Tag: Associations

  • Les femmes d’une seule voix pour leurs droits le 8 mars à Avignon

    Les femmes d’une seule voix pour leurs droits le 8 mars à Avignon

    « On va parler d’une seule voix féministe et antiraciste. C’est ça le plus important », glisse, en ouverture d’une conférence de présentation de la manifestation du dimanche 8 mars à Avignon, Karine Malabal, militante du mouvement Le Nid et membre du Collectif Droits des Femmes 84. Une manifestation qui partira à 15h symboliquement du tribunal d’Avignon, théâtre du procès Pelicot, en direction de la place de l’Horloge.

    Un mouvement de convergence des luttes qui se cristallise dans un slogan fort, choisi par la multitude d’associations vauclusiennes constituant le collectif : « Nos corps ne sont pas un champ de bataille. » Une référence, d’une part, aux violences sexuelles. « Quand on regarde les chiffres de 2025, il y a eu 132 000 victimes de violences sexuelles, dont 76 000 mineurs. Le corps est vu par les hommes comme un champ de bataille, dans le sens où c’est quelque chose qu’ils veulent s’approprier », précise Nellie Bertrand, militante au collectif Nous Toutes, à la chorale Chant des Déferlantes et au pôle LGBT d’Avignon.

    Mais ce slogan renvoie aussi aux violences faites au corps à travers les conditions de travail. D’où un appel à la grève générale des femmes ce jour-là. « Nous sommes en première ligne quand on voit, par exemple, les infirmières à domicile, avec des travails difficiles, des horaires hachés et des déplacements très mal payés », insiste Karine Malabal.

    L’événement se veut également festif. Une batucada animera le cortège, avec un arrêt musical sur la place Pie. Et pour celles et ceux que le bruit pourrait gêner, un cortège calme est également prévu à l’écart.

    Peu d’évolution

    Ce que constatent les représentantes associatives, c’est également le manque d’évolution malgré le retentissement énorme du procès des viols de Mazan. « On attendait de grands changements sociétaux, mais ils ne sont jamais arrivés », regrette Malika Bakhti de la LDH. « Il n’y a pas eu de gros changements », confirme Karine Malabal, qui constate même « une baisse des subventions ».

    Les luttes convergent avec d’autres combats. « On a toutes et tous des valeurs communes. On ne s’estimait pas légitimes dans la lutte féministe, mais on s’est rendu compte que l’on doit être tous ensemble, car on subit tous des agressions. Si on est autocentrés, on ne peut pas s’en sortir », confie Sabah Boutahar, membre de l’association Résilientes. De son côté, Nellie Bertrand rappelle les deux tags de groupuscules d’extrême droite inscrits sur les locaux du Pôle LGBT de la Cité des Papes ces derniers mois. « Depuis six ans, les réflexions aux relents racistes vont crescendo », témoigne Zem-Zem, bénévole pour Ubuntu Sorores.

  • Josef Schovanec anime une formation autour de l’autisme à Aubagne

    Josef Schovanec anime une formation autour de l’autisme à Aubagne

    « L’étrangeté est une manière différente d’être, non une pathologie qui se guérit avec des comprimés », écrit Josef Schovanec. Cet autiste de haut niveau (on n’emploie plus le terme Asperger) est docteur en philosophie et sciences sociales, écrivain, voyageur. Josef Schovanec est une figure emblématique dans le champ de l’autisme en France.

    À l’initiative de l’association aubagnaise À travers les yeux de Lucas (Atyl), en partenariat avec Exister (Peypin) et TSA2I (Roquevaire), Josef Schovanec interviendra à la salle du Bras d’Or dans le cadre d’une formation*.

    Retours d’expérience

    Cette formation portera sur « la compréhension des mécanismes sensoriels chez les personnes autistes, les stratégies d’accompagnement adaptées aux troubles alimentaires », et proposera des conseils pratiques ainsi que des témoignages. Laure Del Pino, présidente de l’association Atyl, a suivi cette formation qui lui a beaucoup apporté, dit-elle, pour « mieux comprendre » son fils autiste et s’adapter.

