Tag: Aubagne

  • Le Geres met en valeur les femmes agricultrices

    Le Geres met en valeur les femmes agricultrices

    Trop souvent invisibilisées, précaires et peu reconnues, les agricultrices n’en sont pas moins des garantes essentielles de notre alimentation. C’est pourquoi l’ONG environnementale Geres les met en avant à travers une série de quatre portraits de travailleuses (deux Bucco-Rhodaniennes, une Varoise, une Vauclusienne). « L’objectif était de valoriser les expériences quotidiennes et les perspectives des agricultrices de la région », explique Olivia Pelestor, chargée de programme agriculture et sensibilisation au Geres. « On ne s’intéresse à elles que depuis 1959. Avant, on en parlait via les couples, mais très peu des femmes elles-mêmes malgré leur énorme travail. »

    « Générer une conscience » quant aux difficultés

    Mais pour la porteuse du projet, « il est important de ne pas les visibiliser en tant que femmes, mais pour leur travail. Elles participent à la souveraineté alimentaire, à maintenir le patrimoine local avec la viticulture, l’oléiculture… Et elles s’engagent dans des pratiques agroécologiques, plus résilientes au niveau climatique. »

    Et même si pour elles, l’agriculture est « un métier passion », il n’en reste pas moins « physique et nécessite beaucoup d’investissements. Elles travaillent presque tous les jours, avec un manque de soutien financier des institutions », déplore Olivia Pelestor, d’autant plus que les quatre agricultrices travaillent dans le domaine du bio et « doivent justifier leurs prix, en expliquant leur travail, leurs pratiques. » La chargée de programme pointe aussi « les à-côtés », tels que « les remplacements difficiles pendant la grossesse » et « les retraites parfois en dessous de 350 euros. Il est important d’en parler pour générer une conscience citoyenne. »

    Les portraits dès le 8 mars sur www.geres.eu

  • Josef Schovanec anime une formation autour de l’autisme à Aubagne

    Josef Schovanec anime une formation autour de l’autisme à Aubagne

    « L’étrangeté est une manière différente d’être, non une pathologie qui se guérit avec des comprimés », écrit Josef Schovanec. Cet autiste de haut niveau (on n’emploie plus le terme Asperger) est docteur en philosophie et sciences sociales, écrivain, voyageur. Josef Schovanec est une figure emblématique dans le champ de l’autisme en France.

    À l’initiative de l’association aubagnaise À travers les yeux de Lucas (Atyl), en partenariat avec Exister (Peypin) et TSA2I (Roquevaire), Josef Schovanec interviendra à la salle du Bras d’Or dans le cadre d’une formation*.

    Retours d’expérience

    Cette formation portera sur « la compréhension des mécanismes sensoriels chez les personnes autistes, les stratégies d’accompagnement adaptées aux troubles alimentaires », et proposera des conseils pratiques ainsi que des témoignages. Laure Del Pino, présidente de l’association Atyl, a suivi cette formation qui lui a beaucoup apporté, dit-elle, pour « mieux comprendre » son fils autiste et s’adapter.

    * Inscriptions au 06.13.91.08.86 ou par mail :assoatyl@gmail.com

  • Jean-Pierre Squillari face aux lecteurs à Aubagne

    Jean-Pierre Squillari face aux lecteurs à Aubagne

    URBANISME

    Marc Vergès : Depuis que le maire (LR) Gérard Gazay est élu, il y a une vague de constructions de villas pour gens fortunés, alors qu’on manque de logements notamment sociaux. Comment peut-on se battre contre cette bétonisation maximum ?

