Tag: Avignon

  • [1er-Mai] À Avignon, les prix de l’énergie qui flambent attisent la colère de tous les travailleurs

    [1er-Mai] À Avignon, les prix de l’énergie qui flambent attisent la colère de tous les travailleurs

    Les 1 500 manifestants qui ont défilé dans les rues d’Avignon pour cette journée internationale des travailleurs n’ont pas manqué de revendications. Et dans un contexte d’inflation prégnant, l’un des messages qui ressort dans ce département en partie rural, c’est notamment les prix de l’énergie et de l’essence qui flambent sans que grand-chose ne soit réellement fait pour maîtriser ces augmentations.

    Une situation qui touche particulièrement les plus précaires. Comme l’évoque Mathis, représentant de l’Union étudiante à l’université d’Avignon, qui pointe « des loyers qui augmentent mais pas les bourses ». « Certaines résidences étudiantes n’incluent pas l’électricité et, l’hiver, on doit y payer de grosses sommes pour se chauffer. Et dans le même temps, des initiatives disparaissent faute de moyens, comme la réduction à un seul repas à un euro par jour. Il faut se serrer la ceinture », regrette-t-il. Ce que pointe également, dans un discours, une intersyndicale de Vaucluse, composée de la CGT, la FSU, l’Unsa et SUD Solidaires. Déclamé par Laurence De Villèle, secrétaire départementale de la CGT, ils y dénoncent des « prix de l’énergie qui explosent » alors que les « salaires n’ont toujours pas retrouvé leur niveau de 2020 » et que « les inégalités entre les femmes et les hommes sont toujours aussi importantes ». Et pointent aussi une « pauvreté qui ne cesse de progresser chez les jeunes qui subissent un véritable bizutage social : CDD, stages, intérim, bas salaires, chômage ». Tout en rappelant que « les dividendes atteignent des records » tandis que « les entreprises touchent chaque année 211 milliards d’aides sans conditions ni contrepartie ». Et plaident pour que « dans le privé comme dans le public, les salaires, les pensions et les aides sociales doivent être augmentés et indexés sur les prix ».

    « Langue de bois »

    Chez Force ouvrière, dont le secrétaire départemental Étienne Raoul a prononcé un discours à part, en fin de cortège, après celui des autres organisations syndicales, Il dénonce notamment les « profits colossaux » de « certains groupes industriels ou financiers » alors que « l’on demande des sacrifices aux salariés, aux demandeurs d’emploi, aux retraités, à la jeunesse ». Un message que la plupart partagent, comme Lucas, la trentaine, qui a récemment emménagé dans les environs d’Apt pour travailler à l’hôpital. « Pas assez d’efforts sont faits pour la baisse et le maintien des prix. Il y a beaucoup de paroles et beaucoup de langue de bois de la part des responsables politiques alors que la plupart des gens galèrent à faire un plein », lâche-t-il.

    Une situation que dénonce également le député de la circonscription, Raphaël Arnault (LFI). Il s’était notamment déplacé dans la semaine dans différentes stations-service de la Cité des Papes pour échanger avec les Avignonnais sur le sujet. « Les seuls qui n’étaient pas spécialement partisans pour une action contre les prix, c’était un couple qui roulait en Porsche Cayenne », confie-t-il après avoir évoqué « qu’à chaque crise, on essaie de nous faire croire qu’il n’y a aucun levier d’action, que ce n’est pas possible de faire bouger les choses, que c’est la logique libérale, qu’on ne pourrait rien faire, c’est ce que dit le gouvernement ». Et soutient « qu’il faut bloquer les marges et bloquer les prix de l’énergie pour revenir à des prix raisonnables pour les gens ».

  • La préfecture confirme la forte hausse des expulsions locatives en Vaucluse

    La préfecture confirme la forte hausse des expulsions locatives en Vaucluse

    Il y a deux semaines, la confédération nationale du logement en Vaucluse (CNL 84) avait organisé un rassemblement devant la préfecture contre les expulsions locatives. L’association déplorait ne pas avoir de chiffre précis concernant le nombre de personnes sorties de leur logement par le concours de la force publique, ni d’ailleurs d’avoir eu une réponse de la préfecture à sa demande d’audience.

