Tag: Avignon

  • Mathilde Louvain : « À Avignon, cela ressoude les rangs »

    Mathilde Louvain : « À Avignon, cela ressoude les rangs »

    On a connu meilleur contexte de dernière ligne droite pour une première campagne. Mais à Avignon, Mathilde Louvain préfère regarder devant. « Les Avignonnais ont besoin de savoir ce qu’on leur propose, on répondra toujours à toutes leurs questions pour clarifier », assure la tête de liste insoumise. « Quand on porte un projet pour l’humain, on ne peut pas être pour la violence », redit-elle. À l’heure d’entamer une tournée populaire en cinq dates, dont la première ce samedi (15h, à Montfavet parvis de l’école Sainte-Catherine), Mathilde Louvain ne craint pas de voir le drame de Lyon lui coller comme le sparadrap du capitaine Haddock : « Cela ne menace pas notre campagne, même si nous recevons des intimidations qui ne nous feront pas baisser les yeux ni les bras. » Selon elle, « la cabale médiatique ressoude les rangs et crée de la solidarité ». Saluant le soutien des partenaires (PCF, G.s, Avignon collectif), la candidate dément « toute défection ou désertion ».

    Jusque-là, Raphaël Arnault montrait son « envie de s’investir » dans la campagne, sollicitant si besoin une place symbolique sur la liste. « Il ne sera pas candidat, la décision avait été prise avant la semaine dernière », précise Mathilde Louvain, qui continue à échanger avec le député, contraint de rester en retrait car « il est menacé de mort ». Sa présence aurait-elle eu de toute façon un effet repoussoir ? « Non, c’est un soutien, pas un fardeau. Il reste un élu de la République qui a toute sa place dans la vie politique avignonnaise », défend Mathilde Louvain, prenant ses distances avec les collaborateurs parlementaires, mis en cause par la justice. « Ils étaient là aux côtés de Raphaël mais en aucun cas, lui ou ses collaborateurs ne participent au programme, à la liste », expose la candidate.

    Un message qu’elle s’évertuera à faire passer lors de sa tournée programmatique, sous haute sécurité. « On est la seule alternative de gauche à l’extrême droite, dans le sens où notre projet est social, tourné vers les habitants et que la rupture que l’on prône, c’est instaurer un rapport de force avec les collectivités, l’État, pour aller chercher les moyens dont on a besoin », fait valoir Mathilde Louvain. Le terme de « rupture » agace la liste concurrente de gauche de David Fournier (PS). « Par rupture, ce n’est pas un rejet complet du bilan mais c’est revoir la gouvernance de la mairie ou revenir aux régies publiques comme celle du camping par exemple », illustre la candidate qui estime se singulariser « par un projet transversal et pas un catalogue de mesures ».

  • Face à la crise, une sécu du logement comme solution

    Face à la crise, une sécu du logement comme solution

    La Confédération nationale du logement (CNL) de Vaucluse tenait ce vendredi un forum en Cité des Papes, au cours duquel a été abordée une proposition qu’elle porte fièrement : la sécurité sociale du logement.

    Devant quelques élus de la ville et du Département, tous de gauche, ainsi que des habitants, le président national de l’organisation, Eddie Jacquemart, présentait cette proposition comme une solution alors que « tous les voyants sont au rouge », expose-t-il. Il évoque 3 millions de personnes qui attendent un logement social et 10 millions de personnes « mal logées », pour « seulement » 80 000 logements sociaux construits en 2025.

