Tag: Avignon

  • [Travailleurs de demain] Enzo et Raphaël, as de la maçonnerie

    [Travailleurs de demain] Enzo et Raphaël, as de la maçonnerie

    Issu d’un bac pro menuiserie, Enzo s’oriente à la sortie du lycée vers un CAP maçonnerie, lorsque son père et son oncle montent leur propre entreprise de rénovation. Désormais en alternance dans la société familiale, il se réjouit de pouvoir travailler dans un climat de « confiance ». « C’est un avantage de travailler en famille, l’ambiance n’est pas la même qu’ailleurs, s’enthousiasme-t-il. Mon père et mon oncle ont confiance en moi et me laissent faire des tâches importantes, comme moi j’ai confiance en eux dans leur façon d’entreprendre un chantier. C’est un vrai avantage pour un apprenti, car nous sommes souvent utilisés pour faire les tâches ingrates, de manutention par exemple. » Autre point positif pour le jeune homme : travailler, chaque jour, « différemment ». « Ce qui me plaît dans la maçonnerie, c’est pouvoir toucher à plein de choses, explique-t-il. Un jour, je peux faire de la toiture, le lendemain, une ouverture dans un mur porteur, ensuite du carrelage… Disons qu’on ne voit jamais la même situation, c’est toujours différent. »

    Raphaël, lui, est fils d’un steward et d’une hôtesse de l’air. Passé par un bac scientifique, il s’oriente dans un premier temps vers la menuiserie, poussé par son beau-père, avant de se rediriger vers la maçonnerie. « Pouvoir construire une maison de A à Z, avec mes mains, c’est ça qui m’a vraiment donné envie », s’émerveille-t-il. Une envie de travail manuel qu’il parvient même à transmettre à son père, aujourd’hui en reconversion pour devenir menuisier. Une passion partagée avec son père donc, mais aussi avec son beau-père, dont il a rénové « en sept mois tout le jardin ». « J’ai pris énormément de plaisir, car j’ai un peu eu la sensation d’avoir rendu à mon beau-père tout ce qu’il m’a apporté au début, s’émeut le jeune homme. Finalement, c’est moi qui lui ai appris la maçonnerie et lui m’a appris une partie de la menuiserie. »

    Montrer l’excellence

    Se « challenger », bien sûr, mais surtout montrer que l’excellence existe aussi en maçonnerie. C’était là l’ambition d’Enzo en participant aux Worldskills. « Les jeunes du CFA ne sont pas toujours bien vus, note-t-il. C’était aussi l’occasion de montrer à tout le monde que, nous aussi, on est aussi capables de faire de grandes choses ». Raphaël, de son côté, reconnaît avoir lui même déjà appliqué certains préjugés à son métier. « Ma vision a complètement changé, comme celle de mes parents d’ailleurs. Aujourd’hui, quand ma mère voit qu’on se baigne dans la piscine qu’on a construite, elle comprend qu’au-delà de l’aspect fatigant, mon métier est gratifiant. » Et d’ajouter : « Construire tout ça avec ses mains, c’est fou quand même, non ? »

  • Avignon, l’île de la Barthelasse vibre au rythme de l’Afrique

    Avignon, l’île de la Barthelasse vibre au rythme de l’Afrique

    Un événement culturel et artistique qui se caractérise par sa convivialité. C’est également un lieu d’échange qui favorise le lien et la rencontre sous forme d’une grande fête.

    Grande fête qui se concrétise sous la forme de concerts, d’un marché artisanal et solidaire, d’animations et de stages artistiques divers tout au long du week-end.

    Le tout avec une volonté claire depuis la création de ce festival africain : le rendre accessible au plus grand nombre avec une participation libre.

    Un programme
    riche et varié

    Le marché artisanal et solidaire vous accueillera sur les deux jours. D’abord samedi entre 13h et 22h pour une journée qui débutera à 10h30 et se terminera à minuit. Puis dimanche de 11h à 19h, heure de clôture de l’événement.