    « Je ne reçois pas la CNL qui demande zéro expulsion, ça ne marche pas, ce n’est pas possible quand le juge décide que vous devez quitter le logement, vous devez le quitter, la préoccupation sociale que l’on peut avoir, c’est de faire une proposition d’hébergement », justifie le préfet, interrogé ce mardi lors d’un point presse. Thierry Suquet confirme également que le Vaucluse n’est pas épargné par la hausse nationale des « familles jetées à la rue » selon la CNL : « Le nombre d’expulsions avec le concours de la force publique a augmenté de 58 % en 2025 », précise le préfet, soit 300 procédures exécutées sur 423 octroyées.

    Pour autant, tout en étant « ferme quand il y a une décision de justice », Thierry Suquet voit « un constat d’échec quand l’expulsion intervient au bout d’un long processus avant le jugement avec des propositions de relogement et d’hébergement ».

  • Grand Avignon : ces désignations d’élus qui font grincer des dents

    Grand Avignon : ces désignations d’élus qui font grincer des dents

    Trois semaines après son élection à la présidence du Grand Avignon, Olivier Galzi tenait sa première vraie séance du mandat, ce mercredi soir. Seize rapports très techniques et administratifs, largement consacrés à la désignation des élus au sein des commissions, syndicats mixtes ou sociétés publiques locales.

    « J’espère que l’on ne nous fera pas prolonger les débats de manière inutile », prévient d’entrée le président (DVD), un peu plus d’une semaine après une séance similaire en conseil municipal d’Avignon où chaque vote s’est fait à bulletins secrets avec une opposition de gauche et d’extrême droite sans voix au chapitre. « Ce sont des listes de consensus politiques où chaque commune est respectée en fonction de sa représentativité et du résultat des urnes », brosse Olivier Galzi. Trop peu au goût des élus de gauche d’Avignon et de Morières qui ont par moments présenté une liste concurrente. Cela « afin d’acter notre regret d’un manque de représentativité », justifie Mathilde Louvain (LFI) quand le président, oscillant entre agacement et dédain, demande à chaque fois si la liste est maintenue « alors que nous connaissons le résultat d’avance ». « Une posture, déplore-t-il à l’issue de la séance, il y a des sensibilités politiques qui sont habituées à faire ralentir les débats plutôt qu’à les avancer. »

    Une commune carencée pour siéger chez GDH

    Un nom fait tiquer la gauche, celui de Pascale Bories, maire LR de Villeneuve et 1ère vice-présidente en charge de l’habitat, pour siéger au sein du bailleur Grand delta habitat. « Quel signal politique envoie-t-on en élisant la représentante d’une commune qui ne respecte pas la loi SRU en étant déficitaire et pénalisée sur le logement social [364 000 euros, lire notre édition de mercredi] alors que 30 000 demandes sont en attente en Vaucluse », s’interroge Rémy Blanc (PCF). « Je suis désignée au titre de la délégation que j’occupe », répond Pascale Bories, Olivier Galzi ajoute qu’elle n’avait pas postulé d’elle-même. « Villeneuve n’a pas à rougir [taux d’environ de 14%], le rattrapage est long et la loi SRU comporte des défaillances », estime la maire gardoise.

    Autre choix, qui n’a pas fait réagir, mais qui peut questionner : la désignation de Joël Guin, ex-président du Grand Avignon, à l’assemblée générale de Tecelys. Cette SPL en charge notamment des transports dont il est le PDG, et qui est au cœur de lourdes accusations de défaillances et gestion de la part de l’ancien directeur général des services. Faut-il y voir un renvoi d’ascenseur d’Olivier Galzi au fait que Joël Guin ne se soit finalement pas représenté à la présidence ? « Personne n’a appelé l’ascenseur pour moi, j’ai monté les étages comme un grand », répond le maire d’Avignon. Joël Guin louvoie : « Je n’ai rien négocié, j’attends de discuter avec Olivier Galzi, on verra si je reste président. »