    * Inscriptions au 06.13.91.08.86 ou par mail :assoatyl@gmail.com

  • À Aix, le front associatif veut peser dans le débat municipal

    À Aix, le front associatif veut peser dans le débat municipal

    Entre les stands du marché aux fleurs et les militants en pleine distribution de tracts politique, une vingtaine d’associations enfilent leurs dossards. La Cimade, le Secours populaire français, ATD Quart-Monde, la Ligue des droits de l’Homme… Elles sont vingt, engagées dans l’humanitaire et la défense des droits humains, à se mobiliser ce samedi pour demander aux candidats d’intégrer des mesures de solidarité à leur programme et les interpeller sur la place accordée à ce sujet dans leur campagne.

    L’action double un courrier déjà envoyé aux cinq candidats en lice pour les municipales des 15 et 22 mars à Aix-en-Provence. « On les invite à nous faire part de la place de la solidarité dans leur programme de façon concrète, sur un certain nombre de questions que l’on envisage de leur poser, par écrit, mais aussi au travers d’un débat qu’on les invite à organiser », précise Guy Laudren, en charge de l’antenne locale de la Cimade. Deux candidats auraient déjà répondu « favorablement » selon les associations : Mounir Ben Ammar (Rev) et Marc Pena (Aix Avenir). L’initiative part d’un constat : « Rapidement, sur des valeurs communes, on a trouvé une quinzaine de revendications partagées, basées sur ce que l’on considère comme insuffisant de la part de la municipalité en place. Que ce soit la question du logement, du travail collaboratif avec les associations, on a de grosses difficultés avec la dématérialisation et la municipalité à un rôle à tenir. Les associations de protection des femmes ont aussi besoin d’être aidées… », énumère Guy Laudren.

    « Beaucoup à faire »

    L’initiative est assez nouvelle pour ces associations mobilisées. « Je n’ai pas le souvenir qu’on se soit organisé comme cela pour les précédentes municipales, mais il se trouve qu’on travaille ensemble et qu’on a eu envie de faire quelque chose en commun », souligne Martine Herbomez pour ATD Quart-Monde. Pour cette militante, la priorité, pour le prochain mandat, est celle du logement : « Sur cette question, on ne fait pas suffisamment à Aix, alors qu’on a probablement les moyens (…) C’est un choix que font les municipalités, qui sont obligées de réaliser 20% de logement social, mais préfèrent, pour beaucoup, payer une amende. » Pour la militante d’ADT Quart Monde, « il y a beaucoup à faire sur la précarité ». Chaque association a sa requête. « Nous avons deux propositions : recréer la Maison des associations, et un rendez-vous annuel pour faire le point sur ces questions – là », propose Dominique Bruandet, pour le Collectif Agir.

    « On existe, on est là, nos besoins sont multiples. Une aide financière et matérielle est nécessaire pour exercer pleinement notre activité », insiste Didier Blachère, pour le Secours Populaire Aixois.

    « Si on considère qu’Aix-en-Provence est une ville riche et qui se gentrifie, la réalité est qu’il y a une grande précarité avec une population étudiante qui souffre », dépeint Chantal Soubias, bénévole dans la même association. À suivre, donc…

  • Les Oursinades s’ancrent au bord de l’étang de l’Olivier ce week-end

    Les Oursinades s’ancrent au bord de l’étang de l’Olivier ce week-end

    C’est une institution qui fait son retour sur les rives de l’étang de l’Olivier. Ces samedi 28 février et dimanche 1er mars, les oursinades reviennent de 11h à 17h, toujours à hauteur du mini-port au bout de l’esplanade Charles-de-Gaulle, avec une capacité de 700 places assises, le long de grandes tablées conviviales.

    « C’est un rendez-vous attendu et populaire, toute la population istréenne vient, et puis ça marque l’arrivée du printemps, c’est synonyme du retour des beaux jours dans l’esprit des gens », affirme Jérémy Sierra, conseiller municipal en charge des événements de la Ville d’Istres. Chaque jour, environ 1 500 personnes viennent « se retrouver, discuter en plein air et partager de bons mets ».

    Sur place, les visiteurs trouveront une dizaine de stands de restauration avec oursins, plateaux de coquillages, marmite du pêcheur, moules frites, burgers de la mer ou à la viande, gambas à la plancha et autres calamars, ainsi que les panisses de l’Estaque ou encore les sardines en beignets. « Quatre associations seront également présentes : le Gipreb, l’Esperen, l’Amicale des plaisanciers de l’étang de Berre et l’Association des plaisanciers du Port des Heures Claires », détaille Jérémy Sierra.