    Jean-Pierre Squillari : On va arrêter tout projet de bétonisation et on va faire un moratoire. Ensuite, nous allons créer une zone agricole protégée (ZAP), au niveau du triangle de l’autoroute, et renouveler la charte agricole. Pour les constructions anarchiques en pleine colline, on va instaurer un plan de prévention de risque d’incendie de forêt (PPRIF), qui a l’avantage de maîtriser la construction. Par exemple, quelqu’un peut construire une maison dans la colline, mais il faut que le chemin soit à la bonne largeur, qu’il y ait un point d’eau… On va donc protéger les fameuses zones menacées au Grand Pin Vert, Saint-Pierre-les-Aubagne, la Louve où il y a des projets faramineux pour bâtir des maisons sans tenir compte des accès par exemple. On va regarder ça. On va aussi sanctuariser les propriétés qui appartiennent à la commune. On ne va pas vendre les bijoux de famille. Par exemple, à côté de la caserne des pompiers, il y a des terrains communaux. On va faire très attention à ce qu’ils ne soient pas bradés. Ensuite, on va prioriser la rénovation, la réhabilitation pour les constructions. Il y a 1 500 logements vacants à Aubagne. Même s’il y a des problèmes d’héritage, d’usufruit, sur les 1 500 il y a quand même de quoi faire, surtout qu’on peut aller chercher des subventions pour aider les gens qui veulent rénover ces maisons. Et puis, en plus, ça donnera un cachet à Aubagne. Nous allons également désimperméabiliser les sols. Car l’eau qui ruisselle, elle va au point le plus bas, c’est-à-dire, chez nous, l’Huveaune. Alors je le dis, je le répète, cette année, l’année prochaine, dans dix, vingt, trente ans, l’Huveaune fera des dégâts. N’oubliez pas que l’Huveaune signifie « la dévastatrice ». Or les zones inondables sont de plus en plus bâties et c’est préoccupant surtout qu’il n’y a pas grand-chose comme moyen de secours préventif. Pour conclure, notre secret, notre envie, notre désir, c’est que les futures reconstructions qu’il y aura soient faites pour que les gens vivent bien.

    CENTRE-VILLE

    Hélène Trupiano : Quels sont vos projets pour le centre-ville et pour
    la propreté ?

    Jean-Pierre Squillari : Je veux simplement que le centre-ville, qui est le quartier de tous les Aubagnais, revive. Car tout le monde se retrouve au centre-ville. Le constat, c’est que les magasins ferment les uns après les autres. Je sais, ce n’est pas qu’à Aubagne. La rue Rastègue, vous ne l’avez pas connue, avait tant d’échoppes qu’il était impossible d’y passer avec le petit véhicule des pompiers… L’animation aubagnaise était réputée, il y avait par exemple des spectacles de rue gratuits, très suivis. Il y avait un cachet et ce cachet, on va essayer de le redonner à Aubagne. Comment ? D’abord en travaillant avec les instances commerciales. Une fois par mois, il y aura une super braderie festive. Les commerces vont bénéficier de tout cela, si on fait de l’animation, des spectacles. Avant, lorsque je parlais d’Aubagne à mes collègues, ils me disaient : « C’est une ville provençale avec son cachet ». Maintenant, les gens qui habitent à sa périphérie me disent : « On ne sait plus où se garer… Les magasins, on ne sait pas où ils sont. Et ce n’est pas très propre ». C’est ce qui m’a fait m’investir pour qu’Aubagne redevienne une ville où l’on aime venir.

    Michelle Dani : Dans le programme, il est question d’une halle au cœur de ville. Comment va-t-elle
    se matérialiser
     ?

    Jean-Pierre Squillari : C’est un projet phare. D’abord, on n’a pas encore arrêté définitivement l’emplacement de la halle. Pour déterminer où on va la faire, il va falloir avoir des concertations. On ne veut pas que la décision vienne d’en haut. Cette halle va profiter aux producteurs locaux. J’ai déjà vu des commerçants prêts à occuper un local dans la halle. Elle sera ouverte toute la journée. Elle va être conçue de manière à ce qu’on puisse y faire ses achats, mais comporter aussi des espaces de distraction, de formation. Par exemple, on fera venir un cuisinier, un potier etc. Cette halle va vivre. Et les commerçants aux alentours vont en bénéficier.

    TRANSPORTS

    Bruno Fischer : Je pense qu’il faut absolument conserver la gratuité des transports et si possible, arriver à l’étendre sur l’ensemble de la Métropole. Quelle est votre position à ce sujet ?

    Jean-Pierre Squillari : Sans ambiguïté, on maintient la gratuité. Il y a un élément important, c’est la Métropole Aix-Marseille. Il faut que la Métropole change au niveau politique, car c’est d’elle que vient le danger. Alors la spécificité aubagnaise, on connaît, on nous dit « c’est pas normal que les transports soient gratuits à Aubagne et les autres paient ». Nous, on dit, c’est pas normal que les autres paient. Si la taxe transport des Bouches-du-Rhône était égale à celle de la région parisienne, on aurait la possibilité de faire un transport gratuit dans tout le département des Bouches-du-Rhône. Cette taxe est prélevée sur les entreprises de plus de 11 salariés. Au sujet du développement des transports en voie douce, nous, on ne va pas peindre sur le trottoir un vélo pour dire c’est une piste cyclable. On va faire des pistes cyclables. Au centre-ville, on va réfléchir à une semi-piétonisation, mais on va également partir de la base, voir les commerçants, voir les habitants et leur demander ce qu’il faudrait faire.

