Tag: Avignon

  • Finances, circulation, cours d’école… conseil tendu en vue

    Finances, circulation, cours d’école… conseil tendu en vue

    Chaud dedans et chaud dehors. Le conseil municipal se réunit ce mardi (18h, Hôtel de ville) avec 55 délibérations à l’ordre du jour. Un menu très chargé autour des différents bilans financiers 2025, le rapport de la chambre régionale des comptes (CRC) sur la gestion de la Ville, l’adoption du règlement intérieur ou les subventions aux associations revues à la baisse.

    Le tout alors que le maire a dévoilé, vendredi, un audit sur les finances municipales qu’il a commandé à son arrivée et dont l’analyse est déjà remise en cause par l’opposition de gauche. « Un champ de ruines », a pesté Olivier Galzi (DVD), accusant l’ancienne majorité d’avoir manipulé les comptes, préparant ainsi les esprits à la rigueur. Ce lundi matin, « face à l’état catastrophique des finances dont nous héritons » et « la nécessité de faire d’immenses efforts collectifs pour éviter le naufrage », il annonce revenir sur l’augmentation des indemnités de ses adjoints qui avait fait polémique en ouverture de mandat (+35%). De 1 200 euros bruts, les adjoints étaient passés à 1 700 euros. Selon nos calculs, ce revirement permet une économie de 120 000 euros par an. Soit la moitié de travaux pour végétaliser les cours d’écoles.

    Une comparaison loin d’être anodine puisque la Ville vient de geler le programme Fraich’ cours. Cet été, seule l’école Louis Gros sera végétalisée contre six prévues initialement. « Une seule a été budgétée. Donc aujourd’hui, les parents d’élèves qui vous disent “la mairie ne fait pas les travaux pour les cinq cours que vous avez promis”, oui, c’est vrai. Merci, Madame Cécile Helle [ex-maire], merci, Joël Peyre [ex-élu aux finances] », se dédouane Olivier Galzi. En amont du conseil municipal, des parents d’élèves sont attendus pour marquer leur désapprobation. Ils seront aussi accompagnés par plusieurs collectifs et associations opposés à la refonte du plan Faubourgs de circulation routière.

  • Grand Avignon : déjà 6 millions d’euros pour un tramway nommé fantôme ?

    Grand Avignon : déjà 6 millions d’euros pour un tramway nommé fantôme ?

    En décembre 2022, le Grand Avignon déprogrammait des crédits pour la réalisation de la seconde phase du tramway, qui devait relier Saint-Lazare à l’île Piot. Gelé, le projet estimé alors à 56 millions d’euros, n’a jamais été enterré mais seulement reporté. La mandature précédente sous Joël Guin a préféré d’abord miser sur des parkings-relais avant d’étoffer le réseau d’une nouvelle ligne structurante. Or, depuis près de 4 ans, si aucun coup de pioche n’a eu lieu, les lignes budgétaires ont, elles, bien avancé.

    Une décision d’ici

    à la fin de l’année

    Ainsi, près de 6 millions d’euros au total ont ou vont être dépensés jusqu’en 2027. Et ce selon le tableau récapitulatif des autorisations de programme, qui sera présenté ce lundi soir en conseil communautaire (18h, salle de Montfavet), dense de 52 rapports dont aussi l’augmentation des tarifs de l’eau (lire notre édition du week-end). Trois millions d’euros ont été mis sur la phase 2 du tram en 2023, 440 000 euros l’an dernier et 252 000 euros cette année. Les élus du Grand Avignon doivent voter une nouvelle avance de trésorerie à Tecelys [la décriée SPL en charge du réseau] de 442 000 euros dans le cadre de son mandat de la phase 2 du tramway.

    Contacté, le Grand Avignon parle d’une « délibération purement administrative, l’avance de trésorerie a pour objet d’assurer la cohérence et la compatibilité des études entre elles (chron’hop et tramway) ». L’agglo n’a, en revanche, pas souhaité synthétiser l’ensemble des études. « L’exécutif disposera d’ici la fin de l’année de tous les éléments techniques, financiers, économiques et fonctionnels lui permettant de prendre les décisions éclairées et procéder aux arbitrages nécessaires à la priorisation et à la programmation des projets de transport collectif », nous répond la collectivité.

