Tag: Aubagne

  • À Aubagne, gauche et centre font front commun pour l’alternance

    À Aubagne, gauche et centre font front commun pour l’alternance

    Salle comble. La fusion a rassemblé, plus que des listes, des soutiens. Jean-Pierre Squillari, à la tête de la liste Aubagne en commun (union de la gauche hors LFI), arrivée à 23,35% des suffrages exprimés au premier tour, et Giovanni Schipani (DVD), tête de liste d’Aubagne mérite mieux (16,1%), fusionnent pour le second tour. Le meeting, organisé mercredi soir dans la salle du Bras d’or, a rassemblé colistiers, militants et habitants venus apporter leur soutien à cette nouvelle liste, à un moment charnière de la campagne.

    La soirée a été introduite par un discours bref, mais à la symbolique forte : Yohann Otokpa, ex-colisitier du candidat Mohammed Salem désormais allié à Gérard Gazay, est venu apporter son soutien à la liste de Squillari, appelant à la mobilisation « pour aller chercher la moindre voix, pour que l’on retrouve Aubagne ». L’un après l’autre, les deux nouveaux alliés se sont ensuite adressés aux centaines d’habitants venus les soutenir. L’occasion pour Giovanni Schipani de justifier son alliance avec Jean-Pierre Squillari, « faite sur des valeurs de solidarité, pour battre le candidat sortant mais aussi pour éviter le pire ».

    Faire front commun

    Dans la salle, cette union est appréciée, en témoignent des applaudissements réguliers, peu importe le candidat. « C’est une union qui a du sens parce qu’avec le maire actuel, Aubagne ne changera pas, et le risque du RN fait réellement peur, car Mme Mélin, c’est contre la solidarité, contre nos valeurs et pour la division », confie Anne-Claude, colistière d’Aubagne en commun. L’objectif premier de l’alliance est bien d’empêcher le duo de tête du premier tour de l’emporter dimanche prochain, un « rendez-vous crucial pour notre belle commune », insiste Jean-Pierre Squillari, qui affirme partager avec son allié « la conscience commune du danger et de l’urgence de s’unir ». Outre l’ambition d’un front commun, les deux insistent sur une union simplifiée par « la compatibilité, parfois la similitude de nos deux programmes, qui convergent vers le même objectif, l’intérêt d’Aubagne », clame Jean-Pierre Squillari, avant de détailler : « Un moratoire immédiat sur les grands projets de bétonnisation, le renouveau du centre-ville, le soutien local au pouvoir d’achat », entre autres choses. Sentiment partagé par leurs soutiens, dont Maurice, colistier d’Aubagne mérite mieux, désormais retiré de la liste, qui observe « deux programmes très proches, qui unis sont porteurs d’espoir, signifient le changement ».

    Les deux chefs de file s’accordent, les 60h qui restent de campagne seront « intenses ». Jean-Pierre Squillari insiste sur « l’importance, dans les jours qui viennent, de nous mobiliser pour que l’espoir soulevé se concrétise le 22 mars ». Si, théoriquement, l’union des deux listes pourrait distancer Joëlle Mélin et Gérard Gazay, reste encore à poursuivre la mobilisation, réduire l’abstention, et « en deux jours, transformer l’essai, car rien n’est gagné », conclut Giovanni Schipani.

  • À Aubagne, les militants sur tous les fronts pour faire voter contre la droite et le RN

    À Aubagne, les militants sur tous les fronts pour faire voter contre la droite et le RN

    Près d’un Aubagnais sur deux s’est abstenu, dimanche. Un chiffre que connaissent les militants de la liste Aubagne en commun, notamment Romain, 20 ans, qui affirme : « Ça me travaille car cela représente forcément une réserve de voix, c’est un levier pour le second tour. »

    Un levier d’action contre l’extrême droite

    Inquiet des scores du RN, à 24,9%, et du maire sortant, Gérard Gazay (LR), à 24,8%, Romain considère la mobilisation des abstentionnistes comme « un travail de tous les jours, on tracte, on prend le temps de discuter ». L’enjeu est plus central que jamais, « faire barrage au RN doit être un argument pour aller voter au second tour, c’est un danger imminent », martèle-t-il.

