Tag: Aubagne

  • Un moment de recueil au lendemain du drame au collège Lakanal d’Aubagne

    Un moment de recueil au lendemain du drame au collège Lakanal d’Aubagne

    Les sentiments sont encore très partagés pour les Aubagnais, près de 36 heures après le drame. En face du cinéma le Pagnol, plusieurs centaines de personnes se sont réunies. Enfants, adolescents, adultes, personnes âgées, tout le monde s’est déplacé pour témoigner leur soutien et leurs pensées au corps enseignant. Une ambiance positive s’est dégagée du rassemblement.

    « Ça aurait pu être moi » lance Paolo, un ancien élève du collège Lakanal. « C’est pas normal qu’on puisse entrer dans le collège avec une arme et tirer comme ça sur ses professeurs. » Bastien et Mathieu sont élèves en classe de 3e dans ce même collège. « Ça va déjà mieux qu’hier, ça nous a fait bizarre tout ça. Mais c’était important de venir ici, pour le geste qu’a pu faire le CPE », témoignent les collégiens. « On le connaissait mais pas plus que ça, on savait qui c’était. C’est difficile de savoir si tout ce qui se dit dans les médias est vrai quand on ne le connaît pas personnellement », finissent par conclure les deux adolescents.

    Pour Jean-Pierre Squillari, maire (DVG) d’Aubagne, « l’objectif de ce rassemblement est de se recueillir ensemble ». « Et le tout sans prise de parole, sans banderole, sans message. Nous voulons laisser la place aux gens pour échanger, discuter. » L’élu est satisfait de la démarche mise en place. « C’est quelque chose que nous avons l’habitude de faire à Aubagne, donc c’était une évidence que de proposer ce rassemblement. C’est un moment où il faut avoir du lien, se parler. Il ne faut pas se renfermer. »

    De nombreux enseignants ont fait le déplacement pour participer à ce rassemblement. Céline est professeure d’EPS, et a enseigné dans le passé au collège Lakanal. « Je suis venue témoigner mon soutien aux collègues, c’est une émotion particulière quand on a nous-mêmes travaillé dans cet établissement. En plus je suis aussi parent d’élève donc j’ai la double casquette », s’exprime-t-elle. Deux professeurs de Gémenos étaient également présents à Aubagne lors de cette soirée de mardi. Ils ont notamment évoqué « la journée de commémoration pour Samuel Paty et Dominique Bernard qui a eu lieu, comme prévu, dans l’établissement, avec une pensée forcément pour les enseignants blessés lundi ».

    Parents et enfants marqués

    Du côté des parents, la plaie semble encore à vif pour certains. Élodie et Charlotte ont toutes les deux une fille de 14 ans, scolarisées en classe de 3e dans l’établissement. La première précise que sa fille « s’est retrouvée face à l’assaillant », ce qui l’a « énormément marquée ». « Elles discutent beaucoup entre elles, elles se refont en boucle le scénario, étant donné qu’elles n’étaient pas au même endroit au moment des coups de feu », complète Charlotte. « Ça leur fait du bien d’être ensemble et d’en parler, d’avoir du lien. C’est bien que ce rassemblement ait été proposé », poursuivent-elles. « Malgré tout, le sentiment qui se dégage c’est surtout beaucoup de tristesse et de la peine pour le gamin. Pourquoi rien n’a été fait pour découvrir ce problème ? Ça reste un enfant de 14 ans, qui a gâché sa vie », concluent les deux mamans.

    « Je n’ai pas encore eu l’occasion d’aller rencontrer le proviseur, qui est encore à l’hôpital. J’aimerais le voir demain, ou bien essayer d’avoir son contact pour l’appeler. Il lui faut du repos, il me semble qu’il a eu la jambe cassée, il a donc certainement dû être opéré », confie le maire, en réitérant son soutien à l’ensemble du corps professoral. Alors que le rassemblement commence à se disperser près d’une heure après avoir commencé, Jean-Pierre Squillari a également exprimé son soulagement : « J’estime que l’on a réussi ce qu’on a voulu faire. L’objectif était de laisser la place au dialogue et je pense que c’est le cas », conclut le maire d’Aubagne.

  • Aubagne : le parquet national antiterroriste se saisit de l’affaire Lakanal

    Aubagne : le parquet national antiterroriste se saisit de l’affaire Lakanal

    L’affaire du collège Lakanal à Aubagne prend une autre tournure… Les premières investigations, « notamment l’exploitation des supports numériques du mineur, mettent en évidence la probable adhésion à la mouvance True Crime Community (TCC) ainsi que l’inscription de l’action criminelle intervenue au sein de son établissement scolaire dans cette idéologie », a indiqué le Parquet national anti-terroriste (Pnat) dans un communiqué ce mardi 13 octobre, précisant qu’il se saisissait de faits. Et de détailler : « La TCC est un écosystème de communautés numériques qui glorifie les auteurs de tuerie de masse et incite, dans certaines formes, au recours à la violence extrême. »

    Une enquête a été ouverte pour « tentatives d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste », « association de malfaiteurs terroriste en vue de crimes contre les personnes et infractions à la législation sur les armes, en relation avec une entreprise terroriste » et confiée à la Sdat (sous direction anti-terroriste), service coordonnateur, à la DGSI et à la direction zonale de la police nationale Sud. Des précisions devant être apportées à l’issue de la garde à vue du jeune homme démarrée lundi.