    Les bureaux d’études n’ont donc pas chômé avec des perspectives de prolongement tournées vers l’hôpital, mais aussi Agroparc, voire même la rue de la République, avec un 8e avenant au contrat signé début mars. Sans qu’aucune décision politique ne soit prise derrière. Rappelons que 6 millions d’euros, cela équivaut à plus d’une année de gratuité pour tous du réseau Orizo, les recettes de billettique rapportant 5 millions d’euros.

    Mais surtout, ces études pourraient bien finir à la poubelle. Car Olivier Galzi, maire (DVD) d’Avignon et président de l’agglo, plaide pour réaliser des bus à haut niveau de service (BHNS) plutôt que développer le tramway. « Le prolonger à Agroparc est un mensonge », disait-il pendant la campagne face au coût prévu de 250 millions d’euros. Début mai devant la presse, il réaffirmait son opposition au tramway. « C’est 30 millions d’euros du kilomètre, contre 3 pour le BHNS, dix fois moins ! », soulignait Olivier Galzi. L’équivalent de deux kilomètres de BHNS auront donc déjà été engloutis en études.

  • [Grand entretien] Tiago Rodrigues : « Le désaccord estun trésor à Avignon »

    [Grand entretien] Tiago Rodrigues : « Le désaccord estun trésor à Avignon »

    Tiago Rodrigues : De grands développements technologiques au niveau de la communication, comme les réseaux sociaux, ont aussi un impact négatif et augmentent la désinformation. Les espaces de débats pluriels diminuent, envahis par la notion selon laquelle tout désaccord en société serait irréconciliable. On assiste à une montée très claire de l’agressivité, de la radicalité même, des discours politiques. Or, nous devons rappeler qu’une aventure comme le Festival d’Avignon, qui dure depuis presque 80 ans, est un espace où le désaccord est un trésor et vient équilibrer cette tendance, à mon sens négative, d’un discours trop polarisé, y compris dans les sociétés démocratiques. Les réponses trop simplistes, comme le déni climatique ou le masculinisme, montent en puissance. Des forces profitent de façon prédatrice de ce genre de polarisation de la société. Le Festival d’Avignon et le service public de la culture peuvent jouer un rôle qui compense cette tendance avec quelque chose de plus positif, avec la pratique joyeuse et collective de la découverte des spectacles.

    Le spectacle d’ouverture, « Maldoror », de Julien Gosselin, fait dialoguer l’écrivain chilien Roberto Bolano avec Lautréamont pour questionner les racines du « mal absolu ». Dans quoi réside-t-il aujourd’hui ?

    T.R. : J’ai hâte de découvrir ce spectacle de ce grand metteur en scène, mais j’ai des doutes sur cette dimension du mal absolu : la philosophe Hannah Arendt parlait de la banalité du mal et le dramaturge Bertolt Brecht, non pas des actions des mauvais, mais du silence des bons. Le Festival d’Avignon est cet endroit qui privilégie la découverte des arts, mais aussi un outil de participation démocratique. Plus que ma pensée, la philosophie qui peut répondre à votre question est celle de Julien Gosselin. Cela m’intéresse de savoir pourquoi nous sommes fascinés, à travers l’histoire, par les méchants du théâtre, par Richard III, par exemple. Qu’est-ce que l’observation du mal nous apprend ? Nous aurons des éclairages avec ce spectacle événement qui mêle théâtre, vidéo, cinéma et littérature, tout en proposant au public un autre rapport à la Cour d’honneur, avec des déambulations qui permettront au public de vivre un spectacle au Palais des Papes de façon très inhabituelle.

    La langue invitée cette année est
    le Coréen, avec entre autres «
     Island story » de Kyung-Sung Lee, qui fait entendre des témoignages de survivants de la répression
    d’une commémoration de la fin de l’occupation japonaise, en 1948.
    Le colonialisme est-il aussi l’un des maux principaux de notre époque
     ?