    SANTé

    Edmond Laurenti : Comment peut-on intervenir pour que le nouvel hôpital ait un plateau technique tout à fait développé
    et non pas en recul comme cela se prépare
     ?

    Jean-Pierre Squillari : Nous sommes à 100% pour l’hôpital public. Ce ne sera pas l’hôpital d’Aubagne, mais du Pays d’Aubagne. On connaît tous les problèmes qu’il y a. On ne sait pas si les terrains ont été achetés encore. On connaît des problèmes de transport, de pollution sonore… On sera très attentif à maintenir un service de qualité à l’hôpital public. En ce qui concerne le futur hôpital, on refuse que ce soit simplement un déménagement. Je m’explique : Nous sommes favorables à un nouvel hôpital mais avec des structures beaucoup plus importantes que ce qu’il a. Il ne faut pas que cela soit un déménagement mais un changement.

    SOCIAL

    Edmond Laurenti : On a fêté les 100 ans l’année dernière de la Bourse du travail. Jusqu’en 2014, nos actions de permanences juridiques et consommateurs étaient reconnues mais ce n’est plus le cas depuis l’élection de M. Gazay. Quelle sera votre action vis-à-vis de cette Bourse ?

    Jean-Pierre Squillari : Gérard Gazay a abandonné toute aide à la Bourse du travail alors que c’est un service public qu’on peut considérer comme indispensable au monde des travailleurs. Avec nous, la Bourse du travail aura beaucoup plus de facilité à travailler dans ses locaux. On est conscient du problème.

    Bruno Fischer : J’ai vu dans le programme une idée qui me paraît assez intéressante, c’est le service municipal d’inhumation. Est-ce que vous pouvez nous en parler ?

    Jean-Pierre Squillari : Pour enterrer quelqu’un, cela coûte 4 000 euros. Là, nous souhaitons agir sur le pouvoir d’achat des gens avec ce service public.

    Sécurité

    Michelle Dani : Une commune ne peut pas tout, mais est-ce qu’elle peut quelque chose pour la sécurité ?

    Jean-Pierre Squillari : Elle peut déjà agir sur le renforcement du travail de prévention. Le narcotrafic c’est quelque chose de sérieux et de constant. Dans la commune, il faut que la police municipale et la police nationale soient complémentaires. La police municipale doit être une police de proximité. Il faut que les gens des quartiers connaissent les policiers. Alors on parle des caméras. Encore faut-il qu’elles fonctionnent. Moi je voudrais savoir combien d’affaires ont été réglées avec une caméra… Le budget pour 4 caméras équivaut à un salaire de policier municipal. Le maire sortant Gérard Gazay a un projet de 200 caméras… La police nationale doit, elle se concentrer sur les trafics. C’est son boulot. Contrairement à ce que dit monsieur Gazay, l’insécurité à Aubagne n’a pas diminué. Quant au commissariat, ça fait douze ans qu’un terrain est prévu pour le faire. Il n’y a rien de fait. C’est vrai que ce n’est pas de la responsabilité de la Ville. Celle-ci met à disposition le terrain, mais le maire d’une ville de 50 000 habitants, vice-président du conseil départemental, il peut quand même un peu secouer la manche du préfet pour lui demander de faire enfin un commissariat digne d’une ville comme Aubagne… Parce que l’endroit où sont les fonctionnaires de police, c’est vraiment scandaleux.

    Bruno Fischer : Pour moi, si on offre aux jeunes la possibilité
    de pouvoir s’occuper, une partie du trafic de drogue disparaîtra. Qu’en pensez-vous
     ?

    Jean-Pierre Squillari : Cet été, j’ai visité toutes les maisons de quartier. Tous leurs responsables m’ont informé que leur budget avait diminué à peu près de 60 à 70%. Alors qu’auparavant avec un bus ils pouvaient amener 45 gamins à la mer, à la neige, maintenant c’est 6… Les anciens nous disaient qu’avec ce même bus de 45 places, ils allaient même jusqu’à Andorre… C’est terminé. Les maisons de quartier, si elles ne sont pas démolies, comme celles de l’Olivette, elles sont réduites comme peau de chagrin. Je félicite ces responsables qui font le grand écart pour pouvoir animer ces maisons, c’est extraordinaire. Et quand les jeunes sont dans une maison de quartier, ils ne sont pas dans le quartier. Donc oui, il faut occuper le terrain, et puis peut-être qu’on arrivera un petit peu à intéresser les jeunes à autre chose.