    Face à cette situation, la CNL présente depuis l’an dernier une proposition de « sécurité sociale du logement » pour « donner espoir aux habitants car cela ne doit pas continuer comme ça », explique Eddie Jacquemart. Une mesure qui permettrait à toute personne « qui a eu un accident de la vie, comme le décès d’un proche, un divorce ou la perte d’un travail » de bénéficier d’une « indemnité de sécurité locative jusqu’à 24 mois, de façon dégressive », ainsi que « du droit au maintien dans les lieux inconditionnel pour tous les ménages et de loyers accessibles, encadrés et ajustés aux revenus ». Le tout serait suivi d’un accompagnement social. « Il y a plus de 80 ans, on a réussi à mettre en place la sécurité sociale alors que le pays était en ruine. On doit pouvoir y arriver aussi. On est le 7e pays le plus riche au monde et on continue de jeter des gens dans la rue, comme au Moyen Âge. Il faut que ça cesse ! », appuie-t-il. Pour assurer une autonomie financière du système, la CNL imagine plusieurs possibilités, comme une réaffectation de fonds existants, tels que la garantie Visale, le Fonds de solidarité pour le logement ou l’impôt sur la fortune immobilière ; la mutualisation des dépôts de garantie ; ou encore une cotisation des bailleurs sur les loyers perçus, entre 1% et 2%. Le tout est décrit dans « Le manifeste pour la sécurité sociale du logement », à retrouver sur le site de la CNL.

    Criminalisation

    C’était également l’occasion d’interpeller les municipalités, ainsi que les candidats aux élections, sur les leviers qu’ils peuvent actionner. L’organisation a ainsi proposé ses « 25 orientations » à l’attention des listes en lice, comme par exemple encourager la construction de logements sociaux sur leur territoire, imposer des standards de qualité, encadrer les loyers et maîtriser les prix du foncier. Ou encore rendre obligatoire la mise à disposition de locaux collectifs résidentiels, favoriser l’information pour prévenir les expulsions locatives ou garantir la sécurité publique dans un cadre apaisé, par exemple en favorisant la présence de la police municipale et de travailleurs sociaux.

    « Chaque jour, la crise est plus aiguë, avec une extrême saturation des logements sociaux et la criminalisation des locataires les plus fragiles », insiste Michel Mus, président de la CNL de Vaucluse. Dans le public, Claude Nahoum, actuel 1er adjoint (Place publique) au maire d’Avignon, s’exprime, lui, sur « la difficulté de l’entretien du logement social », tout en insistant sur « l’exemplarité d’Avignon avec 35% de logements sociaux ».

  • À Avignon, le chant du cygne des Républicains sans soutien officiel

    À Avignon, le chant du cygne des Républicains sans soutien officiel

    C’est une page politique symbolique qui se tourne à Avignon : les Républicains n’auront pas de candidat ni de soutien officiel. « Le parti n’a investi personne », nous annonce Julien Aubert, vice-président LR, qui a longtemps mené une précampagne avant de renoncer en novembre.

    Cela ne veut pas dire pour autant que le parti de droite historique ne sera pas représenté au conseil municipal. Depuis le retrait de Julien Aubert, Serge Perramond avait reçu mandat du parti pour discuter avec des partenaires potentiels (notre édition du 13 janvier). Celui-ci devrait être sur la liste d’Olivier Galzi, mais avec sa casquette de secrétaire du mouvement Avignon Passion, lancé par Julien Aubert, et qui s’est rallié à Olivier Galzi, mi-janvier. À titre personnel et associatif mais donc pas avec sa casquette partisane. « La campagne n’est pas encore arrivée à son terme », temporise Serge Perramond, embarqué dans une curieuse dichotomie.

    « Olivier Galzi n’a pas souhaité demander l’investiture LR, ce qui signifie que si Serge Perramond est sur sa liste, ce sera davantage au nom de son action au sein d’Avignon Passion que de LR », décrypte Julien Aubert. Olivier Galzi, qui a eu l’appui de l’UDI et d’Horizons, n’en désire pas plus, ne « croyant plus aux partis pour relever notre ville ». Le recul annoncé de LR devrait avoir des conséquences aux sénatoriales de septembre alors que le parti a deux sénateurs sur trois en Vaucluse.

  • [Entretien] Linh : « Si ma musique m’aide et aide les autres, ce n’est que du positif »

    [Entretien] Linh : « Si ma musique m’aide et aide les autres, ce n’est que du positif »

    La Marseillaise : Vous êtes en tournée pour votre premier album, après plusieurs singles et un EP. Qu’est-ce que cela fait de monter sur scène ?