    T.R. : Si le Festival d’Avignon est une sélection de spectacles qui traduisent l’implication des artistes dans le monde, il ne faut pas non plus penser qu’il est un festival politique qui traduit un théâtre. Nous ne sommes pas un festival avec un agenda politique, mais d’art vivant à l’écoute des imaginations et des urgences des artistes. Effectivement, Kyung-Sung Lee parle de cet épisode tragique associé à la division de la péninsule au moment de la création des deux Corées et parle d’un massacre qui a été sujet à beaucoup d’omerta. Mais il ne faut pas oublier non plus Silence, par exemple, spectacle très joyeux de musiques chorégraphiées de Lucie Antunes et Mathilde Monnier, qui font le pari de la poésie et de l’abstraction, ou encore 1,2,3 Poquelin de la compagnie TG Stan, qui présente sept pièces de Molière à la Carrière de Boulbon. N’oublions pas non plus le collectif d’acrobates XY, qui permet pour la première fois la présence du cirque dans la Cour d’honneur. Vous savez que le sujet politique m’intéresse, mais parfois, il y a le risque de rendre le festival plus étroit. Or, le festival est bien plus large que la Une des journaux.

    La confrontation d’idées se retrouvera aussi en fin de festival, avec « L’Aube des questions ».
    En quoi cela consiste-t-il
     ?

    T.R. : Cet événement essaye de célébrer et synthétiser les questions qui ont traversé le festival. On réunit beaucoup d’artistes, mais aussi des personnes de la société civile comme Christiane Taubira, la poète marseillaise Laura Vazquez, le syndicaliste Philippe Martinez, l’écrivain Camille de Toledo… On fait une liste de 80 questions, à l’aube, pendant les premières heures du premier jour suivant la fin du festival, avant de les lancer au monde depuis la scène.

    Le festival « off » d’Avignon a adressé une lettre ouverte aux candidats
    à la présidentielle qui fait part de ses craintes sur les coupes budgétaires et les censures sur le monde de la culture. Quelle est votre position
     ?

    T.R. : Nous sommes en synchronisme total dans le sens où le Festival d’Avignon fait partie du Syndeac [Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles, Ndlr], qui exprime depuis des mois son inquiétude vis-à-vis de la nécessité d’un pacte politique large, sur la continuité du financement du service public de la culture. Il faut faire réfléchir pas seulement les élus actuels, mais surtout les candidats à la présidentielle, qui vont être les référents de l’agenda politique. Nous sommes à la fois structurants comme festival de création qui impacte la production et la création de spectacles en France, mais nous sommes aussi un forum de débats importants, aussi bien sur le service public de la culture que sur les services publics de manière générale. La façon dont les candidats vont s’emparer d’une vision de la politique culturelle en France est très importante et nous sommes partants pour aider ceux qui s’y intéressent.

    Propos recueillis par Philippe Amsellem

  • Avignon, Galzi accuse l’ex-majorité d’avoir manipulé les comptes

    Avignon, Galzi accuse l’ex-majorité d’avoir manipulé les comptes

    Du sang, de la sueur et des larmes. » Olivier Galzi n’a pas paraphrasé Winston Churchill, ce vendredi matin, mais c’est en substance ce qu’il promet aux Avignonnais. « Ce sera l’un des mandats les plus difficiles des dernières décennies », prévient le maire (DVD), « en colère ». Quelques jours avant un conseil municipal qui s’annonce bouillant mardi, le nouvel édile présentait à la presse les conclusions de l’audit financier commandé à son arrivée. « Ce qu’on découvre dépasse l’entendement, la cité des papes n’est plus qu’un champ de ruines », alarme-t-il, accusant « nos prédécesseurs [la majorité de gauche de Cécile Helle*] d’avoir manipulé les comptes pour mentir ».

    Des propos graves qu’Olivier Galzi étaye à la lumière de l’audit réalisé par le cabinet Klopfer, facturé 33 000 euros. « C’est la dépense la plus intéressante depuis deux mois pour y voir plus clair dans ce maquis », estime-t-il. On peut arguer que l’on fait dire ce que l’on veut aux chiffres. Mais pour se prémunir de toute analyse partisane qui servirait à se défausser pendant 7 ans, Olivier Galzi met en avant un courrier reçu « cette semaine » de la part de la préfecture qui alerte sur la dégradation des principaux indicateurs financiers. « Je n’écris pas un scénario politique mais décris une trajectoire mathématique », assure-t-il. Une réunion d’urgence est prévue lundi avec le préfet et une invitation aux groupes d’opposition a aussi été lancée pour ce même jour.