    ÉDUCATION

    Roseline Brundu : Quel est votre projet par rapport aux écoles ?

    Jean-Pierre Squillari : Les écoles d’Aubagne ont été négligées par la mairie actuelle pendant longtemps, même si depuis que l’on approche de l’échéance municipale, il y a un léger sursaut que j’ai pu constater. Un des problèmes majeurs, c’était la propreté. Pendant des mois, on nous a dit qu’il n’y avait pas de problème, que ce n’était qu’une vue de l’esprit, que nous n’étions pas vraiment honnêtes, que les voisins, justement, disaient qu’il n’y avait pas de problème de propreté. La Ville essayait de diluer le problème. Et dernièrement, la musique a changé. On nous a dit qu’effectivement, peut-être, il y a eu un problème de propreté, mais qu’on allait le résoudre en sanctionnant l’entreprise. Je ne suis pas tout à fait convaincu qu’on ait réussi à le faire. Et ça, c’est un vrai problème. Il n’y a pas de raison que les enfants aillent dans des écoles qui sont sales, pas bien nettoyées, où il n’y a pas de papier toilette dans les WC. Ce n’est pas acceptable. Il y a vraiment un chantier qu’il faut résoudre.

    Roseline Brundu : Deux problèmes se sont posés de manière importante : la chaleur et le froid. Est-ce que vous avez un plan prévisionnel, surtout sur l’isolation thermique dans
    les écoles
     ?

    Jean-Pierre Squillari : Notre programme phare, c’est un vaste programme de rénovation de toutes les écoles. Nous avons six ans pour cela. On ne va pas faire ça en un mois. Une des premières choses que les parents nous disent, c’est qu’une fois les gamins sortis de l’école, ils ne savent pas où les amener pour s’amuser. Le peu de jardins publics qui y a, ils ne sont pas aménagés, les agrès sont vétustes, ils sont dangereux. On a des projets de grands parcs urbains pour les gamins. Ça fait partie également, d’après moi, du bien-être.

    Roseline Brundu : Pour les familles qui ont des difficultés à faire manger leurs enfants à la cantine, il n’y a plus de gratuité sauf erreur de ma part, et les familles trouvent le prix du repas élevé. Quelle sera votre réponse ?

    Jean-Pierre Squillari : On a repéré le problème pour les repas. Pendant très longtemps, nous avions une cantine centrale qui faisait travailler les agriculteurs aubagnais avec les circuits courts. Pour le prix du repas qui est élevé, on va voir avec la société délégataire. C’est le problème de la délégation de service public. Vous dites que les repas ne sont plus gratuits. Cela ne plaît pas à tout le monde, mais nous allons faire une expérimentation de petit-déjeuner gratuit à l’école.

    Roseline Brundu : Pour les transports, nous avons de plus en plus de mal nous aussi à organiser une sortie avec nos élèves parce que les prix ont explosé. Nous avons une dotation de 4 euros par enfant pour prendre un bus. Proposerez-vous quelque chose à ce sujet ?

    Jean-Pierre Squillari : Vous m’avez parlé de budget pour le matériel scolaire et pédagogique, en effet. Nous avons relevé pas mal de problèmes, on les connaît et on va se donner une base de travail pour améliorer la scolarité. On est conscient du problème des écoles. On sait que c’est cela va être un chantier énorme. Je ne sais pas si dans le temps de la mandature, six ans, on arrivera à rattraper tout le retard. Je voudrais dire également que nous allons créer un service de surveillance des travaux.

    François Gomez : Je fais partie d’une troupe de théâtre et il est difficile de trouver une salle pour répéter. Je pense que c’est valable aussi pour d’autres arts, et ça manque. Prendrez-vous ce problème en compte ?