    Linh : J’avoue que c’est incroyable. J’ai du mal à réaliser parce que c’est juste fou ce qu’il se passe. C’est vrai que c’est ma première tournée, donc j’étais un peu stressée, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Mais au final, je reçois beaucoup d’amour de la part du public et je passe des moments absolument hors du temps. C’est incroyable.

    C’est un premier album très intime. Comment avez-vous pensé les thématiques, la construction de l’histoire que vous partagez ?

    Linh : Oui, sur ce premier album, ça se remarque, je parle beaucoup d’amour, parce que c’est un peu ce qui m’inspire dans la vie, c’est mon moteur. Je n’ai jamais vraiment réfléchi à un thème en particulier, ce sont des choses qui me viennent comme ça, quand je commence à composer les mélodies. C’est un album très intime, ça parle de choses qui me sont arrivées, des doutes, des moments vécus. Pourtant, j’ai eu du mal à parler de moi au début. Le single Je pense à vous m’a débloqué sur le fait de pouvoir parler de soi, intimement. Au départ, j’avais très peur de sortir cette chanson, car elle était vraiment mon histoire. Mais il y a eu un engouement énorme autour de ce morceau, j’ai reçu beaucoup de messages de personnes qui s’appropriaient mon histoire, avec leur propre histoire. Ça m’a débloqué sur le fait que je pouvais vraiment écrire sur tout. C’est pour ça que dans cet album on retrouve beaucoup de choses de ma vie.

    Faire de la musique, est-ce une manière de s’exprimer sur des sujets intimes, mais aussi universels ?

    Linh : Complètement, et c’est une thérapie aussi. Par exemple, j’ai composé une chanson qui s’appelle Je t’aime, c’est sur l’amour de soi. J’ai mis presque un an à l’écrire. C’était quelque chose qui me traînait dans la tête depuis beaucoup de temps. En écrivant et en mettant des mots sur tout ça, ça m’a fait du bien, j’ai eu comme un gros soulagement. Je reçois des messages de personnes qui me remercient pour cette musique, qui me disent qu’elle les aide. Donc forcément, si moi ça peut m’aider et que ça peut aussi aider les personnes qui écoutent ma musique, ce n’est que du positif.

    Vous monterez sur scène à Marseille, puis à Avignon. Quel est votre lien avec cette région ?

    Linh : J’ai un lien très fort avec Marseille, parce que ma maman, mes tantes, mes cousines, mes grands-parents sont de Marseille. Donc c’est incroyable pour moi de me dire que je vais me produire dans cette ville pour la première fois, pour ma propre tournée. Ça me fait vraiment quelque chose. Et puis Marseille, pour moi, c’est plein de cultures qui se rencontrent, ça va vraiment avec cette idée d’ouverture culturelle. Et Avignon, c’est une ville que je trouve fantastique et c’est le sud, ça reste ma maison, puisque je viens de Nice au départ.

    Vous faites partie du collectif « Génération Pièces Jaunes », composé de 28 artistes. C’est important pour vous de participer à des initiatives caritatives ?

    Linh : C’est très important parce qu’en tant qu’artiste, et encore plus avec les réseaux sociaux, on est une vitrine. Il y a beaucoup de personnes qui s’identifient à nous, certains jeunes notamment. Je pense que c’est important de participer à des événements comme ça, comme les pièces jaunes, le Téléthon… Forcément, quand on montre des actions positives, l’effet ne peut qu’être positif. Je me dis que si chaque personne fait de son mieux, on peut arriver à quelque chose de plus beau.

    Vous faites partie de la nouvelle scène française. Comment voyez-vous ce paysage musical émergeant ?

    Linh : Je pense qu’il y a une liberté de création. J’ai l’impression qu’on va dans ce sens avec tout ce qu’il se passe en ce moment sur la scène musicale, les nouveaux artistes qui arrivent. Je trouve qu’on est de plus en plus dans l’acceptation. Il y a du respect et en même temps, on arrive à dire ce qu’on a envie de dire. Je trouve ça super. C’est un milieu qui a des côtés sublimes, magnifiques, mais d’autres côtés très compliqués. En tant que femme, pour ne pas mentir, c’est dur. Il y a beaucoup de misogynie, mais j’ai la chance d’être très bien entourée.