    Des animations musicales sont également prévues avec Patrick David et Vanessa Smiled, qui chanteront de la variété française et internationale samedi, et Stud, dans le même style, dimanche. Les rameurs de l’Olivier feront des démonstrations et proposeront des ateliers découverte tous les matins.

  • [Tribune] Les centres sociaux : un rempart contre les idées d’extrême droite

    [Tribune] Les centres sociaux : un rempart contre les idées d’extrême droite

    En tant qu’acteurs de l’éducation populaire, les centres sociaux ne sont pas et ne peuvent pas rester neutres face aux idées d’extrême droite. Si notre rôle n’est pas de défendre, de nous opposer à tel ou tel parti politique ou aux personnes qui les incarnent, nous nous devons d’affirmer notre opposition aux idées et au courant d’extrême droite et d’alerter sur les conséquences réelles pour les centres sociaux et leurs publics.

    Pour les habitant·es

    L’extrême droite, par ses propositions, aggraverait l’exclusion des plus vulnérables et accroîtrait les inégalités dans les territoires déjà fragilisés.

    Son approche sociale vise à briser les systèmes de solidarité et à rompre le principe d’égalité des droits, en excluant davantage celles et ceux déjà discriminé·es en raison de leur origine, de leur religion, de leur genre ou de leur orientation sexuelle.

    En outre, sa politique économique profiterait avant tout aux plus riches, tandis que sa gestion des questions environnementales exacerberait les effets du dérèglement climatique, dont les plus précaires sont les premières victimes.

    Pour les centres sociaux,

    Plusieurs exemples, tant en France qu’en Europe, montrent que l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir conduit à une remise en question du rôle des associations et en particulier des centres sociaux.

    Outre le dénigrement public de leurs actions et projets, ces structures ont fréquemment fait face à une réduction drastique, voire une suppression totale, de leurs subventions.

    Dans un tel contexte, les centres sociaux pourraient se voir contraints de supprimer ou de modifier certaines de leurs actions. Et de plus pouvoir offrir un accueil inconditionnel, en raison de la « préférence nationale » imposée par l’extrême droite.

    Notre projet de société : justice sociale, solidarité, dignité humaine, démocratie

    Face à la menace, le réseau des Bouches-du-Rhône que nous représentons, réaffirme que les centres sociaux sont des lieux où peut se construire un avenir désirable, fondé sur l’émancipation, la coopération et la justice sociale ; les solidarités et engagements des habitant·es déjà à l’œuvre en sont la preuve concrète.

    Les centres sociaux permettent de proposer d’autres récits, d’autres imaginaires que ceux de la peur, du repli sur soi, de l’autorité et de la haine.

    Choisir la solidarité plutôt que le repli sur soi !

    Par l’Union des centres sociaux, associations de développement local des Bouches-du-Rhône

  • Vers une réhabilitation du Moulin de Notre-Dame à Avignon

    Vers une réhabilitation du Moulin de Notre-Dame à Avignon

    L’un des symboles de l’agriculture à Avignon, le Moulin de Notre-Dame, est en bonne voie pour retrouver une nouvelle jeunesse. Le Collectif Avignon Sud, qui regroupe les associations des quartiers situés au sud de la Cité des Papes, inaugure ce samedi 28 février un panneau historique au-devant du bâtiment, vieux d’un peu moins de 200 ans. Une première étape avant, ils l’espèrent, la suite du chantier.

    La bâtisse, qui se trouve au croisement du chemin du Moulin-de-Notre-Dame, avec l’allée Saint-Martial, et l’avenue de la Bouquetière, en plein cœur de la ceinture verte, est un « symbole de l’histoire agricole de la ville », estime Maxime Rieu, membre du collectif et secrétaire de l’Association de sauvegarde de la ceinture verte d’Avignon (ASCVA). Cette inauguration « plutôt symbolique » du panneau, qui orne la devanture depuis les années clinquantes, est l’occasion de remettre en valeur l’ensemble du site.

    Rénovation en attente

    Ainsi, le collectif se réunit dès 10 heures pour réaliser un « nettoyage citoyen des abords du Moulin » avant le début de l’événement. La restauration du panneau a été financée par la Caisse locale du Crédit Agricole d’Avignon.

