Tag: Aubagne

  • Colère agricole : 200 personnes mobilisées à Aubagne

    Colère agricole : 200 personnes mobilisées à Aubagne

    Dès 13h samedi, le parking du Auchan des Paluds à Aubagne s’est fait envahir par un troupeau de 300 brebis et 300 agneaux venus, aux côtés de quelque 200 personnes, protester contre la gestion sanitaire de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Maladie bovine responsable de l’abattage très contesté de 207 bêtes en Ariège, elle est depuis le 11 décembre au cœur d’une vive contestation agricole. Samedi, c’est dans une foule de drapeaux de la Confédération Paysanne, que militants et brebis se sont rendus jusqu’au rond-point de l’avenue des Caniers, où ils ont pendant plusieurs heures tenu un barrage filtrant pour « sensibiliser à la cause ». « Nous sommes ici pour dénoncer les méthodes du gouvernement dans sa gestion de la DNC mais aussi pour nous opposer au Mercosur, qui ne peut qu’aggraver la situation des paysans français, détaille Roger Roux, porte parole de la Confédération paysanne 13 et maraîcher à Peyrolles-en-Provence. L’abattage total n’aboutit pas à grand chose, on demande une vaccination généralisée et une mise à l’écart des bêtes. Abattre des vaches saines…on marche sur la tête ».

    Dans un ambiance plutôt festive, possible notamment grâce à une police coopérante, les manifestants sont parvenus à maintenir leur barrage dans le calme. Sur leurs pancartes, leurs revendications sont claires : « Abattre des troupeau = tuer nos éleveurs, déserter nos campagnes », « Pandémie du libre échange » ou encore « Mercosur, droit dans le mur ». Hélène Poullin, propriétaire des 600 bêtes qui se sont joints à la manifestation, est l’une des militantes les plus déterminées à faire entendre sa colère. « Je suis très préoccupée par cette crise sanitaire depuis qu’elle a commencé, cet été. Cela m’empêche même de dormir, se désole-t-elle. Je sais que si on venait à abattre mon troupeau, je ne me relèverais jamais. Mes brebis sont toute ma vie, elles sont mon moteur. Voir qu’autant d’éleveurs se mobilisaient dans le sud ouest, ça m’a donné envie d’agir ».

    La signature de l’accord UE-Mercosur, à l’origine prévue vendredi, a été repoussée à janvier. Le protocole sanitaire de lutte contre la DNC demeure, selon la réglementation française actuelle, l’abattage total des troupeaux où sont détectés des foyers, y compris les bêtes saines.

  • La majorité fait adopter un budget très controversé à Aubagne

    La majorité fait adopter un budget très controversé à Aubagne

    « La Chambre régionale des comptes a confirmé que notre collectivité est exemplaire. Nos choix de gestion ont été reconnus. Il aura fallu deux mandatures pour relever Aubagne. Nous l’avons faite entrer dans le XXIe siècle. Les Aubagnais sont fiers de leur ville », se félicite l’adjointe aux finance,s Danielle Menet jeudi soir, salle du Bras d’Or.

    Elle vient de détailler le budget primitif 2026. Fixé à plus de 112 millions d’euros, il se compose de plus de 86 millions en fonctionnement (dont les dépenses de personnel, avec 47 M, représentent 61%) et plus de 26 M d’investissement. Ce budget, indique-t-elle, s’appuie « sur la stabilité des taux d’imposition, inchangés pour la 12e année consécutive », « et un niveau d’investissement élevé ». L’adjointe précise « qu’une part importante » de ce dernier – soit plus de 7 millions d’euros – seront consacrés au pôle éducatif des Passons. Sa construction, qui a débuté fin 2024, doit être achevée à la fin de l’été 2026, pour une ouverture prévue pour la rentrée scolaire, en septembre. « La création de la nouvelle voie desservant le parvis de l’équipement sera programmée au printemps 2026 », a-t-elle déclaré. Dans les écoles, la Ville programme, pour l’an prochain, l’installation de brasseurs d’air ou climatiseurs. Engagée depuis 2016 dans la rénovation énergétique de son réseau d’éclairage public afin d’économiser 75% de consommation annuelle, la Ville traitera « 8 000 nouveaux points lumineux en 2026 ».