    Jean-Pierre Squillari : On va commencer par là, le soutien à l’activité et à la création culturelle. Il y a quelques années, Aubagne était citée en exemple pour sa culture. Il y avait une Maison des jeunes et de la culture qui rayonnait dans la région. Le groupe IAM a commencé à Aubagne. Aujourd’hui, il y a la Distillerie qui vivote, il y a des locaux qui étaient prévus pour de la culture et sont toujours en sommeil. Avec le théâtre du Comoedia, on va travailler avec son directeur pour avoir une programmation intéressante. On veut rendre la culture populaire. Son budget à la Ville a été réduit comme peau de chagrin. Gaëlle Rodeville, directrice de production de cinéma, organisait un festival de cinéma sur Aubagne, qui marchait du feu de dieu. Et puis elle a été mise dehors, la Ville sous Gérard Gazay lui a supprimé une subvention, il a fallu qu’elle aille ailleurs. Elle est allée à Marseille et à Marseille son festival du film casse la baraque. Aubagne s’est privée de beaucoup de personnes qui avaient du talent. La Ville s’en est séparée parce qu’elles n’étaient pas dans les idées du responsable de la culture, qui est à la botte bien entendu de monsieur le maire. Là aussi, on a déjà rassemblé des gens de la culture. Nous allons faire un rassemblement encore plus grand de manière à repartir du bon pied.

    Marc Vergès : Comment les Aubagnais vont être informés pour être associés aux décisions ?

    Jean-Pierre Squillari : Il y a des outils pour que la démocratie s’exprime. Les conseils de quartier que nous avons actuellement cela ne va pas. Le maire actuel explique que tout est beau dans le meilleur des mondes et lorsqu’on pose des questions, il répond qu’il va régler le problème. Non, les conseils de quartier sont là pour faire remonter les problèmes mais aussi les propositions. Et c’est comme cela que nous concevons la démocratie.

    Bruno Fischer : Comment voyez-vous la façon de s’opposer au danger RN qui plane sur la ville pour ces municipales ?

    Jean-Pierre Squillari : Le danger du Rassemblement national est présent et il faut entendre la colère des gens sans la mépriser. Le RN sera peut-être présent au deuxième tour. Mais avec les alliances et les mésalliances, on ne sait plus trop bien où on va. On entend un jour madame Vassal [présidente du Département et de la Métropole, candidate de la droite et du centre aux municipales à Marseille, Ndlr] qui dit « je vais faire ami ami avec le RN », puis après on voit qu’elle se fait taper sur les doigts et puis deux semaines après, elle parle pratiquement de Pétain… C’est compliqué. Sur Aubagne, Madame Mélin [elle est députée RN de la 9e circonscription, Ndlr], on ne l’entend pratiquement jamais, même en campagne électorale. Elle commence très tard sa campagne, elle n’en a pas besoin. Mais nous, on peut lui demander des comptes, ce qu’elle a fait à Paris, les lois qu’elle vote ou celles qu’elle ne vote pas.

    Le RN surfe sur la nébulosité et sur le mécontentement. Donc à nous de dénoncer et d’expliquer ce qu’est le RN et qui est Madame Mélin. On a des exemples des lois qu’elle a votées au détriment des masses laborieuses. Elle a voté aussi contre l’augmentation des budgets des communes, et des pompiers. En revanche il faut éviter de faire des surenchères artificielles. Et le jour viendra où on pourra s’expliquer et il faudra qu’elle rende des comptes. Parce qu’on sera face à face. Et nous, on lui donnera des exemples concrets.

    Bruno Fischer : Pourquoi vous êtes-vous engagé dans cette campagne ? Vous avez envie de faire carrière ?

    Jean-Pierre Squillari : Je suis né à Aubagne. Très jeune, j’ai suivi mon père dans une fameuse campagne électorale. Et puis comme j’étais sapeur-pompier, je n’avais pas le droit d’être élu à la mairie. Lorsque je suis arrivé à la retraite, j’ai pu y prétendre. À l’âge que j’avais, je pensais avoir rangé les crampons, le casque et j’ai mis les bottes bien au chaud pour me consacrer à ma famille. En discutant avec deux de mes amis comme Maurice Marsiglia et Jean-Luc Dimitri, on s’est dit qu’il était impossible de laisser tomber notre ville. On a commencé à faire quelques réunions, au début nous étions 3, puis 5, 10 , 20… On était des citoyens et puis les partis politiques nous ont écoutés, ils ont trouvé que le projet était bon. Ils ont commencé à venir avec nous puis on a agrandi le cercle. Et puis je me suis déclaré, on en est là, mais je le dis, je le répète devant les journaux, je le dirai devant tout le monde, je ne ferai qu’une seule mandature. Je n’ai pas l’ambition de devenir député, sénateur ou autre chose. Je suis ici pour ma ville, pour éviter qu’elle tombe dans le chaos et pour que l’on redore le blason d’Aubagne. Une seule mandature pour ma ville.