    De « mal aimé » à « acte prémédité »

    Élève de troisième au sein du collège, le jeune homme qui a tiré, à plusieurs reprises, au fusil de chasse sur le principal et une professeure, avait dans un premier temps été décrit comme mal dans sa peau, se « sentant mal aimé » selon les premières constatations. Mais sur les ondes de FranceInter ce mardi le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, avait lui insisté sur « le caractère prémédité » de l’acte. « Il avait organisé son périple et il a eu le temps quand même de recharger son fusil en cours de route. Donc, on est quand même bien sur un jeune qui avait une intention claire de tuer », a-t-il ajouté.

    Dans les témoignages des autres élèves recueillis devant l’établissement quelques heures après le drame, une de ses camarades, Sarah, également élève de 3e et en classe avec lui l’an dernier, raconte être sortie de son cours en courant et être tombée sur le jeune tireur. « Il a dit : “Je suis venu que pour les profs, pas pour les élèves. De toute façon, les profs font chier” », assurait-elle décrivant « un élève perturbateur, qui avait beaucoup de rapports mais s’en fichait (…) il n’obéissait pas aux profs ». Alors que d’autres évoquent un élève qui « avait l’air calme ». Le père et la mère de l’adolescent ont aussi été placés en garde à vue « pour essayer de comprendre comment ce jeune s’est retrouvé en possession de cette arme », avait indiqué lundi le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez venu avec son homologue de l’Éducation, sur les lieux.

  • Tirs dans un collège : Aubagne sous le choc

    Tirs dans un collège : Aubagne sous le choc

    « On a entendu deux coups de feu. Juste après, l’alarme incendie a sonné et les profs nous ont expliqué que ce n’était pas un exercice. On est sortis, on a vu l’élève et il a tiré en l’air ». Devant les grilles du collège Lakanal d’Aubagne, Adrien, élève de 3e raconte avec effroi la scène qui s’est déroulée plus tôt dans la matinée. Une scène dont l’horreur se passe de commentaires : Un élève de 3e, âgé de 14 ans, a ouvert le feu à plusieurs reprises au sein de l’établissement, blessant le proviseur et une enseignante et provoquant une onde de choc qui a largement dépassé le pays d’Aubagne.

    « L’élève est entré, aux alentours de 9h25, avec un étui à guitare dont il a manifestement sorti une arme, un long fusil de chasse. Il est monté au 1er étage de l’établissement, pour ensuite tirer en direction de deux personnes, le proviseur de l’établissement et un professeur qui était présent. Elles ont été blessées au niveau des membres inférieurs », relate Audrey Jouaneton, procureure adjointe de Marseille. Elle raconte un vrai périple qui aurait pu finir dans un bain de sang : « L’élève a ensuite continué sa progression vers le deuxième étage où il y a eu deux autres séquences de tirs. Une première à côté d’un professeur, en direction du sol, un impact a été identifié en bas d’un mur. Ensuite, il est arrivé au niveau d’une salle de classe, qui était occupée par les élèves et un professeur. Il a tiré en direction du tableau de la salle, là encore un impact a été identifié ». Par chance, les deux seules victimes ont été « rapidement prises en charge » par les pompiers et hospitalisées dans la foulée, leur pronostic vital n’étant pas engagé. Mais surtout « l’élève a été maîtrisé et désarmé par un personnel de l’établissement qui a arrêté sa progression » avant qu’il ne soit interpellé puis placé en garde à vue. « C’est le CPE qui l’a maîtrisé », confirme Jean-Pierre Squillari, maire d’Aubagne qui cite un acte « d’un courage exceptionnel ».

    Comme lui, c’est tout Aubagne qui a retenu son souffle le temps que les collégiens soient tous dans les bras de leurs parents et que la situation s’apaise.

