Tag: Avignon

  • Grand Avignon : l’audit sur le gestionnaire des transports reste presque à quai

    Grand Avignon : l’audit sur le gestionnaire des transports reste presque à quai

    Ce n’était pas encore la dernière séance, mais cela fleurait drôlement la fin de règne, ce lundi soir, en conseil communautaire du Grand Avignon. Si un ultime rendez-vous est normalement fixé au 9 février, le vote de l’ultime budget de la mandature n’a soulevé aucun emballement majeur, que ce soit un bilan pro domo ou critique acerbe des presque six années de mandat. Même le président (SE) Joël Guin n’aura pas dit un mot sur les finances et ses réalisations, laissant Xavier Belleville, son vice-président (LR) au budget, dérouler son propos.

    « Ce budget 2026 laisse des marges de manœuvre, il faudra faire des choix complémentaires », avance Xavier Belleville, à l’adresse de ceux qui seront aux manettes à l’issue des élections municipales et communautaires des 15 et 22 mars. Un budget, encore une fois voté par la majorité de gauche des élus avignonnais, et pour lequel seul le RN s’est opposé sans qu’un élu d’extrême droite ne prenne la parole pour s’en justifier. Les écologistes se sont, eux, abstenus : Jean-Pierre Cervantès a tracé un programme communautaire des projets à réaliser. Personne n’est revenu sur la hausse prévue puis finalement retirée de l’ordre du jour de la fiscalité sur l’eau (nous y reviendrons dans l’édition de mercredi).

    Autre sujet fort attendu, l’audit sur la gestion de la société publique locale (SPL) Tecelys, qui a notamment la charge du réseau de transports du Grand Avignon (notre édition de vendredi). Là aussi, un quasi-flop, évoqué lors d’un rapport sur le compte rendu annuel de Tecelys à la collectivité, où il n’est nullement fait mention de cet audit. Lors de la précédente séance, Joël Guin avait assuré qu’il « n’y avait pas de poussière sous le tapis » au sein de cette entité, dézinguée par son ancien directeur des services (DGS) qui avait soulevé de lourdes irrégularités. Ce que dément l’audit, évoquant « des dysfonctionnements ».

    Ce lundi soir, Joris Hébrard est monté au créneau sur le dossier, le maire (RN) du Pontet ayant trouvé là un véritable os à ronger depuis 14 mois et le début de l’affaire. « Ce rapport semble conçu pour contrecarrer méthodiquement les dysfonctionnements portés par l’ancien DGS plutôt que pour établir une vérité objective », dénonce Joris Hébrard, accusant Joël Guin, également PDG de Tecelys, « de conflit de gestion et de gouvernance ». Un grief que l’on retrouve dans l’audit, qui recommande de mettre fin à cette double casquette. Et le maire du Pontet de s’en remettre au travail « sérieux et sans complaisance » de la chambre régionale des comptes (CRC) qui a entamé un contrôle sur Tecelys et le Grand Avignon.

    La CRC en juge de paix

    « Je me réjouis qu’elle soit là, c’est moi qui l’ai demandée », répond Joël Guin, tout en laissant sous-entendre que les conclusions viendront « apporter une certaine contradiction » aux propos des accusateurs. C’est bien le seul moment où le président rejoindra Joris Hébrard qu’il fait passer pour un couard. « En commission ad hoc sur l’audit, vous vous êtes illustré par votre silence, vous n’avez pas eu le courage de dire en face des auditeurs que leur travail était bidon », pique Joël Guin. Cette brève escarmouche sera la seule sur Tecelys, SPL qui, comme son nom l’indique, dépend de l’argent public. Aucun élu avignonnais – Tecelys a aussi un volet aménageur, conduisant des travaux en ville – n’est non plus intervenu. « Tout le monde attend les conclusions de la CRC », glisse l’un d’entre eux.

    À la tribune, Joël Guin ne dira pas ce qu’il adviendra des recommandations de l’audit. Notamment sur le cumul non souhaitable des rôles de président du Grand Avignon et de PDG de Tecelys. « Il aurait pu le dire mais on ne va pas changer maintenant [à 3 mois de la fin du mandat] », confie-t-on dans l’entourage de Joël Guin après la séance. Les conclusions de la CRC ne seront de toute façon pas connues avant les élections.