    18 millions à rembourser

    Danielle Menet a assuré tenir bien serrés les cordons de la bourse, avec « la maîtrise des dépenses de fonctionnement », et « la poursuite de la trajectoire de désendettement engagée en 2024 », même si l’annuité (capital et intérêts) de la dette s’élèvera à 18 M en 2026. « Il ne s’agit pas d’une dette, mais d’un surendettement », a rugi Joëlle Mélin (RN). « Nous découvrirons les chiffres quand nous serons à la mairie le 22 mars », a-t-elle rêvé tout haut…

    Juste avant, après avoir estimé ce budget « fictionnel, car la Ville ne connaît pas l’impact réel du budget de l’État sur les collectivités locales », Jean-Pierre Squillari, conseiller municipal (RGE) et tête de liste de Aubagne en commun a lancé : « le 29 mars prochain, quel que soit le verdict des urnes, le travail sera à reprendre de fond en comble ». Ce à quoi a réagi le maire (LR) Gérard Gazay : « Il va y avoir embouteillage, le 22 mars… » En ce dernier conseil municipal de la mandature, chacun était bien déjà en campagne. Jean-Pierre Squillari a profité de son intervention sur le budget pour évoquer largement son programme. Candidat à sa réélection, Gérard Gazay a rétorqué : « C’est facile de dénigrer comme vous le faites. Vous ne rentrez pas dans le budget, cela montre votre incompétence. Vous faites de la mauvaise littérature. Les Aubagnais sauront apprécier le travail qui a été fait. »

  • Vifs débats lors du dernier conseil municipal d’Aubagne

    Vifs débats lors du dernier conseil municipal d’Aubagne

    Après qu’André Lévisse, délégué à l’aménagement économique, ait vanté « la performance, la proximité et le prix » de l’Eau des collines, saluée par le maire (LR) Gérard Gazay, « parmi les outils de la Métropole les plus efficaces » ; l’élue d’opposition Rassemblement gauche et écologistes (RGE) Clémentine Fardoux demande la parole. « La faiblesse de nos forages de secours fait courir un risque réel de pénurie d’eau sur notre territoire. Des travaux sur les forages ont-ils été menés en 2025 ou au moins planifiés à court terme pour en augmenter l’efficacité ? », interroge-t-elle. Ce à quoi André Lévisse a répondu : « La vraie sécurisation l’est par la sécurisation des réseaux et le maillage. C’est prévu sur dix ou vingt ans, par la Métropole Aix-Marseille. »

    Hausse du prix de l’eau

    Clémentine Fardoux aborde également « le prix de l’eau. Pour un foyer de 2 adultes et 2 enfants consommant 120 m3 d’eau par an, la facture globale augmente de 25% entre 2024 et 2025 ! Sur les onze dernières années, c’est une augmentation de 35% pour ce foyer-type ! ». « On est parmi les moins chers de la Métropole », réplique André Lévisse. Ce rapport d’activité de la SPL a été voté par la majorité et l’opposition de gauche. Le groupe RN de Joëlle Mélin s’est abstenu.

    Juste avant, la décision de la Ville de mettre à disposition l’aile droite du 1er étage de la bastide du Camp Lambert à l’association Irvin, « basée en Bretagne » a vivement fait réagir l’opposition. Dans cette bâtisse « récupérée dans un état dégradé », a rappelé le maire, la Ville, sollicitée par le général Lambert, de la Légion étrangère, a trouvé, expose Alain Rousset, le 1er adjoint, opportun le projet de mettre à disposition une partie des lieux à cette asso, à titre gratuit et pendant douze ans. « L’association propose un parcours aux jeunes, étudiants, décrocheurs scolaires… pour leur redonner du sens », a-t-il exposé. En échange, a indiqué Gérard Gazay, « Irvin fera les travaux, autant d’argent à demander en moins aux Aubagnais ».

