À l’échelle nationale, le mouvement est encore jeune. La Cracs, la coalition des résistances artistiques, culturelles et scientifiques s’est montée en mai 2026, après publication de sa tribune dans le journal Libération, le même mois. Un peu partout en France, des comités locaux émergent, Aix-en-Provence et Marseille inclus. « L’objet de cette association, c’est de rentrer de plain-pied dans la bataille culturelle qu’aujourd’hui, l’extrême droite est en train de gagner », résume simplement Dany Bruet, coordinateur du comité d’Aix. En se réunissant sous cette coalition, artistes intellectuels et scientifiques veulent dépasser ce « fatalisme ». « Autant l’année dernière a été difficile, tout le monde était dans le déni, voire découragé, là on sent qu’il y a des énergies qui émergent de partout », constate Dany Bruet. À une échelle locale, plusieurs mobilisations sont déjà en train de s’organiser. À l’approche, entre autres, d’une programmation de la Dame de Pierre, notamment prévue en septembre au Dôme de Marseille. Pour rappel, sa programmation à Aix, en novembre, avait été dénoncée par les syndicats et associations d’artistes ainsi que les partis de gauche locaux pour sa proximité avec le projet Périclès du milliardaire d’extrême droite Pierre-Edouard Stérin. Même scénario pour la Nuit du bien commun, programmée au 6MIC, en octobre dernier, devant lequel s’était tenue une large mobilisation. Pour la Cracs, d’autres projets sont à prévoir. Un stand lui est d’ores et déjà réservé à la Fête de l’Humanité. « L’objet de notre action ne sera pas de brailler devant les entrées, mais d’informer et de faire de la pédagogie auprès du public qui ne sait pas, qui n’est pas au courant que certains des projets sont financés par l’extrême droite, du projet politique qu’il y a derrière », déroule Danny Bruet, qui précise que ce projet d’association « va au-delà de la présidentielle, on est face à un problème de société ». Si les idées et plusieurs actions sont déjà en place, le statut de l’association est toujours en cours de création. Et veut continuer à fédérer des membres, à l’échelle locale comme nationale. « C’est un projet qui demande beaucoup de temps, beaucoup de pugnacité et de cohérence, précise Catherine Lecoq, artiste et membre de la CGT des Spectacles, en charge de la coordination du comité marseillais. Il y a énormément de choses qui se font en ce moment. Ce qui est intéressant est de réussir à coaliser tout ça, avoir une réelle force de frappe concernant notre liberté d’action et nos possibilités réelles, en dehors des financements de ces milliardaires d’extrême droite. Il faut qu’on fasse en sorte que les gens soient sur le coup (…) ça peut prendre une belle ampleur, devenir une réflexion pour un monde meilleur. Ce peut être un adage vaste et optimiste mais il faut construire quelque chose de différent, être plus solidaires, réfléchi, de trouver des outils de réflexion pour que nos secteurs ne soient pas sabordés d’ici peu ou ne puissent plus raconter le monde comme ils doivent le faire. » Eva Bonnet-Gonnet
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Les entrepreneurs en difficulté peuvent aussi compter sur « ma tante »
Problèmes de trésorerie, besoin de financement, liquidation judiciaire : le premier « petit-déjeuner anti-crise » du Crédit municipal de Marseille a réuni, jeudi, plusieurs acteurs de l’accompagnement des entrepreneurs. L’Adie (Association pour le droit à l’initiative économique), la CCI Aix-Marseille-Provence et l’association 60 000 Rebonds ont présenté les dispositifs mobilisables à chaque étape de la vie d’une entreprise.
À la naissance d’un projet, l’ADIE propose un microcrédit professionnel aux créateurs qui n’ont pas encore accès au financement bancaire. Ensuite, la CCI accompagne le développement de l’entreprise. « On est souvent déclenché trop tard, dans la difficulté », note Nathalie Prenat, chef de projet entreprises en difficulté. Pour répondre à un besoin immédiat de trésorerie, le Crédit municipal met en avant le prêt sur gage. « Si vous disposez chez vous d’un bien de valeur (…), on l’estime et on vous prête immédiatement la somme d’argent proposée », explique son directeur général, Benoît de Rosamel.