  • À Avignon, David Fournier veut être le maire de la proximité

    À Avignon, David Fournier veut être le maire de la proximité

    Il avait été le premier candidat, début juillet, à tenir une grande réunion publique pour mettre sur les rails sa campagne pour les municipales (15-22 mars). Cinq mois plus tard, ce vendredi soir lors d’un meeting à Montfavet, David Fournier croit plus que jamais être la locomotive de l’union de la gauche pour conserver l’Hôtel de ville. L’actuel adjoint à l’administration générale se prévaut souvent d’être « le seul candidat qui rassemble » et a aimanté plusieurs wagons : Les Écologistes, l’Après, Génération écologie et même le Parti animaliste lui ont apporté leur soutien, tout comme l’insoumis déçu, Farid Faryssy.

    « David est le meilleur candidat pour éloigner le risque de l’extrême droite, construire une ville encore plus solidaire où tout le monde a sa place », présente Marie-Anne Bertrand, actuelle élue (l’Après), et animatrice d’un trio sur la jeunesse, aux côtés de Mazy Djezzar (Génération écologie) et Jérôme Molle, sous-directeur de la mutuelle sociale agricole, où travaille également le candidat. Là où à entendre les autres principaux prétendants, Avignon ne serait que déclin et chaos, les propos du soir dressent le portrait d’une « ville accueillante », « à la forte identité dont on tombe amoureux ». « On peut faire mieux sur la sécurité mais pas dans un discours de peur », projette Jérôme Molle.

    Entré ensuite sur scène, David Fournier ne dit pas autre chose. « Comptable » du bilan comme il le disait un peu plus tôt dans la semaine, le candidat cite des palmarès positifs (meilleure ville culturelle, label argent de la Ville amie des aînés) et se pose en chantre de la proximité. « Nous ne voulons laisser personne de côté : écouter, associer, agir, voilà ma gouvernance, elle ne sera pas verticale dans l’unique but d’être proche de vous », soutient-il, comme un petit coup de griffe à la maire PS Cécile Helle, dont il lui est souvent fait ce reproche. Il n’aura jamais, dans son discours, cité un adversaire ou concurrent.

    Partisan de la gratuité

    des transports

    Comme en juillet, David Fournier a ensuite esquissé quelques grandes lignes de son projet, sans entrer dans le détail des mesures mais balayant toutes les thématiques brûlantes : sécurité (« je protégerai ma population coûte que coûte »), logement (pression mise sur le bailleur social, réduction des locations saisonnières), environnement (plantation de 30 000 arbres, développement des berges), ou circulation et mobilités. « Je développerai le tramway vers Agroparc, les allées de l’Oulle, l’hôpital en instaurant la gratuité progressive des transports », annonce l’élu socialiste, comme un gage donné aux Écologistes qui défendent cette mesure depuis des années. Un dispositif qui ne pourra être voté qu’en ayant les manettes du Grand Avignon. Sans en revendiquer la présidence, David Fournier estime que son « projet peut séduire » au-delà de la ville-centre.

  • À Avignon, Olivier Galzi veut mettre du bleu à tous les étages

    À Avignon, Olivier Galzi veut mettre du bleu à tous les étages

    Beaucoup reprochent à Olivier Galzi d’être un bleu, méconnaissant le terrain et les mesures locales. Le candidat « du bon sens », officiellement SE mais avec des soutiens de droite, veut pourtant « voir du bleu ». En l’occurrence, des policiers municipaux en masse sur le terrain. « Notre objectif est d’en recruter 60 supplémentaires dans les trois premières années du mandat, permettant de doubler la présence sur le terrain », annonce l’ex-journaliste TV, ce vendredi devant la presse lors de la présentation de ses mesures pour « restaurer la sécurité, la priorité absolue ».