    Sur les marchés ou dans la vie, la mobilisation est permanente. Anne, elle aussi militante, affirme : « C’est quotidien, avec nos proches, qui ne sont pas allés voter. On leur montre les résultats et on leur explique les enjeux. » Elle conclut en s’adressant aux lecteurs : « Je crois qu’un autre Aubagne est possible, mais pour ça, mobilisez-vous et comptons sur nous, citoyens. »

  • Des colistiers de Mohammed Salem votent Squillari

    Des colistiers de Mohammed Salem votent Squillari

    Nouveau tournant en amont du second tour, à Aubagne. Après la fusion des listes de Jean-Pierre Squillari (union de la gauche hors LFI) et de Giovanni Schipani (DVC), la droite et le centre droit ont décidé de faire front commun. Le candidat Mohammed Salem (DVD), en tête de la liste Aubagne ensemble vers l’avenir, a rejoint la liste Passion Aubagne, portée par le maire sortant, Gérard Gazay (LR), arrivé deuxième du premier tour, avec 24,8%. Ancien adjoint à la santé du maire sortant lors de son premier mandat, Mohammed Salem avait confirmé la rupture en menant sa propre liste pour ces élections.

    Désolidarisation et retrait

    Ce ralliement ne passe pas auprès de quatre colistiers du docteur Salem. Yohann Otokpa, Gilles Ferrero, Violette Picard et François-Marie Lucchini ont signé un communiqué de presse, ce mardi. Ils y dénoncent un choix fait « sans aucune concertation avec son équipe », et annoncent se « désolidariser de cette orientation ». Alors que Mohammed Salem a mené une campagne à « la ligne politique claire : proposer un chemin différent pour Aubagne », insistent les ex-colistiers, son union avec le maire sortant, pourtant critiqué pendant la campagne, est perçue comme un manque de cohérence. Les signataires déplorent « une crédibilité politique mise en cause par cette prise de décision unilatérale ».

    Plus qu’une dénonciation, les anciens colistiers affirment « apporter [leur] soutien à la liste de rassemblement conduite par Jean-Pierre Squillari », avec la volonté affichée de « rester fidèles à l’esprit dans lequel nous nous sommes engagés dans cette campagne ».

  • [Entretien] Jean-Pierre Squillari : « Notre fusion est essentielle pour gagner à Aubagne »

    [Entretien] Jean-Pierre Squillari : « Notre fusion est essentielle pour gagner à Aubagne »

    La Marseillaise : Ce meeting est charnière : il acte la fusion de vos listes, au cœur d’une courte semaine de campagne de second tour. Quelle forme ce rendez-vous va-t-il prendre et quel message souhaitez-vous adresser aux habitants ?

    Jean-Pierre Squillari : Nous allons tous les deux prendre la parole à ce meeting, d’abord Giovanni Schipani, puis moi. Nous allons naturellement commencer par revenir sur les raisons pour lesquelles nous avons décidé de cette fusion. Il s’agit aussi de réinsister sur le danger que représente Gérard Gazay, avec le risque qu’il arrive à se maintenir à la mairie, et celui de Joëlle Mélin, avec le risque qu’elle accède aussi à la mairie. On va parler de notre stratégie afin d’empêcher que cela arrive.

    Justement, quelle est cette stratégie ? Comment allez-vous mener campagne pendant ces quelques jours ?