Accompagner le dirigeantLorsque l’activité cesse, après une liquidation judiciaire, l’association 60 000 Rebonds prend le relais. « On accompagne le dirigeant, l’entreprise est terminée, mais le dirigeant est au milieu de son parcours », souligne le directeur Valentin Depledt. L’association propose un accompagnement gratuit par des experts et indique que 84% des entrepreneurs accompagnés rebondissent vers un nouveau projet.
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En colère contre la baisse des subventions des associations
Cette mesure risque à terme de faire disparaître certaines associations et va porter un coup fatal à l’âme de notre village » : l’argument du collectif d’associations qui appelait dimanche à se rassembler sur le marché pour dénoncer la baisse des subventions attribuées aux associations décidées lors du dernier conseil municipal.
Quelque 250 personnes ont répondu à l’appel, sachant que la pétition qui demande au maire de revoir sa copie a déjà rassemblé près de 900 signatures dans un village qui compte 1 700 habitants. « Rien ne justifie une coupe de 35%, soit 15 000 euros dans un budget de 2 millions d’euros. La commune à un endettement très faible, une situation financière saine », dénonce un participant. Un autre souligne que les associations culturelles sont prioritairement touchées. Et de demander une table ronde rassemblant élus, associations et population pour une réflexion collective. Les élus de l’opposition Simonne Chagniard, Marion Andlauer, Kamal Lorenzo, Florent Mongin participaient à la manifestation.
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Menace d’expulsion au 5, rue des Frères Pérez à Marseille
Donnant suite à la plainte déposée fin octobre 205 par le nouveau propriétaire du 5, rue des Frères Pérez (2e), un arrêté préfectoral du 5 juin a mis en demeure des occupants de neuf logements d’évacuer dans un délai de 7 jours. La préfecture s’appuie sur l’article 38 de la loi Dalo qui est un accélérateur d’expulsion en cas d’effraction de logement.
Certains occupants sont titulaires d’un bail de sous-location émis par « Un abri pour tous », une association dissoute en septembre 2023 que présidait l’ancien propriétaire. D’autres ont été régularisés par un bail du nouveau propriétaire. Quelques-uns semblent des squatters. Pour ajouter à ce tableau déjà complexe, l’immeuble dégradé est sous le coup depuis deux mois d’un arrêté de mise en sécurité, censé avoir suspendu les loyers. Or des occupants disent être sollicités pour verser le loyer.
Pour autant, plusieurs habitants de cet ancien « hôtel social » de 25 studios (notre édition du 28 avril 2026) disent avoir été abordés par un individu se présentant comme un policier en civil, qui leur a signifié de partir, leur précisant que l’expulsion aurait lieu ce lundi. Cette menace d’une évacuation sauvage inquiète des associations et des avocats, de précédentes tentatives ayant déjà eu lieu ces derniers mois. Alertée par Me Antonin Sopena, avocat d’un requérant qui produit un bail, la préfète déléguée pour l’égalité des chances, Isabelle Epaillard, a indiqué qu’elle n’avait pas envisagé de recourir à la force publique ce lundi.
L’avocat Antonin Sopena, qui défend un habitant, a prévenu la préfète du dépôt de son recours suspensif et l’a alerté sur ce qui serait une nouvelle forme d’intimidation et de manœuvre pour vider l’immeuble. « Une présence des forces de l’ordre lundi serait la bienvenue », estime l’avocat.
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Les opposants à la Très haute tension demandent un moratoire à l’État
Trente-six associations, une quarantaine d’élus, plusieurs syndicats agricoles. C’est forts de ces chiffres et personnalités du territoire concernés par le futur projet de ligne à Très haute tension que les opposants à RTE et l’État, porteurs du projet, ont réalisé une « photo de l’union sacrée » jeudi matin au Mas des Bernacles.
« Le passage en force de l’État constitue une remise en cause de la démocratie territoriale » affirme le collectif THT13/30, mobilisé pour demander « un moratoire sur l’instruction de la déclaration d’utilité publique et l’arrêt des démarches de RTE pour préparer les futurs travaux ». Dans la même veine, l’opposition de l’Union pour Arles renouvelle sa « proposition de consultation citoyenne » et affirme que « les propositions concernant l’enfouissement méritent d’être examinées ». Le président (Ren) de la Région Paca Renaud Muselier a également pris position dans un courrier au préfet de région le 11 juin. « Il faut trouver une solution d’équilibre, avec une définition des besoins assortie d’un calendrier des projets industriels » avance l’élu, soulevant « l’idée d’un miniréacteur nucléaire à étudier » à plus long terme.