    Augmenter les impôts, plus un tabou

    Dans le viseur budgétaire, la dernière année 2025 avec des dépenses de fonctionnement en hausse de 6,9% (elles étaient de 0,5% et 0,8% en 2023 et 2024), 5,1 millions d’euros de dépenses prévus au départ au budget 2025 qui ont glissé vers l’exercice 2026, impactant in fine l’épargne brute qui a fondu d’un tiers (somme qui reste sur les comptes et permet par exemple d’investir sans recourir à l’emprunt). Et alors que lors du vote du budget en décembre 2025, la majorité parlait de « prudence et responsabilité », la dette « s’est accrue d’une vingtaine de millions d’euros en six ans » avec désormais une capacité de désendettement qui tend vers 12 ans. Conséquence, selon l’audit, la Ville aurait « épuisé ses marges ».

    Des scénarios de redressement ont été échafaudés par le cabinet d’audit, mêlant économies, réduction des investissements voire augmentation des impôts. « La situation mériterait une tutelle, on ne le fera pas car on n’a pas été élu pour passer la patate chaude à l’État, assume le maire. Nous allons entrer dans une période extrêmement compliquée, le chemin va être long, il va exiger du courage, de la rigueur, de la persévérance. » Olivier Galzi n’exclut pas d’utiliser le levier fiscal « en dernier recours » mais en privilégiant la taxe sur les résidences secondaires. Des recettes sont recherchées « en tarifant » comme les musées ou la mise à disposition de locaux municipaux. « Toutes les pistes », sont envisagées quand on questionne sur une éventuelle hausse des tarifs de la cantine, largement baissés lors du mandat précédent. Une baisse de subventions aux associations a déjà été annoncée, des transferts d’équipements au Grand Avignon (comme le stade nautique) sont aussi sur la table.

    * Sollicité, Joël Peyre, ancien élu en charge des finances sous Cécile Helle, n’a pas donné suite.

  • Vaucluse, au Département, on se pavane sur sa bonne situation financière

    Vaucluse, au Département, on se pavane sur sa bonne situation financière

    Deux salles, deux ambiances. Alors qu’un peu plus tôt dans la matinée, Olivier Galzi, maire (DVD) d’Avignon présentait le « champ de ruines » dont il dit hériter comme situation financière (lire page suivante), l’atmosphère budgétaire est bien plus sereine au sein du Conseil départemental. Ce vendredi, les élus avaient à approuver le compte financier unique (CFU) 2025, qui est le bilan comptable de l’année écoulée.

    Baisse de la dette

    Et il apparaît flatteur à la lecture des différents indicateurs mais aussi des remarques – ou plutôt leurs absences – de la part de l’opposition. Dans un esprit œcuménique, le CFU a donc été adopté. « Compte tenu de la stabilisation des dépenses de gestion et de la hausse des recettes de fonctionnement, les différents niveaux d’épargne apparaissent en hausse et offrent une situation saine malgré un contexte national peu porteur », résume Jean-Baptiste Blanc, élu (LR) délégué aux finances.

    Si la contraction des dépenses de fonctionnement ne se fait pas sans heurts internes (lire l’encadré sur la mobilisation des agents CGT), l’embellie immobilière (le Département perçoit une partie des frais de notaire) permet d’alimenter une épargne nette qui repart à la hausse et engendre moins d’emprunt pour investir. La dette a diminué sur un an de 9% à 145,5 millions d’euros. Résultat, la capacité de désendettement tombe à 1,3 ans quand celle de la Ville d’Avignon tendrait vers 12 ans.

    Un parallèle loin d’être anodin car plusieurs allusions narquoises ont ensuite été faites aux décisions prises par la nouvelle municipalité. Quand Sophie Rigaut (PS), face à la canicule, propose « d’accélérer l’isolation des bâtiments et de végétaliser les cours des collèges », Dominique Santoni va dans son sens en soulignant que « la végétalisation des cours est très importante ». Et ce alors qu’Olivier Galzi a gelé le dispositif Fraich’ cours à Avignon, ne réalisant qu’une école cet été contre 6 prévues, arguant de restrictions budgétaires.

    Dans la même veine, Dominique Santoni insistera sur le fait que le Département « a augmenté ses subventions de 19,1 à 20,1 millions d’euros », à l’heure où Avignon réduit les siennes jusqu’à 10%. Sans se réjouir de la situation avignonnaise, les sénatoriales laissent déjà des traces au sein de la droite. L’empressement d’Olivier Galzi à prétendre à un poste en propulsant tête de liste sa compagne Anaïs Hausmann passe mal auprès de la droite départementale, soutenant le sénateur sortant Jean-Baptiste Blanc, qui pourrait être secondé par Dominique Santoni.