    Drôle de deal

    Clémentine Fardoux n’en croit pas ses oreilles. « Le fait de répondre positivement à la première sollicitation venue nous semble poser un problème en matière de saine concurrence et en même temps témoigne d’une façon de diriger la ville plutôt aléatoire », pose-t-elle. Il aurait selon elle été plus judicieux de mettre à disposition cet espace aux agriculteurs accueillis au Camp Lambert qui, « n’ayant pas les moyens de se loger à Aubagne, sont contraints à des déplacements quotidiens depuis Marseille ». La durée de mise à disposition gratuite lui semble également énorme, sans avoir établi au préalable la nature et le chiffrage des travaux. La délibération a été votée. Jeannine Levasseur, dans l’opposition, a voté pour, alors que RN et RGE ont voté contre.

  • Le maire Gérard Gazay porte plainte pour diffamation

    Le maire Gérard Gazay porte plainte pour diffamation

    Dans un communiqué daté du 17 décembre, la Ville d’Aubagne indique avoir « déposé plainte contre M. Squillari, qui a accusé le maire et les services de la Ville d’utiliser les moyens de la collectivité pour faire campagne, ce qui est entièrement faux. (…) Cette allégation nuit à l’intégrité, à la crédibilité du maire et à la neutralité des services de la Ville. Depuis le 1er septembre dernier en effet, la Ville a pris les mesures nécessaires pour respecter scrupuleusement la législation en la matière en période électorale. » Le 24 octobre dernier, les directeurs de campagne des candidats Jean-Pierre Squillari (Aubagne en commun) et Giovanni Schipani ont annoncé avoir saisi la Commission nationale des comptes de campagne et de financements politiques.

    « Procédure bâillon »

    « On est très sereins », assure David Chiousse, le directeur de campagne de Jean-Pierre Squillari. « Parce que saisir une commission de contrôle, ce n’est pas une diffamation, c’est juste vouloir s’assurer que les actions du candidat Gérard Gazay sont légales, ou qu’elles ne le sont pas. Si on a saisi la commission, c’est bien parce qu’on pense qu’il y a des irrégularités. » Notamment, évoque-t-il, « l’utilisation par Gérard Gazay de son compte Facebook de maire, avec 10 000 abonnés, contre 1 000 sur son compte de campagne. » Il analyse : « Il faut bien comprendre que c’est une manœuvre du candidat Gérard Gazay pour judiciariser la campagne électorale. La droite souvent fait ça, et puis c’est une tendance aussi des grandes entreprises. C’est ce qu’on appelle les procédures bâillon, c’est-à-dire essayer par une action judiciaire de faire taire ceux qui s’opposent et d’empêcher le débat démocratique. Beaucoup de personnes en ont été victimes à gauche. » Il corrige : « Et puis c’est pas la Ville d’Aubagne qui porte plainte, c’est Gérard Gazay, son maire, c’est pas tout à fait la même chose. » Jean-Pierre Squillari renchérit : « Gérard Gazay dit que c’est sa fonction de maire qui a été outragée. Mais je constate quand même que c’est lui, Gérard Gazay, qui me demande 13 000 euros de dommages et intérêts. » David Chiousse observe : « Le maire aurait pu prendre un avocat, ou même le faire payer par sa campagne électorale pour attaquer. Mais non, il demande la protection fonctionnelle, c’est-à-dire que ce sont les Aubagnaises et les Aubagnais qui vont payer… ». « La justice tranchera », réagit Jean-Pierre Squillari.

  • La violence gangrène le football amateur

    La violence gangrène le football amateur

    Agressions entre joueurs, bagarres entre supporters, menaces envers un arbitre… Les violences et les incivilités sont devenues monnaie courante dans le monde du football amateur.