Le patronat presseLe collectif patronal Provence Fabrique des possibles balaie ces perspectives. « Les besoins électriques de notre région ont été établis par RTE à +4GW d’ici 2030, communiqués lors du débat public global » affirme le collectif, insistant : « La seule solution à même de répondre aux délais et à la consistance électrique. » Et aligne les promesses : « 60 000 emplois directs et induits » pour 2030. Les deux enjeux sont-ils irréconciliables ?
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Des activités tous azimuts à la Maison Sport Santé
Dans la cour de l’école élémentaire Olivier-Gillibert de Marseille (5e), stands et clubs sportifs ont remplacé les jeux pour enfants. Organisé pour la première fois par la Ville de Marseille, ce mercredi 17 juin, cet événement vise à présenter la Maison Sport Santé (MSS) et les dispositifs d’accompagnement qu’elle propose. « Ça fait deux ans que la MSS existe et avec cet événement, on a voulu rassembler les adhérents et les personnes qui travaillent avec nous. C’est aussi l’occasion pour nos adhérents de se rencontrer entre eux et de tester de nouvelles disciplines », explique Perrine Roux, responsable de la Maison Sport Santé Ville de Marseille. Cette structure accompagne des personnes souhaitant reprendre ou maintenir une activité physique adaptée à leur âge, leurs capacités et leur état de santé.
De 15h30 à 18h, les participants ont pu profiter d’initiations avec des activités sportives gratuites, comme du volley, du yoga ou encore du tennis de table. « Aujourd’hui, j’ai pu essayer le basket, le cardio-tir, le ping-pong et un jeu de raquette. J’ai beaucoup aimé le basket, car il se fait avec un ballon très léger », raconte Gaëlle, adhérente à la MSS depuis le mois de février, en raison de problèmes cardiaques.
Un peu plus loin, Yann, enseignant en activité physique adaptée à la Maison Sport Santé, anime un cours de fitness baguette. Ce sport consiste à réaliser un enchaînement d’exercices tout en battant deux baguettes en rythme. « Le but c’est de faire découvrir cette activité qui est ludique. Elle peut s’adapter à tous et toutes selon les problématiques de santé », précise-t-il. Des stands d’information ont également permis aux visiteurs de découvrir les clubs sportifs et associations partenaires. « J’ai pris des renseignements pour la piscine, s’exclame Chantal, adhérente depuis six mois. Pour mon corps, ce sera bien, comme j’ai des rhumatismes. »
Une activité sportive adaptéeLes Maisons Sport Santé sont des dispositifs d’État qui s’inscrivent dans une politique de prévention et d’accompagnement par l’activité physique. « Il y en a quatre à Marseille, avec des statuts différents. La Maison Sport Santé Ville de Marseille est la seule municipale », précise Perrine Roux. Les adhérents sont suivis pendant deux ans pour leur permettre d’adopter un mode de vie actif. « On réadapte en fonction des besoins et de l’évolution de la santé de la personne à chaque bilan, tous les trois à six mois », explique Yann. La majorité des adhérents sont orientés vers ce dispositif par leur médecin traitant, comme l’explique Rachida : « C’est mon docteur qui m’a inscrite et ça fait maintenant un mois que je suis suivie. Je fais un sport souple, avec des exercices simples, car je ne peux pas faire d’effort intense à cause de ma santé. » Cette première édition a surtout rappelé que le sport est un outil de santé, de bien-être et de lien social.
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Vers une zone à défendre contre la ligne à très haute tension ?
Une zone à défendre (ZAD) va-t-elle voir le jour dans le sud du Gard ? C’est en tout cas la promesse de dizaines d’opposants au projet de ligne THT si une solution alternative n’est pas trouvée. Depuis l’annonce de cette ligne, la grande majorité des acteurs du territoire gardois a en effet fait part de son opposition à un projet qui doit pourtant permettre la décarbonation de l’industrie de Fos en créant une ligne électrique dite à très haute tension (THT) aérienne pour transporter l’électricité produite dans la vallée du Rhône. Cette ligne doit ainsi relier Jonquières-Saint-Vincent, près de Nîmes, à Fos-sur-Mer et traverser ainsi la Camargue.