    Enquête ouverte pour tentatives d’assassinat

    Car l’établissement a logiquement été placé sous bonne garde des forces de l’ordre et le rond-point attenant au collège a été plein de monde une bonne partie de la journée. Des parents aux visages angoissés font le pied de grue en attendant de récupérer leurs minots. Derrière les rubalises, certains crient le nom de leur enfant qui accourt et se jette dans leurs bras. « C’est un sentiment de sidération qui prédomine, on est sous le choc. C’est un super collège avec des dispositifs contre le harcèlement qui fonctionnent. Il y a une proximité avec les élèves, les profs sont super investis… », témoigne Julien Coclet, représentant de parents d’élèves. Comme d’autres, il attend avec impatience de pouvoir récupérer ses enfants sains et saufs : « On pense au pire dans ces moments-là ». Christophe, un professeur d’espagnol qui a « eu des coups de feu » devant la porte de sa classe se dit aussi « profondément choqué ». « On ne voit pas ça tous les jours. On pense à Samuel Paty et d’autres mais ici c’est un collège tranquille… C’est quand je suis descendu et que j’ai vu le principal à terre en sang que j’ai compris », explique-t-il, sa voix empreinte d’émotion. Plusieurs élèves font part d’un « cauchemar » ou s’exclament : « D’habitude, ça arrive au Texas, pas à Aubagne ! ». Une chose est sûre : cet acte n’a aucun lien avec le mouvement des lycéens, un temps évoqué par certains médias. Car dans le flou de la journée, certains affirment que le suspect aurait été harcelé, d’autres que son acte serait en lien avec une rupture… Tout et son contraire. Laurent Nunez, le ministre de l’Intérieur, appelle justement à la retenue : « Il faut rester prudent sur les mobiles ». Notons que les parents du suspect ont également été placés en garde à vue et que le parquet de Marseille a ouvert une enquête pour « tentatives d’assassinat ».

    Au-delà de l’émoi, tous se projettent déjà sur la suite : soutien psychologique via une cellule aux élèves, enseignants et personnels de l’établissement. Ce mardi, l’établissement n’ouvre ses portes que pour les enseignants. La Ville appelle à un rassemblement, ce mardi à 18h au Cours Foch.

    RÉACTIONS

    Jérémy Bacchi, sénateur communiste

    « Je tiens à saluer le sang-froid de l’équipe pédagogique qui n’a pas hésité à s’interposer. On leur doit que ce drame ne soit pas plus terrible. Une pensée également aux personnels éducatifs qui ont été blessés. Aujourd’hui, l’heure est au soutien des élèves et des enseignants, et à créer du lien. »

    Nicolas Isnard, Président de la métropole Aix Marseille

    « Face à cette violence inacceptable, c’est toute notre communauté et nos institutions qui doivent faire bloc pour défendre et protéger l’école et ceux qui la font vivre. »

    FO, syndicat

    La FNEC FP-FO des Bouches-du-Rhône affirme son « soutien total à [ses] deux collègues blessés ». Le syndicat a également salué « la vigilance et le sang-froid de ceux qui sont parvenus à désarmer l’agresseur ». Face à cette violence, il rappelle que la sécurité dans les établissements passe « par la satisfaction des revendications portées par la jeunesse et les collègues », en appelant le Premier ministre et le gouvernement à « répondre immédiatement aux revendications ».

    FSU, syndicat

    « Cet acte terrible ne doit en aucun cas faire l’objet d’une récupération politique. (…) le tout sécuritaire n’est pas la réponse à une jeunesse qui va mal ». La FSU souligne que « l’heure est à la prise en charge du traumatisme vécu par les élèves et les personnels » et à un « travail en toute indépendance de la justice ».

  • [Entretien] Jean-Pierre Squillari, maire d’Aubagne : « Je suis soulagé qu’aucun élève n’ait été blessé »

    [Entretien] Jean-Pierre Squillari, maire d’Aubagne : « Je suis soulagé qu’aucun élève n’ait été blessé »

    La Marseillaise : Quelle est votre réaction à chaud face à cette situation ?

    Jean-Pierre Squillari : Ce collège est connu habituellement pour l’insertion et ses opérations originales. Il y a une forme d’osmose entre les élèves et le corps enseignant ici, donc ce geste est d’autant moins compréhensible. Malgré tout, on voit qu’il y a un grain de sable dans la chaussure. Mais je reste persuadé qu’il faut continuer dans cette direction. Les parents sont en soutien total avec le principal.

    À quel moment êtes-vous arrivé ici ?

    J-P.S. : Ce matin j’étais en réunion au moment ou j’ai été prévenu. Dès que je suis arrivé, aux alentours de 10h, mon premier réflexe a été de connaître l’état de santé des blessés. Le fait de savoir que le pronostic vital d’aucun des blessés n’était engagé, et qu’aucun élève n’a été blessé, ça a été un premier soulagement.

    Martine Vassal a pointé l’absence de dispositifs de sécurité dans le collège. Qu’en pensez-vous ?

    J-P.S. : Le Conseil d’administration s’était effectivement initialement opposé à l’installation d’équipements de sécurité. Mais récemment, il a changé d’avis et s’est exprimé pour l’installation d’un tel dispositif, avec un tourniquet et de la vidéo-surveillance notamment. La présence d’un tourniquet aurait été un plus, forcément. Mais est ce que cela aurait permis d’éviter cette situation ?

    Un problème d’alarme a aussi été évoqué. Que s’est-il passé ?

    J-P.S. : Effectivement l’alarme incendie a été déclenchée, mais c’est l’élève armé qui l’a déclenchée volontairement. Les jeunes qui étaient dans les salles m’ont témoigné du fait qu’ils ont tenté de se barricader en installant des chaises et des tables derrière les portes.

    Quelle sera la suite ? Est-ce que
    le lycée sera ouvert demain ?