    Mais, comme le Collectif Avignon Sud le rappelle, « cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de rénovation du site ». En 2024, 75 000 euros avaient été accordés suite à la participation au budget participatif d’Avignon, afin « d’intervenir dans la première phase des travaux de rénovation de la grande salle au rez-de-chaussée », peut-on lire dans le projet déposé à l’époque. Et ce, afin de créer un lieu destiné à « rassembler et mettre en valeur les traces de l’histoire agricole d’Avignon » et en faire « un théâtre de transmissions culturelles et d’échanges entre la cité, la périphérie et la ceinture verte, une passerelle reliant les générations, les identités et la mémoire des quartiers alentour ».

    Le bâtiment avait servi pendant plus de 50 ans, au XIXe siècle, avant l’obstruction du canal d’eau qui l’alimentait. Il aurait ensuite servi d’étable, d’atelier pour des cours de mécanique, de permanence du Crédit Agricole (d’où la participation à la restauration du panneau), ou encore de salle pour les lotos du quartier.

    « Un lieu de mémoire »

    « C’est vraiment un point de repère emblématique pour les gens du quartier. On souhaite en faire un lieu de mémoire de l’agriculture passée et aussi mettre en avant l’agriculture de demain, ce qui fait la richesse d’Avignon », insiste Maxime Rieu. Mais la mise en route de cette réhabilitation prend du temps. D’autant que 120 000 euros supplémentaires ont été mobilisés par la SPL Grand Avignon Aménagement, qui « témoignent de l’intérêt collectif porté à la valorisation de ce site emblématique », insiste le collectif.

    Le responsable associatif évoque notamment des problématiques juridiques qui ralentissent la mise en route de ces réfections. Un bail emphytéotique avait notamment été signé avec la Ville d’Avignon, il y a plusieurs dizaines d’années, et celui-ci « était mal ficelé », glisse Maxime Rieu, qui assure que la question a été réglée depuis avec des avocats et des notaires. Mais, ces derniers mois, ce sont plutôt les élections municipales qui mettent en pause le processus. « On compte sur le prochain maire », conclut Maxime Rieu.

  • Montpelhièr l’Occitana : une force pour faire vivre la langue

    Montpelhièr l’Occitana : une force pour faire vivre la langue

    Faire de l’occitan autre chose qu’un patrimoine figé. C’est le sens de la démarche portée par le nouveau collectif Montpelhièr l’Occitana, officiellement lancé lors d’une conférence de presse organisée le 5 février. Pour la première fois à cette échelle, près d’une vingtaine d’associations occitanistes – culturelles, éducatives, sportives et médiatiques – ont décidé d’unir leurs forces pour interpeller publiquement les candidats aux élections municipales de mars 2026.

    « La langue est un ensemble cohérent »

    Coordonné par Pierre-Luc Angles, membre de la Calandreta dau Clapàs et du Cercle Occitan dau Clapàs, le collectif revendique une indépendance totale vis-à-vis des partis politiques. « Nous tenons à cette indépendance. Nous sommes dans une politique d’ouverture », insiste-t-il, rappelant que l’objectif n’est pas de créer un mouvement partisan, mais de peser sur le débat public. En toile de fond, un constat partagé : l’occitan est classé « en danger de mort » par l’Unesco, alors même que les sondages récents montrent un attachement fort de la population aux langues régionales. Le texte destiné aux candidats pose les bases d’une politique transversale en faveur de la langue occitane. Six axes structurent les propositions : développement de l’enseignement public et associatif, reconnaissance institutionnelle, soutien au tissu associatif, présence de l’occitan dans l’espace public, programmation culturelle dédiée et formation des agents territoriaux.

    Sur la question scolaire, les prises de parole ont souligné l’importance d’une politique d’offre. Marie-Jeanne Verny, présidente du Creo Lengadòc, défend l’idée que « tous les enfants de Montpellier ont droit à la connaissance de la langue du pays », y compris ceux dont les familles ne la demandent pas spontanément. À ses côtés, les représentants des Calandretas rappellent que plus de 550 élèves sont aujourd’hui scolarisés en immersion occitane sur le territoire montpelliérain, preuve d’une demande sociale bien réelle. Mais pour le collectif, l’école ne suffit pas. « Si les enfants ne rencontrent pas la langue dans la société, ils font du latin », résume Marie-Jeanne Verny. D’où la nécessité de sortir de ce qu’elle appelle le « syndrome de la langue dans le bocal » : une langue cantonnée aux salles de classe, aux associations ou aux événements ponctuels.