Sauf que ni les agriculteurs soucieux de préserver leur terre, ni les écologistes souhaitant protéger la faune très présente en Camargue, ni les acteurs touristiques voulant défendre la beauté des paysages n’acceptent l’installation de dizaines de pylônes de plus de 50 mètres. « La profession agricole réaffirme ici son opposition farouche à ce projet de ligne THT aérienne de 400 000 volts qui viendrait défigurer ce territoire unique. Cela condamnerait l’agritourisme, réduirait à nouveau la surface agricole française et imposerait de nouvelles contraintes aux agriculteurs », ont ainsi écrit une douzaine de syndicats agricoles gardois début juin dans un communiqué. En fin d’année dernière, la Dreal Occitanie avait pourtant estimé que le tracé ferait peser une menace directe sur cinq espèces d’oiseaux, mettant ainsi du plomb dans l’aile au projet. Les opposants s’imaginaient alors avoir remporté une bataille décisive. Mais c’était sans compter sur l’État qui compte bien avancer sur ce dossier avant la prochaine élection présidentielle. L’État a ainsi lancé le 13 mai l’instruction de la Déclaration d’utilité publique et les propos d’Emmanuel Macron fin mai sur ce projet jugé « nécessaire » inquiètent les opposants, qui y voient une volonté de passer en force.
Un courrier aux agriculteurs met le feu aux poudres« Il y a une très forte pression des industriels », précise Luc Perrin, qui gère l’Association de sauvegarde de la Terre d’Argence (Asta). « On s’est donc rencontré avec les Camarguais et il y a la volonté de passer à la vitesse supérieure. Ce qui a aussi mis le feu aux poudres, c’est l’envoi par RTE d’un courrier aux agriculteurs pour les avertir qu’il y aurait des visites sur leur terrain avec des prélèvements et des analyses de sol. Il y a un arrêté préfectoral de 2023 qui impose à tout le monde de laisser entrer les agents de RTE chez soi sous peine de sanctions. » Face à cette situation, les agriculteurs travaillent à des parades comme le traitement de leur terrain dont l’accès serait ensuite interdit. Ils travaillent même avec des écologistes pour trouver des tortues cistudes. Car si la présence de cette espèce est détectée, les prélèvements dans un rayon de 500 mètres sont interdits.
Samedi 6 juin, ils ont mené ensemble une action à Arles pour informer la population. Mais les opposants savent que cette mobilisation a peu de chance d’être suffisante. Beaucoup évoquent désormais la possibilité de créer une Zone à défendre (ZAD) dans le sud du département. Des contacts ont d’ailleurs déjà été noués avec des associations comme Générations Futures qui ont organisé la mobilisation à Notre-Dame-des-Landes pour s’appuyer sur leur expérience et s’inspirer de leur méthode. « S’ils veulent passer en force, ils auront Notre-Dame de Camargue. Il y a des gens qui sont prêts parce que la colère monte face au manque d’écoute de la population locale », confirme Luc Perrin.
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Les valeurs de la francophonie célébrées à Marseille
Dans le cadre de la Journée internationale de la francophonie, ce vendredi, la Maison de la francophonie de Marseille a organisé diverses animations à l’hôtel de Région. Une date consacrée à la promotion de la langue française et des valeurs qu’elle véhicule. Soutenue par la Région Sud, l’événement a réuni le public autour d’ateliers, d’une dictée, d’expositions, d’une table ronde et de plusieurs remises de prix.
Plus qu’une langueEn ouverture, Aurore Bruna, conseillère régionale, a rappelé l’engagement de la Région Sud en faveur de la francophonie. La collectivité prévoit d’accorder « une subvention de 5 000 euros à l’événement, sous réserve du vote de la séance plénière du 26 juin prochain ». L’élue a ajouté : « La francophonie est et restera une priorité politique de notre collectivité régionale. » Avant de souligner le rôle du français dans l’éducation, la culture et le rapprochement entre les peuples.