    Des places sont encore disponibles
    pour le concert de Marseille.
    Avignon affiche complet

  • Raphaël Arnault sous pression après la mort du militant identitaire

    Raphaël Arnault sous pression après la mort du militant identitaire

    Jacques-Ellie Favrot, l’assistant parlementaire du député de la 1ère circonscription de Vaucluse Raphaël Arnault (LFI), accusé d’être impliqué dans la mort du militant nationaliste Quentin Deranque lors d’affrontements à Lyon jeudi dernier, a reconnu, d’après les propos de son avocat, Maître Bertrand Sayn, relayés ce mercredi soir à nos confrères de LCI et Radio France, « la commission de violences » et sa présence sur les lieux du drame. Il aurait assuré qu’il « n’est pas l’auteur des coups ayant provoqué le décès ». Il assure que son client « est dévasté » par la tournure des événements. Dans le même temps, un deuxième assistant parlementaire du cofondateur de la Jeune Garde, Robin C., a également été interpellé pour « mise à disposition de moyens en vue de se soustraire aux recherches », ainsi qu’un ancien stagiaire du député.

    Conséquence : un vent d’appels à la démission et de critiques arrive de toutes parts, au niveau national mais aussi au sein de la Cité des Papes. La porte-parole du gouvernement, Maud Brégeon, a appelé sur Franceinfo ce mercredi 18 février au matin à exclure « tout du moins temporairement » le député de son groupe à l’Assemblée. Une mise à l’écart demandée « pour marquer une clarification, pour dire non à la violence », poursuit Maud Brégeon.

    Sur X, Raphaël Arnault assurait ce mardi soir que « comme indiqué par un communiqué de son avocat, mon collaborateur Jacques-Elie Favrot a cessé toutes ses activités parlementaires » et que, ce lundi 16 février, « avant d’apprendre son interpellation », des procédures pour mettre fin à son contrat avaient été engagées auprès des services de l’Assemblée. Et de conclure que c’est « à l’enquête désormais de déterminer les responsabilités ». Il est pour l’heure également soutenu par son parti, qui dénonce une « instrumentalisation ». Alors que le siège national de la France insoumise a été évacué ce mercredi matin suite à une alerte à la bombe, le coordinateur national Manuel Bompard affirmait sur X « que Raphaël Arnault n’a aucune responsabilité dans le drame survenu à Lyon jeudi dernier et qu’il n’est absolument pas concerné par l’enquête en cours ».

    Appel à la démission

    Une tempête qui s’exporte évidemment dans la Cité des Papes. David Fournier se montrait mesuré ce mardi 17 février, avant d’apprendre l’interpellation de Jacques-Ellie Favrot, en assurant qu’il « ne fait pas d’amalgame », regrettant « un drame absolu ». Tout en glissant qu’il fait « confiance non seulement aux forces de l’ordre de mon pays mais aussi à la justice » et qu’il n’a « jamais commenté des affaires en cours ».

    Mais d’autres se sont montrés plus offensifs. À commencer par son ancien adversaire au premier tour des élections législatives de 2024, Philippe Pascal (Debout !, ex-GDS). Raphaël Arnault avait été désigné pour représenter le Nouveau Front populaire, mais Philippe Pascal s’était maintenu au premier tour avant d’appeler à voter pour l’actuel député au second. Dans un message, il exprime sa « colère, déception et un profond sentiment d’injustice » et regrette que « ce sont souvent ceux qui construisent patiemment, au quotidien, qui se retrouvent écartés au profit de stratégies qui dépassent les réalités locales » tout en affirmant que « la mort d’un militant, quel qu’il soit, rappelle toujours que la violence politique mène à une impasse ».