    J.-P. S. : La liste a été déposée hier [lundi] en préfecture, avec huit colistiers de la liste Aubagne mérite mieux qui nous rejoignent. Dès ce matin, nous avons commencé, notamment avec la tractation. Nous faisons campagne ensemble, avec une seule et même équipe de militants sur le terrain. Avec ce brassage, nous étions facilement une trentaine sur le marché, ce mardi matin. Et on va continuer exactement de la même manière, comme ce qu’on a appliqué pendant la campagne : nous avons un calendrier de rendez-vous pour mobiliser et tracter toute la semaine. Nous allons aller devant trois, voire quatre écoles, dès ce mardi soir. Pour les marchés, avec la trêve électorale, nous ne pourrons rien faire ce week-end, mais nous étions présents à celui de ce matin, et serons probablement sur celui de jeudi. L’avantage, c’est qu’on est deux fois plus.

    Que diriez-vous à un électeur qui doute de ce rassemblement ? Quels sont les arguments ayant mené à cette décision ?

    J.-P. S. : L’argument principal, c’est que nous voulons chasser Gérard Gazay de la maison et que nous ne voulons absolument pas que Joëlle Mélin y entre. C’est celui-ci l’argument choc, parce que sans fusion, nous n’y arriverons pas à Aubagne. La fusion est essentielle pour gagner. Autrement, nous ne sommes que des spectateurs. Et puis, ce rassemblement est tout à fait naturel, puisque nous avons le même langage. Nos deux programmes se ressemblent, à quelques nuances près bien entendu, mais il y a beaucoup de similitudes.

    Par exemple ?

    J.-P. S. : Nous avons tous les deux mis au centre de nos préoccupations la revitalisation du centre-ville, l’arrêt de la bétonisation, ou encore la construction d’une halle dans le centre-ville. Nous voulons aussi instaurer des tables rondes avec les commerçants afin de trouver des solutions à la fermeture incessante de tous ces magasins et attirer de nouvelles enseignes à Aubagne. Ces choses-là étaient sur le programme de Monsieur Schipani, et sont des points majeurs d’accord entre nous. Et puis, pour les quelques différences qui existent évidemment, nous allons les aplanir en discutant. Et cette discussion, nous sommes tout à fait prêts à l’avoir.

    Seulement une journée après l’annonce du rassemblement, quels retours avez-vous déjà reçus des habitants et de vos soutiens sur ce choix de fusion ?

    J.-P. S. : Nous avons de très bons retours. Encore ce mardi matin, au marché, beaucoup de personnes nous ont dit qu’ils considéraient qu’il s’agissait d’une fusion intelligente. Beaucoup d’habitants comprennent ce choix commun et sont enthousiasmés par ce rassemblement de nos deux listes pour Aubagne.

    Meeting de campagne de Jean-Pierre Squillari et Giovanni Schipani, ce mercredi 18 mars, à 18h30, à la salle du Bras d’or.

  • Avantage à la gauche et au centre à Aubagne

    Avantage à la gauche et au centre à Aubagne

    Le second tour aubagnais sera une triangulaire. En choisissant l’union, les listes de Jean-Pierre Squillari et de Giovanni Schipani rebattent les cartes d’un premier tour qui positionnait comme favoris la droite et l’extrême droite. Les listes d’union de la gauche et divers centre ont choisi de s’unir, face à l’arrivée en tête de la candidate RN, Joëlle Mélin, avec 24,9% des voix, suivie de près par le maire sortant Gérard Gazay (LR), à 24,8%. Dès dimanche soir, Jean-Pierre Squillari, à la tête de la liste Aubagne en commun, a affirmé sa volonté d’une union avec les listes « anti-Gazay et anti- RN ». Une union voulue et confirmée ce lundi.

    De la gauche au centre, si « la culture politique n’est pas la même au départ, c’est sur l’urgence pour Aubagne que la convergence s’est faite », confie David Chiousse, directeur de campagne de Jean-Pierre Squillari. Théoriquement, l’addition des votes de la liste Aubagne en commun (DVG), troisième, qui a obtenu 23,35% des suffrages exprimés, et celle d’Aubagne mérite mieux (DVC), arrivée à 16%, les mènerait en pole position dimanche prochain.