    À ce titre, il n’entend pas, comme le candidat Stéphan Fiori (DVD) ou la maire actuelle Cécile Helle (PS) en cette fin de mandat, prendre la délégation sécurité. « C’est un sujet suffisamment important pour s’y mettre à deux », estime Olivier Galzi qui compte présider tous les mois un comité de sécurité, mêlant polices, parquet, bailleurs, services municipaux. Parmi les cinq leviers sur le sujet, rien sur le narcotrafic. « Tous y répondent et viennent en aide à cette lutte, avec les caméras intelligentes, la présence policière… », répond-il, se gardant bien de ne pas se proclamer « comme le maire qui va éradiquer le narcotrafic alors que la puissance étatique n’y arrive pas ».

    Une application pour signaler les incidents

    Tout en comptant équiper les policiers municipaux de tasers, le candidat martèle que ces agents « doivent être dans la rue et pas derrière les murs », ne s’interdisant pas, après analyse, de fermer la maison de la tranquillité publique ouverte par la Ville rue de la République cet été. Denrée rare et prisée, comment attirer les policiers municipaux alors que les marges de manœuvre financière sont serrées ? « Il y a des primes, du matériel mais surtout l’impulsion donnée par le maire qui les considère et sait les motiver », pense Olivier Galzi. Enfin, dans le cadre d’une application dédiée de la Ville, « Mon Avignon », les habitants « pourront signaler en temps réel des incidents, qui remonteront de façon géolocalisée aux forces de l’ordre ». Le candidat a chiffré l’ensemble de ses mesures à quelque 2,5 millions d’euros d’investissement.

  • La couleur des émotions pour tous au théâtre

    La couleur des émotions pour tous au théâtre

    Un album tout en douceur et en poésie pour aider les plus jeunes à pouvoir, eux aussi, mieux comprendre et exprimer ce qu’ils ressentent.

    De la douceur et des couleurs

    Sur scène, c’est Oumria Mouffok qui incarne cette histoire s’inspirant librement de l’album. La compagnie « La fabrique des rêves » propose ainsi un spectacle à destination du jeune public et des plus grands qui s’émerveillent encore ces samedi et dimanche sur les planches du théâtre de La Carreterie à Avignon.

    Cette fois-ci c’est sous l’œil des monstres de couleurs incarnant chacun une émotion accompagnés de leur amie qu’il va falloir remettre de l’ordre au milieu de ce bazar où les couleurs et émotions sont sens dessus dessous. Un spectacle mêlant le clown et le kamishibaï qui désigne un ensemble de planches utilisées pour raconter une histoire.

    Une invitation à l’exploration des émotions, entre autres, pour les enfants et ceux qui le sont restés à travers le théâtre.

    Un voyage d’une trentaine de minutes qui invite le public dès 1 an à participer pleinement à cette épopée poétique pour réussir à remettre de l’ordre dans son cœur et retrouver son équilibre.

    Spectacles samedi et dimanche à partir de 10h et 11h15.

    Comptez 10,50 euros
    pour une place

    Informations et résa : 06.65.21.63.45

  • À Avignon, le patrimoine face au défi du réchauffement

    À Avignon, le patrimoine face au défi du réchauffement

    Il y a presque 700 ans, les architectes du Palais des Papes et des bâtiments historiques n’avaient certainement pas anticipé le réchauffement climatique. Et c’est désormais aux utilisateurs actuels, à savoir notamment la municipalité, de s’adapter. Un sujet complexe abordé ces jeudi 4 et vendredi 5 décembre à l’occasion des 30 ans de l’inscription du centre historique d’Avignon au patrimoine mondial de l’Unesco lors d’ateliers et de colloques organisés par l’Université d’Avignon sur les adaptations face au changement climatique des jardins et paysages du patrimoine mondial.

    Des échanges entre public et spécialistes qui ont commencé ce jeudi 4 décembre au matin avec les visites des jardins et des grandes salles et allées du Rocher des Doms et du Palais des Papes. « Le sujet était une évidence. On est obligés de se poser ces questions-là aujourd’hui. Tout en montrant que le patrimoine historique n’est pas un petit îlot isolé du territoire, et donc de l’insérer dans le paysage », précise Dominique Cassaz, coorganisatrice des deux journées et adjointe du directeur des Monuments historiques et coordinatrice patrimoine mondial de l’Unesco à la Ville d’Avignon.