    Au programme samedi un stage de percussion traditionnelle de Casamance, avec Aziz Loulou Manga, l’un des plus jeunes joueurs de Bougarabou vous attend dès le début de la matinée. Il sera suivi d’un stage de danse traditionnelle aux côtés d’un danseur et chorégraphe professionnel. Pour les enfants le rendez-vous est donné à partir de 14h avec des jeux géants en bois mais aussi des contes ou encore des activités pédagogiques dont la thématique est « culture et patrimoine », s’offrent aux enfants entre 3 et 14 ans. C’est à 18h30 que débuteront les concerts avec Paamath et Davy Kilembe suivi de Burkina Azza, un concert de musique traditionnelle du Burkina Faso pour terminer avec Basafrika, une fusion world dynamique. Le soir même, un repas africain est proposé à partir de 19h30.

    Dimanche, découvrez le chant et le balafon, un instrument de percussion africain. Une session contes est également au programme et les concerts s’enchaîneront ensuite à partir de 14h avec Sandro Joyeux, Diako, de l’afroworld music et le week-end se terminera avec le concert de Djama, six musiciens de cultures et d’origines variées.

    Infos et résa : 06.72.21.35.63.

  • La ministre de l’Agriculture entre annonces et attentes à Avignon

    La ministre de l’Agriculture entre annonces et attentes à Avignon

    Face à plusieurs centaines d’éleveurs venus de toute la France pour assister au congrès des Groupements de défense sanitaire de France (GDS) – une organisation délégataire de l’État chargée de la prévention et de l’accompagnement des exploitants face aux maladies – la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, était présente ce vendredi 24 avril à Avignon. Elle a notamment annoncé une revalorisation de 850 euros de l’indemnisation liée à l’abattage dans le cadre de la lutte contre la tuberculose bovine, portant cette compensation de 2 500 à 3 250 euros par bête.

    « C’est pas mal », glisse spontanément un éleveur dans l’assemblée. « Ces annonces étaient attendues, donc elles vont dans le bon sens », confirme Christophe Moulin, président de GDS France. De son côté, Annie Genevard insiste sur cette réponse « favorable à cette demande des éleveurs », et ce « malgré le contexte budgétaire ». Une mesure qui est également rétroactive.

    Nouvelle ère

    Pour autant, cette aide ne règle pas tout. Christophe Moulin souligne ainsi la nécessité de construire un nouveau modèle de lutte contre la prolifération et le développement des maladies. Ces dernières années ont été particulièrement marquées par des crises sanitaires successives dans les élevages, avec notamment la fièvre hémorragique en 2023, la fièvre catarrhale ovine en 2024, ou encore la grippe aviaire.

    « Nous entrons dans une nouvelle ère sanitaire. Nous avons aujourd’hui des outils qui ont répondu parfaitement à l’ancienne ère avec des maladies ayant d’autres modes de transmission Développons de nouveaux moyens pour pouvoir efficacement résister. Si nous gardons un ancien modèle pour gérer d’autres maladies, on n’y arrivera pas », note le président de GDS.

    Un effort de pédagogie est aussi nécessaire, alors que des vétérinaires ont été pris à partie lors de différentes crises. « Il y a eu de la désinformation, notamment lors des élections des chambres », glisse un éleveur, visant notamment la Coordination Rurale. « Il faut que les scientifiques s’expriment. Je suis aux côtés des vétérinaires, car ce qui est arrivé est insupportable », ajoute la ministre.

    Le territoire vauclusien est, lui, plutôt épargné par les différentes pathologies. Le sénateur de Vaucluse Lucien Stanzione (PS) a évoqué la question du loup, l’élu faisant partie d’une mission sénatoriale sur le sujet. « La ministre a annoncé la loi d’urgence agricole qui aura une partie consacrée à la lutte contre le loup, ce qui touche notre territoire. Il faudra que nous soyons vigilants pour savoir si les mesures annoncées seront vraiment efficaces », pointe-t-il

  • À Avignon, Marie-Anne Bertrand conteste toute diffamation

    À Avignon, Marie-Anne Bertrand conteste toute diffamation

    « Ma démarche s’inscrit strictement dans le cadre légal et dans l’exercice normal de mon mandat », écrit dans un communiqué ce mercredi 22 avril Marie-Anne Bertrand, élue d’opposition d’Avignon (L’Après), en réponse à l’annonce d’une plainte de l’adjoint à la propreté Michel Adam à son égard en plein conseil municipal ce lundi 20 avril (notre édition de ce mercredi 22 avril). Ceci fait suite à une question à propos d’une lettre ouverte d’agents municipaux de la propreté qui verraient d’un mauvais œil la présence de celui qui était jusqu’en 2024 directeur du service propreté dans l’équipe municipale.