    A retrouver lundi prochain : Benoît Payan face aux lecteurs à Marseille

    Nos lecteurs d’Aubagne

    Michelle Dani, retraitée de l’enseignement supérieur

    François Gomez, retraité engagé dans le social

    René Profizi, retraité membre d’une troupe de théâtre

    Roseline Brundu, directrice d’école

    Edmond Laurenti, retraité de la construction militant mutualiste

    Marc Vergès, retraité éducateur spécialisé

    Bruno Fischer, retraité

    Hélène Trupiano, nouvelle habitante d’Aubagne

  • Aubagne en commun présente ce samedi les 42 noms de la liste

    Aubagne en commun présente ce samedi les 42 noms de la liste

    Nous partîmes cinq cents, mais par un prompt renfort, nous nous vîmes 3 000 en arrivant au port », écrit Corneille dans Le Cid. La liste Aubagne en commun, elle, a été composée sur le temps long. Colistière, Eliane Vergès, cadre de santé retraitée, impliquée de façon ardente dans les collectifs anti-bétonisation à Aubagne, raconte : « Tout a commencé il y a trois ans. Maurice Marsiglia est venu nous dire qu’il fallait que la gauche se réveille un peu… »

    Autour de trois personnes au début, dont Jean-Pierre Squillari, tête de liste aujourd’hui, citoyens et partis de gauche se sont peu à peu ralliés à Aubagne en commun*. La liste est composée de 42 noms, dont deux tiers de citoyens non encartés. « C’est une liste équilibrée », estime Jean-Pierre Squillari.

    « Envie de renouveau »

    L’élaboration du programme s’est faite à partir du terrain. « Quartier par quartier, nous sommes allés à la rencontre des gens, voir ce qu’il n’allait pas », illustre Eliane Vergès. Militante communiste, Hélène Di Vita Danchesi s’aperçoit, lors des porte-à-porte et distributions de tracts, « que Jean-Pierre Squillari, ex-chef du centre de secours des sapeurs-pompiers d’Aubagne, est connu de la population. Les gens ont envie de renouveau ». « Il y a un dégoût du maire actuel », juge Eliane Vergès.

    * Présentation de la liste à 11h au Bras d’Or, av. Antide-Boyer

  • Un nouvel hôtel 3 étoiles va ouvrir à Aubagne au début de l’été

    Un nouvel hôtel 3 étoiles va ouvrir à Aubagne au début de l’été

    « Ce sera le premier Tulip hôtels et résidences de la région », assure Vicky Carré. Déjà directrice de l’hôtel Campanile, 3 étoiles, zone Alta Rocca, elle sera la directrice, en indépendante et sous franchise, de cet hôtel en construction au 165, D8 N à Aubagne. Pour être un peu plus précis, il est en train d’être bâti « derrière le terrain du concessionnaire Renault », éclaire-t-elle, à proximité du nœud autoroutier. « Si tout se passe bien, il devrait ouvrir au début de l’été », annonce Vicky Carré. Il existe pour l’heure ce type d’hôtel à Joinville-le-Pont (île de France), « et un autre est dans les tuyaux », poursuit-elle.

    Cet hôtel 3 étoiles, qui fait partie de la marque du groupe Louvre Hôtels, le principal concurrent du groupe Accor, comprendra 48 chambres et 8 appartements. Il va s’ajouter aux 7 hôtels de même catégorie dans le Pays d’Aubagne et de l’Etoile. « Un besoin existe », affirme Vicky Carré. « La clientèle commerciale et d’affaires préfère séjourner à Aubagne qu’à Marseille, car elle va trouver ici des chambres moins chères. La nuit dans un 3 étoiles à Marseille peut aller de 200 à 300 euros, tandis qu’au Tulip hôtel, même s’il y a une grosse demande, ce sera 150 euros, et sinon 100 euros la nuitée », observe-t-elle. Et à Aubagne, le stationnement près de l’hôtel sera gratuit. La clientèle touristique adopte la même attitude, selon elle. « À Cassis par exemple, se loger coûte très cher, et les parkings sont payants. Pour les touristes, ça devient trop cher et saturé. »

  • L’office de tourisme d’Aubagne se veut « facilitateur »

    L’office de tourisme d’Aubagne se veut « facilitateur »

    En dépit d’une morosité économique ambiante, a rappelé, mardi, Gérard Canavese, président de l’OTI, seul dans le département à regrouper 12 communes, celles du Pays d’Aubagne et de l’Etoile, « 2025 est notre année de référence », lui a emboîté le pas Pascal Coudurier, le directeur. La fréquentation y a été « exceptionnelle », a-t-il souligné. Devant une quinzaine d’acteurs de l’économie touristique du territoire, directeurs d’hôtels, responsables de chambres d’hôte, de brasseries, de camping, ou d’un bar médiéval, Pascal Coudurier a présenté les nouveautés pour l’année.