    J-P.S. : L’établissement sera fermé aux élèves mardi mais accueillera les enseignants qui vont travailler au retour des élèves. Par ailleurs, suite aux sollicitations, nous organisons un temps de rassemblement mardi à 18h au cours Foch pour que chacun puisse dire sa solidarité aux personnels éducatifs et aux jeunes.

  • Trois ministres au chevet du collège Lakanal d’Aubagne

    Trois ministres au chevet du collège Lakanal d’Aubagne

    « Un fait grave qui a créé une grosse émotion au sein de la ville, du pays tout entier et de la communauté éducative ». Devant les grilles du collège Lakanal à Aubagne, Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur pèse ses mots et veut « témoigner du soutien de l’ensemble du gouvernement au personnel éducatif du collège et signaler la gravité de ces faits ». Accompagné par Édouard Geffray, le ministre de l’Éducation nationale et Sabrina Roubache, ministre déléguée à l’enseignement et l’apprentissage, le gouvernement a réagi au quart de tour suite aux évènements survenus dans la matinée dans le collège et les tirs d’un jeune de 14 ans qui a blessé deux fonctionnaires de l’établissement. « C’est la brigade criminelle qui a été saisie, c’est dire la gravité de ce fait », martèle le ministre de l’Intérieur. Quand Sabrina Roubache loue « le courage remarquable de la communauté éducative ». Son homologue de l’éducation va dans le même sens : « Il faut mesurer ce que ça fait quand un de vos élèves commet un acte criminel ».

    Édouard Geffray note surtout que : « Cet acte a une résonance particulière, dans la semaine de commémoration des assassinats de Samuel Paty et Dominique Bernard. Ce contexte n’a rien à voir mais cela résonne particulièrement. Et cela s’inscrit dans un phénomène sociétal de violence globale, singulièrement à l’encontre de l’institution scolaire ». Plus tôt dans la journée, Martine Vassal (DVD), présidente du département a annoncé élargir le dispositif « 100% sécurité » dans tous les collèges de sa collectivité comme réponse aux évènements de Lakanal, « avec des tourniquets à l’entrée et de la vidéoprotection ».

    « Une réponse collective »

    « La principale précédente avait refusé le dispositif. Maintenant, nous avons décidé de le faire pour tous, quel que soit l’avis du conseil d’administration des établissements », a-t-elle développé. Elle s’est aussi lancée dans une diatribe contre « certains corps enseignants qui refusent cette sécurité par idéologie ». Justement questionné sur la sécurité de l’établissement, Édouard Geffray lui répond indirectement : « L’école repose sur une confiance réciproque, c’est un refuge. On ne peut pas demander à un chef d’établissement de surveiller tous les sacs tous les jours ». Et tacle : « Les portiques sont faits pour empêcher les intrusions extérieures, pas les entrées régulières des élèves ». Avant de conclure : « Nous devons avoir une réponse collective ».

  • Un choc et des questions

    Un choc et des questions

    Un collégien qui tire au fusil de chasse sur son principal et une professeure. La nouvelle a provoqué une onde de choc hier à Aubagne qui s’est propagée dans le pays tout entier.

    Fort heureusement, les jours des victimes ne sont pas en danger. Mais l’émoi n’en est pas moins fort.

    Changer de perspective

    Il faut souligner le courage du CPE qui a désarmé et maîtrisé le tireur avant de le remettre à la police.

    Cet événement pose de nombreuses questions auxquelles l’enquête devra apporter des réponses. Quelles motivations à ce déchaînement de violence ? Quelle responsabilité des parents alors que le collégien a utilisé le fusil de chasse paternel ? Comment a-t-il pu pénétrer dans l’établissement avec une telle arme ?

    On parle d’un jeune peut-être confronté au harcèlement et qui semble avoir nourri une haine à l’égard du corps professoral.

    À ces questions posées à l’enquête, s’ajoutent d’autres questions posées à la société.

    Pourquoi autant de jeunes montrent des signes de souffrance psychologique ? Pourquoi de plus en plus de violences s’expriment dans les établissements scolaires ? Quel impact des réseaux sociaux et plus largement des écrans sur toute une génération ?

    L’école républicaine ne peut pas tout régler. Elle ne peut pas non plus devenir le déversoir de toutes les frustrations et de toutes les douleurs qui traversent notre époque.

    Alors qu’un mouvement très puissant de la jeunesse secoue les lycées, la nécessité de l’entendre et de lui assurer un avenir meilleur sont des impératifs. Une société qui produit des jeunes violents et en souffrance est une société en échec. Il y a urgence à changer de perspective.

  • [En direct] Le principal et une enseignante du collège Lakanal à Aubagne blessés par un élève

    [En direct] Le principal et une enseignante du collège Lakanal à Aubagne blessés par un élève

    Le principal du collège Joseph Lakanal a été touché par un tir de fusil de chasse ce matin à Aubagne ainsi qu’une enseignante. Ils ont été rapidement évacués par les pompiers. Un élève de 3e qualifié de dépressif selon de premières informations, a été interpellé.