  • Relance de la LEO à Avignon : le préfet reste prudent

    Relance de la LEO à Avignon : le préfet reste prudent

    Il y a deux semaines, Olivier Galzi était à Paris pour défendre la cause de la liaison Est-Ouest (LEO), aujourd’hui en phase de clôture par les services de l’État. Le nouveau maire (DVD) d’Avignon et président du Grand Avignon entend réaliser la phase 2 (Rognonas – carrefour de l’Amandier) telle que prévue et s’en est ouvert auprès de Philippe Tabarot, ministre des Transports. « La donne politique a changé, on suppose que l’on va rouvrir le dossier mais il est trop tôt pour dire sous quelles conditions », commente le préfet de Vaucluse, interrogé ce mardi matin. En décembre, ce dernier indiquait avoir enclenché le dossier de clôture du projet de contournement routier sud d’Avignon, où seule 1 tranche sur 3 a été livrée il y a 15 ans. « Le dossier est sur le bureau du ministre, s’il constate un consensus politique qui n’existait pas il y a un an, il n’y a pas de raison de le signer », fait valoir le préfet.

    Toutefois, les partisans du projet ne doivent pas s’emballer alors que, de nouveau, des opposants se font entendre (élus écologistes, association de sauvegarde de la ceinture verte). Un prochain comité de pilotage doit se réunir sans encore d’échéance calendaire. Il y a un an, l’État avait proposé un projet revisité de la phase 2 pour rester sur le coût initial autour de 170 millions d’euros alors que la facture grimpait désormais à 300 millions d’euros. « Il reprend le même trajet, cadre juridique et 90% des fonctionnalités », assure le préfet. Mais au lieu d’une 2×2 voies comme sur la phase 1 (Courtine-Rognonas), la LEO serait une simple 2×1 voies sans aspect autoroutier avec donc croisements, feux rouges… « Des études doivent être poursuivies pour voir si le projet peut aboutir ce qui n’est pas gagné d’avance », prévient Thierry Suquet, moins inquiet, en revanche, sur le financement : « Il faudra aller chercher l’argent dans un prochain contrat de plan. » Laissant entendre que si les crédits initiaux prévus ont été réorientés, de nouveaux pourraient abonder.

  • Le Défenseur des droits, pilier face à la discrimination

    Le Défenseur des droits, pilier face à la discrimination

    Devant quelques dizaines de personnes ce mardi 28 avril dans les locaux de la Scierie à Avignon, Mathilde Le Goff, chargée de mission au pôle régional Paca-Corse du Défenseur des droits, et Miguel Couralet, l’un des six délégués territoriaux du Défenseur des droits, ont exposé leurs actions en Vaucluse en matière de lutte contre les discriminations.

    Réuni à l’occasion d’une journée organisée par la Ligue de l’enseignement de Vaucluse, un parterre de responsables et membres d’associations locales a écouté les différents leviers d’action de l’organisation. « Le climat politique étant ce qu’il est, il y a de quoi ne pas baisser les bras. En tant qu’assos d’éducation populaire, vous savez ce que c’est », glisse ainsi en ouverture Christiane Siréta, présidente de la structure en Vaucluse.

    Les membres de l’institution expliquent ensuite leur fonctionnement. Les différents délégués peuvent être saisis pour diverses raisons et « on tente toujours de régler les situations à l’amiable. Sinon, on fait remonter le dossier à Paris, où des moyens juridiques sont souvent déployés », explique Miguel Couralet.

    900 saisines

    Chaque année en Vaucluse, environ 900 saisines sont ainsi effectuées pour discrimination, que ce soit sur l’âge, la religion, le sexe, l’origine et bien d’autres facteurs.

    Le délégué territorial se permet ainsi d’exposer quelques cas locaux et comment la situation a été gérée. Comme lorsqu’un mécanicien, qui postulait pour un poste de mécano-expert dans un garage avignonnais, n’a pas été recruté malgré ses compétences car il était trop âgé. « Je me suis rendu sur place et le responsable de la structure s’est platement excusé et s’est engagé à verser 3 000 euros en guise de dédommagement », explique Miguel Couralet. Mais d’autres cas sont bien plus complexes. Comme lorsqu’un responsable d’une salle de sport a refusé l’entrée d’une jeune femme voilée. « Lorsque je suis allé voir le patron, il est entré dans une colère noire et a dit qu’il faisait ce qu’il voulait chez lui. Le dossier n’a finalement pas abouti alors qu’on demandait juste un remboursement », explique-t-il.