    Pas plus tard que le 26 octobre dernier, où la rencontre du 6e tour de Coupe de France entre Aubagne Air Bel (National) et le FC Avignon (Régional 2) a été interrompue à la 72e minute après des incidents entre supporters en tribune. Une affiche qui devait déjà se disputer la veille, mais qui a été décalée au lendemain en raison de craintes liées à la sécurité, notamment concernant le déplacement des supporters vauclusiens. La mère d’un joueur avignonnais, touchée lors des affrontements entre supporters et forces de l’ordre, a porté plainte contre le Sporting club Aubagne Air-Bel et la Ligue Méditerranée pour manquement à la sécurité.

    Chaque année, plus de 10 000 actes de violences sont enregistrés sur les terrains amateurs, selon l’Observatoire des comportements de la Fédération française de football. La barre des 12 000 a même été franchie pour la première fois l’an passé, soit une moyenne de 230 incidents chaque week-end. Ces débordements peuvent conduire jusqu’au retrait de l’agrément d’un club, synonyme d’arrêt des activités de l’association, comme l’a vécu celui d’Orange FC, dans le Vaucluse, au mois de janvier.

    « Depuis la saison sportive 2022-2023 (…), de nombreuses rencontres impliquant le club, ses supporteurs ou ses encadrants ont conduit à des actes de violence contre des équipes adverses ou des officiels », précisait le communiqué du préfet. Depuis, des dizaines d’enfants, passionnés par le ballon rond, se retrouvent punis et privés de leur sport favori. Entre temps, la Ville d’Orange a permis au Rugby Club Orangeois de récupérer le stade Marcel-Clapier.

    Menacés de mort

    De nouveaux dispositifs pour lutter contre ce phénomène vont être proposés, a annoncé la Ligue Méditerranée, le week-end dernier (lire ci-dessous).

    Parmi les acteurs victimes de ces violences et de ces incivilités, les arbitres sont de plus en plus pris pour cible sur les terrains. Plus de 100 agressions – insultes, menaces, intimidations, voire violences physiques – ont été signalées, à l’échelle nationale, après un mois de compétition seulement en début de saison 2024-2025.

    « Au-delà de ce qu’ils peuvent subir sur les terrains, on constate que de plus en plus d’arbitres sont pris à partie sur les réseaux sociaux, où ils sont critiqués après un match, avec des insultes à tout va et jusqu’à même recevoir des menaces de mort », déplore Lionel D’Antonio, président de la Commission départementale de l’arbitrage au District de Provence.

    « ça n’a jamais été simple, mais c’est devenu très compliqué d’arbitrer, parce qu’au-delà de la petite indemnité que chacun perçoit, il y va quand même des fois de notre intégrité physique. Il faut être fort mentalement pour continuer. » D’où la nécessité d’un nouvel arsenal dissuasif et préventif.

    « Il y va quand même des fois de notre intégrité physique »

  • Un Grand Chœur va faire revivre cent ans du Comoedia

    Un Grand Chœur va faire revivre cent ans du Comoedia

    L’anniversaire du centenaire promet d’être haut en couleurs. Inauguré le 11 novembre 1925, cours Foch, ce théâtre d’abord privé, construit à l’initiative « de trois entrepreneurs », relate Jérôme Leleu, l’actuel directeur du Comoedia ; est ensuite devenu municipal. Parmi les particularités architecturales de ce théâtre à l’italienne tendu de velours rubis, « son plateau en forme de triangle. On y fait rentrer les décors au chausse-pied », s’amuse le directeur. Au-delà de l’aspect physique du centenaire, Le Grand Choeur*, à l’affiche les 13 et 14 décembre, va faire vivre au public ce que le Comoedia a vécu durant cent ans… Sur scène ce week-end, l’hommage à Félix Mayol, le chansonnier toulonnais, grande vedette des années vingt, va étonner le public avec ses chansons drôles. À ses côtés, un tourbillon de grands artistes, qui se sont produits sur cette scène, vont être incarnés par les comédiens : « Maurice Chevalier, Marcel Pagnol, Louis Jouvet, Marguerite Duras, Marcel Maréchal, Raymond Devos, Maxime Le Forestier, Galabru, Laurent Terzieff… », énumère Jérôme Leleu. En poste depuis fin 2022, le directeur du Comoedia lui-même va devenir un personnage du spectacle.