    Enjeux économiques

    Car au sein de l’emblématique bâtiment historique avignonnais, les effets du réchauffement climatique « ne sont pas simples à gérer », comme le confie Corinne Langlois, conservatrice du Palais des Papes. Le monument le plus visité de la Région Sud, avec 700 000 passages par an, et ses murs anciens doivent faire face à de grandes variations de températures, mais aussi d’hygrométrie en leur sein. Et les réglementations autour des bâtiments historiques empêchent toute installation qui permettrait de réguler ces paramètres rapidement. « Le plus gros problème, c’est l’été. On aère au maximum et on n’expose pas d’œuvres sensibles dans ces conditions. Mais en ouvrant tout, on se retrouve avec des pigeons dans le bâtiment, ce qui est un autre problème », glisse-t-elle. L’extérieur aussi est exposé, avec des enduits devenus inadaptés aux grosses chaleurs et qui ne tiennent pas dans la durée. Avant de rappeler qu’il « n’y a pas le choix d’arrêter de faire des bêtises avec le climat », et de réfléchir à des changements, comme par exemple modifier les horaires de visite en saison estivale, mais aussi à travers des travaux.

    Une démarche fondamentale car, comme le rappelle l’adjoint au maire d’Avignon en charge du patrimoine, Sébastien Giorgis, « c’est une économie à la fois touristique mais aussi pour toutes les entreprises spécialisées du territoire qui s’activent autour de l’entretien et la rénovation », tout un environnement « qui vit autour de ce lieu ». Pour le bâti donc, mais aussi du côté du jardin, qui doit lui aussi évoluer face au changement climatique. « Certaines essences ne sont plus adaptées, il y a la question de l’eau et des îlots de fraîcheur pour l’été. Tout cela évolue très, très vite », conclut l’élu.

  • Avignon : ce que dit l’audit sur le gestionnaire des transports

    Avignon : ce que dit l’audit sur le gestionnaire des transports

    C’est un brûlant dossier qui arrive sur la table des élus du conseil communautaire du Grand Avignon de lundi prochain et devrait même éclipser le vote du dernier budget de la mandature : l’audit sur la gestion de Tecelys, la SPL (société publique locale) satellite de la collectivité en charge notamment de la gestion des transports. En octobre 2024, nous révélions les lourdes accusations d’irrégularités et d’opacités portées par le directeur général des services (DGS), qui avait préféré quitter son poste face à la situation. Dans la foulée, Joël Guin, président (SE) du Grand Avignon, mais surtout ici PDG de Tecelys, annonçait lancer un audit.

    Réalisée par Auream, un cabinet de conseil du secteur public, la mission d’audit s’est achevée, fin septembre, par la remise d’un rapport de 52 pages, dont les élus n’ont pas été encore destinataires. Seule une synthèse leur a été présentée lors d’une commission dédiée, le 13 novembre dernier. « Je suis très serein, il n’y a pas de dérapage, aucun gaspillage, ni poussière sous le tapis », assurait, le 6 octobre, Joël Guin, lors du précédent conseil communautaire, promettant un débat lors de la prochaine séance, de ce lundi donc.

    Rappelons que Tecelys a la main sur de l’argent public, principalement issu du budget annuel des transports du Grand Avignon, qui va culminer à plus de 100 millions d’euros en 2026. Avec pour l’heure, un bilan copieux en études, mais famélique en réalisations. « L’évolution des transports en commun sur ce mandat, c’est zéro », a asséné Cécile Helle, samedi dernier, en conseil municipal. Généralement discrète en conseil communautaire, la maire (PS) d’Avignon interviendra peut-être sur le sujet lundi.