    La structure travaille également en collaboration avec la Mission locale. « Ce n’est pas assez connu. Il faut que les associations locales s’en rapprochent pour que les victimes de discriminations puissent s’en rapprocher », clame Christiane Siréta.

    Contact possible sur défenseurdesdroits.fr/84-vaucluse

  • [Mort au travail] À Avignon, le drame de Bagnols en exemple

    [Mort au travail] À Avignon, le drame de Bagnols en exemple

    Le décès de Calvin, jeune de 15 ans, le vendredi 17 avril dernier à Bagnols-sur-Cèze après avoir été percuté par un engin de chantier lors d’un stage, était dans toutes les têtes ce mardi 28 avril lors de la mobilisation pour la journée mondiale pour la sécurité et la santé au travail à Avignon.

    Une cinquantaine de personnes se sont ainsi rassemblées à l’appel de la CGT sur le parvis de la gare centre. « Juste à côté de chez nous, c’est un gamin de 15 ans qui a perdu la vie. Nos vies valent plus que leurs profits. Notre santé ne se négocie pas », lance lors d’une prise de parole Jérémy Caillé, délégué CGT à Eurenco et membre du bureau de l’Union départementale. « Il y a un problème d’encadrement dans de nombreux cas. Il y a des responsables sécurité, mais ils ne sont plus sur le terrain et pensent que les plans de prévention sont systématiquement appliqués à la lettre, ce qui n’est pas le cas. Et on se retrouve parfois avec des minots de 14 ou 15 ans qui se promènent en usine sans savoir quoi faire et surtout sans surveillance », abonde Rémy, syndiqué CGT et employé à la carrière de Mazan par le groupe Siniat.

    Plus globalement, les manifestants observent et font part de procédés douteux chez certains de leurs employeurs, souvent de grands groupes. « Dans l’industrie, il y a beaucoup de tâches accidentogènes ou qui provoquent des troubles musculo-squelettiques. Au lieu de s’améliorer et de régler le tir, beaucoup de patrons sous-traitent, avec des normes qui sont moins respectées pour aller plus vite. Et on perd la visibilité sur d’éventuels cas d’accidents après », pointe à nouveau Rémy.

    Risques psychosociaux

    Dans son discours, Jérémy Caillé a également voulu « briser un autre silence », à savoir celui des risques psychosociaux. « Un fléau qui tue et mutile chaque jour davantage. Ils explosent dans les entrepôts logistiques chronométrés, dans les open spaces en restructuration permanente ou dans les services publics exsangues », expose-t-il, avant d’énumérer les différentes demandes du syndicat au niveau national. Comme par exemple le rétablissement des commissions santé, sécurité et conditions de travail (CHSCT) et des instances de proximité avec des prérogatives nouvelles, le doublement des effectifs de l’inspection du travail et des services de prévention, ou encore une politique pénale sévère contre les employeurs responsables d’accidents graves.

    Était également présent le Collectif Amiante Pays des Sorgues. Ceux-ci regrettent la mise en place d’un timbre à 50 euros pour saisir la justice. « On refuse que la justice devienne un service payant, c’est une régression sociale », clame Guy de Zordi, nouveau président de la structure.

  • L’aéroport d’Avignon reste entre deux zones de turbulence

    L’aéroport d’Avignon reste entre deux zones de turbulence

    Depuis presque 20 ans, la Région est propriétaire de l’aéroport d’Avignon. À ce titre, elle vote un budget dédié, adopté lors de la séance du 10 avril dernier. Jean-Pierre Serrus, vice-président aux transports, a tracé les grandes lignes 2026 d’un total de 4,5 millions d’euros au total. Si l’élu, dans les perspectives d’investissements et ouverture de lignes de crédit pour 2,3 millions d’euros a parlé des « travaux de création d’un nouveau parking pour les aéronefs et le programme de réhabilitation des bâtiments », on constate que l’aéroport est largement tributaire des fonds publics : 1,2 million d’euros de subvention dans ses recettes d’exploitation, soit les 2/3 de ses revenus.