    Un public exigeant

    Metteur en scène, comédien et créateur de spectacles, le Marseillais Philippe Le Car, à la tête de l’Agence de Voyages Imaginaires « a écrit le spectacle sur la base de documents d’archives. Celles-ci ont été mises à disposition par Sandra Rouqueirol, directrice du service archives et patrimoine de la Ville d’Aubagne. Il a également recueilli les témoignages d’anciens membres des équipes du théâtre, questionnés sur leur façon de travailler, leurs souvenirs… », expose Jérôme Leleu. « Café-concert, musique, clown, burlesque, chanson, extraits de pièces classiques, d’œuvres de Marcel Pagnol… Le Grand Chœur va donner à vivre toutes les esthétiques du théâtre… », promet le directeur du Comoedia. À la question : « En cent ans, la manière de faire du théâtre a-t-elle changé ? », il répond : « On s’est orienté vers un jeu plus naturaliste, notamment dans la façon d’aborder les classiques. » On ne joue plus au théâtre comme la singulière Sarah Bernhardt… Mais sinon, l’objectif est toujours le même, soutient Jérôme Leleu. « Au théâtre, on veut toucher au cœur Créer l’émotion. Le théâtre est le miroir de l’humanité. Il a tout son sens dans ce qu’il nous renvoie de nous-même », poursuit-il. Quant au Comoedia lui-même, qui aujourd’hui travaille avec une équipe de dix personnes, propose 65 spectacles et 80 levers de rideau par saison (septembre à juin) pour 22 000 billets vendus, « les Aubagnais y sont très attachés », souligne le directeur. Il confie : « Quand j’ai rencontré son public pour la première fois, il m’a demandé avec insistance qu’il y ait de bons spectacles, et que je ne les déçoive pas… »

    * À 20h le 13, à 18h le 14.
    Tarifs
     : 4 à 15 euros. Réservations : 04.42.18.19.88.

  • Plaidoyer pour le maintien de la gratuité des transports à Aubagne

    Plaidoyer pour le maintien de la gratuité des transports à Aubagne

    « Depuis plus de quinze ans, la gratuité des transports en commun sur le territoire de l’ex Agglo d’Aubagne constitue un acquis social, écologique et économique. Elle a permis à des centaines de milliers d’habitants de se déplacer librement, de réduire leurs dépenses du quotidien, de favoriser l’accès à l’emploi, aux services et à la culture, tout en contribuant à la baisse de la pollution et de la congestion urbaine », affirme, dans un communiqué, le collectif. Convaincu que « la gratuité doit être maintenue, protégée et sanctuarisée », il annonce, à l’approche des élections municipales, poser ces questions aux candidats et candidates : « Vous engagez-vous clairement à défendre la gratuité des transports à Aubagne ? Seriez-vous prêts à porter cette revendication au sein de la Métropole, là où se joue réellement l’avenir de ce service public ? »

    Le collectif reprend : « Nous attendons des prises de position publiques, fermes et sans ambiguïté. La gratuité n’est pas un gadget, c’est un choix politique structurant un investissement pour l’avenir, un outil de justice sociale et de transition écologique. Elle est plébiscitée (…). Les Aubagnais ne veulent pas revenir en arrière. Nous non plus ! »

  • À l’école de céramique d’Aubagne, des vocations nées de la terre

    À l’école de céramique d’Aubagne, des vocations nées de la terre

    « Avant, je voyais le travail de la terre comme un passe-temps, mais là, je voudrais en faire mon métier et ouvrir mon propre atelier », confie Fanny, 31 ans. Assise devant un tour de potier, elle a déjà façonné trois bols, à partir d’une argile rouge d’Espagne chargée en fer. « Cela a l’air simple de faire ça, mais ça ne l’est pas du tout. ça demande de la technicité dans les gestes. Ce qui me plaît, c’est exprimer ma créativité en travaillant la terre. »

    Fanny a débuté sa formation, le 27 octobre dernier, à l’école de céramique de Provence. « C’est une reconversion. J’ai été hôtesse de l’air pendant six ans en région parisienne, j’ai fait un burn-out… Je suis venue m’installer à Marseille, j’ai été barista. Jusqu’à ce que je découvre cette école », raconte-t-elle.