    À l’issue de la lecture du contenu de la lettre, suivie d’une demande d’éclaircissement de la situation, Marie-Anne Bertrand demandait alors aussi de confirmer que « Michel Adam, qui a rédigé le marché public et qui a contrôlé et traité avec la société ELITE, prestataire de la ville depuis plusieurs années, n’est intervenu à aucun moment et à quelque titre que ce soit dans la gestion de la société ELITE durant son activité au sein du service de la propreté urbaine de la ville d’Avignon, mais aussi après avoir quitté la collectivité entre avril 2024 et mars 2026 ».

    Olivier Galzi a fustigé la lecture de ces propos, d’après lui, « diffamatoires, haineux et mensongers qui ont été tenus sur internet sur un réseau social » et qu’« en les lisant, vous les faites vôtres. Vous transformez une injure en un propos public de la part d’une élue de la République », sans répondre à la question initiale. Contactée par La Marseillaise sur la suite des éventuelles poursuites en justice et sur une éventuelle réaction à la situation, la municipalité n’a pas répondu dans les délais de rédaction de cet article.

    « Une tentative d’intimidation »

    Marie-Anne Bertrand se défend dans son communiqué en citant « l’article L.2121-13 du Code général des collectivités territoriales (CGCT) : tout membre du conseil municipal a le droit d’être informé des affaires de la commune. De même, l’article L.2121-19 du CGCT garantit aux conseillers municipaux le droit d’exposer en séance des questions orales relatives aux affaires de la commune ». Elle estime avoir fait l’objet de « propos que je considère comme menaçants et de nature à porter atteinte à ma dignité d’élue, incluant l’évocation de poursuites judiciaires à mon encontre ». Elle annonce solliciter la protection fonctionnelle si la plainte est bien déposée.

    Son parti exprime également son soutien « devant ce qu’on peut appeler une tentative d’intimidation de son élue ». « L’Après 84 tient à faire savoir que Marie-Anne n’a fait que remplir sa mission d’élue en posant une question sur un sujet que Monsieur le maire a soulevé tout au long de sa campagne, et en se faisant la porte-parole du personnel », est-il ensuite ajouté. Tandis que Marie-Anne Bertrand se « réserve la possibilité de saisir les autorités compétentes afin de faire toute la lumière sur les éléments évoqués, dans le respect du droit et des procédures en vigueur ».

  • Un vaste chantier destiné à « humaniser » Montfavet

    Un vaste chantier destiné à « humaniser » Montfavet

    Un « vaste programme d’humanisation de 60 lits d’hospitalisation en psychiatrie adulte » a été présenté, ce mercredi 22 avril, au centre hospitalier de Montfavet, spécialisé dans la psychiatrie.

    Plusieurs structures vont donc être successivement réhabilitées et étendues. À commencer par le bâtiment 103, au sein du pôle Luberon Val de Durance. En 2027, un autre chantier concernera un bâtiment appartenant au pôle Aigues Ventoux. Des améliorations sont également prévues en matière d’isolation, certains édifices datant du milieu du XIXe siècle. Le coût total de l’opération s’élève à 13,9 millions d’euros, financés en partie par l’Agence régionale de santé (ARS).

    « C’est le début des grands travaux à Montfavet et ça va continuer. Cela s’inscrit dans un projet à long terme également en termes d’architecture », souligne Yann Bubien, directeur général de l’ARS Paca, présent lors d’une réunion avec la direction de l’établissement.

    à propos du terme « humanisation », la directrice de l’établissement s’explique : « L’humanisation, c’est d’abord l’amélioration du confort des patients, avec des chambres individuelles, des sanitaires individuels, des salles de convivialité plus développées, puis des salles qui permettent une prise en charge thérapeutique plus adaptée aux patients. » Chaque année, 22 000 personnes sont prises en charge par les services du centre hospitalier. La moitié est hospitalisée au moins à une reprise.

    Quelle suite ?