    La liste LFI menée par Élodie Malek, qui a obtenu 4% au premier tour, n’a donné aucune consigne de vote à l’heure actuelle, mais la possibilité d’un report de voix reste envisageable. Si Jean-Pierre Squillari avait ouvert, dimanche, le dialogue avec toutes les listes hors celles du RN et de Gérard Gazay, la liste de Mohammed Salem (DVD), « n’a pas souhaité poursuivre les discussions engagées », comme le rapporte David Chiousse. Elle avait obtenu 6,5% des suffrages exprimés… À ses électeurs de faire leur choix dimanche prochain. En tout cas, l’union entre Jean-Pierre Squillari et Giovanni Schipani fait basculer la campagne aubagnaise.

    L’union contre la division

    Si les deux candidats viennent de familles politiques différentes, Jean-Pierre Squillari a insisté sur l’importance du rassemblement, face « au risque, devenu réel, de voir le Rassemblement national diriger notre ville ». Pour le candidat de gauche « le constat est simple : ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise ». Il affirme « partager l’essentiel » avec son nouvel allié : « Refuser le déclin, défendre les valeurs républicaines, protéger l’avenir de notre ville. »

    Giovanni Schipani s’est déclaré « très heureux d’être aux côtés de Jean-Pierre Squillari dans cette liste et prêt à travailler autour de ce projet ». Et à Jean-Pierre Squillari d’insister :
    « Nous refusons de laisser notre ville tomber aux mains de l’extrême droite, nous refusons aussi que rien ne change après douze ans d’immobilisme », assure-t-il. Le second tour est une véritable bataille pour le candidat, qui refuse de le qualifier « d’affrontement classique », et préfère y voir un « moment de vérité, lors duquel, dimanche, chaque voix comptera ».

    Des voix qui laissent, théoriquement, une porte grande ouverte à la nouvelle liste d’union. En pratique, Jean-Pierre Squillari a d’ores et déjà annoncé que la fusion des listes se ferait « sur la base d’une représentation issue des urnes ». Les deux listes seront rebattues à hauteur des voix et présenteront un programme, visiblement consensuel, précise David Chiousse, qui voit dans celui d’Aubagne mérite mieux, « un programme 100% compatible avec celui d’Aubagne en commun ». Plus de temps à perdre pour les deux candidats, qui tiendront leur premier meeting commun mercredi soir, à la salle du Bras d’or.

    Meeting de campagne de Jean-Pierre Squillari et de Giovanni Schipani, le mercredi 18 mars,
    à 18h30, salle du Bras d’or.

  • À Aubagne, la gauche appelle à une large union

    À Aubagne, la gauche appelle à une large union

    La gauche aubagnaise garde espoir après les résultats du premier tour des municipales. Le candidat Jean-Pierre Squillari, tête de liste d’Aubagne en commun (DVG), est arrivé troisième du scrutin, avec 23,35% des suffrages exprimés. Le trio de tête est serré, puisque la candidate RN, Joëlle Mélin, et sa liste Rassemblons-nous pour Aubagne est en tête, avec 24,9%, suivie à quelques voix près du maire sortant, Gérard Gazay, et sa liste Passion Aubagne, qui obtient 24,8%.

    Un résultat qui étonne chez la gauche, du fait d’une « dispersion inattendue des voix anti-Gazay et anti-RN », analyse David Chiousse, directeur de campagne de Jean-Pierre Squillari. Cette dispersion est allée vers trois autres listes : Giovanni Schipani, en tête de la liste Aubagne mérite mieux (DVC), a obtenu 16% des voix, ce qui le qualifie pour le second tour, s’il décide de se maintenir. Mohammed Salem, avec sa liste Aubagne ensemble vers l’avenir (DVC), a obtenu 6,5% des suffrages exprimés, ce qui l’exclut du second tour, mais lui permet de fusionner avec une liste pour dimanche prochain. Enfin, la liste Insoumise, menée par Élodie Malek, est arrivée avec 4% des voix, ne lui permettant ni de fusionner ni de se maintenir.