    Un budget particulier puisqu’il s’agit du dernier de l’actuel délégataire, une société pilotée par la chambre de commerce et d’industrie (CCI 84). Depuis une semaine, la Région a sur la table les offres reçues dans le cadre de la nouvelle délégation de service public (DSP) qui doit démarrer au 1er janvier prochain pour dix ans. Un marché estimé à 36,5 millions d’euros sur l’ensemble du contrat.

    « L’aéroport végète, quelles orientations voulez-vous lui donner ? », a interrogé en séance Anne-Sophie Rigault, conseillère régionale RN mais aussi élue à Avignon. Comme déjà en octobre dernier, le président Renaud Muslier n’a pas manqué de rappeler « les problèmes de gouvernance » au sein de la CCI et ce avant même son placement sous tutelle début février. « Il faut traiter les problèmes de gouvernance avant le problème de vision », soutient Renaud Muselier alors que dans un pré-marché (notre édition du 26 mars 2025), la Région appelait son futur délégataire à viser « la neutralité carbone ».

    Et le président de confier « se rapprocher du nouveau maire et président du Grand Avignon pour tracer ensemble l’avenir de ce territoire ». Un secteur qu’Olivier Galzi (DVD) connaît bien pour avoir été vice-président d’Edeis, société de conseil aux collectivités, qui gère plusieurs aéroports. « Il faut préserver cette infrastructure en attendant l’arrivée de l’aviation verte, et continuer à la faire vivre au service du territoire, nous confiait Olivier Galzi début mars lors de la campagne des municipales. Je pense notamment à des activités aéro-industrielles. » Désormais maire, Olivier Galzi regrette, auprès de l’Echo du mardi, le délai trop juste de l’appel d’offres pour « pouvoir donner mon avis » et plaide pour que « les acteurs économiques du territoire » puissent être en mesure de répondre à la DSP.

  • Pour sa 60e, le Festival Off se veut convergeant et stable

    Pour sa 60e, le Festival Off se veut convergeant et stable

    Pas moins de 1 780 spectacles différents animeront les planches de la Cité des Papes du 4 au 25 juillet prochain pour le Festival Off d’Avignon, plus grand événement dédié au spectacle vivant francophone. Pour un total de 27 000 représentations et 2,6 millions de billets mis à la vente.

    Des chiffres « qui montrent une convergence », analyse ce lundi 27 avril Laurent Domingos, co-président d’Avignon festival & compagnies, qui tenait sa conférence de présentation. Car, en fin de compte, les visiteurs de la Cité des Papes en juillet auront le choix entre 1 250 représentations par jour à travers les 141 lieux de spectacles, soit des chiffres similaires à 2025. « On a tous les ans des phrases du type “le Festival grossit ou converge”, ce qui n’est pas vrai. Cela converge car le nombre de salles converge, le nombre de créneaux par salle converge, le nombre de jours est le même », explique Laurent Domingos. Les dates étant à nouveau alignées avec celles du In. « On est cependant le plus gros festival du monde, et même de la galaxie, du spectacle vivant pour la jeunesse », ajoute avec humour Raymond Yana, autre co-président d’AF&C. Avec au total environ 1 500 spectacles « tous publics ». D’autant que de plus en plus de compagnies ne restent pas pour toute la durée de l’événement : 12% d’entre elles restent moins de six jours et 18% entre six et onze jours.

    Sans oublier que l’invitée d’honneur est cette année la Méditerranée, avec des compagnies venues de Chypre, d’Espagne, d’Israël, d’Italie, du Maroc ou encore de la Palestine. « On invite les compagnies, pas les pays », insiste Raymond Yana, souhaitant sans doute s’éviter une polémique après les propos du maire d’Avignon, Olivier Galzi (DVD), également présent ce lundi, qui affirmait sur les antennes de France Inter que « le festival n’est pas là pour sortir le drapeau palestinien ».