  • L’arrêt des TER tardifs interroge le Festival d’Avignon

    L’arrêt des TER tardifs interroge le Festival d’Avignon

    Les festivaliers d’Avignon qui habitent à Arles, Orange, Cavaillon et Carpentras n’auront pas d’autre choix que de prendre la voiture pour profiter d’une ou plusieurs pièces de théâtre en soirée. Une décision de la Région, révélée dans nos colonnes (notre édition du 16 juin), qui ne plaît pas aux organisateurs.

    « On déplore ce changement de mesure car elle était importante », explique Laurent Domingos, coprésident de l’association Avignon Festival & Compagnies (AF&C), structure fédératrice du Festival Off. Il estime que « ça ne va pas dans le sens de l’histoire ». « Il y a un maillage autour de nous, mais pas de mobilités douces alors que l’on conseille au maximum aux spectateurs de les utiliser. Mais sans aides de la Région, c’est impossible », regrette-t-il.

    Tandis que le In tempère, Eve Lombart, administratrice générale, assure que « seule une partie limitée pouvait de toute façon prendre ces trains car les spectacles se terminaient souvent plus tard, vers minuit ». Et que donc « ce n’était pas notre public cible ». Elle pointe également le réseau de bus du Grand Avignon pour rentrer en soirée et les parkings-relais pour rejoindre gratuitement ou pour « une somme modique » les lieux de spectacles. Circulez, pas les trains donc, y’a rien à voir.

    Aux côtés de Laurent Domingos, le directeur de l’AF&C, Harold David, en rajoute une couche. Il estime que cela risque d’avoir un impact sur la question du logement. « Cela peut obliger les saisonniers à encore se recentrer autour des remparts », pointe-t-il, évoquant des prix « qui ont beaucoup augmenté depuis la crise du Covid ». Et attend des changements plus globaux « car c’est l’ensemble du modèle économique qui est en danger ». Si des projets de mobilité sont en cours sur le territoire, ils ne risquent pas de voir le jour d’ici à plusieurs années.

  • La réhabilitation du collège Roumanille enfin lancée à Avignon

    La réhabilitation du collège Roumanille enfin lancée à Avignon

    Depuis sa construction il y a 60 ans, le collège Roumanille est presque resté dans son jus. Quelques maigres et éparses réfections ont bien eu lieu, comme les sanitaires il y a trois ans ou la sécurisation de l’accès l’an dernier, mais aucune rénovation d’ampleur. Parents et enseignants ont alerté à plusieurs reprises sur l’état de vétusté du collège, situé en sortie de l’avenue Semard avant la Rocade. Un appel relayé, en janvier 2025, par les 8 élus des deux groupes de gauche au sein de l’assemblée départementale. Par une motion, votée à l’unanimité, ils réclamaient une « réhabilitation complète et urgente du collège », dénonçant une « situation alarmante et critique ».

    Le dossier a alors rapidement avancé, la présidente Dominique Santoni (LR) s’accordant avec la Région pour reprendre la main en récupérant la maîtrise d’ouvrage des travaux. Pour rappel, le collège est géré en cité mixte avec le lycée professionnel Maria-Casares. Ce vendredi, lors d’une dense séance de 44 rapports – dont un large volet budgétaire (lire l’encadré) -, le conseil départemental va enfin enclencher le processus des travaux et lancer les marchés pour la maîtrise d’œuvre. Le Département table déjà sur une enveloppe prévisionnelle de 11,7 millions d’euros, et espère un appui de l’État et de la Région.

    « Une remise à niveau s’impose, en particulier, sur le plan réglementaire (accessibilité) et technique pour améliorer le confort thermique et réduire les consommations énergétiques et sur le plan fonctionnel », lit-on dans la délibération, qui précise que le chantier se fera en site occupé, à savoir sans la fermeture du collège.

    Un chantier

    sans fermer le collège

    Des préfabriqués seront mis en place. « Les enjeux principaux sont : la réhabilitation énergétique et technique du collège, aussi bien le confort en hiver que le confort d’été ; les problématiques réglementaires (accessibilité, sécurité incendie…) ; les problématiques fonctionnelles axées sur la vie scolaire et l’administration », détaille le rapport. Bâtiments du collège mais aussi logements de fonction sont concernés. À noter que « le remplacement de la production de chauffage sera basé sur le raccordement au réseau de chaleur collectif de la ville d’Avignon ». Un autre vaste projet permettant de raccorder notamment 17 000 foyers à une source d’énergie décarbonée.