    Le maire sortant a perdu dix points par rapport aux dernières élections, où il avait atteint les 35,25% dès le 1er tour, contre 24,11% pour l’ancienne candidate Magali Giovannangeli, tête d’une liste d’union de la gauche sur laquelle apparaissait Jean-Pierre Squillari. L’écart s’est donc resserré. Mais la comparaison fait aussi observer une large hausse des votes pour le rassemblement national, qui n’obtenait que 10,45% des voix en 2020 et a donc plus que doublé son score. La participation, à 54,78%, est en hausse par rapport au premier tour de 2020, où elle était de 38,27%, mais est largement plus faible qu’en 2014, où elle atteignait les 63%.

    L’appel au rassemblement

    À la suite des résultats, l’ambition est claire pour Jean-Pierre Squillari : aller vers le rassemblement. Le candidat a fait le calcul : « Théoriquement, si tout le monde se rassemble derrière celui qui ne veut ni l’extrême droite, ni Gazay, on arrive à 50% des voix la semaine prochaine ». Pour ce faire, les colistiers sont entrés en huis-clos en milieu de soirée, pour débattre de la stratégie à adopter et ouvrir les discussions. La liste de Jean-Pierre Squillari appelle à une fusion avec les listes de Mohammed Salem et Giovani Schipani, et est « dans l’attente d’un appel à voter de la part de LFI, qui ne sont pas fusionnable », détaille David Chiousse. Le directeur de campagne imagine les scénarios de la semaine à venir, et affirme « que dans le cadre d’une triangulaire, et on est presque certains d’avoir une triangulaire, ça pourrait vraiment marcher ».

    Un espoir partagé avec la tête de liste, qui sous les applaudissements de ses soutiens, s’est exprimé avec confiance : « Ils savent ce qu’ils doivent faire et s’ils le font, je pense que dimanche prochain, à la même heure, nous aurons le sourire », insistant aussi sur la nécessité « de continuer à se mobiliser, jusqu’au bout ».

  • [Bouches-du-Rhône] Pour la droite, la tenaille du RN et des dissensions internes

    [Bouches-du-Rhône] Pour la droite, la tenaille du RN et des dissensions internes

    Élu en 2021 à la tête de la Région Paca malgré des sondages favorables pour l’extrême droite, Renaud Muselier (Ren.) n’a de cesse de marteler sa méthode en toute occasion : « Pour gagner, il faut additionner. » Une méthode qu’il a répétée une nouvelle fois pour ses élections municipales, après avoir poussé la droite marseillaise à se rassembler. « Partout où les candidats du bloc central sont unis, ils sont en bonne position pour gagner », assurait-il dans nos colonnes à neuf jours du premier tour (notre édition du 06/03), écartant tout risque de vague brune.

    Dans de nombreuses municipalités de droite pourtant, le conseil n’a pas été suivi, fragilisant les majorités sortantes dans ces communes. C’est le cas en particulier à Aubagne, où après deux mandats le maire sortant (LR) Gérard Gazay est fragilisé par une gestion décriée en interne et les dissidences de ses anciens adjoints. Le début de l’année a été marqué par les démissions successives et ils sont finalement deux à se présenter contre lui, l’ancien adjoint à la santé Mohammed Salem ainsi que Giovanni Schippani, élu jusqu’en 2020. Ancienne adjointe à l’urbanisme, Jeannine Levasseur s’est retirée de la course fin février pour leur donner plus de chances de battre leur ancien maire. Un cadeau pour la gauche qui avait perdu la ville en 2014 à cause de ses divisions.

    À Arles aussi, la tentation a été forte à droite de multiplier les candidatures contre le maire sortant (Hor.) Patrick De Carolis. Le conseiller régional Cyril Juglaret est finalement rentré dans le rang et sur la liste de l’ancien président de France Télévisions, sous la pression du président de Région. Mais l’ancien premier adjoint (DVC) Jean-Michel Jalabert est bien allé jusqu’au bout, après avoir quitté en novembre la majorité avec six autres adjoints reprochant les promesses non tenues du maire de la petite Rome des Gaules.