    L’audit, consulté par La Marseillaise, pourrait faire pschitt quant aux accusations de l’ex-DGS, Alain Cluzet. « Aucune irrégularité constatée, mais des dysfonctionnements organisationnels et contextuels », est-il exposé en résumé. Le travail a été réalisé selon le propre cabinet, par « un trio d’experts spécialisés dans les domaines financiers, juridiques et l’exploitation de transport », qui ont auditionné près d’une trentaine de personnes de la SPL et du Grand Avignon. L’audit s’apparente en réalité à un document de réponses aux accusations soulevées par l’ex-DGS et délivre ensuite une analyse juridique avec quelques recommandations et évaluations du risque.

    « Manque de compétences » et « confusion des rôles »

    Parmi les écueils, le fait qu’Alain Cluzet, lanceur d’alerte dans l’affaire, n’ait pas été audité, « en raison de l’impossibilité de se rendre à Avignon et le refus de la collectivité que l’entretien se réalise en visio ». « Je n’allais pas poser deux jours de congé pour venir en plus chez Tecelys où vous imaginez bien que je n’aurais pas eu une haie d’honneur », justifie l’intéressé, joint par La Marseillaise. En juin dernier déjà, il parlait d’un « simulacre » d’audit. « La seule mission est de répondre à mes allégations de la façon la plus sommaire, ce n’est pas moral qu’un patron fasse réaliser un audit de sa propre activité », poursuit-il aujourd’hui, parlant d’une étude « complètement pipée ». « Le seul auditeur, c’est la CRC », assène Alain Cluzet. Des magistrats qui ont justement démarré un contrôle au Grand Avignon et Tecelys (lire ci-contre).

    Le contenu de l’audit estime que 8 des 19 dysfonctionnements mis en avant par le DGS sont faux, à l’instar de factures de SPL sans service fait. Trois sont invérifiables, comme le fait que l’actuel directeur de cabinet de Joël Guin devienne directeur de la SPL, un seul est vrai (alertes au président), le reste étant des vrais, mais nuancés. La surrémunération du directeur Daniel Audibert n’est pas non plus avérée selon l’audit, bien que les auditeurs se soient vus refuser leur demande d’accès à son contrat de travail et avenants.

    Si l’audit ne relève rien de répréhensible juridiquement voire pénalement, il pointe des dysfonctionnements où, en creux, un certain amateurisme est dénoncé. Notamment depuis que la SPL a récupéré le réseau de transports Orizo mi-2022. Il est question « d’un manque de compétences au sein du Grand Avignon pour une telle opération » et d’une « intégration de l’activité [qui] semble avoir été réalisée au forceps, sans aucune prise en compte de l’organisation de la SPL ». Idem, « une confusion des rôles » et des missions entre la SPL et le Grand Avignon ainsi que « des équipes sous-dimensionnées » auraient participé à une « désorganisation ». De même, l’audit recommande de dissocier la fonction de président de l’Agglo et de PDG de Tecelys. Ce devrait être le cas fin mars, à l’issue des municipales où Joël Guin ne souhaite pas rempiler à la présidence du Grand Avignon. Il laisse également la patate chaude Tecelys à la prochaine mandature.

  • À Avignon, le préfet en train de « clôturer » la LEO

    À Avignon, le préfet en train de « clôturer » la LEO

    Alors que les candidats aux municipales rivalisent d’imagination actuellement pour poursuivre le projet de liaison Est-Ouest (LEO), le préfet douche les derniers minces espoirs de voir réaliser la phase 2 du contournement routier sud d’Avignon.

    Ainsi, « un porté à connaissance de clôture du dossier » a été enclenché, indique Thierry Suquet, ce jeudi 4 décembre, lors d’un point presse.

    Il y a un mois déjà, le ministre des Transports avait confirmé que les crédits initialement prévus étaient alloués à d’autres projets dans la région, faute d’accord politique sur le tracé initialement prévu, récusé par la maire d’Avignon Cécile Helle (PS) et le président du Grand Avignon, Joël Guin (SE).