    D’autres demandent sa démission, notamment à droite. Olivier Galzi, candidat (DVD) aux municipales, avance que Raphaël Arnault « a clairement une responsabilité morale dans ce meurtre » et qu’« une démission de sa part paraît s’imposer ». Avant de terminer son texte par un discours dangereux, si ce n’est révoltant, en évoquant que « le fascisme n’est ni de droite ni de gauche (sic), il est aux extrêmes, car il est avant tout un totalitarisme qui souhaite s’imposer par la force ». Une démission également demandée par Julien Paudoie, pilote Renaissance à Avignon en vue des municipales. Qui estime que « la République ne peut pas rester ambiguë face à la violence », car la situation interroge « profondément la capacité du député à représenter sereinement le territoire vauclusien ».

  • Jacquemart et Jacotte refont sonner la cloche d’Avignon

    Jacquemart et Jacotte refont sonner la cloche d’Avignon

    Jacquemart et Jacotte ont repris du service ce mardi 17 février. Le couple d’automates, qui sonne les heures depuis 1838 au sommet de la tour d’Albane de l’Hôtel de Ville d’Avignon, a, à nouveau activé ses articulations mécaniques pour frapper la cloche à coups de marteau à chaque heure.

    C’est depuis la maison Jean Vilar que l’on voit le mieux les couleurs redevenues flamboyantes du valet du seigneur et de sa compagne, chacun haut de pas moins de deux mètres. Ils ont été délogés en octobre dernier par les services de la mairie, une première en 190 ans. « Il y avait pas mal de choses à faire », confie Michel Edoli. Avec son frère, Marc, et trois employés, le septuagénaire a rénové dans son atelier de Sarrians les automates avant de les repeindre. Une opération qui a duré pas moins de trois mois. Avec tout d’abord un décapage des structures abîmées par le temps et les aléas climatiques. « Jacquemart n’avait presque plus de bras ni de pieds », glisse l’artisan sarriannais, qui estime que « ça va tenir encore au moins 200 ans ». Puis d’incorporer, au fur et à mesure, semaine après semaine, une puissante colle pour faire tenir l’ensemble. Et donc de terminer avec la peinture, « surtout les visages parce qu’ils étaient affreux », glisse avec le sourire Michel Edoli. « On restaure à l’identique, en revenant aux mêmes bases. Mais avec notamment des matériaux plus performants pour que cela tienne plus longtemps, comme la colle par exemple. D’essayer de faire en sorte que ces monuments retrouvent leur splendeur, car on a parfois l’impression que c’est en train de se perdre », poursuit celui qui a participé à la rénovation de nombreux sites classés en Vaucluse. Avec notamment les restaurations du pont-levis du Pont Saint-Bénézet, des boiseries du musée Calvet, des fenêtres du Palais du Roure ou encore de l’Hôtel-Dieu de Carpentras et du château de Fargues au Pontet.

    Ce n’est pas le premier couple qui orne le sommet de la tour d’Albane. Dès 1472, deux automates s’animaient déjà en centre-ville de la Cité des Papes, qui furent finalement remplacés en 1838 par les deux sculptures de l’artiste Rousseau. Mais le Jacquemart et la Jacotte d’origine sont toujours observables. En effet, ils sont conservés au musée Calvet.

    Mécanisme modernisé

    C’était également l’occasion de remettre à jour le mécanisme qui permet au couple de frapper chacun la cloche. Une tâche qui est revenue à Christophe Nebout, du service énergie à la mairie d’Avignon. Un travail moins vaste que celui de son collègue à la menuiserie, car « le mécanisme avait dû être changé autour de 1997 et l’installation était déjà électrifiée », confie-t-il. Mais il en a tout de même profité pour moderniser quelque peu le système « avec un programmateur électronique et un moteur moins gourmand en énergie, tout en étant adapté au système de tirage et des amortisseurs pour éviter que tout lâche », poursuit celui-ci, qui s’occupe de toutes les horloges de la ville, y compris celles des établissements scolaires.

    Mais il reste encore quelques petits ajustements à faire pour que les gestes des automates soient les mêmes que d’antan. « Les mouvements devraient être plus amples et donc plus visibles », concède Christophe Nebout. « Jacquemart devrait bouger plus largement son bras, tout comme Jacotte. Je vais vous embêter tant que ce n’est pas fait », insiste Michel Edoli à plusieurs reprises auprès des techniciens et élus présents en cette matinée ensoleillée.