    Et l’histoire se répète à l’envi dans d’autres communes. À Aix-en-Provence, la candidature de Philippe Klein (Hor.) contre la maire sortante (UDI) Sophie Joissains rappelle celle d’Anne-Laurence Petel (Ren.) contre Maryse Joissains (LR). À Carry-le-Rouet, ils sont trois à droite à se lancer contre le maire sortant René-Francis Carpentier (LR), dont la vice-présidente du Département Valérie Guarino (DVD). Ils sont quatre candidats à droite à Châteaurenard, et même cinq à Saint-Victoret. Au total, 43 communes dans les Bouches-du-Rhône ont plusieurs candidatures classées à droite ou au centre.

    Certes, de nombreuses municipalités peuvent se le permettre. La droite a multiplié les conquêtes en 2014, de Salon-de-Provence à Aubagne, et surtout en 2020 à Arles, Allauch, Gardanne… Elle reste solidement implantée sur le territoire et a aujourd’hui la main sur la métropole Aix-Marseille ainsi que l’intercommunalité d’Arles, le conseil départemental et le conseil régional. Des candidats de droite se sont lancés à la reconquête de plusieurs communes, à l’image de l’ancien député LR Éric Diard à Sausset-les-Pins face au maire écologiste Maxime Marchand, ou le centriste Christian Amiraty (UCE) contre le maire d’extrême droite de Marignane Eric Le Dissès.

    Ancrage fragilisé

    Mais malgré cet ancrage local, la droite bucco-rhodanienne a été balayée du département lors des derniers scrutins. Aux Européennes de 2024, Renaissance n’est arrivée qu’en troisième position dans les Bouches-du-Rhône (11,4%) et LR en sixième position (5,5%). Dans les législatives anticipées qui ont suivi, ils ont perdu tous leurs parlementaires, emportés par la vague RN. Si celui-ci a échoué à rallier les maires de droite derrière ses différents faux nez (notre édition du 05/03), il a multiplié les candidatures et se lance à la conquête de nombreuses villes, avec notamment ses parlementaires à Aubagne avec Joëlle Mélin ou Sénas avec Romain Baubry, après avoir ravi Rognac à une droite affairiste. Reste à savoir si les additions à droite suffiront à résister à cette marée brune.

  • [Bouches-du-Rhône] À gauche, des bastions à garder et d’autres à gagner

    [Bouches-du-Rhône] À gauche, des bastions à garder et d’autres à gagner

    C’est le cas à Martigues où le maire communiste sortant, Gaby Charroux, va tenter de conserver le bastion communiste qu’il tient depuis 2009. Mais il doit faire face à une extrême droite qui ne cesse de progresser lors des scrutins nationaux (45,47% des voix dès le premier tour sur la ville lors des législatives de 2024). Et surtout une belle division à gauche avec deux listes concurrentes, l’une conduite par l’insoumis Frédéric Grimaud et une autre de son ancienne adjointe Anne-Marie Sudry (GRS). Lors des dernières municipales, il avait été réélu dès le 1er tour (plus de 60%), contre deux listes qui retentent le coup pour ce scrutin : une d’extrême droite et une pour Les Républicains.

    C’est un peu le même principe à Fos-sur-Mer où Rémi Esnault, le successeur désigné du maire, René Raimondi (ex-PS), fait face à une autre liste classée à gauche, et une liste d’alliance entre la droite et l’extrême droite ainsi qu’une liste centriste. À Miramas, là aussi la gauche part en ordre dispersé. Avec d’un côté, la liste du maire sortant, Frédéric Vigouroux (DVG) élu depuis 2008, et d’un autre côté la liste d’union de la gauche. Le tout, face à une liste du RN. Et que dire de Berre-l’Étang où le maire candidat à sa succession, Mario Martinet, se retrouve avec deux autres listes divers gauche et le RN.