    Un rapport publié le 26 mars dernier par le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) pointait des conditions difficiles dans certains services, notamment pour l’accueil des mineurs et des détenus (notre édition du 7/04). « C’est une référence importante pour nous afin d’identifier les points d’amélioration », poursuit la directrice. La création d’un service spécifique figure d’ailleurs parmi les prochaines étapes de la transformation de l’établissement. Avec l’unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA), l’hôpital est celui qui accueille le plus de détenus, issus de quatre centres pénitentiaires du territoire. D’où « l’importance de faire une Usip, une Unité spécifiquement pour les détenus ». Cette unité aura « vraiment pour vocation de répondre aux besoins des détenus qui, aujourd’hui, sont dans des unités classiques et peuvent parfois poser des difficultés avec les autres patients que l’on accompagne », précise Marie-Laure Piquemal-Ratouit.

    Plus globalement, ce lancement de travaux est perçu comme un signal positif dans un contexte où la psychiatrie traverse une crise depuis plusieurs années. « On a le sentiment qu’aujourd’hui, en plus avec le projet d’établissement, on est vraiment dans un début de sortie de crise. Même plus qu’un début, c’est une relance », explique la directrice. Amélioration qu’elle attribue à ce projet d’envergure, mais aussi à l’augmentation du nombre de psychiatres, « même si ce n’est pas encore suffisant », d’internes et de soignants dans les équipes. « On regarde l’avenir de façon beaucoup plus positive que ces trois dernières années », conclut-elle.

  • L’adjoint à la propreté d’Avignon va porter plainte contre une élue d’opposition

    L’adjoint à la propreté d’Avignon va porter plainte contre une élue d’opposition

    Les premières passes d’armes entre majorité et opposition au conseil municipal d’Avignon devraient déjà se poursuivre dans l’enceinte d’un tribunal. L’adjoint à la propreté Michel Adam, ancien directeur du service propreté jusqu’en 2024, a sollicité la protection fonctionnelle, accordée par le maire Olivier Galzi (DVD), et va porter plainte contre Marie-Anne Bertrand (L’Après).

    Cela fait suite à une question orale de l’élue d’opposition en fin de conseil municipal ce lundi 20 avril à propos du contenu d’une lettre ouverte écrite supposément par des agents municipaux qui « exprimaient leurs inquiétudes » sur la présence de l’adjoint dans l’équipe municipale. Dans celle-ci, elle citait donc des extraits de la publication datée du 30 mars sur le groupe Facebook « Collectif Avignon : propreté, sécurité et fluidité ! », toujours en ligne. Parmi lesquels on peut lire « qu’une politique mafieuse s’est installée au fil des années sous la protection du précédent mandat ». Mais aussi que « ce même directeur a mis en place un système dans le but d’étouffer ce service en ne lui donnant aucun moyen de sanction envers une minorité de personnes » et que « rien n’est accordé aux agents, les décourage totalement et ne permet pas d’être épanouis dans leur rôle ». Et de poursuivre que « l’intérêt était que ce service indispensable à une ville passe à une prestation privée, particulièrement pour bénéficier à la société de nettoyage ELITE (anciennement Excellence), les statuts ayant récemment changé, qui maintient un lien plus qu’étroit avec ce directeur M. Adam Michel. »

    En réponse aux questions de l’opposante de gauche, qui demandait au premier édile de « rassurer les auteurs de cette alerte » en demandant ce qu’il compte mettre en œuvre. Mais aussi s’il pouvait confirmer que « Michel Adam, qui a rédigé le marché public et qui a contrôlé et traité avec la société ELITE, prestataire de la ville depuis plusieurs années, n’est intervenu à aucun moment et à quelque titre que ce soit dans la gestion de la société ELITE durant son activité au sein du service de la propreté urbaine de la ville d’Avignon, mais aussi après avoir quitté la collectivité entre avril 2024 et mars 2026 ». Olivier Galzi répond que ces propos le « mettent vraiment en colère. » Trois jours après une virile visite du service propreté en question, il poursuit : « Si je comprends bien, vous venez de lire in extenso des propos qui sont diffamatoires, haineux et mensongers qui ont été tenus sur internet sur un réseau social. Et donc, en les lisant, vous les faites vôtres. Vous transformez une injure en un propos public de la part d’une élue de la République. Vous commencez bien mal. Ces propos sont répréhensibles », pose-t-il calmement avant de demander si son adjoint demandait la protection fonctionnelle pour des poursuites judiciaires. Ce que ce dernier a confirmé.