    Cette critique traverse l’ensemble des propositions. Signalétique bilingue, annonces sonores dans les transports, communication municipale, noms de rues : autant de leviers jugés sous-utilisés à Montpellier, en comparaison avec d’autres territoires comme le Pays basque ou Toulouse. « Il faut que les enfants entendent et voient que c’est une langue vivante », martèle Alain Bessière, président du Cercle occitan de Montpellier. Le volet culturel occupe également une place centrale. Théâtre, musique, littérature, sport traditionnel : le collectif plaide pour une programmation régulière et visible, inscrite dans les cahiers des charges des équipements subventionnés.

    Au-delà des moyens financiers, les associations réclament une reconnaissance politique claire : un service dédié à la langue occitane, une délégation identifiée, un chargé de mission à temps plein, et un rendez-vous annuel avec la municipalité pour évaluer les engagements pris. « La langue, ce n’est pas un événement, c’est un ensemble cohérent », résume Marie-Jeanne Verny. Reste désormais à voir comment les candidats aux municipales répondront à cette interpellation collective, inédite par son ampleur, à quelques semaines du scrutin.

  • Quand les denrées interdites en vol deviennent des dons à Marignane

    Quand les denrées interdites en vol deviennent des dons à Marignane

    « Un tant pis pour un tant mieux. » Voilà comment les passagers voient la confiscation de leurs produits de plus de 100 ml qui ne passent pas les contrôles de sécurité. Car, depuis fin janvier, l’Aéroport Marseille Provence (AMP) a noué un partenariat avec le Samu social de la Ville pour leur donner une seconde vie.

    Donia Joly, responsable innovation sociale chez Suez, qui collabore avec AMP depuis 2019, estime que « sur le premier mois, 1,5 tonne sera collectée ». « 60% des produits sont des denrées alimentaires, le reste sont des produits d’hygiène, détaille-t-elle. On a environ 1 500 bouteilles de 50 cl, 950 conserves et 1 100 gels douche ou shampoings. Et encore, on est dans une période creuse par rapport à ce qui va arriver cet été. »

    Jérôme Dominion, responsable multiservices de l’aéroport, à l’origine de ce projet, précise : « En ce moment, on a 200 000 voyageurs par mois, en période estivale on est plutôt sur 1,5 million. » AMP estime que 15 à 20 tonnes de denrées seront collectées en faveur des plus précaires sur une année.

    Plus de 200 000 précaires

    En bout de chaîne, le Samu social vient chercher ces dons trois fois par semaine et les redistribue aux plus de 200 000 personnes en situation de grande précarité que compte Marseille. Elsa Peinturier, sa directrice, explique : « Les produits d’hygiène sont redistribués en rue par les maraudes qui sillonnent le territoire pour aller vers les personnes très marginalisées. D’autres, qui sont en grande contenance, et les boissons, partent aux douches municipales dont les nouveaux locaux ont ouvert la semaine dernière. C’est hyper apprécié que les personnes puissent avoir accès à un rafraîchissement, c’est un moment de répit et d’apaisement dans leur journée. » Elle ajoute : « Sur les denrées alimentaires, les petits contenants sont redistribués en rue et le reste on le transmet à des associations partenaires. On a également un partenariat avec la régie de quartier Noailles-Belsunce, qui offre des petits déjeuners aux enfants qui n’ont pas trois repas par jour, et ils sont super contents d’avoir de la pâte à tartiner grâce aux usagers de l’aéroport. »

  • La peur de l’oubli des Ukrainiens après 4 ans de guerre

    La peur de l’oubli des Ukrainiens après 4 ans de guerre

    « Près de 1 500 jours de guerre n’ont pas ébranlé la résistance ukrainienne. L’Ukraine continue à se battre et à vivre. Aujourd’hui, nous devons le dire avec lucidité : la fatigue gagne nos sociétés. Nous le constatons avec le peu de mobilisation ce soir », déplore David Sanchez, président de l’association Fraternité franco-ukrainienne Provence.