    À Istres comme à Vitrolles, les deux maires sortants en place depuis plusieurs mandats et élus dès le premier tour en 2020, font aussi face à des oppositions à l’affût. Pour Istres, François Bernadini (DVG), en lice pour un 5e mandat retrouve une liste du RN, une liste de droite et une autre liste estampillée à gauche pour lui contester cette sous-préfecture. Configuration moins élargie à Vitrolles où le socialiste Loïc Gachon, maire depuis 2009, a le RN et une liste centriste face à lui.

    Des progressistes

    en bonne position

    Il y a des villes où les listes progressistes ont des raisons d’espérer une bonne position au soir du premier tour. À Roquevaire, c’est Hélène Spinelli, la première adjointe du maire sortant Yves Mesnard, qui conduit la seule liste de gauche sur la commune et peut compter sur la division de la droite avec deux listes, ainsi qu’une liste centriste. À Septèmes-les-Vallons, le maire communiste historique de la commune, André Molino vise un 5e mandat. Mais à la différence de sa victoire de 2020 dès le premier tour (plus de 80%) des voix face à une liste RN, il fait face cette fois à un candidat investi par l’Union des droites d’Éric Ciotti et une liste insoumise.

    Des duels et des bastions

    à reconquérir

    Dans deux autres bastions communistes, à Port-de-Bouc et au Rove, la configuration est similaire : le PCF est en duel direct avec l’extrême droite et l’élection sera jouée dès ce 15 mars. Pour la première, le maire sortant, Laurent Belsola est confronté à une liste de droite soutenue indirectement par le RN. Pour la seconde, Paul Sabatino, également maire sortant puisque le défunt Georges Rosso lui avait passé la main, a un duel avec une liste RN.

    Du côté des reconquêtes possibles, trois communes d’importance sont dans le viseur. À Arles, ville longtemps sous pavillon rouge, le maire sortant, Patrick De Carolis (Horizon), voit son siège contesté avec une désunion dans son camp via une autre liste centriste. Une fenêtre donc pour le communiste Nicolas Koukas, arrivé 2e en 2020, à la tête d’une vaste liste d’union de la gauche mais sans les insoumis, qui en conduisent une autre.

    Même principe à Aubagne, également ancienne ville communiste, prise en 2014 par l’actuel maire sortant Gérard Gazay (LR). La présence de deux listes classées au centre, conduites par d’anciens adjoints, risque de ne pas l’aider. Le candidat de l’union de la gauche (là encore hors LFI qui a sa propre liste), Jean-Pierre Squillari, a une carte à jouer. Quid de Gardanne, ville historiquement PCF malencontreusement passée à droite en 2020. Le maire de droite sortant, Hervé Granier (LR) fait face à une gauche largement unie autour de Jean-Marc La Piana et une candidature du RN.

  • Jean-Pierre Squillari promet un nouveau souffle pour Aubagne

    Jean-Pierre Squillari promet un nouveau souffle pour Aubagne

    Devant les quelque 450 Aubagnais présents dans la salle du Bras d’or, Jean-Pierre Squillari, tête de la liste d’union de la gauche hors LFI, Aubagne en commun, a clamé son désir de redonner vie à une ville qu’il considère n’avoir « jamais été aussi sale, une voirie qui n’a jamais été aussi dégradée ». En introduction, une vidéo a résonné dans la salle, affichant le militant anti-narco et colistier du Printemps marseillais, Amine Kessaci, en soutien de cette « liste qui peut apporter de l’espoir, du changement ». Un début de meeting donnant le ton d’une candidature de rupture.

    De fait, entouré sur scène de ses colistiers, le candidat dénonce un mandat destructeur et promet « de défendre l’intérêt général (…) avec les 31 personnes impliquées dans la vie commune ». Et d’insister sur un changement pour et avec les habitants, une mairie main dans la main avec sa population, avec un désir assumé : recourir au « référendum d’initiative citoyenne ».