  • À Avignon, l’opposante Zinèbe Haddaoui démissionne

    À Avignon, l’opposante Zinèbe Haddaoui démissionne

    La composition des bancs de l’opposition de gauche a changé depuis le premier conseil municipal. En effet, plus de Zinèbe Haddaoui, ancienne adjointe aux sports de la précédente maire Cécile Helle (PS) et élue depuis 2014. À sa place était présent le nouveau venu Khalid El Yousoufi, colistier sur la liste de gauche, et initialement sur celle de Mathilde Louvain (LFI) au premier tour.

    Dans un message posté sur ses réseaux sociaux ce samedi 18 avril, l’ancienne du PS explique qu’elle est « arrivée au bout de ce que je peux apporter dans le cadre actuel ». Et décrit une perte de sens dans son action politique car « le rythme, les codes, les rapports de force et les stratégies de couloir ont fini par faire oublier à certains l’essentiel : ceux pour qui nous agissons au quotidien », avec des « règles du jeu qui ne servent plus l’esprit d’équipe, mais des ambitions personnelles ». Tout en confiant que ce départ « n’est pas un retrait, mais juste un retour aux sources », sans en dire plus.

    Une décision qui n’a pas fait réagir dans l’Hôtel de Ville, ce lundi soir. Mais c’est une autre ancienne conseillère municipale d’opposition, Christine Lagrange (EELV), qui était pourtant sur la même liste que Zinèbe Haddaoui au second tour, qui porte publiquement un regard critique, également sur ses réseaux sociaux. Après avoir rappelé que l’ancienne adjointe a adhéré au PS en 2024 et l’a quitté en 2025 après avoir perdu l’investiture contre David Fournier, elle pointe une « éthique à géométrie variable », estimant qu’« on ne peut pas fustiger les partis après avoir tenté de s’en servir comme d’un tremplin personnel », conclut-elle.

  • Un « déni de démocratie » du maire d’Avignon selon l’opposition

    Un « déni de démocratie » du maire d’Avignon selon l’opposition

    « Votre ouverture à la démocratie est pitoyable », lance ce lundi 20 avril, en conseil municipal d’Avignon, l’élu d’opposition et ancien candidat à la mairie, David Fournier (PS), au maire Olivier Galzi (DVD). En cause, la décision du premier édile de ne pas permettre aux élus d’opposition de siéger au sein des conseils d’administration des sociétés publiques locales (SPL) et sociétés d’économie mixte (SEM), telles que Tecelys, Citadis ou encore Avignon Tourisme.

    L’ex-joker du JT de France 2 assure de son côté que l’opposition sera tenue au courant des activités de ces sociétés « à l’aide de comptes rendus réguliers où vous pourrez lire le travail de ces commissions ». Il assure qu’il « respecte la loi » et que « la démocratie, c’est respecter la loi ».

    Nouvelle salle

    De quoi faire bondir l’opposition, d’autant que cette présence était possible lors des mandatures de Cécile Helle et de ses prédécesseurs. « C’est-à-dire que le fait majoritaire écrase la minorité ? C’est ça votre vision des choses ? C’est de la démocratie illibérale que vous faites là », lance hors de lui Fabrice Tocabens (PS). « Le respect et la bienséance instaurés depuis des décennies par les maires Henri Duffaut, Jean-Pierre Roux, Guy Ravier, Marie-Josée Roig et Cécile Helle sont balayés d’un revers de main. Opacité, dictature et vente d’organismes de la ville en préparation », accuse David Fournier.

    « Où est passée la main tendue à l’opposition dont vous parliez au premier conseil municipal ? » demande Mathilde Louvain (LFI), sans obtenir de réponse ni du maire, ni de ses adjoints, restés muets pendant plus de trois heures de la séance de plus de cinq heures.

    « Je considère que ce que les Avignonnais attendent dans la gestion de ces sociétés, c’est une bonne gestion, et je ne crois pas que vous ayez un bon bilan à cet égard », conclut Olivier Galzi, sans pour autant étayer son propos.