  • David Fournier prend le train vert de Marine Tondelier

    David Fournier prend le train vert de Marine Tondelier

    Partie du Pas-de-Calais en train de nuit pour Menton, puis Toulon et Nîmes, lundi Marine Tondelier n’est pourtant pas las du train-train quotidien en arrivant ce mardi à Avignon pour soutenir David Fournier (PS) et sa liste de rassemblement, rejointe par les Verts. La secrétaire nationale des Écologistes est lancée depuis un an dans un tour de France des communes, en vue des municipales, mais en gardant à l’esprit aussi de quoi nourrir son projet pour la présidentielle de 2027, où elle a déjà annoncé sa candidature. « Avec les régionales de 2028, on s’apprête à mener la bataille politique la plus dure et la plus importante de notre vie, estime Marine Tondelier. On a tous conscience de cette responsabilité qui a un côté écrasant mais très motivant. »

    Une motivation qu’elle puise sur le terrain. En milieu d’après-midi, une visite de l’entreprise Promodal, spécialisée dans le transport combiné rail-route, était organisée. « C’est très inspirant d’aller voir les gens qui se battent et attendant des réponses de notre part », commente-t-elle à la sortie. David Fournier est lui rattrapé par les enjeux locaux de mobilité sur la LEO, plan Faubourgs ou arrêté anti poids lourds sur la Rocade.

    Au local de campagne ensuite, David Fournier salue « l’esprit fédérateur des Écologistes », qui en le rejoignant « ont impulsé la dynamique d’union de la gauche ». Marine Tondelier est sur la même « boussole », « avoir un maximum de ville à gauche ». « Sauf exceptions, de manière assez instinctive, les Écologistes ont partout été responsables pour garder l’union », assure-t-elle. Ce qui ne fut pas le cas en 2020 où Jean-Pierre Cervantès, désormais rangé derrière David Fournier, avait fait cavalier seul au 1er comme au 2nd tour.

    Marine Tondelier ne s’est pas attardée sur le cas de Sabah Badji, cheffe de file suspendue après s’être ralliée à Mathilde Louvain (LFI). « Les gens ont le droit d’avoir et de suivre leur liberté de conscience mais les résultats parleront d’eux-mêmes », projette la patronne écologiste. Et si dans d’autres communes, son parti soutient LFI, « statistiquement, il y a un isolement de LFI qui a tenu à partir tout seul partout, je pense qu’il y aura un vote utile, très fort, dès le premier tour pour les listes d’union », projette Marine Tondelier qui raconte que récemment dans un train, Manuel Bompard, coordinateur national des insoumis, lui a dit « ne plus avoir de partenaires » à gauche. « Pas mieux », intervient David Fournier, laissant transparaître à demi-mot qu’il ne serait guère enclin à s’allier avec Mathilde Louvain au second tour.

  • Un nouvel espace de vie commune à la Grange d’Orel

    Un nouvel espace de vie commune à la Grange d’Orel

    Alors que le ciel commence à se couvrir, une bonne quarantaine d’enfants et de jeunes ados sont rassemblés autour d’un terrain de foot tout juste sorti de terre dans le quartier de la Grange d’Orel, à Avignon. Une demi-douzaine d’entre eux s’affrontent dans une partie de ballon rond, parfois réprimandés par un des éducateurs quand ils « tirent trop fort », tandis que la première édile de la Cité des Papes les regarde, tout sourire, à l’occasion de l’inauguration de ce square Diourbel, tout juste réaménagé.

    Avec un nouveau city stade de foot et de basket donc, mais aussi des tables de ping-pong, de nouveaux revêtements sur les routes alentour et différents végétaux.

    « Personne sur le bord

    du chemin »

    « Il suffit de regarder pour voir que les enfants sont super contents », se réjouit Billel Ferhane, directeur du club jeunes du quartier, mais aussi de l’insertion/prévention, collectif d’une quarantaine de jeunes à l’initiative d’une partie du projet à travers le budget participatif il y a un an. « C’est très bien que le quartier s’embellisse. Nos bâtiments sont beaux, mais il fallait le reste aussi. Le terrain était abandonné depuis 30 ans, donc c’est une très belle chose », appuie-t-il.