    Le préfet glisse tout de même que les travaux de compensation prévus (arasement dans la Durance) seront réalisés. Tandis que certains réclament le prolongement de la DUP (déclaration d’utilité publique) qui arrive à terme en 2027, le préfet balaye l’éventualité : « On n’est pas dans ce schéma-là ». Idem, toute modification du projet ou inversion de tranche [phase 3 vers le Gard d’abord] nécessite de « tout recommencer sur le plan juridique ».

    Quant au barreau de Rognonas (1 km entre la fin actuelle de la LEO et le pont de Rognonas), rien ne sera engagé. « Le préfet de Région a été clair : je ne le réalise pas si c’est pour, derrière, ne pas enclencher la 2ᵉ phase », redit Thierry Suquet.

  • Une autre liste est-elle en train d’émerger à gauche à Avignon ?

    Une autre liste est-elle en train d’émerger à gauche à Avignon ?

    Désigné dès début avril premier des socialistes en vue des municipales, David Fournier agrège depuis plusieurs soutiens de partis (Génération écologie, les Écologistes, l’Après ou le Parti animaliste qui sera officialisé ce jeudi) ou personnalités comme l’ex-insoumis Farid Faryssy. Lors du vote interne au sein du PS pour mener le parti aux municipales, David Fournier avait devancé Zinèbe Haddaoui, adjointe aux sports. « Tout de suite tu as apporté ton soutien à David, l’objectif est de sortir plus fort de ce vote », assurait, devant les intéressés, à l’époque Maryline Croyet secrétaire de section du PS. La donne a bien changé. Toujours encartée au PS, Zinèbe Haddaoui s’en est beaucoup éloignée, étant coupée de la campagne de son collègue adjoint de la majorité.

    Mais elle est loin de se désintéresser des municipales. Début novembre, aux côtés du PCF, Génération.s et de l’Après (qui a depuis rallié David Fournier), Zinèbe Haddaoui participait activement à une réunion publique sur la jeunesse. Avec l’objectif pour les organisateurs de poursuivre « le rassemblement des forces de gauche, écologistes et citoyennes par toutes les initiatives possibles dans la construction d’un projet ». Une seconde réunion est organisée jeudi prochain, 11 décembre (mairie annexe Saint-Jean), sur le thème des sécurités. « L’idée est de faire monter la parole des citoyens car beaucoup nous ont alerté pour nous dire que ce qui est proposé ne convient pas », expose Zinèbe Haddaoui, qui apparaît comme la figure de proue de ce mouvement dont le nom et le logo devraient être connus très rapidement.

    Pour l’heure, le PCF et Génération.s s’inscrivent toujours dans cette démarche, en dehors de la liste LFI portée par Mathilde Louvain. Si la possibilité d’un ralliement à David Fournier n’est pas exclue, elle est encore hypothétique. Ce dernier n’a d’ailleurs pas souhaité commenter ce mouvement en cours, qui lui reproche de ne pas assez partir du fond mais aussi des ralliements précoces d’opposants actuels (Les Écologistes, Farid Faryssy). « On construit les fondations, c’est un temps long qui ne se voit pas », souligne Zinèbe Haddaoui qui mesure aussi « le risque de désunion ». La réunion du 11 marquera une étape. Ce sera « le point de lancement d’un appel », brosse l’adjointe aux sports, passée par le Front de gauche.

  • À Avignon, Stéphan Fiori veut faire de la Ville une entreprise

    À Avignon, Stéphan Fiori veut faire de la Ville une entreprise

    Business plan », « chiffre d’affaires », « gestion en bon père de famille ». Ce mardi soir au parc des expositions d’Avignon, on pourrait croire qu’une entreprise tenait son séminaire annuel. Devant environ 500 personnes, c’était en fait un candidat aux municipales qui présentait son programme. En l’occurrence Stéphan Fiori. Se revendiquant avec fierté comme le seul prétendant sans aucun soutien d’un parti politique, ce chef d’entreprise dans les assurances passe à l’étape supérieure après son officialisation de candidature il y a deux mois.