    Faire respirer la ville

    L’enjeu, s’il gagne la ville, sera de mettre fin aux travaux de bétonisation du maire sortant, qu’il accuse d’un « bilan catastrophique ». Pour marquer son opposition à Gérard Gazay (LR) et à Joëlle Mélin (RN), Jean-Pierre Squillari martèle une même critique : « Non à l’Aubagne en béton ! »

    La tête de liste promet un rassemblement « pour une vraie rupture et un vrai renouveau », qu’il veut progressiste, pour dépasser ce qu’il nomme la « léthargie » des dernières années. Avec son discours, il scande en trois rythmes son programme : « réparer Aubagne, la faire respirer, la protéger ».

    Il a enfin détaillé ses intentions : celles « d’un service public de qualité », « d’un centre-ville attractif », « d’espaces naturels préservés ». En bref, une ville au nouveau souffle, animée par des « événements culturels, populaires, pour retrouver cette convivialité, cette certaine idée d’Aubagne que nous partageons », a-t-il conclu sous les applaudissements.

  • [Entretien] Jean-Pierre Squillari : « Pour Aubagne, notre alternative est progressiste »

    [Entretien] Jean-Pierre Squillari : « Pour Aubagne, notre alternative est progressiste »

    La Marseillaise : Quels sont les axes majeurs de votre programme ?

    Jean-Pierre Squillari : Le mot d’ordre c’est « Stop Béton » : on fait un moratoire sur les permis de construire, pour interdire ceux qui détruisent les espaces verts, ceux qui sont délivrés sur les terrasses agricoles, que nous allons sanctuariser. Nous voulons aussi construire une halle en cœur de ville, que l’on fera vivre avec des marchés le matin et l’après-midi des activités culturelles, des cours de cuisine ou de poterie… De plus, depuis douze ans, il y a un terrain libre acheté par l’ancienne municipalité pour construire un commissariat mais c’est toujours à un état de jachère… On veut qu’un nouveau soit construit. Donc on va opérer un plan de revitalisation du centre-ville, en attirant des gens avec des manifestations régulières, comme une braderie mensuelle. Il faut dynamiser cet espace, pour les habitants et pour les commerçants.

    Comment avez-vous constitué votre liste ?

    J.-P.S. : De manière originale ! Avec trois amis aubagnais on s’est dit qu’il fallait arrêter cette dégradation de la ville. Alors, on a demandé à des citoyens de venir pour discuter, et la mayonnaise a pris ! Au fur et à mesure, des partis ont adhéré à notre démarche. On a opéré avec des réunions plénières, tous les mois. Parfois on restait une heure sur un sujet pour arriver à un consensus. Aujourd’hui, les deux tiers de la liste sont des citoyens non-encartés, dont moi, et le troisième tiers est constitué des partis. D’entrée, nos portes étaient ouvertes à tous les partis, sauf le RN. Et puis, on a élaboré une charte, qui fait qu’il est impossible que les partis de droite adhèrent à notre mouvement.

    Quel bilan faites-vous du mandat du maire sortant ?

    J.-P.S. : En douze ans, il n’a rien fait, aucun projet n’est sorti, malgré ses promesses. Il n’a fait que démolir : les maisons de quartier, les espaces verts et il a bétonisé. Pour couronner ça, il refuse de débattre. Ça va être dur à réparer, mais il faut stopper cette bétonisation, c’est le plus grand enjeu.

    Quelle alternative proposez-vous en termes de gouvernance ?

    J.-P.S. : Notre alternative est une alternative progressiste, on veut aller à la rencontre des gens, développer la concertation. Nous allons fonctionner avec des conseils de quartiers, avec des élus qui en connaîtront les problématiques réelles.

    Mercredi 11 mars, 18h30. Salle du Bras d’Or.