    Aucun élève n’ a été blessé. Les demi-pensionnaires restent sur place, les externes sont sortis. Le maire d’Aubagne Jean-Pierre Squillari est sur place, ainsi que le recteur, le préfet et les sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône. Aucun lien ne peut être établi avec le mouvement des lycéens.

    Le procureur de Marseille, Nicolas Bessone, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray ainsi que la ministre déléguée à l’Enseignement et à la Formation professionnels et à l’Apprentissage Sabrina Roubache sont attendus sur place dans la journée.

    Le maire Jean Pierre Squillari était présent sur place depuis 10h, 30min après les événements. Il explique que «le collégien en question n’était pas connu par les services de police et que c’est le CPE qui l’aurait désarmé» avant de souligner : « c’est un collège connu pour son travail sur l’inclusion.» Le collégien participait ainsi la semaine dernière à l’inauguration d’une fresque.

    La présidente du Département, Martine Vassal, est également dans l’établissement auprès des agents du département.

    Des parents, en pleurs pour certains, récupèrent les enfants qui sortent au compte goutte du collège accompagnés par des agents et des enseignants.

    Un gros dispositif des forces de l’ordre est déployé aux abords du collège. Une enquête est en cours sur les raisons de la fusillade. Martine Vassal, présidente du département, Jean Pierre Squillari le maire d’Aubagne ainsi que le préfet sont présents sur place. Les ministres de l’intérieur et de l’éducation sont toujours attendus pour l’après-midi.

    Martine Vassal sort du collège après un temps auprès des fonctionnaires du département : « tout le monde est choqué ! » . Elle explique que le « CPE a été extrêmement courageux car c’est lui qui a arrêté » le suspect. Ce dernier « serait entré avec un fusil de chasse caché dans un étui de guitare ». La présidente du département annonce que le « 100% sécurité », dispositif qu’elle porte de longue date avec l’instauration de vidéoprotection, tourniquets et autres bardages autour des collèges, va être mis en place pour tous les collèges du département en réaction aux événement de ce matin « avec ou contre l’avis du conseil d’administration des établissements ». « La principale précédente n’avait pas accepté la sécurisation de l’établissement », dénonce-t-elle.

    Le calme revient petit à petit sur le collège Lakanal alors que la plupart des parents qui attendaient leurs enfants devant l’établissement partent avec soulagement.« C’est un sentiment de sidération qui prédomine. C’est un super collège avec des dispositifs harcèlement qui fonctionnent bien. Il y a une proximité avec les élèves qui est très forte », explique Julien Coclet, représentant des parents d’élèves de l’établissement qui a une fille en seconde, un fils en 4e et une autre fille en 6e. Devant les grilles de l’établissement, il explique que le « principal est proche des gamins » et que « les 40 ans du collèges ont été fêtés la semaine dernière avec une fresque ».

    Jean-Pierre Squillari le maire d’Aubagne explique « qu’il y avait une osmose entre les enseignants et les gamins pour les 40 ans de l’établissement. Ils ont fait une fresque, suite à une initiative du principal qui essaie de sortir des sentiers battus. C’est un collège à la pointe de l’innovation positive ». Avant de marteler : « Il y a une solidarité entre les parents, les enfants et les enseignants. Les gamins ont été choqués que leur principal ait été blessé ». Il fait aussi un point factuel sur la situation : « le principal est en urgence relative, ces jours ne sont pas en dangers, il n’a pas été touché à des points vitaux mais aux membres inférieurs ». Et développe : « Le profil du gamin, à priori il ne posait pas trop de problèmes. Je sais juste que son père avait demandé un rendez-vous au CPE mais je ne sais pas sur quel sujet ». Enfin, sur la situation des collégiens et des parents qui quittent l’établissement : « On a laissé le choix aux collégiens et aux parents : soit ils les récupèrent de suite, soit ils restent pour prendre le repas la cantine puis de rentrer chez eux ».

    Le parquet de Marseille annonce avoir ouvert une enquête pour tentatives d’assassinat, confiée à la brigade criminelle de la DCOS.

    «Selon les premiers éléments recueillis, un élève âgé de 14 ans, scolarisé en 3ème au sein du collège, est entré dans l’établissement avec un fusil de chasse dissimulé dans un étui à guitare. Peu après 9 heures, le collégien a tiré à une ou deux reprises dans les espaces communs du 1er étage, blessant le principal et une professeure, présents dans le couloir. Touchés tous les deux aux membres inférieurs, ils ont été transportés à l’hôpital, sans pronostic vital engagé. Le collégien s’est ensuite rendu au 2 étage, et a tiré à deux reprises, une première fois devant une professeure en direction du sol, et une deuxième fois à l’intérieur d’une salle de classe occupée, le tir atteignant le tableau. Les deux professeures , ainsi que les élèves, n’étaient pas blessés mais fortement choqués.»