    Les transactions immobilières soulagent le budget

    Au menu de la séance, un gros volet financier est prévu : la clôture du budget précédent mais aussi un ajustement du budget en cours. Il en ressort qu’après un effondrement, les recettes fiscales liées aux transactions immobilières [DMTO, compris dans les frais de notaires] repartent à la hausse. Les DMTO sont remontés de près de 20% à 126 millions d’euros, après une perte de 60 millions d’euros en 2 ans. Il y a un an, le Département avait augmenté de 0,5% le taux de DMTO, permettant de récolter 5 millions d’euros de plus par an. F.C.

  • La CGT de l’hôpital de Montfavet au devant du recul de la psychiatrie

    La CGT de l’hôpital de Montfavet au devant du recul de la psychiatrie

    Trois ans de lutte en plus pour Claire Moreno à la tête de la CGT de l’hôpital de Montfavet, réélue ce mercredi suite au congrès de la section syndicale d’un des plus grands établissements de santé mentale en France, qui rassemble environ 420 des 2 200 agents de l’hôpital.

    D’autant que la CGT de l’hôpital psychiatrique fête son 120e anniversaire en 2026 et que « sans nous, il n’aurait pas le même visage », glisse Gaby Adrian, tout juste élu secrétaire général adjoint.

    Et pour les trois prochaines années, un regard attentif va être porté sur les grandes transformations prévues sur le site. Comme celle présentée en grande pompe en avril dernier. Un chantier de 13,9 millions d’euros visant à « humaniser » les soins (notre édition du jeudi 23 avril). Une réhabilitation regardée avec attention car cela implique d’autres problématiques, la direction du site souhaitant adapter les conditions d’isolation des patients qui peuvent parfois être difficiles à gérer. « Humanisation oui. Mais si on réduit nos effectifs à deux pour quinze. Et que les deux doivent être avec un patient, on fait quoi des treize autres ? On veut surtout des effectifs pour éviter la frustration des patients », ajoute-t-elle. Et de pointer également la présence de mineurs dans des services pour adultes. Ou encore la demande d’escorte de police pour l’accueil de patients en détention. Tout en répétant qu’elle « dédouane la direction de cela car ce qu’il manque, c’est des budgets. Elle fait ce qu’elle peut. S’il y avait les budgets pour de la masse salariale, ils embaucheraient et on reverrait les effectifs à la hausse et on pourrait faire de la vraie psychiatrie, du vrai médico-social ». Chaque année, 22 000 personnes sont prises en charge par les services du centre hospitalier.

    Budget réduit

    Et face à la crise que traverse le secteur, elle se remonte les manches. Avec, pour les trois années à venir, « des engagements forts au niveau de la lutte contre l’extrême droite, des engagements forts sur le maintien des valeurs de la CGT et pour défendre une psychiatrie et le médico-social publics, la santé publique au service des usagers », pose-t-elle en introduction. La section syndicale se pose contre les idéologies qui vont à l’encontre du modèle social et le secteur privé qui souhaite grignoter des parts du public. « Toutes les années, ils viennent tirer sur nos budgets en disant qu’il faut réduire nos dépenses. Sauf que nous, on n’est pas une entreprise qui fournit du capital », réitère Claire Moreno. Pointant entre autres que la psychiatrie a été érigée en cause nationale « mais que l’on ferme des lits tous les ans ».

    L’élection présidentielle sera donc scrutée de près par les syndicalistes de la psychiatrie.