    Directeur de l’école de céramique, Renaud Andreani, lui aussi devant un tour, fait surgir de la motte de terre un sapin de forme conique. L’école d’Aubagne, qui forme aux CAP « modèles et moules céramiques », « décoration en céramique » et « tournage en céramique » accueille, chaque année, environ 25 adultes en formation continue, qu’ils soient en activité ou en reconversion. La formation dure de six mois à deux ans. « Toutes nos formations sont diplômantes », insiste Renaud Andreani.

    Décors traditionnels

    Dans l’atelier, beaucoup de jeunes visages. Le gros des effectifs est en effet constitué par la cinquantaine d’apprentis. Âgés de 16 à 26 ans, ils sont formés en deux ans, à la fois à l’école et en entreprise. Une cour à traverser et on pénètre dans l’atelier de décor sur céramique. « On apprend ici la tenue du pinceau, le mélange des couleurs, l’émaillage, les décors traditionnels… », renseigne Patricia Boellinger, formatrice.

    Lilou, 22 ans, est en reconversion, malgré son jeune âge. Le calme et la minutie exigés pour peindre lui correspondent tout à fait. Après avoir fait les Beaux-Arts à Marseille, Iris, 27 ans, a intégré l’apprentissage en octobre dernier. « J’avais envie de quelque chose qui liait l’artisanat et l’art », déclare-t-elle.

  • À Aubagne, Jean-Pierre Squillari veut « stopper le bétonnage sauvage »

    À Aubagne, Jean-Pierre Squillari veut « stopper le bétonnage sauvage »

    « Construire oui, mais pas n’importe où et pas n’importe quoi », tranche Jean-Pierre Squillari.

    Si lui et son équipe sont élus en mars prochain, « on stoppera le bétonnage sauvage. Les logements construits ces douze dernières années durant le mandat du maire sortant (LR) Gérard Gazay ne sont pas accessibles à la majorité des Aubagnais. On part du principe que les logements doivent correspondre aux besoins des habitants, et non aux envies des promoteurs ». En accord avec le programme de la liste*, « nous ferons un moratoire sur les constructions. Il y aura un statu quo sur celles qui sont programmées. Pour les autres, on regardera si la réglementation est respectée, si le réchauffement climatique est pris en compte. Si tout est dans l’ordre, il n’y aura pas de problème. Dans le cas contraire, on arrêtera les projets de construction ».

    Il martèle : « Finies les opérations clinquantes pour investisseurs. On remet les familles au centre : loyers accessibles, tailles adaptées, vraie mixité pour garder 25% de logements sociaux. »

    Non à l’étalement urbain

    Selon l’Agence départementale d’information sur le logement des Bouches-du-Rhône (Adil 13), citée dans un article de la Ville d’Aubagne daté du 13 mai dernier, il y aurait, dans cette ville de 47 342 habitants, 22 656 logements, dont 27,43% de logements sociaux, et 3 043 demandeurs de ces logements. Si la Ville est dans les clous quant à la loi Solidarité et renouvellement urbain (SRU), « c’est grâce aux municipalités précédentes, car le maire sortant n’a pratiquement rien construit », pose-t-il. Pour autant, « le parc social se dégrade, les loyers s’envolent, les jeunes ne trouvent rien, les anciens ne peuvent plus rester chez eux, les familles monoparentales serrent les dents… Et pour acheter, n’en parlons même pas : des prix qui donnent le tournis », constate-t-il. Et d’embrayer : « Et ça, ce n’est pas arrivé par hasard. C’est le résultat d’une politique municipale qui a laissé filer la spéculation, qui a couvert l’extension urbaine. »