    L’auteur parvenait à être maîtrisé alors qu’il redescendait dans les escaliers par un membre du personnel de l’établissement avant d’être interpelé et placé en garde à vue. Les élèves ont été mis en sécurité et ont pour la plupart rejoint leurs familles.

    Le parquet de Marseille a immédiatement saisi l’AVAD (association d’aide aux victimes), qui s’est rendue sur place.

    Alors que sa fille vient de sortir de l’enceinte du collège Lakanal, un parent affirme être « rassuré », malgré le fait qu’il soit indigné du fait qu’un enfant puisse avoir une arme entre les mains. « Visiblement il va falloir renforcer la sécurité ? C’est fou qu’à 14 ans, peu importe la raison, on puisse avoir une arme et l’idée de tirer sur son proviseur ou sur sa professeur ».« Je pense qu’avec l’accès à internet, l’IA et les fausses informations, les enfants ne peuvent pas discerner le vrai du faux. et si les parents ne peuvent pas être derrière leurs enfants, l’Etat devrait être là pour nous aider, nous les parents. Mais ce qu’il faut surtout c’est que nos enfants soient protégés et que ça n’arrive plus du tout ».

    Il évoque également une société de plus en plus violente : « Je suis plutôt en colère. Avant, excusez moi du terme, il y avait une bagarre on se mettait sur la gueule. Maintenant vous prenez un coup de couteau ou un coup de fusil. Aujourd’hui on ne discute plus on n’échange plus, on est directement dans l’affront, et je trouve que c’est dommage ».

    Sa fille, dans l’établissement au moment des coups de feu, n’a pas vu la scène mais malgré tout aperçu « une flaque de sang » au moment de rejoindre les autres élèves dans la cour.

    Procureure adjointe, Audrey Jouaneton s’exprime devant le collège Lakanal et apporte de la nuance aux différentes informations qui circulent : « les investigations démarrent, les constatations sont toujours en cours. Pour l’heure, nous n’avons que des informations parcellaires ».Elle revient ensuite en détail sur le déroulé de la matinée : « Un collégien, aux alentours de 9h25, est entré dans l’établissement. Il est âgé de 14 ans et est en classe de 3e. Il est entré avec un étui à guitare dont il a, manifestement, sorti une arme, un fusil long de chasse. Il est monté au 1er étage de l’établissement. Au premier étage, il a tiré en direction de deux personnes, le proviseur de l’établissement et un professeur qui était présent. On ne sait pas encore s’il les a visés mais en tout état de cause, elles ont été blessées au niveau des membres inférieurs. Les victimes n’ont pas encore pu être entendues ». Elle continue le récit : « Il a ensuite continué sa progression vers le deuxième étage où il y a eu deux autres séquences de tirs. Une première à côté d’un professeur, en direction du sol, un impact a été identifié en bas d’un mur. Il a continué pour la deuxième séquence : il est arrivé au niveau d’une salle de classe, qui était occupée par les élèves et un professeur. Il a tiré en direction du tableau de la salle, là encore un impact a été identifié. L’élève a été maîtrisé et désarmé par un personnel de l’établissement qui a arrêté sa progression ».La procureure adjointe insiste sur la précaution à prendre pour le moment sur les raisons de cet acte : « En l’état des investigations, les témoins et victimes n’ont pas été entendus. Pour l’heure, l’élève ne se serait pas exprimé. Il y a toute une série d’hypothèses qui vont être étudiées par les enquêteurs. Tout va être analysé mais le mobile n’est pas encore établi à l’heure qu’il est ».

    Dans un communiqué, la FSU 13 adresse «Tout son soutien à l’ensemble des personnels (enseignant·es, AESH, CPE, AED, infirmièr·e de l’Éducation Nationale, assistant·e social·e, administratifs, agent·es de la collectivité, personnel de direction) dans cette épreuve. Elle envoie tous ses vœux de rétablissement au principal et à la professeure blessés. Cet acte terrible ne doit en aucun cas faire l’objet d’une récupération politique. Le tout sécuritaire n’est pas la réponse à une jeunesse qui va mal. L’École mérite mieux que des effets d’annonce, au niveau ministériel tout comme au niveau des collectivités territoriales. L’heure est à la prise en charge du traumatisme vécu par les élèves et les personnels. L’enquête judiciaire devra déterminer les causes du passage à l’acte et la justice doit pouvoir faire son travail en toute indépendance. La FSU 13 réclame des moyens urgents pour l’Education Nationale. Alors que le budget 2027 prévoit nationalement la suppression de 1500 postes d’enseignant·es titulaires, et la création de seulement 304 postes d’infirmières et assistantes sociales, les besoins sont tout autres. Dans les Bouches-du-Rhône, il faudrait plusieurs centaines postes d’infirmières, de postes d’enseignant·es dans les écoles, les collèges et les lycées.

    C’est en partie pour ces raisons que la FSU 13 appelle à la grève et manifestation demain.

    Le collège Lakanal se remplit à nouveau avant l’arrivée des ministres. Le sénateur communiste des Bouches-du-Rhône, Jeremy Bacchi est présent. De nombreux autres élus, comme Martine Vassal, et représentants d’institutions sont aussi là.