Le président de la Maison de la francophonie, Jean-Pierre Chiaverini, a pour sa part insisté sur la définition de la francophonie : « Un espace de coopération multilatérale et de solidarité fondé sur des valeurs de paix, de démocratie et d’égalité. » Il a également rappelé le dynamisme de cet espace qui rassemble aujourd’hui près de 400 millions de locuteurs dans le monde et 90 États au sein de l’Organisation internationale de la francophonie.
Parmi les moments clés de la journée figuraient la remise des prix du concours photo « Dix mots, dix clichés d’un monde à venir », la remise du prix littéraire francophone à l’écrivaine Maria Larrea, ainsi qu’une table ronde consacrée à la contribution de la jeunesse à la « construction d’un monde plus apaisé ». Une manière de rappeler que la francophonie ne se limite pas à une langue, mais constitue aussi un outil de dialogue et de compréhension entre les cultures.
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L’impact de la centrale thermique de retour en justice
GazelEnergie et le ministère de la transition écologique d’un côté de la barre, une flopée d’associations de défense de l’environnement de l’autre. Et au programme de l’audience qui se déroulait, ce vendredi à la cour administrative d’appel de Marseille, toujours la question de l’autorisation d’exploitation de la centrale thermique. Avec comme sujet de fond, l’avis de la justice sur sa prise en compte, ou pas, de son incidence sur l’environnement. Une étape de plus dans le bras de fer qui dure depuis plus d’une dizaine d’années autour de l’étude d’impact sur l’approvisionnement en bois de la centrale et autres enquêtes publiques.
In fine, les associations (France nature environnement, Canopée ou encore Convergence écologique du pays de Gardanne) demandent l’annulation des arrêtés préfectoraux permettant l’exploitation de la centrale, jugeant les deux enquêtes publiques, et étude d’impact, sur lesquelles s’appuyaient les arrêtés, insuffisantes sur plusieurs points. La Cour administrative d’appel de Marseille du 10 novembre 2023 avait enjoint Gazel de faire un complément d’étude d’impact sur l’approvisionnement en bois. Ce qui avait provoqué la tenue d’une nouvelle enquête publique, l’année dernière. C’est suite à cette dernière que la préfecture a délivré une nouvelle autorisation d’exploitation pour la centrale.
Un outil « au rôle majeur »Le rapporteur public n’a pas retenu ses coups à l’égard d’un projet industriel qu’il qualifie « d’inutile mais pas d’illégal ». Mais il « considère que l’ensemble des vices de procédure a été régularisé » entre la première étude d’impact et celle complémentaire, et les enquêtes publiques. Comme il le résume lui-même « la loi permet de bloquer des projets illégaux, mais pas absurdes ». S’il émet beaucoup de réserves sur la pertinence de la conversion à la biomasse, il conclut quand même à la régularisation des manquements qui avaient pu être relevés lors de la première enquête publique via la seconde. « Nous espérons que la cour ne suivra pas le rapporteur public puisqu’il conclut à la régularisation des illégalités », dénonce l’association Convergence écologique du pays de Gardanne.
Avis tout autre pour GazelEnergie : « Lors de cette audience, le rapporteur public a, sur le fond, conclu que la procédure de régularisation avait été mise en œuvre dans le cadre légal fixé par la Cour. GazelEnergie rappelle que la Centrale est exploitée dans le strict respect de la réglementation en vigueur. » L’entreprise note aussi son « rôle majeur pour le territoire, tant que le plan énergétique, qu’économique et industriel ». Décision prévue pour le 26 juin prochain.
Dernière réunion publique sur BMP, le projet des salariés
La dernière réunion publique se tient ce mardi 16 juin, à 18h, à la Maison du peuple à Gardanne pour le projet Bio-Méthane Provence (BMP) porté par les salariés de la centrale de Gardanne. Une réunion publique qui se tient dans le cadre d’une concertation préalable volontaire pour BMP qui est porté par la Société de production d’énergie gardannaise (Speg), détenue par l’Association des travailleurs de la centrale de Gardanne (ATCG). Pour rappel, les travailleurs espèrent produire du gaz dit « vert » via un procédé industriel de pointe pour transformer du bois de récupération en fin de vie en combinant pyrolyse et méthanation, mais sans incinération. Il y a déjà eu plusieurs réunions : les 12 et 26 mai derniers. Et un dossier de concertation est à disposition dans les mairies du périmètre large du projet.
A.B.