    Alors que la guerre en Ukraine entame sa cinquième année, le rassemblement en soutien à cette nation, mercredi, n’est pas comparable aux milliers de personnes réunies au lendemain du 24 février 2022. Quatre ans plus tard, la mobilisation plus modeste, sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Marseille, marque la peur de l’oubli du peuple ukrainien et de leur quotidien durant cette guerre.

    Avant la minute de silence en hommage aux morts, la voix du peuple ukrainien s’est d’abord levée sur l’hymne du pays. Une prière récitée par le père Nicolas a suivi, face à une assemblée émue. Certains la tête haute, d’autres en pleurs.

    « La nation résiste »

    Sous le slogan « Heroiam slava ( « Gloire aux héros ») scandé par la foule en réponse au « Slava Ukraini » (« Gloire à l’Ukraine »), les associations franco-ukrainiennes ont exprimé leurs pensées aux Ukrainiens, à « ces héros ordinaires », véhiculant ainsi un message de persévérance, de force et de solidarité. Ces organisations, qui aident au quotidien les victimes et civils ukrainiens, ont pointé l’importance de parler de cette guerre. Par exemple à travers la culture, comme l’explique le président de l’association SOS-Ouman, Denis Hiault : « Je vous invite à aller voir l’exposition “Ukraine : Images d’une enfance voléeà la Cômerie. Cette collection de dessins d’enfants ukrainiens témoigne de façon très vrai, très touchante, de la réalité de ce qu’ils vivent. J’invite tous les enfants marseillais à la voir. »

    Nathalie, originaire de Kiev, a pris la parole : « Malgré les attaques, malgré les batailles acharnées sur le front, l’Ukraine résiste encore et toujours. » Elle ajoute, évoquant les spectacles en Ukraine : « Aujourd’hui sous les bombes russes, parfois sans électricité, chaque représentation au théâtre commence par l’hymne ukrainien. Artistes, musiciens, publics… Le peuple ukrainien chante l’hymne national : “Nos ennemies périront comme la rosée au soleil levant”. La nation est debout. La nation résiste. »

  • Des citoyens appellent à l’union à gauche à Marseille

    Des citoyens appellent à l’union à gauche à Marseille

    Des similitudes dans les programmes qui donnent de l’espoir pour une union à gauche… Pour le groupe citoyen « Faisons Front Commun », créée en juin et qui rassemble notamment les associations des Hirondelles, des amis du programme du Printemps marseillais, Réinventer la gauche, les collectifs du Nouveau front populaire, ou encore la Réserve citoyenne, rien n’est perdu.

    « La seule alternative politique de lutte contre l’extrême droite, c’est une gauche unie dans sa totalité, dans le respect de ses composantes, sur la base d’un projet résolument de gauche, construit avec le monde associatif, syndical et avec l’expertise du monde universitaire », pose Alexandre Jurado, membre du conseil d’administration de Faisons front commun.

    Une convergence « nette »

    Après un comparatif minutieux entre les propositions insoumises et du Printemps marseillais, de l’école aux questions sanitaires et sociales en passant par le logement, les transports ou la culture, « la convergence est nette », assène un autre adhérent, José Rose, sans nier des « divergences, mais qui ne sont pas rédhibitoires ».

    Avec une grande mobilisation, ce dimanche 1er mars à 11h sur le Vieux-Port, « ce que nous voulons faire, c’est préparer la discussion du second tour », explique Hélène Goldet, membre du CA. Si, au soir du premier, il s’agira forcément de négociations d’appareil, estime-t-elle, « nous devons avoir ce débat avant ». Pour elle, Marseille est majoritairement de gauche et ces municipales auraient pu être le moment de l’emporter dès le 1er tour, mais cette occasion ratée ne doit pas empêcher d’être « responsable » au second.

    Au sein de l’association, le résultat des sondages avec un RN potentiellement en tête, en cas de quadrangulaire, inquiète. « Il s’agit de redonner de l’espoir quand une partie de l’électorat en a marre de la guerre des gauches et de cette campagne de bas niveau », ajoute Pauline Delage (Ensemble !), adjointe à la maire d’arrondissement des 6-8.