    Les premiers éléments de la « patte Galzi » se retrouvent aussi dans la tenue de la séance elle-même. Fini les conseils municipaux le samedi matin, ils se tiendront pour l’instant en semaine, en fin de journée. Changement de lieu aussi. Plus de salle des fêtes, retour pour l’heure à l’étroite et bien nommée salle du conseil municipal, où seule une petite dizaine de spectateurs peuvent assister directement aux débats, tandis qu’un écran est disposé dans un espace voisin pour que d’autres personnes puissent suivre les échanges à proximité. En tout début de séance, le maire explique être « attaché aux traditions politiques avignonnaises. À un moment donné, tradition, c’est aussi le bon sens. On ne voulait pas créer des frais supplémentaires lorsque l’on doit aménager la salle des fêtes », explique le premier édile en répétant sa formule qu’il a usée à foison pendant sa campagne. 

    « On avait changé de lieu pour des raisons d’emplacements pour la majorité comme pour l’opposition et avoir ainsi plus de facilité à travailler. Aussi pour avoir plus de public. En vue des incommodités avec les fortes chaleurs qui arrivent, peut-être que vous reviendrez sur votre décision », rétorque de son côté l’ex-adjoint et candidat de la gauche, David Fournier (PS). À voir si, en pleine canicule, le bien-être des élus et du public primera sur « le bon sens ».

  • Dialogue musclé entre Olivier Galzi et les agents de la propreté

    Dialogue musclé entre Olivier Galzi et les agents de la propreté

    Dès la campagne, Olivier Galzi avait donné le ton, en pointant des dysfonctionnements au sein du service propreté. « Ceux qui nuisent au service doivent être sanctionnés », prévenait-il à l’adresse des quelque 135 agents. Le nouveau maire (DVD) était attendu de pied ferme ce vendredi matin pour une visite du service. Une rencontre virile mais correcte, où Olivier Galzi n’a pas hésité à sortir les muscles, assumant un dialogue qui l’est tout autant. « Si quelqu’un n’est pas content, il vient me le dire en face. On va s’expliquer. S’il a des bonnes raisons, je vais les écouter. Mais si j’ai des bonnes raisons de lui dire qu’il fait mal son boulot ou qu’il ne le fait pas, on va se parler franchement d’homme à homme », pose-t-il.

    Il faut dire que le matin même, des tags hostiles avaient été réalisés invitant les nouveaux élus ou les chefs de service à dégager. « Adam = mafia », pouvait-on lire. En l’occurrence, Michel Adam, adjoint à la propreté et qui officiait dans ce service jusqu’à son départ à la retraite il y a deux ans. Pourquoi réussirait-il en tant qu’élu là où, à écouter Olivier Galzi, le service défaille ? « Cela fonctionnait bien avec Marie-Josée Roig [maire de 1995 à 2014] car l’adjoint était en phase avec le directeur, moi-même, justifie Michel Adam. Depuis, la propreté n’était pas la priorité du maire, donc c’était difficile d’avoir les moyens matériels et la volonté d’agir comme on voulait. »

    Un adjoint qui connaît très bien la maison

    Quant aux tags, le maire préfère les prendre comme un message encourageant. « Cette méthode lâche une bonne nouvelle, ça veut dire qu’on dérange les ultra-minoritaires qui ont compris que les petits arrangements sur le dos des Avignonnais sont terminés », commente-t-il, annonçant le dépôt d’une plainte contre ces « ennemis de la ville qui agissent comme un poison lent ». Devant une bonne soixantaine d’agents, Olivier Galzi implore : « L’heure est venue de combattre ceux qui nuisent à votre image et à celle de notre ville : n’acceptez plus qu’une grande gueule vous empêche de faire votre travail ou parte avec le matériel de l’équipe pour faire son petit business. »

    Mais il sait aussi se montrer cajoleur : « Vous êtes les ambassadeurs de la propreté d’Avignon, votre action doit être visible reconnue et valorisée. » En ce sens, le premier magistrat promet « un dialogue social apaisé et constructif, ceux qui s’investissent seront reconnus, ceux qui freinent l’action collective devront rendre des comptes ». Des « moyens matériels et humains à la hauteur » sont annoncés. Contrairement à la police municipale, il n’est pas prévu de recrutements supplémentaires. « L’idée, c’est de mieux organiser », précise-t-il.