    Un autre axe fort de ses propositions entend « réviser les plans d’urbanisme pour reconstruire sur l’existant. Densifier un peu, intelligemment, là où il y a déjà des bâtis, des transports publics, des services et des commerces. Revitaliser plutôt qu’étaler. Et surtout : stop au grignotage des terres naturelles et agricoles. »

    Dans le même état d’esprit, l’idée est de « mobiliser les 1 500 logements vacants » situés dans le vieil Aubagne. « Ils ne seront pas tous disponibles, car certains font l’objet de procédures en cours par exemple en cas de problèmes sur un héritage, ou sont en procédure de péril, mais une partie pourrait être disponible. On va travailler avec les propriétaires, utiliser tous les outils existants, et remettre ces logements sur le marché. À titre d’exemple, la réhabilitation du centre ancien de Salon-de-Provence est une réussite », argumente-t-il.

    * Depuis le 30 novembre dernier, son site de campagne a été ouvert : www.aubagne-en-commun.fr

  • Deux visions s’engagent à Aubagne pour le scrutin municipal

    Deux visions s’engagent à Aubagne pour le scrutin municipal

    Si à gauche, deux candidatures sont déjà déclarées, d’autres personnalités, non encartées, sont depuis sorties du bois (ou plutôt, ici, de la garrigue). Après Giovanni Schipani, estampillé « sans étiquette », Jeannine Levasseur s’est déclarée, courant octobre.

    Native d’Aubagne, cette femme de 76 ans, « à droite et au centre droit » dit-elle, a été assistante de direction chez Nestlé et a dirigé une entreprise avec son mari. Elle a longtemps été dans l’équipe du maire actuel, Gérard Gazay. Directrice de campagne en 2014, elle a été adjointe à l’urbanisme durant le premier mandat (2014-2020), puis adjointe de quartier.

    Son intervention lors du conseil municipal du 25 mars dernier, au sujet de la véritable superficie du futur Office de tourisme cours Voltaire – « intox ou méconnaissance du dossier ? », interpelle-t-elle alors le maire – a conduit Gérard Gazay à la pousser vers la sortie. Ce dernier lui a demandé de démissionner de son poste d’adjointe, en juillet. Le préfet a accepté sa démission, courant octobre. Toujours conseillère, elle est aussi, depuis cette date, candidate aux municipales. Dans la profession de foi de sa liste « Un nouvel espoir pour Aubagne », Jeannine Levasseur indique : « Depuis plusieurs mois, de nombreux aubagnais m’ont interpellée. Ils se sentent écartés des décisions, ignorés par un maire qui semble avoir oublié ce qu’est la proximité. » Aussi a-t-elle décidé de se présenter « pour redonner à Aubagne le souffle qu’elle mérite ».

    Ex-adjointe de Gérard Gazay, très impliquée dans le social, Valérie Morinière l’a rejointe. Quatre des idées fortes de Jeannine Levasseur sont « un moratoire pour la construction à Aubagne, car là on construit pour récupérer la taxe foncière, or la ville est défigurée. Une meilleure gestion des finances, avec rigueur et bon sens pour que l’argent public serve pleinement l’intérêt collectif. Une gouvernance exemplaire et transparente. Un grand parc urbain au Bras d’Or ».

    « Nouvel élan »

    Dans ce même lieu, le chirurgien Mohammed Salem, qui a inauguré son local de campagne au 9 avenue Loulou-Delfieu le 14 novembre dernier, veut créer un espace « intergénérationnel ». Président de la Commission médicale d’établissement au centre hospitalier Edmond-Garcin, Mohammed Salem avait annoncé sa volonté de partir pour les municipales il y a plusieurs mois. Avec sa liste « Ensemble vers l’avenir », il souhaite « s’engager afin de donner un nouvel élan à cette ville qui s’éteint. »

    « Afin d’enrichir et amender ensemble nos propositions », a-t-il annoncé lors de son discours le 14 novembre, il donne rendez-vous à la population « courant janvier ».