude, inélégante et diffamatoire », estime-t-il, sous quelques huées de l’assistance. Accusation de sang sur les mains, d’être antisémite, photo sur les réseaux sociaux d’un homme urinant sur son affiche, maison dégradée par deux fois… David Fournier se livre à un exercice cathartique. L’ex-adjoint évoque aussi son triptyque, solidarité-services publics-écologie. « Nous
    serons vigilants à la place
    que vous accorderez aux 11
     000 Avignonnais qui ont soutenu Ensemble et solidaires », prévient-il.

    « Porosité et vote utile »

    Mathilde Louvain (LFI), dont la liste avait fusionné avec celle de David Fournier, est déjà entrée de plain-pied dans le mandat. « Comptez sur notre attention permanente et nos valeurs humanistes », assure-t-elle, « heureuse d’avoir entendu que vous tourniez la page de la division ». Et d’inciter fortement Olivier Galzi « à s’engager dans le combat pour défendre les écoles publiques où une dizaine de classes sont menacées de fermeture ». Mouloud Rezouali (les Écologistes) a remis sur le métier sa marotte de la gratuité des transports et dénonce « la porosité avec un grave transfert de suffrages » lors du second tour.

    Allusion à la très forte progression de voix d’Olivier Galzi quand l’extrême droite en perdait 800. Si le nouveau maire parle « probablement de beaucoup d’électeurs socialistes », Anne-Sophie Rigault (RN) dément. « Vous avez été élu par un vote utile, pas d’adhésion qui vous appelle à la plus grande humilité », met en garde celle qui entame un 3e mandat d’opposante.

    Bien plus douce qu’à l’accoutumée, Anne-Sophie Rigault s’attribue une partie de la victoire, reprenant à son compte le terme « d’alliance de la honte [LFI-PS] » brandi par Olivier Galzi dans l’entre-deux tours. « Avignon a échappé au pire, vous avez identifié les mêmes priorités que nous depuis longtemps », remercie presque l’élue RN. Ce qui fait dire à un élu de gauche à l’issue de la séance : « Anne-Sophie Rigault s’est installée en 2e majorité. »

    L’indemnité des élus fait tiquer la gauche

    Ultime délibération, la fixation des indemnités des élus a fait tiquer Fabrice Tocabens (PS), ex-adjoint de la majorité précédente. « Certains adjoints ont une augmentation de 35%, même si vous baissez de 14% votre indemnité de maire, la hausse globale est de 25%, soit 11 000 euros par mois l’équivalent de 2 policiers municipaux », note-t-il en dénonçant « un choix cinglant quand tant de Français ont du mal à boucler leurs fins de mois ». Là où les adjoints percevaient environ 1 200 euros bruts, ce sera désormais 1 726 euros bruts. Le maire est à 5 631 euros bruts, les élus avec délégation 904 euros et ceux d’opposition, à 246 euros. Un choix assumé par Olivier Galzi : « Beaucoup ont pris un engagement pour réduire leur activité professionnelle, il me semblait juste de leur envoyer un signal face à l’exigence qui est énorme. » La gauche a voté contre, le RN pour. F.C.