    Des aménagements et rénovations qui ont coûté au total 205 000 euros, en grande majorité dans le cadre du NPNRU, dont 20 000 euros issus du budget participatif de la ville, avec la demande de poser 25 arbres supplémentaires. « Nous voulions imaginer une action pour améliorer le quartier et lui redonner de la vie. C’est aussi un symbole d’avenir. On avait surtout besoin d’ombre ici parce qu’on n’en avait pas depuis longtemps », glisse Omar, membre de l’insertion/prévention, qui a été désigné comme le porte-parole du projet par ses camarades. « Notre volonté est de ne laisser personne sur le bord du chemin. Quand je vois l’énergie aujourd’hui, j’ai confiance en l’avenir de la ville, car les jeunes vont porter de beaux projets », avance Cécile Helle en fin de cérémonie.

  • Sur le volet social, Olivier Galzi croit au ruissellement local

    Sur le volet social, Olivier Galzi croit au ruissellement local

    Fin janvier, lors de la présentation de son programme, Olivier Galzi (DVD) avait mis sous l’éteignoir le volet social et solidarité. Une absence que nous avions relevée alors qu’Avignon affiche un taux de pauvreté de plus de 30%, « dépassant 55% dans certains périmètres prioritaires », note désormais le candidat, dans un communiqué sur cette thématique. « Le social, c’est comme l’écologie, ça doit tout irriguer. C’est vrai que ce n’est pas ressorti comme un élément distinctif », concède-t-il à La Marseillaise.

    Fidèle à son adage du « bon sens qui va tout conditionner », l’ex-journaliste TV brosse la philosophie globale de sa vision sociale : « On ne partage pas la pauvreté, mais on partage la richesse. Notre programme est destiné à redonner une attractivité, laquelle attractivité va générer un apport de richesse par les familles et les entreprises, qu’on essaie de faire revenir à Avignon, par les visiteurs à l’année… On peut ensuite commencer à penser à redistribuer cette richesse. » Une forme de ruissellement ? « Appelez ça comme vous voulez, mais cette théorie a mauvaise presse au niveau national, parce que les gens ne l’ont pas vue mais, je pense qu’au niveau local, c’est plus facile de voir du ruissellement », répond-il, défendant également « un programme financé et finançable ».

    Voilà pour la théorie. Comment mettre en pratique ? Ces derniers jours, Olivier Galzi a réalisé deux vidéos, savamment mises en scène, où il va au-devant de squatteurs. Alors qu’à gauche on grince face à cette « politique spectacle » ou ce « one man show », selon Olivier Faure, premier secrétaire du PS, le candidat temporise : « Je ne suis pas en train d’expliquer qu’il faut nettoyer au Karcher, mais vu le nombre de vues que j’ai sur ces vidéos-là et le nombre de likes, je suis à peu près en phase avec la population. » Pour remédier à cette problématique d’errance, qu’il chiffre à entre 60 et 100 personnes, Olivier Galzi parle de « solution individuelle ».

    Recréer de la mixité sociale

    En lien avec les services municipaux ou des associations, il entend « créer un nouvel accueil de jour », « tendre des mains », et séparer le bon grain de l’ivraie. Aider ceux qui ont envie de s’en sortir en répondant aussi aux problématiques psychiques et d’addiction tout en étant ferme sur les oisifs volontaires. « On va faire en sorte de leur faire comprendre et envoyer le signal qu’Avignon ne sera pas la ville qui les accueillera de manière favorable », prévient Olivier Galzi.

    Au-delà, le candidat s’inscrit dans la vision du plan local de l’habitat du Grand Avignon, qui a pour but de créer de la mixité à l’échelle du territoire en ne concentrant pas toute la grande pauvreté dans les logements très sociaux d’Avignon. « On souhaite créer des logements sociaux pour les classes moyennes et aider les locataires à devenir propriétaires, via le bail réel solidaire, un dispositif innovant pour acheter son logement 40% moins cher que le prix du marché », détaille Olivier Galzi. 150 places en crèche en quartier prioritaire de la Ville sont aussi annoncées.