    Parmi elles, la visite guidée « Aubagne au féminin* », qui sera lancée le dimanche 8 mars. Artistes, résistantes, commerçantes, figures oubliées ou personnalités reconnues, « Aubagne au féminin » invite à redécouvrir la ville au travers de femmes charismatiques qui ont marqué l’histoire locale et contribué à forger l’identité aubagnaise. En avril, une balade à la Font de mai sur le thème « Marcel Pagnol entre nature et mémoire », prendra place parmi les nouveautés.

    Une refonte du site web

    Après avoir précisé que l’OTI disposait d’un budget de 1,9 million d’euros, dont 1,5 alloués par la Métropole (à partir notamment du produit de la taxe de séjour), Pascal Coudurier a lancé aux participants : « Nous sommes à votre disposition ! L’OTI est alimenté par de l’argent public, n’hésitez pas à vous faire accompagner. » Mais aussi : « L’OTI a pour force de réunir 12 communes, mais notre territoire se situe à côté de grands pôles touristiques tels que Marseille, Cassis, La Ciotat… Notre message : nous sommes plus forts quand on est ensemble ! » En effet, pour un petit pécule, l’office de tourisme accueille sur son site des prestations d’activités. Bientôt par exemple, pour le printemps, on pourra réserver pour l’expérience qui décoiffe d’un saut à parapente depuis le Garlaban ! Le directeur de l’Office de tourisme a dévoilé la tête d’affiche du grand concert de l’été à Aubagne, le 21 août : ce sera Julien Lieb, finaliste de la Star’Ac. Parmi les « gros chantiers » qui arrivent à leur terme, la refonte du site web de l’Office de tourisme. Livré en avril, « il vise à être plus efficace pour répondre aux demandes des visiteurs, et plus visible par référencement Google. Il aura pour but de présenter Aubagne comme un pôle depuis lequel visiter le territoire », a expliqué Jade, de l’OTI. En septembre, le site sera traduit en anglais et en allemand, les deux langues les plus parlées par les touristes sur le territoire.

    * Infos OTI : 04.42.03.49.98.

  • Le maire sortant d’Aubagne Gérard Gazay présente ses colistiers

    Le maire sortant d’Aubagne Gérard Gazay présente ses colistiers

    C’est sur la scène du cinéma Le Pagnol que le maire sortant Gérard Gazay (LR) a, samedi, révélé les 42 autres visages de sa liste baptisée « Passion Aubagne ». En lice pour un troisième mandat consécutif, le candidat présente une équipe « à 40% renouvelée », avec 19 nouvelles recrues et 24 élus sortants, dont lui-même. Parmi ses comparses déjà présents sur la liste « Aubagne Ensemble » en 2020 : Sophie Amarantinis-Gallian, Alain Rousset, Danielle Menet et Vincent Rusconi, respectivement placés à la deuxième, troisième, quatrième et cinquième places de la liste de l’époque. Hélène Julien Tric, sixième en 2020, a rejoint la liste de Giovanni Schipani (SE) mi-janvier après l’annonce de sa démission.

    Nouveaux profils de la « société civile »

    La liste « de droite et de centre-droit », selon son chef de file, se dote aussi de profils issus de la société civile. Quatre d’entre eux viennent du monde de la santé (trois infirmières dont deux libérales et un médecin) et trois du monde de l’enseignement et de la formation. Les ressources humaines et la finance sont aussi représentées avec une gestionnaire de patrimoine, un expert-comptable et un chef d’entreprise. La solidarité est elle incarnée par Julien Coclet et Marine Coetto, respectivement « directeur d’une association d’insertion » et « ex-directrice en action sanitaire et sociale ». Cinq jeunes (de 20 à 35 ans) intègrent également l’équipe, avec parmi eux un agriculteur, une diététicienne, un peintre dans l’industrie, une infirmière et une responsable de centre esthétique.