  • Les syndicats espèrent un relais politique

    Les syndicats espèrent un relais politique

    Le courrier est déjà parti. À peine élu président du conseil de surveillance qu’Olivier Galzi est sollicité par les agents FO et CGT pour une rencontre. Si les deux syndicats échangent déjà avec Virginie Issautier, conseillère municipale en charge de la santé qui siège aussi au conseil de surveillance, ils espèrent aussi une oreille attentive du maire (DVD) d’Avignon. « Il doit prendre en compte que l’hôpital est le plus gros employeur de la ville et y apporter toute son aide, on attend beaucoup d’un maire, qu’il soit aussi à l’écoute des personnels, pose Christophe Del Rey, secrétaire FO santé Vaucluse et membre du conseil de surveillance. Nous jugerons les actes plutôt que les discours. »

    Si le président du conseil de surveillance n’a pas de rôle décisionnaire dans la stratégie organisationnelle de l’hôpital, il peut en revanche demander des comptes et porter une voix politique. « Les politiques doivent s’exprimer sur ce qu’est le devenir de l’établissement support, s’ils se taisent, forcément leur voix ne sera pas écoutée, souligne Patrick Bourdillon, secrétaire CGT des agents de l’hôpital, qui n’ont pas de représentants au conseil de surveillance. On va être très attentif à ce que les politiques aient leur mot à dire sur le fonctionnement de l’établissement, leur vision dans la construction de l’organisation des soins. Si par rapport aux besoins, on ne met pas une réponse humaine à la hauteur, on part à des catastrophes. Un plan d’investissement à 150 millions d’euros, c’est bien, mais quand il y a des orages, il pleut au bloc opératoire. »

    Parmi les sujets, l’épineuse relation entre syndicats et le directeur Pierre Pinzelli, qui a notamment porté plainte pour diffamation contre Patrick Bourdillon (notre édition du 6 mai). En début d’année, la cérémonie de vœux avait été annulée au dernier moment sur fond de fortes tensions internes liées aux conditions de travail et risques psycho sociaux. « Il y a des difficultés dans tous les hôpitaux, encore plus ici avec ce directeur qui est prêt à tout pour remettre l’hôpital à l’équilibre, cela nous inquiète », observe Farid Ben Mohamed, secrétaire FO du centre hospitalier, évoquant « burn-out, arrêts de travail » et un personnel « usé par des remplacements au pied levé ». Le délégué syndical va également plaider auprès d’Olivier Galzi pour que la police municipale participe à la sécurisation de l’hôpital par une patrouille.

  • À Avignon, la CGT mobilisée pour le pôle solidarité et le RSA

    À Avignon, la CGT mobilisée pour le pôle solidarité et le RSA

    Les rassemblements de la CGT en amont des séances plénières du Conseil départemental de Vaucluse font désormais presque partie du déroulé, avec des manifestations à plusieurs reprises ces dernières années. Et un nouveau est prévu ce vendredi 26 juin contre la réorganisation du pôle Solidarité sous sa forme prévue ainsi que pour dénoncer la politique de la collectivité autour du RSA.

    Dans un tract, le syndicat regrette ainsi une « réorganisation trop floue » du service. Et assure que les agents n’ont pas encore été informés des futurs organigrammes, des missions exactes qui leur seront attribuées, des impacts sur les différents postes ou encore des « conditions d’exercice ». Avec une interrogation également sur la non-réintégration de la direction Insertion-Emploi au pôle Solidarités, estimant que « tout est lié » entre insertion, accompagnement social ou encore parcours vers l’emploi. Et demande « une réponse claire et une réponse approfondie sur ce choix d’organisation ».

    Contacté par La Marseillaise, le Département n’a pas répondu dans les délais impartis pour la publication de cet article sur le sujet.

    Réaction demandée

    La question de la politique de gestion du RSA va également être remise sur la table. Le Vaucluse étant le département où le versement a le plus reculé ces dernières années. Dans une lettre ouverte publiée le 13 juin dernier est pointé le « durcissement progressif de la gestion du RSA ». En citant la chute de 32% du nombre de bénéficiaires entre 2022 et 2025. « Sous couvert de contrôle, d’”accompagnement renforcé” et d’économies budgétaires, votre collectivité multiplie les dispositifs de sanctions, de suspensions et de radiations qui frappent directement les personnes les plus précaires de notre département », poursuit le syndicat. Qui, « à défaut de réponse et de mesures concrètes », prendra « toutes les initiatives nécessaires pour dénoncer publiquement cette situation ». Sans préciser si des poursuites vont éventuellement être engagées contre la collectivité, comme cela a été le cas dans le Finistère il y a une semaine, où la CGT et six allocataires ont porté plainte contre le Département du nord-ouest de la France.

    « On ne peut pas être contre le fait de remettre des gens au travail, tout ne peut pas être blanc ou noir mais des ajustements ont été faits », se justifiait la présidente en sortie d’hémicycle le lundi 31 mars dernier.