    À bâtons rompus, plusieurs échanges s’enchaînent avec les agents. Les présents condamnent « les tags qui jettent le discrédit ». « M. le maire, venez voir où on mange et l’état des toilettes, même des animaux n’iraient pas », interpelle Adel. Tout au long de la visite, il prend garde de ne jamais parler d’incurie ni d’impéritie, mais son visage le dit pour lui. Ou alors, il prend la presse à témoin quand un agent lui explique que 100 poubelles dites bi-flux, visiblement inadaptées, ont été commandées malgré l’avis contraire des services concernés.

    Trois mesures globales sont affichées pour une meilleure propreté, où l’adage vertueux du « si c’est propre, je vais faire en sorte de ne pas salir » est mis en avant. Brigades d’intervention rapide et opérations quartiers propres, qui commenceront dès la fin du mois, vont être lancées, pour une sorte de grand ménage ciblé, associant la population. Enfin, la « troisième action, ça va être de suivre la demande de l’usager pour qu’il ne reste jamais sans réponse », conclut Michel Adam.

  • À Memento, l’archéologie vauclusienne reprend vie

    À Memento, l’archéologie vauclusienne reprend vie

    Finis les deux tréteaux précaires pour examiner un objet, l’étroit escalier en colimaçon ne permettant pas de faire passer des statues ou bien l’espace de lavage qui cohabitait avec la vaisselle des agents. Depuis septembre, les dix archéologues du service départemental ont pris possession d’un nouveau cadre de travail bien plus optimal pour mener à bien leurs missions. Ils ont laissé sans regrets les vétustes locaux de la rue Saint-Charles dans l’intra muros d’Avignon pour le pôle des patrimoines à Agroparc, qui sera inauguré le 28 mai. Celui-ci abrite désormais toutes les collections vauclusiennes (céramiques, lapidaire, mobilier métallique, ossements, objets en bois, mosaïques, etc.), auparavant disséminées sur plusieurs sites.

    « Je n’ai pas l’impression de travailler », se régale Vincent Faure, gestionnaire des collections. Aux côtés notamment d’Emilie Fencke, cheffe de service, il a participé à l’élaboration de l’exposition permanente « Mon trésor », qui sera accessible au public dès le 29 mai et présentera quelques-unes des plus belles pièces du service. « Le patrimoine doit vivre, il était en attente d’être montré, même nous, on redécouvre tous ces objets qui étaient stockés », apprécie Vincent Faure tout en déballant fièrement une timbale et une bague en or, dans un état de conservation remarquable. Des objets trouvés dans ce qui était une tombe d’enfant à Robion et datant de l’époque antique. Des pépites qui feront partie de l’exposition Mon trésor.

    Au-delà du titanesque déménagement des archives départementales du palais des Papes vers Mémento, le pôle des patrimoines abrite donc le service archéologie, créé il y a plus de 40 ans. « Notre mission principale, c’est de l’archéologie préventive, expose Emilie Fencke. Lors de tout chantier, l’État peut prescrire des fouilles. On sonde 10% du terrain pour un premier diagnostic et en fonction ensuite tout le sol est fouillé et archivé. » Un cas assez rare car seulement 10% des chantiers sont sondés et ensuite à peine 1% font l’objet d’une fouille préventive.

    Chaque pièce entrant à Memento fait l’objet d’un cheminement méticuleux : station de tamisage à l’extérieur puis zone de quarantaine ou salle de lavage. Direction ensuite une salle scientifique. « En ce moment on a des sédiments du château des Princes à Orange, avec des restes d’un boulet de canon époque Louis XIV », fait valoir Emilie Fencke. Des objets qui cohabitent avec les trouvailles issues de recherches lors de l’installation de conteneurs enterrés en intra muros d’Avignon. La salle de stockage change aussi de dimensionnement. « On passe d’un dépôt de 450m2 et 2m de haut qui était derrière le parking des Italiens à une réserve de 560m2 et 6m de haut, chiffre la cheffe de service. Soit une capacité de stockage de 590m3. » De quoi voir venir pour les 20 prochaines années.

    « Le patrimoine doit vivre, il était en attente d’être montré »