    La réaction de Nicolas Isnard : « Rien ne peut justifier une telle violence »« Après les graves événements survenus ce matin au collège Joseph-Lakanal d’Aubagne, je veux exprimer tout mon soutien aux personnels blessés, à leurs proches, ainsi qu’à la communauté éducative de l’établissement, aux élèves, à leurs familles et aux élus d’Aubagne qui affrontent cet événement avec courage et dignité.

    L’école de la République doit rester un lieu de savoir, de transmission et de sécurité. Rien ne peut justifier une telle violence à l’encontre de celles et ceux qui ont pour mission d’éduquer nos enfants.

    Face à cette violence inacceptable, c’est toute notre communauté et nos institutions qui doivent faire bloc pour défendre et protéger l’école et ceux qui la font vivre. »

    C’est au tour du Président de la République, Emmanuel Macron de réagir dans une publication, postée sur X : «Au principal et à l’enseignante blessés ce matin dans un collège à Aubagne, aux élèves et aux parents sous le choc, j’adresse ma pleine solidarité et mon total soutien», a-t’il d’abord écrit. Avant de poursuivre : «Je salue le sang-froid et la réaction exemplaire de l’équipe éducative, qui a permis d’éviter le pire».

    En micro tendu à la sortie d’une visite au sein de l’établissement, Laurent Nunez, ministre de l’intérieur explique qu’il « était important de venir témoigner le soutien du gouvernement. Pour la partie qui me concerne, c’est la brigade criminelle qui a été saisie, c’est dire la gravité des faits ». Il rappelle que les investigations sont en cours et que des perquisitions sont en cours mais que la plupart des auditions n’ont pas encore eu lieu.

    Édouard Geffray, ministre de l’éducation nationale explique que « cet acte criminel a une résonance particulière ». Il cite notamment « la semaine de commémoration des assassinats de Samuel Paty et Dominique Bernard » même si « le contexte n’a rien à voir ». « Il faut mesurer ce que signifie qu’un élève commette un acte criminel. Pour nous, venir ici c’est rappeler que nous sommes une communauté éducative. C’est comme un corps : quand on touche une partie du corps, tout le corps réagit », explique-t-il, sur le parking devant l’établissement.

    Avant de marteler : « On doit apporter une réponse sociétale. L’école ne peut pas tout, elle ne peut pas traiter de la grande violence. On doit avoir une réponse collective »

  • Coupe de France de football : Istres s’offre Aubagne

    Coupe de France de football : Istres s’offre Aubagne

    Malgré leur statut de favoris et une fin de match en supériorité numérique, les pensionnaires de Ligue 3 ont dû baisser pavillon face à celui de National 1.

    Les Istréens ont ouvert le score en première période. Pour ensuite faire preuve de solidarité pour conserver leur avantage. Les hommes de Zaki Noubir s’imposent donc 1-0 et se qualifient pour le sixième tour de l’épreuve.

    Le but de la qualification des Violet a été inscrit par William Baku (16). Il offre également le premier succès de la saison à son équipe.

  • Le grand frère M’Changama à la rescousse des Aubagnais

    Le grand frère M’Changama à la rescousse des Aubagnais

    Partout où il est passé, Youssouf M’Changama a fait l’unanimité. Comment l’expliquer ? Le natif du quartier de La Savine, dans le 13e arrondissement de Marseille, est décrit par ses anciens coéquipiers, dirigeants et même adversaires comme un « homme extraordinaire », « qui rend bons les autres » et un « meneur d’hommes formidable » au sein d’un collectif.

    « Youssouf, c’est un amour », résume Salim Laassami, son ancien coéquipier à Marseille Consolat en 2015-2016. Les deux hommes se connaissent depuis l’enfance. Avant de se retrouver sous le même maillot, ils s’étaient affrontés à plusieurs reprises quand M’Changama faisait ses premiers pas à l’OM et Laassami à Air-Bel.

    Retour en Provence

    Ensemble, ils ont contribué à écrire l’une des plus belles pages de l’histoire du club phare des quartiers Nord, passé tout près d’une accession en Ligue 2. « Youssouf était un moteur de notre équipe », souligne Jean-Luc Mingallon, président historique de Consolat et actuel dirigeant du SC Berre. Pour lui, le retour du milieu dans la cité phocéenne a relancé sa carrière, après plusieurs expériences à l’étranger, notamment à Oldham Athletic, en Angleterre, puis au RC Arbaâ, en Division 1 algérienne, où il s’est heurté à un contexte économique particulièrement difficile.

    « Je devais signer avec lui là-bas », raconte Salim Laassami, qui a finalement rejoint l’USM Alger la saison suivante. À 36 ans, après avoir porté les couleurs de onze clubs, principalement en France, M’Changama retrouve aujourd’hui sa Provence natale. Cette semaine, le milieu de terrain a officiellement rejoint Aubagne.