    Très éphémèrement encarté LR puis proche de Julien Aubert, Stéphan Fiori ne laisse rien au hasard pour « redonner espoir » dans une ville où, à l’entendre, il ne se passerait rien ou que du déclin. Très travaillée voire formatée, sa présentation de programme a vu se succéder une dizaine d’intervenants avançant des propositions toutes chiffrées. Il propose ainsi 7,9 millions d’euros d’économies – dont une partie sur le personnel, qu’il veut pourtant choyer (hausse des tickets restaurant) – et 4,6 millions d’euros de nouvelles recettes. En faisant notamment des touristes des vaches à lait (augmentation des tarifs du palais des Papes ou du pont, parkings plus chers).

    Impossible de se livrer à un inventaire à la Prévert des mesures, que certains qualifieraient de conservatrices (uniforme à l’école) ou poujadistes (retour de la voiture en centre-ville, fin de la verbalisation du stationnement pour défendre le petit commerce). Parmi les annonces phares : la création d’un tunnel sous la Rocade (300 millions d’euros) qui résoudrait les maux de pollution et circulation.

  • Le jardin du Rocher des Doms bientôt prêt à rouvrir

    Le jardin du Rocher des Doms bientôt prêt à rouvrir

    J’ai redécouvert ce séquoia. » En remontant l’allée principale conduisant au jardin du Rocher des Doms, la maire (PS) Cécile Helle constate d’entrée le changement de paysage de ce site emblématique du centre-ville d’Avignon, surplombant le Rhône et dominant le palais des Papes. Depuis un peu plus d’un an, la Ville a lancé un important chantier en deux phases (10 millions d’euros au total) « dans le cœur historique du patrimoine mondial de l’Unesco », insiste Cécile Helle, qui participait ce mardi à une visite des travaux.

    Fermé au public depuis octobre 2024 [hormis une esplanade accessible depuis le Rhône], le jardin doit rouvrir d’ici à début mars. Une seconde phase aura ensuite lieu de septembre 2026 à juin 2027, afin de restaurer et végétaliser l’esplanade minérale mais aussi de rénover la montée de l’accès principal. « C’est un beau mais lourd projet qui va permettre de repartir pour
    150 ou 200 ans
     », estime la maire en rappelant l’impérieuse nécessité de ce chantier. « Le diagnostic a montré que les sols s’asphyxiaient, si on n’avait pas réagi le patrimoine naturel aurait disparu », rappelle-t-elle.

    Ainsi, 30% des arbres et 90% des arbustes ont été renouvelés. En déambulant dans les allées, une nouvelle perspective dénote. « L’idée est de remettre le jardin dans sa forme d’origine comme l’a pensé Jean-Pierre Barillet-Deschamps [architecte paysagiste qui a créé ce parc en 1865, concepteur également du parc Borély à Marseille ou les Buttes-Chaumont à Paris] en dégageant la vue sur le palais des Papes, on a ainsi enlevé les végétaux morts ou les bambous qui gâchaient la vue », fait valoir Juliette Hafteck, architecte-paysagiste du cabinet Alep en charge du projet. « Il fallait continuer le rêve de Barillet-Deschamps qui avait réussi à créer ce parc pittoresque sur un rocher, c’était un visionnaire qui avait compris les enjeux de l’écologie urbaine », complète Philippe Deliau, second architecte-paysagiste du projet.

    Toilettes, buvette et aire de jeux

    Le bassin a été repris dans sa forme originelle, de nouvelles toilettes publiques seront aussi installées. Le nombre de bancs et tables de pique-nique ne variera pas non plus. Tous les socles des statues ont été nettoyés. La buvette rouvrira également mais qu’à l’issue de la seconde phase des travaux. Au sol, « le sable stabilisé est en train d’être refait afin d’être moins poussiéreux et sera beaucoup moins tassé car le petit train touristique et les camions poubelles ne passeront plus, ce qui permettra une meilleure perméabilité », développe Juliette Hafteck. Une grande pelouse, « façon Stade de France », sera engazonnée avant la réouverture mais pas accessible dans l’immédiat. Enfin, une nouvelle aire de jeux en bois de 4 mètres de haut va faire son apparition. Réalisée à Nantes, elle symbolisera un dragon sortant du Rhône.