  • Le court-métrage d’un ex-élève de la Satis aux César

    Le court-métrage d’un ex-élève de la Satis aux César

    Arnaud Delmarle, 28 ans, a appris que son court-métrage de fiction était nominé aux César, prestigieuse récompense du cinéma français… sous sa douche. Sa sœur le lui a annoncé. « Ma réaction a été la joie et du coup, cela a été plutôt une douche chaude qu’une douche froide », s’amuse-t-il. « Quand on a inscrit notre film en juillet, on ne pensait même pas passer le cap d’être montré au jury… », raconte-t-il. Mais si. Big Boys don’t cry a fait partie des 200 films éligibles aux César, puis de la quarantaine sélectionnés, et maintenant il est dans un dernier carré de 4 courts-métrages de fiction. « Pour moi, être nominé, c’est la meilleure des récompenses. Cela signifie que les 4 000 à 5 000 votants du jury ont vu et voté pour le film. C’est une validation du milieu du cinéma. Après, s’il doit y avoir une récompense, ce sera évidemment la cerise sur le gâteau. Mais le plus important pour moi, c’est que le film rencontre son public et le touche », assure le jeune réalisateur.

    Un directeur très fier

    Avec Léa Oury, co-scénariste du film, de la même promo- 2020- qu’Arnaud à la Satis (Sciences, arts et techniques de l’image et du son), le jeune homme s’est emparé d’un thème pas si facile à traiter. « Big Boys don’t cry parle de vulnérabilité masculine et de difficulté à exprimer ses émotions en tant qu’homme. » Arnaud Delmarle a choisi Saint-Chamas pour tourner avec son équipe d’anciens élèves de la Satis. « Je voulais vraiment choisir un village dans l’été pour que justement le groupe soit vraiment enfermé, encore plus que si c’était à Marseille, à l’image des idées préconçues du groupe sur la virilité », explique le réalisateur. Admis sur concours à la Satis, école publique de cinéma dans le giron de l’université Aix-Marseille, Arnaud Delmarle en fait beaucoup d’éloges. « Il existe quand même très peu de telles écoles en France. Beaucoup sont privées et hors de prix et continuent à faire perdurer cette pensée que le cinéma serait quelque chose d’élitiste. »

    Ce qui n’est pas le cas avec la Satis. « Pour intégrer cette école il faut passer un concours sélectif mais une fois qu’on est rentré, on rencontre des gens passionnés aussi par la même chose », évoque le réalisateur. Dotée de l’un des plateaux techniques les plus complets parmi les écoles de cinéma en France, la Satis a formé près de 1 700 étudiants depuis son implantation à Aubagne en 1988. Rémi Adjiman, le directeur de la Satis, s’est dit « profondément fier d’Arnaud et de tous les anciens élèves qui ont donné naissance au magnifique Big Boys don’t cry, mais également pour porter l’école de la Satis d’Aix-Marseille université jusqu’aux César. »

  • À Aubagne, Jean-Pierre Squillari et ses colistiers jouent la carte de la proximité

    À Aubagne, Jean-Pierre Squillari et ses colistiers jouent la carte de la proximité

    « La Louve, le Voltaire, Campagne Michel, le Caprier, le Salengro, la Savoisienne et le Moulin de Beal… Les militantes et les militants d’Aubagne en commun se sont démultipliés ce vendredi ! », commente Jean-Pierre Squillari, le toujours très enthousiaste chef de file de la liste réunissant PS, PCF, Écologistes Génération.s, Place publique et des citoyens engagés.

    « La proximité, c’est la signature de notre campagne », explicite Denis Granjean, le conseiller municipal d’opposition écologiste et colistier de Jean-Pierre Squillari. Une démarche inspirante pour tous les protagonistes, « l’accueil est très chaleureux lors des porte-à-porte, sur les marchés, dans les quartiers, constate-t-il. Les gens nous expriment un immense ras-le-bol de la gestion actuelle de la ville et considèrent que nous représentons une véritable alternative, un véritable espoir de changement. Crédible ». « Cela fait du bien, car nous avons vraiment l’impression d’être utiles et de faire une campagne en phase avec les préoccupations des gens ». Le bien-être est d’ailleurs un fil rouge au sein des priorités de la liste du « moratoire sur les projets de bétonisation » jusqu’aux propositions concernant l’habitat, en passant par le développement des énergies vertes et locales, de nouvelles perspectives de transport ou la redynamisation du cœur de ville.

    Prochain grand rendez-vous, le samedi 28 février, à 11h, salle du Bras d’Or, pour la présentation officielle de la liste.