    « C’est un grand plaisir de revenir dans le Sud », confie-t-il avec le sourire. Une nouvelle étape pour l’international comorien, qui évoluait récemment à Al-Batin, en Arabie saoudite, où joue toujours l’ancien Martégal Simon Falette. « En venant à Aubagne, je me rapproche de ma famille et de mes amis », souligne l’ex-capitaine des Cœlacanthes. Sous les couleurs bleu et or, il retrouve deux coéquipiers de la sélection comorienne : le gardien Ali Ahamada et l’entraîneur adjoint Kassim Abdallah. Durant l’intersaison, M’Changama s’est entraîné avec le Scaab « pour garder le rythme ».

    Convaincu qu’il peut apporter son expérience à un collectif assez jeune, le club provençal a décidé de lui faire confiance en lui proposant un contrat. « C’est ce qu’il y avait de mieux pour moi. J’étais dans le moule, je suis donc parfaitement intégré. Je me vois un peu comme le grand frère qui apporte son expérience et complète ce que les autres ont dans leurs bagages », explique-t-il.

    « Le Juninho comorien »

    Au-delà de son expérience, le Marseillais apporte sa maîtrise des coups de pied arrêtés, qui lui vaut le surnom de « Juninho comorien ». « Il restait plus d’une demi-heure après chaque entraînement pour travailler ses coups francs », se souvient Salim Laassami. Un investissement sans faille récompensé lors de la Coupe d’Afrique des Nations 2021, avec un coup franc d’environ 30 mètres expédié dans la lucarne d’André Onana, puis, lors de la saison 2024-2025 en Ligue 2, face au Red Star, avec une frappe sans élan sous le maillot de l’Estac Troyes.

    Surnommé « Canto », en référence à Éric Cantona, par les grands frères de son quartier, M’Changama est aussi réputé pour ses frappes spectaculaires et sa qualité de passe. Pour sa troisième et dernière saison (en 2021-2022) à l’En-Avant Guingamp, club cher à son cœur, il a signé la meilleure saison de sa carrière avec neuf buts et quinze passes décisives, décrochant une place dans l’équipe type de Ligue 2 et le prix du plus beau but de l’année aux Trophées UNFP.

    Aujourd’hui, à plus de 1 000 km du Roudourou, le Comorien relève un nouveau défi. Celui de libérer, comme le maréchal De Lattre-de-Tassigny, nom associé au stade aubagnais, ses coéquipiers de la zone rouge.

  • « C’est un match de Coupe et surtout un derby »

    « C’est un match de Coupe et surtout un derby »

    La Marseillaise : Avec deux victoires seulement après neuf journées de Ligue 3, votre équipe pointe à la seizième place du championnat. Comment se sent votre groupe après ce début de saison compliqué ?

    Karim Masmoudi : Le groupe vit bien. On travaille, on avance. Il faut savoir que j’ai le groupe le plus jeune de Ligue 3, avec pas mal de joueurs qui n’avaient pas joué la saison dernière. Ce qu’on ressent, aussi bien au sein de l’équipe qu’au sein du club, c’est qu’il y a une vraie progression. Je suis convaincu que l’équipe sera prête lorsque tout le monde sera au même niveau physique et que je pourrai disposer de l’ensemble de mon groupe pour un match.

    Que manque-t-il à votre équipe pour être plus performant ?

    K.M. : Un peu de maturité. Quand on regarde le contenu de nos matchs, on constate que les équipes adverses sont souvent impressionnées par ce qu’on propose. On gagne 1-0 à La Roche-sur-Yon, on joue à dix à Rouen tout en conservant la possession, et à Caen, on encaisse un but à la dernière seconde. Les adversaires nous ont régulièrement félicités pour la qualité de notre jeu. Mais dans l’analyse des matchs, on sent que l’on manque encore d’expérience dans certains moments clés. Avec un groupe aussi jeune, il faut deux ou trois cadres capables d’accompagner ces joueurs, de les guider et de les faire grandir. Le rôle de l’entraîneur et du staff est important, mais il ne suffit pas toujours. C’est aussi pour cette raison que nous avons fait revenir Ali Ahamada et recruté Youssouf M’Changama. Ce sont des profils dont nous avions besoin.

    Vous affrontez Istres ce samedi (à 17h, à Parsemain) au 5e tour de la Coupe de France. Comment appréhendez-vous ce match ?

    K.M. : C’est un match de Coupe, et surtout un derby des Bouches-du-Rhône. La Coupe n’est pas forcément notre priorité, mais c’est toujours intéressant de passer quelques tours. On est satisfaits de ce qu’on propose et de ce qu’on met en place. On trouve notre travail cohérent et on n’est pas dans une situation de doute. On est sereins sur le plan du jeu et dans la dynamique collective. Après, la Coupe peut aussi nous permettre d’engranger de la confiance et de continuer à avancer. On va aborder ce match avec sérieux et ambition, tout en restant fidèles à ce qu’on veut construire. Istres est une équipe difficile à jouer, même si elle connaît aussi un début de saison compliqué. Mais sur un match de Coupe, tout est possible.