    Faire face à la crise

    D’autant que le ciel n’est pas tout bleu dans le monde du spectacle vivant. Laurent Domingos a notamment chargé « la baisse en catimini de la moitié » du Fonpeps, à savoir l’aide à l’emploi du plateau artistique donnée par l’État, qui passe donc d’une enveloppe de 40 à 20 millions d’euros, d’après le responsable associatif. « Le Festival Off a beaucoup progressé et s’est beaucoup professionnalisé avec ça. Des compagnies ont pu progresser et faire des spectacles plus solides », regrette-t-il. En réaction, la structure tente tant bien que mal d’y faire face, notamment en augmentant de 60 000 euros son fonds de soutien à l’emploi artistique, qui monte ainsi à 310 000 euros, soit 10% de son budget. « Cela ne remplace pas le Fonpeps. Mais on accompagne une centaine de structures émergentes », précise Harold David, directeur d’AF&C.

    Plus d’infos sur festivaloffavignon.com

  • Avignon : hommage aux victimes du génocide arménien

    Avignon : hommage aux victimes du génocide arménien

    En présence des représentants de l’état, autorités civiles, militaires, parlementaires et élus locaux, Véronique Bruna-Mardoyan, présidente de l’Association franco-arménienne d’Avignon et sa région, a prononcé un discours : « Nous sommes dans la mémoire (…). Car il ne faut pas oublier que notre génocide est impuni, nié et continue (…). Nous demandons au gouvernement turc de reconnaître le génocide arménien et de le réparer. Malheureusement, nous sommes dans un devoir de mémoire qui s’ancre dans l’actualité, parce qu’en 2023, il y a eu le premier nettoyage ethnique du XXIe siècle. 1915 se répète en 2023. »

  • La traduction littéraire en quête d’une reconnaissance mondiale

    La traduction littéraire en quête d’une reconnaissance mondiale

    Traduire un petit mot n’a jamais été aussi simple, à l’ère de la multitude d’applications existantes, avec plus ou moins de réussite. Mais traduire une œuvre littéraire entière, avec ses tournures de phrases, ses subtilités et ses expressions qui ne se transposent pas mécaniquement d’une langue à l’autre, est une tout autre affaire. Un défi auquel s’attellent des milliers de traducteurs dans l’Hexagone. Et c’est cette pratique ancestrale que souhaite inscrire au patrimoine culturel immatériel de l’humanité, entre autres, Laurent Lombard, vice-président de l’Université d’Avignon.

    « On s’est rendu compte, avec l’émergence de l’intelligence artificielle, de l’intérêt hallucinant qu’il y a pour la traduction », explique celui qui est aussi enseignant-chercheur et qui a traduit pas moins de 150 œuvres du français vers l’italien et vice et versa. « L’idée est de montrer l’importance de la traduction dans l’histoire de l’humanité. Cela a jalonné l’histoire de nos pays et créé un dialogue dans nos disciplines sans lequel on serait dans un monde bien différent », poursuit-il. L’expression italienne traditore o traduttore, en français « traître ou traducteur », illustre ainsi, pour l’universitaire, l’art qu’est la traduction.

    Les premières actions pour faire avancer le projet ont d’ailleurs déjà commencé. Plusieurs événements et colloques réunissant traducteurs, universitaires et scientifiques ont été organisés, tandis que les initiatives se multiplient. « Il faudra aussi que d’autres structures d’autres pays s’engagent pour renforcer le dossier », souligne Laurent Lombard.

    Ouverture d’esprit

    Une démarche lancée également avec la Cité internationale de la langue française. C’est d’ailleurs un discours du président de la République, prononcé lors de l’inauguration du lieu, qui a fait germer l’idée. « L’Europe est le continent dont la langue, pour paraphraser Umberto Eco [philosophe, sémioticien et écrivain italien, Ndlr], n’est ni le français, ni l’anglais, ni l’allemand, ne cherchons pas la compétition. La langue de l’Europe est la traduction, disait-il, c’est-à-dire ce point de passage de l’une à l’autre », déclarait-il alors. Estimant que « la traduction du français dans des langues étrangères devient, dans beaucoup d’endroits, une forme de combat politique », Emmanuel Macron appelait notamment à « multiplier ces traductions, mais surtout à les rendre accessibles ».

    « Des gens sont morts et meurent encore aujourd’hui car ils traduisent. Cela symbolise aussi une ouverture d’esprit, ce que certains ne supportent pas », conclut Laurent Lombard avec passion.