  • En Vaucluse, le député insoumis et son assistant dans la tourmente

    En Vaucluse, le député insoumis et son assistant dans la tourmente

    Il y a un peu plus d’une semaine, lors du meeting de campagne à Avignon de la candidate LFI Mathilde Louvain, aux côtés du député Antoine Léaument, le média d’extrême droite Frontières est resté en live pendant plus de deux heures devant le lieu du meeting. Une sorte d’affrontement resté verbal ou enfariné -pour le « journaliste » vedette de Frontières- auquel Jacques-Élie Favrot a été confronté. Une scène qui, aujourd’hui, prend un autre relief alors que le nom du collaborateur parlementaire du député Raphaël Arnault (LFI-NFP) est jeté en pâture, désigné par le groupuscule d’extrême droite Némésis comme un des agresseurs ayant entraîné la mort du militant identitaire lyonnais.

    Par la voix de son avocat, Jacques-Élie Favrot a, dimanche, « formellement démenti être responsable de ce drame » et s’est mis en retrait de sa fonction de collaborateur. Ce lundi, la présidente de l’Assemblée nationale lui a suspendu l’accès au palais Bourbon par crainte de « troubles à l’ordre public ». Côté justice, le procureur de Lyon n’a, pour le moment, délivré aucune indication sur le profil des agresseurs. Pour rappel, samedi, Raphaël Arnault a fait part de son « horreur et dégoût » suite au décès et souhaité « que toute la lumière soit faite sur ce drame ».

    « On n’a rien à voir avec ça »

    Contacté, Raphaël Arnault, qui siégeait à l’Assemblée nationale le soir du drame, n’a pas donné suite. « Même si ça prend des proportions énormes, on n’a rien à voir avec ça », confie-t-on dans son entourage, qui n’a guère goûté de voir, dimanche, trois députés RN se mettre en scène devant la permanence parlementaire de Raphaël Arnault. Pancarte « l’extrême gauche tue », Catherine Rimbert, Marie-France Lorho (par ailleurs condamnée et inéligible pour emploi fictif de son ex-assistant Yann Bompard, les deux ont fait appel) et Hervé de Lépinau (candidat aux municipales de Carpentras) demandent la démission ou la levée de l’immunité parlementaire du député insoumis. Le tout, sans la moindre prudence judiciaire. À Camaret, le maire RN a, ce lundi, mis les drapeaux de la mairie en berne tenant aussi pour responsable les « militants de l’extrême gauche ».

    À un mois du premier tour des municipales, ce contexte risque de peser alors « que les haines sont attisées par l’extrême droite », regrette-t-on dans l’équipe de Mathilde Louvain. À Carpentras, un local visant LFI a été tagué (lire ci-dessous). À Avignon, la question de mettre en retrait de la campagne Raphaël Arnault ne s’est pas encore posée. Le député, qui pourrait seulement être sur la liste à une place symbolique, est toutefois « investi » dans la campagne, assurait-il mi-janvier. « En fonction de l’enquête, les responsabilités seront établies et il reviendra au député d’avoir sa propre réaction, en revanche il n’appartient pas à LFI de contrôler les réactions des adversaires potentiels », conclut-on du côté de Mathilde Louvain.

    Carpentras : un lieu tagué « LFI, antifa assassin »

    Ce samedi, l’espace Fenouil à Carpentras, un lieu associatif privé, doit accueillir un forum « Décolonisons nos esprits », organisé par les candidats LFI aux municipales. Un site qui « a été la cible de tags intimidants », dénonce la France insoumise. Sur des photos, consultées par La Marseillaise, on peut y lire « LFI, antifa assassin », « Arnaut (sic) tueur ».La présence du député Raphaël Arnault à ce forum a été annoncée. « Dans un contexte marqué par la montée des discours d’extrême droite, les menaces et les tentatives de pression n’ont pas leur place dans un débat démocratique », déplore LFI. F.C.